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interviewSud Radio — L'invité politique· 1 mai 2026 21 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l'élection présidentielle

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Maxime Liedot. Il est 8h16 sur Sud Radio et ce matin mon invité politique est Marie Tondelier, bonjour.

0:12
Marine Tondelier

Bonjour et bonjour à tous vos auditeurs.

0:14
Présentateur

Mais oui, merci Bourreux, secrétaire nationale des écologistes et donc candidate à l'élection présidentielle. Et merci surtout d'être avec nous ce matin, ça veut dire que vous travaillez ?

0:22
Marine Tondelier

Oui, je ne suis pas payée double. Et ce n'est pas grave.

0:25
Présentateur

Vous faites donc partie des personnalités politiques qui pensent que les jours fériés et chômés ne sont pas suffisamment nombreux, que celui-ci, il faut absolument le préserver ?

0:33
Marine Tondelier

Il est férié dans 150 pays du monde et dans, je crois, 24 pays sur 27 en Europe. Donc oui, ce sera un peu bizarre que la France toute seule recule. Ce sera assez symptomatique de comment les politiques macronistes considèrent les travailleurs, mais quand même.

0:48
Présentateur

Mais il y a tout un débat aujourd'hui en France. On avait par exemple plusieurs invités politiques ce dernier mois qui ont plaidé par exemple pour que la journée, le 8 mars, soit notamment un jour férié. Est-ce que vous faites partie des personnalités politiques qui pensent qu'il y a des éléments sur lesquels on doit imposer un jour férié pour célébrer ou pour prendre conscience d'un événement particulier ?

1:05
Marine Tondelier

Il y a 12 jours fériés en moyenne en Europe. En France, on en a 11. Donc il y a des politiques en France qui n'arrêtent pas de dire qu'on en a le plus du monde. Ce n'est pas vrai. Et s'il fallait en ajouter un, le 8 mars, oui, en l'honneur des droits des femmes, ce serait pas mal. Ça ferait au moins une journée par an.

1:18
Présentateur

Vous, vous ferez partie. En tout cas, vous faites partie des personnalités.

1:21
Marine Tondelier

8 mars, férié ou pas férié, en tout cas.

1:23
Présentateur

Est-ce qu'en venant ici, vous avez aperçu une boulangerie ouverte ou un fleuriste ouvert ?

1:27
Marine Tondelier

Je n'ai pas regardé. Je préparais l'émission. Et surtout, je voulais vous parler d'environnement ce matin parce que c'est les droits des travailleurs. Et en réalité, les politiques publiques, quand elles ne prennent pas en compte la nature ou la santé, ce qui sont les sujets que je porte en tant qu'écologiste, c'est les travailleurs qui sont en première ligne. Ça a été le cas avec la silicose, ça a été le cas avec l'amiante, ça a été le cas avec le chlordécone auquel ont été exposés les ouvriers agricoles, notamment dans les territoires d'île Outre-mer. Et donc, c'est important pour moi d'avoir une parole là-dessus aujourd'hui.

Et notamment, la proposition que les écologistes souhaitaient faire à votre antenne, c'est d'instaurer des congés payés climatiques. Parce que ça se fait dans d'autres pays. En Espagne, j'y serai dans quelques jours avec la ministre du Travail, Yolanda Diaz. Ils ont instauré un congé payé climatique. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire que des fois, il y a des travailleurs qui ne peuvent pas travailler pour des raisons climatiques. Il y a 4 personnes sur 10 dans ce pays qui sont exposées dans l'année à des très très fortes chaleurs.

2:20
Présentateur

Donc par exemple, on pense aux artisans qui peuvent poser sur les portes en pleine canicule, à certains agriculteurs.

2:24
Marine Tondelier

Ça peut être dans des entrepôts, dans les champs, effectivement, dans les chantiers du BTP. Ça peut être dans des usines aussi. J'avais visité Duralex, là où on travaille au niveau du four. Mais ça me verre indestructible. Mais aussi dans des bureaux qui sont très mal isolés. Et donc, aujourd'hui, il y a un décret un peu vague en France qui ne donne même pas de seuil. À partir d'autant degrés, on arrête. Et surtout, les gens peuvent se mettre en retrait ou l'entreprise peut fermer. Mais il ne s'est pas vraiment un congé payé. Donc ça se fait en fait sur le dos des travailleurs ou de l'entreprise.

2:52
Présentateur

Donc ça serait quoi ? Une semaine de congé payé ?

2:54
Marine Tondelier

Alors, en Espagne, c'est quatre jours. Nous, on est partis sur cinq jours. Mais à discuter, on est en train d'en discuter avec les syndicats patronaux et des représentants des salariés, évidemment. Et ce que je trouve intéressant, c'est que ça peut être en cas de forte chaleur. Mais ça peut être aussi dans d'autres cas. Exemple, quand il y a eu les très fortes inondations dans le Nord-Pas-de-Calais. C'était l'hiver 2023. Eh bien, il y avait des routes qui étaient impraticables. Donc, si vous pouvez faire du télétravail, vous en faites. Mais il y a des salariés qui ont dû prendre des congés sur leur congé, leurs cinq semaines de congé par an pour partir avec leurs enfants l'été.

Parce qu'ils ne pouvaient pas aller travailler. Il y a des fois, des moments, quand il fait chaud, où les écoles de vos enfants vont fermer. C'était le cas l'été dernier. Eh bien, certains parents se retrouvent en difficulté.

3:32
Présentateur

On leur permet de prendre des congés payés.

3:33
Marine Tondelier

C'est ça. Non, moi, je veux des congés payés dédiés à cette situation. Je ne veux pas qu'ils puisent sur les congés payés qui étaient pour leur famille, pour leur repos. Parce que s'occuper des enfants qui n'ont pas école tout en télétravail, des fois, c'est un peu compliqué. Donc, c'est ça qu'on peut explorer. Parce qu'on est au XXIe siècle, qu'il y a des nouveaux risques. Et que le changement climatique, c'est les travailleurs qui en sont en première ligne. Donc, il faut les protéger, les accompagner. Et je vous dis ça, ça va avec tout un tas de propositions. Une sécurité sociale écologique qui couvrira bien plus. Qui couvrira, par exemple, les Français qui ont un sur deux.

Une maison sur deux, aujourd'hui, est exposée au retrait gonflement argile. Qui peut fissurer vos maisons. Ça, est-ce que c'est à chacun de se débrouiller s'il est concerné ? Ou est-ce que c'est collectivement qu'on doit le prendre en compte ? Je pense que ça va être collectivement. Et ceux qui disent que ça va coûter cher, on le paye déjà. Non, chacun se débrouille avec son assurance, etc. Les primes d'assurance augmentent. Je pense que c'est des risques qu'on doit assumer ensemble. Comme on l'a fait pour la santé, la retraite. Ambroise Croizat avait dit de la naissance à la mort, égale dignité. Je pense qu'en 2026, par rapport à 1945, il y a de nouveaux risques.

4:30
Présentateur

Marie, vous qui êtes secrétaire nationale des écologistes et candidate à l'élection présidentielle. Vous avez vu à quel point ce débat, et vous venez avec votre proposition aussi d'y participer. Ce débat sur le travail est important en France. Quand vous voyez aujourd'hui, et notamment depuis ces dernières heures, le débat presque hystérique en France sur faut-il ou pas sanctionner ceux qui travaillent, ceux qui ne travaillent pas. On était avec les bouchers tout à l'heure à 7h10 qui nous disent, vous vous rendez compte qu'on nous refait le débat du pendant le Covid. On ne nous considère pas nos bouchers comme essentiels.

Les boulangers, les fleuristes qui ne savent pas si oui ou non, ils devront ou ils pourront travailler. Est-ce que vous encouragez comme il y a un flou artistique, vous, en tout cas, l'inspection du travail à appliquer la loi et donc à sanctionner aujourd'hui ceux qui se permettent d'ouvrir leurs portes et de faire travailler leurs salariés ?

5:09
Marine Tondelier

Alors premièrement, attention, mot hystérique qui fait référence à l'utérus des femmes et qui est un mot très sexiste. Je le dis, il ne faut plus employer ce mot. Ça ne concerne pas les femmes. Deuxièmement, on n'a rien compris parce que les macronistes ont fait n'importe quoi. Gabriel Attal qui fait sa proposition de loi en force, le cornu qui revient en arrière. Il faut un communiqué de presse qui, en fait, demande à l'inspection du travail de faire des choses pas très légales, en tout cas de ne pas appliquer la loi. Les écologistes ont fait un recours, ils l'ont gagné.

Le Conseil d'État a dit, non mais attendez, l'inspection du travail, ils sont indépendants, ils font exactement ce qu'ils veulent et la loi, c'est la loi. Mais vous savez, en réalité, tout ça, c'est un peu pour occuper les médias. C'est comme ça que s'occupe le... Mais c'est très concret, Marie Tournelier, c'est très intéressant. C'est comme ça que s'organise le débat dans ce pays. Une crise, une polémique, tous les journaux s'excitent et puis demain, tout le monde pensera à autre chose. Moi, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, rentrent en compte les nouveaux prix du gaz. 15% en plus. Et on en parlera dans une bonne seconde.

La principale difficulté que vous rencontrez cette année, que ce soit les boulangers, les fleuristes, les artisans charcutiers, bouchés et tous les autres, c'est ça. Parce que quand le gaz augmente de 15%, imaginez tous les professionnels qui en sont dépendants, puis les particuliers. Derrière, en général, avec un peu de retard, c'est l'électricité qui augmente.

6:17
Présentateur

On aura le temps de s'y attarder, Marie Tournelier.

6:18
Marine Tondelier

Pour moi, c'est ça le principal problème, il faut arrêter de faire diversion.

6:21
Présentateur

Oui, mais tous ceux qui, avec une trésorerie quand même, qui n'est pas toujours importante, qui risquent une amende, vous vous dites quoi à l'inspection du travail ? Est-ce que vous dites, comme le ministre aussi du travail, il faut travailler à bonne intelligence ? Ou vous dites, non, non, il y a une loi, on ne peut pas se permettre tout d'un coup de différencer les professions ? Vous appliquez la loi.

6:35
Marine Tondelier

Je dis qu'on est vraiment la France pour être une journée où les gens, il est 8h15, ils n'ont toujours pas compris s'ils avaient le droit de travailler ou pas. Et donc, que doit faire l'inspection du travail, Marie Tournelier ? Et là, franchement, aujourd'hui, je pense que les gens qui décident d'ouvrir ou pas, ils ne savent même pas dans quelles conditions ils prennent leur risque ou pas. Je trouve que c'est très représentatif de notre pays qui a besoin, quand un entrepreneur, de présibilité et de règles claires. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

6:57
Présentateur

Donc, vous dites à l'inspection du travail, bonne intelligence, ou vous dites, appliquez la loi ?

7:01
Marine Tondelier

Je dis à l'inspection du travail qu'elle est indépendante. Et l'état de droit, c'est de respecter l'indépendance des corps de fonctionnaires. Ce n'est pas le gouvernement qui dit, tu m'en amends, ne l'attends, mais pas. Il y a des règlements, on les applique, on ne les applique pas, ou on les change, on ne les change pas. Mais la manière dont s'organise ce débat, sous la pression de Gabriel Attal, qui fait son pyromane, c'est n'importe quoi. Mais je dis aussi, le principal problème...

7:17
Présentateur

Vous estimez que le gouvernement a essayé de mettre une pression sur l'inspection du travail ?

7:20
Marine Tondelier

Oui, c'est ce que le Conseil d'État dit quand on les interroge. Mais surtout, je dis, le principal problème là, c'est 15% d'augmentation de prix du gaz, tout de suite, et l'électricité qui va suivre. Et bon courage aux artisans, aux commerçants et à tous les Français avec ça.

7:33
Présentateur

Et on va y venir, mais avant le gaz, forcément aussi, à un moment, le pétrole, Marine Tondelier, avec ce qui continue de se passer au détroit d'Hormuz, avec des gens qui travaillent, qui s'appellent notamment les pétroliers, avec en France, un qui rassemble toute l'équipe critique, qui s'appelle Total, avec des bénéfices et des chiffres qui semblent être plutôt en bonne santé pour le premier trimestre, puisqu'ils ont été publiés il y a quelques jours. Avec ces bénéfices, on voit à quel point, aujourd'hui, Total est sous le feu des critiques.

Est-ce que vous faites partie des gens qui estiment qu'au milieu de cette crise, personnalité politique, qui estiment qu'au milieu de cette crise, d'un moment, Total doit payer davantage. Et toi, d'un coup, reverser son argent, comme Sébastien Lecornu doit repenser leur système de distribution, participer davantage à cela, ne pas profiter de la crise.

8:12
Marine Tondelier

On va donner les chiffres. Total, au premier semestre 2026, fait 5 milliards de bénéfices. Et quand on compare avec le premier semestre de l'année dernière, c'est 51% de plus. Mais ce n'est pas 51% de plus parce qu'ils sont géniaux, c'est 51% de plus, parce que nous, on a payé plus cher à la pompe. Et qu'ils ont acheté au prix classique des barils, qu'en mars, ils ont revendu à prix d'or parce que les coûts avaient augmenté. Donc, c'est ce qu'on appelle les profiteurs de guerre. Est-ce que c'est interdit ? Non, c'est comme ça. Mais est-ce qu'on doit laisser la situation en l'état ? Non.

8:39
Présentateur

Donc, est-ce que vous faites partie des personnalités qui pensent qu'on doit instaurer la fameuse surtaxe sur les bénéfices, par exemple, pour un autre localisme ?

8:44
Marine Tondelier

Les écologistes ont déposé cette proposition-là. J'entends certains qui disent, on va y travailler, on déposera quelque chose. Nous, nous l'avons déjà fait le 14 avril. Donc, cette proposition-là a été déposée. Elle dit que vous prenez la moyenne des trois dernières années, des profits de Total et des autres, et vous regardez ce qui se passe. Si ça augmente de plus de 20%, au-delà de 20%, on taxe à 66%. Cette proposition-là, elle a été déposée.

9:05
Présentateur

Donc, on taxe à 66% ?

9:07
Marine Tondelier

De taxes, des sur-profits au-delà de 20% de la moyenne des trois dernières années.

9:10
Présentateur

Et 66%, c'est communiste, là, à ce niveau-là ? Alors, non, c'est de l'argent qu'ils n'ont pas mérité,

9:18
Marine Tondelier

qu'ils ont gagné sur le dos des Français, sur le dos de notre pouvoir d'achat, et parce qu'ils ont profité d'une guerre. Donc, ça paraît logique.

9:24
Présentateur

Bon, là, c'est d'une guerre, mais dans la crise, il y a parfois d'autres secteurs qui sont plus...

9:28
Marine Tondelier

Attendez, tous les pays d'Europe, un par un, sont en train de le demander, l'Allemagne, etc. Sauf la France. Parce qu'en France, on ne demande pas des comptes à M. Pouyanné, et on lui donne la Légion d'honneur. Et d'ailleurs, moi, je suis pour qu'on lui retire la Légion d'honneur. Vous êtes pour qu'on lui retire à Pouyanné la Légion d'honneur. Et je pense qu'il commence à se rapprocher des conditions pour lesquelles on peut retirer cette Légion d'honneur.

9:47
Présentateur

Pourquoi ? Quel critère, Marine Tondelier ?

9:48
Marine Tondelier

L'atteinte à l'honneur d'un pays, de ses fonctions. Je pense que ce qu'il fait en ce moment, on ne l'honore pas, et que de lui-même, il devrait dire, écoutez, cet argent, je l'ai gagné, ce n'est pas mérité, on va le restituer aux Français, parce qu'avec, on pourrait payer des aides.

9:58
Présentateur

Il le restitue, d'une certaine manière, Marine Tondelier, parce que quand il fait ses opérations, quand il va permettre, en réalité, de plafonner le prix ce week-end, le week-end prochain, lors de l'ascension, il fait un effort que ne font pas beaucoup d'autres entreprises.

10:08
Marine Tondelier

Je ne sais pas si vous avez été payé pour faire ça comme ou pas, mais il fait tellement d'opérations pour être généreux. J'habite en face d'une station totale. Je vois la queue à chaque opération, et parfois même, je suis moi-même dedans, parce que j'ai aussi besoin de faire le plan. Mais ne me faites pas croire que c'est un gentil bienfaiteur de la nation, puisque ces opérations qui sont des opérations marketing, et que vous relayez ce matin à votre antenne. Et je ne reproche pas les gens d'y participer, je le fais moi-même. Mais vous les relayez à votre antenne, sauf que si vraiment il était généreux, il ne ferait pas 5 milliards de profits, et 51% de profits de plus que l'année dernière.

Les barils de pétrole de mois de mars, qu'il a vendus à prix d'or, il les avait achetés au prix normal. Donc à un moment, je ne dis pas qu'il a volé cet argent, je dis juste que quand on fait des super profits liés à une crise ou à une guerre, il faut les rendre, et ce n'est pas les rendre à l'État pour qu'on fasse des jets privés pour je ne sais pas qui, c'est les rendre à l'État pour qu'on fasse des aides ciblées aux ménages qui sur le pétrole ou sur le gaz vont être en difficulté. Pas tous les ménages, pas ceux qui ont des SUV de 3 tonnes qui ont les moyens de s'acheter, mais ceux qui n'ont pas les moyens et qui ont besoin de leur voiture pour travailler, par exemple, pour commencer.

11:09
Présentateur

On a parlé du fameux pétrole, il y a le gaz, dont vous avez rappelé en effet une augmentation de près de 15%, avec donc l'urgence derrière d'électrifier le pays. C'est ce qui a été annoncé notamment par le Premier ministre Sébastien. Bien tardivement. Bien tardivement, mais vous êtes pour.

11:23
Marine Tondelier

Mais vous m'expliquez comment on a la guerre en Ukraine, tout le monde dit oulala le gaz, on est vulnérable pour faire quelque chose, tout le monde se rend dehors en quelques semaines, et là, détruire d'Ormus, ah ben on ne l'avait pas vu venir, il faut refaire. Et en fait, c'est ça l'histoire de notre pays sur l'environnement tout le temps, ce qui se passe en ce moment avec le pétrole et le gaz, c'est écrit dans le rapport du Club de Rome de 1972. Donc moi, bon, je ne vais pas vous refaire le sketch pour vous expliquer qu'on avait raison avant tout le monde, mais je vous dis maintenant, on le fait. Et là, c'est trop tard et c'est trop peu. Là, c'est trop tard et c'est trop peu.

On le fait comment ? Eh bien, on le fait avec des aides courageuses qu'il faut financer en allant chercher les super profits des pétroliers et ceux qui profitent de cette crise. On le fait en accompagnant vraiment les Français parce que vous savez, il n'y a rien de pire que de l'écologie quand elle n'est pas faite par des écologistes. Genre la manière dont ils ont fait les EDEF, genre la manière dont ils ont supprimé le leasing social. C'était en décembre 2024 sur le PLF, ils ont dû aller hop, plus de l'usine sociale.

12:10
Présentateur

On peut électrifier le pays Marine Tondelier sans utiliser le nucléaire et sans investir largement sur le nucléaire.

12:15
Marine Tondelier

Électrifier les usages, c'est comment on fait dans nos usages pour qu'il y ait plus de parts électriques et après, il y a comment on le produit. Et alors, excusez-moi, si vous savez construire une centrale nucléaire en cinq ou six ans, je vous regarde. Quand il y a une crise climatique et une crise énergétique, il faut agir vite. Et ce qu'on sait faire vite, ce n'est pas des EPR, c'est plutôt des éoliennes qui ont le mérite d'être vraiment indépendantes de la Russie notamment et de son uranium. Donc c'est la meilleure énergie renouvelable et décarbonée, s'appelle le renouvelable. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est tout le monde.

Et la Cour des comptes elle-même est très sceptique sur les nouveaux EPR. Donc je ne dis pas qu'on va fermer toutes les centrales nucléaires, je dis juste que ce qu'on sait faire vite, ce sont des énergies renouvelables.

12:53
Présentateur

Surtout que si je vous pose la question sur le nucléaire, c'est que vous avez vu que même la Belgique revient en force avec le nucléaire, de toutes les centrales. Est-ce que nous aussi,

13:04
Marine Tondelier

on a fait... Et pourquoi ? Parce qu'on n'a pas anticipé le développement des renouvelables sur lequel on a pris du retard. Et la France est le bonnet d'âme sur le sujet.

13:10
Présentateur

Vous savez que c'est surtout qu'ils avaient fait une erreur en voulant se passer totalement de nucléaire. Et vous savez que d'ailleurs la personne en charge de ce programme, Jean-Marc Nolet, a rejoint votre mouvement.

13:18
Marine Tondelier

Même la Cour des comptes explique, la Cour des comptes française, qui n'est pas là pour être écologiste ou pas écologiste, qu'on ne sait pas construire sa nouveau réacteur. Que le seul truc qu'on sait faire vite, bien et de manière financièrement soutenable dans un moment où l'argent public est rare...

13:30
Présentateur

Ce n'est pas suffisant, Marine Tondelier. Est-ce que vous dites, puisque vous vous ventez d'avoir raison... Je finis ma question, Marine Tondelier. Raison sur d'autres sujets. Est-ce que la France ne s'est pas trompée sur le nucléaire depuis 10 ou 15 ans ?

13:40
Marine Tondelier

En en faisant beaucoup trop et en faisant pas de renouvelables ? Oui, sûrement. Parce qu'on est aujourd'hui dans une forme d'impasse et qu'on est les bonnets d'âne sur le renouvelable en France. Ce qui nous coûte très très cher. Et moi, je vais vous ajouter une chose. C'est que je suis une démocrate et que dans ce pays, je veux qu'on puisse débattre d'énergie de manière démocratique. Donc si je suis présidente, il y aura une convention citoyenne sur l'énergie et les décisions ne seront pas prises je ne sais où, je ne sais comment. Elles seront prises démocratiquement. Ce sera un grand changement. Vous voyez, je ne suis pas sectaire.

14:05
Présentateur

Pas sectaire, ça tombe bien parce que vous poussez et vous mettez beaucoup d'énergie à pousser cette idée de la primaire avec toute une partie de la gauche. Franchement, quand on voit les dissidences ici et là, quand on voit ce qui se passe au Parti Socialiste, quand on voit ce qui se passe à l'autre flanc de l'extrême gauche ou à gauche en tout cas, est-ce que vous pensez vraiment que c'est...

14:20
Marine Tondelier

C'est Navran et vous avez raison. Navran, voire indécent. Moi, je suis choquée et je croise les électeurs. J'étais hier sur une exploitation de betterave dans l'Aisne et les agriculteurs, j'en ai rencontré plusieurs, disaient nous, on est fatigués de tout ça. Je leur disais mais moi aussi, moi aussi. Il ne faut pas les laisser tomber. Sûrement pas. On va laisser tomber puis on dira à nos enfants écoutez, l'extrême droite au pouvoir puisqu'on avait laissé tomber c'était trop dur. Je ne laisserai pas tomber et donc je vais adresser ce matin un message aux socialistes. Il y a des choses qui sont posées sur cette primaire. Le fait que 82% des électeurs de gauche et écologistes sont pour.

4% de plus qu'en février, c'est-à-dire que plus certains tapent dessus, plus les électeurs la veulent. C'est 87% des électeurs socialistes qui la veulent et 89% des électeurs écologistes. Premier acte. Deuxième acte, les écologistes l'apportent depuis le début de manière très claire, très cohérente et continueront de le faire. François Ruffin s'est engagé aussi, Clémentine Autain, le parti de Benoît Hamon, tout le monde. On n'attend plus qu'eux. Alors, on a compris que Jean-Luc Mélenchon n'allait pas venir. Je pense même, on verra que ce week-end il déclarera sa candidature à la présidentielle et qu'il déroula. On verra. Je ne vais pas parier de l'argent.

Je n'en ai pas remis sur la table là-dessus. Je range mes billets. Mais on a bien compris que lui ne viendrait pas dans la primaire. Par contre, le parti socialiste, je ne comprends rien nous organiser. Et là, on attend le dégel chez eux depuis maintenant plusieurs semaines. Donc, j'ai un message pour eux ce matin. Arrêtez de vous raconter des histoires et de nous raconter des histoires. Les socialistes, ils aiment bien convoquer leur histoire. Le Front Populaire, Jean Jaurès, Mitterrand, les conquêtes sociales. Très bien. Très bien. Mais l'histoire, ce n'est pas fait pour faire des musées. L'histoire, ça doit inspirer. Et là, ce que l'histoire leur demande, c'est un peu de courage.

C'est de trancher. Et je n'ai toujours pas compris ceux qui ne voulaient pas de primaire au Parti Socialiste, ceux qui le proposaient à la place, ils n'ont pas de chemin. Et tout ce qu'ils vont réussir à faire, parce que j'ai bien compris qu'eux, ils détestaient Jean-Luc Mélenchon et qu'ils ne voulaient surtout pas qu'il soit candidat. Moi, j'ai bien compris d'ailleurs que même si dans le meilleur des cas pour lui, il arrivait au deuxième tour, il ne savait pas le gagner face à l'extrême droite. Donc, notre responsabilité, c'est quoi ? C'est d'organiser autre chose. Et on organise autre chose comment ? En attendant que je ne sais pas qui fasse la peau je ne sais pas quoi.

Donc, message aux socialistes, arrêtez de déconner les gars, faites votre vote, laissez choisir vos militants qui, à mon avis, choisiront comme vos électeurs de oui, faire une primaire. Et je ne dis pas que ça suffira. Je ne dis pas que ça suffira. Ce n'est pas vrai, il ne faut pas dire ça. Mais ce sera un début propulsif. Vous voulez ? Mélenchon, il va y aller à fond là. Il va avoir ses signatures, ses trucs, l'argent, les militants, les réseaux sociaux. Et nous, on va faire quoi ? On va continuer à rien comprendre à ce que les autres font et on va se donner en spectacle. J'en ai marre de la politique nombriliste de la gauche qui parle de la gauche à la gauche toute la journée.

Je veux parler aux Français et pour ça, il faut s'organiser. Donc, des propositions, du fond, de l'action, on y va, on y croit. Et franchement, moi, je ne ferai pas partie des gens qui iront expliquer à mes enfants que j'avais lâché l'affaire et que je n'ai pas essayé tout ce que je peux faire. Moi, je le ferai.

17:05
Présentateur

Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à l'élection présidentielle, vous parliez de la préoccupation des Français. Il y a un débat qui revient en permanence qui est l'immigration et à gauche, il y a quelqu'un qui s'est distingué, n'est-ce pas ? Qui s'est distingué en faisant une proposition, en une déclaration étonnante. C'est François Ruffin qui s'est déclaré être hostile à l'immigration de travail en disant que quand la France parle ou cherche des médecins, elle ne doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens, roumains. Elle doit avoir ses propres médecins. Qu'est-ce que vous lui répondez à François Ruffin ?

Est-ce qu'il a raison de dire qu'aujourd'hui, l'immigration de travail est une sorte de cache-misère. On doit pouvoir aller chercher d'abord des Français.

17:38
Marine Tondelier

Je suis en colère quand tu dis ça. Je suis en colère parce qu'il convoque de lui-même les sujets de l'extrême droite et qu'ils en parlent suffisamment. L'immigration, c'est un sujet d'extrême droite. En fait, vous savez, les élections, elles sont aussi marquées par quels sujets font l'actualité, quels sujets font le débat. Et quand 80% des Français sont préoccupés par l'immigration, Marine Thondelier, on ne peut pas dire que c'est un sujet d'extrême droite. Parce que certaines radios comme la vôtre, certaines télé comme d'autres, en parlent toute la journée et ça influe. Vous savez bien que le débat...

17:59
Présentateur

On refait, on refait. Marine Thondelier, comment ça comme la nôtre ? On refait.

18:02
Marine Tondelier

Vous savez bien que le système médiatique, une grosse partie de lui, essaye de prescrire des thèmes qui sont favorables à l'extrême droite. C'est le cas du thème de l'immigration qui n'est pas le sujet principal qui touche le quotidien des Français. Ce dont on vient parler sur le gaz, sur l'arrivée d'extrême droite au pouvoir, ça, ça va être très concret.

18:19
Présentateur

Quand 80% des Français, ce n'est pas notre radio, le système médiatique qui se dit préoccupé par l'immigration. Je pense que la politique,

18:24
Marine Tondelier

c'est être courageux. C'est de démanteler les idées fausses. Ce n'est pas de dire comme les Français pensent ça, je vais dire comme eux, comme ça peut-être que certains vont voter pour moi. Il est faux de dire que les étrangers prennent le travail des Français. Ce sont des postes que les Français ne vont pas occuper en plus. Et d'ailleurs, c'est condamnable. Moi, je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. Je milite depuis 15 ans avec des fils et des petits-fils de mineurs marocains dont les papas ont été recrutés dans des conditions scandaleuses dans leur village par les mines sur la qualité de leur dentition ou sur le fait qu'ils ne parlaient pas bien français.

Comme ça, ils ne pourraient surtout pas se syndiquer et faire respecter leurs droits dans les mines. Et c'est eux qui allaient dans les galeries les plus dures. Est-ce que c'est normal ? Non. Mais je veux dire aujourd'hui que quand on explique que l'immigration travaille, on est contre, on insulte leur histoire, on insulte leur mémoire et les deuxièmes, troisième générations se sentent insultées dans leur parcours de vie.

19:10
Présentateur

Il n'a pas le droit de la jouer, alors qu'eux aujourd'hui,

19:12
Marine Tondelier

il fait ce qu'il veut mais il prend ses responsabilités. Et dans un moment comme celui que vit la France et le débat public, je pense qu'il faut tenir les digues et qu'il faut être ferme et pas aller dans le sens du vent, de trucs, c'est facile, ça va être confortable de faire ça. Il faut lutter contre les préjugés. Et aujourd'hui, moi ce que j'ai envie de dire aussi à votre antenne, certains ne le savent peut-être pas, mais les travailleurs étrangers dont le MEDEF souhaite qu'il y en ait, enfin pas souhaite, mais dit qu'il en faudra 3 millions neuf en 2050 pour que notre économie tourne. Sinon, vous ne pourrez plus aller au restaurant, vous n'aurez plus à l'hôpital, etc.

Et donc, ces personnes, aujourd'hui, elles travaillent au service des Français, au service de notre économie, elles cotisent pour les retraites, pour l'assurance maladie, pour tout, et elles sont contributrices nettes. C'est-à-dire que c'est elles qui font tourner notre économie mais aussi notre modèle de protection sociale parce que ce sont plutôt des jeunes actifs. Donc à un moment, ça aussi, il faut en parler.

20:01
Présentateur

Ça, il faut en parler, ce sera le cas en effet dans la primaire que vous appelez De Voveux. Merci beaucoup Marine Tondelier d'avoir été avec le secrétaire national des écologistes et candidate à l'élection présidentielle. Si jamais vous avez un petit creux, vous allez manger chez Master Poulet dans la journée ?

20:16
Marine Tondelier

Moi, je suis végétarienne depuis 2009.

20:17
Présentateur

Pas trop. Et ça vous interpelle cette polémique autour de cette enseigne ou vous trouvez ça normal qu'on la défende dans certaines villes ?

20:22
Marine Tondelier

Moi, je suis fatiguée de tout ça. Franchement, je trouve qu'il y a quand même plus grave dans le monde qu'un marchand de poulet où Karim Bouhamran met des plots devant, l'autre va s'acheter du poulet pour dire qu'il a vaincu les plots. Je ne comprends pas ce qu'on est en train de faire dans ce pays et je pense que ça donne une image délétère de la politique.

20:37
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir été avec nous Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à l'élection présidentielle et écoutez davantage sur le radio parce que vous avez raconté n'importe quoi sur notre obsession sur l'immigration. Merci quand même d'être venu ce matin. Il est 8h36 et il est un instant mais j'espère bien. 0826 300 300. On va parler non pas d'immigration mais travail est-ce que le 1er mai est-ce que l'impression du travail doit justement aller sanctionner les travailleurs ou est-ce qu'on doit faire confiance à l'intelligence collective prônée par le gouvernement ? Trégant Paris 0826 300 300 le site internet et les réseaux sociaux. A tout de suite.