Dans les Vosges avec Constance Schaerer et l'association "7 sommets contre la maladie"
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Chapitres
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« Sommet contre la maladie, c'est une association qui accompagne les enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. »
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« Je l'ai créé en mars 2022 parce que j'ai moi-même perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. »
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« Plusieurs années après la disparition de son père, Constance a découvert dans une lettre qu'il souhaitait que ses cendres soient répandues sur les sept plus hauts sommets du monde. »
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« Avec cette aventure sportive et à travers les activités organisées pour eux tout au long de l'année, elle souhaite inspirer les enfants de l'association. »
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« Mon fils a perdu son papa. Ça va faire deux ans, enfin, ça a été une période très compliquée. »
Temps de parole
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Maman a
lavé le cancer. Oui, c'est ça.
Mais
toi, c'est pas parce que maman a eu le cancer que toi, tu vas avoir le cancer. Et le papa aussi
t'a
la belle.
Et
le papa aussi t
'a
la belle. Et mon
papa
aussi. Comment il a eu le cancer ? C'est ça, mon papa ? Oui.
Bah,
tu sais, personne ne sait trop pourquoi. Les médecins, ils essayent de chercher. Pourquoi ?
Non,
mais... Les gens, ils ont le cancer. Parce
qu'en fait,
ma
maman a mort. Oui. Mais le problème, il est...
Cette
Sommet contre la maladie, c'est une association qui accompagne les enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Je l'ai créé en mars 2022 parce que j'ai moi-même perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. À l'époque, en étant fille unique, ma mère, elle aimait pas trop parler de mon père ni de la maladie. Donc, j'échangeais avec personne sur ces sujets-là. Et forcément, tu te sens quand même très différent des autres enfants parce que ce que t'as vécu, ça te marque et ça te change
pour
toujours. Finalement, tu perds un pilier. Forcément, les enfants, ils sont tous au courant de ce que j'ai vécu, que mon papa est tombé malade quand j'avais 5 ans, quand j'étais en grande section maternelle et qu'effectivement, je les comprends vraiment dans ce qu'ils ont vécu. Pour eux, c'est sûr que c'est un soutien et c'est un moyen de pouvoir s'exprimer et de dire des choses qu'ils vont pas forcément dire à des psychologues ou à l'école
ou à leurs parents.
En fait, en tant qu'enfant, quand il t'arrive quelque chose comme ça, tu te dis, c'est parce que j'ai fait une bêtise ou c'est parce que j'ai mal fait quelque chose. Et du coup, moi, au début, je pensais que c'était de ma faute que mon père était malade. Très souvent, les enfants culpabilisent de ça. Ouais,
on a survécu
!
Est
-ce qu'on se met sur le rocher là-haut pour manger ou pour aller rester là ? On sera en fin de soleil. Ma maman est décédée d'un cancer le 23 août en 2025. C'est ma grand-mère, elle a trouvé l'association. C'est plus facile avec les gens dans la même situation.
Je
ne
sais
pas comment dire, mais
c'est
plus simple quand ils savent ce que je raconte. On ne trouve pas trop notre place.
Je
ne
sais
pas comment dire, mais ma manière de faire, c'est comme s'il n
'y
avait rien. Comme ça, je n
'y
pense pas et voilà. C'est pour ça que je fais un peu le gogole souvent, parce que j'aime bien, ça me fait rire et ça me fait penser à d'autres choses. Plusieurs années après la disparition de son père, Constance a découvert dans une lettre qu'il souhaitait que ses cendres soient répandues sur les sept plus hauts sommets du monde. Depuis, elle a décidé de relever ce défi et en a déjà gravi cinq, dont l'Everest. Avec cette aventure sportive et à travers les activités organisées pour eux tout au long de l'année, elle souhaite inspirer les enfants de l'association.
L
'objectif, c'est de leur permettre de réaliser qu'ils vont encore avoir plein de belles choses qui vont leur arriver dans la vie, plein de choses à construire. Et c'est justement de leur dire que dans leur vie, il va leur arriver encore plein de choses magnifiques et incroyables. Et qu'ils peuvent continuer à rêver, à se fixer des objectifs.
Tous
les enfants sont fans de Constance, en fait.
Ils ont
passé ces week-ends, ces soirées à regarder les reportages de Constance. Ah, c'est vrai ? Ah oui. Mon fils a perdu son papa. Ça va faire deux ans, enfin, ça a été une période très compliquée. Il a été rempli de colère. Il n'en parlait qu'à moi. Il pouvait se faire éclater les vaisseaux du nez tellement qu'il était en colère et qu
'il
ne comprenait pas pourquoi ça lui arrive à lui. S'il a été méchant avec papa, c'est pour ça qu'il était mort. Enfin, plein de questions. Il culpabilisait ? Oui, beaucoup, oui. Et tant que maman, on a envie de lui enlever sa douleur et on ne peut
pas
l'enlever.
C
'est vraiment difficile.
Et
puis, à part accueillir ses émotions, lui dire qu'on le comprend, le rassurer, lui dire que non, ce n'est pas de sa faute. Et c'est pour ça que j'ai après cherché, s'il n
'y
avait pas une association, où il pouvait retrouver d'autres enfants. Il a compris qu'il n'avait rien fait. Ça lui a enlevé ce poids de culpabilité de voir qu'il y a plein d'autres enfants qui vivent la même situation que lui. Et du coup, ça l'apaise. Ok, ok, vas-y.
Ça
lui a libéré beaucoup la parole.
C
'est un sujet qui,
comme
dit, il ne parlait qu'à moi. Depuis qu'il est dans l'association, il a réussi à le dire à la maîtresse, le présenter à ses camarades de classe.
Parce
que je ne voulais pas lui imposer de raconter ça aux autres élèves. Et c'est de lui-même qui a choisi. L'association, elle est géniale.
Je
trouve qu'il y
a
vraiment ce côté vie qui reprend.
Et
de se dire que, oui, la vie, elle est difficile. Elle est faite d'épreuves. Mais elle reste belle. Et il y a encore plein de choses à vivre et à partager ensemble.
Donc,
ça,
c
'est cool. Moi, je trouve que de pouvoir échanger avec d'autres parents qui ont vécu la maladie, de leurs conjoints. C'est hyper important pour moi de me dire que moi aussi, je ne
suis
pas seule. Et je vois aussi comment chacun avance. Et le fait de se retrouver, de partager des bons moments, de voir nos enfants s'épanouir ensemble, c'est aussi super sympa. J'ai beaucoup, beaucoup de soutien dans mon entourage. Mais en soi,
personne
n'a vécu ce que j'ai vécu. Et là, de rencontrer d'autres familles qui ont vécu ça, c'est vrai que ça nous donne un point commun très difficile, mais en même temps un point commun. Et ça nous permet vraiment d'échanger sur nos émotions aussi. Et de dire, ah, ce que tu as vécu, je le comprends parce que je l
'ai
vécu aussi. Que j'adore ton dessin ?
C
'est vrai.
Tous
les enfants de l'association, finalement, c'est un peu comme les petits frères et les petites sœurs que je n
'ai
jamais eus.
Et
c
'est
trop important pour moi de leur montrer à quel point ils vont pouvoir encore faire des grandes choses. Et oui, c'est difficile de perdre un parent et c'est difficile de voir son parent se dégrader. mais en fait, il y a une vie après tout ça. Il y a une vie après la perte d'un proche.
Et
cette vie-là, c'est important de la vivre vraiment.