Jordan Bardella : "Il y a un état d'esprit de loyauté à avoir lors d'une campagne présidentielle."
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le président du Rassemblement National, eurodéputé, questions, réactions, 01-45-24-7000, réseaux sociaux et applications mobiles de France Inter. Jordan Bardella, bonjour et bienvenue. Bonjour. Pierre Asquil rappelait à l'instant, même s'il reste complexe à lire, la Russie a envoyé hier des signaux, des signes de désescalade dans la crise ukrainienne avec l'annonce du retrait de certaines de ses forces et de leur retour vers leur garnison.
Saluez-vous ces premiers signes, le fait que la température ait cessé de monter et y voyez-vous un effet de l'intense balai diplomatique de la France, de l'Allemagne, de l'Union Européenne à Moscou ces derniers jours ?
Je pense que le retrait des troupes par Vladimir Poutine à la frontière est en tout cas un signe encourageant de désescalade. On peut quand même rappeler qu'il y avait eu des provocations des deux côtés puisque les Etats-Unis avaient déployé des hommes à la frontière entre la Roumanie. En vérité, dans ce dossier, se pose la question d'abord de notre appartenance au commandement militaire intégré de l'OTAN.
C'est vrai que quand Emmanuel Macron se rend en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine, il n'est pas tant perçu comme le président de la République française, comme le président d'un pays libre, autonome, indépendant, qui a une voix singulière, importante à porter sur la scène internationale, mais plutôt comme le représentant de l'OTAN. Or l'OTAN est devenue...
De l'Union Européenne, vous voulez dire ?
Oui, de l'Union Européenne et de l'OTAN, mais l'OTAN est devenue l'instrument de la domination géopolitique des Etats-Unis sur l'Europe. Et en tout cas, si Marine Le Pen est élue présidente de la République dans quelques semaines, nous tenons à avoir des relations équilibrées à la fois avec les Etats-Unis, mais aussi avec la Russie. Je pense que la guerre économique qui est menée à la Russie par des sanctions au Parlement européen depuis maintenant plusieurs années n'a absolument aucun sens, et que nous devons travailler avec la Russie, nous devons parler avec Vladimir Poutine, comme avec toutes les puissances du monde, parce que notre vision du monde est aussi celle d'un monde multipolaire.
Robert Ménard, qui est un de vos soutiens, qui soutient Marine Le Pen, il dénonce toutefois la complaisance de Marine Le Pen et de certains de ses amis, dont vous, de ses amis politiques à l'égard de Vladimir Poutine. Je le cite. Comment peut-on trouver des excuses à un dirigeant, Poutine, qui se comporte comme il se comporte avec son opposition ? C'est les mêmes, je parle de mes amis, donc de vous, qui sont intransigeants avec un certain nombre de dictateurs, et puis là, ils trouvent toutes les excuses possibles à Poutine. Vous lui répondez quoi ?
Non mais moi, je ne vais pas faire ce débat ici avec Robert Ménard, on a beaucoup de points d'accord, on peut avoir des points de divergence. Moi, si vous voulez, je ne conçois pas la Russie comme un ennemi ou comme un adversaire. La Russie est un pays avec lequel nous devons parler, ça peut être un concurrent en matière économique, mais je pense que l'obsession d'une espèce de russophobie, d'une guerre larvée contre la Russie, n'est pas l'intérêt de la France. Moi, je raisonne par rapport à l'intérêt français.
Évidemment que quand la Russie déploie des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, évidemment qu'on est dans une forme de provocation qui ne contribue pas à la désescalade des tensions dans cette région. Mais je pense que, notamment en matière gazière, nous avons tout intérêt à avoir des relations équilibrées. Le problème, si vous voulez, c'est une question d'équilibre. Or, depuis maintenant plusieurs années, c'était vrai sous François Hollande et Nicolas Sarkozy, on a eu une tendance à la déséquilibre, au déséquilibre, pardon, où en fait, à chaque fois que les Etats-Unis vont en guerre, eh bien, la France suit. Ça a été vrai en Libye, ça a été vrai en Syrie. Pas en Irak.
Je pense qu'en la matière. Pas en Irak, c'est vrai que c'était l'une des bonnes décisions, je crois, qu'avait prise Jacques Chirac à l'époque. Mais, en l'occurrence, nous nous souhaitons une vision du monde qui soit peut-être plus équilibrée. Et, si vous voulez, en même temps, Emmanuel Macron va discuter avec Vladimir Poutine, et en même temps, les députés européens de La République en marche au Parlement européen votent de nouvelles sanctions contre la Russie. Donc, je pense que cette obsession anti-russes a peu de sens et que la France gagnera à avoir une voie beaucoup plus autonome en sortant notamment du commandement militaire intégré.
Au chapitre international, toujours quelques mots sur le Mali. Emmanuel Macron est sur le point d'annoncer la fin de l'opération Barkhane et de retirer, donc, les troupes françaises du Mali. Est-ce inéluctable ?
Je vais rester dans le consensus. Nous avions soutenu, vous le savez, l'intervention, les opérations Serval et Barkhane, puisqu'on était intervenus au Mali pour lutter contre les djihadistes, contre les groupes djihadistes, et éviter que ne se constitue, je dirais, aux confins du Maghreb, un nouveau califat islamique. Donc, nous avions soutenu les opérations Barkhane et Serval. Je vous rappelle qu'on a perdu 58 de nos soldats là-bas. Mais c'est vrai qu'à partir du moment... Nous étions intervenus à la demande des autorités maliennes.
À partir du moment où la junte militaire, qui est assez illégitime, et je pense que Jean-Yves Le Drian a eu raison d'avoir des mots assez durs, nous insulte, expulse notre ambassadeur, et a une politique agressive à l'égard de la France, il est vrai que la question de notre présence au Mali se pose. Je pense que la lutte contre le djihadisme doit continuer sous une autre manière, notamment sous une forme qui est beaucoup plus proche de celle du renseignement, et depuis nos bases militaires, notamment au Tchad, au Niger ou en Côte d'Ivoire.
Jordan Bardel, un mot encore sur l'international, enfin l'international qui relie le national. Hier, Éric Zébourg s'est réjoui d'une longue conversation téléphonique de 40 minutes avec Donald Trump, qui lui aurait dit « Tenez bon, ne cédez rien, ça finira par payer ». Trump, vote donc Zemmour et pas Marine Le Pen, ça vous déçoit ?
Alors moi, ce n'est pas ce que j'ai lu de vos confrères. J'ai lu le compte-rendu qui a été fait par vos confrères, dans lequel Donald Trump a fait savoir qu'il ne souhaitait pas soutenir politiquement, formellement Éric Zemmour, et qu'il trouvait qu'Emmanuel Macron était un chic type. Je cite Donald Trump. Bon, écoutez, c'est bien normal que dans une élection présidentielle, vous puissiez avoir des contacts. Maintenant, moi, si vous voulez, je ne conçois pas passer cette campagne présidentielle à commenter les actions d'Éric Zemmour. Marine Le Pen, elle a multiplié les contacts.
Elle a rencontré il y a quelques jours, vous le savez, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui lui, pour le coup, a indiqué qu'il appelait clairement à voter et à soutenir la candidature de Marine Le Pen. Elle a rencontré le Premier ministre polonais. Elle rencontre aussi nos alliés européens partout en Europe. Et c'est vrai que ce qu'on souhaite faire aujourd'hui, en matière européenne notamment, est de construire une alliance européenne des nations qui viendrait se substituer à cette Union européenne.
Et c'est vrai que Marine Le Pen s'est aussi construite par cette occasion une stature de dirigeante internationale, en plus d'avoir, je crois, aujourd'hui, les qualités de l'État en France.
Mais elle ne va pas appeler Donald Trump. Ce n'est pas prévu.
Ce n'est pas prévu à ma connaissance.
L'eurodéputé Nicolas Bé a été suspendu hier de toutes ses fonctions au sein du RN et de la campagne de Marine Le Pen. Vous l'accusé d'avoir transmis des informations stratégiques au camp d'Éric Zemmour. Marine Le Pen, on l'entendait dans le journal de 8 heures, a demandé à ceux qui, je la cite, opèrent la stratégie de la limace de bien vouloir accélérer leur départ parce que la limace est lente, mais aussi parce qu'elle est poisseuse. Fin de citation. Vous anticipez donc encore de nouveaux départs, Jordan Bardella ? C'est une saignée, là, du RN ? Non, ce n'est pas une saignée.
Un peu d'objectivité. Nous avons un peu plus de 1000 élus partout en France, des élus locaux qui, tous les jours, sont sur le terrain pour permettre la victoire de Marine Le Pen dans quelques semaines. Nous avons une dizaine d'élus, une dizaine de personnes, qui, soit pour des raisons personnelles, parce qu'ils ne trouvaient pas au sein du Rassemblement National les responsabilités qu'ils espéraient, soit parfois pour des raisons politiques. Ça a été le cas, notamment, de Stéphane Ravier, qui s'est exprimé en souhaitant soutenir Éric Zemmour en disant que c'est un retour aux sources.
Et c'est vrai que la stratégie qu'a mise en place Éric Zemmour, qui est une stratégie de la provocation, qui est une stratégie brutale, qui est une stratégie du buzz, qui, en fait, lui reconstitue au-dessus de lui un plafond de verre que nous avions, nous, il y a quelques années, peut trouver un écho avec le discours qu'avait le Front National il y a 20 ou 30 ans. Donc, nous, il ne s'agit pas de faire un retour en arrière. On est extrêmement clair. À partir du moment où vous êtes membre d'une équipe, à partir du moment où vous êtes membre d'une famille politique, il y a une forme de loyauté à avoir.
Mais Nicolas Bay, il a fait quoi, Jordan Bardella ? Parce que lui, il dit que les accusations de Marine Le Pen sont grotesques.
On ne peut pas être dans une forme de sabotage qui vise à feuilletonner son départ en essayant d'attendre le plus longtemps possible dans la campagne présidentielle pour trouver le bon moment pour partir, pour rejoindre la concurrence, en essayant de faire le plus de mal possible. Donc, il y a juste, à un moment donné, un état d'esprit de loyauté à avoir quand on est au sein d'une équipe de campagne. Vous êtes journaliste sur le service public. Si tous les matins, vous disiez le plus grand bien que vous pensiez de RTL ou de Europe 1, à un moment donné, vos patrons vous diraient que ce n'est pas très clean, ni très corporel.
Dites-moi, il a fait quoi, Nicolas Bay ? C'est quoi ? C'est un fait long, un fait ? Je ne comprends pas.
Non, non, mais moi, je ne vais pas me lancer dans une bataille d'injures avec Nicolas. Nous nous expliquerons. On a un certain nombre de reproches à lui faire. Il a fait lui-même savoir qu'il soutenait à jour J quand on lui a demandé il y a quelques jours la cognature de Marine Le Pen, mais que ça ne préjugait pas de ce qu'il ferait dans trois, quatre semaines. Donc, s'il souhaite soutenir Éric Zemmour, c'est son choix, c'est sa liberté. Maintenant, si vous voulez, un peu de modestie, on a mille élus un peu partout sur le territoire national. Nous sommes aujourd'hui donnés à 46% au second tour avec Emmanuel Macron.
Donc, la vérité, c'est que Marine Le Pen, elle peut gagner cette élection présidentielle. En fait, il y a deux choix qui se posent. Soit on se fait plaisir, soit on est dans une démarche de témoignage autour d'Éric Zemmour, dont tout le monde sait aujourd'hui qu'il ne peut pas gagner l'élection présidentielle. Sur les sondages de second tour, Emmanuel Macron est donné largement réélu à 65%. Donc, Éric Zemmour, c'est l'assurance vie, l'assurance réélection d'Emmanuel Macron.
Il est donné réélu aussi face à Marine Le Pen. Marine Le Pen.
Mais Marine Le Pen, elle est donnée à 46%. Ce qui veut dire que dans les 50 jours qui nous séparent de l'élection présidentielle, Marine Le Pen, elle peut convaincre une majorité de Français et elle peut remporter cette élection présidentielle. On n'est pas du tout dans la même démarche. Et c'est vrai que le travail que nous avons fait depuis plusieurs années, de rassurer, de rassembler, de nous ouvrir à d'autres thématiques, fait aujourd'hui que nous avons, je crois, un projet qui est sérieux, puissant, solide, sur tous les sujets.
Je pense vraiment que, malgré les constats que je peux partager avec Éric Zemmour, puisqu'il vient de dire, notamment sur l'immigration, ce que nous disons depuis 30 ans, que la stratégie assez brutale de provocation, une forme de brutalité dans la ligne stratégique qui est la sienne, fait que ça le cantonne aujourd'hui à témoigner dans cette élection présidentielle et à ne pas pouvoir l'emporter avec Emmanuel Macron. Or, je pense que la situation du pays est trop grave pour qu'on se divise. Et je pense, et je maintiens, que toutes les voix patriotes doivent aller à celle qui peut aujourd'hui remporter la présidentielle. En tout cas, d'après les sondages, c'est-à-dire Marine Le Pen.
Juste pour comprendre, qu'est-ce qui, dans votre campagne ou dans votre candidat, fait partir ces gens ?
Sur la dizaine de personnes qui nous quittent, il y a des gens qui partent pour des raisons personnelles. Ça, c'est le propre de... Ce sont les péripéties de campagne. Quand vous n'avez pas les responsabilités que vous souhaitez au sein d'une équipe de campagne, au sein de nos partis, vous allez essayer de les trouver. Ça, c'est un point. Mais intellectuellement, idéologiquement, politiquement, quel est le problème ?
Il faut être deux pour divorcer.
Mais sur le fond, il y a chez certains, aujourd'hui, enfin, en tout cas, chez Éric Zemmour, et d'ailleurs, c'est vrai de certains qui ont été très longtemps des compagnons de route du Rassemblement National, ils perçoivent le Front National d'il y a 30 ans. Le Front National d'il y a 20 ans.
De Jean-Marie Le Pen, donc.
Ce que dit Stéphane Ravier, d'ailleurs, il dit, je vais chez Éric Zemmour parce que c'est pour moi un retour aux sources, moi qui ai membre du Front National depuis 30 ans. Mais, si vous voulez, cette stratégie qui est une stratégie de la provocation, qui est une provocation du buzz, on en est sortis. Parce que, si vous voulez, si chacune des prises de parole vise à se mettre quelqu'un à dos, si vous voulez, vous pouvez faire tous les constats du monde, vous resterez dans l'opposition, ad vitam aeternam. Donc, c'est vrai qu'on peut avoir des points d'accord sur la question de l'immigration, comme 80% des Français aujourd'hui le pensent. On a des points de désaccord aussi avec Éric Zemmour.
C'est-à-dire qu'en matière économique, il a une forme, en tout cas de brutalité, qui rappelle celle d'Emmanuel Macron. Quand il souhaite décaler l'âge de départ à la retraite à 64, 65 ou 67 ans, il l'avait dit sur une chaîne d'info en continu, ça dépend. C'est-à-dire que sur CNews, il avait dit 65 ou 67 ans. Donc, quand il explique que le pouvoir d'achat n'est pas une préoccupation pour lui comme potentiel présidentiable, parce que ce n'est pas au président de la République de s'occuper d'accorder 10, 20 ou 30 euros à la fin du mois aux Français, on est en désaccord.
Quand il explique que le Rassemblement National est un ghetto ouvrier et chômeur, moi, je n'ai pas cette considération sociale-là. Donc, c'est vrai qu'on a fait le choix, nous, de faire, en plus de l'immigration, de la question du pouvoir d'achat, un axe fort de la campagne, en proposant beaucoup de mesures, chose qu'Éric Zemmour n'a pas faite.
Éric Zemmour se targuait dimanche sur TF1 d'avoir imposé le thème du grand remplacement dans la campagne. Même Valérie Pécresse emploie ces mots. A-t-il dit, il a raison, il a réussi ça, imposer le thème du grand remplacement. Même Marine Le Pen, qui disait, il y a quelques années, le concept de grand remplacement suppose un plan établi, je ne participe pas de cette vision complotiste. Elle le dit moins.
Non, mais il y a plusieurs choses là-dedans. Ça fait, je pense que vous ne me contredirez pas, ça fait 30 ans que nous parlons de cette question de l'immigration. Moi, ce que je reproche à Éric Zemmour, c'est de venir parler de cette question dans le cadre de l'élection présidentielle, à trois mois de l'élection présidentielle. Il n'a jamais soutenu les gens qui se sont opposés à cette politique d'immigration massive. Il a même soutenu l'inverse. C'est-à-dire ? Il a soutenu François Mitterrand, il a soutenu la gauche en 2002. Moi, je ne l'ai pas entendu au second tour de l'élection présidentielle.
Il faudra lui poser la question, d'ailleurs, pour qui a voté Éric Zemmour au second tour de la dernière élection présidentielle. Parce que, si vous voulez, c'est bien beau de venir reprocher aux gens qui se battent depuis 30 ans contre le déclin de la France, en venir leur faire un certain nombre de reproches, pour venir reprendre la quasi-totalité de leurs analyses un mois avant. Ça fait 30 ans que nous dénonçons la submersion migratoire qui est en cours dans notre pays. Et je pense que beaucoup de Français s'aperçoivent que les constats, les alertes que nous avons lancées il y a 10, 20, 30 ans, étaient justes.
Oui, le grand emplacement, même si moi je n'utilise pas ce terme parce que je trouve qu'il n'est pas très clair, pointe une réalité qui est juste.
Il n'est pas clair ou il est complotiste ?
Je ne crois pas du tout dans une dimension complotiste.
Vous n'êtes pas d'accord avec ce que disait Marie Le Pen
quand elle disait ces complotistes ? Allez vous balader à Saint-Denis, allez vous balader à Trappes, allez vous balader à Roubaix, et vous verrez qu'on n'est pas dans Amélie Poulain. Et vous verrez que l'immigration massive dans ces quartiers a amené un changement de mœurs, des changements de coutumes, et parfois même des changements de peuple. Et c'est vrai que, contre ces phénomènes-là, il ne s'agit pas seulement de les nommer, il s'agit de prendre des mesures.
Or la première des mesures que nous prendrons si Marine Le Pen est élue président de la République dans quelques semaines est d'organiser un grand référendum sur la question de l'immigration pour couper le robinet et arrêter cette submersion qui est en cours. Emmanuel Macron a battu tous les records. Emmanuel Macron a accordé depuis 2017 1 275 000 titres de séjour. Il a battu tous les records d'immigration. Et c'est 250 000 par an, à peu près la même chose
sous Sarkozy et sur Hollande.
– Non, on est sur des proportions qui sont plus importantes. – Légèrement plus en 2019. – Bien sûr. 900 000, il y a un effet de rattrapage aussi sur le Covid l'an dernier. 900 000 clandestins d'après M. Stéphanini. M. Darmanin avait parlé de 100 000 clandestins. On a un taux d'exécution des OQTF qui est très bas aujourd'hui en France. Et Marine Le Pen est en tout cas, c'est en tout cas le vote assurance de voir l'immigration s'arrêter dans notre pays à compter du mois d'année.
– Quelques mots sur les autoproclamés convois de la liberté. Vous avez une attitude plutôt bienveillante à leur égard. – Si jamais ils venaient un jour à défiler, est-ce que vous iriez manifester à leur côté ?
– Non, mais j'ai juste dit qu'il ne fallait pas compter sur nous pour jeter la pierre à des Français qui aujourd'hui n'arrivent plus à boucler les fins de mois et qui descendent dans les rues pour exprimer une colère. Le quinquennat d'Emmanuel Macron a été ponctué par la violence, par les tensions, par le mépris à l'égard du peuple français. Et quand des Français viennent dire qu'ils n'arrivent plus à remplir leur caddie, qu'ils n'arrivent plus à faire leur plein d'essence, qu'ils n'arrivent plus à payer leur facture de gaz ou leur facture d'électricité, que des retraités n'arrivent plus à vivre avec 8 euros par jour, eh bien, nous nous disons qu'il y a des réponses politiques à apporter.
– Et vous seriez dans la rue ? – Vous seriez dans la rue à leur côté ?
– Écoutez, on est à 50 jours de l'élection présidentielle. Notre rôle n'est pas tant d'être dans la rue que de proposer des solutions aux Français. Et la première des solutions que nous proposons et que nous mettrons en œuvre dès le lendemain de l'élection de Marine Le Pen est l'abaissement de la TVA de 20% à 5,5% sur tous les produits énergétiques, le gaz, le fuel, l'électricité, les carburants, pour permettre de redonner du pouvoir d'achat aux Français et mettre fin à ce braquage fiscal que subissent les Français, notamment quand ils vont faire le plein de carburants.
Vous savez qu'il y a 60% de taxes et nous sommes les seuls à proposer de les baisser en décrétant l'énergie comme un produit de première nécessité
dès notre élection. – L'allègement d'un certain nombre de contraintes sanitaires se poursuit aujourd'hui. Les boîtes de nuit rouvrent, il n'y a plus de jauge dans les concerts où on pourra se rendre debout. Mais hier, 4 millions de Français ont perdu leur passe vaccinale avec le délai de rappel qui est passé, vous le savez, de 7 à 4 mois. Qu'est-ce que vous dites à ces Français ? Allez-vous faire vacciner et puis c'est tout ? Faites cette troisième dose ou demandez-vous au gouvernement de supprimer le passe vaccinal dès maintenant ?
– Nous demandons au gouvernement de supprimer le passe vaccinal. Pas seulement une semaine avant l'élection. C'est vrai que c'est bien qu'à 50 jours de l'élection présidentielle, on annonce la levée de toutes les restrictions. On peut y voir un lien quand même très intéressé de la part du président de la République qui ferait mieux de se déclarer candidat et d'entrer en campagne. Mais le passe vaccinal n'a aucun impact sur la circulation du virus à partir du moment où le vaccin n'empêche pas la transmission du Covid. Donc nous l'avons dit, nous sommes clairs, nous sommes opposés au passe vaccinal.
C'est une restriction de liberté qui nous apparaît disproportionnée et qui apparaît disproportionnée à beaucoup de médecins. Moi, j'ai entendu beaucoup de voix de la médecine s'exprimer dans les médias, y compris les voix très officielles qu'on entend sur les plateaux depuis maintenant plusieurs mois, plusieurs années, désormais depuis deux ans, indiquaient que le passe vaccinal était une mesure politique et pas du tout une mesure de contrôle de l'épidémie. C'est le cas notamment du docteur Kirzek.
L'une des mesures phares de Marine Le Pen, Jordan Bardella, c'était le retour de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations. Elle le martèle depuis des années. Mais dans les 22 mesures pour 2022 qu'on peut lire sur votre site de campagne, il y a la chose suivante. Je refuse le recul de l'âge légal de départ à la retraite, mais je veux permettre à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de prendre leur retraite à 60 ans. Est-ce à dire que le départ à 60 ans ne s'appliquera pas à tous si elle est élue présidente, mais seulement à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans ?
Alors d'abord, nous héritons d'une situation économique qui n'est pas la même. On est très pragmatique. Il n'est pas la même qu'en 2017. Emmanuel Macron va nous laisser une ardoise de 600 milliards d'euros de dettes. Donc évidemment que le cadre budgétaire que vous avez, encore une fois, n'est pas le même qu'en 2017. L'idée, c'est que plus vous allez avoir un travail pénible, plus vous allez commencer tôt, plus vous partirez tôt. Et nous garantirons notamment qu'entre 17 et 20 ans, il y aura un départ à l'âge légal de 60 ans avec évidemment 40 annuités. Au-dessus de 20 ans, on sera sur une forme de progressivité qui n'ira pas très au-delà d'ailleurs des 40 annuités.
On sera sur 41, 42 annuités. Mais l'idée est de dire que pour tous ces métiers pénibles, sur tous ces métiers manuels, sur tous ces métiers de force, beaucoup de gens qui n'ont pas la possibilité de travailler comme nous dans des bureaux qui sont climatisés en été, qui sont chauffés l'hiver, qui font tous ces métiers de force sur le BTP, dans la voirie, dans la rue, sur les chantiers, et qui, eux, en tout cas, cette France du travail pénible là, elle a le droit à partir plutôt à la tête et à ne pas mourir de fatigue au travail.
Corrigez-moi, c'est un vrai revirement par rapport à ce qu'elle disait avant, Marine Le Penier.
Non, ce n'est pas un revirement. On est pragmatique, madame.
On est pragmatique, ça veut dire que vous ne revenez pas à la retraite à 60 ans,
pour tout le monde. En tout cas, entre 17 et 20 ans.
Oui, oui, ça on a compris. Mais au-dessus de 20 ans.
Maintenant, pour les autres, c'est-à-dire qu'entre 20 ans et 25, 27 ans, 27 ans, on sait que c'est le premier contrastable en moyenne, on partira en tout cas beaucoup plus tôt et beaucoup plus jeune qu'on n'y part aujourd'hui. Marine Le Pen va présenter dans les prochains jours sa réforme des retraites dans le détail, mais l'idée étant de dire qu'entre 17 et 20 ans, vous partirez à 60 ans parce qu'on considère que ce sont les métiers les plus difficiles. Ce n'est pas un revirement, si vous voulez. On tient compte de la situation économique du pays. Il y a juste eu le Covid, il y a juste eu des milliards d'euros, 125 milliards d'euros de dettes supplémentaires par rapport à 2017.
Et ça, c'est imputable à Emmanuel Macron.
Mais si, pardon, mais si elle est élue présidente, l'âge de départ à la retraite restera de 62 ans. C'est ça que vous nous dites ce matin ?
Non, l'âge de départ baissera. Vous allez changer la loi ? Bien sûr, l'âge de départ baissera. Je vous dis juste pour être très simple, Marine Le Pen va le préciser dans les prochains jours, ça sera chiffré, vous aurez tout ce qu'il faut. J'ai un peu le sentiment que le sérieux a changé de camp dans cette élection présidentielle et que nous sommes les seuls en l'occurrence à faire des propositions extrêmement poussées, extrêmement pointues, extrêmement solides qui ont été travaillées pendant 5 ans mais qui tiennent aussi compte de la situation du pays.
Donc, pour être très clair, entre 17 et 20 ans, vous partirez à 60 ans avec 40 annuités et ensuite, il y aura une forme de progressivité qui sera très légère mais qui, de toute manière, vous fera partir beaucoup plus tôt qu'aujourd'hui. Et nous sommes les seuls à vouloir diminuer l'âge de départ à la retraite.
On sait que depuis 10 ans, l'espérance de vie en bonne santé, elle stagne dans notre pays, elle a un tout petit peu augmenté l'an dernier mais depuis 10 ans, globalement, elle est stable et contrairement à Emmanuel Macron, Éric Zemmour ou à tous nos autres concurrents, nous ne considérons pas que les Français doivent mourir de fatigue au travail et que c'est un choix de dignité aussi que de pouvoir profiter de sa famille, de son temps libre et de la vie sans mourir de fatigue au travail un peu plus tôt que l'âge de départ actuel. Jean-Claude au Standard,
bonjour et bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Bonjour France Inter, merci pour vos émissions et la qualité que vous apportez. Monsieur Bardella, les parrainages ont été faits à l'origine pour que les candidats qui les reçoivent présentent aux yeux des Français, des électeurs, toute la qualité, les probités que l'on attend d'un président de la République à toutes les valeurs, liberté, égalité, fraternité, entre autres. Et laïcité, j'espère que ça pourrait se rajouter. Monsieur Bardella, si Éric Zemmour obtient ses 500 signatures alors qu'il a été condamné pour appel à la haine raciale, qu'est-ce que ça vous pose un problème ou pas ?
Merci Jean-Claude pour cette question. Jordan Bardella vous répond. Excusez-moi.
Alors moi je crois au pouvoir, non des juges, mais je crois au pouvoir du peuple français. Ces 500 parrainages posent un véritable problème parce que vous savez que ces parrainages sont accordés par les grands élus, or une très grande majorité des élus aujourd'hui des communautés d'agglos, de l'Assemblée, du Sénat, des mairies sont détenus à la fois par des élus qui sont proches du LR et d'autres élus qui sont proches du Parti Socialiste en très large majorité. Ce qui fait que des partis aujourd'hui qui représentent peu dans l'opinion, à savoir le Parti Socialiste et même quand même un peu les Républicains, n'ont eu aucune difficulté pour avoir les parrainages.
Madame Hidalgo qui est à 2% dans les sondages a des centaines et des centaines de parrainages. Des partis comme nous, comme M. Mélenchon, comme Éric Zemmour, y compris comme Nicolas Dupont-Aignan, avons aujourd'hui de très très grosses difficultés pour avoir les parrainages. Nous ne les avons pas aujourd'hui. Éric Zemmour dit qu'il les a.
Éric Zemmour dit qu'il les a.
Mais il les a parce que les Républicains lui ont donné. Et que les Républicains, en tout cas Éric Zemmour a dit de manière très claire que si Valérie Pécresse ne lui donnait pas, ne lui avait pas donné les parrainages, alors Marine Le Pen était automatiquement qualifiée au second tour de l'élection présidentielle. Ce qui m'amène quand même à me poser la question de savoir à qui profite la candidature d'Éric Zemmour. On a un peu le sentiment que sa candidature est là pour empêcher Marine Le Pen d'accéder au second tour de l'élection présidentielle quitte à prendre le risque en divisant les voix patriotes de faire qualifier Valérie Pécresse face à Emmanuel Macron.
Donc vous n'avons toujours pas vous n'avons toujours pas aujourd'hui les parrainages. Mais ça pose un problème. Enfin je veux dire, on se croit dans un pays où on n'est pas en Iran, c'est-à-dire où il n'y a pas de sélection des candidats qui doivent être faits en amont. Aujourd'hui, la candidate qui est donnée à 46% au second tour de l'élection présidentielle et donc en capacité d'être présidente de la République dans 50 jours n'a toujours pas ses parrainages.
Donc ça pose un véritable problème et moi j'appelle au sursaut démocratique aujourd'hui des maires parce qu'il serait scandaleux et inadmissible que compte tenu du score du potentiel électoral que représente aujourd'hui Marine Le Pen qu'elle ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle et c'est aussi vrai d'ailleurs pour Jean-Luc Mélenchon j'ai aucune difficulté à le dire.
Maxime, le Rassemblement National ne souhaite pas développer l'éolien pourtant indispensable pour la future sécurité d'approvisionnement en électricité de la France. Si cette stratégie est adoptée la France deviendra plus fortement dépendante du gaz américain et russe. Le RN est-il pro-gaz ?
Non, pas du tout. Nous sommes opposés à l'éolien parce que d'abord c'est une pollution visuelle que ce n'est pas efficace au niveau énergétique. Je vous rappelle que 25% du temps les éoliennes tournent à vide qu'on ne peut pas stocker l'énergie et que nous sommes contraints de la vendre à bas coût à l'étranger. Sans parler du fait qu'une grande partie des matériaux qui sont utilisés ne proviennent pas de filières françaises et que ça pose un problème de recyclage. Si vous comptez multiplier les éoliennes sur tout le territoire et dans 30 ans devoir enterrer les pales alors franchement bon courage. Donc je pense que l'éolien n'est pas la solution.
Nous sommes favorables à un moratoire sur l'éolien. Je peux vous assurer pour avoir rencontré des collectifs d'habitants qui vivent autour des éoliennes que c'est une catastrophe pour eux y compris sur le prix du foncier et sur le prix de leur maison de leur bien qui a pu perdre 20 à 30%. Donc nous ne considérons pas cela comme une solution.
Nous décréterons un moratoire et nous sommes favorables à ce qu'on puisse construire de nouveaux EPR 10 nouveaux EPR sur le quinquennat c'est-à-dire 5 paires tous les 2 ans pour pouvoir permettre un développement de la filière nucléaire encore plus qu'aujourd'hui parce que nous n'avons pas la possibilité de faire autrement et surtout que le nucléaire nous permet et permet à la France d'être l'un des pays les plus propres au monde d'avoir l'un des bilans énergétiques qui est l'un des meilleurs au monde.
Je vous rappelle que d'après le classement d'une étude qui avait été faite par l'université de Yale la France est le 2ème pays le plus propre au monde et l'un de ceux qui émettent le moins de CO2.
L'académie française s'inquiète de l'abondance d'anglicismes dans la communication institutionnelle et redoute une perte de repères linguistiques. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous utilisez like, tweet, break ? Est-ce que vous utilisez ces mots honnêtement ?
Non mais j'essaie de les utiliser le moins possible mais en vrai ? Oui, c'est-à-dire qu'il y a deux types de submersions migratoires qui touchent la France. Il y a une submersion migratoire aujourd'hui et il y a une submersion culturelle qui nous vient de l'américanisation de l'utilisation de la langue. Marine Le Pen a donné une conférence hier sur la francophonie. Nous souhaitons renforcer la loi Toubon, proscrire l'utilisation de l'anglais dans la publicité et proscrire également parce que je pense que c'est une catastrophe pour la langue française et des revendications qui sont surtout idéologiques et minoritaires de par la gauche, l'écriture inclusive dans les institutions.
nous défendrons, nous protégerons la langue française qui est un trésor.
Vous dites avec Nicolas Bay qu'on a fait un break ou qu'on a fait une petite rupture ?
Bon, écoutez,
il le dira. Il le dira, mais il faut qu'il le dise. Marine Le Pen est toujours rémunérée comme président du RN et touche 5 000 euros par mois mais vous, vous occupez cette fonction depuis septembre bénévolement. Pourquoi ?
Je vous remercie de vous en soucier. Je suis président du Rassemblement National par intérim, ça ne vous aura pas échappé et que d'après les statuts de notre mouvement, c'est un intérim. L'intérim est gracieux. Dure 12 mois mais tout va très bien,
je vous rassure. Merci beaucoup Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement National et eurodéputé. Merci d'avoir été à notre micro ce matin.
Jordan Bardella