Sébastien Martin: «L'argent public des Européens doit aller vers les industriels européens»
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que l'industrie spatiale française peut y gagner au sommet international sur l'espace ?
- 0:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut plus de coopération industrielle au niveau européen ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Plus de coopération européenne, est-ce que ça veut dire aussi promouvoir une certaine préférence européenne quand on se tourne vers l'espace ?
- 2:43OuverteRéponse directe
Est-ce que la préférence européenne, ça veut dire qu'on y gagne forcément de l'argent ?
- 3:59OuverteRéponse directe
La préférence européenne, on en parle aussi à Bruxelles, la Commission européenne a fait un pas de plus vers sa mise en place. Vous applaudissez ?
- 5:23RelanceRéponse directe
Mais est-ce que la préférence européenne, c'est vraiment le meilleur moyen de protéger les industries européennes aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueChiffre
« D'abord rappelez que l'industrie spatiale française elle est un leader. Elle est un leader européen notamment puisque sur à peu près 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires de l'industrie spatiale européenne, c'est un peu plus de 5 milliards qui sont faits par des industriels français, 70 000 personnes. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Et je rappelle que sur les satellites, la France est le premier exportateur mondial de satellites. »
- 2:07Invité politiqueFait
« la commande publique, je pense que nos concitoyens apprécient et apprécierait que cette commande publique aille massivement vers des outils industriels européens, que l'argent des Européens aille vers les Européens. »
- 2:40Invité politiqueFait
« Parce que l'argent public des Européens doit aller vers les industriels européens. »
- 3:21Invité politiqueFait
« On a mis en place, depuis le 1er juillet, des mesures de protection sur l'acier. »
- 3:35Invité politiqueChiffre
« La production d'acier d'ArcelorMittal a augmenté de 11% au deuxième trimestre 2026, y compris même avant la mise en place de ces droits de douane, parce que les industriels anticipent. »
- 4:36Invité politiqueChiffre
« Des marchés publics, 2000 milliards d'euros par an. »
- 7:23Invité politiqueFait
« j'ai lu dans la presse que certains avaient fait fuiter que c'est moi qui avais émis l'idée lors du séminaire gouvernemental. »
- 7:39Invité politiqueFait
« Je ne sais pas si cette idée que j'ai mise sur la table lors du séminaire gouvernemental était déjà dans l'esprit de Sébastien Lecornu ou pas. »
- 7:57Invité politiqueChiffre
« C'est en ligne, les ministres gagnent 10 000 euros brut. »
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- Présentateur22 %
- ?8 %
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L
'heure de notre grand invité international dans notre studio ce matin pour répondre aux questions d'Arnaud Pontu, Sébastien Martin, ministre français délégué en charge de l'industrie.
Bonjour Sébastien Martin. Bonjour. Soyez le bienvenu sur RFI, le sommet international sur l'espace se referme aujourd'hui à Paris. Qu'est-ce que l'industrie spatiale française peut y gagner ?
D'abord rappelez que l'industrie spatiale française elle est un leader. Elle est un leader européen notamment puisque sur à peu près 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires de l'industrie spatiale européenne, c'est un peu plus de 5 milliards qui sont faits par des industriels français, 70 000 personnes.
Donc Cocorico.
Cocorico, en tout cas, je veux dire, ne nous disons pas que nous ne sommes pas sur ces questions-là un pays qui compte. La France est un pays qui compte en matière spatiale et le fait que ce premier sommet ait lieu en France va aussi dire quelque chose. Est-ce qu'il faut plus de
coopération industrielle au niveau européen ?
Bien sûr, même s'il y
en
a déjà. Si je prends par exemple le domaine des satellites, c'est une coopération entre la France et l'Italie à travers Thales et Alenia Space. J'ai eu l'occasion de visiter à Rome l'usine. Il y en a une également à Cannes. Et je rappelle que sur les satellites, la France est le premier exportateur mondial de satellites. Et on voit bien qu'en plus, face aux géants continentaux que sont les États-Unis d'un côté, la Chine de l'autre, c'est par des coopérations européennes renforcées qu'on peut avancer plus
loin.
Il
n'y a
pas trop le choix en fait.
Mais on voit bien quand
même des pays européens
et des industries
européennes qui
se font concurrence. Quand
vous dites pas trop le choix, mais attendez, on ne le subit pas quelque part. L'Europe, on l'a voulu.
L'Europe, on l'a
souhaité. Et
l
'Europe, aujourd'hui, elle doit s'affirmer beaucoup plus comme une puissance. Elle hésite parfois à le faire. Alors qu'en réalité, 450 millions d'Européens, un marché comme celui-là, des capacités technologiques comme nous les avons, c'est une puissance, y compris dans des notions parfois de rapport de force avec d
'autres.
D'équilibre des forces
géopolitiques. Plus
de coopération européenne, est-ce que ça veut dire aussi promouvoir une certaine préférence européenne quand on se tourne vers l'espace ? Vous savez que la
France, depuis longtemps, porte cette idée de la préférence européenne parce que dans beaucoup de secteurs, y compris dans le spatial, il y a beaucoup de commandes publiques.
Et
la commande publique, je pense que nos concitoyens apprécient et apprécierait que cette commande publique aille massivement vers des outils industriels européens, que l'argent des Européens aille vers les Européens. Et vous avez peut-être vu, comme moi, que les fédérations d'industrie spatiale françaises, allemandes et italiennes appellent clairement à la reconnaissance de ce principe dans les commandes institutionnelles. Après, les privés, ils font un peu ce qu'ils veulent entre eux. Mais en tout cas, dans les commandes institutionnelles, qui sont portées par les États notamment, qu'on fasse jouer ce mécanisme de préférence européenne.
Parce que l'argent public des Européens doit aller vers les industriels européens.
Est-ce que
la préférence européenne, ça veut dire qu'on y gagne forcément de l'argent ? Parce que si quelqu'un, si un État veut lancer un satellite et se retrouve avec une concurrence étrangère, non européenne, qui lui propose moins pour lancer son satellite, la bonne gestion d
'une entreprise ou d'un État, c'est de choisir celui-ci. Est-ce que les
autres se posent ces questions-là
? Ou
est-ce qu'ils considèrent que, oui, il y a des enjeux de commerce parfois. Et avec le commerce, on va peut-être toujours payer moins cher. Mais qu'il y
a
aussi des enjeux de souveraineté. Des enjeux de souveraineté. L'accès à l'espace, c'est aussi un enjeu majeur de souveraineté. Donc il faut se
faire une
raison. On est prêt à payer plus cher, mais du moment que c'est européen.
Je vais vous donner un exemple. On dit qu'on est prêt à payer plus cher. On a mis en place, depuis le 1er juillet, des mesures de protection sur l'acier. Parce qu'en fait, on était victime d'un dumping asiatique sur l'acier. Qu'est-ce qui se passe ? Je voyais les chiffres d'ArcelorMittal. La production d'acier d'ArcelorMittal a augmenté de 11% au deuxième trimestre 2026, y compris même avant la mise en place de ces droits de douane, parce que les industriels anticipent. Les prix n'ont pour autant pas augmenté. Parce qu'il
y
a un effet volume.
Et
que quand il y
a
un effet volume qui est drainé par une commande locale, européenne plus importante, les prix n'augmentent pas forcément. Et il
y a
un moment, il faut aussi savoir ce que l'on veut. Et moi, je pense que les Européens veulent que leur argent serve à soutenir l'industrie européenne.
Alors la préférence européenne, on en parle aussi à Bruxelles, puisque la Commission européenne a fait un pas de plus vers sa mise en place, si on peut dire. Hier, réforme présentée, notamment par Stéphane Séjourné, le français, Bruxelles propose de donner la possibilité aux collectivités d'exclure d'entrée de jeu les entreprises chinoises de leurs appels d'offres. Vous applaudissez
?
En tout cas, moi, je salue le fait que, effectivement, Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission européenne, se batte sur ces questions de préférence européenne et sur le fait de dire que le « made in Europe » doit avoir plus de valeur que le « made in China ». Et que les collectivités locales, comme l'État, tous ceux qui passent de la commande
publique... Des marchés publics, 2000 milliards d'euros par an.
puissent, dans leurs appels d'offres, tout en restant dans le cadre de la loi, et cette loi, elle appartient aussi à un cadre européen, que nous avons défini tous ensemble, eh bien, puissent donner plus de valeur à ce qu'on appelle... Vous savez, quand vous avez un appel d'offres, vous avez d'un côté une note technique et de l'autre, une note économique. En gros, d'un côté le prix et de l'autre,
ce
qu'il y a à l'intérieur de l'offre. Eh bien, ce que propose ces fans de ces journées, c'est de mieux valoriser la note technique qui
permet... On regarde un peu moins le prix, on regarde peut-être un peu moins le prix, c'est ce qu'on disait à l'instant. Et vous savez,
des fois, quand on ne paye pas cher aujourd'hui, on le paye très cher beaucoup plus tard. C'est ce que j'ai remarqué,
j'ai été
11 ans élu local, à la tête de mon agglomération à Châlons-sur-Saône, et je vois bien que des fois, on peut être attiré par quelque chose qui coûte 20% moins cher, mais en général, il y a une mauvaise surprise qui peut se retrouver quelques mois plus tard.
Mais est-ce que la préférence européenne, c'est vraiment le meilleur moyen de protéger les industries européennes aujourd'hui ? Est-ce qu'il y
a
d'autres moyens ?
Est-ce que c'est la seule carte qu'on a
à abattre
? En tout cas, c'est un levier.
C
'est un levier très important, très intéressant.
C'est un aveu
de faiblesse quand
même un peu. Non, pas du tout.
D'abord parce que les autres grandes puissances, excusez-moi, le font. Donc s'ils sont faibles, il faut me
prévenir.
Bon,
d
'accord.
Bon, premier élément. Donc il n
'y a
pas de raison que ce que font les Chinois, ce que font les Américains, ce que font les Canadiens, ce que font... J'ai vu que la Grande-Bretagne, qui a quitté le marché commun et qui aujourd'hui aimerait bien beaucoup y revenir de diverses manières, le Premier ministre britannique a annoncé qu'il voulait un « buy Great Britain ». Donc il y a quand même
aujourd'hui une logique. Donc c'est la tendance. C'est la tendance mondiale.
Et dans
des
relations internationales qui ont été complètement bouleversées, avec des présidents qui aujourd'hui promettent des primes au vote et qui ont bouleversé le monde, eh bien on voit bien qu'il
y
a la nécessité de se penser en puissance, d'assurer sa souveraineté et que l'argent public doit aller dans cette direction-là.
Sébastien Martin, il nous reste à peine deux petites minutes pour évoquer le budget. C'est le gros dossier pour le gouvernement français, plus que trois semaines pour le boucler.
Est
-ce que c'est vrai d'abord, ce qu'on lit dans la presse, que le Premier ministre est sur les nerfs, les nerfs à vif, qu'il en veut au sien, qu'il est agacé,
des fuites dans la presse notamment ? Excusez-moi,
mais moi je pense que le Premier ministre, il a raison de, des fois, affirmer qu'il faut mettre un peu d'ordre
dans
tout ça.
Et
que, moi je ne
vais
pas sur les plateaux télé pour commenter ce que je ne sais pas, ou les arbitrages qui n'ont pas été pris. Et à partir de là, par ailleurs, lorsque l'on sert l'administration aussi, ou lorsque l'on est dans un,
je
ne sais pas si c'est un cabinet ou quelque chose, on n'est pas là pour faire fuiter
à la presse des choses. Il n'a
pas supporté de lire l'indic,
l'exécutif envisagé de taxer les parlementaires. Je vais vous dire, il a raison, et comme
disait Chirac, un chef s'est fait pour cheffer.
Et il
a cheffé, et
il a raison. D'accord, vous êtes du côté du Premier ministre, je ne
suis
pas très surpris à vrai dire, mais une diminution de
l
'indemnité des ministres serait à l'étude dans le cadre du budget, vous confirmez ?
En
tout cas, j'ai lu dans la presse que certains avaient fait fuiter que c'est moi qui avais émis l'idée lors du séminaire gouvernemental. Donc oui,
j'en ai parlé lors du séminaire gouvernemental.
Je ne sais pas si cette idée que j'ai mise sur la table lors du séminaire gouvernemental était déjà dans l'esprit de Sébastien Lecornu ou pas. Oui, je suis pour, parce que nos concitoyens, vous savez, tout le monde considère que la situation est difficile, qu'il faut peut-être faire quelques efforts.
Et bien, y compris
les ministres doivent faire la démonstration
qu'ils font des efforts. Les
ministres, à combien est-ce que vous estimez la part que vous seriez prête à laisser au nom de l'effort commun ?
C'est en ligne, les ministres gagnent 10 000 euros brut. Alors après, le net, il dépend de beaucoup d'éléments. 10 000 euros... Et quelques avantages par ailleurs. 10 000 euros brut.
Vous êtes prêt à
baisser de
combien ? C'est le
Premier ministre qui décidera et le choix que ça ferait par le Premier ministre sera le bon choix. Et quel que soit l'effort que nous aurons à faire, nous les ministres, je pense que c'est essentiel. Et en tout cas que cet effort, il doit aller vers un objectif qui est la réduction de nos déficits.
Bon, il y aura bien d'autres mesures, bien évidemment.
Bien sûr. On aura l'occasion d'en parler.
Merci à vous Sébastien Martin d
'être venu
ce matin sur RFI.
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Sébastien Martin