Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meeting9e arrondissement de Lyon· 1 juillet 2025 17 minAutoproduitPortrait personnelJustice

Interview d'André Soulier à l'occasion de l'hommage des 50 ans de l'assassinat du Juge Renaud

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15André SoulierFait
    « J'ai prêté serment fin 59, je suis devenu avocat. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

un improbable, l'improbabilité absolue d'une carrière comme celle qui s'est s'est produite. Un jour, j'ai eu la chance inouie, je n'avais pas 20 ans, d'être signalé à quelqu'un qui allait disparaître quelques années plus tard, qui était le maire de Lyon et Édouard Rio lui-même et qui va me recommander à Pierre Vin d'Esprance. Et c'est comme ça que je vais commencer à découvrir le barreau et puis voir les grands avocats.

J'ai prêté serment fin 59, je suis devenu avocat. Euh improbable dans un milieu qui n'était pas aussi profu que celui d'aujourd'hui dont on pourra parler. celui qui a connu euh qu'on connu les magistrats au cours des décennies que j'ai vécu.

Et puis euh et c'est alors que je me suis inscrit et j'ai eu la chance inouie de rencontrer un très grand avocat qui s'appelait Johannes Ambre. Puis ensuite dans la foulée dans les dans les semaines qui ont suivi où je plais dans tabour que je sens une main sur mon épaule et le plus grand avocat d'assise de l'époque qui s'appelait Joseph K dont le médaillon figure dans le couloir d'accès de la cour d'assise, il me tape sur l'épaule, il me dit "J'ai trouvé, c'est toi le successeur, tu vas faire une grande carrière." Je dis "Monsieur, faut pas vous moquer de moi, c'est pas possible." il me dit "On va voir ça, t'inquiète pas." Et c'est et c'est comme ça que tout a démarré porté par des des gens de grande qualité exceptionnel.

Pourquoi ? Pourquoi moi le hasard qui fait la nécessité ? Moi je ne crois pas du tout que j'étais un immense avocat.

Je pense que j'étais un bon avocat et surtout qui avait des réflexes populaires et savait se battre. Comment je connais François ? D'abord parce que je suis lié à beaucoup d'amis de la résistance ancien que que j'ai connu dans ma jeunesse puisque je j'ai vu toute cette époque avec les copains des copains juifs aussi de de de mon père la succession des juges des bons des moins bons d'exécrables à l'époque j'ai trouvé un ou deux magistrats qu'il était mais François débarque à Lyon et l'un des premiers qui vient vient voir alors il vient voir Ambre parce que Ambre aussi a eu a été de la partie de la résistance à un moment après quelques conflits qui s'étaient produit.

Mais qu'est-ce qu'on lui dit quand il arrive à Lyon ? un jeune type là qui s'appelle André Soulier, il est c, il est ça et cetera. Et comme c'était un homme de gauche, un héritier du 18e siècle euh du grand 19e et cetera, et François quand je vais dans son bureau la première fois, il ferme la porte et il dit "On peut nous écouter ?

Alors, on va parler très grand tous les deux." Ça c'est François Renault avec son passé militaire, son passé de résistant. Au départ euh je le connais pas suffisamment pour savoir s'il est en train de plaisanter, mais en tout cas euh curieusement alors que je suis euh un ami euh d'abord que je lui redevable de m'avoir accueilli à son cabinet quand personne ne me connaissait en décembre 59, juin décembre euh au passé disait-on tourmenté, je ne suis pas un juge.

Cet homme est aussi un franc-maçon et donc il ça va pas coller avec lui. Est-ce que c'est parce que dans les premiers mois de de des années 40 Joanes avait été un peu imprudent ? Je sais pas, je je je suis pas juge.

Et ça va pas coller entre entre juin décembre et il s'affronte et le juge Renault et il s'affronte. Alors qu'en ce qui me concerne pas du tout. Alors un, il était beau mec, c'était un homme à femme à l'époque je l'avais appelé, ça faisait rire.

Je dis au fond que François tu es un collectionneur. Voilà. Et et donc ça c'était François Renault plaisant.

Évidemment dans sa vêure il n'était pas engoncé dans un un costume gris serré sur le ventre. Voilà. Non non, il venait avec des des vestes claires et tout.

Il laissait sa sa voiture devant le palais de justice. On pouvait se garer comme on voulait à l'époque. L'homme qui va baptiser François le shérif et mon associé.

Un jour, je lui dis écoute, François était est un ami, on peut aller le voir. Et il me dit "Don, ton copain c'est le shérif." Et c'est comme ça qu'il le dit à un journaliste.

Puis deux, puis trois puis et c'est parti. Quand je regarde moi avec le passé euh sans sans lentill et sans loupe, on va laisser de côté ce qui s'était passé avant 1939. Euh déjà les vieux avocats commençai à disparaître.

Nous sommes au lendemain de la deuxème guerre mondiale, mais nous sommes très vite à nouveau à paix dans deux guerres qui ont eu toutes les deux des conséquences et qui les ont aujourd'hui encore, l'Indochine et l'Algérie en 1954. et et là euh indiscutablement il y a un lien historique intellectuel manifeste entre ce KF François Renault qui jeune issu de la résistance fak disait-on à l'époque parce que il était capable de toutes les audacces et et puis le temps nouveau qui arrivait et c'est là à ce moment-là que vont se se dérouler les actes de naissance d'une nouvelle criminalité. Je je vais pas en parler avec méchanceté parce que j'ai été un des avocats euh du chef devenu le chef du gang des Lyonnais décédé l'année dernière.

À ce moment-là, il y a avant le le gang dit des Lyonnais, euh il y a un garçon de la Croix-Rousse complètement fêé qui va commettre même des assassinats et et ça va mal finir. Comme je suis jeune jeune avocat mais je suis pas un héritier, il faut bien aller trouver les clients quelque part. Et ben les clients, je les trouve chez les pauvres et chez les pauvres, il arrive parfois ce qui arrive de façon plus saignante et dangereuse parfois que pour les riches.

Les riches, ils font du trafic avec le leur leur compte en banque et leurs héritages. J'ai pas changé, hein. Et et là les autres, c'est des malandrins qui vont s'en prendre aux banques à l'époque.

Et c'est là que va naître précisément le gang d'idé Lionnais avec un homme génial, génial, je ne suis pas en train d'exagérer, qui s'appelait AideMV. Et donc ça c'est François Renault, il est il arrive là dans ce moment dans ce moment bouillonnant et avec son caractère, avec son sa sa culture avec ses exigenisces imprudent en même temps. C'est un homme pour lequel j'ai tellement d'affection, pas d'amitié, que je ne serais pas aussi non pas bravache mais exigeant et rude avec lui. ce que va être par exemple Joan avec son talent, ils sont franc-maçon tous les deux, je peux le dire comme ça.

C'est vrai. Et par et pourtant et pourtant le heur va être considérable car François va penser qu'il peut faire craquer le gang des Lyonnais s'il incarcère les femmes lesquelles n'avait pas n'avait pas cambriolé de banque ou de grands établissements économiques où la poste la poste de Strasbourg c'était des hommes. Et bien ça François décide, lui dit "On emploie les grands moyens et c'est comme ça qu'il va susciter une aversion.

Mais c'est pas le gang des Lyonnais qui le tue qui le fera tuer. Ce que je sais de son assassinat, c'est que ce type était très bien. Et je parle plus du magistrat, je parle de l'homme.

Mais un magistrat le droit d'être un homme euh quand même, il fera tout pour protéger sa compagne de l'époque, tout. Et il se mettra alors que il pouvait fich le camp. Euh, il pouvait prendre peut-être se sauver. euh il il va il va faire le nécessaire pour qu'elle ne soit pas et d'ailleurs elle a pu se sauver et ensuite faire son existence sans doute avec de grands troubles.

Mais c'est François François à ce moment-là, ce que je sais, François s'est conduit comme un un type plein de bravoure de voilà c'est ce que je je n'en sais pas davantage. Je vais raconter des choses que j'ai pas raconté jusqu'ici. Je savais que il avait tu quelques anroches dans les jours ou semaines qui étaient passées.

Elles sont connues. Il est armé. Il est armé.

Il y a un type qui lui fait une tête à queue ou qu' engueule et cetera. Il descend et il a son flingue quand il remonte dans sa voiture, il dit il faut que je me sépare de cette arme et il n'aura pas d'armes sur lui. S'il avait eu son revolver, s'il avait pas eu cet incident avec cette mobiliste quelques semaines, quelques jours avant ou de semaines de 3 semaines avant, il aurait peut-être il aurait tiré sur les types euh il se sauvait.

Il y a au Saint-Marie de la mer chaque année une journée où les gitans viennent saluer Marie. Qu'est-ce qui prend François Renault ? Il dit à deux trois copains.

Il y a il y a François Lafong, il y en a de l'autre. Euh voilà, j'ai envie d'aller au Sainte-Marie pour cette fête. Les autres lui disaient "Monsieur le juge, c'est pas très opportun et puis ça sert à quoi ?

Ça ça va être pris pour de la provocation ? Il y a pas de question ? Non non, faut pas faire ça.

Têtu François qui quand même par son obstination s'est mis dans une mauvaise boucle. Ils y vont et François me racontera. Il y a une soirée, il y a des des types avec leur guitar et cetera.

C'est c'est des manouches et c'est formidable, ça se passe bien et tout et il y a des paquets de voyou sont là donc des gens du gang et ils sont avec leurs femmes souvent belles, quelquefois très belles. Et François se lève et il va inviter l'une d'entre elles à danser. Les copains ont les cheveux qui se dressent sur la tête.

Quel con ! Qu'est-ce qu'il en train de faire ? Pas possible.

La première danseuse qu'il se sollicite se refuse à lui. Elle dit non. Et à ce moment-là, il y a des voyou qui sont là à côté qui font si monsieur vous pouvez danser avec madame.

Il était en sous surveillance de de de malfrain et puis quand il est revenu s'asseoir, il dit "Vous avez vu il y a pas d'incident, il y a rien. Peut-être qu'il était condamné à mort déjà, mais avant quelques jours avant, je l'ai invité à déjeuner en tête à tête mon pote et je dis François il est temps que tu partes." Qu'est-ce que qu'est-ce que tu fais ?

C'était en plein pleine pleine et moi déjà avec le gang des Léonnais et tout. Je dis je te vois bien comme président du tribunal de grande instance de Bourgouin Jaïux. Il me dit "Mais tu es con ?" Et c'est comme ça qu' me répond.

Qu'est-ce que tu veux que j'aille un bourgoin jailleux ? J'y sais très bien parce qu'il y a il y a une un ému de poujade qui était dans le coin là-haut un peu un peu au-dessus et qui faisait dans la défense des commerçants et tout. Je dis tu peux avoir des des débats puis Ambre viendra plaider puisqu'il plaide pour ses commerçants.

Ça va être formidable. Le bourgouin Jaïux va devenir un des temples de l'éloquence française. Il dit "Tu te fous de moi ?" Et on a rit comme ça et 10 jours ou 12 jours ou 15 jours après, il tombait sous le les balles de ses assassins.

Ça c'était c'était François Renault. J'étais pas tranquille sur son avenir comme ça. D'abord, les le magistrat traditionnel ou autres considérait quand même que il y allait un peu fort et ça tenait pas seulement à sa vêure et à ses bagnoles décapotables dans lequel il arrivait et dans lequel il y avait une charmante jeune femme à côté de lui.

Non, c'était pas ça. On peut non, c'est c'était les risques qu'il commençait de prendre euh en dépit les avertissements. Moi, je l'avais averti là-dessus, c'est pas c'est pas douteux en raison des liens que nous avions.

Racontez-nous la période d'instruction, l'enquête sur cet assassinat et et et la manière dont elle ne débouche sur pas grand-chose, en tout cas sur une fin et une prescription aujourd'hui. Naturellement, un juge d'instruction va être désigné pour le remplacer. Exceptionnel.

Très grand magistrat. très grand magistrat que j'ai vu dans des affaires compliquées. C'est lui qui va prendre la suite et il va procéder à des auditions non plus dans son bureau parce que les gens mais au petit dépôt le petit dépôt qui à l'époque et au palais de justice euh les les l'alimentation arrivait par la rue Saint-Jean.

C'est une image qui m'avait frappé, je le dis. Il y avait à la fois des des gens du gang des Lyonnais par exemple qui était là, tous des hommes jeunes, beaux mecs souvent et puis des des types de la sûreté des des enquêteurs. Beau mec, sapé de la même manière.

Le jean avait pris son envol son envol et euh on pouvait passer de l'un à l'autre et on se disait celui qui connaissait pas disait attends avis c'est lequel qui est-ce qui est est poursuivi dans et c'est et ce juge d'instruction c'est lui qui a terminé ces informations judiciaires. Et beaucoup de choses n'ont pas pu être établies parce que évidemment le mutisme devant l'assassinat du juge et les conséquences a été considérable. Maître Soulier, aujourd'hui à 92 ans, est-ce que vous pouvez nous dire si vous connaissez le nom du ou des assassins du juge Renault ?

Je pense les connaître. Ouais. Je sais quelle bande.

Et vous m'avez dit tout à l'heure, ce n'est pas le gang des Lyonnais. Non, ça vous êtes formel. Mais alors, je suis je suis pas formel, je suis catégorique.

Catégorique. Voilà, mon repose en paix. C'est pas c'est pas c'est pas c'est pas les gens du gang.

Interview d'André Soulier à l'occasion de l'hommage des 50 ans de l'assassinat du Juge Renaud — André Soulier · Pourquijevote