Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 octobre 2025 9 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Patrick Martin : "Est-ce que l'avenir du pays doit être suspendu à des échéances électorales ?"

Au micro : Benjamin DuhamelSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteÉludée

    Vous ne vous êtes toujours pas exprimé sur l'hypothèse d'une suspension de la réforme des retraites ?

  • 0:35FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est une erreur de rouvrir le débat, Patrick Martin ?

  • 1:23OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une forme de lucidité à dire ?

  • 2:02RelanceRéponse partielle

    Vous êtes paradoxal, Patrick Martin, parce que je vous ai entendu chiffrer le coût de l'instabilité politique.

  • 2:53OuverteRéponse partielle

    Si cette suspension permet de lever ce flou-là, est-ce que ce n'est pas une concession à faire de la part du patronat ?

  • 3:28FerméeRéponse directe

    Donc le MEDEF s'opposera frontalement à toute suspension de la réforme des retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:54InvitéChiffre
    « 70 milliards d'euros de déficit cette année, le taux d'emprunt le plus élevé de l'Union Européenne »
  • 1:01InvitéChiffre
    « le niveau de prélèvement obligatoire le plus élevé au monde, 3 345 milliards d'euros de dettes »
  • 1:06InvitéChiffre
    « plus 150 milliards depuis le début de l'année, une dette détenue majoritairement par des étrangers »
  • 1:14InvitéFait
    « Nous sommes très réticents à ce que cette réforme soit suspendue, a fortiori abrogée, parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes »
  • 2:06PrésentateurChiffre
    « Vous avez dit que ça coûte à peu près 9 milliards d'euros »
  • 3:04InvitéChiffre
    « l'instabilité a un prix, et au motif qu'il fallait de la stabilité, on a collé aux entreprises 13 milliards d'euros de prélèvements obligatoires de plus en 2025 »
  • 6:47InvitéChiffre
    « 69 000, le chiffre vient d'être révisé à la hausse, qui vont déposer le bilan cette année »
  • 7:36InvitéFait
    « il y a une dynamique économique qui est meilleure, parce qu'il y a moins d'impôts, il y a moins de charges, et que ça se passe mieux »
  • 8:20InvitéFait
    « On sait très bien que quoi qu'il advienne sur les retraites, on va payer plus d'impôts, on va payer plus de charges »
  • 8:25InvitéFait
    « On est le seul pays au monde à faire ça »
  • 8:30InvitéChiffre
    « l'Espagne, taux de croissance, quatre fois supérieur à celui de la France »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Benjamin Duhamel, votre invité et le président du MEDEF. Bonjour Patrick Martin. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin au micro de France Inter. Vous nous direz dans un instant l'état d'esprit des patrons que vous représentez face à ce décrochage de l'économie française, je vous cite, qui serait enclenché. Mais d'abord, vous ne vous êtes toujours pas exprimé sur l'hypothèse d'une suspension de la réforme des retraites, demandée par les socialistes, poussée par celle qui la défendait il y a deux ans, Elisabeth Borne. Hier soir, Sébastien Lecornu a affirmé, je cite, qu'il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu, vraisemblablement à l'Assemblée nationale.

Le MEDEF a toujours soutenu la réforme, a toujours combattu toute suspension ou abrogation. Est-ce que c'est une erreur de rouvrir le débat, Patrick Martin ?

0:39
Invité

Premier ministre dit qu'il y a un chemin, je ne sais pas si c'est un chemin de Damas, mais ça peut être le chemin de Croix. Je cite les bons auteurs, Charles Denner dans l'aventure, c'est l'aventure, c'est la clarté dans la confusion. Ah pourquoi ? Donc, je vais essayer d'apporter de la clarté, je vous cite quelques chiffres. Je rappelle, 70 milliards d'euros de déficit cette année, le taux d'emprunt le plus élevé de l'Union Européenne, le niveau de prélèvement obligatoire le plus élevé au monde, 3 345 milliards d'euros de dettes, plus 150 milliards depuis le début de l'année, une dette détenue majoritairement par des étrangers. Ne perdons pas cette vue, c'est au moins ce que M.

Béroud avait dit de bien. Nous sommes très réticents à ce que cette réforme soit suspendue, a fortiori abrogée, parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes.

1:23
Présentateur

Mais vous voyez bien, Patrick Martin, qu'il y a un abcet de fixation, abcet de fixation qui cause notamment cette instabilité politique. Est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une forme de lucidité à dire ? Si on veut lever cette hypothèque de l'instabilité, il y a un débat à l'Assemblée nationale.

1:40
Invité

Est-ce que l'avenir du pays doit être suspendu à des échéances électorales pour commencer les municipales ? Vous parlez de lucidité. Moi, je prétends que les chefs d'entreprise, eux, sont lucides. Ils voient très bien qu'activité est difficile. Ils voient très bien que si cette réforme est suspendue, ça pèsera encore sur le niveau d'activité, ça pèsera sur les conditions d'emprunt et à la fin, il ne faut pas se raconter d'histoire, ça pèsera sur le pouvoir d'achat.

2:02
Présentateur

Oui, mais vous êtes paradoxal, Patrick Martin, parce que je vous ai entendu chiffrer le coût de l'instabilité politique. Vous avez dit que ça coûte à peu près 9 milliards d'euros. Quand on regarde les chiffres qui ont été donnés par Sébastien Lecornu, il dit à horizon 2027, la suspension de la réforme des retraites, ça coûte 3 milliards d'euros. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux faire cette concession qui, effectivement, coûte cher 3 milliards d'euros pour s'éviter le coût, le prix de l'instabilité politique ?

2:23
Invité

Ce n'est probablement pas, il ne s'en manque, le Premier ministre, que je respecte infiniment, a parlé de 2027. Nous, notre horizon, il est très au-delà de 2027. Je ne reprends pas les chiffres que je viens de donner. Il faut quand même que les Français, les chefs d'entreprise en sont conscients eux-mêmes, que les Français soient conscients qu'à un moment ou à un autre, et ça peut arriver très vite, ils le paieront. Et ils le paieront pour commencer en pouvoir d'achat. Je pense que la vie des Français ne s'arrête pas en 2027.

2:47
Présentateur

Martin, vous n'arrêtez pas de dire, les chefs d'entreprise n'ont pas de visibilité, l'investissement stagne, il y a des entreprises qui rechignent à embaucher. Si cette suspension permet de lever ce flou-là, est-ce que ce n'est pas une concession à faire de la part du patronat ?

3:01
Invité

Je vais commencer par compléter le chiffre que vous avez donné. Oui, l'instabilité a un prix, et au motif qu'il fallait de la stabilité, on a collé aux entreprises 13 milliards d'euros de prélèvements obligatoires de plus en 2025. Il y a un flou savamment entretenu sur la potion amère qui va être réservée aux entreprises et aux ménages en 2026, au titre du budget et du budget de la sécurité sociale. Donc il ne faut pas mélanger les chiffres. La stabilité, très bien.

3:28
Présentateur

Donc le MEDEF s'opposera frontalement à toute suspension de l'arrière d'envers 13 ?

3:32
Invité

Oui, je continue, la stabilité. Mais la stabilité pour combien de temps ? Je vous mets au défi, pardon, de me dire si le gouvernement ne serait pas renversé, par exemple, sur la politique énergétique. Vous avez vu le pugilat, le pugilat au Parlement, sur la politique énergétique. La France n'a toujours pas de politique énergétique. C'est déterminant pour le pays et pour les entreprises. Donc si c'est acheter de la stabilité au prix d'un alourdissement considérable de l'endettement du pays et de la remise en cause de sa croissance et de son pouvoir d'achat pour acheter deux mois, trois mois de stabilité, je dis non.

Il ne faut pas toucher à cette réforme qui n'a pas été demandée par le patronat, mais que nous trouvons juste.

4:08
Présentateur

Donc qu'est-ce que vous demandez ce matin au président de la République sur France Inter ? Vous lui demandez solennellement de ne pas toucher à cette réforme ?

4:17
Invité

Le président de la République lui-même, oui, mais à la fin des fins, c'est au Parlement que ça va se décider. Donc nous, nous appelons toutes les formations politiques à la raison. À la raison. Le vrai problème du pays, c'est qu'on est sur un point de bascule en termes de croissance et d'emploi. Ne venons pas à lourdir la barque.

4:33
Présentateur

Est-ce que vous n'avez pas une part de responsabilité, Patrick Martin, quant à l'échec du conclave ? Un accord était sur le point d'être conclu. C'est le patronat qui s'y est opposé. Vous avez une part de responsabilité dans cette instabilité ? Si le conclave avait abouti, sans doute on n'en serait pas là aujourd'hui.

4:48
Invité

Bien sûr qu'on a une part de responsabilité comme la CFDT. Une part de responsabilité, c'est dans l'ordre des choses quand on négocie.

4:53
Présentateur

La CFDT a fait un certain nombre de concessions, notamment celle de dire « On est prêt à caler sur le retour à 62 ans ». Je ne vous ai pas entendu faire les mêmes concessions.

5:01
Invité

Mais vous n'avez pas bien suivi le débat. Je pense que si. Écoutez, nous avons fait des concessions considérables, y compris sur l'usure. Nous avons fait des avancées considérables pour les carrières des femmes. On a discuté pendant 18 séances. Franchement, on a d'autres choses à faire.

5:14
Présentateur

Qui a fait échouer le conclave, Patrick Martin ? Qui a refusé à la fin qu'il y ait un accord ? C'est bien la personne que j'ai en face de moi.

5:20
Invité

Je ne veux pas vous interpeller, mais est-ce que dans votre vie personnelle, toutes les négociations que vous avez engagées ont abouti ?

5:26
Présentateur

Non, je ne suis pas exactement dans la position qu'est la vôtre.

5:29
Invité

Non, mais vous avez une position beaucoup plus influente. Négocie-moi. J'impose. Non, mais ça arrive qu'on ait un désaccord. Et je peux vous dire que depuis lors, on a continué à se parler avec les syndicats. Il peut y avoir des voies de passage. Mais nous, ce qui nous intéresse, c'est à la fin des fins, que le taux d'emploi dans ce pays augmente, parce que c'est ça qui crée de la richesse. C'est les demandes de la CFDT qui sont respectables, et qui sont connues sur la pénibilité, conduisait à ce qu'en définitive, on vide en bonne part la réforme de sa substance, c'est-à-dire qu'on n'atteigne pas le taux d'emploi qui lui seul, lui seul, permettra de créer de la richesse dans ce pays.

6:02
Présentateur

Patrick Martin, là encore, je pense à ceux qui nous écoutent ce matin et qui se disent que tous les acteurs politiques, syndicaux, doivent tenter de trouver des solutions pour sortir de la crise. Vous, c'est la suspension de la réforme des retraites, c'est niait. Les impôts, il ne faut pas charger la barque, les entreprises sont déjà trop taxées. Mais qu'est-ce que vous concédez ? Comment est-ce que vous contribuez à la sortie de crise, à part à rester sur vos positions et à ne pas vouloir bouger d'un iota ?

6:22
Invité

Nous, on contribue tous les jours, à travers des prélèvements obligatoires qui sont les plus élevés du monde, à la richesse du pays. Regardez ce qui se passe en termes de croissance et d'emploi. On veut nous accabler encore de prélèvements obligatoires, dont actes ceux qui voudront lever le crayon, arrêter de travailler. Et je peux vous dire que c'est une marée montante dans nos rangs, notamment chez des petits chefs d'entreprise qui sont là, qui en ont ras-le-boy, qui disent, dans ces conditions, j'arrête. Sans parler des 69 000, le chiffre vient d'être révisé à la hausse, qui vont déposer le bilan cette année. C'est BPCE qui a chiffré ça.

Nous, on n'est pas dans un monde virtuel et nos horizons. Moi, mon entreprise, pas moi-même, devrait être bicentenaire dans quelques années. Moi, mon horizon, ce n'est pas les municipales de 2027. Ce n'est pas la présidentielle de 2027. Qui sont des échéances démocratiques importantes, j'en conviens. Il faut qu'on lève le nez du guidon et qu'on dise les choses.

7:10
Présentateur

Mais sur, justement, ceux que vous représentez, vous disiez, ils sont sur le point de lever le crayon. Qu'est-ce que vous constatez là, concrètement ? Vous avez des patrons qui sont sur le point d'arrêter, d'autres qui se disent, on va partir à l'étranger ?

7:21
Invité

Certains, oui. Alors, il faut s'entendre, partir à l'étranger, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand ils sont déjà installés à l'étranger, quand ils arbitrent leurs investissements, leurs créations d'emplois, ils privilégient l'étranger. Pas contre la France, mais tout simplement parce que là-bas, il y a une dynamique économique qui est meilleure, parce qu'il y a moins d'impôts, il y a moins de charges, et que ça se passe mieux. Regardez tous les jeunes qui partent à l'étranger, les jeunes diplômés. C'est un signal terrible pour le pays. Il faut redonner confiance à ce pays.

Et le fait d'avoir une visibilité et des régimes de retraite qui s'équilibrent dans la durée, c'est un facteur essentiel de confiance.

7:50
Présentateur

Encore un mot, Patrick Martin, on n'en est pas encore à la résolution de crise, il reste 48 heures. Est-ce qu'un Premier ministre de gauche, ça vous fait peur ?

7:57
Invité

Mais c'est le programme qui nous intéresse. C'est le programme qui nous intéresse.

8:00
Présentateur

Vous connaissez à peu près le programme d'un éventuel Premier ministre de gauche, oui.

8:02
Invité

Oui, alors celui-là, non, certainement pas. Mais moi, je peux vous dire que ces derniers jours, y compris avec le Premier ministre, je me suis employé à comprendre ce qu'il y aurait dans le projet de loi de finances. Eh bien, je peux vous dire que c'est le flou artistique. Alors, comme je cite les bons auteurs, je cite maintenant Martin Oubry, quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. On sait très bien que quoi qu'il advienne sur les retraites, on va payer plus d'impôts, on va payer plus de charges. On est le seul pays au monde à faire ça.

Les Allemands ont de leurs entreprises, les Espagnols ont de leurs entreprises, et l'Espagne, taux de croissance, quatre fois supérieur à celui de la France. Ce n'est pas un hasard.

8:34
Présentateur

Un tout dernier mot, le meeting que vous deviez faire lundi, reporté, vous avez une nouvelle date où vous vous êtes dit, bon là, franchement, ce n'était pas une bonne idée, personne n'en voulait, donc on abandonne.

8:41
Invité

Ah, personne n'en voulait, qu'est-ce qui vous permet ?

8:42
Présentateur

Vos partenaires patronaux ?

8:44
Invité

Non, ils ne voulaient pas s'y associer, parce que probablement, je ne les ai pas suffisamment éclairés sur les modalités.

8:49
Présentateur

Mais donc, vous n'avez pas lâché l'idée ?

8:50
Invité

Ah ben, surtout pas. Et je crains, avec ce qui se trame, ce que je pressens en tout cas, qu'on doive reprovoquer ce meeting.

8:59
Présentateur

Merci beaucoup Patrick Martin, qui s'oppose donc ce matin sur France Inter à toute suspension de la réforme des retraits.

Patrick Martin : "Est-ce que l'avenir du pays doit être suspendu à des échéances électorales ?" · Pourquijevote