Légitimité d'Elisabeth Borne, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Michel Barnier
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Bonjour Michel Barnier. Bonjour. On va parler bien sûr des discussions qui se déroulent en ce moment à l'Elysée. Elles se poursuivent d'ailleurs aujourd'hui. On va parler du rôle de la droite dans le quinquennat qui débute. Mais avant cela, quand vous avez regardé les résultats des législatives dimanche soir, est-ce que vous vous êtes dit qu'Emmanuel Macron avait perdu l'élection parce qu'il a, pendant la campagne, trop parlé de l'Ukraine, trop parlé de l'Europe et pas assez parlé de la France et des Français ?
Ça remonte à beaucoup plus loin que cela. Ça remonte à cinq années où on avait un pouvoir solitaire, arrogant, qui décidait de tout, tout seul en haut, en se méfiant des syndicats, en se méfiant des régions, des départements, des communes, en se méfiant du Parlement, y compris dans cette dernière proposition improbable et insensée de ce Conseil national de la refondation. Il faut se méfier d'ailleurs des références historiques qui ne sont pas justifiées, comme si le Parlement ne comptait pas. Or, le Parlement compte. Ce que les Français ont voulu dire, ce n'est pas un reproche à M. Macron d'être allé deux jours avant l'élection en Ukraine. Moi, je pense qu'il aurait dû...
Il s'était bien qu'il y aille et il serait bien qu'il y aille plus tôt, notamment au lendemain de son élection, à la présence de la République, de sa réélection. Mais c'est beaucoup plus grave que cela. C'est un signal très clair que les Français ont fait, qu'il faut changer de méthode et qu'il faut changer de politique.
Bon, on va revenir à la situation en Ukraine, si vous voulez bien, dans quelques minutes. La situation politique en France, tout d'abord, Salia.
Emmanuel Macron qui poursuit aujourd'hui ses consultations à l'Elysée pour tenter de dégager une majorité. Est-ce que la droite doit l'aider ou le combattre ?
La droite doit être fidèle à ses électeurs et respectueux de ses électeurs. Nous avons été élus, nos députés, plus de 60, peut-être 70 députés. Je pense d'ailleurs à eux en les remerciant. Je pense aussi à tous ceux qui n'ont pas été élus et qui doivent rester mobilisés parce que la route tourne et nous allons avoir besoin d'eux partout, dans toutes les circonscriptions de France, de métropole et de l'étranger. nous devons rester fidèles à nos électeurs. Donc ça veut dire ni blocage, ni obstruction, ni allégeance.
Mais ça veut dire majorité ou opposition ?
Ça veut dire opposition, très clairement. Sans visitation ? Ça veut dire opposition. Nous avons été élus pour nous opposer à ce qui a été fait depuis 5 ans. C'est aussi clair. D'ailleurs, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, comme disait l'autre. Pendant 5 ans, M. Macron a essayé de nous effacer de la carte politique. Il nous a méthodiquement combattus, en d'ailleurs provoquant des ralliements qui n'ont servi à rien, des débauchages. J'espère que c'est bien fini. Et en essayant de nous effacer. Comme d'ailleurs, il a réussi à effacer le Parti Socialiste. Moi, j'ai eu l'occasion de le lui dire, d'ailleurs, il y a un an et demi.
C'est une erreur de vouloir effacer ces deux grandes forces du centre droit, la nôtre, et du centre gauche, le Parti Socialiste, de la carte politique. Parce que dans ce cas-là, quand les Français veulent changer, ils n'ont plus qu'une solution. Les extrêmes. Et c'est ce qui vient de se passer. Donc, on ne va pas se laisser effacer davantage. Nous allons, au contraire, reconstruire.
Il y a un homme qui sera reçu tout à l'heure à l'Élysée, dans le cadre de ses consultations, qui est un ancien Premier ministre, qui vient de votre famille politique. Michel Barnier, c'est Édouard Philippe, qui vous a tendu la main hier. Je vous propose de l'écouter.
Il me semble qu'il est possible d'imaginer une discussion franche, directe, un compromis, qui supposera que certains reviennent en arrière sur un certain nombre de propositions auxquelles ils sont attachés. Je ne dis pas la légère. Ce n'est pas facile. Ni pour LR, ni pour la majorité. Ce n'est pas dans notre culture. Ce n'est pas quelque chose qui a été annoncé pendant l'élection. Mais quelle est l'alternative ? Le blocage complet ?
Un compromis avec la droite, c'est un gros mot pour vous.
Est-ce qu'Édouard Philippe est le mieux placé pour nous donner des leçons et nous appeler à cette grande coalition, alors qu'il a contribué à cette tentative d'effacement de la droite républicaine il y a maintenant cinq ans ? Je retiens le mot de culture. Je pense que nous allons devoir passer de la culture de l'arrogance à la culture du compromis. Nous n'y sommes pas habitués au niveau national en France. C'est intéressant ce que vous dites, Michel Barnier. Oui, j'espère que c'est intéressant.
Votre carrière en Europe, vous n'avez fait que ça du compromis. Vous avez négocié l'accord du Brexit avec des gens dont les positions étaient radicalement différentes. Le Parlement européen ne fait que ça à longueur d'années. Pourquoi ce ne serait pas possible en France ?
N'allez pas aussi loin, M. Fauvel. Vous pouvez regarder ce qui se passe dans les collectivités territoriales en France. Pourquoi on ne peut pas le faire à Paris alors ? C'est ce que je suis en train de vous dire. Nous allons devoir passer de cette culture de l'arrogance où le pouvoir décide de tout tout seul, où les députés ne servent à rien, à une culture du compromis. Mais le compromis, ce n'est pas la compromission. Ce n'est pas l'abandon de notre identité qu'on a essayé d'effacer. Nous allons retrouver notre identité. Nous allons reparler aux Français. Nous allons reconstruire un projet. Nous allons tirer les leçons de nos échecs.
Mais nous avons besoin d'une droite républicaine, d'un centre fort dans ce pays.
Le compromis, c'est entre vous, entre les forces politiques. Ce n'est pas forcément que dans un sens. Pas forcément dans le sens d'Emmanuel Macron.
Mais je pense que le premier effort doit être fait par le pouvoir pour changer de méthode et changer de politique. Maintenant, si vous voulez un exemple ou une illustration de l'attitude que nous allons avoir pendant les 5 ans qui viennent, regardez ce qui se passe au Sénat. Au Sénat, nous avons le groupe principal, les Républicains, présidé par Bruno Rotaillot, avec un président du Sénat, Gérard Laché. Ça fait 5 ans que nous sommes dans l'opposition. Une opposition intelligente. Une opposition qui propose, qui contrôle.
Regardez ce que nous avons fait sur les missions d'enquête et d'évaluation, y compris sur cette affaire scandaleuse du Stade de France où le Sénat, et c'est seulement le Sénat qui dit ce qui s'est passé, les dysfonctionnements et les mensonges du pouvoir. Donc nous avons fait ce travail au Sénat pendant 5 ans.
Donc il n'est pas question de grande coalition, comme le demande Édouard Philippe ? Avec ensemble ?
Il est question que nous, au Parlement, nous jouions notre rôle d'opposition. Une opposition indépendante, libre, libre d'approuver, libre de critiquer, et libre de proposer. Et d'ailleurs, c'est ce que nous allons faire très rapidement avec le groupe du Sénat, avec l'aide de nos députés européens, et avec les nouveaux députés républicains. Nous allons faire des propositions sur les sujets importants, en réponse aux attentes, aux colères, aux inquiétudes des Français sur le pouvoir d'achat, sur la ruralité, sur l'immigration, sur l'autorité de l'État. Nous allons, et le contrôle, et la maîtrise des finances publiques qui sont en train d'être en perdition actuellement.
Vous comprenez, Michel Barnier, qu'une partie de votre électorat puisse être un peu perdue par la ligne du parti aujourd'hui. La candidate que vous avez soutenue à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse, a fait toutes ces dernières semaines de campagne en disant, Emmanuel Macron pille systématiquement mon programme. C'est la même chose sur les retraites, c'est la même chose sur le RSA. Et aujourd'hui, vous lui dites, on ne peut pas gouverner ensemble. Non, je ne vous ai pas dit. Vous nous dites du cas par cas, en tout cas.
Non, attendez, c'est une chose... Soit le programme était le même, soit il n'était pas. C'est une chose de gouverner ensemble, de refaire une sorte de grand mélange. On a parlé hier du non-national, enfin tout ça. Les Français attendent de la clarté. Et nous serons clairs. Tout ce qui, dans la politique de M. Macron, et nous allons voir s'il tient ses engagements ou ses nouveaux engagements, est conforme à ce que nous souhaitons, nous l'approuverons, nous le corrigerons, nous le compléterons. Tout ce qui sera contraire, nous le refuserons. S'il met en oeuvre enfin cette nouvelle politique sur l'énergie nucléaire, après avoir pendant 5 ans arrêté le programme nucléaire, il veut le relancer.
Très bien, nous le soutiendrons. S'il fait une réforme courageuse des retraites dont on a besoin pour sauvegarder le régime de répartition et pour mieux payer les petites retraites, nous l'approuverons. Donc clairement, Michel Barnier... Prenons un autre exemple.
Pas de gouvernement d'union nationale, vous ne voulez pas en entendre parler.
Qu'est-ce que ça veut dire le gouvernement d'union nationale ? Avec le Front National, avec les gens d'extrême-gauche qui disent que la police tue ? Enfin, sûrement pas. Nous allons... Nous voulons un changement de politique, nous voulons un changement de méthode et nous allons travailler pour cela avec beaucoup d'ardeur et au Sénat et à l'Assemblée nationale.
8h40, le fil Info avec Louise Bouillens s'en poursuit dans un instant avec vous, Michel Barnier.
Là, c'est très clairement une reprise épidémique, affirme l'infectiologue Anne-Claude Crémieux, invité de France Info ce matin. Les cas de Covid ont bondi de 40% en une semaine. C'est lié à l'arrivée de nouveaux variants de la famille Omicron, selon la professeure. À la recherche d'une majorité après les législatives, Emmanuel Macron poursuit son tour de table des forces politiques. Aujourd'hui, le chef de l'État doit recevoir le chef de file des Verts, Julien Bayou, à partir de 9h, mais aussi Adrien Caténin, c'est Mathilde Panot de la France Insoumise et le patron d'Horizon, Édouard Philippe. Top départ des soldes ce matin. C'est parti pour 4 semaines de promotion jusqu'au 19 juillet.
Les commerçants espèrent réussir à vendre malgré le contexte d'inflation. Les paillettes, c'est fini. Les mots du président du PSG dans les colonnes du Parisien aujourd'hui en France, Nasser El Khair Haïfi. Il veut plus de discipline et d'implication de la part des joueurs. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Michel Barnier, depuis dimanche, toute l'opposition tombe à bras raccourcis sur Elisabeth Borne, la première ministre. Est-ce qu'elle peut rester ?
Ce n'est pas moi qui vais vous dire qui doit être Premier ministre ou si Mme Borne peut rester. C'est le choix du président de la République. Ce n'est pas ça qui compte.
Elle est illégitime, dit Jean-Luc Mélenchon.
Moi, je n'ai pas M. Mélenchon comme référence. Elle est légitime parce que c'est le président de la République qui l'a désigné. Comme c'est conforme à la Ve République, la question, c'est pour faire quoi ? Quelle politique ? Est-ce qu'on va tirer les leçons de l'avertissement donné par les Français, le peuple français qui est intelligent ? Est-ce qu'on va changer de méthode ? Avoir du respect, enfin, pour l'Assemblée nationale, pour les Français, pour les syndicats, pour les collectivités territoriales, pour ce qu'on appelle les corps intermédiaires ? Est-ce qu'on va changer de politique ? C'est ça la question.
Ensuite, la question de qui fait quoi, c'est une autre question, mais moins importante pour moi que le fond des choses.
Quand vous dites respect pour les syndicats, ça veut dire qu'il faut entendre la position unanime aujourd'hui des différentes centrales qui demandent au gouvernement de renoncer à la réforme des retraites ?
Le gouvernement n'est pas là forcément pour suivre les syndicats. Pour les entendre, mais pas... Mais en tout cas, les écouter, les entendre, et puis après, en conscience, de juger s'il faut ou pas, enfin, une vraie réforme des retraites qui n'a pas été conduite, malgré les engagements ou les promesses, il y a cinq ans, depuis cinq ans. Avoir le courage des réformes, c'est aussi quelque chose auquel nous allons encourager le gouvernement. Vous montriez tout à l'heure, Édouard Philippe, qui sait de quoi ou de qui il parle. Il a dit un jour, M.
Philippe, au Havre, il faut remettre de l'ordre dans la rue, il faut remettre de l'ordre dans les comptes, j'ajouterais qu'il faut remettre de l'ordre aux frontières. Voilà les lignes rouges sur lesquelles nous allons nous battre pour faire bouger les choses.
Il y a un vote important qui va avoir lieu dans les jours qui viennent à l'Assemblée nationale, Michel Barnier, pour la tête, la présidence de la commission des finances. C'est même... C'est ce soir. C'est ce soir. Commission importante, puisque son président a accès à certains documents fiscaux, puisqu'il peut contrôler, bloquer le budget pendant plusieurs jours. Deux partis aujourd'hui revendiquent la présidence. La NUP d'un côté, le Rassemblement national de l'autre. Qui doit l'avoir ?
Ça doit être quelqu'un de l'opposition, conformément à la tradition. Ça peut être aussi un républicain, pourquoi pas ? Nous sommes dans l'opposition et rien ne dit que ça doit être tel ou tel parti de l'opposition. Arrithlétiquement, ça va être compliqué. On verra bien. Ce sont les députés qui choisiront, mais je suis là tout à fait conscient et je suis sûr qu'ils feront le bon choix.
Ça vous choquerait que cette présidence soit présidée par le RN. Gérard Larcher, ce matin, président du Sénat, vous venez de rappeler le rôle qu'il a eu ces dernières années, dit oui, c'est le RN qui doit l'avoir puisque c'est le premier groupe en nombre de députés.
C'est ce qu'ont voulu les Français en envoyant comme principal groupe de l'opposition le Front National. Donc, encore une fois, c'est aux députés de choisir qui ils veulent comme président de leur Assemblée, qui ils veulent comme président de cette commission des Français. Oui, mais du coup, pour qui vont voter les députés de votre camp
dans ce duel avec un candidat RN et avec un... Écoutez,
les députés de mon camp se réunissent ce matin pour élire leur président.
Oui.
Et je leur fais confiance. On va prendre les matchs les uns après les autres. Je leur fais confiance pour faire le bon choix.
89 députés Rassemblement National à l'Assemblée Nationale en 2022. Est-ce que vous pensiez un jour que ça allait arriver ?
Moi, j'ai déjà connu au moment d'un proportionnel une trentaine de députés du Front National. D'ailleurs, beaucoup ont quitté ensuite le Front National et même pendant la législature. Il ne faut pas s'étonner. M. Macron a joué avec le Front National de manière tactique pour nous effacer. Nous, le centre et la droite républicaine. Ensuite, il a joué avec l'extrême-gauche pour effacer le Parti Socialiste. Il a réussi à créer ce déséquilibre dans le pays.
Il va falloir reconquérir et moi, je n'ai rien de commun et je n'aurai jamais aucune complaisance à l'égard des thèses du Front National mais je veux parler aux électeurs et aux électrices notamment dans les zones rurales qui ont eu le sentiment d'être abandonnés, qui ont le sentiment d'être oubliés, de ne pas être respectés ou considérés par le pouvoir. Nous allons reparler à ces électrices.
Est-ce qu'il est envisageable que les députés et les républicains votent des textes en particulier sur le thème de la sécurité et de l'immigration des textes proposés par le Rassemblement National ?
Mais nous allons proposer nos textes. Vous ne m'avez pas... Non mais je veux dire, il y a un cordon sanitaire ou pas ? Vous m'avez... Moi, je n'ai rien de commun et je n'aurai jamais aucune complaisance à l'égard des thèses du Front National. Maintenant, les problèmes sont là. une immigration que plus personne ne contrôle, une autorité de l'État qui n'est pas assurée, des hommes et des femmes qui portent l'autorité publique, des gendarmes, des policiers, des juges, des professeurs, des sapeurs-pompiers qu'on bouscule ou qu'on agresse. Ça suffit. Il va falloir remettre de l'ordre.
C'est un texte qui vient du Rassemblement National, des rangs du Rassemblement National et qui va dans le sens de ce que vous voulez faire, vous, de ce que vous proposez. Avant de voir les textes
du Front National, nous allons déposer nos textes et le groupe sénatorial des Républicains, très actif depuis 5 ans dans cette opposition intelligente, le groupe des Républicains, l'Assemblée Nationale qui se constitue et qui sera important, même clé, vont déposer des textes. Nous allons très vite déposer des textes sur tous les sujets importants et nous demanderons aux autres députés de se prononcer sur nos textes. Nous allons avoir une attitude proactive et ensuite, nous allons faire un travail de reconstruction de notre famille politique parce que je pense que l'équilibre du pays a besoin d'une droite républicaine, d'un centre fort.
Christian Jacob va laisser la présidence des Républicains dans quelques jours. Est-ce que vous excluez totalement de faire partie de la future direction ?
Non, mais je n'exclus rien du tout. Moi, je vais prendre une part très active à la reconstruction de mon parti. J'ai eu l'honneur d'être candidat à la primaire et de rassembler quasiment un quart des militants de ma famille politique sur une ligne extrêmement claire. Je n'ai pas gagné, j'ai participé ensuite loyalement et très loyalement et activement à la campagne de notre candidate comme je suis allé soutenir plus d'une trentaine de nos candidats sur le terrain aux législatives.
Ça peut aller jusqu'à revendiquer la présidence ? Non, mais la question n'est pas là. Vous ne trompez pas d'étape. C'est-à-dire, votre décision n'est pas prise ou c'est non ?
Je vais prendre ma part très activement à la reconstruction de mon parti. C'est pour ça que je suis militant de cette famille que je n'ai jamais quittée. Généralement, quand on dit
au début, on va prendre sa part, ça veut dire que dans quelques semaines, dans quelques mois, on est candidat ?
Non, ça ne veut pas dire ça forcément. Non, ça ne veut pas dire forcément. Il y a des gens extrêmement nombreux qui vont être très utiles. Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Nadine Morano, Michel Tabarro, Annie Gennevard. Voilà, pour citer quelques noms d'hommes et de femmes qui vont jouer un rôle et qui ont déjà joué un rôle et nous allons continuer à jouer collectif.
Laurent Wauquiez ferait un bon chef. C'est ce que dit Christian Jacob. Vous êtes d'accord avec lui ?
Je pense que Laurent Wauquiez a fait la preuve dans cette région Ronalp qui est la mienne, Ronalp-Auvergne, de 8 millions d'habitants, c'est-à-dire plus d'habitants dans cette région que certains états européens. Il a fait la preuve de ses capacités, de son ambition et de sa dimension. Donc je pense qu'il a un rôle majeur à jouer pour notre famille politique.
Vous parliez d'immigration il y a quelques instants. Michel Barnier, je voudrais vous faire réagir à ce qui se passe pas très loin d'ici dans un pays que vous connaissez bien, c'est le Royaume-Uni. Le conservateur Boris Johnson a décidé d'envoyer ses demandeurs d'asile, ses migrants illégaux au Rwanda dans l'attente de l'examen de leur dossier. Le Danemark, à son tour, envisage de faire la même chose dans un autre pays. Si la droite revient au pouvoir,
elle fera ça elle aussi ? Non, certainement pas. Et encore une fois, je ne vais pas prendre M. Johnson comme référence. Il se comporte comme un flibustier actuellement, notamment sur la question de l'accord du Brexit que j'ai négocié au nom de l'Union Européenne avec lui, qu'il connaît par cœur, dont il a négocié chaque virgule et chaque phrase et qu'il remet en cause sur la question très grave de l'Irlande. Et franchement, M. Johnson n'est pas ma référence. C'est un nationaliste populiste et je ne vais pas prendre M. Johnson comme référence ni sur cette question de l'immigration ni sur la question de l'Europe.
Mais pourtant, vous, pendant la campagne présidentielle, vous vouliez faire primer le droit national sur le droit européen, notamment sur la question de l'immigration. Non. Remettre, du moins, ne plus vous soumettre au Conseil européen des droits de l'homme. C'est ce qu'il fait là.
Non, non, excusez-moi. J'ai fait des propositions très précises avec un moratoire, avec des ajustements dont nous avons besoin sur la question spécifique de certaines règles européennes de la Convention européenne des droits de l'homme ou de la Cour de justice européenne, voire même de notre propre jurisprudence nationale qui nous empêche de prendre des mesures d'intérêt national ou de sécurité publique. Je pense que ces questions sont toujours sur la table d'une manière ou d'une autre. Il faut les traiter. D'ailleurs, je pense que M. Macron serait bien inspiré s'il entend le sentiment populaire qui s'est exprimé dimanche dernier de proposer un référendum sur cette question de l'immigration.
Avec quelles questions ? Avec cette question des quotas d'immigrés et d'une maîtrise de l'immigration dont notre pays a besoin. Ce n'est pas juste de laisser rentrer tout le monde dans notre pays pour qu'ensuite les gens soient maltraités ou pas bien accueillis. Et ce n'est pas juste de laisser passer que tout le monde peut venir en France comme c'est le cas aujourd'hui.
L'ancien ministre et ancien candidat à la primaire des Républicains Michel Barnier ce matin, l'invité de France Info. Toute petite pause, le temps du fil Info à 8h50 avec Louis Buyens.
Nouvelle hausse du taux du Livret A au 1er août annonce le gouverneur de la Banque de France RTL. Il dit aussi que le pouvoir d'achat devrait baisser de 1% cette année. Des chiffres alarmants et intolérables dénoncent les associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Selon une enquête interne de l'école d'ingénieurs Agro-ParisTech, 17 élèves disent avoir été victimes de viols. Plus de 130 cas d'agressions sexuelles sont également recensés. Le procureur de Paris est saisi. Bilan humain aggravé en Afghanistan. Plus de 100 morts la nuit dernière lors d'un séisme de magnitude 5,9 à la frontière avec le Pakistan.
Les autorités réclament une aide immédiate aux victimes du tremblement de terre. La canicule et les risques d'orage se calment un peu. Selon Météo France, il n'y a plus que 9 départements en vigilance orange aux orages dans l'ouest de la Vienne-Hollande. 6 départements sont en orange pour canicule du Jura à l'Isère. France Info Le 8.30 France Info Salia Brachia Marc Fauvelle
Toujours avec Michel Barnier, l'ancien candidat à la primaire des Républicains. Je me permets de faire une petite rectification. Je me suis trompée à l'élection à la présidence de la Commission des Finances. Ce n'est pas tout de suite effectivement Marc. C'est dans quelques jours.
C'est la semaine prochaine.
C'est la semaine prochaine.
Bon, l'Ukraine donc.
L'Ukraine. Partons sur l'Ukraine alors qu'il n'a pas quitté l'Ukraine depuis le début de la guerre. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, se prendra en Allemagne ce week-end pour le sommet du G7. Il a accepté l'invitation du chancelier allemand Olaf Scholz. Est-ce que ça veut dire que la France doit aussi l'inviter ?
Il participe à une réunion du G7 à l'invitation du chancelier fédéral allemand. Je trouve que c'est un très grand et très beau signal de solidarité réaffirmée comme d'ailleurs l'ont fait il y a quelques jours le président de la République française, le chancelier allemand et le premier ministre Mario Draghi, italien, en allant ensemble en Ukraine. Je pense que cette visite aurait pu se tenir plus tôt et que ce signe de solidarité avec l'Ukraine en guerre aurait pu être donné plus tôt. Maintenant, je trouve extrêmement important que M.
Zelensky participe à ce G7 comme je trouve extrêmement important qu'on maintienne la solidarité en termes d'armement et qu'on maintienne la solidarité en termes d'accueil des réfugiés et en même temps la pression des sanctions parce que c'est le seul langage que M. Poutine entendra pour décider ce qui est le bon sens ce qui serait la raison c'est-à-dire le cessez-le-feu à partir du coup on pourra commencer une nouvelle négociation.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a raison de dire il faut en dépit des sanctions en dépit de tout ce que vous venez de rappeler garder un lien avec Vladimir Poutine continuer à lui parler au téléphone parce qu'un jour il faudra négocier avec lui.
comment vous faites la paix comment vous rétablissez la stabilité du continent si des ennemis des gens qui se font la guerre actuellement et quelle guerre avec combien de morts de blessés des deux côtés ne se parlent pas. Donc oui je pense qu'il faut garder le contact avec la Russie et respecter ce grand peuple.
Y compris lorsque la France ne présidera plus l'Europe c'est-à-dire dans quelques jours Emmanuel Macron doit garder ce rôle-là.
Ce rôle comme d'ailleurs vous l'avez vu il n'est pas le seul à parler avec M. Poutine donc je pense qu'il faut continuer à parler avec la Russie et à convaincre la Russie que ça suffit que cette guerre épouvantable doit être arrêtée que cette agression délibérée contre la souveraineté d'un État indépendant doit être stoppée et qu'on se mette autour de la table pour négocier.
Et l'entrée dans l'Union européenne de l'Ukraine il faut l'organiser même si ça risque de brusquer Vladimir Poutine ?
Nous sommes dans cette perspective de rapprochement progressif de l'Ukraine avec l'Union européenne puisque j'étais commissaire à l'époque nous avons négocié un important et ambitieux accord d'association avec l'Ukraine commençons par le mettre en oeuvre l'Ukraine va...
Cet accord c'était quand ?
C'était il y a
en 2012-2013 Donc il y a quasiment 10 ans déjà ça donne une idée de l'ampleur du chemin qu'il reste à faire aussi
Oui mais il faut d'abord faire les choses par étapes parce qu'entrer dans l'Union européenne entrer dans le marché unique européen respecter les règles d'État de droit la lutte contre la corruption respecter toutes les règles de normes vous voyez bien moi j'ai vu les choses dans le sens contraire avec le Royaume-Uni je peux vous dire que c'est compliqué et donc ça prend du temps donc il n'y aura pas de raccourci maintenant l'Ukraine va obtenir son statut de candidat comme je le pense d'autres pays ensuite il y a un processus normal qui doit être conduit progressivement pour que tout le monde soit prêt pas seulement l'Ukraine mais aussi nous à accueillir ce grand pays
Vous êtes favorable vous à terme à ce que l'Ukraine rejoigne l'Europe ?
Oui l'Ukraine va obtenir ce statut de candidat et ensuite le processus normal va s'engager mais ça n'interdit pas entre temps de nourrir ce processus par beaucoup de rapprochements notamment sur le plan de l'économie de l'agriculture ou des transports par exemple
Michel Barnier la Hongrie bloque le projet d'imposition mondiale des multinationales que l'Europe veut adopter un impôt minimum de 15% sur les bénéfices est-ce qu'il faut faire des concessions ou alors est-ce qu'il faut faire pression sur Victor Orban ?
d'abord cet impôt il est très important il est juste il est moralement juste et économiquement nécessaire de prélever 15% sur les revenus des grandes entreprises mondiales qui font leurs bénéfices chez nous entre parenthèses je le dis par rapport au débat français sur ceux qui veulent sortir sans le dire d'ailleurs de l'Europe monsieur Mélenchon madame Le Pen il faut rester européen il faut changer ce qui doit être changé en Europe maîtriser la bureaucratie être moins naïf il y a plein de choses à changer je sais lesquelles et je le dirai dans les deux ans qui viennent jusqu'aux élections européennes mais il faut rester européen parce qu'on n'a aucun moyen de résister à ces grandes entreprises qui se permettent de tout faire avec une puissance incroyable ne respectent rien ni personne je parle aussi des entreprises du numérique ou des entreprises financières il faut taxer ces gens justement donc c'est un point nécessaire il est important c'est une décision et donc pour Orban il faut le convaincre il n'est pas d'ailleurs le premier à s'opposer à ce texte la Pologne il s'est opposé et puis finalement
mais dans le dossier de la Pologne on sait qu'il y avait aussi quelques milliards européens du plan de relance que la Pologne est en train de négocier derrière
la Hongrie aussi il y a aussi une discussion possible la Hongrie je pense que c'est ce que monsieur Orban veut obtenir donc c'est du chantage je ne veux pas que c'est du chantage c'est une discussion habituelle on parle du compromis ça fait partie des compromis à Bruxelles
une question bonus Michel Barnier ce matin Nicolas Sarkozy est-ce que Nicolas Sarkozy a encore un rôle à jouer dans l'avenir des LR ou alors c'est un homme du passé que vous souhaitez oublier
je n'oublie pas Nicolas Sarkozy je n'oublie pas que j'ai eu l'honneur d'être son ministre et il est mon ami mais je pense qu'il faut parler de l'avenir maintenant et nous allons travailler à l'avenir
il vous a déçu
je n'ai pas compris je n'ai pas compris du tout l'attitude qu'il a eue à l'égard de certains candidats des républicains notamment Brigitte Custer par exemple
il a soutenu des candidats de la majorité
et d'autres dans le midi franchement ce n'était pas compréhensible donc je pense qu'il faut maintenant regarder devant
vous citez les législatives mais pas la présidentielle où il a lâché votre camp
oui j'aurais pu citer les événements les plus récents nous avons eu des déceptions et nous les avons exprimées ça ne sert à rien d'en rajouter mais nous allons regarder devant nous maintenant
merci à vous Michel Barnier bonne journée merci à vous
Michel Barnier