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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 8 juillet 2025 63 minAutoproduit

Les jeunes et la Défense - Anne Muxel et Clément Deixonne

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bon et ben écoutez, bonsoir à à toutes et à tous. Euh j'ai le l'honneur de et le plaisir de d'ouvrir euh cette ce webinaire euh ce soir qui est consacré à un sujet qui est particulièrement important pour nous, donc les jeunes et et les enjeux de défense. Et pour cela, nous avons une invitée, une chercheuse, madame Anne Muxell, qui est sociologue et politiste, directrice de recherche au CNRS et directrice déléguée du centre de recherche politique le CVIPOF de Science Po et madame Luxell est est particulièrement reconnue pour ses études sur la la jeunesse, notamment un livre, une jeunesse engagée rédigée avec Martial Fou publiée en en 2022.

Elle a aussi travaillé sur les relations interpersonnelles. Je pense ici au livre l'autre à distance que la pandémie touche à l'intime. Et puis euh quand elle a dirigé le programme défense et société à à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire à l'IRSEM euh des travaux dans le cadre de l'observatoire de la de Génération Z.

Euh ces ces travaux ont ont abordé des problématiques qui nous intéressent particulièrement. comment les jeunes perçoivent l'institution militaire et les métiers et quelle est la leur conception de de l'engagement, à partir de quel lien se se définit et s'entretient leur rapport à la nation. Le rapport final de cet observatoire apporte des des éléments pour répondre à ces problématiques dont nous allons pouvoir discuter aujourd'hui et questionner Anne Muxell en direct.

Et nous avons euh aussi euh pour animer ce ce webinaire euh Clément Dexon euh qui est secrétaire national des jeunes socialistes, par ailleurs d'ailleurs gendarme réserviste euh et donc un un certain lien avec les les questions de défense qu'il a qu'il a choisi lui-même. Clément est étudiant en droit public à Nant et euh donc secrétaire national JS en charge de la reconquête des classe populaires. Voilà, donc vous avez tout sur euh Anne et Clément.

Donc mon propos ce ve toujours très court pour vous laisser un maximum de temps d'abord de présentation et puis ensuite Clément pourra peut-être lancer le débat avec des questionnements qu'elle peut avoir. Et puis je vous invite, je vous rappelle que cette ce webinaire est enregistré et qu'il fera l'objet euh ensuite d'une retransmission dans le cadre d'un document d'un documentaire que que nous produirons sur la base des cinq euh webinaires que nous organisons avec des thèmes très différents mais qui je crois reposent sur les fondamentaux et les les questionnements que nous nous pouvons avoir. Donc je passe tout de suite la parole à Anne Muxel que je remercie infiniment de d'avoir accepté de de passer cette heure avec nous et surtout de nous de nous éclairer sur et bien un sujet qu'elle connaît particulièrement bien et de nous permettre de comprendre et d'appréhender un petit peu mieux et et ensemble ces questions de défense avec ces jeunes qui aujourd'hui et bien sont ceux qui doivent s'en saisir parce que c'est eux qui euh seront l'avenir hein de demain.

Voilà, je vous laisse la parole. Merci beaucoup. Merci beaucoup pour votre invitation et pour la possibilité d'avoir d'avoir un échange qui est toujours un moment intéressant pour le chercheur aussi qui vient qui vient témoigner euh et présenter et présenter ces ces travaux.

Alors sur la question, vous m'avez demandé d'intervenir sur la question du rapport des jeunes à l'engagement et donc plus particulièrement à l'engagement en matière de en matière de de défense. Mais avant de vous présenter l'essentiel, on va dire, des des résultats de cette enquête effectivement que j'ai pu mener euh pour le ministère des armées sur les jeunes et la guerre et sur les représentations que les jeunes ont de la guerre et leur disposition à l'engagement, on va dire, un engagement fort que représente effectivement un engagement dans les armes. Mais dans dans un temps dans un temps de guerre, je voudrais revenir un peu d'une façon plus générale sur l'évolution des des valeurs des valeurs d'engagement aujourd'hui et notamment dans la jeunesse. et rappeler rappeler on va dire un certain nombre d'évolutions significatives qui redessinent un peu depuis on va dire les années 80 euh qui redessine les contours de ce que l'on peut euh interpréter comme relevant des des ressorts d'engagement aujourd'hui en tout cas dans notre pays.

Euh donc un certain nombre d'évolutions significatives. La première, c'est de nouvelles interrogations sur le rôle de la nation dans le contexte de la construction européenne bien sûr, mais aussi plus largement de de la mondialisation. J'imagine que nous aurons l'occasion de discuter de euh de l'interférence hein que que peut avoir effectivement l'actualité géopolitique, les nouveaux conflits, les les nouvelles les nouveaux terrains de conflictualité sur sur les engagements des jeunes.

Autre évolution marquante, un certain nombre de phénomènes qui marquent des signes de désaffiliation, de désaffiliation institutionnelle, des affiliations sociales et une montée de de l'individuation. Euh autre euh évolution aussi qui me semble tout à fait importante dans cette toile de fond hein que j'essaie de de mettre en place hein pour réfléchir à cette question de l'engagement, c'est l'érosion des grands référents des grands référents idéologicaux politiques et une chute des appartences syndicales et et partisanes avec évidemment là aussi en arrière-fond la défiance la défiance institutionnelle et la défiance à l'égard euh de la politique qui est majeure dans notre dans notre pays et qui n'est pas sans toucher bien évidemment les les coortes les plus jeunes. Autre évolution marquante évidemment euh l'accroissement significatif de l'abstention hein dans la vie démocratique. qui là aussi reconfigure les les usages non seulement les usages démocratiques, mais les significations finalement de de l'exercice de la de la de la citoyenneté.

Bref, toutes ces toutes ces évolutions, je pourrais évidemment en évoquer d'autres, mais toutes ces ces évolutions conduisent en tout cas à un affaiblissement euh si ce n'est des valeurs, mais en tout cas des pratiques traditionnelles hein d'engagement et et bouscule en fait les codes institutionnels classiques tant du côté des organisations que des individus. Et euh c'est par exemple, on va le voir pour les armées et dans le cadre de la défense euh une préoccupation majeure de euh à la fois euh pouvoir euh euh prendre acte euh de la disponibilité euh toujours présente chez les jeunes et peut-être un peu plus présente que dans les années passées euh pour s'engager dans les armées, pour s'engager aussi en cas de conflit, j'y reviendrai, mais en même temps, toute la difficulté de fidéliser ses engagements et de euh euh de faire vivre finalement aux jeunes qui se montrent disponibles euh les contraintes requises par ces engagements, hein. Donc là, il y a de toutes les façons dans cette réflexion que nous avons amené une sorte de yatus entre d'une part en terme de valeur et en terme de disponibilité et bien plutôt une attractivité finalement des armées et de l'engagement militaire en direction de la jeunesse, mais en même temps euh un certain nombre de freins d'obstacles pour péréniser et rendre durable durable ces ces engagements.

Alors, l'essentiel des des des points que je vais que je vais aborder dans cette courte introduction puisque après nous réserverons bien évidemment du temps pour les échanges, mais l'un des éléments les plus marquants de de l'étude que j'ai pu consacrer à à ces dispositions que que les jeunes avaient vis-à-vis de de la de la de la défense, et bien c'est la vitalité de ces de cette de cet engagement euh y compris donc l'engagement militaire et l'éventualité d'une mobilisation dans des conflits armés de haute intensité. Et donc les résultats de cette étude que vous trouverez du reste en ligne sur le site de l'IRSM, je vous donnerai évidemment toutes les euh toutes les précisions là-dessus. Euh et bien euh c'est que euh on observe euh vraiment un regain de patriotisme, en tout cas en terme de de valeur, un regain de patriotisme qui connaît bien sûr plus ou moins d'intensité selon euh certains segments de la jeunesse, plus dans certains segments que d'autres, mais qui laisse quand même présager un solide potentiel de résilience et de soutien de la part des des jeunes générals. tion en cas de en cas de de conflit majeur ou en cas de ou en cas de guerre.

Alors, c'est quelque chose d'un peu d'un peu nouveau. Et c'est pour ça que j'utilise cette notion de regain de patriotisme parce que jusque encore dans les années 70 80, il y avait plutôt un antimilitarisme assez prononcé dans les jeunes de la part des jeunes générations au moment où la conscription était obligatoire, où il y avait effectivement cette cette obligation contraignante d'exercer d'exercer un service militaire. Et à partir du moment où cette euh cette conscription obligatoire a été levée, et bien euh forcément les et bien les la vision, on peut dire euh des armées euh euh et des engagements de l'engagement militaire euh a pu a pu changer.

C'est c'est ajouté aussi à cela. le tournant. Enfin, moi ce que je considère dans mes travaux et parce que je l'ai bien repéré, le tournant des attentats de 2001 et effectivement après la répétition d'un certain nombre d'attentats terroristes qui euh et donc le le le djihadisme qui a euh sensibilisé euh beaucoup les jeunes les jeunes générations aux question aussi de sécurité, de défense, d'une nouvelle forme de euh de guerre euh euh qui euh qui pouvait éventuellement euh susciter euh susciter euh les engagements, leur engagement.

Donc voilà, un petit peu le un des points importants de de cette enquête, c'est quand même de de produire ces ces résultats qui vont dans le sens d'une d'une disposition des jeunes de la jeunesse française envers envers cet engagement dans les armées. Autre point important aussi de de de cette de cette enquête, c'est de montrer que contrairement à ce qui est souvent dit et sans doute et sans doute euh comment dire non non conforme en fait à la à la réalité, c'est que les jeunes sont dans un rapport de relative proximité avec l'univers militaire. Et ça c'est quelque chose qui a pu m'étonner moi personnellement euh parce que pour beaucoup dans leur entourage proche, dans leur entourage amical, dans leur entourage familial et bien il y a une mémoire qui est un vecteur assez efficace toujours à la fois de transmission de transmission des faits militaires de l'univers militaire. euh et qui euh qui est bien plus présent que ce que l'on pense dans la jeunesse.

Euh la transmission des savoirs scolaires sur ce point apparaît aussi très très déterminant. Et enfin euh un point qui m'est apparu aussi très important, toujours pour essayer de comprendre maintenant euh l'ancrage finalement de ces de ces représentations si positives, si favorables vis-à-vis de de l'institution militaire, c'est le pouvoir de la fiction, le pouvoir des séries, toutes les productions audiovisuelles qui ont introduit au travers effectivement de ressort sort plus ou moins imaginaire, mais aussi beaucoup de possibilités d'avoir prise sur la réalité de l'univers militaire, sur la réalité de la guerre et donc qui ont contribué à façonner une relative familiarisation, familiarité plus exactement avec les les faits de guerre. Et ça c'est assez impressionnant au travers des jeux vidéos par exemple, au travers des séries euh des séries télévisées, au travers de grands films, il y a finalement une une socialisation au fait militaires qui qui opère qui opère beaucoup.

Euh alors euh autre autre point très important aussi de cette de cette enquête euh c'est que les jeunes sont très conscients d'un certain nombre de menaces qui pèsent sur leur pays et plus largement sur la planète. Alors, évidemment, parmi les menaces les plus importantes pour eux, c'est la question écologique et environnementale qui reste toujours la plus importante, mais euh c'est le risque climatique, on va dire, qui est pour eux le le le plus important et le plus crucial. Mais les risques de guerre dans un avenir proche, les risques de guerre y compris sur le sol français, les risques d'une guerre nucléaire et bien sont aujourd'hui envisagés par beaucoup de jeunes comme étant des réalités qu'ils peuvent connaître.

Et donc ce sentiment de menace évidemment participe contribue à leur disposition à l'engagement dans ce domaine. Et ce qui est intéressant, c'est que les représentations qu'ils ont de la de la guerre aujourd'hui répondent en fait toujours à cette matrice, on va dire référentielle mémorielle de la deuxième guerre mondiale, hein. Dans cette enquête, on essayait de de voir avec eux quel quels étaient leur leur anticipation de ce que pourraient être les formes de guerre à venir.

Alors bien sûr, ils sont conscients que il peut y avoir effectivement des cyberattaques, qu'il y aura d'autres d'autres armes, d'autres d'autres moyens qui seront développés. Mais malgré tout, leur imaginaire des guerres des guerres de demain est assez est assez pauvre en tout cas quant à quant à des développements qu'il qu'ils ont du mal à à imaginer. et euh ils ont une représentation de la guerre qui est une représentation tragique finalement de la guerre que d'abord les images auxquelles ils sont exposés et la réalité des guerres d'aujourd'hui que ce soit en Ukraine ou au Proche-Orient et bien ne peut pas démentir effectivement cette réalité tragique mais voilà ils ne croient pas du tout à une guerre zéro mort ils ont conscience que la guerre et bien tue tue des des gens tue des militaires, tue des populations civiles et donc malgré finalement cette conscience extrêmement tragique, dramatique et des des de la guerre et des risques encourus, ça ne les empêche pas de malgré tout euh exprimer leur leurs intentions, leurs dispositions euh à éventuellement s'engager dans ce dans dans ce cadre.

Alors, évidemment, entre des dispositions de principe et puis le passage à l'acte réel, c'est là où d'une mobilisation par exemple qui serait imposée, c'est là bien évidemment où il y a des une marge, un écart hein qui qui serait peut-être plus problématique que ce qui est écrit là sur le papier au vu des déclarations d'intention. Mais quand même hein, le fait que 65 % des jeunes disent qu'ils sont prêts à s'engager dans les armées euh euh pour défendre pour défendre leur pays et euh 40 % qui disent qu'ils sont prêts aussi à défendre leur pays jusqu'au risque de leur vie, euh ça reste quand même des déclarations qui nécessitent d'être d'être pris en compte. Euh autre chose évidemment à prendre en compte, c'est euh l'existence de clivage de clivage culturel et sociaux et politiques aussi qui traverse hein ces ces c c'est c'est cette disponibilité à l'engagement et cette prise en compte des questions des questions militaires dans le paysage de valeur mais aussi le paysage d'engagement possible pour pour les jeunes.

Le clivage idéologique et politique reste toujours présent, mais il s'est beaucoup réduit, c'est-à-dire on a évidemment toujours plus de patriotisme entre guillemets du côté des jeunes qui se positionnent à droite par exemple qui vont être encore qui vont manifester encore plus de disponibilité à cet engagement et d'intérêt finalement pour les les questions militaires. Alors que jusqu'à euh jusqu'au tournant finalement des années 2000, les jeunes se positionnant à gauche était très réflement militaire mais aussi à l'institution à l'institution militaire et et n'avait aucune aucune véléité d'engagement. Aujourd'hui, c'est un quelque chose qui s'est singulièrement réduit et il y a une proportion très significative euh de jeunes se classant à gauche qui euh aussi témoignent de cette disposition euh à l'engagement à l'engagement militaire.

Autre point aussi d'évolution, c'est les attitudes des femmes euh par rapport à ces questions, hein. Le clivage de genre évidemment sur euh par rapport à la question militaire est toujours présent. Les femmes sont toujours plus en retrait euh de toute véléité d'engagement, de toute perspective de voilà de de prise de risque, de combat, de violence.

évidemment que ces situations euh engendrent, mais il y a de plus en plus de femmes qui elles aussi euh disent de jeunes femmes qu'elles sont prêtes à s'engager dans les armées. Et on sait aussi qu'aujourd'hui la féminisation des des armées est bien une évolution une évolution très importante. Donc tout cela montre bien que ce sont des des résultats qui vont dans le sens d'un resserrement en fait des liens euh armé nation en fait en tout cas dans la dynamique générationnelle hein qui ces liens avaient pu euh s'effriter s'affaiblir dès l'instant où la coercition que requérait et bien le le service militaire obligatoire avait disparu.

Euh et bien on sent aujourd'hui hein que par d'autres voies, par les voix de cette prise de conscience, par la par la voix aussi de la de la réalité des des menaces réelles auxquelles les jeunes générations se trouvent confronté et bien les ramène, on va dire sur sur le chemin de de ce type de ce type d'engagement. Et ce qui est intéressant aussi, c'est que ce clivage, ces deux clivages, on va dire, les plus les plus marquants, hein, celui du genre et celui effectivement du clivage politique qui reste encore toujours les les plus discriminants euh sont plus importants, prennent très largement le pas sur les clivages sociaux, sur les clivage économique et sociaux. on on sent que là euh finalement euh l'armée, l'engagement militaire, la mobilisation en cas de conflit de conflit majeur et bien euh euh concerne aussi bien des jeunes peu diplômés que des jeunes euh étudiants qui ont fait un parcours un parcours d'étude supérieur et euh cette mobilisation, cette disposition euh finalement euh témoigne hein en fait euh qu'autour de la question militaire, de la question de l'engagement militaire et bien l'armée reste un un vecteur en fait de cohésion he de cohésion sociale, de cohésion de cohésion nationale.

C'est aussi assez frappant euh dans cette dans cette enquête que de voir que finalement les armées, la question militaire, la question de la défense du pays euh et bien euh permet de dépasser certains clivages qui freinent la cohésion nationale et que l'on retrouve par contre sur d'autres thématiques. Euh voilà peut-être pour mon propos préalable. Euh bien évidemment euh il est il est très incomplet euh au vu de tout ce que de toutes les de tous les résultats euh de l'étude que vous pouvez euh euh trouver euh encore une fois de façon euh beaucoup plus euh développée. ce sont, je dirais les grandes lignes euh les grandes lignes qui restent avec peut-être je dirais avant d'ouvrir la discussion, ce point qui m'a personnellement frappé euh c'est ce sont les représentations que les jeunes ont vis-à-vis par exemple de l'arme nucléaire.

Et c'est vrai que l'on sent que dans ces générations, dans ces jeunes générations, la question de la dissuasion de l'arme nucléaire que l'on utilisera pas, qui est une arme d'abord de dissuasion, et bien et bien cette représentation s'est affaiblie car aujourd'hui non seulement la majorité des jeunes interrogés considèrent que et bien on finira par l'utiliser cette arme nucléaire et que c'est quasiment dans l'ordre des choses et et et leur réticence finalement morale par rapport aussi à l'usage d'une arme d'une arme nucléaire semble aussi s'être s'être singulièrement singulièrement réduite et ça ça fait ça fait aussi beaucoup beaucoup réfléchir. Voilà. Merci madame Xelle.

Alors je crois qu'en fait c'est moi qui a des problèmes avec mon téléphone puisque euh le son est vraiment très très faible. Tout à l'heure, je pensais que THBO ne s'était pas branch enfin connecté correctement, mais je crois que c'est c'est moi. Donc, mais j'ai suivi quand même ce que ce que vous avez ce que vous avez dit.

Merci infiniment d'avoir d'abord partagé l'essentiel de de vos travaux. Je crois que c'est très très important enfin les différentes pistes que vous avez mené et et Clément va va pouvoir poursuivre je crois cette cette conversation. Moi, je voudrais juste rajouter un point pour les femmes puisque j'ai récemment fait un participé à un colloque où j'ai présenté euh comme sujet les femmes victimes et et actrices dans les conflits et en fait il y a en effet aujourd'hui un changement alors c'est un changement culturel hein dans un certain nombre de pays notamment en Ukraine pour la première fois et bien on voit des milliers de femmes qui sont sur le front ce qui n'était pas le cas des des guerres précédentes.

Donc les femmes s'engagent non pas parce que d'un seul coup il y a un regain de violence chez elle ou qu'elle qu'elle change d'attitude, mais tout simplement dans cette volonté de participer à la défense de leur pays et bien évidemment victime aussi puisque la démonstration est faite que ce sont les premières qui sont victimes derrière le front pour différentes pour différentes raisons. Donc merci d'avoir partagé cela. Puis vous dire aussi que que la l'armée française, je crois, est la la 4e armée la plus féminisée dans le monde.

Euh donc ça c'est un point important pour les jeunes femmes qui ont envie de de s'engager. Et l'armée, ce n'est pas simplement euh des militaires, hein. Il faut savoir qu'il y a des dizaines de milliers de civils qui travaillent pour la défense et donc il y a différentes façons en effet de de s'engager.

Mais mais Clément va nous parler de cela pour les pour les jeunes et vous poser les premières questions. En tout cas, merci madame. Merci beaucoup Hélène.

Merci beaucoup madame Muxell pour pour cette présentation riche. Euh je vais continuer du coup pour les questions. Peut-être appeler aussi un chiffre. 90 % des jeunes français ont confiance euh en dans les institutions de l'armée.

C'est un chiffre qui n'est pas anodin qui relète qui relate en fait totalement euh votre enquête sur le regain et sur la recrudescence des jeunesses euh envers les institutions et les forces de défense euh et aussi comment les jeunes euh captent et se saisissent de ce sujet et de ces informations. Alors peut-être aussi avant de parler d'un de l'engagement des jeunesses dans la défense et dans et dans ces dans ce sujet là peut-être sur la perception qu' les jeunesses sur ce sujet. Donc pour nombreux et nombreuses d'entre nous, nous avons fait la campagne des européennes avec Raphaël Luxman et on a eu beaucoup de de camarades qui nous ont rejoint.

Pourquoi ? on leur a posé la question et c'était surtout sur la question de la défense notamment la défense européenne et d'autres c'était aussi sur la question de la défense encore européenne mais parce que ça liait en fait il il y avait un lien avec leur travail avec leur job. Donc ici euh il y a un fort attrait sur cette question de défense notamment vis-à-vis aussi du conflit en Ukraine, vis-à-vis du du conflit au proche Orient comme vous avez pu l'évoquer, mais également depuis aussi les attentats de 2015 à Paris.

Donc aussi euh un une certaine une certains ressenti d'insécurité qui peuvent aussi permettre en tout cas l'engagement de de certains jeunes euh dans le dans le rôle dans dans l'institution de la défense qu'elle soit dans la défense on va dire extérieure mais aussi à l'intérieur du territoire mais aussi certaines valeurs comme vous allez comme vous l'avez rappelé sur le patriotisme par exemple sur la base d'information que ça soit sur les réseaux sociaux que ça soit sur la documentation qu'on peut recevoir voir euh de par l'éducation nationale, de par différentes institutions. Donc ici peut-être une première question, une question qui peut être clivante mais en tout cas qui est présente dans le débat public qui fait aussi sens avec le clivage et le spectre politique notamment avec les critiques qu'on a pu faire et émettre sur le service national universel sur donc comment sensibiliser les jeunes aux enjeux de la défense sans tomber non plus dans la militéralisation des esprits. C'est une question que nous à gauche qui est qui nous qui nous anime euh mais également qui peut être aussi un point de clivage et peut-être aussi une mise entente avec avec d'autres personnes avec d'autres personnes d'ailleurs sur qui font partie de des clivages politiques ou pas d'ailleurs.

Mais comment cette comment cette sensibilisation peut être faite sans tomber dans le spectre on va dire dans dans le cliché de la de la militarisation pardon des esprits en tout cas des jeunes ? Oui, ben c'est bien sûr une question très importante et tout particulièrement euh à gauche euh bien sûr puisque j'ai rappelé qu'effectivement il y a il y a traditionnellement quand même euh voilà ce ce clivage euh politique, cette grande réticence vis-à-vis de du fait militaire euh euh et de l'engagement militaire à Forcerie, mais même si c'est en train quand même de de comme je l'ai dit de de changer et de se réduire, je crois que que comment dire pour sensibiliser les jeunes, il y a en tout cas s'appuyer sur ce sentiment d'insécurité et de menace qui est partagé par beaucoup de monde, toutes les toute la population, on va dire, mais aussi par les jeunes quant à la quant à quant à leur projection, à leur capacité de projection dans un monde futur euh en lien donc sentiment de menace et d'insécurité, en lien lien avec la question environnementale, mais aussi en lien avec les les grands les grands changements finalement géostratégique, géopolitique auquel ils assistent, hein. Et ne serait-ce que ces guerres commerciales qui sont menées et qui peuvent déboucher un jour sur c sur des vraies guerres et des guerres dont on voit bien déjà qu'elles commencent à être des guerres sur des territoires.

Donc on voit bien que tout cela des guerres de territoire, de conquête et cetera. Donc on voit bien que tout cela les jeunes en sont tout à fait conscient, hein, et que donc par rapport à à ces à ces à cette insécurité, à à ces menaces, euh et bien là, il y a là des des des discours, des ressorts, euh voilà, des leviers finalement de réflexion qui peuvent conduire à euh à une autre vision de ce que euh de ce que la défense euh peut apporter aux populations et peut apporter pour sécuriser finalement ces temps ces temps futur. Ça, je pense que c'est une première chose.

Deuxième chose pour effectivement les sensibiliser en dehors un peu de cette enfin sans sans trop de de comment dire de de militarisation comme vous dites. Euh c'est euh de euh de de revenir en fait sur cette évolution euh du périmètre de l'action des armées elles-mêmes. C'est-à-dire que aujourd'hui les jeunes et leur confiance dans les armées s'arrime au fait que le monde militaire ou les militaires d'une certaine façon sont jugés comme sérieux, comme efficace euh comme précis euh comme faisant ce qu'ils ont à faire.

Et je dis tout ça exprès en faisant en en pesant un petit peu mes mots ou comparé aux politiques justement qui ne font pas forcément ce qu'ils ont dit qu'il ferait, qui restent flou sur un certain nombre de choses qui voilà ne ne sont jugés peu efficaces par rapport à aux actions menées euh dans par rapport à ce à ce contrepoint euh de la défiance envers les institutions politiques et bien euh les institutions l'institution militaire effectivement a un atout à jouer. Euh l'atout c'est les valeurs et les jeunes cherchent des valeurs, cherchent du sens. aujourd'hui les politiques et c'est bien le problème mais bon c'est à vous que je m'adresse mais en tant que mais quand même c'est un peu un problème.

Il y a un problème de de croyance, il y a un problème de d'adhésion, il y a un problème de de valeurs qui ne sont plus forcément crues comme elle était par le passé. Et c'est vrai que les militaires et bien sont euh tout à fait à même de mobiliser sur des valeurs et surtout de mobiliser les jeunes sur euh le sens que de plus en plus de jeunes cherchent aujourd'hui euh plus ou moins confusément euh à à des engagements d'abord, mais aussi à une vie professionnelle, hein. on le on on le voit euh il y a un besoin de sens et donc le sens de la défense de son pays, le sens de d'un certain nombre de missions de protection des populations, l'engagement aussi des armées dans des périmètres, dans les périmètres de l'humanitaire, tout cela et bien ce sont des des comment dire des leviers en tout cas pour montrer que pour montrer que les armées ont ont une une utilité.

Voilà, je sais pas si j'ai répondu à votre question. Je vous entends plus. Voilà.

Oui. Et Clément, continuez le votre questionnement, hein. Si euh vous avez d'autres questions, allez-y, n'hésitez pas.

Merci. Non. Oui, c'était très clair sur ce point-là, sur la perception que que font les jeunes en réalité sur sur la question de la défense, plutôt sur la question de l'engagement.

Comme vous l'avez dit, il y a plusieurs sortes d'engagements. Il y a un engagement tout d'abord de carrière, mais il y a aussi un engagement qui est tout autre entre guillemets. C'est un engagement où les jeunes s'engagent soit dans des associations, soit dans des organismes.

Par exemple, je pense au service national le service national universel, le SNU où nombreux nombreuses personnes ensuite sont engagé ou son sont même devenu formateur du SNU ou tout simplement dans la réserve, par exemple la réserve de la gendarmerie qui peut qui peut être ensuite un levier et un vecteur de de professionnalisme en de carrière. Euh donc il y a aussi une une grande diversité des offres des institutions et des et des contrats. Euh aujourd'hui, on parle donc des jeunes.

Qu'est-ce que comment les jeunes euh peuvent s'engager ? Mais aussi euh on parle pas forcément des institutions. Qu'est-ce que les institutions aussi attendent des jeunes ? parce que les institutions et les forces régaliennes, comment elles se saisissent et viennent vers les jeunes que ça soit les institutions ou même divers organismes, par exemple, je pense au ministère des au ministère de la jeunesse avec le SNU, comment il y a une forme d'engagement qui est repris par les institutions euh notamment sur l'aspect aussi obligatoire ou facultatif.

Et là, je reviens aussi sur le SNU. Est-ce que euh forcer les jeunes en fait à à s'investir, à s'engager, est-ce une solution ? Est-ce que ça ça va les faire adhérer à une cause, à un engagement euh quelconque ?

Oui. Non, c'est pas forcément évidemment euh c'est pas forcément une solution. En même temps, il y a une évolution là-dessus.

Pendant longtemps, les jeunes euh les jeunes étaient plutôt contre le retour d'un service militaire obligatoire. dans cette enquête et dans d'autres du reste mais récente, on voit que ça a changé et maintenant qu'il y a plutôt une majorité de jeunes qui euh est plutôt pour un service militaire obligatoire. Là, je parle pas du SNU, je parle du service militaire obligatoire quand on pose la question.

Alors ça ça montre ça montre quoi ? Si effectivement on remettait le service militaire obligatoire. De toutes les façons, ça semble difficile difficile pour les les armées qui ont pas qui ont pas les moyens en ce moment de voilà de prendre en charge une nouvelle un service militaire obligatoire.

Donc ça c'est une question là qui va nous dépasser ici. Mais euh ce que ça traduit en tout cas de la part des jeunes, c'est une envie de de de comment dire de donner une partie de de son temps euh pour une cause euh pour une mission. Euh c'est euh euh de la part de la jeunesse et de beaucoup de jeunes euh l'envie d'être utile socialement, d'être considéré comme utile socialement parce que il faut bien voir que l'image dominante qui est renvoyée à la jeunesse dans notre pays qui contrairement à d'autres à d'autres pays voisins fait finalement assez peu confiance à à sa jeunesse. hein, l'image dominante, c'est on aborde toujours la la la jeunes et et et la question de la jeunesse et les politiques de jeunesse au travers des de la jeunesse problème, hein, et non pas au travers de ce que la jeunesse peut apporter à la société.

Et ça, je crois que au travers effectivement de ces de ces engagements, de cet engagement militaire ou de cette recherche euh que les jeunes peuvent avoir d'expérience d'expérience euh au travers des armées puisque les armées restent quand même d'abord un des viviers de recrutement euh professionnels les plus importants effectivement sur le bassin de l'emploi, hein, c'est déjà il faut le rappeler, mais et aussi un vivier de comment dire de formation qui sont à la disposition aussi des jeunes pour apprendre des métiers et toutes sortes de métiers, hein. Au sein des armées, on peut faire beaucoup de métiers, hein. Ça va du cuisinier au mécanicien en passant par par un informaticien, toutes sortes de choses.

Et donc on voit bien qu'au travers de de de cette palette quand même assez large dont les armées dispose pour dans le monde tel qu'il est aujourd'hui pour pour attirer finalement des jeunes et leur faire vivre en tout cas une expérience. Euh voilà, c'est ça, je pense que c'est un atout. Alors après probablement que les jeunes d'aujourd'hui ne sont plus dans la temporalité des engagements d'hier, hein.

C'est là où il y a de vrais de vrais changements. Il faut sans doute des engagements sur des périodes plus courtes. Il faut plus de flexibilité, plus d'attention portée à la vie personnelle, à la vie quotidienne.

C'est pas facile pour les armées parce que s'engager et notamment en cas de conflit, c'est un engagement total. hein, on n'est pas là à effectivement à à penser euh trop euh à ces permissions, mais euh en même temps, voilà euh on voit des évolutions très significatives euh du rapport au travail dans les jeunes générations comme dans les moins jeunes du reste. Aujourd'hui, il y a de nouvelles attentes, hein, de la part des individus quant au quant au à leur leur relation au travail, hein, et qui ça a été d'autant plus visible depuis depuis la crise sanitaire et Covid-19, la COVID-19 qui ont qui ont changé la pandémie, qui ont changé beaucoup de choses hein sur les attentes euh envers le travail. euh et bien forcément que l'institution militaire elle elle doit accompagner euh ces ces transformations et donc aussi un peu s'adapter à ces nouvelles demandes et ces nouvelles attentes les tirs d'engagement.

Alors justement vous parliez des attentes et on va dire de la jeunesse. Je crois avait posé une question non Thbo de la marbo dans le chat si vous voulez. Est-ce qu'on perçoit aussi un phénomène d'adhésion dans l'industrie de défense ou est-ce que l'idée de complexe militaroindustriel a encore beaucoup de poids dans l'opinion publique ?

Ah, je peux pas vraiment répondre de façon complète à cette question parce que ça c'est pas de c'est c'est pas vraiment de de mon ressort. Ce que je peux dire simplement, c'est que par exemple les jeunes générations dans cette enquête euh ont bien conscience euh que les armées ont besoin de moyens. Et donc alors que dans beaucoup d'enquêtes précédentes euh et notamment si je remonte aux années 80 et cetera, il y avait toujours l'idée que voilà l'armée, on avait pas besoin de donner des moyens des moyens aux armées, que les armées avaient suffisamment de moyens et qu'il s'agissait pas de de d'encore les les renforcer.

Or aujourd'hui euh en tout cas dans les jeunes générations, euh l'insuffisance des moyens des armées, la nécessité absolue de renforcer ces moyens étant donné les menaces euh ambiantes, euh et bien euh aujourd'hui entraîne entraîne l'adhésion d'une large majorité. Donc je peux répondre comme ça. Oui.

Si je peux rebondir sur en fait la la question de Thbo. Euh j'avais une une question quant à la possibilité d'insertion euh que les armées peuvent constituer, notamment l'armée de terre puisque les jeunes s'engagent pour un contrat de quelques années. Souvent ils reçoivent des formations alors qu'ils rentrent sans formation du tout, peut-être avec leur bac ou pas et peuvent et bien se former dans un métier qui ensuite et bien est plutôt prisé dans le civil et qui leur permet finalement de rebondir alors que ils n'auraient peut-être pas eu la même chance.

Donc au-delà de l'armée qui fait rêver parce que l'engagement fait que on va se retrouver à l'étranger en mission, enfin des choses un petit peu différentes hein pour sortir de de son cocon. Est-ce qu'il y a quand même pas là une façon de motiver aussi des jeunes pour un engagement qui leur permet d'abord de s'épatouir aussi professionnellement ? Vous avez mentionné en effet une gamme de métiers très importante, mais il y a des métiers très spécialisés aussi où les gens gagnent très très bien leur vie, hein, parce que je pense à à certains métiers qui sont un peu de l'ordre du compagnonnage et on a bien vu récemment avec la reconstruction de de Notre Dame, combien certains métiers très spécifiques existent encore parce que justement ils ont été ils ont été transmis aujourd'hui. nous en avons un certain besoin et quand des des équipements militaires prennent du retard, c'est que souvent il n'y a pas suffisamment de personnes formé pour pouvoir travailler sur le chantier naval ou autre.

Donc est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a là au niveau territorial hein parce que les entreprises sont basées partout. Je crois qu'il y a près de 5000 PME qui embauchent beaucoup euh sans parler des grands groupes bien sûr que nous nous connaissons tous. Mais est-ce que il y a pas là aussi un une façon de en effet d'engager les jeunes localement euh et de leur faire valoir que en effet c'est une une façon de en effet de servir leur pays le moment venu mais également pour eux-mêmes de pouvoir et bien voilà avoir un métier, s'engager et faire des choses un petit peu différentes.

Oui. Oui, tout à fait. Là, je ne peux qu'abonder dans votre dans votre sens.

Tout à fait. Et je rajouterai aussi que euh les armées sont aussi l'occasion s'engager dans les armées pour les jeunes, c'est aussi l'occasion de vivre une expérience collective où il y a de la vie en équipe, de la solidarité, euh du sport, des expériences aussi fortes de liens de liens sociaux euh d'expérience de la mixité aussi, euh connaître, voir euh et approcher des milieux différents différents du sien. Et je pense que dans ce contexte un petit peu justement d'individualisation de de plus grand de plus grands risques finalement de de fracture au niveau du tissu sociétal hein aujourd'hui euh et bien il y a aussi cette cette solidarité collective, ce principe de cohésion qui est qui est quand même l'armature essentielle des armées qui peut séduire aussi beaucoup de jeunes qui sont en recherche de cela qui ne trouveraient pas dans une entreprise normale, enfin normale, je veux dire, une entreprise civile.

Voilà, je pense que ça c'est sûrement aussi un atout pour les armées sur la formation. Euh bon, j'ai parlé peut-être de de la gendarmerie, mais la gendarmerie étant une institution militaire, ça va de ça va de paire qui plusit la gendarmerie, tous les gendarmes réservistes ou actifs ont reçu une circulaire de l'institution pour dire que aujourd'hui il y aura beaucoup plus d'OPEX ou de missions à l'extérieur du territoire avec les conflits et cetera notamment en Europe. Donc la formation aujourd'hui euh pour être alors j'ai commencé par rapport à aux actifs, par rapport au concours aujourd'hui pour avoir le concours de de sous-officier de gendarmerie, il faut avoir environ 5 ou 6/ 20 pour y accéder.

Puis il y a aussi un manque de jeûne. Donc les l'institution de la gendarmerie baisse ses attentes au niveau des concours, au niveau des formations. Après comme vous comme vous avez pu le dire, la formation et pour en avoir vécu, la formation qui est ensuite c'est une formation entre guillemets très formateur voilà c'est une formation qui qui est super au niveau de la de la de la cohésion d'équipe au niveau de de tout ce qu'on apprend notamment sur le la culture générale sur plein de choses.

C'est très formateur. Aujourd'hui, il y a une baisse des niveaux du fait que l'institution de la gendarmerie veut veut plus de jeunes. Notamment plutôt sur les réservistes.

Maintenant, les réservistes aujourd'hui, on a une semaine, on a on a une une formation de 2 semaines pour devenir réserviste de gendarmerie. On a on peut être appelé notamment Guyane ou dans des opérations extérieures du territoire français. Et euh dans cette formation de 2 semaines, on a au bout de 2 semaines, on a on a le droit au port d'armes.

Euh ce qui d'ailleurs fait beaucoup euh beaucoup parler d'ailleurs dans que dans les médias ou même dans dans nos cercles, euh ça fait beaucoup ça fait beaucoup parler. Est-ce que justement ce cette baisse d'attente de la parce que ça ça parle de la gendarmerie mais ça parle aussi des des autres institutions militaires, est-ce que cette baisse des attentes des institutions de défense extérieure ou intérieure sont se trouvent en corrélation notamment avec le manque de moyen et notamment la pas la baisse du budget mais en tout cas moins de budget, moins de moyens pour les institutions et notamment après pour les personnes pour les gendarmes qui sont ensuite sur le terrain. Ah oui, mais là là en fait s'il y a cette baisse des baisse des attentes, c'est aussi parce qu'il y a euh à la fois là on est en train de de de parler de de la de la relative disposition disponibilité à l'engagement des jeunes envers les armées.

Et après effectivement le passage à l'acte, les comment dire le passage à l'acte mais aussi les critères qui sont mis en place par les différentes armées pour le recrutement des jeunes sont tells que bien au fond voilà il y a il y a il y a une crise de recrutement au fond hein et ils sont obligés effectivement de baisser de baisser leurs critères de baisser leurs attentes pour arriver quand même à recruter hein. C'est ça que que vous voulez dire ? Euh oui, c'est c'est c'est un peu c'est un peu oui, c'est un problème.

Moi, je sais pas très bien comment le comment comment le résoudre, mais euh c'est un problème qui rencontre aussi euh comment dire aussi les exigences que les jeunes que les jeunes peuvent avoir quant à la façon de vivre hein cet engagement et ce métier. Donc la façon dont l'institution d'un côté avec ses exigenisces, avec ses critères, avec ses attentes et avec sa son traditionnalisme aussi hein, cette culture militaire qui existe d'un côté et de l'autre des jeunes qui sont en recherche euh en recherche de sens, euh qui cherchent des valeurs, qui ont envie de d'être être utile euh socialement euh qui euh voilà ont envie de de s'engager euh tout en voulant préserver une marge de liberté, tout en voulant préserver aussi euh une marge de dégagement, hein, parce que ce qui existe aujourd'hui dans les engagements, alors je parle là dans le registre politique, ce sont des engagements plus réversibles. C'est ce que Jaquion appelait des engagements postites, c'est-à-dire les jeunes peuvent s'engager, se mobiliser à un moment donné, même très très fortement, très intensément et puis aussi se se se désengager, hein.

Euh et donc il y a il y a il y a ça maintenant, il y a il y a cette comment dire cette cette attention euh qui est portée par les par les les individus. Encore une fois, les jeunes sont les individus et les citoyens de demande mais ils sont aussi porteurs de tendances, hein, qui sont bien visible aujourd'hui dans la société qui qui où la une meilleure conciliation entre la vie personnelle, les aspirations personnelles et la vie professionnelle devient aussi un enjeu très de motivation et des très fort et donc conditionne des attentes à l'égard d'un parcours de formation, d'un parcours pour professionnel. Donc comment ces deux ces deux euh comment dire univers et attentes réciproques peuvent peuvent se se nouer.

C'est un un un vrai enjeu de réflexion pour les pour les armées aujourd'hui. Bien sûr. H euh tout à l'heure Clément faisait référence au SNU.

Ça fait l'objet de d'un d'un gros débat et même d'un rapport au Sénat parce que nous avions énormément de questionnements sur le sujet. Donc sur le concept, on voit bien l'idée qui est justement de de rapprocher enfin de faire ce lien peut-être qui est qui n'est pas pas très fort pour certaines catégories de personnes mais en même temps bon, on voit que ce n'est pas un succès. Clément parle des réserves réservistes bien sûr mais qui demande un engagement.

Là aussi il faut que ça soit incitatif. Certains pays ont réintroduit la conscription conscription volontaire. Est-ce que dans vos travaux vous avez euh abordé euh les différentes façons finalement de faire en sorte que cette jeunesse que et vous décrivez très bien ce qui peut la motiver cette recherche en effet que finalement le la défense enfin le monde de la défense peut leur offrir mais auquel certains n'ont pas ne pensent pas spontanément ou n'ont pas accès et donc les aider à faire ce pas quand ce sont peut-être ceux qui ont bénéfici qui serait le plus sur le plan professionnel, nous en parlions il y a un instant, mais également de de ce rapprochement avec ce qui manque terriblement aujourd'hui, c'estàdire ce sens collectif.

S'il n'y a pas d'engagement associatif, s'il y a pas d'engagement politique, ça peut être la façon finalement de de d'un premier engagement qui peut déboucher sur d'autres ensuite. Vous voyez, est-ce que vous avez euh dans le cadre de vos travaux finalement regarder les différentes les différents outils ou ou façons de créer ce lienlà ? Bah en tout cas, je je prendrai l'exemple de l'engagement civique, euh le service civique.

Le service civique, c'est un vrai succès, hein. Euh le service civique progresse d'année d'année d'année en année et euh effectivement on suppose suppose sur une période donnée une expérience d'engagement pour des jeunes qui en même temps vont recevoir un un salaire qui n'est pas qui n'est pas très très important mais quand même et qui est considéré comme étant est de plus en plus utilisé comme étant aussi euh un tremplin euh finalement qui va servir leur CV, leur leur leur leur entrée dans la vie professionnelle. Voilà, donc le service civique est un succès.

Il y a pas tellement de réticence pour le service civique. Il y a plutôt un manque de manque de place d'ailleurs hein pour le pour le pour le service civique. Euh les le SNU, c'est difficile de savoir si c'est un alors moi, j'ai pas particulièrement travaillé hein sur le SNU.

Euh quelqu'un que vous pouvez auditionner sur toutes ces questions, c'est par exemple Benedict Cheron. Mais vous voyez qui c'est Bénédicte Cheron ? Elle pourrait euh beaucoup travailler effectivement sur le SNU.

Euh mais les jeunes qui ont été volontaires en fait pour pour le SNU en sont sortis très très contents, hein. Donc je sais pas si c'est un échec ou si c'est un ou pas, mais en tout cas les études qui ont été faites par LINE sur les jeunes qui ont fait un SNU donc optionnel, euh l'indice de satisfaction était très très élevé. C'est-à-dire que tout se passe comme si c'est le sens de votre question.

Moi, j'ai pas forcément de réponse, mais les jeunes, ils sont très demandeurs, ils sont très partants finalement pour euh comment dire pour qu'on pour faire des expériences finalement de d'engagement. Euh après, il faut euh il faut arriver à les à les à les convaincre ou à les ou aller les chercher ou à leur proposer quelque chose qui soit qui soit accessible. pour beaucoup euh dans les dans certains interviews que j'ai pu mener avec certains jeunes euh notamment pour rentrer dans les armées, les tests les tests physiques par exemple, les tests sportifs sont à la base très exigeants.

Donc il y a beaucoup de d'autocensures aussi de jeunes qui se disent "Moi, de toutes les façons je je n'arriverai pas à les à les à franchir euh j'ai j'ai pas les capacités pour euh pour le faire." Donc il y a sûrement aussi euh beaucoup euh beaucoup d'autocensur mais mais je n'ai pas de réponse vraiment à à vous donner là-dessus sur comment faire, mais ce que je pense c'est qu'il y a une une une disponibilité de principe, une envie de de principe. Et de ce point de vue là, par exemple, le continuum qui peut y avoir entre des classes des classes défense, hein, des classes défenses à l'école, certains dispositifs aussi de double cursus à l'université.

Euh je pense que mieux lié depuis depuis le collège euh une sensibilisation au monde de la défense et donc à des apprentissages, formation possible mais aussi engagement bien réel euh et euh euh me mieux lier comment dire ce ces classes défenses dans un dans un continu qui permettrait à des jeunes de faire des stages, des expériences momentanées au travers desquels il serait il y aurait une socialisation où il pourrait approcher finalement l'armée. Mais le problème c'est comment trouver les moyens de faire tout ça ? Si on parle aux armées de tout ça, ils vont dire "Mais on peut pas, on n pas le temps, on a on n pas assez de moyens." Mais je pense que du côté des jeunes, il y a il y a sûrement beaucoup de de demandes qui pourraient trouver trouver un débouché.

Et justement pour rebondir sur ce que vous avez dit, notamment ce que sur ce qu' a pu dire Hélène précédemment, euh donc c'est la recherche annonce comme vous l'avez dit. Euh et d'ailleurs euh vous avez parlé aussi alors c'est ça qu'on parle beaucoup des 18 25 ans, on va dire dans dans ces dans ces tranches d'âge mais même avant 18 ans, l'armée a mis en place par même la gendarmerie ont mis en place euh les cadets de la gendarmerie pour euh pour permettre aux jeunes au jeunes de s'investir dans dans cette institution de défense. Euh pour parler du SNU, justement, je sais que le SNU était en contact énormément avec la Fédération Léo La Grange pour justement essayer d'aller sur ses territoir et essayer d'aller notamment dans les zones dans les zones prioritaires.

Et dans ces zones prioritaires, ce qu'a pu constater la Fédération Léo La Grange, c'est un manque de euh de de comment dire de de prise en compte de la part de ces jeunes-là sur l'aspect de de l'engagement notamment dans ce milieu-là, de la défense. les jeunes vont plutôt s'engager dans des associations de leur quartier, dans des associations tout autres que celles de la défense. Peut-être une sorte de désintéressement peut-être une autre aussi une autre forme de de non appartement peut-être à une à la nation qu'on parlait des valeurs tout à l'heure.

Donc est-ce que ça c'est un lien ou peut-être aussi une forme d'une autre recherche une autre recherche d'expérience peut-être peut-être ailleurs avec une une voilà tout simplement. Oui oui. Non mais moi je je suis bien d'accord avec tout ce que avec tout ce que vous dites.

Après, je pense qu'il y a je je pense que le continuum est très important. Je pense qu'il faut il faut il faut sans doute sensibiliser assez tôt dans dès le dès le collège, il faut sensibiliser assez fortement les jeunes, les enfants à ce lien à ce lien justement Arménation, je crois que c'est quelque chose c'est quelque chose d'important qui ne peut que rencontrer leur leur leur intérêt. Je pense que c'est c'est vrai que c'est important.

Et ben écoutez, merci merci beaucoup merci Anne Muxel d'avoir partagé vos travaux. Je pense que c'est important hein. Nous avons beaucoup de questionnements, nous n'avons pas de certitude quant au aux réponses, mais je pense que cela mérite en tout cas d'être poursuivi.

Et merci à à Clément Dexon pour à la fois les réactions et les questions. Et puis merci à toutes et à toutes euh tous et à toutes d'avoir été connectés. ce soir avec nous sur un un sujet qui est très très important et que nous allons que nous allons poursuivre mais je crois que nous avons bien débuté avec Anne Muxell et et Clément Dexon.

Donc merci à vous et euh nous vous retrouverons pour le dernier webinaire qui sera sur le sujet du nucléaire. Vous l'avez abordé madame. C'est vrai que c'est un sujet qui ne fait pas forcément de débat en France puisque il y a une acceptation en effet de ce parapluie nucléaire comme on l'appelle, de cette protection hein qui nous est donnée et de cette dissuasion bien sûr qui euh fait que nous pensons pouvoir éviter euh éviter la guerre grâce grâce à lui, mais qui pose quand même un certain nombre de de questions si en effet un un jour le bouton devait être devait être pressé.

En tout cas, merci. Merci encore à vous et bonne fin de soirée. Bonne soirée.

Merci. Au revoir. Au revoir.

Merci beaucoup. Bonne soirée.