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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 février 2021 26 min

Renforcement des frontières en Allemagne, contrats des vaccins, plan de relance européen... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Clément Beaune. Bonjour. Depuis hier, l'Allemagne a donc fermé une partie de ses frontières. Il est désormais interdit aux étrangers en provenance d'Autriche ou de République Tchèque d'entrer dans le pays, même avec un test PCR négatif. Est-ce que c'est une bonne décision face au virus ?

0:14
Christine Pirès Beaune

Écoutez, c'est une décision dure à tous les sens du terme. Je pense qu'elle est douloureuse pour les autorités allemandes. Elle a des conséquences très négatives. Je pense qu'à chaque fois qu'on parle de fermeture des frontières au sein de l'Europe, ce qui est très rare aujourd'hui, au sein de l'Europe, il faut voir quel impact ça a sur le plan économique. Ça veut dire qu'on perturbe le trafic routier. Ces travailleurs qui, parfois, ne voyagent pas, mais simplement travaillent, font quelques kilomètres de l'autre côté de nos frontières, c'est très compliqué. Donc, moi, je souhaite qu'on n'en vienne pas à ce genre de mesures. Les autorités allemandes l'ont dit elles-mêmes.

Elles ne l'ont pas souhaité. C'est un dernier recours provisoire, le plus court possible, et ça ne s'applique, vous avez raison de le préciser pour l'instant, aux voisins qui ne sont pas la France, qui sont l'Autriche et la République.

0:53
Présentateur

Est-ce que l'Allemagne avait prévenu ses partenaires européens avant de faire ça ? Est-ce que vous l'avez appris en lisant la presse ce week-end ?

0:58
Christine Pirès Beaune

Non, ça faisait quelques jours que l'Allemagne avait pris des mesures de restrictions supplémentaires, notamment avec la République tchèque. Donc, c'était une mesure que l'Allemagne avait préparée, et qu'elle a, je crois, puisque ça ne concerne pas directement la France, mais l'Autriche et la République tchèque, annoncé quelques jours à l'avance à ses partenaires directement concernés. Mais pas à l'ensemble de ses partenaires européens, donc si je vous suis bien.

Je ne crois pas qu'il y ait eu un débat avec la Commission européenne, par exemple, et d'ailleurs, la Commission européenne a rappelé, puisque nous avons passé un certain temps à coordonner nos mesures européennes, à définir des règles communes, après, il peut y avoir des petites différences, mais des règles communes, un cadre, et que cela n'était pas conforme au cadre européen, et il y a eu un échange hier entre la commissaire européenne concernée et le ministre de l'Intérieur allemand pour s'en expliquer.

1:43
Invité

Alors, pour le moment, la situation n'est pas la même, vous l'avez dit, avec la France. Pourtant, le gouvernement allemand a laissé entendre hier qu'il était possible qu'ils appliquent la même chose avec la France, puisque de l'autre côté de la frontière, il y a la Moselle, et les variants sont très présents en Moselle. Qu'est-ce qui se passe ? Comment la France réagit si l'Allemagne décide de fermer sa frontière ?

2:03
Christine Pirès Beaune

D'abord, on fera tout en discussion. Ce matin encore, j'aurai un échange avec les ministres présidents des Länder, c'est-à-dire des régions allemandes frontalières. Il y a trois frontalières avec la France, ce qui concerne la Moselle, la Sars en particulier, pour qu'il n'y ait aucune décision qui ne soit pas coordonnée, d'abord. Moi, je ne souhaite pas que l'on ferme, que l'Allemagne ferme complètement la frontière. Quand je dis fermée, ça voudrait dire que même le transport routier, qui livre des médicaments...

2:29
Invité

Là, avec l'autriche et la République tchèque, il y a quand même le transport routier qui est maintenu avec un test PCR négatif.

2:34
Christine Pirès Beaune

Très clair, concertation, éviter une fermeture de frontières. Si l'Allemagne devait, par l'application de ces règles, parce qu'à l'instant de ce seuil sanitaire, etc., restreindre encore la circulation, je souhaiterais que l'on définisse ensemble des exceptions les plus larges possibles. Et nous avons évidemment deux préoccupations majeures. Le transport routier, parce que ce sont nos aliments, nos médicaments notamment, qui de part et d'autre circulent. Et puis bien sûr, les travailleurs frontaliers, avant tout, parce que pour ces personnes-là, c'est une question de capacité à travailler, de capacité à gagner leur vie.

3:04
Invité

Si l'Allemagne décide d'imposer des tests PCR à nos travailleurs français qui travaillent donc en Allemagne, vous faites quoi ?

3:12
Christine Pirès Beaune

Écoutez, s'il y avait un dispositif de renforcement. Aujourd'hui, pour être clair, il n'y a pas de test PCR obligatoire quand vous faites un trajet qui est votre travail. Et vous pouvez le justifier par une attestation d'employeur, etc. Mais si l'Allemagne décide de l'imposer ? Si c'était le cas, je ne le souhaite pas, parce que je pense que ce ne serait pas une bonne idée, mais si c'est pour des raisons sanitaires, politiques, l'Allemagne doit le faire. J'aimerais qu'on le définisse ensemble et qu'on restreigne le plus possible les contraintes pour nos frontaliers.

Concrètement, ce n'est pas la même chose de devoir faire un test tous les matins et de devoir faire un test une fois par semaine quand on est frontalier, ce qui n'est pas agréable et ce qui n'est pas facile, mais qui est une contrainte un peu plus supportable. Donc, on va travailler ensemble.

Ce matin même, en vous quittant, je reparlerai aux trois ministres présidents des régions frontalières avec la France pour qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise, qu'il y ait une concertation et que l'on prenne en compte la nécessité, j'allais dire les contraintes, mais la vie quotidienne de nos travailleurs frontaliers, de ceux qui vivent tout près de la frontière et qui ont besoin de cet accès pour faire leurs courses et pour travailler.

4:06
Présentateur

Côté français, il n'y a pas aujourd'hui dans les cartons l'idée de fermer certaines frontières, que ce soit avec l'Espagne, avec l'Italie ou avec l'Allemagne. On subit celle des autres, on s'y prépare éventuellement, mais nous...

4:17
Christine Pirès Beaune

Non, on ne subit pas celle des autres, je tiens à être très précis. On a défini un cadre européen qui aujourd'hui est appliqué par nos voisins. Et qui ne l'est plus en ce qui concerne les frontières sud de l'Allemagne depuis... Frontières sud, mais pas avec la France.

Donc, je le regrette, mais ce qui nous concerne principalement, moi je défends les intérêts avant tout de nos travailleurs frontaliers qui sont particulièrement concernés, avec les autres pays, le Luxembourg, l'Italie, l'Espagne, aujourd'hui les mêmes obligations s'appliquent les deux côtés, c'est-à-dire une obligation de test PCR, sauf quand vous travaillez, quand vous passez la frontière pour exercer votre activité professionnelle et pour le transport routier. Mais si l'Allemagne le fait aujourd'hui, Clément Beaune,

4:51
Présentateur

qu'est-ce qui empêche un autre pays, légalement, en respectant les traités, les textes, de le faire à son tour ?

4:56
Christine Pirès Beaune

Pour être très clair, légalement c'est possible. Donc là maintenant c'est une question de bonne coopération.

5:00
Présentateur

Donc on a entre-ouvert la porte et tout le monde risque de le faire.

5:02
Christine Pirès Beaune

Ce n'est pas qu'on a entre-ouvert la porte, c'est que c'est possible. Et on l'a vu d'ailleurs au mois de mars, il y a exactement un an, il y a des pays qui, la République tchèque, d'ailleurs l'AFL, l'Autriche à l'époque, qui avaient complètement fermé pendant quelques jours. Je note d'ailleurs que ces pays qui avaient complètement fermé sans prévenir le voisin, sans respecter pour le coup les règles européennes à l'époque, ont rouvert quelques jours plus tard parce qu'elles se sont aperçues que c'était intenable de fermer complètement.

5:22
Invité

Mais nous ça veut dire quoi ? On applique le principe de réciprocité ?

5:25
Christine Pirès Beaune

En général on applique le principe de réciprocité, mais il ne faut pas que ça soit, si je puis dire, une sorte de oeil pour oeil, d'un pour d'un. Il faut que ça soit justifié sanitairement et que ça n'empêche pas la vie économique, professionnelle des travailleurs.

5:37
Invité

C'est pas un problème là, tout ce manque de coordination pour les frontières au sein même de l'Union Européenne ? Mais bien sûr c'est une difficulté.

5:43
Christine Pirès Beaune

Je vais vous dire, pour être très franc, bien sûr c'est une difficulté. Depuis un an, ça a été notre combat de coordonner au maximum. Je crois que ça s'est beaucoup amélioré. Ce qu'on a vécu en mars 2020, c'est-à-dire pas d'annonce à son voisin, on ferme, on ferme tout, même pour les frontaliers, on ne prend pas en compte tout ça, ça c'est terminé. On ne le fait plus. Aujourd'hui il y a des variants, il y a des zones où les situations sanitaires restent difficiles. La France a d'ailleurs une situation sanitaire qui par rapport à ses voisins est plutôt meilleure, aujourd'hui en moyenne. Et on coordonne mieux qu'avant, ce n'est pas encore parfait.

Et je tiens à dire aussi qu'en termes de coordination européenne, sur les frontières extérieures à l'Europe, qui est le point clé pour nous, nous avons les mêmes mesures, avec parfois des modalités différentes, mais les mêmes mesures de fermeture, aujourd'hui en Europe, vis-à-vis du reste du monde.

6:24
Présentateur

Il y a un autre point, Clément Beaune, qui divise en ce moment les Européens, c'est la mise en place d'un éventuel passeport vaccinal. La Grèce, par exemple, qui est l'une des principales destinations touristiques en Europe, a déjà conclu un accord avec Israël, accord qui dit que les Israéliens qui ont reçu les deux doses, qui sont donc, si tout va bien, protégés du virus, pourront venir dans le pays sans restriction. Est-ce que c'est une bonne idée, ce qu'a fait la Grèce, et est-ce qu'il faut l'étendre, est-ce qu'il faudra l'étendre, par exemple, l'été prochain ?

6:49
Christine Pirès Beaune

Alors, ce n'est pas une bonne idée de le faire de manière isolée, non plus. La coordination européenne, c'est un combat. Nous avons dit, il y a eu une réunion des chefs d'État et de gouvernement, il y a quelques semaines, sur ce sujet notamment, où on a dit, il faut qu'on repose ce débat un peu plus tard, non pas par passion de remettre les décisions, mais pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, si vous dites, aux Françaises, aux Français, aux Européens, écoutez, avec la vaccination, il y aura plus de droits, de voyager, peut-être d'accéder à des activités sociales, etc. Je crois que c'est aujourd'hui un discours qui n'est pas entendable. Pourquoi ?

Parce que notre priorité absolue, ça doit être de faire accéder le maximum de gens à la vaccination.

7:23
Invité

Ce n'est pas entendable parce qu'on n'a pas les doses, en fait.

7:25
Christine Pirès Beaune

Parce qu'on n'a pas encore l'accès, mais ça, c'était défini comme ça. C'est une campagne de vaccination progressive, aujourd'hui, pour le grand public, pour les gens qui ont une quarantaine d'années, une cinquantaine d'années même, qui ne sont pas directement exposés, qui ne sont pas personnels soignants, il n'y a pas encore l'accès aux vaccins, nulle part en Europe, d'ailleurs. Israël a vacciné depuis la moitié de sa population. Donc la question, elle se pose pour ce pays, en tout cas, dès aujourd'hui. Oui, à l'extérieur, mais je pense qu'il faut qu'on ait ce débat. Une fois que la vaccination est généralisée, une fois que ça devient un choix personnel.

Si vous faites le choix, dans deux ou trois mois, de vous faire vacciner ou de ne pas vous faire vacciner, ce qui restera votre choix. Après, ce n'est pas tout à fait pareil si je vous dis, si vous êtes vacciné, vous avez la possibilité de voyager parce que vous êtes mieux protégé. Bon, ça, c'est différent. Aujourd'hui, on est dans une phase où on a une seule priorité, faire accéder le plus vite possible, le maximum de gens, au vaccin. J'ajoute, il y a un point scientifique qu'il faut clarifier, qui est quand même très important. Est-ce qu'on se contamine encore quand on est vacciné ? Exactement, on sait qu'on est protégé quand on est vacciné, avec une forte efficacité.

On ne sait pas si on est moins contaminant ou plus contaminant. Et donc, il faut régler ce problème scientifique avant de donner d'éventuels droits dont on ne sait pas exactement quel est l'impact sur la santé des autres.

8:27
Présentateur

On va en parler dans un instant des vaccins achetés, commandés par l'Europe, si vous voulez bien, Clément Beaune. D'abord, le fil Info à 8h41 avec Mélanie Delaunay.

8:36
Invité

Elle explique qu'elle a besoin de la reconnaissance des faits. C'était ça où j'en crève, dit Colline Berry. Dans un document exclusif France Info, la fille aînée de Richard Berry a porté plainte pour inceste contre l'acteur. Il dénonce, lui, des accusations immondes. Plus de fermeture de classe automatique si un cas du variant anglais du Covid est détecté. Nouveau changement de protocole sanitaire à l'école qui agace les syndicats d'enseignants. En Ile-de-France, les conducteurs de bus de la RATP appelaient à faire grève. Aujourd'hui, ils s'inquiètent du risque de contamination avec la reprise de la vente des tickets à bord des bus.

La lutte antiterroriste est l'avenir de l'opération Barkhane au cœur d'une réunion du G5 Sahel au Tchad. Cet après-midi, Emmanuel Macron va y participer par visioconférence. La France envisage de diminuer le nombre de soldats déployés. Il y en a plus de 5000 actuellement. Raphaël Nadal décroche sa place en quart de finale de l'Open de tennis d'Australie. L'Espagnol a battu l'Italien Fabio Fonini en 3-7. France Info

9:37
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Bracchia, Marc Fauvel Clément Gaune, 15 millions de personnes ont reçu au moins une dose du vaccin en ce moment au Royaume-Uni alors que l'Europe dans son ensemble, les 27 pays, ont reçu 26 millions de doses. C'est-à-dire de quoi vacciner environ 13 millions de personnes. Quand vous mettez côte à côte ces deux chiffres, qu'est-ce que vous vous dites ?

9:58
Christine Pirès Beaune

Je vois bien. Ce qu'on se dit spontanément, c'est qu'ils vont plus vite au Royaume-Uni. Et c'est vrai à certains égards. Je veux quand même qu'on regarde toute la situation. Les Britanniques, ils vont plus vite d'abord parce qu'ils ont beaucoup misé sur la première injection. Et si vous regardez d'ailleurs le nombre de personnes qui au Royaume-Uni et dans l'Union Européenne, y compris en France, ont reçu deux doses, c'est-à-dire sont complètement vaccinées, vous avez moins de personnes qui ont reçu les deux doses au Royaume-Uni.

10:21
Présentateur

Ça fait quand même 15 millions de vaccins à une dose au Royaume-Uni

10:24
Christine Pirès Beaune

pour 26 millions de doses pour le reste de l'Europe. Mais d'abord, regardons cette image. Ça veut dire qu'ils ont... Vous expliquez pourquoi. Ils ont misé énormément sur la première dose. Et ils ont espacé considérablement le délai entre les deux injections. Il y a des scientifiques qui disent qu'on peut le faire. Ça n'est pas la recommandation de notre haute autorité de santé. Ça n'est pas du coup la décision qu'a prise en France le ministère de la Santé. Parce que je crois que c'est normal, on doit cela aux Français. On l'a dit, on est prudents et précautionneux parce qu'on respecte les recommandations de notre haute autorité de santé.

Notre haute autorité de santé dit qu'il vaut mieux éviter le vaccin AstraZeneca pour les personnes de plus de 65 ans. Ce n'est pas le choix qu'ont fait les Britanniques. Je veux dire, je le dis factuellement, les Britanniques ont pris plus de risques, ce qui leur permet aussi, effectivement, d'aller plus vite à certains égards. Mais on verra dans la durée. En gros, la période de vaccination massive, elle va s'étaler sur le premier semestre jusqu'à l'été 2021. Et on a besoin de plusieurs vaccins. Pour l'instant, ils utilisent massivement AstraZeneca, qui est un laboratoire anglo-suédois. Le vaccin Pfizer aussi.

Ils ont beaucoup moins de commandes que l'Union européenne pour les vaccins suivants. Donc, je ne dis pas que tout va bien. Je dis que quand on regarde la comparaison, ce qui se passe au Royaume-Uni, ce n'est pas une situation que j'en vis. Parce que par ailleurs, c'est aussi une stratégie d'accélération massive en prenant plus de risques parce que leur situation sanitaire est beaucoup plus dégradée. Et tant qu'on est dans une période où la vaccination monte partout en puissance, on aura deux piliers dans la stratégie principalement, c'est-à-dire la précaution, les mesures de restriction, les masques, les distanciations, les couvre-feux, etc.

Et la vaccination qu'on cherche évidemment à accélérer le plus possible. Je dis que aussi, nous sommes dans une phase d'accélération en Europe. Les mois de février et de mars, il faut être sincère, seront les plus difficiles. Parce qu'on a encore des mesures de restriction importantes. Parce qu'on a la question des variants qui suscitent de l'inquiétude. et parce que, industriellement, la production, la livraison des vaccins monte en puissance. Toutes les commandes passées, prévues, seront respectées pour les mois de février et mars ? Oui, alors, il y a eu des problèmes avec certains laboratoires. J'en prends trois pour être très rapide, mais très concret.

Avec Pfizer, parce que nous nous sommes mobilisés en Europe, il y avait quatre semaines de retard. Nous avons réduit à une semaine. La production, cette semaine même, va augmenter suite à la pression que nous avons mise. On passe de 500 000 doses par semaine à 700 000. Donc, c'est une accélération importante. C'est pour Pfizer, quelle principale aujourd'hui ? Pour les deux autres ? Il y avait un problème au mois de février. Il sera intégralement rattrapé au mois de mars. AstraZeneca, il y a eu un problème important, sérieux. Nous avons haussé le ton avec AstraZeneca parce qu'on ne comprenait pas ce qui se passait. Il y avait des retards massifs et peut-être privilégiés les britanniques.

Donc, on a dit non et on s'est défendu. Moi, je défends une Europe qui protège nos intérêts, ses intérêts. On n'est toujours pas sûr de ce point qu'AstraZeneca est favorisé du marché britannique sur l'Europe ? On est en train de faire une vérification en inspectant sur site et on a mis surtout, parce que regarder le passé, c'est important, mais c'est l'avenir qui nous intéresse, on a mis en place un mécanisme de contrôle des exportations. Il y a déjà 35 livraisons par des entreprises basées en Europe qui nous ont demandé l'autorisation d'exporter ou nous et nous sommes en train de vérifier que ça ne se fait pas au détriment des Européens. Donc, on protège mieux nos intérêts.

On a réduit considérablement tous les retards avec Pfizer et Moderna et on est en train de les réduire avec AstraZeneca. Mais le sujet, c'est d'accélérer la production et c'est ce à quoi on s'emploie maintenant.

13:37
Invité

Pourtant, il reste une critique contre la Commission européenne, le manque de transparence sur les contrats signés avec les laboratoires. Écoutez ce qu'en dit Manon Oubry, députée européenne de la France insoumise. C'était lors de l'audition d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne au Parlement européen, la semaine dernière. Écoutez. C'est l'opacité à tous les étages. Aucune information sur les négociations malgré les demandes de notre Parlement. Seulement trois contrats rendus publics grâce à notre pression citoyenne. Et voilà à quoi il ressemble pour ceux qui ne l'ont pas vu.

Toutes les informations les plus importantes, comme le prix, le calendrier de livraison ou même le détail des clauses de responsabilité sont masquées. Le groupe des Verts au Parlement européen va envoyer la Commission européenne devant la Cour de justice pour l'absence de transparence sur les contrats. Est-ce que c'est justifié ?

14:27
Christine Pirès Beaune

Je veux d'abord dire que nulle part ailleurs qu'en Europe, il y a ce type de débat et l'accès des députés européens notamment aux contrats. Donc tant mieux, l'Europe est plus transparente qu'ailleurs.

14:36
Invité

Pour ceux qui nous écoutent à la radio, tout est bifé.

14:40
Christine Pirès Beaune

D'abord, la transparence qui a commencé à faire, on va l'améliorer, elle est la demande de la France. C'est nous qui avons demandé, Agnès Pannier-Runacher et moi en particulier, que l'on voit les contrats. Les députés européens peuvent aller regarder trois contrats et progressivement les autres vont être disponibles. Mais la version

14:55
Présentateur

quand on voit les eurodéputés, elle est vierge de tout ? Ce sont les vrais contrats ou c'est la feuille que vient de brandir Manon Aubry ? Non, alors là,

15:01
Christine Pirès Beaune

je pense qu'il y a un peu de mise en scène, il y a un certain nombre de mentions, moi je ne les ai pas vues puisque je ne suis pas député européen, il y a un certain nombre de mentions qui sont rayées parce qu'il y a aussi des secrets industriels, des choses qui sont normales de ne pas mettre dans la nature.

15:12
Invité

Il n'y a même pas le prix, il n'y a rien, il n'y a même pas les quantités.

15:15
Christine Pirès Beaune

J'y viens, si il y a les prix, il y a les quantités mais est-ce qu'on peut améliorer la transparence ? Venons-en au débat de fond, oui. Je souhaite que tous les contrats puissent être en accès et peut-être qu'on regarde s'il y a plus d'informations qui peuvent être rendues disponibles notamment aux députés européens, moi je me félicite que toutes les sensibilités politiques du Parlement européen puissent avoir accès à ces contrats et qu'on leur donne accès à plus de contenu de ces contrats, de tous les contrats. Il y a un autre point.

15:37
Invité

Vous dites que vous, vous ne les avez pas vus les contrats, Agnès Pannier-Runacher les a vus, est-ce que quelqu'un au gouvernement français a vu ces contrats ?

15:43
Christine Pirès Beaune

Il y a une discussion, oui mais les choses sont très encadrées, c'est normal aussi, il y a une task force pour les vaccins en France qui est en relation avec la Commission européenne et dans ce cadre-là, les personnes qui ont à en connaître pour garantir nos intérêts financiers, sanitaires, le voient évidemment et notamment les autorités de santé. Personnellement, mais nous avons accès à cette information autant qu'elle est nécessaire. Il y a un point qui est très important.

16:05
Présentateur

Qu'est-ce qu'il y a si secret sur ces contrats pour qu'on n'ait pas le droit de les voir ? Vous voyez le formidable accélérateur de complots que ça peut constituer des contrats ? C'est l'argent des contribuables européens

16:15
Christine Pirès Beaune

ces contrats-là. Je fais une proposition parce que vous mettriez les centaines et milliers de pages de tous les contrats sur cette table, honnêtement, ni vous, ni moi, ni avec tout le respect

16:24
Présentateur

que je dois à un parlementaire. On a bien fait voter les Français sur la Constitution européenne qui faisait des centaines de pages, tout le monde s'est passionné. Faisons confiance à l'intelligence collective pour qu'on se passionne

16:32
Christine Pirès Beaune

aussi sur les vaccins. Mais bien sûr, mais je dis qu'il y a aussi et c'est parfois produit en Europe, c'est même très, très majoritairement produit en Europe. Il faut protéger aussi un certain nombre de secrets industriels. C'est la loi qui le prévoit dans beaucoup de cas. Mais je souhaite qu'on aille plus loin dans la transparence. D'abord, tous les contrats, plus d'informations et je souhaite qu'il y ait une mission indépendante, par exemple la Cour des comptes ou la Cour des comptes européenne, qui puisse regarder avec les autorités sanitaires, sur le plan financier, sur le plan scientifique, si les contrats protègent bien nos intérêts.

Je pense qu'il n'y a aucun complot à voir, mais vous avez raison, levons les doutes. Et donc, cette mission indépendante me paraît une bonne garantie. Pourquoi ? Parce que là, vous aurez des scientifiques, des personnes qui sont habituées, qui diront objectivement à tout le monde, au Parlement, aux citoyens, eh bien, je pense qu'en comparaison avec d'autres contrats internationaux, en comparaison avec des contrats précédents, nous avons ou pas bien défendu nos intérêts. Voilà. Je crois que c'est le plus pragmatique, essentiel. En tout cas, nous sommes pour la transparence.

Et je rappelle que c'est la France qui en premier a publié, mois par mois pour elle-même et maintenant, les autres pays européens y viennent, par exemple, les livraisons de doses partout sur le territoire. Vous pensez qu'Emmanuel Macron les a lus, ses contrats ? Je ne sais pas, honnêtement, s'il les a lus, mais je peux vous dire qu'il a eu des échanges plusieurs fois par semaine avec la présidente de la Commission, non pas sur la négociation... Qui, elle, les a lus ? Qui, elle, est en charge. Alors, j'essaie de comprendre qui a pu les lire, à part la task force qui les a négociés. Mais il y a une équipe de négociation qui est axée au contrat.

La présidente de la Commission, je peux vous dire si personnellement, elle a lu les milliers de pages, mais elle en est responsable devant le Parlement européen et donc, elle a une équipe qui lui rend compte et j'espère qu'elle regarde, oui, évidemment, les prix, les délais de livraison. D'ailleurs, c'est très utile la transparence, vous avez raison, parce que quand AstraZeneca a dit on doit vous livrer uniquement à partir des sites européens, nous avons publié le contrat et il était écrit qu'on devait être livré aussi depuis les sites de production britanniques. Parfois, la transparence,

18:12
Présentateur

ça permet de rétablir certains faits. Je suis inconvaincu de la transparence et nous nous battons pour. 8h51, le fil info, Mélanie Delaunay.

18:20
Invité

Pas de fermeture, échelonnée depuis ce matin dans les écoles de Dunkerque et des cours en partie à distance au collège. Face à la progression du variant britannique du Covid, 80% des cas positifs. D'après le maire qui réclamait des vacances anticipées, le port du masque devient obligatoire partout dans la communauté urbaine. Le variant anglais qui pousse l'Italie a prolongé la fermeture de ses stations de ski. Les remontées mécaniques ne rouvriront pas avant le 5 mars au mieux. La famille d'un jeune homme de 21 ans à l'origine du mouvement Me Too Gay sur Twitter et qui a mis fin à ses jours la semaine dernière annonce ce matin saisir la justice.

Ce jeune homme avait accusé de viol publiquement un élu communiste. La Ligue 1 de football Nantes renoue avec la victoire à Angers. Aucun but entre Lille et Brest, le LOSC toujours premier du championnat mais il ne compte plus qu'un point d'avance sur le Paris Saint-Germain. France Info

19:10
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

19:15
Invité

Toujours avec Clément Beaune le secrétaire d'État chargé des affaires européennes. Alors cette crise a révélé nos carences notamment dans le domaine de la production de médicaments en France. A ce sujet Bruno Rotaillot le patron des sénateurs Les Républicains vous fait une proposition. Écoutez. Ce que je propose c'est qu'avec l'Europe pas seulement avec la France on puisse relocaliser des médicaments et que dans les appels d'offres des hôpitaux mais aussi pour nos pharmacies on se met d'accord avec les labos et bien la sécurité sociale ne rembourse que ce type de médicaments européens en France ou en Europe.

L'argent de la sécurité sociale c'est les cotisations des français et bien ça doit aller ou à la production française ou européenne. C'était donc dans Dimanche en politique sur France 3 que la sécurité sociale ne rembourse que les médicaments français ou européens ça permettrait de retrouver une souveraineté nationale dans ce domaine ?

20:03
Christine Pirès Beaune

Je me félicite d'abord que Bruno Rotaillot soutienne aussi la souveraineté européenne puisqu'il y produit en France et en Europe c'est assez nouveau mais honnêtement cette proposition-là ce n'est pas très sérieux parce que 80% des principes actifs parfois élémentaires du paracétamol je le regrette mais c'est un fait aujourd'hui sont produits en dehors de l'Europe. C'est parce qu'il est plus cher

20:20
Présentateur

à la sécu aujourd'hui

20:21
Christine Pirès Beaune

du paracétamol. Non d'accord mais c'est vrai aussi pour beaucoup de principes d'antibiotiques ou de médicaments assez quotidiens et essentiels surtout. Est-ce qu'on va dire aux Français là tout de suite on vous donne plus d'accès plus de remboursement pour ces médicaments ? Je crois que ça ne serait pas protecteur moi je veux qu'on soigne les gens la réindustrialisation ça se fait prendre un claquement de doigts nous l'avons engagé quand les équipes les amis de M.

Retailleau étaient au pouvoir sur les 15 dernières années on a divisé par deux la production de médicaments en Europe elle est allée en Chine et en Inde maintenant il faut relocaliser mais on relocalise d'abord et on ne fait pas payer la facture du décrochage industriel aux Français aujourd'hui en les soignant moins bien ou plus cher je crois qu'il faut être sérieux mais la relocalisation française et donc européenne tant mieux si M.

Retailleau s'y rallie faisons-la c'est ce qu'on fait par exemple dans le cadre du plan de relance avec des appels à projets très concrets pour que des start-up des biothèques des grands laboratoires on le fait même déjà pour ce vaccin je rappelle que les trois premiers vaccins tout est produit en Europe tout est produit en Europe pour accélérer cette relocalisation industrielle

21:16
Présentateur

nous sommes 7 mois après la décision des 27 pays sur le plan de relance européen les 750 milliards d'euros qui doivent servir à relancer la machine pendant cette épidémie les députés européens ont donné leur feuvet à ce plan il y a quelques jours il faut maintenant que l'ensemble des parlements à l'exception d'une poignée dont la France qui l'ont déjà voté le fasse quand l'argent arrivera dans les pays concernés très concrètement moi je me bats pour que ce soit dès le mois de mai c'est ce qu'on peut viser aujourd'hui le plus ambitieux vous pensez qu'en 3 mois on peut faire voter les 25 parlements

21:44
Christine Pirès Beaune

d'abord vous avez raison de le dire parfois c'est frustrant je suis le premier à le dire on va pas assez vite en Europe mais on a quand même construit ce plan de relance en 3 mois on l'a négocié c'est la démocratie avec le parlement européen ensuite jusqu'à la fin de l'année il y avait un blocage de 2 pays qui disaient moi je veux pas de l'état de droit la Hongrie et la Pologne surmonter en quelques semaines et maintenant vous avez raison c'est la démocratie aussi c'est compliqué en Europe mais c'est la beauté de notre système politique et démocratique les parlements nationaux doivent ratifier dernière étape ce plan de relance parfois même les parlements régionaux absolument ça dépend des pays on respecte cette démocratie organisée dans chaque pays comme on l'entend et donc d'habitude ça prend 2 ans là je crois qu'on va le faire en 4 ou 5 mois la France a été dans les tout premiers le 5ème pays à le faire la semaine dernière donc on accélère là dessus premier élément après faut pas qu'on reperde du temps dans des procédures bureaucratiques bruxelloises pour évaluer en détail chaque plan de relance faisons-le en parallèle et donc on peut être prêt dès le mois de mai si chacun fait un effort pour accélérer

22:38
Invité

là vous êtes ultra optimiste parce qu'on fait quoi si un pays comme la Hongrie ou la Pologne bloque c'est-à-dire ne réunit même pas son parlement

22:44
Christine Pirès Beaune

écoutez c'est possible mais je ne crois pas que ça arrivera pourquoi ?

parce qu'on a eu ce débat 2 fois à 27 à l'unanimité y compris avec la Hongrie et la Pologne on a trouvé un accord politique je rappelle aussi que la Hongrie et la Pologne sont parmi les premiers bénéficiaires du plan de relance donc je pense qu'ils verront aussi leur intérêt chacun va prendre ses responsabilités et je crois qu'on peut y arriver c'est un combat encore à mener d'ici le mois de mai d'ici la fin du printemps pour avoir les premiers fonds je dis un dernier mot parce que c'est très important pour nos citoyens qui disent on est impatient on a raison il faut relancer il y a un plan de relance français 100 milliards d'euros il y a déjà plus de 10 milliards d'euros qui ont été dépensés il a commencé avant la fin de l'année 2020 c'était très important notamment pour l'emploi des jeunes pour l'apprentissage la rénovation thermique etc c'est dans ces 100 milliards il y aura il y aura c'est sûr plus de 40 milliards d'euros qui viendra de l'Europe et donc d'ores et déjà ce plan de relance européen en fait il produit ses effets parce que sans cette garantie nous n'aurions pas pu avoir un plan de relance aussi fort et aussi rapide en France donc allons vite mais d'ores et déjà il y a un effet économique de cette relance européenne

23:43
Présentateur

un mot Clément Boune je ne sais pas si vous avez eu le temps de regarder jeudi dernier la confrontation télévisée entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen c'est le cas ? oui est-ce que vous trouvez que Gérald Darmanin a eu raison de dire que Marine Le Pen est trop molle sur les questions d'islamisme est-ce que vous auriez dit la même chose ?

23:58
Christine Pirès Beaune

moi je ne crois pas que Marine Le Pen soit trop molle je la combat politiquement et Gérald Darmanin le fait aussi tous les jours de manière justement républicaine je crois que c'était une forme de de boutade en quelque sorte pour provoquer le débat pas de surenchère ?

non pas de surenchère pas de surenchère ça j'en suis sûr en tout cas ça n'est clairement pas la position du gouvernement ça n'est pas le contenu du projet de loi que défend Gérald Darmanin avec Marlène Schiappa et Éric Dupond-Maurici en ce moment au Parlement et je crois que la réponse à Marine Le Pen c'est d'être des républicains je ne crois pas que le Rassemblement National soit un parti républicain sur l'islam sur l'islamisme sur l'immigration sur le terrorisme ils entretiennent l'amalgame la division la confusion et d'ailleurs ils ne font aucune proposition à part on ferme tout ce qui n'est pas sérieux

24:39
Présentateur

je ne pense pas que ça apporte un peu de confusion d'expliquer que Marine Le Pen est trop molle sur ce sujet-là sous-entendu vous êtes plus dure qu'elle

24:46
Christine Pirès Beaune

non mais ce n'était pas honnêtement le coeur du débat on a vu tout ce que Gérald Darmanin a dit il a dit plusieurs fois qu'il était d'accord avec elle Marine Le Pen a dit qu'elle aurait pu signer à quelques erreurs près le livre de Gérald Darmanin je ne crois pas que Marine Le Pen soit trop molle ou laxiste je crois qu'on doit la combattre parce qu'elle n'est pas efficace et qu'elle raconte des sornettes et démontrait Gérald Darmanin dans le débat c'est l'essentiel moi je ne me concentre pas sur un mot et on l'a vu tout au long du débat qu'il y avait d'un côté quelqu'un qui se battait qui était sérieux qui connaissait les chiffres et qui agissait et de l'autre quelqu'un qui divisait et qui faisait semblant d'être apaisé pour mieux cacher un projet politique qui est un projet très dur de division et surtout d'inefficacité

25:28
Invité

une dernière question une élection de Marine Le Pen en 2022 c'est possible selon vous ?

25:32
Christine Pirès Beaune

c'est toujours possible dans une démocratie mais il faut donc se battre c'est pas une question de crainte il faut se battre par le débat comme ça a été fait jeudi dernier par le combat politique par des mesures qui répondent aux problèmes des français mais en étant européen en étant républicain en étant efficace c'est pas des délires sur l'immigration zéro sur l'amalgame entre immigration et terrorisme qui nous feront avancer donc combattons parce que le risque existe toujours dans une démocratie l'histoire nous le montre Clément Beaune merci et bonne journée à vous merci à vous