Crise des carburants : "La CGT est irresponsable", juge le RN Jean-Philippe Tanguy
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme. Comment qualifiez-vous ce matin l'attitude de la CGT qui maintient la grève alors que les syndicats majoritaires chez Total Energy ont signé un accord hier ?
Eh bien écoutez, je pense que la CGT, ou en tout cas au moins la Fédération de la Chimie, est irresponsable parce qu'en fait elle donne paradoxalement des arguments à ses adversaires. Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est que, comme souvent d'ailleurs dans les grèves sur le transport, elle fragilise, elle paralyse beaucoup de salariés, des millions de salariés qui ont des grandes difficultés, des familles qui n'ont pas le temps à perdre dans des queues pareilles.
Et alors que je pense qu'il y a une grande demande de négociation salariale, de hausse des salaires, de hausse du pouvoir d'achat dans le pays, qui aurait pu créer en fait un climat de solidarité entre les salariés, les employés, ça a un risque de fracture et d'énervement et d'affaiblissement de la solidarité nationale.
C'est quand même ce que demande la CGT, effectivement. Pardon ? C'est quand même ce que demande la CGT, des négociations salariales.
Oui, mais quelle demande ? Vous savez, Marine Le Pen, d'ailleurs, ça lui a été reconnu, a mis la question du pouvoir d'achat au cœur du débat politique depuis maintenant plus d'un an. Et nous, on a proposé notamment des mesures pour encourager les entreprises à faire des négociations salariales. C'est la proposition que si toute une entreprise augmente de 10% l'ensemble des salaires, cette hausse de salaire serait sans charge. Donc, on a totalement conscience de ça.
Je pense que la CGT qui fait des choix, alors après elle est libre de les faire, mais je pense qu'elle fait une erreur de diagnostic sur la société française et prend le risque de la fracturer, de l'affaiblir, alors qu'un élan de solidarité permettrait, à mon avis, de négocier des vrais gains sur le pouvoir d'achat. Et en fait, c'est quoi la question ? C'est la reconnaissance du travail. Parce que la question que portent les revendications salarielles, c'est est-ce que quand une entreprise fait plusieurs milliards de bénéfices, il faut partager le fruit de ces bénéfices ? Et nous, on soutient évidemment le fait qu'il faille partager le fruit du travail des salariés.
Mais pour FO, c'est la fin de la grève. Alors ce matin, est-ce que vous voyez plutôt un essoufflement syndical ou au contraire un durcissement de la grève avec la CGT ? Il y a en prévision de la journée de mardi, la grève nationale.
Je ne vais pas prétendre savoir les arcanes de qu'est-ce que représente chaque fédération sur chaque site industriel.
Vous parlez tout à l'heure, à l'instant même, du diagnostic de la société. Quel est le diagnostic que vous faites de la société ? Est-ce qu'effectivement, ce mouvement pourrait s'étendre ?
Oui, oui, bien sûr. Ça, c'est sûr qu'il pourrait s'étendre. Il y a de très fortes revendications salariales dans le pays. Et il est vrai, les derniers chiffres qu'on a, il y a deux points d'écart entre le niveau de l'inflation et ce qu'on appelle les salaires réels. Donc, il y a une vraie perte de pouvoir d'achat des Français. Alors que parallèlement, il y a des records, déjà en 2021, des records de dividendes, des records de rachat d'actions, des records de bénéfices. Et la majorité des Français, de bonne foi, quelle que soit d'ailleurs leur étiquette politique, ne comprenne pas pourquoi cette valeur ajoutée n'est pas partagée dans le pays.
Après, moi, je pense que le gouvernement, une fois de plus, est complètement à la ramasse de ce qui se passe en France. Il ne comprend pas.
C'est-à-dire, en quoi le gouvernement est-il responsable, dans ce cas précis, des salaires d'une boîte privée comme Total Energy ?
Parce que Total n'est pas une boîte comme les autres. Pour deux raisons. Déjà, Total et SoExxonMobil, ils sont responsables de l'approvisionnement en carburant du pays. Il n'y a pas des dizaines, des centaines de sites. Il y a six sites, sept sites, je ne sais plus, pardon. C'est un total, les deux et sous. Il doit y avoir une maîtrise et une surveillance d'un secteur aussi stratégique. On le voit bien, le carburant, c'est l'essence, c'est comme le sang de l'économie. Alors, on peut le critiquer après, mais aujourd'hui, c'est le sang de l'économie. Donc, le ministre des Transports, le ministre de l'Énergie, doit avoir une surveillance permanente du climat social.
Et le problème de tout ça, c'est qu'après 5 ans de Macronis, on nous avait promis, et on aurait pu d'ailleurs le saluer ça, une démocratie moderne, des méthodes de discussion innovantes, une inspiration suédoise. Et la société française est fracturée comme jamais. Et on le voit bien, la réaction du président de la République, c'est « ce n'est pas mon affaire », et quand il s'en charge, c'est toujours mettre de l'huile sur le feu. Donc, on a aussi, en France, et ce gouvernement est particulièrement responsable depuis la crise des Gilets jaunes, une tendance à toujours aller à la fracture, au conflit, au clash.
Emmanuel Macron pense qu'il faut toujours briser, qu'il y ait un gagnant et un perdant. Et pour les questions salarielles, pour les questions sociales, c'est une grande difficulté.
Du coup, vu ce que vous dites, vous vous dites qu'on est au commencement, aux prémices d'un nouveau mouvement, du type Gilets jaunes. Vous y alliez jusque-là, ce matin ?
Je n'aurais pas cette prétention, parce que vous savez, les Gilets jaunes, moi, à l'époque, j'étais à Debout la France, on avait senti un problème sur le carburant, mais je n'avais pas senti un mouvement social aussi fort. Donc moi, je regarde tout ça avec beaucoup d'humilité. Ce qui est certain, c'est qu'il faut remettre la question des salaires, et la question du mérite, au centre de la société française.
C'était la question qu'avaient porté les Gilets jaunes, parce qu'avant d'être un mouvement qui, malheureusement, avait pu dériver vers des formes de violence qui l'ont séparé du reste de la société française, l'alliance qui avait eu objectif entre les salariés modestes, les classes moyennes, les retraités, avait un message central qui était il faut pouvoir vivre de son travail. C'est une aspiration simple et légitime de tous les citoyens, et je pense qu'Emmanuel Macron n'a jamais réussi à y répondre.
Pour les Gilets jaunes, c'était moins une question de mérite qu'une question de prix de l'essence pour les personnes qui habitaient en extra-périphérie.
C'est vrai, mais il y avait aussi...
Et l'augmentation de la vitesse sur l'autoroute.
Oui, mais il y avait aussi au début... Souvenez-vous de la question des retraites, parce qu'il y avait à l'époque la haute de la CGL, et du manière générale, parce que c'est quoi la voiture ? Ce n'est pas se faire plaisir et faire un tour. C'est un outil de travail, et c'est ce qui lie le foyer, la famille, avec le monde du travail. Donc ça renvoie toujours au fait à qu'est-ce que je dois faire comme sacrifice pour vivre de mon travail. Et d'ailleurs, en ce moment, il y a aussi une préoccupation qui traverse la société française. C'est la question de l'assistanat.
La question qui peut être parfois injuste, parce qu'aujourd'hui, les salariés sont dans de telles difficultés que parfois aussi, ils considèrent que d'autres ne font pas assez d'efforts. Alors c'est vrai qu'il y a des gens qui fraudent et qui font et qui abusent, mais il y a aussi beaucoup de gens, moi je vois dans la Somme, qui est une zone industrielle, où il n'y a toujours pas d'emploi. Donc c'est pour ça que je suis assez inquiet de la fracturation sociale de la société et il faut y trouver des solutions car il ne faut jamais que les salariés, les employés, les classes moyennes entre elles se divisent. Se diviser, c'est renforcer Macron.
Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National, vous êtes aussi membre de la Commission des Finances. Comment réagirez-vous dans quelques jours si le gouvernement devait faire passer le projet de loi de finances par un 49-3 ?
Écoutez, ce sera l'aveu de faiblesse et un aveu de minorité.
Mais vous déposerez une nuisance de censure ou pas ?
Oui, on déposerez une nuisance de censure, ça c'est certain. Mais ce sera aussi un aveu de faiblesse parce que ce gouvernement, maintenant depuis les législatives et vous voyez souvent à France Inter, je vous écoute quotidiennement, le gouvernement prétend dialoguer. Bon, dialoguer avec toutes les forces politiques et dialoguer, bon, faire des compromis puisqu'ils sont en minorité. La réalité, c'est qu'ils n'ont fait aucun compromis avec aucune force politique. Alors on peut comprendre qu'ils ne fassent pas de compromis forcément avec le Rassemblement National qui est la force d'opposition la plus ferme idéologiquement à Emmanuel Macron.
Enfin, vous êtes une des oppositions. La NUP dit la même chose que vous. Les insoumis, les socialistes.
Peut-être, mais on peut imaginer M. Macron venant du socialisme et les LR ayant régulièrement envoyé des signes, notamment pour le budget de cet été, de capacité à négocier tout et n'importe quoi, qu'ils auraient pu trouver un compromis. Bon, et même ça, ils ne l'ont pas fait. Donc on a une situation où on vote chaque jour des amendements parce qu'on a aussi quand même de belles victoires pour l'intérêt général. Hier, par exemple, une hausse sur proposition de Marine Le Pen et après, il y a eu un compromis avec M. Lefebvre de Renaissance sur une hausse du crédit d'impôt pour les familles, pardon, l'accueil des enfants. Donc c'est comme une hausse de 50% pour l'aide à la garde d'enfants.
Mais plus on passe des amendements, plus il faut un 49-3, ils vont devoir annuler des décisions. Avec le 49-3, les amendements s'annulent. Alors, ils font ce qu'ils veulent. Soit ils les annulent, soit ils en récupèrent.
Ils ont annoncé qu'ils allaient les annuler.
Voilà. Mais ce qu'il veut dire par là, c'est que les décisions quand même de parlement souverain, de la représentation nationale, vont être annulées. Alors que s'ils avaient fait le 49-3, puisque tout le monde en parle, a priori, au début de la discussion, ils auraient au moins ne pas annuler des décisions démocratiques.
Jean-Philippe Tanguy, je reviens sur la motion de censure. Les socialistes, les écologistes, les communistes et une partie même des insoumis ne voteront pas les motions de censure du Rassemblement National. Est-ce que ça vaut encore le coup d'en déposer ou pas, du coup, une motion de censure ?
Oui, madame Bécard, parce qu'il y a deux objectifs. Déjà, c'est affirmer une ligne politique. La motion de censure est l'occasion au Parlement d'affirmer politiquement le Parlement. C'est aussi, comment dire, avoir une parole. Donc à chaque fois
qu'il y aura un 49-3, à chaque fois, vous déposerez une motion de censure ?
Ça dépend du 49-3, si c'est sur un texte qui n'est pas vital. Enfin, ça m'étonnerait qu'ils le fassent puisqu'ils en ont un par an autorisé en dehors du budget ou du PLFSS. Mais au-delà de ça, nous, par contre, on ne s'interdit rien. Parce que la grande force du Rassemblement National, c'est sa liberté des postures politiques. Nous avons un électorat qui veut des résultats. Donc nous, on attend de voir ce que font les oppositions. On déposera une motion de censure s'il y a un 49-3 sur le budget, la retraite d'ailleurs aussi, qui viendra après. Et on ne s'interdit rien par rapport aux motions qui pourraient signer, qui pourraient déposer l'opposition. Ça dépend aussi.
Vous vous confirmez que vous voterez de la NUP ?
Non, je ne confirme pas parce que ce serait se mettre dans leurs mains. Or, elles vont avoir un texte et une parole. Vous l'avez dit cette semaine pourtant ? Non, on a dit qu'on ne s'interdisait pas de le faire.
Marine Le Pen a été plus claire que ça ?
Sur la retraite, oui. Mais sur le budget, on ne s'interdit pas. Mais je vais vous dire, madame Eckersen, si on dit a priori que oui, on va voter quoi qu'il en soit, que ce soit la décision de la NUPES ou d'autres groupes politiques, ça veut dire que quelle que soit la rédaction et l'axe politique qu'ils choisissent, on est dépendant d'eux. Non, donc nous on dit on ne s'interdit rien mais après, toutes les forces politiques doivent prendre leurs responsabilités. Mais vous savez, le sectarisme, parce que la question budgétaire et la question de la motion de censure, c'est lié aussi au sectarisme des autres forces politiques.
En fait, l'ERN, paradoxalement, par rapport à ce qu'on peut entendre, est le seul parti et la force politique qui a compris la nouvelle configuration démocratique de l'Assemblée. On sait que même si on ne partage pas les opinions évidemment de la NUPES ou même de LR ou des centristes, il faut parfois savoir négocier s'allier pour avoir des victoires d'intérêt général. Je reprends l'exemple du crédit d'impôt pour les femmes. Ce n'est quand même pas un enjeu de guerre civile de se fâcher sur le crédit d'impôt pour la garde d'enfants. C'est quand même bien qu'on arrive à s'entendre. C'est ce qu'a fait le modem aussi sur la surtaxation des surdividants. Qui a fait passer son amendement
effectivement. Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme, l'actualité à l'étranger. Si la Russie devait utiliser l'arme nucléaire tactique contre l'Ukraine, la France ne riposterait pas avec l'arme nucléaire ce qu'a dit Emmanuel Macron cette semaine. A-t-il eu raison de le préciser ainsi ?
Bien sûr, personne ne veut entrer en guerre nucléaire avec la Russie. Mais vous souscrivez à cette doctrine ou pas ? Je trouve étrange d'affirmer une doctrine. Normalement, généralement, le consensus politique depuis De Gaulle mais même au-delà dans les autres puissances nucléaires, c'est justement que la dissuasion est efficace parce qu'on ne sort pas de l'ambiguïté. Donc il a trop parlé ? Je pense qu'il a trop parlé.
Et alors, en cas d'attaque nucléaire malgré tout de la Russie puisqu'on en entend de plus en plus parler, est-ce que la réponse devrait être française ou est-ce qu'elle viendra de l'OTAN ?
Écoutez, moi je dois dire que je trouve qu'envisager une attaque nucléaire montre que...
Que la menace est présente ?
Oui, la menace est présente. Mais si vous voulez, je trouve qu'on parle plus de la possibilité qui paraît absolument...
Vous n'y croyez pas ?
Je n'y crois pas. Vous savez, moi je regarde tout ça avec beaucoup d'humilité et je ne me permettrai pas de croire ou ne pas croire dans une chose aussi terrible.
Ce que je veux dire, c'est qu'on parle beaucoup de cette possibilité et je trouve qu'on ne parle pas assez et il faut dire que Emmanuel Macron en a parlé et ça pour le coup c'est très bien, de revenir à comment on renoue le dialogue, comment on arrive à un cessez-le-feu, comment on arrive à une conférence de paix, comment aussi l'Europe reprend le contrôle de l'avenir de son propre continent et que les négociations, les contacts, même s'ils sont informels, même s'ils ne sont pas officiels, ne soient pas délégués à des puissances, à des dictatures comme la Turquie, enfin un régime autoritaire comme la Turquie pardon et une dictature comme la Chine.
Puisqu'on parle de régime dur, est-ce qu'aujourd'hui vous considérez au Rassemblement National Vladimir Poutine comme un criminel de guerre ?
Criminel de guerre, c'est à l'ONU et c'est à la justice internationale de le décider. Pourquoi moi ? Évidemment, quand je vois les témoignages sur les atrocités de la guerre visiblement commise par les Russes en Ukraine, évidemment on est solidaires du peuple ukrainien mais la responsabilité des forces politiques c'est de permettre une fois plus d'un cessez-le-feu. Si vous accusez, c'est facile, moi sur un plateau télé, c'est bien de dire que, enfin c'est aisé de dire que Vladimir Poutine est un criminel de guerre mais c'est à la justice. En même temps, on a l'impression
que vous avez du mal à le dire quand même.
Non, pas du tout parce que c'est à la justice, pas du tout. Je n'ai sincèrement aucun respect pour ce qu'a fait Vladimir Poutine en Ukraine, loin de là et je n'ai même pas de considération particulière pour le régime russe depuis le début de mon engagement politique mais ce que je veux dire par là, c'est que c'est à la justice internationale d'établir les faits parce que sinon on ne s'en sortira jamais. Le but de tout ça c'est d'évidemment arriver à cesser le feu en Ukraine, d'arriver à la paix.
Or, si vous désignez le dirigeant d'une des forces belligérantes tout de suite comme un criminel de guerre en tant que force politique, en tant que chef d'état, vous en faites vous gênez la paix pour des raisons morales qui paradoxalement peuvent gêner l'objectif commun qui est la morale. Or, vous savez, il y a eu plusieurs conflits récemment, notamment en Irak, en Libye où le fait que les dirigeants de régime soient été démis, soit été mis devant la justice, soit été tués peut compliquer maintenant l'arrivée à la paix parce que ces régimes savent que s'ils perdent, ils perdent tout.
Et donc, ils peuvent prendre des décisions extrêmement graves, extrêmement irrationnelles mettant en péril la vie de milliers voire des dizaines de milliers de personnes. C'est pour ça qu'on est contre une position radicale morale. C'est pour arriver le plus facilement possible à la paix.
Alors, Vladimir Poutine a assez étonnamment proposé cette semaine, jeudi, au président Erdogan de créer un hub gazier en Turquie pour pouvoir exporter du gaz russe vers l'Europe. Si ce hub gazier venait effectivement à être mis en place, est-ce que la France devrait y recourir ?
Non, je ne pense pas a priori, parce que ce serait se mettre dans la main de deux puissances hostiles. La Russie, jusqu'à présent, n'avait pas d'hostilité particulière envers la France, mais la Turquie, elle, oui. Elle s'est montrée à plusieurs reprises extrêmement agressive et jouant en néfaste en Méditerranée. Ce qu'il faut, c'est recouvrer notre souveraineté énergétique. C'est pour ça qu'il faut faire un plan d'urgence sur le nucléaire et aussi un plan d'urgence sur l'hydrogène. Marine Le Pen était la première à parler d'hydrogène dès 2005.
Or, si on développait le plus rapidement possible un peu d'hydrogène et aussi le biogaz, dans ma région, la Picardie, qui est une région agricole, on pourrait développer beaucoup plus rapidement le biogaz, qui est du méthane, comme le gaz russe, et on pourrait se substituer. Moi, ce que je trouve regrettable, c'est que la stratégie européenne et française depuis 20 ans, sans doute, ne pouvait-il pas imaginer la situation, moi je suis plus juste qu'à notre égard, ne pouvait pas imaginer cette situation de dépendance et de guerre. Il faut que l'Europe soit le plus autonome, autonome possible.
Et nous avons des ressources qui peuvent nous permettre d'atteindre cette autonomie et en plus, de faire la transition énergétique. Parce que le grand paradoxe de cette période qui parle de transition énergétique, c'est qu'en fait, l'autonomie souveraine, la transition énergétique et même les pouvoirs d'achat des citoyens vont dans le même sens.
On va changer de sujet, Jean-Philippe Tanguy, parce que le temps file. Aujourd'hui, le ministre de l'Éducation nationale, Papendia, il va remettre le prix Samuel Paty à des collégiens pour leurs travaux sur leur liberté d'expression. Avez-vous confiance en cette jeune génération pour se réapproprier cette liberté de ton face au fanatisme religieux ?
Oui, moi j'ai confiance parce qu'il faut avoir confiance dans le travail des enseignants, dans la force des valeurs qu'ils défendent, que défendait Samuel Paty, que nous défendons tous. La laïcité, la liberté de penser, c'est vraiment des valeurs françaises. Mais c'est vrai qu'elles sont fragiles, elles sont attaquées. Il faut bien dire, depuis les caricatures danoises de Mahomet, la France, et d'ailleurs, il faut le dire, le service public, je m'envoie là-dedans, est un des rares pays qui défend encore la liberté de caricaturer, la liberté d'expression. Il faut le dire, dans les autres pays du monde, beaucoup ont abandonné, beaucoup ont baissé la garde.
Il n'y a plus beaucoup de Charlie en dehors de la France.
Vous l'êtes, vous, Charlie, toujours ?
Oui, moi j'ai toujours été. Et vous allez rendre hommage
au professeur ? Et vous allez rendre hommage à Samuel Paty ?
Je pense qu'on va rendre hommage, je ne sais pas sous quelle forme, mais il faut rendre hommage à Samuel Paty. Ce qui est bien, c'est qu'on ne l'oublie pas, mais je n'oublie pas aussi ce qui a amené ce terrible attentat, la stratégie, si je peux dire, du pas de vague, l'abandon, la solitude dans laquelle se trouvent beaucoup d'enseignants qui veulent défendre ses valeurs.
Et on l'entendait dans le journal de 8 ans, l'agite propre organisée aujourd'hui par Éric Zemmour.
Je n'ai pas entendu le détail, je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il a fait. Ce qu'il va faire. Mais ce n'est pas très grave. Ce qui compte, c'est que défendre nos enseignants, ne rien lâcher, notamment l'enseignement de l'histoire, de la littérature, des arts. Il faut réaffirmer la civilisation française comme une belle civilisation fondée sur la raison, fondée sur l'émancipation et fondée sur la liberté. La liberté, effectivement, est une valeur fragile. À l'échelle du monde, il n'y a pas beaucoup de civilisations qui l'ont mise et qui l'ont célébrée autant que nous.
Et il faut vraiment en être fier et continuer à le faire et protéger des réseaux sociaux parce que moi qui suis maintenant sur TikTok, je vois des jeunes, je vois des vidéos, je suis atterré. Donc, il faut vraiment multiplier et ne laisser aucun domaine où on laisse diffuser des idéologies néfastes et dangereuses. Parce que quand on voit des jeunes...
Il y a des complotismes sur les réseaux sociaux qui sont de fervent soutien du Rassemblement national.
Je ne suis pas sûr parce que ce n'est pas nous qui contrôlons ces raisons. On a un bécard. C'est les Etats-Unis ou la Chine en l'occurrence. Mais c'est très grave ce qu'on voit sur les réseaux. Il ne faut pas le négliger parce que quand vous êtes jeune et que vous voyez des témoignages de gens qui racontent n'importe quoi, qui vous font croire que la burqa, c'est la liberté, effectivement, il y a du boulot.
Merci Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme et membre de la Commission des Finances. Merci à vous.
Bonne journée, beau week-end. Bonne journée à vous.
Jean-Philippe Tanguy