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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 27 juin 2018 31 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsJusticeSolidarités & familleEurope & international

Simone Veil au Panthéon - C à Vous - 27/06/2018

Source d'origine 7 locuteurs

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:24InvitéChiffre
    « En France, il n'y a eu qu'un quart de la population des Juifs en France qui a été déportée. Mais sur 76 500 déportés, il y a 2500, 2700 personnes qui sont rentrées. »
  • 12:58InvitéChiffre
    « On a tué 350 000 ou 400 000 Juifs hongrois en 6 semaines. »
  • 17:20Locuteur 2Chiffre
    « Pour 284 contre 189 l'Assemblée nationale a adopté le vote de la loi Veil qui porte son nom. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 225 %
  • Invité 323 %
  • Invité 47 %
  • Présentateur6 %
  • Locuteur 76 %

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0:00
Invité

Le 5 juillet 2017, la France rendait un dernier hommage à Simone Veil, grande figure de son histoire, disparue dans sa 90e année. Maman que j'aime, le hasard de la naissance, ou plutôt la fortune, m'avait accordé le privilège d'être le Benjamin de tes trois fils. Celui qui pouvait espérer rester le plus tardivement sur tes genoux, mon fauteuil préféré. Mais les circonstances en ont décidé autrement. Et tu es devenue, en un peu plus de 40 ans, la mère de tant de Françaises et de Français qui t'ont choisi, j'allais dire adoptée, pour seconde mère. Alors, au fil des années, nous avons appris à te partager, avec des proches et des moins proches, et même des inconnus, des millions d'inconnus.

Les mots et l'émotion de Pierre-François et de Jean Veil, les deux fils de Simone Veil, ceux aussi de ses petits-enfants, qui, dans un documentaire exceptionnel, ont accepté de tourner une à une les pages de l'album familial de la famille Jacob, puis de la famille Veil, des photos privées, des documents rares, une plongée dans l'intimité et le destin bouleversant de celle qui sera dimanche la cinquième femme à faire son entrée au Panthéon, aux côtés de son mari, Antoine Veil, pour en parler ce soir, ses fils, Jean et Pierre-François Veil. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir. Merci à tous les deux de votre présence ce soir.

À l'occasion du documentaire qui va être diffusé sur France 3 dans un peu plus d'une heure, c'est un documentaire qui raconte une vie, une vie bouleversante, celle de votre mère, qui a commencé à Nice en 1927, son année de naissance. Simone Jacob, son nom de jeune fille. Vous avez confié des photos magnifiques, extraites des albums de famille, des clichés privés, jamais dévoilés jusque là, parce que vous acceptez, à la veille de son entrée au Panthéon, que votre mère vous échappe, que vous en soyez en quelque sorte dépossédée ? Oui, que nos deux parents rentrent au Panthéon, c'est le feu, mais c'est quand même un tout petit peu compliqué à vivre au quotidien.

Et donc, voilà, on accompagne ce... Mais on ne fait qu'accompagner cet événement et partager entre l'amour qui est le nôtre pour nos parents, l'admiration que nous avons pour chacun des deux, et en même temps, l'arrachement que cela constitue, un espèce de deuxième arrachement, ça a d'abord été le derme, là c'est l'épiderme. Et donc, voilà, au contraire, l'épiderme. Vous le disiez, Pierre-François, il a fallu très tôt accepter de partager votre mère avec des millions d'inconnus qui l'ont adopté, qui en ont fait une seconde. Oui, on l'a trouvée comme ça. Et en même temps que...

Chaque fois qu'on la partageait par des gens qui, entre guillemets, adhéraient comme ça à elle, devenaient spontanément... C'était pour nous une telle reconnaissance que... Ce n'est qu'aujourd'hui que c'est peut-être plus difficile. Ça a été évidemment un peu compliqué, on était toujours un petit peu agacés quand les gens reconnaissaient maman, quand les gens l'interpellaient. Mais en même temps, il le faisait toujours avec énormément de gentillesse, avec énormément de tendresse, avec énormément d'affection.

Aujourd'hui, on voit bien que toutes ces manifestations, souvent à l'égard des gens un peu connus, elles se traduisent de façon beaucoup plus violente, beaucoup plus agressante, sinon agressive. Ce n'était pas le cas à l'époque. Mais avec maman, les gens étaient vraiment extraordinairement gentils, attentifs... Reconnaissants, respectueux. Et respectueux. Et même si ça nous agacait un petit peu, parce qu'on avait parfois envie de marcher deux mètres derrière pour être un peu tranquille, c'était tout de même extraordinairement émouvant. Sur ces photos, on découvre Simone Veil, enfant, au caractère déjà bien trempé, qui boudait lorsqu'elle n'était pas sur les genoux de sa mère.

Moi, je la comprends. Vous racontez ce rapport fusionnel qui... Oui, je crois que la mère de maman était... Regardez cette photo. On la voit boudée. Notre grand-mère était très, très belle. Maman n'était pas mal. Et maman était dans un rapport fusionnel, comme nous-mêmes, nous avons été dans un rapport fusionnel avec elle. Ah bon ? Oui. Enfin, je t'ai laissé la place parce que je suis un type sympa, mais bon... Une petite fille puis une jeune fille élevée dans une famille juive, très attachée aux valeurs républicaines et à la laïcité. Simone Veil le confia. Elle aurait oublié qu'elle était issue d'une famille juive s'il n'y avait pas eu la guerre. Oui, je crois que c'est vrai.

Elle raconte dans une vie que des cousines d'Italie sont venues passer un week-end ou quelques jours à Nice chez ses parents et que le soir, mon grand-père a demandé ce qu'ils avaient fait dans la journée. Les cousines ont dit, nous sommes allés à la synagogue. Et mon grand-père les a abroués en disant, écoutez, ce n'est pas compliqué. La prochaine fois, vous ne viendrez plus si ça se renouvelle. Nous-mêmes, nous avons été à peu près dans la même situation. Parce que moi, je suis rentré pour la première fois de ma vie dans une synagogue. J'avais 37 ans. Donc, ce n'était pas un lieu...

Je connaissais mieux les prières ou les rites dans les églises parce que j'avais accompagné mes copains, ceux qui se mariaient, ceux qui perdaient leurs parents. Tandis que dans les synagogues, je n'étais jamais rentré. Depuis, je me suis un tout petit peu rattrapé. La guerre, en 1940, Simone Veil a 13 ans, mais elle sent instinctivement le danger. J'ai eu très peur. J'avais peur déjà avant la guerre. Et puis, à partir de 1940, au fond, j'ai toujours eu peur d'être arrêtée. Toujours eu peur de ce qui pouvait survenir. Et je me disais, nous ne passerons pas à travers les mailles du filet.

Elle s'est très vivement opposée à son père, qui était très respectueux des lois, des règles, même iniques, lorsqu'il a accepté, avec sa famille, de se faire recenser comme juif. Ça a dû se produire dans beaucoup de familles. D'abord, la France avait connu en 1940 quelque chose qu'elle n'avait jamais connu. En six semaines, le pays qui était supposé disposer de la... Enfin, la première armée du monde avait été balayée, absolument balayée. Le pays s'était effondré et il s'était regroupé autour de ce vieillard qui était Pétain, en considérant qu'il était, on l'a chanté, entre guillemets, le sauveur de la France.

Pour tous les anciens combattants, en plus, Pétain, c'était celui qui avait gagné la guerre et c'était celui qui avait protégé les soldats. Et puis, les générations anciennes, eh bien, elles respectent la loi. Les jeunes sont toujours plus interrogatifs, plus dynamiques. Et maman se révolte. Mais, encore une fois... Elle sentait le danger. Enfin, se révolte. Ou en tout cas, manifeste... Son désaccord. Son désaccord. Mais ça a été dans beaucoup de familles. Vous voyez cette distinction générationnelle qui s'est manifestée à ce moment-là. Elle est arrêtée le 30 mars 1944. Elle venait de passer le bac. Elle fêtait avec des amis la fin des épreuves.

Elle est déportée avec sa mère Yvonne et sa sœur Milou le 13 avril 1944 par le 71e convoi. Avec elle, 1500 autres Juifs. À son arrivée à Birkenau, c'est un mensonge sur son âge, puis sa beauté. Qui vont la sauver ? Oui. Sur la rampe, les nazis ont organisé le tri des enfants, des vieillards, de ceux qui peuvent travailler, de ceux qui ne peuvent pas. Et quelqu'un glisse à l'oreille de maman, lui demande son âge, elle répond 16 ans, et qui lui glisse à l'oreille, dit que tu as 18 ans. Elle dit qu'elle a 18 ans et ainsi elle ne monte pas dans les camions qui l'auraient conduite à la chambre à gaz. Voilà.

Et puis, quelques semaines plus tard, une femme capot, ou chef des capots, lui dit, tu es trop belle et trop jeune pour mourir ici. je vais te trouver un commando à l'extérieur de Birkenau, dans lequel ce sera plus facile de vivre. Maman lui dit, il n'est pas question que je parte d'ici sans ma mère et ma soeur. donc c'est toutes les trois ou rien et la capot cède à cette pression. Et les trois partent effectivement dans un commando à l'extérieur de Birkenau, un commando qui s'appelle Bobrec, où on travaille un peu moins. Pour Simas, on mange un peu moins mal, ou un tout petit peu plus. Et donc, elle survive grâce à ça.

Simone va être pendant toute la durée de la déportation un rempart pour sa mère et sa soeur adorées. Elle expliquait qu'elle était peut-être plus dure. Nous avons marché, je ne sais pas, plus de 24 heures, en nous reposant simplement une fois quelques heures dans une bristerie désaffectée. Et là aussi, il fallait avoir le courage, si c'est un courage ou un égoïsme, de ne pas chercher à sauver les autres. Moi, j'ai le souvenir à un moment, en marchant, d'avoir senti quelqu'un qui s'accrochait à moi. Et d'ailleurs, d'être si fatiguée, si épuisée, de ne pas m'en défaire, enfin, de supporter ce poids.

Et d'entendre quelqu'un derrière moi décrocher cette personne et dire, mais en s'accrochant comme ça, ce sont les deux qui tombent. La déportation, elle ne vous en parlait pas, sauf quand vous lui posiez des questions. Maman ne mentait jamais, dites-vous. Et beaucoup de Français ont découvert son passé des déportés en septembre 76 à l'occasion d'un film qui lui a été consacré.

10:56
Locuteur 3

Très douée. Vous avez une certaine technique.

10:59
Invité

J'ai fait ça, vous savez. J'ai fait ça. Non, c'est pas ça. J'ai fait ça en déportation. Alors, je fais ça très bien. J'ai une excellente... C'était mon métier. Ce dont on n'a pas tellement parlé, ce sont les odeurs, cette espèce d'odeur fétide qui est faite à la fois de la pourriture, de la boue qu'il y a dans le camp et puis à Birkenau de la proximité des crématoires qui fait que, par exemple, dans ce mois de mai 1944, où tant de Hongrois sont arrivés dans le camp, sont arrivés mais ne sont jamais entrés parce qu'ils ont été immédiatement gazés et brûlés, on vivait dans l'odeur de brûlés, enfin, perpétuellement. Ces récits, vous les avez entendus également ? Oui. Tout le temps.

Tout le temps. Tout le temps. Je crois qu'il y a vraiment une spécificité à tout ça qu'il ne faut jamais oublier. Les survivants, ils n'auraient pas dû revenir. Ils n'auraient pas être là. En France, il n'y a eu qu'un quart de la population des Juifs en France qui a été déportée. Mais sur 76 500 déportés, il y a 2500, 2700 personnes qui sont rentrées. Moins de 3000. Il faut calculer le pourcentage. Mais enfin, dans les Pays-Bas, personne. En Ukraine, quasiment personne. En Biélorussie, quasiment personne.

Et ce que raconte maman, et c'est pour ça qu'elle le racontait tout le temps, elle en avait été, c'est le martyr des Juifs hongrois qui, paradoxalement, jusqu'en mars 1944, avaient été relativement protégés par le gouvernement hongrois et qui, en 6 semaines, ont été décimés. On a tué 350 000 ou 400 000 Juifs hongrois en 6 semaines. Et la particularité, c'est que les convois arrivaient, convoi après convoi, 10 000 personnes par 10 000 personnes et que tout le monde passait à la chambre à gaz. Le camp était plein. Il n'était pas question que les gens rentrent dedans, sauf quelques-uns exceptionnellement. Et c'est ça, la particularité de la Shoah.

Ce n'est pas la dureté du camp de Birganar, ce n'est pas la dureté des marges de la mort. Bien sûr que c'est épouvantable. La spécificité, c'est qu'on ne rentrait pas dans le camp. C'est qu'une sélection faisait que 1 500 personnes arrivaient et le soir, il en restait 50. Les 1 450 autres étaient passés par la cheminée. C'est ça qu'il ne faut absolument jamais oublier. Et c'est en pensant à ça et à ces convois de Hongrie que maman racontait ça. Alors, il se trouve, qu'il y a ce fameux album d'Auschwitz avec ces photos où on voit un recueil de photos qui a été retrouvé par hasard dans la valise d'un SS.

Et on retrouve ces photos incroyables parce que les Allemands ne voulaient laisser aucune trace. On voit des enfants et des familles attendent presque paisiblement. Il y a des photos extraordinairement célèbres où on voit des gens qui attendent d'abord qui arrivent du train puis qui attendent et il y a tout un con. Mais c'est ça la chose qu'il faut raconter toujours. C'est précisément cette absence de camp. Et qu'elle a raconté jusqu'à la fin de sa vie.

14:30
Présentateur

Les Français ont découvert Simone Veil en 74-75 quand elle devient ministre de Jacques Chirac et de Valéry Giscard d'Estaing. On va y revenir. Mais ce qui est passionnant dans le documentaire d'Ukdansi, c'est qu'on découvre la Simone Veil d'avant Simone Veil en quelque sorte. Comment elle est arrivée à ce poste aussi exposé. On découvre à quel point elle a forcé les portes. Comment elle a été la première femme à défranchir.

Parce qu'avant d'être la première femme ministre de plein exercice sous la Ve République, la deuxième seulement depuis la libération après Germaine Poinceau-Chapu en 1947, avant de devenir la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature nommée par le président Pompidou, elle est la première ou l'une des premières à pénétrer place Vendôme, jeune substitut auprès du ministre Edmond Michelet, puis membre du cabinet de René Pleven, l'auteur de la loi Pleven qui s'applique encore aujourd'hui, qui a pénalisé le racisme et l'antisémitisme. Et c'est sous les ors du ministère de la Justice qu'on la voit en 1970 faire l'une de ses premières télévisions.

15:29
Invité

Alors que le général de Gaulle quitte le pouvoir en 1969, des deux veilles, c'est finalement Simone qui va peu à peu entrer dans la lumière. C'est la question que je pose à Mme Veil qui est magistrat et qui est conseiller technique au cabinet de M. Pleven, garde des Sceaux. De plus en plus, la femme a pris une part prépondérante dans l'éducation des enfants et elle ne laisse plus son mari s'occuper seule et régler seule un certain nombre de questions qui concernent aussi bien la maison que surtout là, ce qui nous intéresse aujourd'hui, les rapports des parents et des enfants.

16:01
Présentateur

Vous avez vu, on dit magistrat. Magistrat.

16:04
Invité

C'est non pas magistrat.

16:05
Présentateur

Au moment où elle parle, il y a à peu près 40% et pas magistrate. Ah oui, on ne va pas ouvrir la controverse. Mais au moment où elle part, il y a seulement à peu près 40% de françaises seulement qui travaillent et encore moins évidemment dans les milieux bourgeois. Ensuite, première femme, c'était l'année d'après à être nommée membre du conseil d'administration de l'ORTF. La suite est évidemment plus connue mais c'est ainsi que Simone Veil va entrer dans l'histoire avec ce combat et cette loi de dépénalisation de l'avortement.

16:33
Invité

Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme. Je m'excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d'hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame.

16:49
Locuteur 3

C'est toujours un drame. Cela restera toujours un drame.

17:01
Locuteur 5

Si dans l'ensemble le débat fut d'une très haute tenue elle dut faire face à des phrases comme celle-ci je cite « Vous ouvrez le commerce de la mort c'est le retour du nazisme ou encore voulez-vous envoyer des enfants au four crématoire ? »

17:20
Locuteur 2

Pour 284 contre 189 l'Assemblée nationale a adopté le vote

17:34
Présentateur

de la loi Veil qui porte son nom proclamé par Edgar Ford on a vu les applaudissements de la gauche cette terrible campagne de haine qui n'a pas prospéré parce que Simone Veil est devenue très vite populaire même la ministre préférée la plus populaire est-ce qu'on peut dire qu'elle a été sauvée en quelque sorte par sa popularité ?

17:57
Invité

La loi la haine n'a pas prospéré parce que contrairement par exemple contrairement à ce que tout le monde attendait le débat a été plutôt plus facile au Sénat qu'à l'Assemblée nationale et parce que au Sénat les sénateurs qui sont a priori considérés comme un milieu plus conservateur plus traditionnel étaient beaucoup plus ancrés dans le pays et ont senti le besoin qu'il y avait dans le pays non pas pardon d'une libération de la femme mais tout simplement de mettre fin à des centaines de milliers de drames humains tous les ans c'était seulement ça c'était d'abord ça le sujet et par conséquent tout de suite le les sénateurs l'ont senti parce que c'était une réalité et donc cette réalité elle s'est effectivement traduite dans l'opinion par le regard que les alors là les françaises d'abord mais aussi ensuite les français conduits par leurs épouses ou leurs filles ou leur mère ont porté sur maman oui je crois que très rapidement l'opinion c'est c'est ligué contre contre certains politiques contre certains discours qui ont choqué à ce moment-là très très très fortement et beaucoup de gens ont à ce moment-là adhéré au texte voilà je pense que ça s'est passé finalement assez bien il me semble que maman avait négocié sur le plan politique pour que cette affaire ce texte soit voté notamment en évitant de choquer par le remboursement de la sécurité sociale en votant un texte qui était un texte voté pour 5 ans de telle sorte que ça donnait du temps au temps

19:59
Présentateur

un texte qui était prudent qui disait que l'avortement serait un ultime recours

20:03
Invité

je pense que maman avait un sens politique qui était fort et qu'elle a géré les choses sans provocation un texte qui était fait je crois que c'était essentiel un texte qui était fait non pas pour prendre une posture mais pour passer pour changer les choses Marion alors petite elle prenait souvent le parti de sa mère face à votre père c'est là nous aussi vous aussi mais nous parlons d'elle c'est là dans l'enfance au sein du foyer qu'elle construit nourrit ce féminisme qu'on évoque à l'instant un féminisme qui s'est exprimé à travers ses combats mais aussi tout au long de sa vie quotidienne elle a ainsi toujours voulu travailler Antoine votre père ne voulait pas qu'elle devienne avocate pour plusieurs raisons ils ont trouvé un compromis elle sera magistrat magistrate quand elle ouvre un compte en banque elle s'indigne qu'on lui demande l'autorisation de son mari au ministère elle n'hésite pas à recadrer sévèrement ses conseillers regarder écouter il est question de fonction maternelle et ça ne moufte pas si ce sont des conseillers techniques tant mieux alors c'est pas la peine mettons les seuls et prendons les décisions et c'est justement un problème fondamental de savoir comment on considère la fonction maternelle si on considère que la fonction maternelle est une fonction comme beaucoup d'autres comme celle d'aller planter les choux il faut le dire et on ne dit pas qu'on fait un petit familial et je vous le dis chaque fois qu'on veut faire quelque chose il y a des fonctionnaires qui sont là pour lui dire c'est pas ça qu'il faut faire c'est exactement comme ça que ça se passe alors qu'on se heurte dans ce pays à des lobbies dans le ministère je n'ai pas du tout le sentiment je suis peut-être contestée sur les choix que je fais ou sur le fait que je ne suis pas toujours facile ou que je m'emporte je ne pense pas être contestée sur le plan de l'autorité non effectivement alors chez elle en revanche Simone Veil reste la maîtresse de maison les deux rôles ne sont pas incompatibles elle continue de servir le thé toujours impeccablement mise regardez

22:14
Locuteur 3

étonnantes images

22:18
Invité

d'éveil dans leur maison de Normandie

22:20
Locuteur 3

le temps d'un week-end

22:26
Invité

Simone troque ses habits de ministre pour ceux d'une maîtresse de maison exemplaire et d'une épouse attentionnée mais les apparences sont souvent trompeuses et malgré ses images d'une famille traditionnelle Antoine Veil a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur impressionné par l'intelligence tactique et l'efficacité de Simone Antoine a compris instinctivement que des deux c'était elle la plus politique et qu'il devait renoncer à ses propres ambitions électorales Simone se battra en vain pour que son mari relégué lors des dîners officiels ait le droit d'être au même rang que les épouses des ministres vous diriez qu'Antoine votre père a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur il s'est effacé il a accepté il a même accepté qu'on l'appelle monsieur Simone Veil oui non ça c'est une plaisanterie mais je pense qu'effectivement papa était dans une situation où il considérait que maman était en train de réussir il l'a beaucoup poussé à accepter la proposition de Valéry Giscard d'Estaing et de Jacques Chirac et ensuite l'ayant poussé il a été je dirais solidaire à la fois solidaire mais surtout cohérent ah oui et finalement extraordinairement fière c'est ce qu'on ressent dans ce documentaire extraordinairement fière de maman qu'il appelait toutes ces dernières années la patronne quand on parlait d'elle il disait la patronne voilà donc oui c'était un couple assez extraordinaire et nous nous sommes nous en avons largement profité et qui sous un père qui sous un vernis classique finalement était très féministe et ce jusqu'au bout un mot encore sur la mère qu'elle était comme elle avec sa maman vous vous disputez ses faveurs étant enfant être assis à côté d'elle à table la rejoindre dans son lit le matin ça c'est lui alors c'est lui et pas lui puisque Pierre-François vous racontez que c'est votre moment privilégié de Benjamin mais que Jean trouve toujours le moyen même quand il a quitté l'appartement de la place Vauban de passer de rappliquer et Jean votre père quand il cherche à joindre votre mère au téléphone le matin est ivre de rage quand il tombe sur vous à la maison il a mis un téléphone dans sa chambre alors il faut bien que quelqu'un décroche donc vous voyez nous décrochions le téléphone nous savions d'ailleurs que c'était papa qui allait être là nous n'étions pas mécontents de le faire un peu bisqué en étant en n'ayant pas pris sa place mais en étant là et alors il répondait généralement je ne comprends pas que vous soyez là alors que moi-même je ne savais pas où était la chambre de mes parents si j'étais enfant et c'est ensemble qu'ils entreront au Panthéon dimanche

25:10
Locuteur 7

ce sera à partir de 10h45 environ la cérémonie commencera dans la matinée donc au mémorial de la Shoah dans le 4ème arrondissement c'est là que se trouveront les cercueils de Simone et Antoine Veil ils y auront été exposés pendant deux jours après-demain vendredi et samedi c'est de ce mémorial que partira le cortège une quinzaine de motards en escorte direction la place Edmond Rostand en bas de la rue Soufflot premier arrêt les cercueils seront alors recouverts du drapeau français et des décorations du couple il sera alors 11h et débutera la montée vers le Panthéon montée à pied des gardes républicains porteront les cercueils rue Soufflot recouverte pour l'occasion d'un tapis bleu couleur choisie parce qu'elle symbolise la paix l'entente entre les peuples et l'Europe explication donnée par l'Elysée moment particulièrement solennel et émouvant rythmé par les notes et les paroles de cette chanson

25:54
Locuteur 4

Nuit et brouillard

26:09
Locuteur 7

de Jean Ferrat chanson qui évoque les victimes des camps de concentration et d'extermination arrivée alors au pied du Panthéon second arrêt pour le discours d'Emmanuel Macron et une marseillaise qui sera chantée par Barbara Hendricks et le chœur de l'armée française viendra ensuite l'entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon escortée par vous par leur famille par le chef de l'Etat et par sa femme le public pourra alors leur rendre un dernier hommage en fin de journée de 16h à 22h c'est le lendemain lundi que les deux cercueils seront descendus dans la crypte du Panthéon caveau numéro 6 celui d'André Malraux de Jean Monnet l'un des pères de l'Europe celui de deux grands résistants également Jean Moulin et Pierre Brossolette à leur côté aussi une plaque qui rend hommage au juste parmi les nations ces personnes qui ont sauvé des juifs pendant la seconde guerre mondiale vos parents à côté de Malraux à côté de Monnet à côté de Jean Moulin qu'est-ce que cela représente pour vous

27:01
Invité

Jean Veil d'abord je voudrais dire que Pierre Brossolette n'est pas dans ce caveau là c'est Jean Monnet qui y est et nous avons pensé que et René Cassin le quatrième c'est René Cassin René Cassin et Jean Monnet que compte tenu du la trajectoire de maman ces quatre personnes qui j'allais dire vivent ensemble déjà représentait représentait des aspects tout à fait communs avec nos parents en ce qui concerne l'Europe René Cassin et là je parle de Jean Monnet en ce qui concerne René Cassin le droit et en ce qui concerne Jean Moulin et André Malraux la résistance évidemment encore que je considère que je pense que Pierre-François aussi considérons que la situation des déportés ratio n'est pas du tout la même que celle des déportés résistants les uns sont des héros sont revenus dans une situation qui était un accueil formidable de la part de la nation reconnaissante c'est le cas de Jean Moulin c'est le cas d'André Malraux c'est le cas d'un certain nombre de résistants la situation des juifs était totalement différente par pudeur on les appelait à l'époque les déportés politiques en réalité c'était déportés ratio les tziganes les juifs dont on était on peut dire qu'on était un peu gênés de les revoir d'une certaine manière on les accueillait bien entendu mais un certain nombre de gens dans la nation avaient un peu honte de ce qui s'était passé donc la situation est totalement différente et c'est l'occasion de dire des choses sur ce sujet là les déportés résistants ils sont la flamme de la France donc en 1945 la France elle a besoin de se reconstruire une virginité le général de Gaulle a eu raison en 19...

enfin ça donne raison au général de Gaulle en 1940 d'avoir dès le premier jour de s'être battu pour l'autonomie et l'indépendance de la France résistante et évidemment c'est la France combattante les résistants qui reviennent ils accompagnent ce combat héroïque de la France qui doit se replacer aux côtés des... aux côtés des...

aux côtés des vainqueurs des vainqueurs et il faut du reste de ce point de vue là tirer un coup de chapeau au général de Gaulle qui fait qu'en 1947 ou 1948 après la conférence de San Francisco de mémoire à la création des Nations Unies la France a un siège permanent au Conseil de sécurité à côté de l'URSS de la Grande-Bretagne des Etats-Unis et de la Chine c'est-à-dire du côté des vainqueurs ce qui est tout de même pas totalement évident le retour des déportés raciaux c'est exactement l'inverse les déportés raciaux ils ont été arrêtés par les Allemands mais la plupart du temps par la police française la rafle du Veldiv elle a été commise par la police française les rafles en zone sud avant l'occupation de la zone sud par les Allemands c'est-à-dire avant d'abord 1942 c'est-à-dire la rafle du 26 août 1942 elle a été commise par la police française la gendarmerie française sur ordre des autorités de Vichy par conséquent ça c'est la honte de la France et par conséquent ça on n'a pas du tout le même regard là-dessus et effectivement on n'a pas très envie de le regarder c'est tout à fait évident par ailleurs par ailleurs les victimes elles n'ont plus une seule envie c'est de regarder devant et de sortir de cet enfer Simone Veil album de famille c'est un documentaire à voir absolument il est remarquable il est diffusé ce soir à 20h50 sur France 3 on salue le travail du réalisateur Huguen Nancy et celui d'Hélène Zinc la documentaliste qui a fait un travail absolument remarquable de documentation et qui travaillait à cet avou mais on peut le regarder avec les adolescents avec voilà et puis évidemment la cérémonie d'entrée au panthéon de Simone Veil sera à suivre à partir de 10h dimanche sur France 2 vous restez avec nous c'est l'heure du 5 sur 5 de Maxime Sweetock