Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 décembre 2025 19 min

Les obsèques de Brigitte Bardot et la situation de Brandt... Le "8h30 franceinfo" de Richard Ramos

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Richard Ramos. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Beaucoup de sujets à voir avec vous. Le plan Grandfroid, la question de la reprise de Brandt. Je rappelle que vous êtes député du Loiret. Le budget bien sûr. Mais avant cela, les hommages et les obsèques de Brigitte Bardot qui auront lieu le 7 janvier à Saint-Tropez. Et ces questions autour d'un hommage national. Certains le demandent. On pense à Éric Ciotti. Certains le refusent. On pense aux socialistes. Et vous, qu'en pensez-vous ? Faut-il un hommage national à Brigitte Bardot ?

0:40
Richard Ramos

En tout cas, moi, je ne le souhaite pas. Brigitte Bardot, finalement, j'ai envie de dire, c'est l'icône de la presse papier. C'est-à-dire celle que mes enfants regardent les réseaux sociaux, mais ils ne regardent plus aujourd'hui la presse papier. C'est-à-dire le passé, vraiment la nostalgie du passé. Et c'est aussi quelqu'un qui a traité nos amis de la réunion de dégénéré. Et donc, c'est quelqu'un qui était devenu raciste. Et donc, je ne pense pas à quelqu'un qui a été condamné cinq fois. On peut faire un hommage national. Alors, on peut regarder les années 60. On peut penser que c'était la liberté de la femme. On a toute cette image de Brigitte Bardot sur l'Arlé d'Avinson.

Mais finalement, je pense que...

1:16
Présentateur

Ça a été aussi un symbole de la France à l'étranger quand même, Brigitte Bardot. Et puis, on pourrait se dire, bon, dans cette période d'hommage, peut-être oublions ce qui a pu ternir un...

1:27
Richard Ramos

On oublie des gens qui ont traité de dégénérer nos Français de la ville de la réunion. Mais c'est la question qu'on pose. Moi, pour moi, c'est non.

1:34
Invité

Vous pensez que le mythe est effacé derrière des propos racistes ?

1:37
Richard Ramos

Oui, mais moi, je préfère d'ailleurs la Brigitte Bardot dans la défense des animaux. C'est-à-dire que finalement, elle a gagné beaucoup d'argent avec ses films. Et puis après, elle a eu une autre vie. Elle s'est rapprochée des animaux. J'aime cette Brigitte Bardot-là. Donc, pas d'hommage national. Mais pour moi, pas d'hommage national. Je pense que... Et puis, cette nostalgie, vous savez, tous ceux qui fabriquent des dictatures, ils commencent par mieux aimer le passé que le présent et le futur.

2:00
Invité

Donc, vous dites que c'est le symbole de l'extrême droite. C'est ça que vous nous dites. C'est une forme de symbole extrême droite et nostalgique.

2:04
Richard Ramos

Mais ce n'est pas que ça. Ce n'est pas que ça. Mais c'est aussi ça. Et donc, je pense que quelqu'un qui a été condamné cinq fois, notamment qui a eu des propos racistes, on ne peut pas faire un hommage national. On peut la respecter. Notre rétroviseur, c'était mieux avant, avec les années 60, ces années folles. Mais je pense qu'on ne peut pas faire un hommage national.

2:23
Présentateur

Quand je vous écoute, vous nous dites, bon, en gros, elle était raciste. C'est un symbole de la nostalgie et du passé. Elle ne mérite pas un hommage national. C'est quand même dur, ce que vous dites.

2:34
Richard Ramos

Il ne reste que ça de Brigitte Bardot ? Non, non. Mais je vous le dis, pour les gens bien âgés, c'est les années 60. Donc, c'est la nostalgie des années 60. On achète des vêtements sur Vinted. On achète des objets usagés. Elle fait partie de cette nostalgie du passé. Et moi, je le respecte, ça. Je n'ai pas de soucis. La libération de la femme, peut-être dans sa sexualité, pour certaines. D'autres vous diront que c'était, au contraire, des publicités où on se servait de la femme pour des regards des hommes. Et donc, je respecte tout, mais pas un hommage national. On peut faire un hommage national à ceux qui maraudent en ce moment parce qu'il y a des gens qui crèvent de froid.

On peut faire un hommage national à ceux qui vous avaient entendu sur votre antenne ce matin, une dame qui dit je suis obligé d'aller me prostituer chez des hommes parce qu'ils ont un logement. Et tous ceux qui vont les aider dans la rue, on peut faire un hommage national à ceux qui sont des maraudes. Mais Brigitte Bardot, elle n'est pas un tout. Elle est plus complexe que ça. Et une partie de sa vie, je pense, on ne peut pas rendre à lui. On ne doit pas célébrer des personnalités complexes. Si, mais on peut les célébrer de façon populaire. Johnny Hallyday était un homme populaire. Johnny Hallyday, il a permis à des gens... Il n'a pas eu d'hommage national. C'était un hommage populaire.

C'était un hommage populaire. C'est ce que je veux dire. Donc, un hommage populaire à Brigitte Bardot, bien sûr, bien évidemment. Vous ne la mettez plus sur ce registre-là. Évidemment. Mais quelque chose de national, ça veut dire célébré par la République. C'est ça que ça veut dire. Par le président de la République. Par quelque chose d'officiel. Est-ce qu'on met quelque chose d'officiel à quelqu'un qui a été condamné cinq fois pour racisme ? Alors évidemment, quand quelqu'un est mort, normalement, je devrais dire à l'antenne c'était merveilleux, c'était la nostalgie, etc. Je ne le pense pas. Je pense qu'il faut un hommage populaire, mais pas un hommage officiel.

4:11
Présentateur

Est-ce qu'Emmanuel Macron doit s'associer à cet hommage, qu'il soit national, si ça devait être le cas, ou en tout cas, si c'était le cas d'un hommage national, évidemment qu'il serait associé puisque c'est lui qui le décide, ou même un hommage populaire, comme avec Johnny à l'époque ?

4:24
Richard Ramos

Quand quelqu'un meurt en France, on a besoin, les politiques, d'aller le célébrer parce qu'on veut faire partie de ce moment particulier et comme ça, on croit que ça va nous servir. Il le fait s'il a envie à titre personnel. Je n'ai pas de sujet, mais pas au nom de la République par quelque chose qui est officiel.

4:40
Invité

Alors vous parliez à l'instant de l'hommage que vous, vous vouliez rendre à ceux qui maraudent. On sait que le plan Grand-Froid a été activé en Ile-de-France depuis dimanche soir, que les températures sont très basses, que des Français dorment dehors. Est-ce que l'État a été à la hauteur depuis le début de cet épisode de Grand-Froid qui traverse le pays ?

4:58
Richard Ramos

Non, l'État n'est pas à la hauteur. Qu'est-ce qu'il manque ? J'avais 20 ans, je créais des maraudes à Blois et je faisais pendant des années le barbecue pendant les fêtes de Noël dans la rue à Blois pour les sans-abri. J'ai commencé, j'avais 18 ans. Vous vous rappelez le discours de M. Macron, notre président de la République ? C'était à Orléans qu'il n'y aurait plus une personne dans la rue. C'était le début 2017. C'était à Orléans, c'était chez moi. Moi, je n'ai jamais oublié les maraudes. J'en ai fait pendant 20 ans. Je n'arrive plus à en faire parce que c'est trop dur pour moi. J'ai une sensibilité qui m'avait pu le faire.

5:27
Invité

Où est-ce que l'État a failli ?

5:28
Richard Ramos

Parce qu'on ne met pas l'argent en bon endroit parce qu'il faut construire aujourd'hui des logements pour les gens qui sont dans la rue. Est-ce qu'on ne peut pas prendre un peu de notre richesse nationale pour faire en sorte que dans ce pays-là, il n'y ait pas des gens qui dorment dans la rue par grand froid ? Est-ce que vous croyez que ce n'est pas possible ?

5:46
Présentateur

Moi, je crois que oui. Richard Ramos, justement, vous parliez d'Emmanuel Macron, de cette déclaration à Orléans. On l'a, pour que nos auditeurs, nos téléspectateurs s'en souviennent. On va écouter Emmanuel Macron. Donc, c'était en 2017.

5:56
Invité

La première bataille, c'est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus. C'est une question de dignité. C'est une question d'humanité et d'efficacité, là aussi.

6:14
Présentateur

Vous entendez que ce soit quand même incompréhensible quand un président dit en 2017, d'ici la fin de l'année, et nous sommes en 2025, et il manque encore des places d'hébergement.

6:25
Richard Ramos

Oui, c'est incompréhensible et puis c'est notre échec. Et je me mets dedans. Moi, je pense qu'à un moment donné, on sera balayés. On sera balayés, nous, comme députés de la Macronie parce qu'on n'aura pas répondu aux enjeux. On n'aura pas fait de la politique autrement. On n'aura pas tenu les promesses qui étaient les promesses présidentielles. Est-ce qu'il n'a rien fait

6:42
Présentateur

sur cette question du mal-logement à Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il faut être si dur que ça ?

6:46
Richard Ramos

Moi, je le suis parce que... Mais je pense qu'il était honnête quand il le disait. Je ne lui fais pas le reproche en 2017 de ne pas croire ce qu'il dit. Mais c'est quoi ?

6:54
Invité

C'est de la démagogie ?

6:55
Richard Ramos

Parce qu'on est rattrapé par l'isolement dans les palais de la République, par des conseillers qui vous mettent des problèmes qui ne sont pas des problèmes des quotidiens des Français. Vous êtes happé par l'international. Et donc, vous n'avez plus ce contact au réel, ce contact au réel à ces gens qui sont fragilisés.

7:15
Invité

Mais vous pensez qu'il a perdu ça, Emmanuel Macron ? Est-ce qu'on voit, à travers cette vague de grand froid aujourd'hui, c'est aussi le résultat d'une forme d'isolement ? C'est ce que vous dites ?

7:22
Richard Ramos

Oui, bien sûr. Moi, je pense qu'il a perdu ça et parce que c'est conseillé aujourd'hui l'isole du peuple français. Et je pense que l'échec d'Emmanuel Macron, c'est quelque chose qui aurait dû être viscéral. Emmanuel Macron est un président très intelligent, cérébral. Mais pour pouvoir comprendre la misère...

7:39
Invité

Vous avez été dingue, quand même.

7:40
Richard Ramos

Oui, mais pour pouvoir comprendre la misère, il faut quelque chose de viscéral. quelque chose qui est de l'ordre de l'émotion. Et je pense qu'il a perdu cette émotion.

7:49
Présentateur

Alors, je ne suis pas l'avocat d'Emmanuel Macron, mais en l'espèce, aujourd'hui, il est président. Mais il y a aussi des ministres, des premiers ministres qui se sont succédés, des ministres qui ont eu la charge de ce dossier. Et pourtant, rien n'a été fait. est-ce que très concrètement, ou en tout cas, pas suffisamment, est-ce que très concrètement, vous comprenez ce qu'il faudrait faire ? Est-ce que tout se joue dans les places d'hébergement ? Est-ce que c'est aussi parfois pas des accompagnements psychologiques d'un certain nombre de sans-abri qui ne veulent pas, qui ont peur d'aller dans les centres d'hébergement ? Non, mais c'est très compliqué.

8:24
Richard Ramos

Vous savez... Ce n'est pas si simple que les places d'hébergement. Souvent, les gens dans la rue vous disaient un soleil pour une pièce. Pour une pièce, ils n'allaient pas dans les centres d'hébergement parce qu'ils avaient des gens qui allaient les raqueter. C'est-à-dire que tous ceux qui arrivaient dans des centres d'hébergement, on avait le caïd qui les avait sur place pour aller les raqueter. Il y a des gens qui ont leurs chiens et ils ne sont pas pris dans les centres d'hébergement. Et donc, c'est une politique globale mais il faut une volonté farouche d'y arriver.

Et je pense qu'on est passé à côté de ça et je pense qu'il faut, sur cette promesse présidentielle, je pense qu'il faut faire quelque chose immédiatement

9:00
Invité

que le président le saisisse. Quand on voit les ministres de la Santé et des Solidarités se succéder au prix et sur l'autel d'une instabilité politique réclamée par certains, vous dites à qui la faute ?

9:11
Richard Ramos

Mais à nous les politiques, mais je me mets dedans, je ne veux pas m'exclure de cette affaire-là. Vous croyez qu'on a du pouvoir nous au Parlement ? On a l'impression de temps en temps que c'est de la chamaillerie perpétuelle. Alors ce n'est pas ce que veulent les Français. Les ministres, finalement, c'est les équilibres politiques. Qui est-ce qui nomme les ministres ? Les présidents de partis qui décident que dans mon parti ce sera machin, dans l'autre ce sera machin. Et puis aujourd'hui, la DLC, la date limite de consommation des ministres, elle est plus courte que les yaourts qu'on mange. Et donc comment voulez-vous qu'on ait des vrais politiques ? Ce n'est pas possible.

Moi, vous savez, c'est très simple. Je pense qu'il faut 8 à 9 ministres et derrière, il faut des secrétaires d'État à mission. C'est-à-dire, il faut des hommes et des femmes qui, sur le sujet qu'ils connaissent, ils ont une mission pour deux ans. Très peu de ministres, des secrétaires d'État

9:57
Présentateur

finalement, alors que vous êtes membre et vous avez été membre de ce qui était à l'époque la majorité, une forme de tous pourris, de dégagisme.

10:05
Richard Ramos

Mais pas du tout. On essaie tous les députés, quels que soient les bords politiques, de faire de notre mieux. Donc je pense que... Mais parce que vous avez été un soutien d'Emmanuel Macron dès 2017. Le modem a rallié François Bayrou, le président de l'Intérieur. 2017, sans aucun problème. Moi, j'y croyais cette espèce de Kennedy qu'a mis la fraîche. Mais à partir de 2020, 2020, on est aujourd'hui en 26. Je commence à alerter en disant le président est déconné. Depuis 2020, on a même essayé de temps en temps de me faire sortir de mon parti politique parce que je n'étais pas dans la ligne officielle. Mais si vous voulez, je peux vous le refaire tranquillement.

Je peux vous le refaire en disant « Non, tout va bien, les Français aiment les politiques, les ministres sont bien. » Je peux vous le refaire si vous voulez. Ce n'est pas ce que je pense. Et quand je viens sur votre plateau, c'est encore pour dire ce que je pense.

10:44
Présentateur

Vous restez avec nous, Richard Ramos, et vous aurez l'occasion encore de dire ce que vous pensez juste après l'info en une minute. Il est 9h moins le quart. Voici Maureen Suignard.

10:53
Locuteur non identifié

Le président américain s'en prend à Kiev. Il estime que l'attaque de drones qui a visé la résidence de Vladimir Poutine n'a pas été menée au bon moment alors que des négociations autour du plan de paix américain sont en cours. C'est Moscou qui attribue cette attaque à l'Ukraine. Mais Kiev dément. Le président ukrainien dénonce un mensonge des Russes pour pouvoir poursuivre la guerre. Le préfet du Tarn-et-Garon indique ce matin avoir porté plainte pour des dégâts causés pendant une manifestation d'agriculteurs. Des dégâts évalués à 185 000 euros.

Les syndicats agricoles appellent une nouvelle fois à la mobilisation ce matin près de Toulouse pour s'opposer au protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire. Un fromage pour raclette aux trois poivres rappelés pour un risque de contamination à la listeria. Le produit est commercialisé dans toute la France dans les magasins U. Vous pouvez ramener le produit en question en magasin. Le lot concerné est à retrouver sur le site internet Rappel Conso. Et puis c'est une information France Info. Les pourboires resteront défiscalisés l'année prochaine. La mesure est en vigueur depuis 2022 pour les salariés qui perçoivent moins d'un virgule six fois le SMIC. France Info.

12:02
Présentateur

Le 8.30 France Info. Paul Barcelone. Adrien Bec.

12:06
Invité

Toujours avec Richard Ramos, député du Loiret qui nous a promis juste avant l'info en une minute de dire ce qu'il pense sur ce plateau et dans ce studio ce matin. Allons-y. Le 11 décembre dernier, le tribunal de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire à l'encontre du groupe Brant qui employait 700 personnes en France, la moitié chez vous dans le département du Loiret. Un projet de reprise est toujours à l'étude. On devrait avoir le fin mot dans ce dossier probablement au mois de janvier. Là encore, la question que l'on vous posait tout à l'heure avec Adrien Vaud aussi pour le dossier Brant. Est-ce que l'État a été à la hauteur ?

J'ai entendu récemment le maire d'Orléans Serge Groard dénoncer le fait qu'il vivait dans un pays de cons pour le citer.

12:45
Richard Ramos

Oui, mais l'État était à la hauteur. Pardon. L'État était présent. L'État était à la hauteur. Les collectivités locales ont été à la hauteur. Simplement, on est devenu dans ce que certains ont appelé la République des juges. C'est-à-dire qu'il y a la séparation des pouvoirs dans ce pays. Et on a eu des juges aujourd'hui qui n'ont pas suivi les collectivités locales. L'État a été plus qu'à la hauteur. Serge Groard qui a été un parmi les autres. Le maire d'Orléans et qui avait peut-être une colère qui était peut-être excessive parce qu'il fallait être prudent dans ce dossier-là. Il ne faut pas faire des effets de manche parce qu'il y a des municipales.

13:20
Invité

Malgré tout, cette usine Brandt qui ferme ses portes à Orléans avec 350 salariés sur le carreau, à Saint-Jean-de-la-Ruelle exactement, est-ce que ce n'est pas le signe quand même aussi de l'échec d'Emmanuel Macron qui avait promis des créations d'emplois, la réindustrialisation annoncée ?

13:34
Richard Ramos

Il y a eu des choses de faites sur la réindustrialisation. C'est très compliqué la réindustrialisation. Il faut, je pense, beaucoup travailler le sujet. À Orléans, on a peut-être une reprise par Thomson. Je pense qu'il faut s'y accrocher et puis il faut que l'État qui est vraiment à côté de cette entreprise-là, je veux dire, les syndicats aujourd'hui, ils n'attendent pas du maire des grands coups de manchette pour les municipales. Ils attendent simplement qu'il y ait un repreneur et que leurs emplois soient sauvés et surtout le savoir-faire français. Parce qu'il faut le dire, sur Brandt, vous avez vu dans le Loiret, on avait eu Duralex, vous savez, ces fameux verts de notre enfance.

C'est une scope, ça a été repris, 5 millions quasiment en une journée pour essayer de recapitaliser. Ils vont réouvrir et ça va encore marcher. Je pense que ces savoir-faire-là français, on doit les préserver, d'autant plus que sur les petits matériels de cuisson, notamment les plaques à induction, il y a un marché pour le Made in France. C'est, après le prix, le deuxième choix des Français et des consommateurs. Et donc, pour le Made in France, il faut sauver Brandt et je n'en doute pas. Moi, je n'ai rien mis sur les réseaux sociaux. J'avais demandé d'ailleurs au procureur dans la République de faire appel à la décision. Il avait 10 jours, mais il ne l'a pas fait.

Et il y a la séparation des pouvoirs, je n'ai pas le droit de rentrer dans le judiciaire. Mais il faut être à côté des syndicats, à côté de Brandt. Ce que je fais, moi, avec le ministre et avec la préfète, sans le mettre sur les réseaux sociaux pour en faire un enjeu électoral, c'est trop grave avec des salariés qui vont perdre leurs emplois.

14:53
Présentateur

Alors, Richard Ramos, on voulait vous entendre aussi sur un autre conflit, du moins un autre moment de tension qui a eu lieu ces derniers jours. C'était dans le Gers, manifestation d'agriculteurs pour s'élever contre les abattages à la suite de la dermatose nodulaire. On se souvient de cette vidéo des policiers qui tiennent en joue ou qui mettent en joue des agriculteurs et des syndicats qui demandent la saisine de l'IGPN. Il y a quelques minutes, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, affirme qu'il refuse cette saisine. Est-ce que vous comprenez

15:28
Richard Ramos

sa réaction ? Je connais bien le Gers entre l'Aix-Tour et Hoche. Là, on était surtout à Hoche. Les paysans, finalement, c'est l'âme de la France. C'est ceux qui nous nourrissent. Et les forces de l'ordre, c'est ceux qui nous protègent. C'est-à-dire que, finalement, on avait face à face la République. Et ça, c'était compliqué. Des gens qui... On le rappelle, tous les trois jours, un paysan se suicide. On a la moitié des paysans qui gagnent moins de 1500 balles par mois. Pardon d'être un peu... Ça veut dire que vous dites

15:57
Invité

qu'en cas de débordement, il faut un traitement de faveur

15:58
Richard Ramos

pour les agriculteurs ? Il ne faut pas de traitement de faveur. Ce n'est pas ce que je dis. Mais on aurait dû débloquer le conflit avant. Ce qu'on reprochait dans le Gers, les paysans, c'est qu'on n'a pas été

16:08
Présentateur

dialoguer immédiatement avec eux. Richard Ramos, sur cette question très spécifique de l'IGPN et de ce qui s'est passé dans le Gers, vous dites, bon, dans un souci d'apaisement, mettons un peu cette histoire sous le tapis. Ne saisissons pas l'IGPN, ce n'est pas grave ?

16:20
Richard Ramos

Pas du tout. On peut saisir l'IGPN si elle doit être saisie. Ce ne sera pas le cas, en tout cas, dit le ministre. Un agriculteur a été mis à jour par plusieurs policiers. Quand un agriculteur commet, par exemple, des dégradations, je pense que, comme n'importe qui, il doit être poursuivi. Donc, je ne suis pas du tout à vous dire qu'il ne faut pas poursuivre les agriculteurs. Ils doivent être suivis comme un citoyen ordinaire quand il y a des dégradations et quand il y a des choses qui sont illégales. Par contre, ce que je veux dire, c'est que la situation dans laquelle on est, il faut tenir compte que la situation aujourd'hui de notre agriculture, elle est désastreuse.

Et donc, il faut aujourd'hui aller avec eux pour pouvoir essayer par le dialogue et par le dialogue, je pense, c'est ce que doit faire

17:02
Présentateur

et c'est ce qu'a fait le Premier ministre. Richard Ramos, dans 24 heures maintenant, un petit peu plus que ça, Emmanuel Macron prononcera les avant-derniers voeux de sa présidence à l'Élysée, les voeux traditionnels du 31 décembre. Dans le contexte aussi qu'on vient d'évoquer, dans le contexte politique également que vous avez évoqué, est-ce qu'avec un président qui n'a plus de majorité, qui est un peu isolé, qui est en fin de mandat, est-ce que ça a encore du sens qu'il présente ses voeux ? Ça sert à quoi ?

17:31
Richard Ramos

Oui, ça a du sens. Moi, vous savez, je pense que, je l'ai toujours dit, j'étais pour que le président de la République termine son mandat. Pourquoi ? Parce qu'il faut protéger les institutions. Emmanuel Macron, il a été élu pour 5 ans.

17:42
Invité

Donc vous dites non à la démission. Non à la démission. Comme Édouard Philippe,

17:46
Richard Ramos

l'ancien Premier ministre. Non, c'est une erreur d'Édouard Philippe. Édouard Philippe a eu tort de vouloir la démission du président de la République. Quand je ne suis pas d'accord avec le président de la République, je vous le dis tranquillement sur ce plateau. Mais le président de la République, il est le garant de nos institutions. Et donc il doit rester jusqu'en 2027. Donc oui, ces vœux ont du sens. Et moi, je le dis, j'ai beaucoup apprécié le président de la République dans ce qu'il a fait à l'international. Et donc je pense que là...

18:07
Invité

Sauf qu'aujourd'hui, il est complètement replié sur son actualité internationale.

18:10
Richard Ramos

Non, je pense que, contrairement à d'autres, c'est très complexe. Vous avez vu, le monde bouge à une vitesse incroyable avec des conflits mondiaux. Et je pense que le président de la République, pour le coup, à l'international, avec Jean-Noël Barrault, le ministre

18:26
Invité

international, c'est peut-être le dernier des pouvoirs qui lui reste. Il a eu tort, Emmanuel Macron, de dire l'année dernière, 2025 sera l'année où les Français trancheront. Au final, pas de référendum. Une seule convention citoyenne sur les temps de l'enfant. Ça manque de consultations auprès des Français. Vous qui avez fait des consultations des Français, une forme d'ADN politique. En deux mots.

18:46
Richard Ramos

Oui, moi, vous savez, je pense qu'on ne perd jamais à aller voir les Français et à aller les faire décider. Et donc je pense qu'il n'est peut-être pas encore trop tard. Moi, je suis pour... Pour consulter les Français cette année, si. Oui, mais... En 2026, ça peut encore marcher. Voilà, exactement. Donc on peut encore essayer. Moi, je pense que le référendum, c'est une bonne chose et que le président de la République peut le faire et doit le faire.

19:08
Présentateur

Merci à vous, Richard Ramos, député Modem du Loiret, d'avoir été invité ce matin du 8.30 France Info. Merci, Paul. Barcelone, restez sur France Info. Sous-titrage Société Radio-Canada