Budget : des dépenses … et des dépenses - Reportage #cdanslair 22.09.2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce matin, à l'Elysée, conseille des ministres pour faire les comptes et présenter le budget pour 2022. En cette année d'élection présidentielle, le gouvernement n'hésite pas à dépenser au moins 11 milliards d'euros en plus par rapport à l'année dernière.
C'était la cinquième fois du quinquennat que je me livrais comme ministre des Finances à cet exercice. Ça m'a permis de rappeler les lignes de force de notre politique sur les comptes publics depuis 2017. Elle tient en trois mots, maîtrise des comptes publics, baisse des impôts et sincérité.
Mais chose rare, ce budget ne convient pas au Haut Conseil des Finances Publiques. Il donne un avis sans contraindre et évalue la crédibilité des comptes. Le gouvernement doit revoir sa copie.
Le projet de loi de finances est incomplet. En effet, il n'intègre pas l'impact de mesures d'ampleur qui ont pourtant déjà été annoncées par le gouvernement.
Selon le Haut Conseil, il manque des lignes sur le budget. Car depuis cet été, Emmanuel Macron se montre généreux. Des milliards pour les jeunes, pour son plan de relance France 2030, ou pour certaines professions comme les forces de l'ordre ou les agriculteurs.
En 2022, le ministère de l'Intérieur verra ainsi son budget augmenter de près de 1,5 milliard d'euros, dont 500 millions d'euros pour la mise en œuvre des premières mesures du Beauvau de la sécurité. C'est sans précédent. Ce ne sont plus les exploitants agricoles eux-mêmes qui peuvent s'assurer. Ça ne marchera pas. Et donc on a besoin d'un élément de solidarité nationale, on l'assume, et on va mettre ces 600 millions d'euros de la nation chaque année.
À droite, les candidats à l'élection présidentielle dénoncent un budget électoraliste. Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ne sont pas tendres.
Nous pensons qu'il y a urgence pour le pays, à ce qu'Emmanuel Macron, qui a été un président pour presque rien, et qui est en train de cramer la caisse, arrête son mandat en 2022. Il n'y a jamais eu d'action sérieuse depuis 5 ans, contrairement à ce qui a été dit, de baisse de la dépense publique. Rien de rien.
L'épidémie de Covid a creusé le déficit public. 8,4% du PIB cette année, mais l'exécutif veut le ramener à 4,8% en 2022. La dette atteindra 114% du PIB l'année prochaine. Et ce n'est peut-être pas fini, avec les dépenses encore à budgéter. Une inquiétude supplémentaire pour ces députés.
Des dépenses qui ne sont pas dans le budget, Ce sont des annonces qui n'existent pas. C'est juste de la promesse électorale, mais ça n'a aucune réalité budgétaire, puisque la seule chose qui compte, c'est ce qui est dans le budget, c'est-à-dire si vous avez un crédit qui est ouvert ou pas. Il ne faut pas charger la marque pour toutes les années qui viennent. Il faut faire très attention à tout cela. Et le risque de ce budget, c'est d'avoir un certain nombre de dépenses courantes, supplémentaires, qui s'inscrivent dans le temps, et qui viennent augmenter le niveau global des dépenses publiques en France, qui est déjà un des plus élevés au monde.
En guise de réponse, Bercy promet donc de réduire le déficit grâce à une croissance de 6% et la hausse des recettes. Dans le même temps, le gouvernement annonce poursuivre la baisse des impôts, 50 milliards de moins pendant le quinquennat.
Bruno Le Maire