« Lorsqu’on est sur une base militaire, tout le monde est heureux de participer à la fête de Noël » pour Mgr Antoine de Romanet
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Quelle importance revêt la présence du chef des armées pour fêter Noël avec eux ?
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De la sollicitude parce qu'il peut y avoir de la solitude quand on est militaire.
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Est-ce que vous en avez participé ? Est-ce que déjà vous avez fêté Noël, j'imagine, sur les théâtres de guerre ? Comment ça se passe ? Racontez-nous.
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C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'église, on imagine, sur les bases militaires. Alors, vous ne faites que ça dans une salle commune ?
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Qu'est-ce que vous avez vu ?
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Noël, c'est l'arrivée du prince de la paix. Le travail d'un militaire, c'est la guerre. Ça peut paraître aussi antinomique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est une présence symbolique particulièrement forte parce que tous ces militaires qui sont en l'occurrence sur H5 en Jordanie sont présents pour 4 mois. »
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« Alors, le conscieux militaire, c'est une condition de fraternité assez exceptionnelle. »
- 3:25Invité politiqueFait
« J'ai été personnellement au Tchad, au Mali, en Irak, en Jordanie. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Alors, le propre de l'aumônie militaire, c'est de pouvoir célébrer n'importe où, à commencer sur le capot d'une Jeep. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Le travail du militaire, c'est de préserver la paix. »
- 6:42Invité politiqueFait
« nous assistons à cette résurgence explicite du fait que la vie est faite de rapports de force, de rapports de puissance. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Lorsqu'un militaire meurt en service, ce n'est ni un accident ni un crime, c'est un acte de guerre. »
- 8:19Invité politiqueFait
« il n'y a pas d'athée dans les tranchées. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Qu'est-ce qui justifie de prendre la vie de l'autre ? »
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois. Emmanuel Macron se rend aujourd'hui en Jordanie. Vous en parlez ce matin, Pierre-Hugues, avec votre invité, Mgr Antoine de Romanet, évêque aux armées françaises. Bonjour Mgr Antoine de Romanet. Bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation. Emmanuel Macron fête Noël avec les troupes pour les militaires. Quelle importance revêt la présence du chef des armées pour fêter Noël avec eux ?
C'est une présence symbolique particulièrement forte parce que tous ces militaires qui sont en l'occurrence sur H5 en Jordanie sont présents pour 4 mois. Et le jour de Noël, pour eux, plus particulièrement, la distance avec leurs amis, leurs familles, leurs racines se fait particulièrement forte. Et lorsqu'on a une visite d'autorité, et très particulièrement la visite du chef de l'État, ça réchauffe le cœur d'une manière toute particulière.
Et ça montre à ces hommes qui sont au milieu du désert, j'ai télévisité moi-même il y a quelques années dans les mêmes circonstances, ces hommes qui sont au milieu du désert, et bien qu'ils ne sont pas en bout de ligne, au bout d'une impasse complètement oubliée, mais au contraire au cœur même de la préoccupation et de l'esprit du chef de l'État. C'est donc symboliquement très fort.
Et au travers de cette visite en Jordanie, ce sont toutes les troupes françaises qui sont déployées partout dans le monde, sur tous les continents, sur toutes les mers, dans les airs, au fond des Aos, qui reçoivent ainsi le témoignage de la sollicitude du chef de l'État pour ceux qui engagent leur vie pour préserver notre liberté et notre dignité.
De la sollicitude parce qu'il peut y avoir de la solitude quand on est militaire.
Alors, le conscieux militaire, c'est une condition de fraternité assez exceptionnelle. Il y a une fraternité d'armes qui est absolument essentielle parce que nous sommes ensemble, que ma vie est entre tes mains, ta vie est entre les miennes. Nous vivons ensemble, nous faisons du sport ensemble, nous nous entraînons ensemble et nous allons peut-être mourir ensemble. Et cette fraternité, cette cohésion est absolument essentielle. Le succès des armées vient de la cohésion, de la fraternité, fraternité d'armes et d'âmes entre ceux qui sont investis de la même mission.
Et donc, il y a à la fois une camaraderie assez extraordinaire qui se vit d'une manière différente selon qu'on est dans l'armée de l'air, dans la marine, dans l'armée de terre ou d'autres réalités. Mais cette fraternité est forte. Il n'empêche que lorsque vous êtes à plusieurs milliers de kilomètres de votre famille, lorsque vous êtes loin de vos enfants, loin de votre épouse, loin de vos parents, eh bien, tous les signes d'affection, de sollicitude prennent une dimension plus particulièrement forte. On pourrait dire qu'il y a une dimension exponentielle dans tout ce qui se vit le jour de Noël. On le sait bien partout.
Le soir de Noël, c'est un soir à la fois de très grande force, de très grande beauté et puis aussi de très grande souffrance pour tous ceux qui sont seuls. Et je pense ici à tous les éditeurs qui nous écoutent et qui seront peut-être seuls le soir de Noël. Je leur souhaite vraiment d'être entourés par une communauté chrétienne accueillante, chaleureuse, fraternelle, ces mains tendues les uns vers les autres pour que nous déployions ce que nous sommes, c'est-à-dire des êtres en relation qui avons tellement besoin les uns des autres. Eh bien, dans l'armée, cela se vit également. Et ces visites d'autorité auxquelles je participe pour ma part...
Exactement. Est-ce que vous en avez participé ? Est-ce que déjà vous avez fêté Noël, j'imagine, sur les théâtres de guerre ? Comment ça se passe ? Racontez-nous.
Alors, vous savez, la mission de l'évêque aux armées françaises, c'est de voyager une fois par semaine en France et une fois par mois à l'étranger. Et très particulièrement à Noël et à Pâques, systématiquement, nous allons sur les théâtres d'opération. J'ai été personnellement au Tchad, au Mali, en Irak, en Jordanie. Pour Noël, pour fêter Noël, pour fêter Pâques. Et dès demain, je repars sur un théâtre d'opération pour précisément passer du temps, témoigner de la sollicitude et dans ma mission particulière, célébrer Noël sur le terrain avec les hommes et aussi avec ceux qui les entourent très fréquemment.
Et ça sera le cas samedi soir, je célébrerai en anglais, pour les troupes qui seront présentes sur le théâtre où je me rends, de manière à partager cette réalité, cette joie de Noël, dans la liturgie et dans la langue aussi ouverte et accessible
à tous ceux avec qui nous œuvrons pour défendre nos libertés. Et racontez-nous comment ça se passe. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'église, on imagine, sur les bases militaires. Alors, vous ne faites que ça dans une salle commune ? Alors, le propre de l'aumônie militaire, c'est de pouvoir célébrer n'importe où, à commencer sur le capot d'une Jeep.
Et donc, il faut être tout terrain, tout temps, avec beaucoup de souplesse et beaucoup d'adaptabilité. Et c'est d'ailleurs l'importance de l'aumônie militaire d'avoir des hommes qui sont véritablement militaires, de statut, et qui comprennent toutes les exigences de la mission reçue. Et donc, le lieu n'a pas d'importance, ce qu'il y a d'importance, c'est ce qu'on vit dans nos cœurs. Et donc, tout est possible, sur toutes les configurations. Qu'est-ce que vous avez vu ? Écoutez, j'ai tout vu, que ce soit sous des tentes, sous des gymnases, en plein air, tout est possible. Et qui est présent ? Eh bien, tout ce qu'il souhaite, puisque c'est la plus entière liberté.
Et bien entendu, les hommes ont des militaires. Il y a quatre hommes ont des militaires, catholiques, protestantes, israélites et musulmanes. Et chacun est totalement libre d'accueillir les propositions qui lui sont faites. Dans les faits, Noël reste une fête emblématique, évidemment, pour notre pays. Et lorsqu'une fête se déroule, et c'est le cas lorsque l'on célèbre Noël sur une base, eh bien, tout le monde est heureux de venir y participer. Et donc, c'est quelque chose d'abord de jouer de fraternité. Absolument. C'est la fête de la vie. Lorsque l'enfant paraît, cet enfant, plein de promesses, qui nous rappellent les fondamentaux de nos existences.
Eh bien, d'une certaine manière, Noël, bien entendu, Dieu qui se fait homme, Dieu qui vient partager notre condition humaine, c'est tout homme dans sa condition humaine qui rejoint d'une manière ou d'une autre et qui est touché. Et c'est formidable de pouvoir le partager ensemble, très sereinement et très librement.
Noël, c'est l'arrivée du prince de la paix. Le travail d'un militaire, c'est la guerre. Ça peut paraître aussi antinomique ?
Le travail du militaire, c'est de préserver la paix. Et c'est la maîtrise de la force pour éviter la violence. Le militaire est là pour défendre, au nom de son pays, les idéaux de liberté, de dignité, au service des plus pauvres et des plus faibles. Il est bien clair que la guerre est la chose la plus épouvantable qui soit. La guerre, c'est une réalité de sang, de boue, de sueur, de mort absolument tragique. Et tout l'esprit de défense, d'ailleurs, dans lequel nous sommes, et précisément, et dans l'optique même de notre pays et de la dissuasion qu'elle porte, c'est précisément d'empêcher la guerre, d'empêcher ce désastre.
Et nos hommes qui sont en permanence attentifs et qui veillent en permanence sur notre sécurité par tous les moyens de défense qui sont celles de notre armée, participent au quotidien de cette défense de la paix qui est au sommet même de la mission reçue du pays.
Surtout au moment où on voit la guerre ressurgir, j'allais dire, aux portes de l'Europe. Il y a désormais l'Ukraine, il y a de nouveaux théâtres d'opérations qui apparaissent. Pour les militaires français, c'est aussi quelque chose qui doit les bousculer.
Si vous voulez, nous assistons à cette résurgence explicite du fait que la vie est faite de rapports de force, de rapports de puissance. Et l'un des adages très remarquables du chef état-major des armées, le général Thierry Burkart, est d'inviter le pays et d'inviter les armées à gagner la guerre avant la guerre. La guerre, elle est partout. Une guerre économique, une guerre financière, une guerre culturelle, une guerre d'influence, une guerre de normes, une guerre industrielle, une guerre technologique. Et y compris avec ceux qui sont nos alliés sur certains plans. Cette guerre, ce sont des rapports de puissance. La dimension militaire n'est qu'un des aspects de rapports de puissance.
Un des aspects fondamentaux aussi, c'est la dimension spirituelle. C'est l'énergie, c'est ce que je porte, c'est ce que je vis, c'est ce qui m'anime, c'est ce que je suis prêt à défendre. Et c'est là où la force d'âme des armées est tout à fait essentielle. La force spirituelle, la force morale est quelque chose de tout à fait central. Et dans cet élément, les aumôneries militaires participent de l'équation de la manière la plus forte, la plus belle et la plus reconnue.
Nous sommes avec Mgr Antoine de Romanet, évêque aux armées françaises. Un militaire doit être prêt au sacrifice suprême, à la mort. Là, on va fêter la vie, la naissance de Jésus. La vie, la mort, ce sont des questions existentielles auxquelles sont confrontés les militaires.
La différence entre un policier et un militaire, c'est lorsqu'un policier meurt en service, c'est soit un accident, soit un crime. Et c'est toujours tragique, bien entendu, comme toute mort. Lorsqu'un militaire meurt en service, ce n'est ni un accident ni un crime, c'est un acte de guerre. Le militaire reçoit de la force publique, de l'État, du chef de l'État, la mission de neutraliser, de manière à défendre les intérêts du pays. Et donc, c'est la mort que je porte, c'est la mort que je vois, c'est la mort que je risque de recevoir. Pour la plupart de nos contemporains, la mort, c'est pour les autres et c'est pour plus tard. Dans l'armée, la mort, c'est ici et maintenant.
Et cette question fondamentale qui conduisait d'ailleurs à Eisenhower à dire, vous savez, il n'y a pas d'athée dans les tranchées. Lorsque les balles sifflent à vos oreilles, les fondamentaux reviennent très vite en place. Cette question de la vie et de la mort qui sont intrinsèquement liées et que la nativité nous dit d'une manière bouleversante, toutes les représentations de la nativité que vous voyez du XIIIe, XIVe, XVe siècle, ce sont des mangeoires qui sont à la fois un berceau, un autel et un tombeau. Et vous voyez d'innombrables représentations des plus grands auteurs de la Renaissance, où Jésus est entouré de bandelettes. Comme déjà au tombeau.
Parce que d'une certaine manière, naître à ce monde, c'est s'apprêter à mourir pour passer à une autre vie. Qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que la mort ? Qu'est-ce que la vraie vie ? Est-ce que c'est la vie avant la mort ou la mort avant la vie ? Ou la mort après la vie ? Ou la vie après la mort ? Cette conception, cette profondeur de champ, d'une certaine manière, l'enfant de la crèche nous dit d'une manière bouleversante. Parce que l'enfant de la crèche, c'est aussi celui qui sera sur la croix. Et c'est celui qui vient ouvrir à l'humanité cette dimension d'éternité que chacun porte comme aspiration à l'intime de son cœur.
D'une certaine manière, cet enfant de la croix, il récapitule toute l'histoire du genre humain, cette merveille absolue de la vie qui nous dépasse de part en part. C'est extraordinaire qu'est chaque enfant, qu'est chaque être humain, qu'est chaque personne, qui est une histoire sacrée, dont la dignité est absolue et qui mérite de s'engager. Cet enfant qui aussi un jour va m'enterrer, si je suis son père ou sa mère. Cet enfant qui me dit la succession des générations. Cet enfant qui me transforme dans ma vision même de l'existence, de mon existence, une existence reçue, une existence qu'un jour, humainement, je devrais quitter.
Et bien, d'une certaine manière, c'est dans cette réalité humaine si touchante et si simple, si humble, où Dieu vient d'à notre rencontre avec une telle délicatesse et une telle douceur pour faire ressurgir dans notre cœur les questions les plus fondamentales que nous laissons si souvent enfouies et que la condition militaire met à incandescence par définition.
Et comment cela se reflète-t-il chez les militaires ? Comment en parle-t-il ? Comment le vivent-ils de ces questions existentielles dont vous parlez là ?
Les militaires réfléchissent à la question de la mort, réfléchissent aux questions décisives. Qu'est-ce qui justifie de donner ma vie ? Qu'est-ce que le sacrifice suprême ? Qu'est-ce que mourir pour la France ? Que veut dire ? Qu'est-ce qui justifie de prendre la vie de l'autre ? La condition militaire renvoie nécessairement aux questions transcendantes les plus essentielles et le président de la République, en s'apprêtant à partir en Jordanie aujourd'hui, souligne combien tout homme a une dimension spontanée de transcendance, à chacun dans sa plus parfaite liberté de voir comment cela peut s'épanouir.
Mais nous sentons bien que l'enfant de la crèche, au cœur de l'histoire de l'humanité, cet enfant de la crèche que Hegel, le grand philosophe allemand, appelait le gond de l'histoire, l'élément d'articulation de l'histoire entre cette promesse d'un Messie attendu par le peuple de l'Alliance et son déploiement et son accomplissement au-delà de toutes nos espérances. D'une certaine manière, Jésus, l'enfant de la crèche, vient dire à tout homme que ce qu'il porte en lui est appelé à se déployer au-delà même de tout ce qu'il peut espérer. C'est l'immense espérance de l'humanité et cette différence magnifique entre l'espoir et l'espérance. L'espoir, c'est ce qu'entre mes mains.
L'espérance, c'est ce qu'entre les mains de Dieu. Quelle extraordinaire occasion de se remettre les uns et les autres entre les mains de Dieu qui va donner la vie et qui m'attend pour une vie éternelle avec lui.
L'année 2023 a été marquée aussi par le retour du conflit de la guerre, là où est né Jésus. Ce Noël 2023, il est aussi marqué par ça, par la résurgence d'un conflit, là où est né Jésus. Jésus, à son époque, était aussi né dans un pays où il y avait des conflits.
Cela nous dit quelque chose d'impressionnant du mystère de l'histoire et de la manière dont, depuis toujours, Jérusalem constitue un épicentre de l'histoire humaine, d'une manière tout à fait bouleversante et tout à fait poignante, où se déploient à la fois les aspirations les plus belles et les plus fortes, ce qui est le plus essentiel dans le cœur d'un homme, le sens de sa vie et sa dimension d'éternité, et cette opposition qui se déploie et que la Bible nous manifeste liée à ce péché qui est au cœur de chacun d'entre nous, cette volonté de puissance, de domination, cet orgueil qui est sans cesse à combattre, eh bien, d'une certaine manière, ce drame absolu qui est en train de se déployer sous nos yeux, il nous dit combien, dans cette dimension essentielle du sacré et de l'éternité, les hommes ont besoin d'une parole de paix, une parole de fraternité, une parole de justice, pas de justice sans paix, pas de paix sans justice, et modestement mais fortement, le pape François ne cesse de dire et de redire et d'appeler les consciences pour que la dimension de fraternité, pour que les paroles les si belles que le Christ ne cesse de déployer dans l'Évangile, puissent venir donner une profondeur de champ et une capacité de pardon à des réalités qui sont tellement blessées par ces souffrances créées par les blessures de nos cœurs.
Merci beaucoup Mgr Antoine de Romainet d'être venu ce matin sur RCF pour nous parler notamment de ce déplacement d'Emmanuel Macron aujourd'hui en Jordanie pour fêter Noël avec les troupes.