Netanyahu manipule-t-il Trump ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
le pouvoir et l'argent. Déjà milliardaire de longue date, sa fortune a triplé depuis le début de son 2d mandat. C'est un appel téléphonique médiatisé.
D.Trump a appelé B.Nétanyahou.
Quelques minutes plus tard, le cabinet du Premier ministre israélien publie ce tweet. ...
B.Nétanyahou veut-il prouver qu'il est de retour dans le jeu? Il a essuyé la colère du président américain le mois dernier, en pleine escalade avec le Liban.
Il a été salué par D.Trump cette semaine en marge du sommet de l'Otan. - D.Trump: Nous avons travaillé très étroitement ensemble et nous avons traversé une épreuve majeure.
Nous avons accompli de grandes choses côte à côte. A mon avis, il est un excellent Premier ministre en temps de guerre. Je ne connais pas grand-chose à sa politique, mais je pense qu'il est très populaire. - Au pouvoir depuis plus de 18 ans, B.Nétanyahou se représentera en automne pour les élections législatives.
Un combat loin d'être gagné. L'homme fort de l'Etat hébreu doit faire face à la montée en puissance de son ancien chef d'état-major, déjà en campagne. - Je serai digne de votre confiance.
J'unirai notre pays. Je serai le Premier ministre de tous les citoyens d'Israël. - Rarement le Premier ministre n'aura été autant en difficulté.
Dans les sondages, il est distancé de plusieurs sièges à la Knesset par le candidat centriste, qui souhaite rassembler un pays déchiré depuis l'attaque du 7-Octobre, mais aussi mettre en avant son expérience sur le terrain. Sur les réseaux sociaux, l'ancien militaire diffuse des images de lui en uniforme. Une réputation de dur pour celui qui a réprimé dans le sang des manifestations palestiniennes en 2018.
Il y a 2 ans, il a perdu l'un de ses fils, soldat à Gaza. Aujourd'hui, il critique les décisions militaires de B.Nétanyahou. - Le leadership en temps de guerre se juge à l'aune de 2 principes fondamentaux.
Premièrement, la capacité à atteindre les objectifs fixés. Deuxièmement, l'amélioration de la position stratégique d'Israël pour de nombreuses années à venir. Sur ces 2 plans, le gouvernement israélien a totalement échoué. - B.Nétanyahou, plus seul que jamais face à son bilan.
Menacé de perdre le pouvoir, il continue de durcir le ton avec son gouvernement. Cette semaine, le ministre de la Défense revendiquait le droit d'Israël à attaquer l'Iran. - L'armée est prête et en état d'alerte pour une reprise des combats afin de rétablir une supériorité aérienne et d'amener le drapeau bleu et blanc en Iran pour éliminer les menaces, y compris une 3e fois si nécessaire.
Si nous devons y retourner, ce sera plus durement encore. - Il y a quelques jours, B.Nétanyahou s'est longuement livré lors d'un podcast avec un journaliste israélien.
Interrogé sur son avenir politique, il a refusé de désigner un potentiel successeur. - B.Nétanyahou: J'ai consacré ma vie à garantir l'existence d'Israël.
Certes, je ne suis pas allé jusqu'au bout de la démarche, mais il reste encore des étapes à accomplir, des choses que je souhaite renforcer, comme notre capacité à être autosuffisants. - Les élections législatives de cet automne, un scrutin qui pourrait bien se transformer en référendum pro ou anti-Nétanyahou, après plusieurs mois d'escalade avec l'Iran. - A.Casse: Question. - D.Rigoulet-Roze: Manipulation...
Le fait de rendre public ce type d'information, en soi, ce n'est jamais neutre. En Israël, il y a les stratégies de communication, d'influence, pour éventuellement orienter. Sur le fond, ça n'enlève pas la réalité de la menace.
Il faut disjoindre les 2 aspects. Du point de vue des Israéliens, par rapport au processus de négociation, il y avait beaucoup de doutes avec des agendas qui devenaient très divergents. C'est une manière de rappeler à D.Trump qu'il y a une forme d'illusion potentielle par rapport aux attendus du processus en cours. - D.Khalfa: C'est juste.
Il faut séparer les 2 aspects. Les services de renseignements israéliens ne peuvent pas raconter n'importe quoi. Le niveau de coopération entre Américains et Israéliens est très étroit et ne dépend pas de la couleur politique de l'exécutif israélien ou américain.
C'est un premier point. S'agissant de Nétanyahou, on ne peut pas ne pas imaginer qu'il n'a pas d'arrière-pensées. Il est en très mauvaise posture.
Tous les sondages depuis plus d'un an disent à peu près la même chose: il perdrait les prochaines élections, avec le risque d'aller en prison. Il y a une volonté majoritaire en Israël de tourner la page Nétanyahou. Lui est en difficulté par rapport à D.Trump.
Lors des précédentes élections, il en a fait sa carte maîtresse. Là, on sent que les tensions de l'aident pas. Il voudrait bien se rabibocher.
On peut imaginer que pour lui, cette commutation le sert de ce point de vue. - A.Casse: On a appris grâce à l'enquête du "New York Times" que c'était B.Nétanyahou qui était venu convaincre D.Trump de faire cette guerre.
Le feuilleton a continué avec toute la scénarisation de la rupture entre les 2 hommes. Cette semaine, B.Nétanyahou dit: "Je parle de nouveau à D.Trump." C'est parce qu'il y a cet agenda électoral derrière? - Gal N.Richoux: Qu'il parle à D.Trump, évidemment.
Ca ne symbolise pas une rupture entre les 2 pays. Mais il y a un contentieux personnel entre les 2 hommes. Les Etats-Unis se sont lancés dans l'aventure de février 2026 vraisemblablement parce qu'on leur a dit: "Vous tuez l'ayatollah et le régime va tomber." Ce n'est pas le cas.
La confiance entre les 2 hommes a été rompue à ce moment-là. L'intégration stratégique des 2 pays va rester. Les Etats-Unis ne sont pas en train de lâcher Israël, mais Israël n'a vraisemblablement plus la main.
D.Trump veut un accord. B.Nétanyahou ne le veut pas.
Aujourd'hui, il n'a pas la main sur la volonté de D.Trump. - A.Casse: Il y a un aspect personnel.
Qu'est-ce qui rend la relation entre les 2 hommes si particulière? Il y a les relations entre les 2 familles. Il y a le passé de B.Nétanyahou.
Il était surnommé "Bibi l'Américain". - N.Bacharan: C'est vrai qu'il y a un passé quasi familial.
B.Nétanyahou est un ami intime de C.Kushner, actuellement ambassadeur américain à Paris, et père de J.Kushner, le gendre de D.Trump.
Quand Jared était adolescent, B.Nétanyahou, quand il était aux Etats-Unis, restait dans la famille Kushner. Quand on entend parler B.Nétanyahou, il parle en américain.
Il a fait une partie de ses études là-bas. Culturellement, il est très proche des Trump, des Américains en général. Il y a une certaine vision du monde commune.
Ce sont des durs. La diplomatie n'est pas leur jeu préféré. Ils ont une vision du Moyen-Orient qui peut se raccorder par moments.
Leurs besoins, leur vision ne sont pas toujours parfaitement alignés. D.Trump aurait préféré négocier avec un régime avec lequel il est impossible de négocier.
Israël rappelle sans arrêt que la menace iranienne est pour Israël une menace existentielle. Il rappelle sans difficulté que matériellement que l'Iran est une menace pour tout le Moyen-Orient et pour le reste du monde. Il est important de rappeler que ce n'est pas Israël qui fabrique la menace iranienne.
Elle est là. Il faut voir comment la traiter. B.Nétanyahou et D.Trump sont souvent alignés, mais pas tout le temps. - A.Casse: On voulait parler du passé de B.Nétanyahou.
Au début, il se voit comme un businessman. Il pense devenir un businessman aux Etats-Unis. La mort de son frère va tout changer.
Il sera rappelé par la politique et l'idéologie. - D.Khalfa: Ca, c'est le récit qu'il en a fait.
Il est né dans une famille qui a le virus politique. Son père est un historien éminent, spécialiste de l'histoire médiévale, notamment des juifs au sein de cette histoire médiévale, de la persécution, de l'inquisition. Mais la réalité, c'est que B.Nétanyahou est militant du Likoud très jeune.
Son père lui-même est secrétaire du père spirituel de la droite israélienne. L'assassinat de son frère dans une opération commando à laquelle il a lui-même participé, en 1976, a joué un rôle majeur, en tout cas, un rôle d'accélérateur majeur de ce processus de politisation. Ce qui est intéressant dans son parcours, c'est qu'il a vécu aux Etats-Unis.
Il est revenu en Israël. D'où son surnom. Quand il revient, c'est un diplomate assez vite repéré par les Israéliens et les Américains. - A.Casse: Il fait beaucoup d'interviews télévisées, dès la mort de son frère.
Il va beaucoup lui rendre hommage. - D.Khalfa: Il y a un travail d'explicitation qui relève de la diplomatie d'influence pour expliquer le positionnement d'Israël, ses intérêts stratégiques dans la région.
Encore une fois, il y a une cohérence politique et idéologique dans son parcours. Les velléités de faire du business, je ne crois pas que ce soit majeur chez lui. Il a étudié au MIT.