Expulsion des "délinquants étrangers": l'interview intégrale de Gérald Darmanin sur BFMTV
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Bonsoir M. Darmanin. Est-ce que je reçois le Lucky Luke du tweet ? Ce n'est pas moi qui utilise cette expression, c'est un policier hier qui était sur ce plateau et qui vous reprochait finalement en tant que ministre de trop réagir, trop rapidement.
Ce qui est certain, c'est que moi j'essaye d'être au rendez-vous des difficultés des Français. Et donc moi je veux redire que je ne regrette absolument rien de ce que j'ai pu annoncer hier. D'abord parce que les policiers ont été agressés de manière absolue. On va sur le scandale qu'est un quartier à Lyon qui ne répond pas tout à fait aux lois de la République et que les policiers sont là pour les faire respecter de façon très courageuse. On reviendra sur ces trois policiers, mais on fait des choses très courageuses. Et puis deuxièmement, à la fin des fins, il y a eu une interpellation.
Cette interpellation certes n'était pas en rapport, après ce que dit le procureur de la République en effet, avec les agressions des policiers. Mais voilà quelqu'un qui a été de nombreuses fois condamné et qui par ailleurs était étranger en situation irrégulière. Donc je n'allais pas le relâcher. Je n'allais pas dire, puisque ce n'est pas en lien avec l'enquête, cette personne qui est récidiviste et qui est irrégulièrement sur le territoire national peut repartir tranquillement dans les rues Lyon. Ben non, je pense qu'il faut en tirer des conclusions, c'est ce que j'ai dit. Et on l'a mis en centre de rétention.
Est-ce que cette personne est expulsée ? Non, elle est toujours sur notre territoire.
Elle est dans un centre de rétention administratif à Lyon. Et nous avons trois mois, puisque c'est la loi, pour l'expulser. Et je vais y mettre comme je le fais sur chacun des dossiers, puisqu'on a expulsé plus de 3 000 personnes, plus de 3 000 étrangers délinquants depuis que je suis ministre de l'Intérieur. Parfois, je le fais personnellement, cas par cas. J'appelle mes homologues à l'étranger. Lorsque j'ai des décisions de justice, puisqu'il y a des recours sur la décision que je prends, évidemment, on est en démocratie. Lorsque j'obtiens des bonnes décisions de justice, au sens où ça me donne raison, on arrive à les expulser.
– Alors du coup, vous avez fait de l'expulsion des étrangers délinquants l'une de vos priorités estivales. Mais on est très loin de l'objectif qui avait été fixé par le chef de l'État et par vous-même, c'était 100% d'obligation de quitter le territoire et exécuter. C'est un objectif fixé en 2020. Qu'est-ce qui coince, en fait ?
– Alors, non, ce n'est pas un objectif d'abord estival. Ce n'est pas une mode. Ça fait deux ans que l'un de mes axes politiques à l'ordre du président de la République, c'est de lutter fortement contre la délinquance. Lorsque les gens sont français, évidemment, ils vont en prison. Lorsque la justice les condamne, bien sûr. Lorsqu'ils sont étrangers, qu'ils ont un titre de séjour, moi je détériore le titre de séjour, c'est-à-dire que je demande au préfet de retirer le titre de séjour ou de passer de 10 ans de titre de séjour à un an. Je voudrais dire ici qu'on a réussi à dégrader 70 000 titres de séjour.
C'est-à-dire qu'on a pris des étrangers qui avaient commis des actes criminels ou délictuels et qu'on leur a dit vous ne pouvez pas rester en France. Et puis lorsqu'ils sont irréguliers, effectivement, on leur donne la possibilité de repartir soit de leur propre gré, soit surtout des expulsions. Alors ce que nous essayons de faire, bien sûr, c'est qu'il faut obtenir 100% de ces expulsions.
Mais comme on ne peut pas obtenir 100% de ces expulsions, pour des raisons que je pourrais développer si vous le souhaitez, bien évidemment, qui sont parfois des raisons diplomatiques, parfois des raisons de justice, on a décidé de se concentrer, ça me paraît une bonne politique, contre les étrangers qui commettent des actes délictuels. Pour faire très vite, je préfère que nous gardons sur le sol national un étranger qui, certes, est irrégulièrement sur le territoire national, mais qui souhaite travailler, qui respecte les lois de la République, et qui peut-être veut s'insérer dans la société.
Et si on avait été à la place d'une famille d'étrangers qui quittait une dictature, qui quittait la misère, on peut comprendre le choix de venir en France, même si on ne peut pas accepter qu'il vienne illégalement, plutôt que de garder sur le sol national un étranger qui a commis des actes de délinquance. Entre deux personnes qu'on doit expulser, je priorise évidemment celle qui a commis des actes de délinquance.
– Mais alors c'est un peu une double peine en fait, c'est-à-dire que l'étranger qui commet un acte de délinquance sur le territoire sera donc condamné, fera une peine, et ensuite il y a une autre peine qui arrive, c'est l'obligation de quitter le territoire. La gauche parle de double peine.
– Moi j'assume le rétablissement d'une forme de double peine. Personne ne comprend, alors que la France est généreuse, moi-même j'ai deux grands-pères qui viennent de l'autre côté de la Méditerranée, tout le monde a ses histoires personnelles, la France est généreuse et accueille les étrangers qui veulent vivre sur notre sol avec, je crois, les bras ouverts. Il n'y a pas d'autre pays, je crois, aussi généreux qu'est la France. La contrepartie de cette générosité, c'est de respecter les règles de la République, respecter les policiers, ne pas trafiquer du sup, ne pas être condamné pour violences conjugales. Ça me paraît de bon sens. Donc oui, j'assume une forme de double peine.
Quand on est étranger, quand on vient sur le sol national, on a un devoir qui est celui de respecter les règles de la République, sinon on s'en va. – Anne-Sorard Dubois.
– Avant de parler dans le détail de la mise en place et de l'application des OQTF, SOS Racisme dit que vous faites une dérive digne de Marine Le Pen. Est-ce que vous assumez de parler, dans la philosophie de ce que vous dites, de vos derniers tweets, à l'électorat peut-être du Rassemblement national, dont c'est une thématique forte et récurrente depuis longtemps ?
– Non mais je pense que c'est d'abord une politique de bon sens. Nous, on juge les étrangers pour ce qu'ils font, et pas pour ce qu'ils sont. Je n'ai pas le comportement de Mme Le Pen ou des représentants du Front national qui trouvent que les étrangers sont mauvais, si j'ose dire, quasiment par principe, c'est vous qui l'avez dit, par nature. – Non, non, j'ai fait. – Je caricature, mais c'est à peu près ça le débat. Je ne suis pas non plus d'extrême-gauche qui considère que par nature, il n'y a pas de nationalité, il n'y a pas de règles et qu'on doit accepter tout le monde sur le territoire national.
Moi, je suis un élu de province, une ville difficile, travailleuse, qui a longtemps voté pour le Front national, et depuis que je m'y présente, je constate qu'elle est rentrée avec d'autres dans le champ républicain. Pourquoi ? Parce que je pense que je tiens un discours et j'ai des actes de bon sens. – Donc vous parlez un peu à cet électorat d'une certaine façon. – Mais je parle à tous les Français. – Y compris ? – Mais ça veut dire quoi ? Quand Mme Le Pen fait 42% avec son présidentiel, il ne faudrait pas parler à ces 42% de personnes, mais c'est complètement faux. Ou alors, avec ce genre de comportement, on prépare l'élection d'une ou d'un populiste à la prochaine présidentielle.
Nous avons des failles, on n'a pas toujours été extrêmement efficace sur tout, c'est tout à fait vrai, il faut écouter avec humilité les critiques qui nous sont posées. Mais que veulent le peuple français ? Et que veulent d'ailleurs les étrangers qui se comportent, et c'est l'immense majorité, bien sur le territoire national ? Qu'on respecte les règles de la République. Voilà, qu'on respecte les lois, qu'on respecte nos valeurs, et qu'on ne fasse pas de crimes ni de délits quand on est un étranger. Surtout quand on est un étranger en situation irrégulière.
Ça me paraît le bon sens. – Mais quelles sont les contraintes aujourd'hui qu'il faut lever pour faciliter l'application de ces obligations de quitter le territoire ? Parce que vous avez annoncé une loi pour lever, je cite, les réserves législatives, alors qu'elles sont-elles ?
– D'abord, aujourd'hui, le droit actuel nous autorise à faire beaucoup de choses. Je l'ai dit, depuis deux ans, on a expulsé 3 000 délinquants étrangers. Nous avons à la fois des difficultés qui sont dans l'ordre législatif, par exemple lorsqu'un étranger est arrivé en France avant l'âge de 13 ans, nous avons aujourd'hui une disposition législative qui nous empêche de l'expulser. Donc ce n'est pas à valeur constitutionnelle, c'est une valeur législative. Moi, je propose qu'on retire cette disposition. – On puisse donc expulser les mineurs ?
– Non, ce n'est pas le sujet, on ne peut pas expulser les mineurs, et ça c'est normal de ne pas pouvoir le faire, c'est le juge qui peut éventuellement le faire s'il a envie de le faire, mais pas le préfet. Mais une personne qui arrive, qui a 19 ans ou 20 ans, et qui est arrivée en France avant l'âge de 13 ans, aujourd'hui la loi empêche de l'expulser, alors qu'elle reste dans une nationalité d'un autre pays.
Donc ça, ça fait partie des choses qu'il faut à mon avis lever, ce qu'on appelle des réserves d'ordre public, et qui effectivement dit, lorsque vous commettez des crimes et délits graves, on ne parle pas des voleurs de pommes, on parle des gens qui ont attaqué des policiers, qui font du trafic de stupes, qui battent leurs femmes, vous voyez, c'est quand même des crimes et des délits graves, il ne s'agit pas encore une fois de quelqu'un qui conduirait mal par rapport au code de la route, et bien on ait la possibilité de pouvoir l'expulser. Ensuite, il y a un sujet qui est un sujet d'organisation du ministère de l'Intérieur, il faut qu'on améliore les choses.
C'est notamment, il n'y a pas assez de places de rétention, pour dire à un étranger, vous avez un arrêté, vous devez aller dans un centre en attendant votre expulsion. Je vais aller très bientôt à Lyon, et nous allons ouvrir d'ailleurs un nouveau centre, et donc on doit construire plus de places de rétention. Et puis après, il y a un troisième sujet, qui est un sujet diplomatique, c'est que pour expulser ces personnes de nationalité du PIX, encore que ce PIX accepte. Alors, en général, il pose d'abord la question de savoir, est-ce qu'il est vraiment mon national ? Est-ce que c'est vraiment quelqu'un de ma nationalité ?
Et donc on a des discussions, parfois ça se passe bien avec certains pays, ça se passe mal avec d'autres. Lesquels ? Quels sont les pays qui sont les plus… Je ne suis pas là pour faire du name-dropping, parce que dès qu'on donne des noms, ça va que c'est effectivement ces nationalités, et on a du mal, on progresse avec la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. Comme je l'ai dit ce matin, on a 25% d'expulsions supplémentaires réussies au premier semestre, dont 50% de plus dans les pays que vous avez…
Est-ce qu'on peut faire pression sur ces pays pour qu'ils acceptent de récupérer leurs ressortissants ?
Mais je pense que notre sujet, c'est un sujet de très bonne collaboration diplomatique et d'information. C'est parfois un peu de notre faute, quand on n'arrive pas à définir… On ne peut pas faire pression sur le nombre de visas délivrés, par exemple ? La nationalité, c'est ce qu'on a fait en partie. Ça ne marche pas toujours aussi bien que ça. Je pense qu'il faut surtout un rapport d'amitié avec ces pays-là. Moi, je vais reprendre, comme la ministre des Affaires étrangères le fait en ce moment même, des discussions avec eux. Je pense qu'on a beaucoup progressé. Et je pense que c'est grâce aux actions qu'a fait le président de la République.
Après, il faut le dire aux Français, des gens qui ne sont pas expulsables. C'est-à-dire ? Des gens qui viennent de Syrie, des gens qui viennent d'Afghanistan. Moi, j'assume, mais je le dis aux Français, on ne va pas expulser en Syrie et en Afghanistan aujourd'hui des gens parce qu'on n'a pas de relation avec des dictatures comme les talibans. Et on ne va pas renvoyer. De toute façon, on n'a pas d'avion.
Lorsqu'ils ont commis des délits ou des crimes,
qu'est-ce qui se passe dans ce jeu ? Le but du jeu, si j'ose dire, c'est qu'ils fassent quand même leur peine de prison en France et qu'ensuite on puisse les surveiller. Mais bien sûr, moi, j'assume, c'est une limite que j'ai avec le Front National, par exemple, de ne pas expulser dans ces pays.
On ne va pas les renvoyer dans des pays en guerre.
On ne va pas envoyer un Afghan chez les talibans. Effectivement, qu'on n'a pas de relation diplomatique à avoir avec le régime des talibans.
Pour qu'on comprenne bien ce dossier, combien d'obligations de quitter les territoires qu'on devrait exécuter en France ? C'est de quel ordre ?
Aujourd'hui, on est à 30% d'exécutés. Oui, mais combien ne sont pas exécutés ? Pour avoir ces 30% ?
À définition, 70%. Oui, mais ça fait combien en nombre ? Est-ce que c'est 120 000, 150 000 ?
Pour vous donner un exemple, au premier semestre, on a réussi à expulser 9 850 personnes à peu près. Ça fait à peu près 30%. Donc il y a 20 000 personnes dans ce semestre qu'on n'a pas réussi à expulser. Alors moi, j'entends le débat de dire « Pourquoi vous ne les expulsez pas ? » Ces gens font des recours aussi. Il faut bien comprendre que quand on fait un arrêté d'expulsion, l'étranger, même en situation régulière, et c'est la grandeur de notre démocratie, prend des avocats, va au tribunal administratif et fait un recours, puis il y a un appel. Donc quand on dit que c'est très important, ces arrêtés d'expulsion ne sont pas appliqués. Parfois, c'est notre mauvaise organisation.
Parfois, c'est la mauvaise volonté des pays qui les accueillent. Mais c'est aussi le temps de la justice et c'est normal.
Et le temps des recours, le tribunal administratif suspend l'obligation de quitter le territoire français, normalement pour trois mois. Mais très souvent, le délai est très supérieur. Est-ce qu'il y a une coopération avec Éric Dupond-Moretti, avec la justice sur ce chapitre-là ?
Notamment avec la justice administrative, et avec Éric Dupond-Moretti, et notamment avec le Conseil d'État, qui est un peu le juge de ses jurisprudences. Et donc c'est ce travail que nous allons faire, notamment dans les prochains textes législatifs que nous pourrions proposer en lien avec le garde des Sceaux. C'est un manque de moyens ? Non, c'est un manque parfois d'organisation aussi. 60% du contentieux des tribunaux administratifs, aujourd'hui c'est le droit des étrangers. Donc on n'est sans doute pas très bien organisé, il faut améliorer ça, et ça c'est la loi. Je veux aussi dire qu'on a un petit problème, c'est que les EQTF, les arrêtés d'expulsion, ne durent qu'une seule année.
L'Europe nous permet de faire deux ans, et quand cette durée est finie, vous ne pouvez plus expulser la personne. Donc vous avez des gens qui ne sont ni régularisables, ni expulsables. Évidemment, les Français trouvent ça fou, et ils n'ont pas tout à fait tort. Et donc l'une des propositions, c'est sans doute d'allonger la durée, pour laisser le recours prospérer, d'allonger la durée de l'arrêté du préfet d'expulsion.
Il faut aussi aller les chercher. Ça fait partie, pardon ? Il faut ensuite aller les chercher, ces personnes qui sont visées par une obligation de quitter.
À Lyon, par exemple, on est tombé dessus un peu par hasard, en fait, dans une interpellation. Alors là, en l'occurrence... Si la personne n'est jamais contrôlée, elle échappe à son obligation.
C'est le principe des contrôles de police. Moi, je prends l'exemple de Lyon, dans le quartier évoqué. Depuis le 1er janvier, il y a eu à la fois 475 interpellations dans ce quartier, ce qui prouve que la police fait beaucoup son travail dans ce quartier. Et par ailleurs, il y a eu 80 étrangers en situation régulière qui ont été interpellés depuis le 1er janvier. J'ai d'ailleurs eu très récemment M. le préfet pour lui demander, ben voilà, que sont devenues ces personnes, combien sont en cras, combien sont en expulsion, quel ministre de l'intérieur de notre pays, il faut que j'appelle, combien a-t-il des recours.
Donc les policiers, il va falloir travailler tous les jours à contrôler l'identité des personnes. Mais ce que je voudrais quand même souligner ici, c'est que l'immense majorité des gens, y compris qui doivent retourner dans le pays, ne sont pas des délinquants. Et ce que les Français doivent comprendre, c'est que moi, je suis tout à fait prêt, et je le fais tous les jours, de régulariser une personne de 19 ans, ou 20 ans, ou 25 ans, ou 30 ans, qui est arrivée sur le territoire national illégalement, mais qui veut travailler, qui veut s'intégrer, qui apprend le français, qui respecte les règles de la République.
En revanche, je ne suis pas pour qu'on garde sur le sol, et qui apporte ce que disent les bien-pensants, des gens qui commettent des actes de délinquance.
Et cette nouvelle loi que vous annoncez, cette nouvelle loi pour lever toutes ces réserves, ces contraintes, c'est une loi qui sera présentée en septembre ?
En entrant discuter avec Mme la Première Ministre, en tout cas, la volonté du président de la République, c'est qu'assez vite, nous puissions présenter ce texte au Parlement.
Et pour la faire voter, puisqu'il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, vous allez vous appuyer sur les Républicains ? Vous allez demander aux Républicains de s'y associer ?
Mais je crois que tous les parlementaires de bon sens, s'ils sont en lien avec leur circonscription, les services de police, la vie, tout simplement, souhaitent qu'on régularise les étrangers qui vivent sur le sol national et qui veulent travailler, respecter les règles de la République, et qu'on se sépare des étrangers qui sont délinquants. Donc je pense que de bon sens, ce texte va être voté,
à mon avis, à une certaine unanimité. Il y en a aussi qui veulent arrêter l'immigration purement et simplement. Pour vous, la France reste une terre d'asile, est une terre d'asile.
Mais là, du coup, on a un décalage, avec notamment les discours du Rassemblement national,
pas seulement eux. Éric Ciotti, par exemple, pardon, mais Éric Ciotti publiait les chiffres de l'immigration en France pour 2021. Acquisition de la nationalité française, plus 53 %, attribution de l'asile, plus 63 %. Voilà ce qu'il dit. Depuis 2017, c'est l'équivalent de la ville de Paris qui est entrée sur le territoire national.
Oui, mais c'est là où on a un problème. Moi, je respecte M. Ciotti, mais de philosophie politique. Moi, l'important n'est pas la quantité d'étrangers. L'important, c'est des étrangers qui respectent les règles de la République et qui veulent s'intégrer.
Oui, mais est-ce qu'on contrôle cette arrivée d'étrangers ou est-ce que finalement, ça nous échappe et après, finalement, on l'accepte parce que c'est un état de fait ?
Ça ne nous échappe pas. On a beaucoup moins d'immigrés clandestins que la Grande-Bretagne. On en expulse bien plus que l'Italie, que l'Espagne, que l'Allemagne.
La France maîtrise son immigration.
On peut toujours améliorer, évidemment, bien sûr, et notamment sur les expulsions. Je ne dis pas que tout est parfait. Je dis juste qu'il ne faut pas raisonner en quantité. Quand M. Suti parle de l'asile, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui décide de l'asile. Quand vous avez l'asile en France, c'est parce que vous êtes pourchassé en raison soit de votre sexualité, soit de vos opinions politiques. Que veut M. Suti ? Qu'on mette fin à l'asile ? Ça existe depuis la Révolution française. On est heureux que les familles yézidis, chrétiennes qui sont persécutées, puissent retrouver l'asile en France.
Heureusement qu'il n'y a pas de quota pour dire « Ah non, on prend que 10 yézidis et pas 15 ». Bon, ça n'a pas de sens. Donc, autant je pense qu'on peut être très ferme comme je le suis ou comme je pense que nous pouvons l'être collectivement sur ceux qui commettent des actes délictuels et criminels. Ils doivent partir. Oui, on doit rétablir la double peine de ce point de vue. Autant je pense qu'il ne faut pas mettre des quotas sur les étrangers parce qu'ils veulent s'intégrer, ils veulent travailler et ils veulent vivre dans ce beau pays qu'est la France.
Concernant les obligations de quitter le territoire français, est-ce que vous voulez à nouveau aujourd'hui vous engager sur un pourcentage d'obligations de quitter le territoire français qui sera effectivement effectif d'ici un délai, la fin du quinquennat ? Est-ce que vous avez...
Oui, le président de la République a raison. Il faut que 100% des arrêtés d'expulsion qui sont confirmés par la justice soient exécutés. On a encore beaucoup de travail. D'ici ? Le plus rapidement possible. Voilà, je ne sais pas si j'aurai jusqu'au bout du quinquennat au ministère de l'Intérieur, mais le plus rapidement possible. Moi, je préside moi-même trois réunions par semaine sur ce sujet. C'est un sujet très technique et compliqué avec beaucoup d'échanges internationaux. Nous-mêmes, on peut encore largement s'améliorer. On va aussi augmenter le nombre de policiers qui s'occupent de la police aux frontières.
Et je pense qu'on peut atteindre l'objectif évoqué avec quelques mesures législatives qui nous permettent d'aller encore plus vite.
Dans deux ans, ce sont les Jeux olympiques avec un gros défi concernant la sécurité. Ce matin, Jordan Bardella a été l'invité de BFM TV, le président de l'Assemblée nationale. Il ne vous croit pas capable de relever ce défi. On va l'écouter. Vous allez pouvoir réagir. Je pense que M. Darmanin est incapable d'assurer la sécurité des Jeux olympiques. – Pourquoi ? – Parce que la France entière a vu un ministre de l'Intérieur dans l'affaire du Stade de France se délester de sa responsabilité alors qu'il y a eu là-bas de véritables rasiats, des scènes de chaos. La France est incapable aujourd'hui d'organiser le moindre événement sans qu'il se passe des agressions.
Alors, si je complétais ce qu'il disait, j'ai fait un petit calcul. C'est 600 000 personnes qu'on va accueillir chaque jour pendant trois semaines. C'est huit stades de France par jour à gérer. On va y arriver ?
– D'abord, depuis le match du Stade de France, il y a eu quatre grands matchs au Stade de France avec une jauge pleine, parfois des matchs à enjeu où il s'est rien passé si ce n'est que du sport. Et on le doit aux policiers de la République et aux gendarmes bien évidemment. – Et aussi des concerts de musique qui se sont bien passés. – Oui, à Marseille, à Paris.
Deuxièmement, comparer un match de football Real Madrid-Liverpool avec des épreuves très importantes mais qui ne sont pas des matchs de football et qui ne puissent pas le Real Madrid à Liverpool ailleurs sur le territoire national, du waterpolo, du volleyball, l'équitation, c'est objectivement faire de la politique politicienne comme le fait M. le député.
– Il y a quand même un défi de sécurité, notamment la cérémonie d'ouverture qui a été voulue sur la Seine. Ça inquiète beaucoup de gens.
– Évidemment. Après, nous sommes un grand pays et nous avons des policiers, des gendarmes de grande qualité. On a une sécurité privée de grande qualité également.
– Il en faudra beaucoup là. 22 000, c'est ça ? Combien ?
– Il faut 11 000 policiers et gendarmes par jour hors cérémonie d'ouverture et il faut entre 20 000 et 25 000 agents de sécurité privés.
– On va les trouver ? On va les recrutiser ?
– Nous y travaillons. Moi, je voudrais aussi lancer un appel pour dire aux Françaises et aux Français, aux étrangers d'ailleurs aussi en situation régulière qu'ils peuvent trouver là un beau gisement d'emploi, de formation très important avec des professionnels, je crois, qui ont envie de nous faire monter en gamme ce beau métier de la sécurité privée. On a deux ans pour y travailler, on y travaille. Il y a aussi des moyens technologiques. Vous savez, c'est pour ça que le débat est plus important que ces politiques aéries. La lutte anti-drone, les attentats de demain seront sans doute des drones chargés d'explosifs qui iront sur une foule comme ça se passe sur des théâtres étrangers.
Et donc, on doit couvrir le ciel des événements et notamment la série d'ouverture de lutte anti-drone. On y travaille avec le ministère des armées. La foule, la série d'ouverture, c'est des centaines de milliers de personnes. On a les moyens
de se protéger contre ça ?
Oui, on a des moyens. Alors aujourd'hui, on doit mettre beaucoup d'investissements, d'où la loi que je propose à la demande de la première ministre.
C'est assez inquiétant quand même, dit comme ça,
c'est naturellement à rassurer les Français. Les menaces de demain, la police de demain, ce sera une police qui luttera contre les attaques cyber, qui attaquera un hôpital ou des feux rouges en même temps qu'un attentat. Ce sera des attaques anti-drone. Et donc, il faut bien comprendre que le travail du ministre de l'Intérieur, c'est bien sûr gérer la sécurité d'aujourd'hui, mais d'imaginer la sécurité de demain.
J'en profite pour vous demander quel est l'état aujourd'hui de la menace terroriste en France ?
Cette menace terroriste, elle continue à être très importante sur le territoire national, notamment de ce qu'on appelle nous la menace endogène, c'est-à-dire non pas des organisations de l'extérieur qui, comme les attentats du Bataclan, viennent avec des groupes armés, rentrer dans une salle de spectacle et coordonner depuis l'extérieur avec des financements extérieurs. Ça peut arriver, mais c'est moins probable du fait de l'action mais la menace endogène, quelqu'un qui prend un couteau, qui prend un pistolet, qui rentre dans une boulangerie, qui va dans la rue et qui tue des gens, cette menace est très forte et notamment la menace islamiste.
Mais je ne veux pas non plus oublier la menace de l'ultra-droite, même s'il est très minoritaire par la menace islamiste. Nous arrêtons chaque mois des personnes véléitaires capables de commettre ces attentats. En tout cas, on sera prêt dans deux ans ? Je vais tout faire pour. Je suis en responsabilité comme le président de la République l'a évoqué de la sécurité des Jeux Olympiques et Paralympiques et je vais mettre mon énergie à le faire et à, en même temps, si j'ose dire, remplir le nouveau défi de sécurité pour les Français.
Merci Gérald Darmanin d'être venu sur le plateau de BFM Story.
Gérald Darmanin