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AutreFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 9 novembre 2024 59 minContradictoireMixte

États-Unis : les leçons du scrutin

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Présentateur

France Culture, Affaires étrangères, Christine Ockrent.

0:15
Invité politique

Bonjour à tous. C'est une victoire massive, incontestable, et cette fois-ci, les perdants ne se sont pas précipités pour crier au loup. Mardi dernier, en remportant la majorité des États et quelques 4 millions de voix de plus que son adversaire démocrate, Donald Trump a réussi le retour le plus fracassant de l'histoire politique américaine. Sous son emprise, le parti républicain va prendre le contrôle du Sénat et continuera sans doute à dominer la Chambre des représentants, même si une dizaine de sièges sont encore en suspens. C'est donc bien celui qui, il y a 4 ans, avait nié sa défaite, lancé ses partisans à l'assaut du Capitole et promis la vengeance.

Celui que plusieurs inculpations en cours semblaient plutôt destinées à la case prison, c'est bien cet homme de 78 ans qui, en janvier prochain, deviendra le 47e président des États-Unis et jurera une nouvelle fois de protéger la Constitution. Pour tous ceux qui aiment ce pays, son énergie, sa culture, au risque de l'idéaliser, ceux qui connaissent son histoire politique, cette dernière campagne électorale aura été éprouvant.

Avec ses multiples soubresauts, deux tentatives d'assassinat, le retrait d'un Biden à bout de force, l'entrée en liste ardive d'une vice-présidente qui n'avait pas marqué les esprits, le contraste entre cette femme noire, juriste, ancienne procureure, et le milliardaire machiste dénonçant ceux qu'il appelle les ennemis de l'intérieur, cette violence verbale, cette vulgarité, la désinformation massive sur les réseaux sociaux, l'angoisse aussi à l'idée d'une nouvelle guerre civile dans cette société fracturée et gavée d'armes à feu, et finalement, cette vague rouge qui révèle à quel point le pouvoir d'achat et l'immigration ont balayé dans l'esprit des Américains toute autre considération.

Les marchés financiers se sont envolés, les milieux d'affaires exultent. Il n'y a guère qu'en Europe où l'inquiétude s'exprime au grand jour, il suffisait d'observer les chefs d'État et de gouvernement réunis jusqu'à hier en sommet à Budapest. Comment expliquer le triomphe de Trump ? Que révèle-t-il des vrais clivages de la société américaine ? Le processus démocratique a fonctionné sans accroc. Alors est d'un second mandat ? Qui fera maintenant partie de la nouvelle équipe ? Quels seront les contre-pouvoirs ? Autrement dit, que faut-il attendre de Donald Trump, deuxième saison ? C'est ce que nous allons comprendre ce matin grâce à vous, Anne Désine. Vous êtes professeure des universités.

Laurence Nardon, responsable du programme Amérique à l'Institut français des relations internationales. Gérard Harrault, ambassadeur de France. Vous avez été longtemps en poste en dirigeant la délégation française à l'ONU et vous étiez ambassadeur à Washington. Laurie Kenton, maître de conférences à l'Université de Versailles, Saint-Quentin en Yvelines. Gérard Harrault, je me souviens qu'en novembre 2016, lors de la première victoire de Donald Trump, vous étiez en poste à Washington, ambassadeur de France. Et vous avez tweeté, ce n'était pas encore Elon Musk, vous avez tweeté, un monde s'effondre sous nos yeux, un vertige. Évidemment, sueur froide au Quai d'Orsay et moi à la Maison Blanche.

Maintenant que Donald Trump va faire ce retour à Washington, quel est votre diagnostic de cette seconde victoire ?

3:56
Invité

D'abord, ce tweet, il n'y a pas eu des mois à la Maison Blanche du tout. C'était seulement en France qu'on y a réagi. Parce que je ne critiquais pas du tout Donald Trump. C'était une manière de dire qu'après Brexit, puisque c'est ça la première phrase, après Brexit, l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis prouvait qu'en réalité, une crise profonde traversait les démocraties occidentales, une crise que nous n'avions pas perçue. Et j'ai eu tort d'écrire ce tweet, mais j'avais raison dans le diagnostic. Et la réélection de Donald Trump nous prouve que cette crise des démocraties libérales, les Etats-Unis ne l'ont toujours pas surmontée.

4:39
Invité politique

Ils ne l'ont pas surmontée, ou plutôt ils expriment d'une manière qui nous paraît à nous excessive, mais qui correspond en fait au soubresaut de la vie politique américaine dans son histoire.

4:56
Invité

Alors moi j'ai eu une tendance sur ce sujet, quand j'étais à Washington aussi, à voir la crise politique américaine dans la crise, comme je le disais, plus globale des démocraties occidentales. Je trouve que ce qui est intéressant aussi pour nous, Européens, c'est que les Etats-Unis, en général les Américains, font tout de manière peut-être plus excessive, plus outrancière que nous. Et donc il est plus facile de comprendre une crise en l'examinant aux Etats-Unis.

Mais honnêtement, quand on regarde l'Europe, y compris la France d'ailleurs, on voit bien qu'il y a partout un nombre substantiel de nos concitoyens qui remettent en cause la démocratie libérale, et qui donc cherchent ailleurs, en dehors des cercles politiques traditionnels, qui cherchent ailleurs à exprimer leur colère, qui se tournent donc vers ce que l'on appelle les populismes, en disant, nous n'avons plus accès à la table, et donc nous sommes prêts à la renverser.

Joe Biden en était conscient, il a essayé de répondre à cette colère, notamment de manière économique, en lançant des grands travaux, en réaffirmant un protectionnisme qu'avait déjà annoncé Donald Trump, mais visiblement, il n'a pas réussi, et on pourra en parler, et l'inflation a joué sans doute un rôle central, comme vous le rappeliez dans votre introduction, mais la crise des démocraties occidentales est toujours là.

6:25
Invité politique

Précisément, Laurence Nardon, on se souvient aussi de l'entrée en fonction de Joe Biden, qui arrivait enfin au poste dont il avait rêvé toute sa vie, et dans son allocution, au moment de la prestation de serment, il avait laissé entendre qu'en gros, Donald Trump avait été une aberration, une parenthèse, et aujourd'hui, on a le sentiment que c'est exactement l'inverse, que c'est Joe Biden qui a été une sorte de parenthèse, une parenthèse que Donald Trump lui-même, en disant le jour même, le matin même des résultats, en disant, mais j'aurais jamais dû quitter le pouvoir.

7:10
Invité

Oui, la différence, c'est qu'en 2016, effectivement, Trump n'avait pas gagné le vote populaire, il avait eu moins de voix qu'Hillary Clinton, je crois que c'était 63 pour lui, 66 pour elle, alors qu'aujourd'hui, il a gagné le vote populaire, 74 millions de voix pour lui, et je crois qu'on est autour de 70 pour Kamala Harris, les chiffres ne sont pas absolument complets. Pardon, je vous interromps, mais c'est la première fois qu'un républicain remporte le vote populaire depuis W. Bush. 1988, en effet. 2004. 2004 ? Oui, d'accord. C'était W. Bush, c'était après le 11 septembre.

Et du coup, il n'y a pas cette fois-ci, en 2024, ce sentiment, alors déjà de stupéfaction qu'ont eues l'ensemble des Américains et du monde en 2016, puisque très peu de gens s'attendaient véritablement à une victoire de Donald Trump à l'époque, sentiment de stupéfaction, mais aussi d'injustice à l'époque, qui avait été d'ailleurs soulevé très longtemps par les démocrates, le fait que le président Trump n'avait pas vraiment gagné par rapport à Hillary Clinton, qui avait eu plus de voix que lui. Et donc là, cette fois-ci, il faut bien se rendre à l'évidence, en effet, que Trump a suscité l'enthousiasme, en tout cas l'adhésion, de plus d'Américains que Kamala Harris.

Et c'est d'autant plus injuste, comme le disait Gérard Haro, que Biden était arrivé au pouvoir en semblant avoir véritablement compris la détresse des classes moyennes et avoir un projet économique pour les ramener dans le giron de la démocratie libérale, si vous voulez, avec les Bidenomics.

8:46
Invité politique

Mais des Bidenomics, dont les chiffres en termes macroéconomiques paraissent impressionnants, et surtout par rapport aux chiffres européens et français, néanmoins, les retombées de cet énorme programme d'investissement qui a fait grimper l'inflation, mais qui a créé 16 000 emplois, ces retombées-là ne seront palpables pour le consommateur américain qu'au moment où Donald Trump pourra dire

9:18
Invité

« c'est grâce à moi ». Il ne s'en privera certainement pas, mais je dirais que c'est presque plus grave, parce que quand on interroge les Américains sur les Bidenomics, alors déjà, en effet, ils n'en voient pas de résultats positifs pour eux, sans doute à tort, ils ne voient que l'inflation, mais plus grave, ils disent qu'ils ne veulent pas d'un tel programme d'investissement fédéraux, même les personnes à qui il est destiné continuent à penser, un peu à la Reagan, que finalement, les Américains, les gens, dans cette philosophie politique encore très ancrée aux Etats-Unis de l'individualisme et surtout du mythe de l'individu entrepreneur, les gens doivent s'en sortir tout seuls.

Avoir des subsides de l'État, que ce soit pour le chômage ou la santé, etc., finalement, n'est pas du tout dans leur ADN, au contraire de nous, Français, pour qui c'est tout naturel. ce qui est évident,

10:12
Invité politique

c'est que les Américains en masse ont voté pour un Donald Trump dont ils savent à peu près tout. Ils savent exactement à qui ils ont affaire et bien évidemment, cela peut choquer en particulier quand on voit ces dossiers judiciaires qui sont quand même conséquents rappelez-les-nous à commencer par ce dossier à New York où là, il a été déclaré coupable et en fait, voilà, le procureur aurait dû décider à la fin de ce mois-ci si Donald Trump devait aller en prison ou pas.

10:58
Invité

Oui, mais je pense que ces résultats sont surtout l'échec double de la candidate qui n'a pas su faire passer un message clair sur sa politique économique. C'est un petit patchwork classe moyenne, un petit programme, ci, cela, et du Parti démocrate qui va devoir se poser des questions sur est-ce que je peux rester indéfiniment le parti de tous ces groupes ethno-ratio-sexuel, etc., et des élites. Et la réponse est non.

Alors, les procès de Trump, c'est quelque chose d'extrêmement intéressant parce qu'il avait pratiquement disparu du radar politique quand ont eu lieu les premières mises en examen et en particulier celle de New York sur des délits mineurs et cela a signé son retour sur la scène politique parce qu'il a pu jouer à la victime, il fait ça très très bien, donc monter dans les fondages alors qu'il avait disparu et collecte de fonds massifs des Américains. On se souvient d'ailleurs

11:52
Invité politique

de sa photo de police judiciaire dont il fait aussitôt des tasses à café et effectivement une manière de se poser en martyr

12:04
Invité

et donc de susciter Oui, et comme il est très bon en communication et puis qu'il ne perd jamais l'idée de gagner quelques dollars, il y a eu tout un marketing d'un certain nombre de choses autour de cette arrestation et en fait sa montée en puissance a continué au fil des autres inculpations, celle de Géorgie, donc l'état dans lequel il a cherché à changer les résultats en réclamant au secrétaire en charge des élections de trouver 11 780 voix écoutez, quand même pendant une heure ce n'est pas très difficile de trouver 11 780 voix et puis surtout les deux procès fédéraux sous la houlette du procureur spécial donc le ministre de la justice pour essayer d'introduire une distance n'a pas voulu que ce soit les procureurs qui gèrent directement le dossier il a nommé un procureur spécial mais ce n'a pas empêché les républicains, les trumpistes et Trump de dire que c'était une instrumentalisation des poursuites contre lui alors ce qui est intéressant c'est qu'on avait toujours dit que s'il était réélu les poursuites disparaîtraient mais en fait elles ont presque disparu d'elles-mêmes à part New York dans lequel je reviendrai dans un instant en Géorgie il y a une sombre histoire de la procureure d'ailleurs exhumée par les avocats

13:09
Invité politique

il a eu la très mauvaisité d'avoir une histoire d'amour

13:12
Invité

avec un avocat qu'elle a fait venir de son procureur adjoint et en plus il partait en week-end et on l'a accusé de profiter de l'argent public alors il y a eu tout un affaire donc c'est presque mort en Géorgie les deux affaires fédérales ont aussi été tuées l'une en Floride celle des documents confidentiels parce que la juge nommée par Trump

13:31
Invité politique

pardon des documents confidentiels conservés par Trump

13:35
Invité

un président nouvellement élu conservé dans sa propriété de Mar-a-Lago voilà en violation de la loi sur les archives nationales de la loi sur la sécurité l'espionnage etc et qu'il a refusé de rendre lorsqu'on lui a proposé gentiment de rendre les cartons et là la juge a dit après tout un tas de manœuvres dilatoires des avocats de Trump pour gagner du temps la juge a dit ah mais non mais le procureur spécial n'a pas été nommé conformément à la confirmation qui voudrait qu'il ait été confirmé alors qu'il y a tout un tas de précédents dans le sens inverse et a littéralement fermé l'affaire donc qui était en appel mais entre temps la cour suprême a donné un feu vert à Trump en gardant sous le boisseau la question de l'immunité les avocats de Trump ont dit mais il jouit de l'immunité donc il ne peut pas y avoir de poursuite l'immunité présidentielle voilà dont le champ a été considérablement élargi voilà donc pour ces poursuites sur l'insurrection du 6 janvier et le fait qu'il a cherché à bloquer la certification et donc le procureur a cherché à demander à la cour suprême d'agir en procédure d'urgence elle a refusé et la cour suprême a finalement rendu une décision seulement le 1er juillet extrêmement large c'est à dire que même si Trump n'avait pas été réélu la tâche du procureur spécial était devenue très compliquée puisque il y a certains des actes de Trump qui sont sans doute des actes non officiels donc non couverts par l'immunité par exemple quand il appelle le fameux secrétaire d'état en Géorgie mais le procureur ne pouvait pas utiliser des actes officiels à l'appui de cette accusation mais ça veut dire en clair

15:09
Invité politique

qu'aujourd'hui tout est gelé d'ailleurs le procureur spécial lui-même Jack Smith hier a dit que il est en train de plier bagage grosso modo voilà il espère ne pas aller en prison parce que les menaces Donald Trump le cite nommément parmi les gens dont il veut vengeance mais Laurie Kenton il y a cette toile de fond judiciaire qui est tout à fait saisissante et qui donc disparaît en quelque sorte dans les limbes mais ce qui demeure et sans revenir sur la carte électorale américaine ce qui demeure c'est la révélation en fait d'une photographie de la société américaine avec des clivages qui ne sont pas ceux que les instituts de sondage en particulier avaient soulignés

15:59
Présentateur

alors certains les avaient soulignés mais les observateurs considéraient que c'était une aberration par exemple la désaffection des jeunes semblait être une aberration parce que les jeunes

16:08
Invité politique

la désaffection des jeunes pour

16:10
Présentateur

les partis démocrates parce que les jeunes appartenaient aux partis démocrates de même que les minorités appartenaient aux partis démocrates et donc un sondage qui annonce que les jeunes semblent favoriser Trump est forcément une aberration donc en fait on avait rétrospectivement un certain nombre d'indices sous les yeux le problème c'est ce que l'on en a fait c'est un petit peu toujours la question qu'on se pose avec le renseignement c'est qu'on a le renseignement mais la question c'est celle du traitement du renseignement et là en fait avec les sondages on avait un certain nombre de choses qui étaient déjà là sur les femmes on voyait très clairement la dissociation entre les hommes et les femmes mais également ce qu'on voyait de plus en plus c'était des femmes blanches mariées qui semblent généralement voter régulièrement républicain puis là qui semblait se dissocier de Trump

16:54
Invité politique

à cause de l'avortement dont on a fait peut-être à l'excès un levier déclenchant un vote pro Kamala Harris et ça a été moins le cas qu'escompté

17:08
Présentateur

assez largement et en réalité les questions économiques et les questions migratoires et sécuritaires ont primé ces questions là parce qu'évidemment quand on a du mal à remplir le frigo les questions d'avortement peuvent être importantes mais elles passent après et donc il y a eu une forme de désaffection pour les thématiques du parti démocrate c'est toujours un pari ces stratégies de communication c'est toujours un pari un pari qui n'est pas forcément gagnant là ce n'était pas un pari gagnant mais elle avait cette espèce d'albatros autour du cou qui était être l'héritière de la présidence Biden et évidemment il y avait un certain nombre de limites à ce qu'elle pouvait espérer faire notamment avec une campagne assez terne finalement et inauthentique

17:54
Invité politique

ce qui frappe aussi c'est que le parti démocrate avait embrassé cette idée que les identity politics autrement dit une une gamme que nous appelons à juste titre communautarisme c'est à dire que ce serait l'identité ethnique qui définirait les penchants politiques et donc le vote et on s'aperçoit dans le vote Trump qu'en fait il est pluri-ethnique

18:30
Présentateur

parce qu'en fait cette stratégie communautariste des démocrates elle est assez ancienne et elle est relativement et tout est dans le relativement elle est relativement confirmée par les sondages et les élections précédentes mais avec des nuances par exemple George W.

Bush fait très bien avec les hispaniques alors là on s'est dit c'est une aberration ben non pas forcément et en fait un certain nombre d'aberrations c'est l'élection d'Obama et donc c'est devenu le l'objectif définitoire et en réalité non c'est quelque chose qui est très supérieur à ce qu'on voit généralement on dit il a fait moins bien en 2012 non en fait il revient à des normes et donc en fait ce qu'on voit là c'est une sorte de rediffusion d'une certaine manière de l'élection de 2004 avec des hispaniques qui font défaut au parti démocrate qui vont vers le parti républicain à tort ou à raison pour un certain nombre de thématiques économiques sécuritaires et en espérant jouer leur intérêt par opposition à un certain nombre de questions judiciaires avortements etc qui ne les concernent pas et l'immigration

19:30
Invité politique

c'est à dire que les hispaniques installés et même des hispaniques légalisées première génération ne veulent pas d'une nouvelle vague

19:40
Présentateur

et on voit ça notamment dans la vallée du Rio Grande au Texas l'exemple qu'on cite beaucoup en ce moment c'est Stark County qui est un tout petit comté mais qui a 98% hispanique c'est difficile de faire plus et qui a voté assez largement pour Donald Trump comme tous les comtés environnants les hispaniques qui sont là légalement voient d'un très mauvais oeil ceux qui ne sont pas là légalement et qui ont à tort ou à raison ce que eux ont dû se battre pour avoir et donc il y a clairement des gens qui se définissent non pas comme hispaniques mais comme américains d'origine hispanique mais ils sont américains et donc ils voient d'un très mauvais oeil cette immigration clandestine et notamment pas forcément l'immigration clandestine mais la façon dont les démocrates et les appareils démocrates les voient comme une sorte d'alpha et d'oméga

20:25
Invité politique

Gérard Harraud dans cette nouvelle photographie au rayon X en fait de la société américaine il y a aussi une dominante qu'on peut qualifier de masculiniste d'une certaine manière dont Trump avec l'excès qu'il caractérise et qui correspond aussi à son extraordinaire talent de communicant c'est ce que Trump exprime le dîner de la victoire à Marais-Lago il y avait évidemment Elon Musk qui est devenu véritablement son grand ami et il faut bien dire son premier bailleur financier mais aussi l'organisateur des championnats de lutte

21:16
Invité

exactement c'est une élection comme on le disait extrêmement genrée où les femmes ont voté pour Kamala Harris et les hommes pour Donald Trump comme je vous l'ai dit j'ai eu une tendance à lire les élections américaines et la crise politique américaine aussi avec un angle européen et ce qui m'avait frappé dans un sondage que j'avais lu c'était de montrer que en France et en Europe on avait une évolution qui était comparable avec les hommes qui maintenant étaient plus à droite que les femmes ce qui comme vous le savez en histoire électorale est assez nouveau traditionnellement on a toujours vu les femmes plus conservatrices que les hommes et et c'est en partie vrai pour les jeunes hommes les jeunes hommes votent majoritairement ont voté majoritairement de manière très sensible pour Trump de la même manière où en France le rassemblement national attire le vote le vote des jeunes hommes

22:22
Invité politique

avec un niveau d'éducation qui est aussi un marqueur

22:27
Invité

le niveau d'éducation qui est aussi un marqueur c'est en effet si vous prenez les jeunes hommes sans diplôme là l'avantage de Donald Trump si j'ose dire et l'avantage de l'extrême droite en France est très net et donc la question à un moment en plaisantant sur un plateau télévision j'ai dit c'est la revanche du barbecue sur le quinoa c'est-à-dire d'une certaine manière c'est le reflet d'une certaine crise de la masculinité dans nos sociétés où des jeunes hommes qui se sentent agressés dans leur mode de vie et bien par réaction vont vers l'extrême droite je dirais au nom du barbecue au nom de la bagnole au nom de tout un mode de vie dont ils ont l'impression que certains partis à gauche notamment et les écologistes tout particulièrement que cette gauche bien-pensante entre guillemets gauche bien-pensante vraiment les prend de haut méprise et méprise leur mode de vie et donc par réaction d'une certaine manière aux Etats-Unis ils ont voté pour Donald Trump évidemment parce que Donald Trump est quasiment une caricature du machiste c'est un peu le reflet à la fois de son âge 78 ans et de sa personnalité et ils osent dire tout haut ce qu'ils n'ont plus le droit à ce qu'ils n'ont plus le droit ils n'ont plus le droit de dire et de dire

23:47
Invité politique

d'abord vis-à-vis des femmes

23:49
Invité

vis-à-vis des femmes c'est tout à fait

23:51
Invité politique

et vis-à-vis de la sexualité

23:52
Invité

exactement c'est donc il y a un côté nous sommes des vrais on n'a plus le droit d'être des mecs et de nouveau je le dis sans mépris absolu parce que je trouve que c'est une question très importante c'est cette coupure cette coupure sociale entre une certaine gauche et une certaine classe populaire et c'est cela le paradoxe c'est que ce milliardaire américain a réussi finalement à attirer une partie des classes populaires à la fois sur les questions économiques c'est l'inflation qui a joué un rôle central ce qui est un peu injuste parce que l'inflation Joe Biden l'a hérité finalement du Covid de Trump mais également des questions sociétales

24:36
Invité politique

avant de revenir sur les questions sociétales en particulier Anne Désine il faut se réjouir d'une évidence c'est que le processus démocratique a parfaitement fonctionné il y a eu des incidents le jour même du vote des urnes brûlées la contestation anticipée en quelque sorte par les républicains dans certains états mais tout cela a bien marché et le parti républicain complètement sous l'emprise de Trump depuis longtemps maintenant prend le contrôle du Sénat qui jusqu'ici qui a été renouvelé à hauteur de un tiers qui jusqu'ici était dominé très légèrement par les démocrates donc maintenant le Sénat est républicain la Chambre des représentants vraisemblablement une fois que les derniers dépouillements en Californie en particulier auront eu lieu la Chambre des représentants a de fortes chances d'être aussi sous contrôle républicain donc où sont les contre-pouvoirs ?

25:45
Invité

Alors tout d'abord pour ceux qui sont très tristes il y a quelques bonnes nouvelles vous avez raison Christine de le souligner c'est que le système électoral a tenu il n'y a pas eu de violence il y a eu en amont beaucoup d'intimidation des personnels électoraux mais ça a tout tenu et le système électoral a montré qu'il y avait l'intégrité du vote ce qui pose une question intéressante pour l'avenir parce que ça faisait quatre ans que toute la sphère je ne peux plus dire républicaine on va dire trumpiste ou maga expliquait que les élections étaient faussées et que de toute façon si Trump avait perdu c'est qu'il y avait un problème intrinsèque au système électoral donc c'est la preuve qu'il a fonctionné est-ce que maintenant cette frange de l'élection va accepter à l'avenir d'autres résultats s'ils ne sont pas les vainqueurs c'est la grande question là la question ne va pas se poser tout de suite elle va se poser dans deux ans et deux mois mais c'est important alors en termes de contre-pouvoir c'est certain qu'il n'en reste pas grand chose quand on regarde les contre-pouvoirs constitutionnels il y a le congrès le pouvoir judiciaire les médias et les états fédérés alors le congrès si les deux chambres sont acquises aux républicains avec à la chambre une majorité de trumpistes et de mouvements magas c'est-à-dire très très radicaux et très religieux oui et très religieux il faudra qu'on revienne là-dessus dans le sénat il y a encore des sénateurs je n'ose pas dire modérés mais pas totalement trumpistes on verra ce que cela donne ensuite le problème que je vois et la grande différence avec le premier mandat c'est que durant le premier mandat les juridictions fédérales et la cour suprême ont joué un rôle de protecteur des droits et libertés et de contre-pouvoir mais le panorama judiciaire est très changé trump nous le savons a nommé plus de 250 juges dans les juridictions de première instance les juridictions d'appel et surtout trois juges à la cour suprême donc à la cour suprême il y a maintenant une majorité de six juges dont certains très radicaux et donc les trois progressistes à part écrire des opinions dissidentes ne peuvent pas faire grand chose donc que se passe-t-il s'il y a des violations de la constitution de la loi comme durant le premier mandat que va dire la cour suprême qui a quand même regardé Trump et la présidence plus globalement avec les yeux de Chimène les yeux de Chimène et les yeux de Chimène

28:03
Invité politique

vis-à-vis d'un Donald Trump qui a échappé de justesse véritablement à une tentative d'assassinat et deux heures après l'une de ses belles filles celle qui l'avait propulsée à la tête du parti républicain faisait diffuser sur les réseaux sociaux une image où on voyait Jésus les mains posées sur les épaules de Trump et donc Laurie Kenton on voit le renforcement de ce nationalisme religieux qui est je crois une dimension qu'on a tellement de mal à comprendre chez nous et qui imprègne véritablement le parti républicain c'est pas nouveau ça remonte à peu près en fait à Bush père l'alliance en particulier avec les églises évangéliques

28:57
Présentateur

en fait c'est ce qui propulse Reagan à la présidence

28:59
Invité politique

au départ

29:01
Présentateur

les catholiques conservateurs dans les années 70 sont contre l'avortement et puis se joignent à eux les évangéliques les évangéliques sont d'abord pour Carter parce qu'il est évangélique ils se rendent compte qu'il ne va pas dans leur sens donc c'est là qu'ils choisissent de changer de cheval et qu'ils votent pour Reagan donc cette alliance elle est ancienne mais ce qui change c'est qu'on est dans un paysage religieux aux Etats-Unis où la pratique religieuse diminue fortement l'adhésion aux églises alors elle est déclarative donc c'est difficile à suivre les gens se disent évangéliques mais ils ne sont pas forcément évangéliques on remarque que les évangéliques ne vont plus à l'église donc ça veut dire qu'en fait les gens se disent évangéliques parce qu'ils regardent Fox News en fait donc évangélique est quelque chose qui ne veut plus dire grand chose on voit que ça diminue et qu'en parallèle ce qu'on appelle les nonnes ceux qui se disent sans église qui ne sont pas forcément athées augmente beaucoup notamment chez les jeunes parce qu'il y a une défiance envers les institutions les églises mais également les partis donc ces gens là s'éloignent des partis y compris le parti démocrate mais généralement ils votaient démocrate parce qu'ils sont plutôt progressistes donc on se disait cette désaffection du religieux va jouer pour le parti démocrate et en fait il n'en est rien et ce que l'on voit c'est qu'une espèce de christianisme résiduel qui est plutôt évangélique mais pas vraiment pratiquant et à fond derrière Trump qu'elle voit comme une espèce de prophète de messie d'incarnation de Dieu sur terre donc là on joue beaucoup là-dessus mais en fait en effectif ça n'est pas extraordinairement

30:34
Invité politique

mais il y a cette imprégnation et cette imprégnation culturelle qu'on a tendance encore une fois avec nos yeux laïcs pour la plupart d'entre nous à sous-estimer et il y a un autre facteur qui apparaît me semble-t-il le réquenton c'est le Covid c'est la façon dont le Covid-19 qu'il faut quand même le reconnaître a été horriblement mal géré par Donald Trump à la Maison-Blanche 385 000 morts aux Etats-Unis une récession enfin c'est vraiment un marqueur de cette première présidence Trump comment est-ce que cela a joué en fait contre l'administration Biden

31:22
Présentateur

ça a joué surtout contre les démocrates au niveau local et par ricochet contre l'administration Biden parce que ce n'est pas l'administration Biden qui a mis en place des confinements qui a fermé les écoles et ce genre de mesures Donald Trump il voulait garder l'économie ouverte les écoles il n'en avait pas spécialement grand chose à faire parce que c'était l'économie qui allait garantir sa réélection en novembre donc en mars-avril 2020 il vitupère contre les gouverneurs démocrates et républicains qui mettent à l'arrêt l'économie donc on a une espèce de tension entre le niveau fédéral et les Etats fédérés qui est extraordinairement intéressante au niveau de la politique américaine au printemps 2020 mais on a aussi beaucoup de gouverneurs démocrates qui prennent des mesures de santé publique qui sont extraordinairement mal vécues surtout sur le long terme par les gens dans les Etats qui en veulent aux démocrates pour les avoir enfermés chez eux et notamment pour avoir tenu les enfants en dehors des écoles et ce qui a eu des conséquences dramatiques sur la socialisation sur la santé mentale et sur le niveau scolaire notamment des plus pauvres et donc derrière le vote en partie des Hispaniques il y a aussi ça il y a les questions économiques et il y a le rejet d'une partie des démocrates mais alors attention à ne pas trop surinterpréter parce que pour revenir très brièvement sur la carte électorale Trump emporte tous les Etats-clés d'accord mais les démocrates emportent tous les Etats-clés au Sénat quasiment et donc il y a pas mal d'Etats

32:47
Invité politique

sans garder la majorité au Sénat

32:49
Présentateur

oui mais il y a pas mal d'Etats dans la Roosevelt dans le nord au Nevada où les gens le même jour ont voté pour Trump et pour la candidate du parti démocrate donc ça n'est pas un problème uniquement et intégralement des démocrates et ça n'est pas non plus un rejet des femmes en politique

33:06
Invité politique

Gérard Harrault revenons-en à ce second mandat Donald Trump n'a cessé d'affirmer qu'il allait se venger qu'il allait se venger des traîtres autrement dit des hommes qu'il avait entourés à commencer par les généraux les militaires dont deux au moins la semaine dernière encore disaient en gros qu'il est quasiment fascisant donc Donald Trump veut se venger des traîtres de ceux qu'il a appelés les ennemis de l'intérieur l'état profond qui est cette expression très américaine le marécage washingtonien expliquez-nous comment cette vengeance auquel on peut imaginer qui ne va pas renoncer comment peut-elle s'exercer ?

34:01
Invité

Alors d'abord la question évidemment est quel sera le deuxième mandat de Donald Trump et je dirais qu'il y a une sorte de tendance normale de l'être humain de dire projetons sur le second mandat ce qu'il a fait pendant le premier et de dire finalement le premier mandat finalement ça n'a pas été si terrible que ça et d'ailleurs je pense que c'est la raison pour laquelle les accusations de fascisme d'Hitler sont complètement tombées à plat pendant la campagne électorale d'abord parce que les américains n'ont qu'une connaissance très lointaine du fascisme et ensuite parce que le premier mandat démentait cette accusation personnellement mais je peux me tromper je crois je suis convaincu que le mandat de Donald Trump sera beaucoup plus radical que le premier parce qu'il s'est radicalisé lui-même il a adhéré à toutes les théories du complot parce que également lorsqu'il est arrivé en 2017 je peux en témoigner j'étais en poste à Washington il ne connaissait personne d'abord il avait été surpris par sa propre élection et il avait fait appel à des conseillers traditionnels des généraux l'ancien PDG d'Exxon qui avait essayé de le contenir et dont il s'est débarrassé qui d'ailleurs la plupart ont appelé à voter pour Kamala Harris cette fois-ci il va arriver il le dit entouré de vrais croyants des gens qui partagent ses opinions et qui vont imposer une sorte de pensée Trump-iel et en particulier face à un appareil bureaucratique que l'on accuse d'être l'état profond que l'on accuse d'être hostile alors vous avez Elon Musk qui dit qu'il va démanteler faire disparaître des ministères des agences qu'il va licencier des milliers des milliers de fonctionnaires donc avec un avec un agenda de déréglementation de déréglementation très très qui va très loin puis vous avez à l'heure actuelle je dans des moments de ou des moments où je n'arrive pas à m'endormir j'écoute vous êtes décalé encore j'écoute les émissions des podcasts Trumpiens ils annoncent qu'il y en avait un qu'on citait comme un potentiel à Tornay Général qui annonçait qu'il allait mettre la famille Biden en prison à Tornay Général le ministre de la Justice qui allait lancer des enquêtes pour prouver la corruption de la famille de la famille Biden et c'est vrai que Donald Trump a un côté un petit peu adolescent vindicatif qu'il va certainement y avoir des enquêtes lancées contre d'ailleurs contre non seulement la famille Trump mais aussi la famille Biden contre les juges et les hauts fonctionnaires qui sont supposés avoir pris parti contre le président lui-même donc nous risquons d'avoir une administration d'abord qui va prendre des décisions assez spectaculaires sur l'environnement peut-être en effet en termes de justice mais également on y viendra peut-être je pense aussi en termes de politique étrangère disons-le ça va tanguer

37:22
Invité politique

ça va tanguer Laurence Nardon et quand on voit cette photo de famille que tous ceux qui comptent pour Donald Trump ses enfants sa femme qui remplit le contrat un tout petit homme qu'on voit toujours à la droite de Trump et qui s'avère être le beau-père et Elon Musk Elon Musk avec son dernier enfant il en a onze son dernier enfant dans les bras mais on voit en fait le rôle que va jouer très certainement cette oligarchie de la tech de la Silicon Valley tous les tous les mogols de la Silicon Valley ont fait concurrence pour féliciter le président élu quels sont les personnages qui vont jouer le rôle de ceux que l'on appelait lors du premier mandat les adultes dans la salle

38:25
Invité

on n'est pas sûr qu'il y en aura beaucoup cette fois-ci parce que Trump va pouvoir faire appel à des gens non pas de l'establishment traditionnel du parti républicain donc les fameux adultes dans la pièce du premier mandat mais avec des gens qui seront véritablement de son camp et quand on parle alors il y a ceux qui ont été sélectionnés par cette fameuse Heritage Foundation qui a sélectionné donc c'est un

38:52
Invité politique

think tank qui a publié un document de 600 pages le programme pour 2025

38:58
Invité

le projet 2025 oui c'est 900 pages de programme sur tous les tous les sujets sectoriels mais il y a aussi dans cet effort qui a été réalisé sur plus d'un an par la Heritage Foundation la sélection de personnel pour remplacer ceux que Donald Trump purgera dans les administrations à tous les niveaux mais ça c'est à tous les niveaux en effet mais dans les élites qu'il pourrait avoir directement à ses côtés il y a en effet certains noms de la tech et donc de la Silicon Valley et c'est là que c'est vraiment très intéressant de voir quelle est cette coalition autour de Trump parce qu'il y a les gens de la droite chrétienne on en a parlé il y a dans l'électorat surtout les populistes qui sont ces classes moyennes classe ouvrière peu ou pas diplômées donc très nombreux autour de lui depuis 2016 on peut y ajouter sans doute quelques groupes de suprémacistes blancs mais je pense pas qu'ils seront forcément très proches du pouvoir enfin on peut espérer mais j'en viens à la tech il faut voir qu'il y a aussi autour de Trump un courant libertarien qui est représenté par ces gens de la Silicon Valley et qui sont derrière Trump alors pas tant donc le courant libertarien

40:08
Invité politique

qui traverse d'ailleurs toutes les les parties autant moins mais aussi le parti démocrate c'est surtout pas d'état le moins d'état possible

40:21
Invité

ce sont des gens qui veulent déréguler à tout va et pour faire des affaires et de ce point de vue là ce ne sont pas des anarcho-syndicalistes comme on a en Europe quand on parle d'anarchisme et de libertaires les libertariens américains ce sont des anarcho-capitalistes donc ils ne veulent pas d'état pour faire des affaires pour s'enrichir pour voilà et donc Elon Musk mais Peter Thiel aussi sont les grandes figures de cette aristocratie la Silicon Valley qui a pris parti pour Trump alors qu'il y a quelques années ils étaient tous démocrates

40:54
Invité politique

Elon Musk qui ça a été révélé par les les Ukrainiens hier Elon Musk qui a participé à la conversation téléphonique avant-hier entre le président élu Donald Trump et le président ukrainien donc Elon Musk a participé à cette conversation et il est question aussi Gérard Haro au département d'état donc ministre d'affaires étrangères d'un homme qui s'était distingué quand il était en poste à Berlin ambassadeur des Etats-Unis à Berlin un certain Eric Grenell et aussi pour s'occuper du département du commerce un certain Lighthizer qui est le grand théoricien des droits de douane et d'ailleurs Donald Trump a dit pendant la campagne le plus beau mot de la langue anglaise c'est le mot tarif

41:53
Invité

oui exactement alors Eric Grenell est donc quelqu'un de dangereux parce qu'il a trouvé Dieu donc il est assez illuminé il faut bien dire et il avait été nommé ambassadeur en Allemagne où il avait accumulé scandale sur scandale il avait choqué la classe politique allemande par ses prises de position par les rencontres qu'il avait organisées avec l'extrême droite l'extrême droite allemande et moi-même je le connais et c'est vrai qu'il a une pensée qui est quand même assez simple il faut bien dire et assez brutale mais qui est totalement une pensée une pensée trumpiste c'est une pensée à la fois néo-isolationniste et à l'extérieur une pensée qui consiste à soutenir tous ceux qui lui paraissent proches de Donald Trump et il partage avec Donald Trump en particulier une haine toute spéciale pour l'Union Européenne Donald Trump déteste l'Union Européenne et le répète et donc avait applaudi Brexit et donc il faut s'attendre également à une politique dans ce sens-là Lighthizer c'est un des théoriciens si j'ose dire du protectionnisme et là nous avons pour moi quasiment la ligne en politique étrangère qui est la plus cohérente et selon moi la plus dangereuse auquel nous devons nous attendre chez Donald Trump c'est le protectionnisme mais un protectionnisme de combat c'est-à-dire l'utilisation des droits de douane également pour imposer la volonté des Etats-Unis aux autres pays par exemple pour l'Union Européenne moi je suis convaincu que nous allons avoir une véritable guerre commerciale pour obtenir ou pour exiger le démantèlement de la réglementation sur la high tech sur l'intelligence artificielle dont ce que monsieur Breton a porté à la commission et au parlement au parlement européen il est tout à fait possible que demain Donald Trump dise aux européens mais dans ces termes si vous ne mettez pas si vous ne renoncez pas à cette législation il y aura des droits de douane de 25% sur les produits européens on se souvient

44:09
Invité politique

des injures dont Elon Musk a abreuvé Thierry Breton au moment juste avant qu'il ne soit pas renouvelé par madame von der Leyen au moment où Thierry Breton disait bon il faut que ex-Twitter observe les réglementations européennes mais à Anne Désine il y a aussi la déportation massive des migrants illégaux dont Donald Trump a répété dans la toute première interview qu'il a donnée à NBC c'était hier ou avant-hier il a dit on n'a pas le choix il y a 11 millions de gens qui doivent être déportés est-ce que dans un état de droit est-ce que c'est possible

44:59
Invité

dans les trois exemples celui-ci mais également les purges des fonctionnaires dont on a parlé et les poursuites pour des raisons politiques il est clair que la seule barrière c'est quand même le judiciaire c'est-à-dire qu'il faut espérer que les juges qui seront saisis parce qu'à chaque fois il y a des violations de la constitution et de la loi ils seront saisis sans doute dans les états soit de New York soit de Californie où il reste encore une majorité de juges progressistes et surtout où les cours d'appel celles du deuxième circuit et du neuvième circuit sont encore majoritairement progressistes en ce qui concerne la déportation ou l'expulsion des sans-papiers il faut savoir que sur le papier ces sans-papiers jouissent de droits constitutionnels ce qu'on appelle le due process c'est-à-dire ils ont droit à un procès en bonne et due forme et c'est garanti à la fois par le cinquième amendement et le quatorzième amendement qui l'étend aux droits des états ils ont même droit à un avocat mais il faut qu'ils aient l'argent pour payer l'avocat c'est plus difficile donc il est clair qu'il y aura des actions en justice beaucoup d'actions en justice mon espoir personnel c'est que c'est en fait un encombrement logistique qui va amener à doucher les tentatives pour expulser tellement de gens parce qu'à partir du moment où mettons qu'ils commencent à expulser une première fournée de 1000 personnes il va y avoir des tas d'actions en justice et donc cela va être bloqué et puis il y a quand même le même problème que celui qu'on a bien connu en France avec les OQTF il faut que des pays acceptent d'accueillir tous ces gens que M.

Trump veut expulser

46:25
Invité politique

Oui mais là si la garde nationale ou même l'armée puisque Donald Trump ce qui serait inconstitutionnel l'armée américaine selon la constitution ne peut pas intervenir sur le salle américain mais si les forces de l'ordre repoussent vers le Mexique enfin la géographie aussi joue un rôle

46:47
Invité

dans ce cas là Oui il faudra qu'ils trouvent un endroit où il n'y a pas de mur mais il reste des endroits sans mur c'est compliqué et aussi le recours même à la police aux milices etc. pose des problèmes juridiques et constitutionnels quant à utiliser l'armée ça c'est en violation et cela va poser aussi la question des hommes que vont faire les hommes alors peut-être le ministre de la défense qui va être choisi très très soigneusement par M.

Trump de façon à éviter les déboires qu'il a eues durant le premier mandat va donner un ordre et c'est vrai que dans l'armée théoriquement on obéit aux ordres des supérieurs est-ce qu'il y aura le type de résistance dans l'armée qu'on avait eue dans l'administration durant le premier mandat il y a quand même je parlais tout à l'heure des contre-pouvoirs constitutionnels il y a tout un tas de contre-pouvoirs

47:34
Présentateur

administratifs

47:35
Invité

oui administratifs officieux qui vont jouer l'un d'entre eux c'est peut-être aussi des entreprises qui n'ont pas du tout envie qu'on impose des droits de douane de 25% et qui vont aller frapper à la maison blanche en disant M. le Président c'est quand même un problème donc il y a aussi un principe de réalité qui ne fait pas du tout partie du contre-pouvoir constitutionnel habituel mais qui peut jouer pour limiter mais pas tout pour limiter certaines des initiatives

47:59
Invité politique

ce qui est sûr en tout cas c'est que en ce qui concerne l'environnement le climat et on est à la veille d'une COP qui a lieu à Bakou en Azerbaïdjan assez bizarrement la semaine prochaine celui qui est pressenti pour être ce qu'on appelle là-bas le tsar de l'énergie c'est le gouverneur du Dakota qui est un état pétrolier où le fracking fait loi Laurie Kenton ce qui est très saisissant aussi dans cette campagne électorale et donc dans ce nouveau mandat Trump qui s'annonce c'est le changement structurel des médias et de la manière dont l'information et la désinformation ont véritablement imprégné la campagne et vont continuer de régner sur ce second mandat

48:57
Présentateur

oui ce qui a profondément changé dans les dernières années pas seulement les 3-4 dernières années c'est l'espèce de logique de plus en plus tubulaire de bulles où en fait les médias traditionnels les grandes chaînes de télé ne parlent plus qu'à une frange de la population qui est de plus en plus réduite et qui est de plus en plus âgée et ça c'est le plus problématique parce que comment fait-on pour informer les gens qui ont moins de 40 ans qui s'informent sur leur téléphone qui s'informent sur Youtube qui s'informent sur des podcasts ou des choses qui échappent très largement à la fois la réglementation mais également une certaine éthique journalistique qui caractérisait les 3 grands networks et puis un certain nombre de chaînes du câble donc là il y a vraiment une forme de de de de vide qui se crée et c'est aussi pour ça qu'on a vu historiquement les noirs américains sont fidèles au parti démocrate parce qu'il y a cette socialisation dans la mémoire des droits civiques et là ce qu'on voit c'est qu'il y a une coupure générationnelle parce que les jeunes noirs ne sont plus en rapport avec leur histoire ni avec toutes les structures notamment les médias qui organisaient cette continuité générationnelle et donc c'est pour ça qu'on a une sorte de d'apesanteur générationnelle qui unit les jeunes blancs les jeunes hispaniques et les jeunes noirs notamment ce que disait Gérard Harraud tout à l'heure autour de la question de la masculinité qui transcende complètement cette question raciale et donc les les silos qu'on avait avant qui étaient assez prévisibles pour le parti démocrate ont complètement explosé est-ce qu'ils vont revenir c'est difficile parce que là la socialisation ne s'est plus faite et le fait de ne plus avoir les médias comme disons comme matrice organisatrice de l'opinion c'est un problème qui est absolument fondamental pour toute l'économie des médias aux Etats-Unis et Trump d'ailleurs ne s'en est pas trompé parce qu'il a dit Elon Musk you're the millionaire vous êtes les médias X Twitter c'est devenu la source d'information

50:59
Invité politique

X où on a vu Elon Musk lui-même avec des algorithmes qui ont été modifiés semble-t-il pour que les messages du propriétaire soient démultipliés encore plus que les messages des utilisateurs Elon Musk qui a déversé des torrents de fausses informations sur le fait en particulier que les démocrates transportaient des illégaux des sans-papiers par milliers pour aller bourrer les urnes et on a vu le rôle de podcasteurs qui deviennent assez connus même chez nous un certain Joe Rogan et il semble que c'est en fait le plus jeune fils Trump le dénommé Baron qui a 18 ans qui a fait comprendre à la campagne trumpienne ou trumpiste qu'il fallait véritablement utiliser ces gens-là et ces nouveaux vecteurs d'imprégnation en quelque sorte de la jeune génération

52:09
Présentateur

des jeunes hommes en particulier et des jeunes hommes qui sont coupés du politique c'est-à-dire que c'est des jeunes hommes que le politique démocrate comme républicain ça ne les intéresse pas parce que ça ne leur parle pas c'est barbant c'est pas et ça ne parle pas à leurs préoccupations donc là il y a énormément de voix à gratter comme on dit en rugby on gratte des ballons là on gratte des voix parler à Bruce Springsteen ou à Beyoncé ça ne gratte aucune voix

52:36
Invité politique

oui et on a vu ce défilé de stars assez peu productifs au coup de Kamala Harris et très franchement ça ne servait à rien

52:45
Présentateur

alors que parler à des podcasteurs que les analystes ne connaissent pas sauf s'ils ont des enfants qui les écoutent comme Donald Trump et ça ça a été très très bien vu un certain nombre de rappeurs également mais ces podcasteurs n'ont aucun filtre ils n'ont pas du tout l'éthique journalistique des grands médias ils disent ce qu'ils veulent et ils touchent des gens qui ne votent pas et là qu'ils se sont dit tiens c'est marrant ça me parle ce Donald Trump a l'air très sympathique il parle de choses qui me touchent sur la masculinité sur ce genre de choses et puis il casse les codes et donc ce côté complètement transgressif ça n'est pas du tout un repoussoir au contraire ce que nous voyons comme des choses absolument intolérables sur les manières d'une certaine manière sa façon de parler aux femmes ce genre de choses eux trouvent ça plutôt marrant et donc on retrouve ce côté alt-right cette droite cette extrême droite de 2016 qui trouvait Trump très marrant et qui faisait des memes sur internet qui étaient racistes mais qui trouvaient marrants parce que transgressifs tout ça ça fait gagner pas mal de voix et donc là on a un parti démocrate qui ne sait plus parler à cette jeune génération qui lui échappe complètement

53:56
Invité politique

alors on n'a pas ici ni le temps ni l'envie à ce stade de faire le procès en purgatoire du parti démocrate on a vu que Joe Biden qui a encore quelques semaines le malheureux à vivre à la maison blanche il va néanmoins il sera à Bakou la semaine prochaine il a dit ne désignons pas de coupables ce n'est pas le moment on a vu Kamala Harris qui avec beaucoup de dignité a dit il faut continuer le combat mais Gérard Arrault pour reprendre l'adjectif de Lorik ça ne va pas être marrant pour nous Européens ce second mandat

54:38
Invité

pour nous Européens donc il y a trois questions qui vont se poser dans l'ordre si j'ose dire la première quasiment immédiate l'Ukraine il est très très clair et d'ailleurs tous les signaux qui sont envoyés par l'entourage de Donald Trump Donald Trump veut mettre un terme au conflit avec l'Ukraine un conflit entre la Russie et l'Ukraine le plus rapidement possible et il prendra donc des initiatives déjà des schémas se répandent notamment le Wall Street Journal a montré a donné quelques idées sur ce que pourrait être un projet de paix de Donald Trump alors deux questions petit un que fera Poutine est-ce que Poutine acceptera de négocier avec Trump ou est-ce qu'il considérera que puisque Trump va lâcher l'Ukraine autant continuer la guerre pour tout avoir ça peut être ça peut être un choix deuxièmement si Trump et Poutine parviennent à un accord que feront les Européens deuxièmement je pense que les Européens se tairont mais ça c'est mon pas trop soulagé de la fin de la guerre deuxième élément c'est l'avenir de la défense européenne quoi que fasse Trump même si Trump ne se retire pas de l'OTAN la question évidemment sera de la crédibilité de la garantie américaine question est-ce que si Poutine se pose la question est-ce que Trump va faire la guerre pour l'Estonie voilà je pense que la réponse est évidente non donc que fera Poutine vis-à-vis des pays baltes en particulier et que feront les Européens de leur côté et troisième question pour les Européens celle à laquelle j'ai fait allusion dont nous avons parlé c'est-à-dire la guerre commerciale si les Etats-Unis déclenchent une guerre commerciale vis-à-vis des Etats-Unis vis-à-vis de l'Europe que feront les Européens je rappelle que les Etats-Unis ont déjà pris des mesures discriminatoires à l'encontre des Européens dans le cadre de l'Inflation Reduction Act l'IRA de Joe Biden qu'ont fait les Européens rien rien parce que les grandes entreprises sont précipitées à Bruxelles en disant par pitié pas de réaction parce que l'accès au marché américain est trop important pour nous donc nous avons une Europe une Europe qui risque d'être confrontée à des questions extrêmement difficiles et une Europe affaiblie vous avez une Allemagne qui va disparaître de la carte pendant 6 mois avec une campagne électorale et ensuite les mois habituels pour constituer une majorité parlementaire vous avez une France dont il est assez facile de conclure qu'elle traverse une crise profonde et vous avez un Royaume-Uni où franchement le gouvernement travailliste n'a pas réussi vraiment à initier un rebond un sursaut et donc la situation est difficile

57:41
Invité politique

la situation est difficile et nous aurons évidemment tout le loisir tous les samedis sur France Culture de 11h à midi d'en discuter tous ensemble merci à vous quatre Anne Desine vous venez de publier aux presses universitaires de Paris-Nanter un très bon petit livre que je recommande parce qu'il est très clair sur ce système judiciaire américain qui nous paraît toujours très complexe donc les juges contre l'Amérique la capture de la Cour suprême par la droite radicale Laurence Nardon je rappelle le podcast voici une podcasteuse le podcast New Deal disponible sur toutes les plateformes et vous avez aussi publié un très bon livre sur la géopolitique de la puissance américaine quel rôle pour les Etats-Unis dans le monde en août dernier Laurie Kenton vous vous êtes le grand spécialiste de Taylor Swift et donc nous avons fait une excellente émission ici même grâce à vous il y a quelques mois et donc vous avez signé la préface de Taylor Swift l'histoire d'un phénomène un livre signé Caroline Sullivan en septembre dernier chez Or Collection et je n'oublie pas Gérard Rao mais un écrivain prolifique et donc je signale simplement le tout dernier qui concerne Israël Israël le piège de l'histoire chez Tayandier c'était au mois de mars à la réalisation ce matin Luc-Jean Reynaud Grégory Wallon à la technique Laura Duteche-Pérez et la documentation de Radio France vont aider à préparer cette émission et voici les carnets de santé de Marina Carrère en cause très bon week-end et à samedi prochain