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interviewFrançois Ruffin· 8 décembre 2025 31 min

À l'Assemblée : le parcours du combattant en fauteuil roulant !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Allez, donc là, on est dans le grand tunnel. On est dans un grand tunnel et le 101 au 126. Ouais.

Au palis bourbon. Et ça c'est ton endroit préféré ? Ouais, c'est mon endroit préféré parce que en fait c'est très très rare d'avoir une grande ligne droite comme ça où on peut aller, tu vois, très très vite.

C'est l'athlète en toi, quoi. Ouais, c'est ça. Mais tu sais, on peut pas faire de sport.

La salle de sport est pas accessible. Donc elle est pas terrible non plus. Elle je sais pas parce que j'y suis jamais allé.

Mais en tout cas euh ici, tu vois, on peut on peut rouler avec Marie-Charlotte Garin. On veut faire une course de fauteuil ici, mais il faut qu'on trouve un autre fauteuil. Bonjour.

Une petite accélération de monsieur Ruffin là, il faut pas que je me laisse griller. Et on passe la ligne. Wou, le freinage.

C'est sporptif comme tournage, hein ? Et parce que il joue au au rugby. Est-ce Est-ce que est-ce qu'on doit faire une deuxième prise ?

Non, c'est bon. N'appelle pas d'ascenseur parce que si tu as pas tout filmé, on va passer par un autre endroit parce que dans une assemblée pas accessible, les services de la poste nous font découvrir des endroits sympathiques. On va passer par le parking souterrain.

Et pourquoi ? Ça m'évite de prendre je ne sais combien d'ascenseurs de mon de charge hyper lent et je gagne un temps pas possible. Et en fait, c'est des mecs avec les chariots de la poste, un petit livre les courriers qui m'ont dit "Mais nous, on passe par le parking." Et en fait là, ça relie ascenseur ministre, ascenseur de la poste et ascenseur du 126.

Donc, tu es le premier député à découvrir comment on fait pour se déplacer en fauteuil dans cette assemblée. Mais oui, et puis le jour où je serai plus député, je veux faire un petit guide pour tous ceux qui vont arriver après en fauteuil et qui auront besoin de tous les passages secrets. Mais tu es un peu devenu malgré toi la voix des personnes en situation de handicap dans cette assemblée.

C'était pas ton projet au départ. Ah, je voulais absolument pas parler des questions de handicap. La première élection, j'ai même pas montré sur la fiche que j'étais en fauteuil. pas parce que je voulais le cacher, mais parce que je voulais pas en faire un sujet.

Et quand je suis arrivé ici, bon, j'ai compris que et avec le nombre de messages que j'ai reçu de personnes en situation de handicap que enfin que c'est quand même fou de se dire qu'il aura fallu attendre 2022 pour avoir un premier député. Et donc là, tu as décidé plutôt que de fuer de t'ener quoi ? Tu sais, c'est un peu comme le chewinggum collé à la roue, tu vois.

Bon, à un moment, on se dit on va pas se on va pas le virer. Donc il est là et surtout c'est un peu plus grand chewinggum. C'est deux roues et un fauteuil, quoi.

Ouais. Et donc tu peux pas faire comme si ça n'existait pas, comme si tu étais pas ça aussi. Ouais, c'est difficile.

Alors, il y en a, ils sont un peu embêtés en circo. Ils sont obligés de mettre des manteaux rouges pour se repérer tout ça. Moi, j'ai pas ce souci là.

Moi, c'est le bouon de cuir, quoi. Le bouon de cuir et le petit cahier à spirale. Ouais, ouais, ouais.

Les affaires reprennent. Ça jamais surtout c'est spam. Mon meilleur comp ouais bonjour on veut vous vendre tous les jours.

Donc là on se c à ton bureau. On va dans mon bureau qui est un lieu de trafic en ce moment. On fait de la livraison de canards. 3è étage le canard en boîte.

J'ai j'ai crain pire. J'ai cris un pire. On peut ouvrir les boîtes pour vérifier que c'est bien du canard.

Fait du Nar canard toi. Ouais c'est lui qui fait la livraison de canard. Ça va ?

Et ben regarde, voilà, on a une belle affiche du festival de cinéma, festival lycéen de film et puis la fiche était absolument magnifique. On se met où alors ? Ben écoute, tu peux t'asseoir là.

Donc là dans ton bureau, on est entre le déstockage de la graisse de canard. Ça avec les pommes de terre, c'est très très bien. La mousse de foie de canard, bon ça c'est moins bien.

C'est-à-dire c'est député de Dordogne quoi. Oui oui oui. Ben voilà, c'est c'est qu'il y a des collègues qui passent des commandes et puis donc moi et puis de l'autre côté c'est tu déstoques aussi ton rapport d'information numéro 1692 évaluation de la loi numéro 2005 102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

Ouais. Un grand titre. Alors, qu'est-ce que vous avez vu là-dedans euh avec ta collègue Christine Lenaour sur l'application de la loi de 2005 concernant l'emploi, l'école, le logement ?

Comment qu'est-ce que qu'est-ce que tu as qu'est-ce que c'était conclusion ? Cétait une loi très ambitieuse qui était attendue hein euh depuis euh très longtemps et c'est une des lois les moins euh appliquées parce qu'en fait le handicap est la première cause de discrimination en France depuis euh de nombreuses années et on en prend pas la mesure mais c'est euh c'est la réalité et que ce soit sur les questions euh que tu as listé euh d'écoles qui est une des premières discriminations euh de transport, de logement, bon quand on regarde à Paris, moi je suis obligé de me déplacer en taxi parce que le métro n'est absolument pas accessible. Euh en 20 ans de loi, il n'y a que 20 % des établissements recevants du public qui ont été rendus accessible.

Donc ça, on dit long et ça veut dire que quand on est en situation de handicap, on n' pas les mêmes chances et on n pas la même citoyenneté finalement bah que ceux qui sont valides. Et ça dans le pays des droits de l'homme, dans une République telle qu'on la pense, c'est quelque chose qui est absolument inacceptable. Donc voilà le le une grande partie.

Bon, on a 300 et quelques pages. Après, on a fait quelque chose qui était un petit peu nouveau. Moi, ça me tenait à cœur parce que tu sais quand on fait des auditions, on reçoit les personnes concernées, une première audition et puis après on reçoit une centaine d'autres personnes et finalement la parole des concerné est noyée parmi toutes les autres auditions.

Donc quand elle existe parce qu'il y a plein de quand elle existe de de rapports de propositions de loi où les premiers concernés sont même pas interrogés passe directement aux institutions, aux statistiques, aux juridiques quoi. Donc là, on a lancé un site internet riensansnous.fr pour que les gens puissent témoigner et puis parler de eux sur tous les sujets concernés par la loi, quel est leur quotidien, quel est leur vécu concret.

Et quand on a proposé ça aux administrateurs, on leur a dit bon ben voilà, on veut intégrer ça dans le rapport. Donc ils ont dit "Ah mais ça c'est jamais fait." Et puis en fait quand on ouvre notre rapport, il y a la parole déconcerné qui est le fil directeur de tout ce rapport.

Donc ça c'est c'est un élément qui me tenait à cœur. Puis après, ben la France en fait a ratifié la convention de l'ONU en 2010 et bon la France sait souvent on vient franfaron. On a fait une loi en 2005, on pensait qu'on était les plus beaux, les plus forts et puis on n pas réactualisé notre loi.

Sauf que la définition du handicap est pas la même, celle de 2005 et celle de 2010. Celle de 2010 précise que tout environnement qui n'a pas été rendu accessible génère un handicap. Donc finalement la responsabilité elle est portée non pas du côté de la personne en situation de handicap mais de sa situation de maladie physique et avec un prisme très médical mais un prisme pour pour le coup social et donc politique.

Et donc quand on fait le choix de ne pas rendre une société accessible, on génère directement un handicap. Donc ça ça semble rien cette définition mais en fait elle change absolument tout le prisme du handicap parce que en fait à chaque fois enfin moi le nombre de personnes qui peuvent me croiser qui voi quelqu'un en situation de handicap arrive avec qu'est-ce qui t'est arrivé et enfin quand je te croise je demande pas qu'est-ce qui t'est arrivé quoi. Tu pourquoi tu marches ?

Et et donc il y a quelque chose à chaque fois on vient renvoyer à cette question quel est soit l'accident soit la maladie qui a conduit à et c'est vrai que ben nos corps sont réduits à une vision médicale alors que c'est une vision très politique de qu'est-ce qui génère du handicap hein que ce soit de l'accident de route que ce soit l'état de l'hôpital aujourd'hui et puis bah en fait quand quelqu'un a des lunettes ben il a un handicap si tu as pas tes lunettes tu peux pas travailler tu peux pas conduire et en fait ça vient t'emmener une incapacité tu as des lunettes qui sont adaptées à ta vision et donc là on voit toute la mesure nécessaire et on vient faire des lunettes et ça te change ta vie. Bon et ben quand tu as un fauteuil qui est adapté à toi et ben ça te change ta vie et tu peux mener ta vie comme tu l'entends. Sur l'emploi par exemple, j'étais assez marqué parce que moi tu sais tu connais mon rapport au travail. le travail c'est la société c'est du travail mis en commun et on voit que finalement il y a un gâ il y a un gâchi humain pour les personnes en situation de handicap qui veulent travailler et il y a un gâchi pour la société parce que c'est des compétences, c'est des savoir-fairs, c'est de l'intelligence, c'est de la main d'œuvre qui est finalement gâchée.

B elle est gâchée puis en fait les chiffres se sont améliorés. On voit qu'il y a une une augmentation mais le chômage des personnes handicapées et le double desvalide. Donc on voit qu'il y a un sujet mais quand on regarde par type de handicap, chez des malvoyants, c'est 50 % des personnes qui sont au chômage.

Et donc c'est énorme. Et on voit que par type de handicap, en fait, on se fait une idée que la personne va pas pouvoir occuper le poste ou va pas être performante. C'estd que quelqu'un de malvoyant va lui dire "Toi, tu peux répondre au téléphone, tu peux faire le standard, mais d'imaginer que l'on va avoir des outils et adapter et aménager son poste, ça on ne l'imagine pas." Et je trouve qu'en fait un des gros problèmes, c'est le le le manque de perspective et je crois d'imaginaire euh que l'on a sur la question du handicap.

Tout est enfin quand on voit quand on rend un bâtiment accessible, on le pense avec un ascenseur, avec une rampe, mais on narrive pas à l'imaginer autrement. Et puis je crois que là-dedans, il faudrait arriver à impulser une toute autre dynamique déjà que ce soit beau parce que dès que tu entres dans une chambre d'hôtel par exemple accessible, tu as l'impression d'être dans une chambre d'hôpital. En fait, c'est pratique, c'est sanitaire.

Mais c'est pas beau et je trouve je crois que le jour où on arrivera à avoir quelque chose de beau et d'accessible, on pourrait se dire on a on a eu une victoire et on a gagné on a gagné la dame après sur le travail, il y a normalement il y a des obligations pour les entreprises publiques et les entreprises privées d'embauche de personnes en situation de handicap. Ah mais il y a des obligations. Après là dans le service public, on voit qu'on arrive pas très très loin des taux dans le privé, c'est on en est un peu plus loin.

La grande question est une fois que l'on va y arriver, est-ce qu'on s'arrête là ? H est-ce que les 6 % c'est suffisant en sachant qu'il y a 16 % de la population qui est en situation de handicap ? Donc est-ce que c'est un élément suffisant ?

Et est-ce que on ne doit l'aborder qu'à travers des questions de quota ? En fait c'est c'est quand même un un très grand sujet. Je crois que pour qu'on réussisse euh la question du travail, il faut qu'on réussisse l'école.

Si on n'est pas arrivé à faire une école qui donne la place à tout le monde, on va pas pouvoir embarquer par la suite. En Dordogne, on a on a un lycée, les lycéens ont lancé un projet euh pour toute l'année pour adapter les machines euh pour découper, pour je ne sais quoi pour une personne à qui il manque un bras. Et c'est les gamins qui ont eu cette idée-là.

Donc je sais que ces gamins-là quand ils vont se retrouver euh soit employés soit patron. Eux quand ils vont voir quelqu'un qui arrive avec soit qui eu un accident de travail, soit qui arrive avec un handicap, ils vont se dire "Non, toi tu peux pas l'occuper. C'est euh ben en fait comment on va aménager ce poste-là ?" Et ça c'est quand même quelque chose d'extraordinaire.

Et quand je vois des adolescents là qui ont cette idée-là et que les profs embarquent s'embarquent là-dedans, c'est vraiment c'est c'est quelque chose de fort et de chouette. Mais ça vient interroger la question de la performance. Est-ce que bah il faut être l'homme blanc entre 30 et 50 ans pour pouvoir être performant au travail ?

Et on voit que là-dedans, il y a des personnes qui ont besoin d'un temps aménagé, mais le temps où ils sont présents et la manière dont on doit penser l'accueil de l'autre aussi vient complètement bouleverser notre manière de penser, de travailler et et on n perd pas en fait à cette question là. Et effectivement, il faut prendre il faut prendre ce chemin. Donc donc tu dis "OK, c'est bien, il faut des lois, mais en vérité, il faut un changement culturel." Oui, il faut former.

En fait, on a un très très gros problème de formation. Les médecins sont pas formés sur le handicap. Aucune personne d'accueil est formée sur le handicap.

Les enseignants ne sont pas formés sur le handicap. En fait, on demande à des enseignants d'accueillir des gamins sans avoir été formés, de comment on accueille, de comment on enseigne. Et donc là, on a quand même un gros sujet, mais les architectes, on leur demande d'appliquer un cahier des charges, mais à aucun moment on leur demande une inventivité sur ces questionsl et surtout les plan de société.

Enfin, moi c'est le vraiment ce qui m'a marqué dans dans le rapport, enfin au niveau des auditions. Euh on a un gros souci de formation aujourd'hui et je crois que c'est un enjeu et pour le coup, ça coûte pas cher parce que les gens se sont formés et de rajouter un module ou de modifier un module et d'avoir cet élément-là en fait c'est ça coûte pas plus cher que ce que l'on forme aujourd'hui. Et puis après, il y a la formation continue parce qu'il y a tous ceux qui sont déjà en poste, comment on les embarque là-dedans et ça ben il y a plein de choses qui existent mais il faut juste le rendre obligatoire et quand on est dans une société tu vois qui vieillit de se dire qu'on a pensé une rue un accueil accessible pour quelqu'un en fauteuil roulant, ben une personne âgée va s'y retrouver un gamin parce que on a il y avait une très belle tribune dans l'humain et et nous l'on a repris avec penser la société à hauteur d'enfant.

Mais c'est vrai que enfin moi un gamin de 8 ans est aussi grand que moi euh sur mon fauteuil. Donc en fait il y a il y a plein de choses de quand on arrive à le penser comme ça si on l'a pensé pour les enfants, on l'a pensé pour les personnes âgées. Bon handicap déjà 16 % de la population.

Les vieux ça en fait pas mal aussi. Les gamins aussi enfin on a quand même quelque chose qui tout d'un coup embarque énormément de monde. H quand même enfin tu vas dire je plaide je je me fais l'avocat du diable mais je trouve que la question du handicap il y en a d'autres.

Il y a la question du féminisme, il y a les questions des LGBT, il y a la question de la sécurité routière par exemple. Mais je trouve que c'est l'un des points sur lequel la société évolue en bien depuis 40 ans. Euh, il y avait une espèce de tradition premier temps où les gamins en situation de handicap ont les gardé à la maison et ils étaient une espèce de honte qu'on caché.

Il y a eu un deuxème temps où on était dans le tout institution et on là on a eu un temps où on était on est dans le tout inclusif, en tout cas théorique. Euh mais il y a quand même une je trouve que sur aé de la société, il y a quand même une volonté de mieux sur ce terrainl et le souci peut-être c'est que ça se traduit pas dans les budgets aussi. En fait, il y a une loi et on respecte pas la loi.

Le problème, il est en fait, c'est que le si on avait respecté la loi de 2005 là sur les établissements recevants du public, sur l'école, sur le transport, en fait, on se poserait pas toutes ces questions là aujourd'hui. Alors, on a évolué. Moi, ce qui m'agace en fait, c'est qu'on est là.

Oui, il faut changer le regard. Le regard, bon, en fait, le c'est surtout que quand tu as les dispositions et que quand tu rencontres des personnes bah qui sont différentes, qui ont leur singularité, ben en fait, ça se passe bien. Moi, je sais que j'ai jamais été dans une institution.

Euh j'ai fait mon école maternelle, enfin euh primaire euh si maternelle primaire euh collège et lycée, ben pas dans un établissement. Et puis bon bah les camarades qui te voi au départ qui n'ont jamais vu de personnes sur roulette euh bah elles sont intriguées et puis euh et puis après en fait ils pensent même plus au fauteuil. Enfin, moi je sais que quand on s'installait une table, ils arrivaient avec une chasse pour moi et avec excuse-moi et en fait il y a plus cette questionlà et mais c'est pour ça que le de par l'école et de part on rencontre parce qu'en fait ce qui ce qui vient nous inquiéter c'est quand on n pas vu quand on n pas rencontré il y a l'appréhension comment il y a je ne sais combien de personnes ils sont là quand ils me voi sortir mon fauteuil de ma voiture est-ce que je viens lui proposer de l'aide ou pas et en fait proposer de l'aide ou pas mais en fait moi j'en ai pas besoin de moi je serais pas trop.

Oui, mais moi j'en ai pas besoin mais une autre personne peut-être en aura besoin. Et donc en fait bah des fois juste de demander et sans qu'il y ait quelque chose du côté de la pitié ou de je ne sais quoi en fait c'est la manière dont on l'accueille mais de dire simplement enfin on voit quelqu'un qui a enfin toi tu trébuches, tu t'es fait mal à ton genou, je peux venir te te dire tu as besoin d'aide et puis en fait il y a pas il y a rien d'offensant là-dedans de quoi que ce soit. Et je pense que ça vient poser aussi la question pour nous en situation de handicap et quand quelqu'un vient nous proposer de l'aide aussi, on se dit vient le faire parce que je suis handicapé et on se sent aussi réduit à cette questionlà.

Mais si euh il y a quelque chose qui naturel comme si dans le parcours il y avait eu des tas de blessures. Bien sûr et que du coup il y avait une hypersensibilité à ça et que quoi qu'on fasse il y a le risque de le faire mal du coup en face. Mais de toute manière ça enfin selon le vécu de la personne ça sera malvécu.

Tu es pas venu m'aider ? Tu es venu m'aider ? Enfin, on peut mal le vivre mais si on a une soci enfin on regarde en bas là pour accéder à l'hémicycle, il vient d'installer une porte incendie.

Mais en fait, alors moi ça va parce que je suis jeune paraplégique plutôt sportif, je peux ouvrir la porte. Quelqu'un en photo électrique ou quelqu'un téraplégique ne peut pas le faire. Elle a été installée il y a 6 mois.

Donc on est on est en train d'installer un truc qui va empêcher quelqu'un d'ouvrir la porte. Il va falloir qu'il y ait un agent qui vienne ouvrir la porte s'il y avait quelqu'un en fauteuil. Et donc là si il y a beaucoup d'agent.

Oui, il y en a beaucoup mais sauf que si alors moi il me disent mais il y a les agents. Je dis oui mais moi en fait je veux être autonome. Moi je veux pas avoir à demander à quelqu'un et non pas que j'ai un quelconque souci avec le fait qu'on puisse venir moder mais je quand on a un trajet moi je veux pouvoir rentrer dans l'hémicycle sans avoir réclamé à cinq personnes de m'ouvrir des portes pour pouvoir rentrer en fait.

Surtout que ça existe en fait techniquement c'est faisable. Quand ça peut pas se faire tactiquement, il y a pas de souci. Mais quand ça peut se faire alors et ta victoire d' 1 an maintenant, c'est les fauteuils roulants remboursés à 100 %.

Théoriquement. Théoriquement, je dis théoriquement parce que moi j'ai eu des appels de gens qui m'ont dit "Mais non, moi c'est pas vrai, ma gamine elle a besoin d'un fauteuil comme ça, on a besoin de lui rajouter un élément en plus en et euh auparavant, on l'achetait français, on avait un certain pourcentage de remboursement automatique. Là, si on dépasse cette somme là, on est plus remboursé du tout.

Donc en fait, cette loi-là, elle ne va pas. Ouais, j'ai eu des appels comme ça. Ouais.

Ououais. En fait le Emmanuel Macron en 2023 au Conseil national du handicap, alors il en fait il avait absolument pas bien préparé le truc parce qu'en fait tous les 3 ans, il y a un conseil national du handicap en France qui donne la trajectoire sur le handicap pendant 3 ans et toutes les assauts qui sont présentes en fait étaient vraiment pas contentes de la manière dont Macron prenait ça. Donc il a fait une annonce surprise puisqueen fait il y a plein d'associations qui ne venaient pas et tu sais comment quand il avait excès, il réagit.

On l'a vu il y a il y a un an et demi. Et donc là, il annonce le remboursement intégral des fauteuiles. Mais sans avoir prévenu ni ses ministres ni quoi que ce soit, sans avoir étudié la faisabilité, il annonce ça.

Moi, je le rencontre pour la première fois à ce moment-là parce que j'étais présent à l'Élysée pour cette convention. Je vais le voir, je dis là, vous venez de faire une annonce, il y a des attentes derrière, va pas falloir déconner. Il m'a dit "Je compte sur vous." Je dis "Bah, vous pouvez compter sur moi mais assurément pour pour m'assurer que" Et puis il me demande combien coûte mon fauteuil.

Je dis "Le mien coûte 8500 €." À côté de moi, il y avait un jeune homme qui était en photo électrique. Le sien coûtait 21000 €.

Et là, il nous dit "Ah, c'est si cher ?" Et là, j'ai compris que il ne savait pas de quoi il parlait. J'ai rencontré le directeur de la sécurité sociale et je lui dit "Bon, ce serait bien qu'on se rencontre pour avancer sur ce truc là." Il dit "Oui, mais vous savez, ça va pas être tout à fait comme ça.

Ça va pas être tous les fauteuils." Et là, j'ai compris qu'il y avait embrouille. Bon, j'ai été interpellé par des fabricants, par des assauts.

La première annonce enfin préparation du gouvernement, c'était de rembourser les photos à 2700 €. Alors la moelle le mien a été remboursé à 580 € tu passes à 2700 c'est une augmentation notable mais en introduisant un plafond limite de vente. Donc ça veut dire que tout ce qui dépasse les 2700 € tu as zéro.

Donc en fait il y a pas de fauteuil presque. Bah donc ça fait que là où le mien sur les 8500 € j'avais 580 € de la SQ. Comme j'avais la SQ je pouvais avoir mes 2000 € de mutuel et je pouvais compléter avec la MDPH.

Alors, il fallait faire je ne sais combien de dossiers pour l'avoir. Donc, ce qui posait des problèmes, mais on pouvait arriver quasiment, on va dire, à l'intégralité du fauteuil. Et là, en fait, avec les 2700 € si mon fauteuil coûtait plus de 2700, ben j'avais zéro.

Donc là, j'avais fait une question au gouvernement, enfin déjà, je les avais interpellé pour bosser avec eux et la copie ne bougeait pas. Donc, j'avais fait une question au gouvernement. Votre train venaient d'être nommé ministre.

Donc, elle m'a dit "J'y connais rien mais je vous suis." et on est allé visiter l'usine une bac qui fabrique les fauteuils roulants à tour pour une grande partie de l'Europe. Et donc là, elle arrive avec 100 millions de plus parce qu'en fait il manquait 100 millions pour pouvoir répondre au fauteuil spécifique.

Et pour le coup, elle amenait la bataille, elle cherchait l'argent et puis il y a eu un amendement Pavie qui a permis sur le budget l'année dernière je crois de de venir sanctuariser cette questionlà. Mais le gouvernement maintenait son prix limite de vente. Donc moi, j'ai déposé un texte pour leur mettre la pression.

Je leur dit, si vous bougez pas là-dessus, moi j'ai mon texte, je fais adopter mon texte qui a été adopté à l'unanimité l'année dernière. Et mais comme il n'était pas content du tout de ça, avant que mon texte passe au Sénat, ils ont déposé le décret pour une mise en application en décembre. Et donc ça fait que là le texte qui est appliqué n'est pas mon texte et donc vient mettre en place un prix limite de vente.

Et effectivement il y a des fauteuils qui ne sont pas remboursés. Donc là quand ils sont en train de faire toute leur promo en disant tous les fauteuils sont remboursés, c'est faux. Une très grande partie des fauteuils sont remboursés, ça va changer la vie de peut-être 95 % des personnes handicapées.

Donc c'est on prend parce que on en a pas beaucoup des des des points et des victoires, on prend. Mais par contre, il y a des situations, des cas très spécifiques où effectivement là, les fauteuils ils rentrent pas là-dedans. Donc là, moi j'ai lancé parce que en tant que parlementaire, bon, on est là pour participer à l'écriture de la loi, pour faire des propositions de loi, mais on est là aussi pour contrôler la loi.

Donc dès lundi, j'ai lancé un service après-vente de la réforme des fauteuils. On a lancé un site internet pour avoir le retour d'expérience parce que le ministère va nous dire il y a tant de fauteuils qui ont été commandés mais on a aucune idée si c'était le fauteuil que voulait la personne et si elle a dû renoncer au fauteuil qu'elle voulait ou si le fauteuil qu'elle voulait n'est plus dans le catalogue. Donc ça vous permettra comme ça d'avoir la liste d'aller voir Charlotte Parmentier le coque pour lui dire bah a priori il y a un petit problème avec vos tous fauteuils sont remboursés c'est pas le cas on aura la liste et puis on aura le nombre de personnes qui qui n'auront pas le fauteuil dont ils ont besoin et parce qu'il faut prendre la mesure que c'est c'est le prolongement de nos corps.

Moi si j'ai pas un fauteuil adapté un ça peut abîmer ma santé, je peux me retourer avec des problèmes d'escarde de je ne sais quoi et je peux passer des mois à l'hôpital. De ben si j'avais pas un fauteuil adapté, je serais pas autonome et peut-être que je pourrais pas avoir une activité comme je me je le fais là et puis après bah pour faire du sport. Enfin tu es un grand sportif.

Faut dire que tu es un très grand sportif. Pas depuis que je suis élu, je peux plus faire de sport. C'est pareil pour moi mais jamais j'étais un grand sportif.

Mais ouais non c'est c'est une Tu fais du ruby ? J'ai fait du rugby. Ouais, j'ai fait du rugby fauteuil.

Mais par exemple, tu vois le fauteuil de rugby n'est pas remboursé. J'ai regardé sur la liste, ils sont pas remboursés. Donc euh donc voilà.

Donc en fait là quand ils nous disent tous euh c'est pas le cas. Euh mais faire du sport, on a eu les GIOS euh paralympiques et dans l'héritage, il y avait on veut encourager les personnes à pouvoir faire du sport mais en fait dans leur première version de remboursement des fauteuils, ils avaient même pas intégré les fauteuils de sport. Donc en fait, c'était quand même et là pour le coup dans mon texte et on a pu faire bouger là-dessus pour qu'il rembourse les fauteuils de sport mais là tous les fauteuils de sport ne sont pas remboursés et puis après bon combien de gymnases sont accessibles ? combien de gymnases ont des vestires et des toilettes accessibles ?

Et là, on a un grand souci. Et puis la question de la mobilité, comment une personne handicapée peut se déplacer si elle a pas son véhicule jusqu'au gymnase ? Et on a un autre sujet parce qu'on parle de la ville, mais quand on habite en milieu rural, moi le club de sport le plus proche c'est 1h30 de chez moi.

Donc comment on fait pour y aller ? Et puis quel est le coût pour y aller, le temps pour y aller ? Et donc là-dessus, on a on a quand même des grands sujets et on voit la disparité sur le territoire parce qu'on parle beaucoup de la ville, des trottoirs des cid là, mais quand tu es en fauteuil en dans la campagne, bah en fait c'est un grand sujet.

Si on n pas la liberté de vivre là où on veut vivre, c'est la bagnole comme pour tous les ruraux, c'est la bagnole. Donc il faut la bagnole adaptée et et voilà. Mais sauf qu'une bagnole adaptée, selon ton type de handicap et ben en fait tu peux doubler le prix de la voiture et donc là bah il faut pouvoir y répondre.

Très bien. Bon ben et qu'est-ce que c'est tes autres ? combat parce que du coup tu es devenu monsieur handicap à l'assemblée un peu malgré toi.

Ouais. Et du coup tes autres combats en ce moment c'est quoi ? Euh autre que le handicap.

Oui. Euh les déchets. Les déchets.

On a on a une situation en dehors de Alors ça rejoint un petit peu la question de handicap. Euh, ils ont mis une taxe. Ah oui, il a également je On va le faire après.

Ou ou on a sur la question écologique en fait, il y a les taxes incitatives pour les poubelles pour qu'on réduise nos déchets. C'est un énorme sujet, on prend pas la mesure du volume qu'il y a. Sauf que ceux qui fabriquent les déchets, eux sont pas taxés à hauteur auquel ils devraient être taxés pour moins produire de suremballage par exemple.

Et en Dordogne, donc ils ont mis un 280 €. pour une personne par an. Donc quand tu vis au RSA, bah tu as déjà un mois qui est parti là-dedans et en fait c'est par volume de sac poubelle que tu mets.

Donc quand tu es une personne âgée et que tu as des couches, ben en fait ça te fait 1000 € de plus par mois par an à ta par an à ta charge. Ce qui est énorme en fait quand tu as une petite retraite. Quand tu es malade et que tu as des déchets médicaux et ben c'est pareil en fait quand tu as un bébé c'est une machine à faire détester l'écologie quoi.

Enfin pour ajouter punitive à écologie, on y est on y est en plein là-dedans. Forcément, ça a pas été réfléchi par des écologistes cette question là, mais par des mecs de droite. Et et donc voilà, donc on a un gros sujet.

La question, elle est comment on arrive à penser et puis penser en fait pour moi le le l'idée à chaque fois qu'il y a une proposition de loi, c'est comment le plus vulnérable, le plus fragile va être embarqué dans ce trucl. Si on arrive à le penser pour lui, on sait que pour tous les autres ça va aller. Et puis c'est un peu le là le on a la question de de l'arrêt menstruelle.

Euh c'est un texte bah c'est le premier texte que j'ai porté ici pour bah tu parlais du travail et il y en a beaucoup qui pensaient que le parce que il y a des femmes qui souffrent d'endométriose et euh il y en a euh tu veux aller ouvrir ? Pas de souci monsieur. Vous faites votre travail, on va pas vous le reprocher.

Il est où Pay tav ? Il est là. C'est ici.

Vous êtes de la poste ou de l'assemblée ? De la poste. De la poste.

Parce que c'est vous qui du coup qui avez fait découvrir à Sébastien le comment passer par les sous-sols. Tout à fait. Je sais que c'était mon collègue.

Il veillez encore m'excuser. Il y a pas de problème. Il y a pas de problème avec courage.

Bon courage pour Oui oui oui. Donc on en était au Oui. Le premier combat c'était sur l'arrê sur l'arrêel parce que il y a toutes les femmes qui souffrent d'endométriose euh se retrouvent enfit il faut savoir que le la douleur de l'endométriose ça peut être l'équivalent d'une crise cardiaque.

Donc alors on avait fait une vidéo qui avait pas mal tourné. On avait fait tester à des députés donc le simulateur de douleur que tu avais testé ou et donc voilà donc ça permet de prendre la mesure un petit peu de ce que c'est et comment on peut aller travailler ou être en difficulté pour aller travailler. Il y a une grande partie des femmes quand elles souffrent endométrieuses qui sortent du salariat parce que justement elles savent que elles vont être handicapées, elles vont être empêchées.

Donc pour moi l'idée était comment la sécurité sociale pouvait prendre en compte ça parce qu'il faut pas que la encore une fois j'ai essayé de penser à la plus petite entreprise que lui se retrouve pas à devoir payer alors qu'il en a pas les moyens mais je pense que c'est une histoire de solidarité nationale et donc de permettre à par exemple à secrétaire si elle a besoin d'eux ben qu'en fait qu'elle puisse en bénéficier et que ça ne vienne pas l'entraver dans l'exercice de de son boulot. Et donc voilà et alors il y a des collectivités qui l'ont mis en place et là tous les préfets sont en train de le faire sauter parce qu'en fait ça se passe avec les autorisations spéciales d'absence et donc il considère qu'il y a quelque chose de discriminant de le faire pour les femmes qui sont victimes d'endométrieuses. Donc on a on a une petite bataille avec les ministres pour qu'ils viennent dire à leur préfet d'arrêter de enfin qu'il ait un droit expérimental en fait parce que là on vient emmerder quand même des collectivités qui ont décidé elles de le payer et de le mettre en place de pouvoir le faire.

On les empêche de pouvoir le faire. Donc là c'est quand même assez hesque. Est-ce que tu penses que le fait d'être en situation de handicap, ça a développé chez toi une sensibilité au plus fragile, au plus faible dans la société, quelle que soit la forme ?

Ouais, forcément euh je suis incapable de le dire parce que je sais pas comment j'aurais été euh pourtant tu as lu faire de la psychanalyse. Je Mais je il y a eu ça. Mais après le l'autre question, c'est que moi j'ai grandi euh dans une famille d'accueil au départ et dans un foyer parce qu'en fait ma mère a créé un lieu d'accueil et a accueilli les gamins placés, des gamins de l'aide sociale à l'enfance.

Donc j'ai partagé ma chambre, ma maison, mes vacances, mon temps avec des gamins qui avaient des parcours de vie abîmé. Donc bon, ça a été le le parcours de de ma vie depuis depuis gamin. Bon, en 5e, j'avais envie d'être psychologue.

Je sais pas d'où c'est arrivé. C'était un truc étrange. Et et j'ai eu la chance de pouvoir et rentrer à la fac parce qu'à l'époque, on avait pas parcours sup qui décidait ce qu'on allait faire mais quand on avait envie de faire quelque chose, ben on pouvait le tenter.

Et puis ça marche, ça marche, ça marche pas. Mais au moins on peut le tenter et ça s'appuie sur notre désir et non pas sur ce que les algorithmes peuvent choisir de de nos vies, de nos existences. Et euh et donc voilà et après ben j'ai pu aller au bout et puis et exercer parce qu'en fait il y a beaucoup de personnes diplômées euh dans le master 2 que j'ai fait sur les 25, on était que la moitié à travailler en tant que psychologue.

Non pas parce qu'il y avait pas de besoin mais parce que en fait il y avait pas de poste et la plupart en fait on était avec des temps partiels accumulés. Bon bah écoute, bonne continuation sur la question du handicap et sur tout le reste et tout le reste ou pour changer la société. Ouais.

Et puis le enfin sur le sur la santé mentale parce que le moi je suis assez euh je trouve que c'est c'est assez terrible parce qu'à chaque fois on nous dit bon il y a un manque de moyens OK très bien. Ah [ __ ] je suis en retard. C'est pour ça que je c'est pour ça que ça sonne.

Écoute ouais j'arrive j'arrive j'arrive j'arrive tout de suite. Faut faut que j'y aille terminé euh parce que j'ai là j'ai j'ai quelque chose sur le travail toujours. Tu sais mon obsession.

Donc qu'est-ce qu'on fait sur le travail sur le travail des essentiels sur le travail entre Enfin, moi j'aime beaucoup le Je sais pas si tu as lu le bouquin de de Cynthia Flor ou et je trouve que le la question de ceux qui viennent garantir la dignité des plus vulnérable sont dans des situations indignes en fait et sont frappés d'indignité. Et je trouve que là-dessus et c'est pour ça que je suis très sensible au combat que tu portes et je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui écoutent ça qui et puis même au fin fond de la Dordogne, ils sont très très sensibles et quel que soit le bord politique parce qu'on voit que là-dedans enfin c'est quelque chose pour la question du handicap. Bien sûr, bien sûr.

Ou oui.