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InterviewLCP (sur YouTube)· 2 mai 2026 34 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne | Ici l'Europe

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15RelanceRéponse directe

    L'Ukraine est sous pression, l'UE a approuvé un prêt de 90 milliards d'euros. Êtes-vous d'accord avec l'analyse allemande sur des concessions territoriales pour un accord de paix ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Les 27 sont divisés sur l'adhésion de l'Ukraine. La Commission a-t-elle une position sur ce sujet ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Les céréales ukrainiennes volées par la Russie : faut-il renforcer les sanctions ?

  • 2:30RelanceRéponse partielle

    L'offensive israélienne au Liban relance le débat sur la suspension de l'accord UE-Israël. Y aura-t-il unanimité des 27 ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Votre projet de loi sur l'accélération industrielle vise à atteindre 20 % de l'industrie européenne. Quels secteurs sont concernés ?

  • 4:30RelanceRéponse directe

    La Chine menace de riposter à votre projet. Craignez-vous une guerre commerciale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Stéphane SéjournéFait
    « À partir du moment où l'argent public est engagé, il faut une clause de préférence européenne pour nos industries européennes. »
  • 8:00Stéphane SéjournéChiffre
    « On produit à peu près 12 millions de véhicules en Europe. D'ici 2035, on en produira plus que 9 millions. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. Cette semaine, l'Europe est toujours sous le coût des injonctions et des manœuvres contraires de la Russie, des États-Unis et même de la Chine alors qu'elle cherche la voie de l'émancipation et de l'indépendance.

Nous avons le plaisir d'en parler aujourd'hui avec le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Schéjourné. Bonjour, commissaire français chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle. Alors, on va évidemment beaucoup parler de votre stratégie industrielle, mais on va commencer par notre prospérité, si vous le voulez bien.

Elle est menacée par des conflit sanglants. D'abord, à nos portes, l'Ukraine, n'oublions pas quand même euh l'Union européenne a approuvé un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine euh couvrant euh ses besoins jusqu'en 2027, mais le bloc est très divisé sur le rythme de l'adhésion de ce pays. chancelier allemand a même laissé entendre qu'il fallait qu'il que l'Ukraine concède certaines parties de son territoire pour avoir un futur accord de paix peut-être une future adhésion.

Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ? Bon d'abord faut continuer à soutenir l'Ukraine. C'est l'engagement qu'on a pris au niveau européen.

C'est l'engagement du Conseil des chefs d'état de gouvernement. C'est l'engagement également de la Commission financièrement. Et donc on a trouvé les voies et les moyens de pouvoir continuer à à soutenir l'Ukraine sans argent public. européen mais avec un prêt qui est garanti sur des avoirs russes.

Je tenais à le dire parce que j'ai entendu beaucoup de choses sur la question du prêt à l'Ukraine et qui est pas question justement d'emprunter et d'endetter les Européens mais de gager également sur les avoir russes. Et puis il y a de l'autre côté notre la question bah de l'accord de paix du retour à la normale du soutien. Donc ça en passe d'abord par le soutien à l'Ukraine et puis ça en passe également par des discussions.

A priori, les discussions sont au point mort, il faut le dire aujourd'hui. Donc il me semble un tout petit peu anticipé de parler de conditions alors même que l'Ukraine et la Russie n'ont pas commencé un dialogue qui permettent justement de mettre sur la table un certain nombre sur l'adhésion c'est encore une fois une question qui nous paraît un peu trop anticipée du côté de la commission. D'abord, il faut regarder les conditions de paix, les conditions de la prospérité renouvelée, les conditions de la reconstruction de l'Ukraine, avec quel rôle peut jouer l'économie européenne également dans la reconstruction de l'Ukraine.

Et puis après, on parlera des modalités éventuellement d'adhésion qui sont en réalité très lié avec les garanties de sécurité qu'on doit à l'Ukraine. Alors, l'Ukraine qui a convoqué d'ailleurs le l'ambassadeur d'Israël mardi 28 avril dans la matinée pour l'arrivée d'un navire fantôme qui transporterait euh des céréales que Kiev affirme voler euh dans les territoires occupés par la Russie. Les 27 se sont mis d'accord pour que justement il y ait des droits de douane sur la sur la Russie pour éviter ces vols de céréales.

Est-ce qu'il faut sanctionner ? C'est notre politique depuis le début. Les paquets de sanctions se sont multipliés.

À chaque fois qu'il y a un trou dans la raquette, la Commission européenne propose avec les États-membres de compléter le dispositif de sanction de la Russie. On peut continuer évidemment à regarder les trous dans la raquette et ce qui passe encore autour de ces sanctions. Je crois que la la représentante Kaya Calas aux affaires étrangères a justement mobilisé l'ensemble des Étatsmembres pour avoir une consultation et trouver les vo les moyens de permettre à l'Ukraine d'éviter ce genre de dispositif et de contournement.

L'offensive israélienne au Liban a relancé le débat d'ailleurs sur la suspension de l'accord d'association entre nous, l'Union européenne donc et Israël, l'Espagne, Irlande, la Slovénie pousse et réclame cette suspension ainsi qu'une grande pétition citoyenne. Est-ce qu'il y aura un jour unanimité des 27 sur ce thème que que dit la commission ? C'est pas à la commission de s'exprimer sur ce sujet là.

La commission dispose et donc c'est aussi le mandat des Étatsmembres. Faut un accord, il faut même un accord à l'unanimité sur cette questionlà. A priori, il est difficile à obtenir, mais néanmoins, le signal qui est le fait d'avoir mis le sujet sur la table et le signal est est déjà un signal de mécontentement d'une partie des Étatsmembres.

Donc je pense pas qu'on arrive à trouver une unanimité. Ce sont aussi les Étatsmembres qui poussent cette proposition qui doivent chercher à convaincre leurs collègues au Conseil européen et la Commission disposera. En tout cas, si il y a une unité pour revenir sur cet accord et on y reviendra à ce stade.

C'est pas le cas. Alors Stéphane, c'est journé comme ça semaine nous allons vous proposer tout de suite quelques nouvelles choisies de l'Union européenne. C'est l'Europe en bref avec Aline Bin.

Une définition du viol harmonisé fondé sur la notion de consentement, c'est ce qu' voté les eurodéputés sous les applaudissements. Il y a 2 ans, l'Union européenne avait adopté son premier texte pour lutter contre les violences faites aux femmes. Et malgré de longues négociations, elle avait échouée à intégrer la question du viol, faute de consensus sur sa définition juridique bloquée notamment par la France.

Feu vert du Parlement pour une version plus ambitieuse du projet de budget pour la période 2028-2034, il présente un cadre financier pluriannuel supérieur de 10 % à la proposition de la commission. Pour éviter toute réduction budgétaire, rembourser la dette et ne pas imposer de contributions supplémentaires aux Étatsmembres, nous proposons de doter le budget de l'Union de ressources propres. Et nous avons trois nouvelles idées, monsieur le commissaire.

Une taxe sur le numérique, une ressource propre issue des jeux en ligne et des jeux d'argent, ainsi qu'une ressource propre issue des transactions en cryptomonnaie. Plus d'argent pour ne pas avoir à diminuer comme dans la proposition initiale, les aides à l'agriculture, aux régions et aux sociales et pour augmenter les financements pour la recherche, la défense ou encore Erasmus. Le projet doit maintenant être négocié avec les États-membres avant d'être adopté.

Pékin hausse le ton. La Chine menace de riposté si l'Union européenne adopte son projet d'accélérateur industriel sans tenir compte de ses intérêts. Porté par Stéphane Séjourné, ce texte introduit un principe clair : la préférence européenne.

Objectif orienter en priorité les financements publics vers une production locale dans trois secteurs stratégiques : les industries énergivor, l'automobile et les technologies propres. Pour Pékin, ces mesures sont jugées discriminatoires envers les entreprises chinoises. Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne.

Parlons de votre fameux projet de loi sur l'accélération industrielle que vous avez présenté le 4 mars, examiné par les Étatsmembres et le Parlement européen pour voir l'industrie remonter à 20 % comme elle était d'ailleurs en 1990 contre 14 aujourd'hui il doit y avoir selon vous préférences européenne pour les marchés publics des contrôles accrus sur les investissements étrangers. Tout à fait. Le constat, il est assez clair.

On est inondé de produits chinois sur le marché européen. Euh souvent dans des secteurs qui sont clés et qui sont stratégiques avec des dépendances qui ne sont pas aujourd'hui acceptables au vu des de la géopolitique, des incertitudes que nous vivons. Et donc que ça soit sur les matières premières critiques, que ça soit sur l'automobile où un certain nombre de producteurs et de constructeurs automobile produisent des véhicules qui sont subventionnés, que ça soit sur l'acier également, il y a pas d'état sans acier, il n'y a pas de défense nationale sans acier.

Pour sur toutes ces questions là, on propose de rajouter une clause de préférence européenne pour aussi faire vivre nos industries européennes françaises, allemande, polonaise. pour ce qui est des grands constructeurs par exemple ou les grands producteurs d'acier et éviter que cette industrie justement disparaisse dans les 5 10 prochaines années si nous ne faisons rien. Et puis de l'autre côté, nous avons les conditions d'investissement étrangère.

Ça c'est les conditions d'accès au marché en réalité européen. Ces conditions sont très strictes du côté chinois. euh il nous oblige en quelque sorte à avoir pour un partenaire européen, d'avoir un partenaire chinois, de faire du transfert de technologie, euh de faire également de la recherche et du développement en Chine.

Et donc on propose de remettre en quelque sorte à niveau ces ces règles en nous de temps y compris de règles sur les investissements étrangers en Europe qui exige du transfert de technologie qui exige aussi un partenariat avec nos nos industries européennes. en quelque sorte remettre aux standards internationaux un marché de 450 millions de consommateurs qui est l'Union européenne avec des marchés comparables comme les États-Unis ou la Chine. Mais la Chine le prend pas bien.

Elle n'aura d'autre choix que de prendre des contemes si l'UE made in Europe justement dans les secteurs stratégiques. Est-ce que vous craignez une guerre commerciale avec Pékin ? Bon, d'abord nous le faisons pour nous-mêmes.

Nous faisons pas contre la Chine, nous le faisons pas contre les États-Unis. Nous le faisons pour nous-mêmes. Nous faisons pour réduire nos dépendances stratégiques.

Nous le faisons aussi pour garantir aux États-membres garantir aux États-membres l'ensemble des industries qui sont nécessaires à leur souveraineté énergétique pour ce qui est des clintech que ça soit dans le panneau photovoltaïque comme l'éolien mais aussi dans le nucléaire avec un peu tard quand même sur le photovolque. Mais ça veut pas dire maintenant parce qu'on a pris du retard qu'il faut pas agir aujourd'hui et donc on agit pour nous-même dans le cadre de notre marché. Maintenant on aura probablement des discussions avec le gouvernement chinois comme on en a avec l'ensemble de nos partenaires étrangers.

Mais l'intérêt de ces dispositions et de cette nouvelle réglementation, c'est de créer la demande en Europe, de sauvegarder nos industrie et les compris les emplois qui vont avec avant de se fâcher avec les Chinois. La Chine reste un partenaire commercial mais il faut rétablir une forme d'équilibre de nos relations sinon on dérivera vers plus de dépendance de la part des Européens. Mais Stéphane Séjourné justement il va falloir faire passer aussi au niveau des États-membres cette idée de préférence européenne.

La France, l'Italie, la Pologne juge que la proposition de la Commission européenne ne va pas assez loin et inversement euh Berlin, Stockholm, La euh ils veulent au contraire que cette préférence européenne soit moins contraignante. Redoute beaucoup les les mesures de rétorsion. Bon, d'abord si j'en crois l'analyse du gouvernement chinois, a priori ça a un impact.

Donc, j'ai lu beaucoup de choses sur le fait que ça aurait peu d'impact ou ou sur le fait que le texte était pas assez ambitieux. A priori, c'est pas l'analyse que en font nos partenaires économiques. Donc, ce texte-là aura probablement un impact économique pour nous-mêmes et puis une discussion commerciale que nous devons avoir.

Je crois qu'il faut sortir un peu de la naïveté. On utilise souvent ce mot au niveau européen, mais sur le volet commercial, c'est très clairement ce qui s'est passé depuis les années 90. Euh on a un marché européen qui est très ouvert, euh un marché européen qui est très concurrentiel, des marchés public euh qui sont passés par les collectivités, les Étatsmembres qui correspondent à peu près à 15 % du PIB euh européen. presque 2000 milliards d'euros de dépenses publiques chaque année et qui vont aussi vers des entreprises, vers de l'innovation étrangère alors qu'on peut favoriser dans certains secteurs stratégiques pour nous l'entreprise européenne et les capacités d'innovation avec la mobilisation de l'argent public aussi européen.

Je dis juste une chose. Je dis qu'à partir du moment où l'argent des Européens est employé, il s'agit d'aide d'État, qu'il s'agisse de marché public, qui s'agisse pour une voiture d'un super bonus de la part des États. À partir du moment où l'argent public est engagé, il faut une clause de préférence européenne pour nos industries européennes.

D'ailleurs, l'automobile fait partie des secteurs visés, vous l'avez dit, 70 % des composants locaux en plus d'une batterie de fabrication européenne, c'est c'est nécessaire parce que pour et on ne financera pas d'ailleurs les électriques chinoises, c'est l'idée quand même depuis le début de de la du mandat de votre commission, 220000 emplois ont été détruits dans l'automobile. Comment la relancer ? Si on en suit les courbes euh que nous avons à la commission et les tendances, euh très clairement, on produit à peu près 12 millions de véhicules en Europe.

D'ici 2035, on en produira plus que 9 millions. Et la part des composants européens dans ces 9 millions de véhicules en 2035 qui pourraient être produits, passerait de 80 % à 50 %. Vous voyez l'état du bouleversement du marché.

Donc il faut faire quelque chose d'un point de vue y compris de la concurrence desloyales. qu'on a proposé quand il s'agit d'argent public encore une fois et quand il y a des primes à l'achat pour les véhicules, notamment les flottes professionnelles euh qui sont achetées par les entreprises pour les particuliers mais surtout pour les employés souvent des des entreprises en question qu'il y ait l'obligation d'acheter un véhicule qui a un minimum de 70 % de composants produits en et c'est un peu l'objectif qu'on s'est donné garder 50 du marché qui est un peu près les flottes professionnelles sous le giron d'une production européenne. Alors justement parlons de ce secteur automobile qui représente encore 14 millions d'emplois en Europe.

Il est particulièrement important en Allemagne bien sûr construire de l'équipement militaire pour sauver les emplois dans l'industrie automobile, c'est un changement qui est déjà opéré par certains outreins. C'est une option, c'est au programme d'ailleurs. Ben d'abord, c'est euh une bonne idée euh puisque ça montre aussi la flexibilité euh de ces industries qui ont des technologies, qui ont des savoir-faire et qui sont capables également de les mettre à disposition d'un autre secteur, en l'occurrence le secteur de la défense.

Euh et donc ça nous permet de sauvegarder les emplois, ça nous permet de sauvegarder les savoir-fairs, ça nous permet d'avoir du transfert de technologie entre l'appareil de défense et l'industrie civile également dans ce sens-là. Donc oui, c'est tout bf, j'ai envie de dire, dans dans cette période compliquée pour le secteur notamment de l'automobile. C'est bons exemples, mais l'Allemagne est un cas particulier qui a investi énormément pour rattraper son niveau notamment dans le matériel de défense et donc il fait fonctionner son industrie civile.

Je crois qu'il y a un certain nombre de pays, la France notamment est en train d'y réfléchir notamment dans le dans la montée en charge et dans l'augmentation du budget. Je pense que c'est une solution aussi pour garder nos emplois et nos et garder nos usines sur le territoire. Les accords de commerce, un corps entre l'Union européenne et le MER Cossour qui qui s'applique provisoirement au 1er mai 2026.

La Pologne va d'ailleurs déposer un un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne. Euh l'accord aussi avec l'Australie avec un volet agricole qui inquiète à nouveau les agriculteurs. Vous appartenez d'ailleurs à ce pays, la France qui est hostile à ses accords en particulier avec des implications donc pour pour l'agriculture.

Est-ce que l'Union européenne qui est capable de négocier ces grands accords ambitieux à l'échelle mondiale, elle peine à à assurer leur leur acceptation interne ? Bon, d'abord, ce pilier des accords commerciaux, il participe à notre stratégie globale d'adapter notre modèle économique européen au nouveau contexte géopolitique. Et [raclement de gorge] il faut le voir comme ça.

On a un certain nombre de dépendances à l'exportation et à l'importation de certains marchés, à l'exportation sur le luxe, le vin, les spiritueux par exemple sur le marché américain. Et on l'a vu dans la discussion entre les États-Unis et l'Union européenne, à certains moments, ce sont des secteurs qui sont vulnérables euh puisque si les États-Unis décident de mettre 200 % de droits douanine sur le vin et les spiritueux, ce sont des milliers et des milliers d'emplois qui peuvent disparaître en France. Euh donc il nous faut des accords commerciaux pour diversifier ces secteurs d'exportation et donc aller chercher d'autres marchés pour réduire la part d'influence des marchés américains et des marchés chinois à l'importation sur les matières premières que je vous évoqué sur les dépendances que nous avons les dépendances structurelles.

Ça fait partie d'un des piliers. Ce n'est pas le seul pilier. On a le marché intérieur avec 450 millions de consommateurs.

On vient d'en parler qui est important qu'il faut renforcer. Il faut retirer les barrières réglementaires entre nous pour pouvoir lui donner du corps. Et puis il y a la politique industrielle, on vient également d'en parler avec moins de naïveté et le mec d'in Europe.

Il faut faire les trois. Merci Stéphane ces journées d'avoir été notre invité. Vous étiez à Strasbourg Parlement pour la réunion du collège des commissaires.

Nous allons poursuivre tout de suite d'ailleurs au Parlement avec notre débat qui est consacré au bon état de droit et comment l'Union européenne peut le faire respecter. C'est le débat tout de suite. Bienvenue.

On se retrouve au Parlement de Strasbourg qui a poussé un ouf de soulagement après les élections hongroises mais s'interroge sérieusement depuis les Bulgares. L'état de droit des 27 membres de l'Union européenne est-il en progression ? Le 12 avril dernier, les Hongrois ont renvoyé dans ces foyers Victor Orban après 16 années de démocratie illibérale synonyme de main mise sur la justice, les médias, l'économie et la société civile.

Son successeur, Peter Mogard a promis de restaurer une démocratie fonctionnelle et de dégeler 18 milliards d'euros suspendus par Bruxelles pour sanctionner la dérive. Et puis toujours à l'est, le 18 avril, la Bulgarie a fait le choix de Rouen Radef, le président pendant 10 ans devenu premier ministre sur un discours anticorruption certes, mais aussi en partie prorusse. Qu'est-ce que cela implique sur l'avenir démocratique du pays ?

Même interrogation dans l'Italie à droit toute de Georgia Méloni qui a perdu son référendum sur une réforme controversée de la justice mais est accusé de contrôler de plus en plus les médias. incertitude aussi en Pologne ou Donald Tou que Pen a réformé un état de droit verrouillé par le parti ultraconservateur droit et justice qui l'a précédé. Alors pour en parler aujourd'hui, nous sommes en compagnie de Chloé Ridel, bonjour député européenne française pour les socialistes et face à vous Radan Canef, bonjour.

Eurodéputé Bulgare pour le Parti populaire européen qui correspond au centre droit en Bulgarie. Euh on commence par une alternance possible en Hongrie, madame Ridel, alors que l'on croyait finalement ce système urban beaucoup trop verrouillé, beaucoup trop avancé sur le chemin de l'autoritarisme. Oui, la défaite d'Orbane d'abord, elle est symbolique et elle est forte parce qu'Orbane c'était pas juste le premier ministre d'un pays qui représente que 2 % de la population européenne, c'était le parrain de l'extrême droite en Europe et même au niveau mondial.

Il était très proche de Donald Trump notamment. Et c'est vrai que sa défaite dans un pays où il y avait quasiment plus de presse libre, plus de liberté de [raclement de gorge] la recherche non plus, où euh toutes les paroles de l'opposition était verrouillé, c'est extraordinaire que les Hongrois euh aient réussi à mettre un terme à son régime corrompu euh et pas que illibéral. Et ça c'est lié à un énorme sursaut populaire.

Il y a près de 80 % de participation aux élections en Hongrie, c'est 20 points de plus que aux dernières élections. Donc c'est à ça queon doit la défaite d'Orbane. Et maintenant Peter Mager a pris la suite.

Il a fait la campagne en promettant de rétablir l'état de droit en Hongrie, de lutter contre la corruption qui a atteint des niveaux endémiques sous-urbane et de se retourner vers l'Union européenne, d'arrêter de mettre son véto par exemple sur l'aide à l'Ukraine qui a pu enfin être débloqué ces jours-ci. Donc c'est quelque chose de tout à fait majeur qui s'est passé en Hongrie. Radan Kanef, les Européens depuis 2020 se sont dotés d'instrument de rétorsion en cas de non respect de de cet état droit par l'un de ces Étatsmembres.

C'est le gel des fonds européens. 18 milliards avaient été gelés en Hongrie. Ça a pu jouer un rôle pour pousser le pays vers les valeurs européennes ?

Je pense que oui. J'ai toujours défendu le le mécanisme de conditionnalité de conditionnalité pour l'état du droit. Euh je pense que l'Hongrie était un bon exemple euh que que ça peut euh euh avoir un effet positif.

Je pense que euh les électeurs hongrois euh ont été disons soutenu par ce mécanisme dans leur sentiment anticorruption et anti capture d'état, on peut dire bien sûr pour l'Hongrie. Alors, c'est quelque chose qui qui doit progresser, qui doit tenir compte de la dynamique dans les dans les divers pays européens. Vous vouliez ajouter peut-être que ça a aidé à à chuter du point de vue économique ?

Parce que moi, je préside ici au Parlement européen l'intergroupe contre la corruption et avec mes collègues, on a tenu bon sur le refus de céder sur les 18 milliards de fonds européens qui étaient gelés parce que l'état de droit n'était pas respecté en Hongrie. Et c'est ça qui a fait notamment tomber urban parce que tout son système de corruption se nourrissait des fonds européens et les oppositions que j'avais rencontré en Hongrie disaient surtout ne lâchez pas là-dessus même si ça n'est pas dans notre intérêt puisque c'est autant de milliards d'euros qui ne vont pas dans les services publics congrois dans la santé dans les transports mais du coup ça a fragilisé son système de corruption et nous avons bien fait de tenir bon là-dessus. Alors, la Hongrie qui vient d'être sanctionnée aussi euh du point de vue euh de la justice, hein, par la Cour de justice de l'Union européenne épinglée pour non respect de l'État de droit, en particulier euh des droits des personnes LGBT après une loi jugée discriminante, une première en Europe dont se félicite la commission.

On l'écoute. Nous saluons l'arrêt historique rendue aujourd'hui par la Cour de justice de l'Union européenne. La Cour a estimé qu'en adoptant la loi dite sur la protection de l'enfance, la Hongrie a enfreint plusieurs droits fondamentaux.

La cour a confirmé que la Hongrie a agi en violation des valeurs fondatrices de l'Union européenne. Chlo Eridel Victor Orban s'est toujours plein d'être attaqué par Bruxelles sur son positionnement ultraconservateur, sur ses valeurs. Justement, il disait être dans son bon droit et notamment avec une loi sur les LGBT.

Mais le jugement reconnaît une discrimination du de genre qui ne peut avoir sa place en Europe. Ça change quelque chose ? Bien sûr parce que Victor Orban s'est toujours revendiqué de l'identité européenne pour s'attaquer aux personnes homosexuelles notamment.

Or, l'identité européenne, c'est bien le respect de la dignité humaine et de la liberté de réunion et de manifestation. Et qu'est-ce qu'avait fait Victor Orban ? il avait fait passer une loi pour interdire aux personnes homosexuelles transgenre d'aller manifester ou de se réunir.

Donc c'est une atteinte fondamentale à ce qui fonde les valeurs de l'Europe depuis le siècle des Lumières. Voyez ? Et donc nous étions allés moi-même au côté de nombreux collègues ici au Parlement européen manifester à Budapest pour la marche des fierté et aujourd'hui la Cour de justice vient confirmer ce que ce que nous pensions.

Rardan Kanef maintenant que va-t-il se passer en Hongrie ? Le nouveau premier ministre euh Peter Maguire va-t-il avec une majorité très nette pouvoir réformer le pays et revenir à l'état de droit ? On a vu que en Pologne par exemple, c'était pas aussi simple. le premier ministre proe européen Donald Tou a échoué jusqu'à présent globalement à imposer une réforme du système qui reste aux mains du parti droit et justice. [soupir] Voyez bien sur la la grande question comme en Hongrie aussi en Bulgarie, peut-être même plus fort en Bulgarie, c'est est-ce que un nouveau gouvernement et un nouveau majorité dans les assemblées nationaux respectives va vraiment réformer un modèle très corrompu mais aussi un modèle qu'on peut bien dire c'est c'est ce qu'on déf fin comme l'état profonde des des réseaux euh des connexions à pas très légitime entre les services de sécurité puis judiciaire puis parti politique puis médias.

Ah, il y a une une tentation, je disais bien sûr, de d'établir un nouveau contrôle sur ces réseaux, hein, mais pas de détruire, pas de pas de les euh pas de les réformer. Pour le cas en Bulgarie, il y a bien sûr une crainte parmi les meilleurs réformistes que je représente au Parlement européen par exemple qu'on va qu'on va voir en un processus de disons inérité. C'est ces raisons mais pas de les réformer.

C'est rester dans le contrôle finalement garder la main la main mise totale sur les éléments de la démocratie. Changeant les person, en changeant les visages, mais sans sans un changement profonde des des systèmes de contrôle. Euh ça sera euh la question la plus importante dans tous les tous les pays qui ont ont vécu dans ce système de démocratie illibérale ou de corruption très sérieuse.

Alors, on va regarder aussi parce que dans le même mois, suite aux élections donc hongroises, euh se sont tenu en Bulgarie euh des élections qui ont fait un un choix très différent, celui d'un candidat eurocritique avec des accents prusses. Euh en effet, euh la Russie s'en est d'ailleurs félicité. On écoute.

Le dialogue avec la Russie doit être repris. L'Europe doit notamment réfléchir sérieusement à la manière dont elle va sécuriser ses ressources énergétiques. J'attends donc de l'Europe qu'elle soit beaucoup plus pragmatique dans sa mission et dans ses actions.

Bien évidemment, nous voyons d'un bon œil les propos de monsieur Radev qui a remporté les élections exprimant la volonté de résoudre les problèmes par le dialogue pragmatique avec la Russie. Cela fait écho à notre position et nous nous en félicitons. Quand on entend ça, est-ce qu'on ne se dit pas que Vladimir Poutine qui a perdu un allié avec Victor Orban en a peut-être retrouvé un en Bulgarie ?

Si vous savez cette euh cette guerre de Vladimir Poutine contre l'Europe, elle est pas terminée et il continuera inlassablement d'essayer d'influencer les élections en Europe et euh euh de se créer des relais favorables. Euh mais si vous voulez, quand j'écoute ce qui est dit dans dans votre vidéo, ce qui est pragmatique euh aujourd'hui de faire face à la Russie, c'est de soutenir la résistance ukrainienne. C'est de se défaire de notre dépendance aux énergies fossiles russes, au gaz et au pétrole.

C'est ça qui est pragmatique. Je ne vois pas d'autres solutions qui s'offrent à nous dans un contexte où vous avez à la tête de la Russie un dirigeant encore une fois impérialiste et qui mène une guerre contre non seulement l'Ukraine mais l'ensemble de l'Union européenne. Alors qu'est-ce quel signal en voie cette élection de Rouen Radef qu'on connaît pas très bien ?

Il était quand même président pendant 10 ans mais force sur la scène européenne en tout cas il rejette la corruption. C'est pour ça d'ailleurs qu'il l'a emporté. Mais est-ce que vous jugez qu'il peut être un nouvel orb aussi au sens de l'état de droit dans le fond et faire jouer son véto auprès de l'Union européenne pour se renforcer ?

Ah, je dirais que c'est possible euh mais je je espère que qu'il y aurait un un développement assez différent euh parce que monsieur Radf, il est le disons le prisonnier euh d'une majorité des électeurs euh très hétérogènes. Il y a une minorité qui est bien prorusse, euroseptique même antie-européen disons parmi ces électeurs, mais la majorité de ces élections est centriste, anticorruption et proeuropéenne. le message même de monsieur Radev quand il était le président de la République et maintenant candidat pour le premier ministre sont plutôt prousses.

Euh alors on doit suivre avec une grande attention c'est parce que ceux qui sont prorusses assez vite ils adoptent ce qu'on appelle les lois russes, c'est-à-dire de mains mis sur les médias, la magistrature, l'interdiction des ONG et cetera. lo bien sûr bien sûr des des réformes anticorruption et et les réformes de l'état du droit sont dans un conflit naturel avec un sentiment prorusse. Euh parce qu'en Russie de Poutine mais aussi en Russie de Eltine ou bien de du régime communiste, il il n'avait pas de de l'état de droit.

C'est c'est une contradiction interne, disons. Et Romen Rade a annoncé une réforme de la magistrature. Est-ce qu'il faut s'en réjouir ou s'en inquiéter ?

Ah bien, pour cette réforme, il aura besoin d'une majorité qualifiée dans l'assemblée de tiers qu'il ne possède pas de 160 membres du parlement. Et ici, on doit on doit regarder premièrement euh quel euh quelle coalition il il va essayer d'établir pour la nomination d'un nouveau conseil judiciaire et puis un inspectorat judiciaire. Et puis même plus important les processus et je dirais que le grand test sera cette connexion intime et illégitime euh en même temps entre les services de sécurité euh et le judiciaire, ce qui est le plus profond problème euh de de l'état du droit bulgare.

Alors le le les problèmes de l'état de droit, c'est pas que l'Europe de l'Est. On va on va sortir un petit peu. On va on va aller plus au sud.

Quit de l'Italie des droits radicales alliés dans le gouvernement Mélonie. Est-ce que vous jugez qu'il y a atteinte à ce stade à l'état de droit main mise par exemple sur les télévisions publiques et puisque les privés sont déjà à Berlusconi ? Est-ce que l'Europe est capable de sanctionner un gouvernement méléonique ?

Elle juge plutôt alignée d'ailleurs sur des questions géopolitiques importantes comme l'Ukraine et cetera. Alors pour l'instant non, il y a pas de moyen juridique de sanctionner ni l'Italie ni d'ailleurs la France pour des questions relatives à l'intébrance de la presse et la liberté de la presse. On voit des phénomènes de concentration en fait de la propriété des médias dans les mains de quelques milliardaires.

C'est vrai en France, c'est aussi vrai en Italie avec aujourd'hui aussi c'est ce contrôle sur la télévision publique. Mais aujourd'hui, vous ne pouvez bloquer, par exemple, les fonds européens à destination d'un pays que en vertu de la corruption pour éviter que l'argent des Européens, nos impôts ne finissent dans la poche de corrompu. Mais on n pas tous les outils pour s'assurer que l'état de droit soit respecté en Europe.

Et l'état de droit, c'est l'indépendance de la justice, c'est le respect des droits fondamentaux de chacun, c'est aussi la liberté de la presse. et on voit que elle est fragilisée sur l'ensemble du continent. Inquiétude dont vous parlez pour la France aussi parce qu'on parle puis que vous avez 11 milliardaires aujourd'hui en France qui détiennent 80 % de la presse écrite, 60 % des antennes radio.

Donc c'est c'est une concentration très forte dans les mains de quelques-uns qui atteint aussi le secteur de la culture. Voyez ce que fait par exemple le milliardaire Vincent Boler dans le monde de l'édition. quand vous mettez la main sur des éditions comme Fillard, sur la maison Grassée qui sont patrimoine vivant de la culture française et que vous le faites à des fins politiques, cela pose un problème et nous n'avons pas aujourd'hui les outils pour y faire face.

Il faudrait qu'on puisse fixer des seuils anticoncentration dans le secteur des médias comme dans le monde de la culture. Monsieur Canef, votre parti le PPE effectivement dans dans un gouvernement méloni en Italie, il est associé he à travers on parlait de la figure de de Sylvio Berlusconi mais est-ce que vous ça vous choque cette question de l'indépendance de la presse et de la télé publique ? Est-ce que ça ça doit être aussi une des valeurs que l'Union européenne devrait pouvoir défendre avec des outils plus efficaces ?

Ça peut pas me choquer comme en Bulgarie, c'est un problème persistant pour pour des diens dizaines d'années. Euh ce qui j'espère est que le Bulgarie ne sera pas l'exemple [grognement] euh pour le développement de du marché médiatique dans les pays d'Occident. Ah parce que chez nous c'est un problème bien hérité de du régime communiste.

Donc ça vous choque quand même comprend que ça peut pas ne pas vous choquer. Merci en tout cas à vous d'avoir bien illustré cette question de l'état de droit et et quels en sont les ingrédients, comment le rétablir ? Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes.

Merci à vous.