Pierre Laurent
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Quelle suite doit désormais prendre ce conflit selon vous ?
- 1:24OuverteRéponse directe
La direction d'Air France n'avait tout de même pas rien fait avec une première augmentation de 2% puis 5% entre 2019 et 2021.
- 2:22OuverteRéponse directe
Cette manche remportée par les syndicats d'Air France est-ce qu'elle peut avoir un impact sur l'autre conflit en cours dans les transports, à la SNCF ?
- 4:44OuverteRéponse directe
Est-ce que cette perspective de service minimum librement consenti permettrait de soulager les usagers ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Pierre Laurent, vous tenez ces premières assises de l'écologie. Est-ce qu'il y a là une question d'opportunité politique qui fait que vous allez vous positionner désormais en tant qu'écolo ?
- 8:15OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux sujets de préoccupation écologiste au Parti communiste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:02InvitéFait
« le résultat du référendum à Air France est un encouragement pour tous ceux qui réclament le déblocage de la situation actuelle »
- 5:15InvitéFait
« pour faire grève, il faut se déclarer très, très à l'avance »
- 14:54InvitéFait
« l'autre grande question, c'est la négation de la démocratie qui a été au cœur de l'échec soviétique »
- 15:37InvitéFait
« la révolution numérique actuelle nous invite, au contraire, non pas à déléguer aux machines ou aux robots ou à l'intelligence artificielle, mais à élever le niveau de maîtrise sociale et démocratique de toute la société sur ces enjeux »
- 18:53InvitéFait
« entre Jean-Luc Mélenchon et moi-même, ils sont quasi inexistants »
Temps de parole
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Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux, sur France Inter.
Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Sénateur de Paris et secrétaire nationale du Parti communiste français, A Air France, donc le PDG Jean-Marc Janayac a annoncé sa démission hier soir après le rejet de son référendum sur le conflit salarial à Air France. Quelle suite doit désormais prendre ce conflit selon vous ?
Je crois que le signal est très clair. Ce dont a besoin Air France, c'est d'un nouveau décollage social. Il y a un coup de semence des salariés qui ont dit clairement qu'ils ne supportaient plus le blocage des salaires. Parce que chez Air France, comme dans beaucoup d'entreprises, les actionnaires continuent de se verser des dividendes assez juteux. Mais les salaires, eux, pour la masse des salariés, sont bloqués. Donc il y a une exigence de justice et de meilleure répartition de la richesse créée par leur propre travail qui s'exprime avec force dans cette entreprise. C'est assez spectaculaire parce que le chantage avait quand même, de la direction avait été maximum...
Chantage aux suppressions d'emplois. Chantage aux suppressions d'emplois, la déstabilisation de l'entreprise, à la démission du PDG. Et manifestement, les salariés ne se sont pas laissés impressionner. Donc ça veut dire que le malaise est quand même extrêmement profond dans cette entreprise comme dans toutes celles du pays.
Cela dit, Pierre Laurent, la direction d'Air France n'avait tout de même pas rien fait. Elle avait proposé une première augmentation de 2% et puis 5% entre 2019 et 2021. Il y avait tout de même des avancées de la direction.
Il y avait une exigence des organisations syndicales de négocier ces décisions de la direction. Et ce qui a mis le feu aux poudres, c'est le refus de négocier. Et la direction d'Air France, en fait, s'est comportée un peu comme le gouvernement le fait en ce moment. C'est un refus persistant de négocier. C'est-à-dire, on décide en haut et puis ensuite, circuler, il n'y a plus rien à voir. Et je pense que le pays n'accepte pas ça. Il n'accepte pas ça chez Air France. Il ne l'accepte pas dans les services publics, à la SNCF et ailleurs.
Et partout, moi, où je vais, par exemple, dans les hôpitaux, c'est pareil, la situation est très tendue chez les personnels hospitaliers parce que cette situation n'est plus acceptée.
À Air France, un mot sur Philippe Hévin, le président du syndicat des pilotes. C'est donc lui qui incarne celui qui a fait tomber le président d'Air France. On le décrit comme un partisan de la ligne syndicale dure. Ce style de syndicalisme intransigeant, c'est la norme aujourd'hui, selon vous, face à un gouvernement que vous décriviez ?
Ça, c'est les caricatures qu'on essaye de faire courir sur ce syndicalisme comme sur d'autres. Dès qu'on demande de pouvoir s'asseoir réellement à la table de négociation, on nous dit, vous êtes dur. Mais c'est dans l'ordre des choses. Et ce qui, j'ai l'impression, dérange chez ce syndicalisme du syndicat des pilotes, c'est qu'il soit resté main dans la main avec les organisations syndicales, des personnels au sol, des personnels navigants, alors que la direction d'Air France avait l'habitude de jouer sur les divisions entre les catégories de personnel.
Donc c'est aussi une belle leçon d'unité qui montre que quand tout le monde se serre les coudes dans une entreprise, eh bien évidemment, le rapport de force change du tout au tout.
Cette manche, remportée par les syndicats d'Air France, est-ce qu'elle peut avoir un impact sur l'autre conflit en cours dans les transports, à la SNCF ?
Bien sûr. Je pense que le résultat du référendum à Air France est un encouragement pour tous ceux qui réclament le déblocage de la situation actuelle. la fin des politiques d'austérité, l'augmentation des salaires et le retour à une politique sociale ambitieuse. Surtout quand on a un gouvernement tellement arrogant qui continue de multiplier les gestes provocateurs en additionnant les uns après les autres les cadeaux aux plus fortunés, voire aux exilés fiscaux à qui on envoie des signaux de confiance comme vient de le faire le président de la République. Qui a rétabli la taxe que Nicolas Sarkozy avait supprimée. Voilà.
Même ce que faisait Nicolas Sarkozy, qui était quand même très timide en la matière, semble ne plus être supportable pour Emmanuel Macron. Donc, c'est un président qui se révèle évidemment très, très, très, très attentif au sort des plus fortunés. Et je pense que ça aussi, ça développe la colère du pays.
À propos du conflit à la SNCF, une idée vient de ressurgir, celle d'un service minimum réclamée par la Fédération des usagers des transports. Est-ce que cette perspective, je précise que c'est un service minimum librement consenti, est-ce que c'est une perspective qui, Pierre Laurent, permettrait de soulager les usagers ?
Mais vous savez qu'il y a, à la SNCF, comme dans d'autres entreprises, il y a eu déjà à plusieurs reprises ce qu'on peut considérer quand même comme des restrictions du droit de grève. Puisque maintenant, pour faire grève, il faut se déclarer très, très à l'avance. C'est déjà très compliqué de faire grève dans les entreprises publiques. Et l'entreprise est censée assurer le service. Donc il y a déjà des dispositions de ce type qui existent. Mais ceux qui croient qu'ils vont endiguer la contestation sociale qui est en train de grandir dans le pays avec ce type de mesures se mettent, je pense, le doigt dans l'œil.
Parce qu'il y a dans le pays quelque chose qui, je le répète, qui n'est plus supporté, qui est que nous ne sommes pas dans un pays où il n'y a pas d'argent, contrairement à ce qu'on raconte. Il y en a beaucoup, mais il est sans cesse confisqué dans des mains qui sont trop étroites. Et cette situation d'injustice qui crée beaucoup d'inefficacité pour le pays, contrairement à ce que dit le président de la République, parce que pour être un pays efficace et un pays qui travaille pour le bien de tous, il faut que chacun s'y retrouve. Donc l'injustice sociale actuelle est un frein au développement économique du pays.
Pierre Laurent, on va reprendre cette interview dans quelques minutes après la revue de presse. Il y aura aussi les questions de Patricia Martin, les questions des auditeurs. Vous nous appelez les auditeurs. Vos questions ce matin à Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste. Vous appelez le 01-45-24-7000.
France Inter, le 6-9 du week-end, Éric Delvaux.
Et intervenez au 01-45-24-7000, vos questions ce matin à Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français. On va parler dans un instant des 200 ans aujourd'hui, 200 ans de la naissance de Karl Marx. D'abord, Patricia Martin, une première question.
Oui, justement, d'ailleurs, à propos de Karl Marx, il a dit que finalement, c'était une façon de lutter contre le capitalisme, l'écologie, l'environnement, oui, l'écologie, qui exploite avec la même facilité le capitalisme des hommes et la nature. Alors, Pierre Laurent, vous tenez donc là ces premières assises de l'écologie. Hier, dans votre discours, je crois que vous avez admis qu'historiquement, ça n'avait pas été une priorité. Est-ce qu'il y a là une question d'un petit peu d'opportunité politique qui fait que vous allez vous positionner désormais
en tant qu'écolo ? Ce n'est pas seulement de l'opportunité politique.
Je n'ai pas dit opportunisme, j'ai dit opportunité.
C'est que la question devient extrêmement centrale pour ceux qui, comme nous, veulent inventer un autre mode de développement que le capitalisme. Effectivement, Marx avait fait des anticipations aussi sur cette question-là, peut-être trop négligée par le mouvement ouvrier au cours du XXe siècle. Je pense qu'au XXIe siècle, la question sociale et écologique ne font qu'une. Et c'est pour nous, effectivement, une priorité politique, d'où la tenue qui s'inscrit dans la préparation de notre congrès à la fin de l'année de ces premières assises communistes de l'écologie qu'on tient pendant deux jours.
premières assises de l'écologie organisées par le Parti communiste français avec une question de John sur ce sujet, probablement. Bonjour, John.
Oui, bonjour.
Quelle est votre question ?
Voilà. Aujourd'hui, se tiennent les assises de l'écologie au Parti communiste. Donc, ma question, c'est que le temps politique ne correspond pas au temps écologique. Donc, si j'ose dire, le train de la pollution, il est lancé à très grande vitesse et je pense que peut faire le Parti communiste pour proposer des solutions ou en tout cas ralentir ce phénomène. Moi, personnellement, j'habite dans les Cévennes. La montagne qui est en face de chez moi, la moitié des arbres sont brûlés en raison de la sécheresse de l'été 2017. C'est vraiment une catastrophe. Donc, c'est le problème qui est posé. C'est vraiment le problème de temps politique, temps écologique. Voilà.
Pierre Laurent, quels sont les principaux sujets de préoccupation écologiste au Parti communiste ?
Non, mais vous avez raison. Il y a une urgence. Une urgence absolue et il faut des décisions rapides pour faire reculer les risques, notamment sur le climat et sur la biodiversité. Alors, on travaille à ça quotidiennement. D'ailleurs, le débat sur la réforme du ferroviaire fait partie de ce débat-là parce qu'aujourd'hui, si on tue, comme c'est prévisible avec la réforme, le frais de ferroviaire public, eh bien, on aura deux fois plus de camions sur les routes qu'on en a aujourd'hui en 2050. Donc, si on veut empêcher ça, il faut des politiques publiques extrêmement ambitieuses.
Et c'est pour ça que les communistes agissent dans tous les domaines, dans le domaine de l'énergie, de l'habitat, des transports. Il n'y a que les politiques publiques qui peuvent prendre en charge dans la durée une telle urgence et une telle ambition parce qu'il faut que ce soit des politiques menées dans l'urgence mais menées dans la durée.
Qui dit biodiversité parle aussi de conditions animales. Est-ce que vous seriez, Pierre Laurent, sur la même ligne que Jean-Luc Mélenchon qui fait justement ce parallèle entre conditions humaines et conditions animales ?
Je pense qu'il y a une préoccupation montante sur ça. Effectivement, même dans le domaine agricole, dans le domaine de l'alimentation et puis dans le domaine de nos conditions de vie en général, il y a une préoccupation qui monte aussi sur la condition animale et dont on sent bien qu'elle est une préoccupation justifiée parce que je pense qu'il y a maintenant un regard sur l'homme et la nature qui est en fait un regard convergent. On ne sépare plus les choses et on a envie de regarder tout ça différemment.
Vous avez voté pour les caméras de surveillance dans les abattoirs ?
Je ne sais pas si on a voté pour ça. Au Sénat, c'est... Oui, mais en tout cas, moi, je suis effectivement favorable. C'était à l'Assemblée Nationale et vous, vous êtes sénateur. Je pense que dans ces entreprises-là, on a un grand besoin de transparence. Et je pense que... D'ailleurs, dans toute la chaîne alimentaire, il y a une exigence maintenant de transparence qui va monter, qui va être celle des consommateurs et aussi, je pense, celle des salariés.
Par jour, à chaque fois qu'il mange, à chaque repas, il va être le consommateur.
Bien sûr, chacun se prononce à sa manière, mais on voit bien que les... J'étais hier dans une laiterie qui essaye de maintenir des process de travail dans le Loiret, qui essaye de maintenir des process de travail respectueux de la qualité. et je pense que les dirigeants de cette entreprise et les syndicalistes me disaient qu'on sent bien que chez les consommateurs, ça pousse énormément dans ce sens-là. Donc, ça va faire évoluer les comportements et les manières de produire et c'est tant mieux.
Pierre Laurent, quel est ce concept de l'écommunisme environnemental qui est théorisé en ce moment par le Parti communiste à l'occasion de ses assises de l'écologie ?
L'écommunisme, c'est une manière de dire, en fait, en un mot, justement que maintenant notre préoccupation, enfin, notre ambition communiste, elle est indissociablement sociale et écologique. C'était une manière de résumer ça dans un mot symbole qui puisse porter cette ambition.
Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, on célèbre aujourd'hui donc les 200 ans de la naissance de Karl Marx, qui avait une carte de visite énorme, journaliste, historien, philosophe, économiste, sociologue. Que signifie aujourd'hui être marxiste ?
Je crois que c'est être fidèle à l'anticipation qui a été la sienne, penseur génial de ce point de vue-là, puisque dans les premières décennies de naissance du capitalisme, il comprend que le développement de la logique capitaliste, de ses prédations sur le travail et sur la nature, va conduire à un tel développement des contradictions pour le sens des activités humaines qu'il faudra dépasser ce système.
Donc il anticipe la question du dépassement du mode de développement capitaliste et il en fait une question politique dès les premières années de ses travaux, avec notamment le manifeste du Parti communiste, le texte de 1848, qui dès ce moment-là, comme l'a très bien raconté le film de Raoul Peck, le jeune Karl Marx, il en fait une préoccupation politique. Donc il a été à la fois un penseur extraordinaire, mais aussi un acteur politique. Un penseur,
mais est-ce qu'on n'a pas fait l'erreur de vouloir faire de Marx finalement un prophète avec des solutions qui étaient applicables soi-disant à la lettre ? Est-ce que ce n'est pas là une erreur d'interprétation de l'action de Karl Marx ?
Bien sûr qu'il y a eu par la suite beaucoup de dogmatisme autour de la pensée de Marx et nous n'avons pas été les communistes français indemnes de ça dans le XXe siècle. Mais ce qui est très intéressant en ce moment, c'est qu'il y a un renouveau de l'intérêt pour la pensée de Marx. Tout le monde se replonge dans ce qu'il a dit vraiment et il y a une espèce d'appel à travers ça à repenser les contradictions de l'époque avec les outils du marxisme mais sans en faire une pensée dogmatique ou doctrinale qui nous enfermerait dans des schémas préétablis. Donc il y a une renaissance en fait de la pensée marxiste et de sa diversité, c'est tant mieux. On va retourner au standard,
Pierre Laurent, avec une question de Jean. Bonjour Jean.
Bonjour, bonjour mesdames, messieurs. Monsieur Laurent, avec le recul, comment analysez-vous l'échec économique de l'URSS ?
Moi je crois que le cœur de cet échec, il est double. Justement, cet échec, c'est surtout, enfin ceci, ce régime, c'est d'abord préoccupé de, en quelque sorte, davantage, de rattraper le capitalisme et d'essayer de limiter parfois jusqu'à la caricature dans les modes de production, dans le recours au productivisme intensif sans chercher, au contraire, à inventer un autre mode de développement plus anticipateur. Et puis, évidemment, l'autre grande question, c'est la négation de la démocratie qui a été au cœur de l'échec soviétique.
La grande leçon qu'il faut tirer du XXe siècle, c'est qu'il n'y a pas de transformation révolutionnaire digne de ce nom et pas de transformation communiste qui ne soit pas profondément démocratique. Et tout ce qui s'en écarte conduit au drame qu'on a connu et à l'effondrement qu'on a connu à la fin du XXe siècle.
A l'époque de Karl Marx, le repère, si je puis dire, c'était la machine à vapeur, en quoi la lecture de Marx est-elle pertinente aujourd'hui à l'heure de l'intelligence artificielle ou de l'automatisation ?
Si, je crois au contraire que c'est l'époque dans laquelle nous vivons appelle une maîtrise sociale et démocratique plus grande encore des transformations scientifiques. Je pense que la révolution numérique actuelle nous invite, au contraire, non pas à déléguer aux machines ou aux robots ou à l'intelligence artificielle, mais à élever le niveau de maîtrise sociale et démocratique de toute la société sur ces enjeux.
On voit bien qu'actuellement, la réflexion qui est en train de grandir autour du danger de contrôle mondial des grandes sociétés, des GAFA, nous invite plutôt à reprendre, à nous réintéresser aux algorithmes et à tout ce qui risque de nous contrôler à notre insu si nous ne nous occupons pas plus de tout ça.
Alors, un grand écart de Karl Marx à Macron. Vous participerez aujourd'hui, Pierre Laurent, à cette fête à Macron organisée par l'insoumis François Ruffin. Quel sens, d'ailleurs, donnez-vous, quelle exception donnez-vous à cette expression ? Faire la fête à quelqu'un ?
Je sais qu'il y a beaucoup de spéculation autour de ça depuis quelques jours à cause des incidents de la manifestation du 1er mai. Pour être très clair là-dessus, moi, je suis hostile vraiment à toute manifestation de violence qui pourrait donner une mauvaise interprétation de ça. Non, je pense qu'il y avait une volonté chez François Ruffin de donner un caractère festif à cette manifestation qui est une manifestation en plus de tout ça. Moi, j'en ai fait trois cette semaine. J'étais à la manifestation du 1er mai, j'étais avec les cheminots jeudi et puis aujourd'hui je serai dans la rue. Et il y aura le 26 mai
aussi notre journée de mobilisation de toutes les gauches. Est-ce que ça risque pas de brouiller le message finalement toutes ces manifestations et rassemblements en ce moment ?
Je pense que ce qui est très important puisqu'il y a des mobilisations sociales très nombreuses et qu'elles butent toutes sur la même surdité du gouvernement et les mêmes logiques d'austérité ou de refus d'augmentation des salaires ou des effectifs ont but tous quel que soit le secteur dans lequel on travaille sur les mêmes logiques à un moment donné face à un pouvoir tellement arrogant et tellement sourd à ce qui se passe dans le pays et bien il faut se donner la main et se donner de la force.
Donc il y a effectivement une proposition qui est sur la table qui est en ce moment discutée dans les organisations syndicales dans les organisations politiques comme la nôtre et dans le monde associatif pour voir s'il serait possible de converger. Moi je tiens beaucoup à ça si c'est possible. Donc effectivement le 26 mai est une idée qui est sur la table mais il faut laisser tout le monde en parler parce que la condition de la réussite aussi c'est que chacun puisse être respecté dans son rôle et sans que les uns ou les autres essayent de mettre la main sur le mouvement ou de l'incarner à la place des autres. Il faut se respecter mutuellement pour pouvoir être ensemble.
Faire converger les forces de gauche c'est aussi l'ambition de François Ruffin dans ce rassemblement festif et revendicatif aujourd'hui. Quels sont vos liens aujourd'hui avec les insoumis et je pense à Jean-Luc Mélenchon
en particulier ? Sur le terrain ils sont nombreux dans beaucoup d'endroits et ils sont nationalement assez faibles en tout cas entre Jean-Luc Mélenchon et moi-même ils sont quasi inexistants Pour quelles raisons ? Parce qu'ils ne souhaitent plus avoir des échanges politiques avec moi depuis le printemps dernier alors que pourtant il y en a entre nos deux groupes à l'Assemblée et que dans le pays il y a des discussions donc moi je souhaite que ces discussions politiques reprennent normalement avec tout le monde comme elles existent avec François Ruffin avec d'autres dirigeants de la France Insoumise et entre tous les dirigeants de la gauche avec Benoît Hamon et avec beaucoup d'autres
A propos du congrès du Parti Communiste en novembre prochain avez-vous déjà pris Pierre Laurent votre décision de savoir si vous allez vous représenter ou non au secrétariat national du parti ?
J'ai dit que je m'exprimerai sur ça au mois de juin pour une raison simple c'est que nous avons début juin une réunion très importante qui va arrêter le texte d'orientation que la direction va proposer au prochain congrès moi je souhaite que ce texte soit marqué par une ambition de transformation assez forte de notre parti par une nouvelle ambition unitaire par une clarification de notre projet communiste ou sa modernisation on va dire dans le 21ème siècle si tout ça si toutes ces conditions sont réunies je verrai je prendrai ma décision et vous êtes un peu bousculé au sein du parti par la jeune génération oui mais ça tant mieux là j'ai pas de problème avec ça de toute façon il faudra aussi du renouvellement dans la direction est-ce que moi je peux être utile à ça en juin on aura tout le temps de passer à ce débat là le débat le congrès c'est au mois de novembre donc on va d'abord discuter du fond et puis des directions après
et bien merci d'être venu débattre ici même d'ailleurs ce matin merci Pierre Pierre Laurent Pierre Laurent pardon merci Pierre Laurent j'allais dire Laurent Laurent mais ça n'est pas bien et bonne journée Pierre Laurent merci
Pierre Laurent