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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 29 mars 2024 14 min

Manon Aubry : "L'élection du 9 juin va structurer la vie politique des prochaines années"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

France Inter, Radio des Européennes, les vendredis de l'Europe. Vous savez qu'Inter rythme la campagne des élections européennes avec une série de matinelles spéciales. Rendez-vous chaque vendredi avec les têtes de liste qui mènent la campagne. Elles, ils répondront à nos questions et aux vôtres, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Avec Marion Lourdes, nous recevons deux invités ce matin, apparition par ordre alphabétique. Rendez-vous tout à l'heure avec Marie Toussaint qui est la tête de liste des écologistes. Mais notre première invitée, elle, est tête de liste de la France insoumise aux élections européennes. Bonjour Manon Aubry. Bonjour. Bonjour.

Et bienvenue, question traditionnelle, la France dans l'Union Européenne, bonne ou mauvaise chose Manon Aubry ?

0:52
Manon Aubry

Ça dépend pour quoi faire j'ai envie de dire. Si c'est pour obtenir par exemple une directive européenne sur les travailleurs ubérisés pour donner un statut protecteur à des millions de travailleurs de Uber ou de Deliveroo, une protection sociale quand ils ont un accident du travail, une cotisation pour les retraites, comme on l'a obtenu ces derniers mois, contre la France d'ailleurs, c'est une bonne chose. Mais si c'est pour des traités de libre-échange, si c'est pour toujours plus d'austérité qui conduit...

1:20
Présentateur

Mais qu'est-ce qu'il emporte dans la balance Manon Aubry ?

1:22
Manon Aubry

Ça dépend évidemment l'équilibre général. Je viens de vous faire la démonstration qu'on peut obtenir des victoires grâce à des députés insoumis. Je vous parlais des travailleurs des plateformes, je peux vous parler du devoir de vigilance des multinationales qui est la responsabilité des grandes entreprises dans les chaînes d'approvisionnement. Et je peux vous parler de l'austérité du libre-échange. Donc vous voyez, ce n'est pas noir ou blanc, ça dépend ce qu'on veut en faire. Et malheureusement, très souvent, la France a refusé de mener ce combat politique en Europe, où elle l'a fait pour le pire, comme l'a fait Emmanuel Macron.

1:53
Invité

Vous parliez du budget des règles budgétaires. Manon Aubry, la semaine a été marquée par la révision à la hausse du déficit français. Il était en fait à 5,5% l'an dernier. Rappelons que les règles européennes, ce sont les critères de Maastricht qui imposent un déficit à 3% maximum du produit intérieur brut. Le gouvernement garde l'objectif de revenir dans ces règles d'ici 2027. Il faut le faire, vraiment ? Absolument pas.

2:15
Manon Aubry

Et c'est, je pense, l'une des pires saignées sociales que notre continent et que la France va connaître dans les prochaines années.

2:22
Invité

Les arbitrages n'ont pas encore été rendus. On ne sait pas encore comment ça va être fait.

2:25
Manon Aubry

Oui, mais vous l'avez dit, c'est en application des règles européennes qui sont en train d'être revues et qui prévoient davantage de sanctions. Et c'est ça que Bruno Le Maire et Gabriel Attel ont annoncé et qui ont des conséquences extrêmement concrètes. Ce sont des professeurs dans des écoles qui ne vont pas être remplacés. Ce sont des médicaments qui vont être moins bien remboursés. C'est plus d'attente aux urgences. Et c'est la réforme de l'assurance chômage déjà annoncée par Gabriel Attel et qui prévoit de faire la poche concrètement, plutôt que de faire la poche des profiteurs, c'est de faire la poche des chômeurs.

C'est 400 000 personnes qu'on va jeter hors de la situation de l'assurance chômage, qu'on va jeter dans la pauvreté.

3:05
Invité

Mais si on ne respecte pas les règles, on ne respecte pas le traité de Maastricht. Si on ne respecte pas le traité de Maastricht, on sort de l'Europe.

3:12
Manon Aubry

Vous savez, non, ce n'est pas vrai. Ces règles, elles ont été violées plus de 170 fois dans l'histoire de l'Union européenne. Je n'ai pas dit qu'on s'en fichait. J'ai dit que ces règles budgétaires absurdes, déjà, il faut les refuser au niveau européen. Et le vote final va avoir lieu dans deux semaines. Et mon groupe politique est le seul groupe à avoir mené la bataille fermement contre ces règles d'austérité, comme si on avait appris aucune leçon du passé. Oui, mais je viens de vous le dire qu'elles ont été suspendues pendant la crise du Covid. Elles vont être rétablies et rétablies avec davantage de sanctions. D'où le danger.

Et oui, le vote du 9 juin, c'est aussi voter contre cette austérité qui revient en Europe. C'est voter contre le sacrifice de nos services publics. C'est voter pour protéger notre protection sociale. Et c'est voter aussi contre cette réforme de l'assurance chômage qui ne vient pas de nulle part. Et à chaque fois, quand on parle du déficit, moi, je m'interroge. Pourquoi le gouvernement jamais ne va chercher l'argent là où il est, chez les super profits, par exemple ? Je pense à une entreprise comme Total, près de 20 milliards d'euros de bénéfices, dans la poche des plus riches de notre pays, qui ont fait des bénéfices records.

4:16
Invité

Tout ça, ça va être un débat plutôt national, en l'occurrence.

4:19
Manon Aubry

C'est lié aux questions européennes, en l'occurrence.

4:21
Invité

Effectivement. Manon Aubry, parlons environnement. Vous défendez cette semaine un protectionnisme écologique. Ça veut dire quoi ?

4:27
Manon Aubry

Ça veut dire protéger notre production, notre agriculture et notre industrie face à la concurrence déloyale, qui est posée par les accords de libre-échange. Pourquoi on va chercher du lait, du bœuf, des fruits, des légumes, des quatre coins du monde, de Nouvelle-Zélande, du Brésil, du Chili ou du Kenya, alors qu'on en produit ici ? Et je vais vous donner un exemple concret. On veut, en matière écologique, et c'est normal, avoir une ambition. Et au passage, Emmanuel Macron désobéit à ses règles en matière écologique sur les objectifs en matière d'énergie renouvelable. Les objectifs fixés par l'Union européenne de 23% d'énergie renouvelable, Emmanuel Macron y désobéit.

Et pour cet objectif-là, il nous faut des panneaux solaires, il nous faut des pales d'éoliennes. Et en France, nous n'avons plus d'usines de panneaux solaires. Il y en a plus que deux qui sont en train de mettre la clé sous la porte.

5:18
Invité

Et ça, c'est la faute des accords de libre-échange ?

5:20
Manon Aubry

Oui, ça, c'est la faute de la désindustrialisation massive qui fait qu'on importe des quatre coins du monde, des choses que l'on peut produire ici.

5:27
Invité

Mais ils ont dit bon, les accords de libre-échange, vous voyez bien, par exemple, avec le CETA qui est appliqué depuis 2017 de façon provisoire, il y a eu des exportations en hausse, 33% de plus d'exportations vers le Canada. Les importations ont plus augmenté que les exportations, donc la balance est négative. 60% pour les fromages ? 30% pour les céréales ? Vous leur dites quoi aux producteurs ?

5:45
Manon Aubry

Sur les fromages, il y a moins d'un pour cent des fromages produits en France qui sont exportés vers le Canada. Mais pour bien comprendre quel est le problème avec les accords de libre-échange, c'est un, une aberration écologique. On va mettre des marchandises sur des portes-contenaires, ils vont faire trois fois le tour du monde avant d'arriver dans nos états. Donc on arrête d'exporter ? C'est une aberration, ce n'est pas ce que je dis, c'est une aberration sanitaire puisqu'on importe des produits qui sont produits avec des pesticides, avec des OGM, avec des antibiotiques qui sont interdits sur le sol européen. Et c'est aussi une aberration démocratique.

Non, ce n'est pas vrai parce qu'il n'y a pas de close miroir, il n'y a pas de réciprocité. Donc on va importer des produits qui ne pourraient pas être produits en Europe dans les mêmes conditions environnementales et qui posent une concurrence déloyale. Vous voyez, on est en train de tuer notre agriculture, tuer notre industrie de cette manière-là et tuer la planète au passage. Pourquoi franchement, on est à l'heure du petit-déj, peut-être des gens consomment du lait.

Pourquoi faire venir du lait de Nouvelle-Zélande qui est le premier exportateur au monde alors qu'on en produit ici et que nos producteurs de lait n'arrivent pas à écouler leurs stocks et n'arrivent pas à vivre de leur travail ?

6:46
Invité

Quand le gouvernement dit qu'on ne va pas représenter l'accord sur le CETA qui a été refusé au Sénat, on ne va pas le représenter à l'Assemblée nationale avant l'élection européenne, vous dites quoi, vous ?

6:54
Manon Aubry

C'est ma troisième aberration, c'est une aberration démocratique. Le Sénat a voté contre démocratiquement. Il a été voté au Parlement européen, cet accord ? Oui, mais les accords de libre-échange doivent être approuvés à la fois par le Parlement européen et à la fois par les parlements nationaux. Et on voit que le gouvernement est en train de contourner cela, l'applique de manière provisoire et quasiment éternelle, sans même qu'il y ait eu une approbation de l'Assemblée nationale. Et donc, puisque le gouvernement refuse que cet accord soit voté à l'Assemblée nationale d'ici les élections, les élections européennes sont l'occasion de se prononcer pour ou contre les accords de libre-échange.

Et vous savez, au Parlement européen, je préside le seul groupe, je vous dis bien le seul groupe, qui n'a jamais donné aucune voix à ces accords de libre-échange, qui sont une aberration écologique, sociale et démocratique.

7:42
Invité

Mais on a des partenaires européens, par exemple les Allemands, qui sont favorables à cet accord, qui ont envie de vendre leurs voitures, leurs produits pharmaceutiques.

7:48
Manon Aubry

Pourquoi ils sont favorables ? Pour exporter des voitures. Moi, je ne suis pas d'accord. Mais nous aussi, on exporte des produits agricoles, en l'occurrence. Mais ce n'est pas vrai. On est aujourd'hui, notre balance est déficitaire si vous enlevez juste les vins. Et par ailleurs, moi, je veux qu'on revienne à une économie des besoins. Qu'on produise en France et en Europe ce dont nous avons besoin. Sinon, quoi ? On va se spécialiser dans une production qu'on va envoyer à l'autre bout du monde et on va devenir dépendant. On va attaquer notre souveraineté alimentaire.

On va dépendre des autres pays pour la production de nos médicaments, pour la production de nos panneaux solaires, pour la production de notre agriculture. Et après quoi ? Il va y avoir des pénuries. Je parlais des panneaux solaires ou des médicaments. Voilà l'incongruité totale de ce modèle économique contre lequel je me bats et pour lequel on a besoin de plus de force au Parlement européen pour refuser en bloc ces accords de libre-échange.

8:39
Présentateur

Manon Aubry, on va bientôt aller au standard. Beaucoup de questions d'auditeurs qui vous sont adressées. Mais restons un instant sur cette campagne qui s'intensifie. J'ouvre les guillemets. Le 9 juin, ce n'est pas une élection européenne. C'est le premier tour d'une élection présidentielle. Je ferme les guillemets. La déclaration est de Jean-Luc Mélenchon. C'était devant des étudiants de l'université de Nanterre il y a quelques jours. Le 9 juin, on vote pour qui ? Pour élire qui, Manon Aubry ? On vote pour plusieurs choses.

9:08
Manon Aubry

Alors c'est rare que...

9:09
Présentateur

On vote pour élire des députés européens ?

9:10
Manon Aubry

Bien sûr, mais avec un bulletin de vote, vous pouvez faire plusieurs coups. Et c'est assez rare. Le premier, c'est bien sûr d'envoyer des députés européens de combat. Des députés qui refusent les accords de libre-échange, comme je viens de vous le dire. Des députés qui refusent l'austérité. J'y arrive, M.Bad.

9:23
Présentateur

Non, Manon Aubry, le 9 juin, on vote pour des députés au Parlement européen.

9:26
Manon Aubry

Qu'est-ce que je viens de vous dire ? Je viens exactement de vous dire, on vote pour des députés européens de combat. Donc si vous refusez l'austérité, le fait que les gens choisiront, c'est la démocratie, évidemment.

9:35
Présentateur

Le 9 juin, on vote pour des députés européens.

9:40
Manon Aubry

pour des députés européens de combat. Donc si vous refusez l'austérité et le libre-échange, si vous voulez d'autres victoires, comme sur les travailleurs des plateformes, vous pouvez voter pour la France insoumise. Mais bien sûr que...

9:50
Présentateur

Mais quelle langue de bois, Manon Aubry ?

9:52
Manon Aubry

Non, M.Badou.

9:52
Présentateur

Le 9 juin, on vote pour qui ?

9:54
Manon Aubry

Mais je viens de vous le dire, pour des députés européens de combat. Et surtout, moi, je n'ai pas peur de dire que oui, on construit l'après. Franchement, M.Badou, on a l'extrême droite à 30% dans notre pays. Vous allez le voir le soir du 9 juin.

10:06
Présentateur

Non, mais vous esquivez la question.

10:07
Manon Aubry

Non, j'esquive pas la question.

10:08
Présentateur

Est-ce que c'est le premier tour d'une élection présidentielle qui se joue le 9 juin ?

10:12
Manon Aubry

Mais bien sûr que j'assume de dire que cette élection va structurer la vie politique des prochaines années. Vous allez voir, si le 9 juin, au soir, l'extrême droite arrive au pouvoir, arrive au pouvoir en Europe, en disant, regardez, on est arrivés premiers, bien sûr qu'ils sont aux portes du pouvoir demain en France. Et voilà pourquoi, moi, je me suis battue.

10:28
Présentateur

Donc vous partez battue ?

10:29
Manon Aubry

Non, je ne part pas battue. M.Badou, je me suis battue pour ça. C'est le programme de la NUPES, pour ceux qui nous écoutent et qui ne voient pas.

10:35
Présentateur

Oui, parce que vous n'avez pas de programme pour les européennes.

10:37
Manon Aubry

Non, alors, on va présenter notre programme le 14 avril détaillé. On a déjà présenté nos 15 combats. Et moi, j'assume de dire, M.Badou, que je me suis battue pour une liste commune de la NUPES, en toute responsabilité. Et je suis sûre qu'il y a des millions d'orphelines et d'orphelins de la NUPES qui nous écoutent et qui nous disent, « S'il vous plaît, soyez responsables. » Et bien nous, les orphelins de la NUPES... C'est pas comme ça que l'histoire s'est écrite. Non, M.Badou, nous, on a essayé de les rassembler. On a proposé une liste commune. On a proposé la tête de liste.

Et bien nous continuerons de nous battre sur ce programme-là, avec Damien Carême, député écologiste, qui est présent sur ma liste, avec le coordinateur de Génération, Arash Saïdi. Et je veux dire aux électeurs de gauche qui nous écoutent, non, on ne va pas partir battu et laisser l'extrême droite en tête. Et c'est précisément pour ça qu'on veut continuer à faire campagne sur le programme de la NUPES. Quand je le regrette, certains ont tourné le dos à ce programme.

11:24
Présentateur

Bonjour Aurélien, et merci de participer à ces Vendredi de l'Europe. Vous avez une question pour Valérie Aubry.

11:30
Auditeur

J'ai entendu à 7h, dans l'édition de 7h, Jean-Luc Mélenchon, qui disait qu'il fallait se retrouver derrière Jean Jaurès, et non pas derrière ceux qui lui avaient tiré dessus, en référence à la guerre en Ukraine. Je voulais savoir si la France insoumise voulait se cacher derrière un pacifisme lâche et honteux face à l'agression de l'ours russe, et s'il voulait paraître comme les futurs Neuville-Chamberlin du XXIe siècle.

11:54
Présentateur

Merci pour votre intervention Aurélien. Réponse Mme Aubry, il nous reste deux minutes.

11:57
Manon Aubry

Jean Jaurès disait qu'on ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre, et je pense qu'on doit s'inspirer de ces mots. D'abord, je veux dire ma condamnation la plus ferme de l'agression de la Russie en Ukraine, de l'invasion de la Russie en Ukraine. Et vous savez, moi j'ai aucune honte, parce que j'ai soutenu tous les textes en soutien à l'Ukraine, soutien financier, soutien logistique, soutien militaire au Parlement européen. Maintenant, la question qui est posée, c'est quelle issue a cette guerre ?

Et moi, je pense qu'il n'y a pas d'issue diplomatique à cette guerre, et les propos du Président de la République, qui consistent à ouvrir la porte à l'envoi de troupes, sont non seulement inefficaces, parce qu'on était désavoués par ses alliés, mais sont irresponsables, parce que font prendre le risque d'un affrontement généralisé entre deux puissances nucléaires, et donc la voix et la responsabilité de la France, c'est d'ouvrir une issue diplomatique à ce conflit.

12:47
Présentateur

Une dernière question.

12:47
Invité

En un mot sur le Proche-Orient, la militante pro-palestinienne Rima Hassan figure en septième position sur votre liste LFI aux européennes, elle est assez controversée pour avoir notamment... Vous l'avez reçue ici, je crois. Absolument, elle s'en est expliquée que le mouvement Hamas venait mener une action légitime. Elle va avec... C'est pas ce qu'elle a dit. Elle l'a dit, mais c'est dans un certain contexte. Jean-Luc Mélenchon va avec elle à Roubaix le 17 avril prochain. Sans vous.

13:11
Manon Aubry

Je serai en meeting avec elle le 14 avril à Montpellier. Et on vis qui en allant juste avec elle ? Non, je suis fière d'avoir Rima Hassan sur ma liste, qui est une militante franco-palestinienne, qui n'a jamais dit que le Hamas menait une action légitime, qui a dit que les actions menées par les Palestiniens en résistance à l'occupation étaient légitimes, qui a condamné les actions terroristes du Hamas. Et c'est quoi l'enjeu ? L'enjeu, c'est de cesser le massacre en cours à Gaza et de prendre des sanctions à l'égard d'Israël. Suspension de l'exportation d'armes et suspension de l'accord d'association.

Et oui, cette voie du cessez-le-feu et de la paix, je suis fière qu'on la porte dans cette campagne pour les élections européennes.

13:54
Présentateur

Merci d'avoir répondu à nos questions, Manon Aubry. Bonne campagne à suivre sur Inter. Ce vendredi de l'Europe avec l'eurodéputé et tête de liste, les écologistes. Marie Toussaint. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

14:08
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Manon Aubry : "L'élection du 9 juin va structurer la vie politique des prochaines années" — Manon Aubry · Pourquijevote