Marine Le Pen au 20h de TF1 : la riposte est lancée - C à Vous l’intégrale - 31/03/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Nous sommes en direct jusqu'à 21h, avec L'OEil de Pierre consacré à Y.Boisset, qui est mort.
La Story de M.Bouafsi sur les réactions internationales à la condamnation de M.Le Pen.
L'analyse d'A.Duhamel. On parlera longuement de cette décision.
Dans un instant, Jibé et Lucien en coulisses. - "Je voulais seulement entendre votre voix." *-Lucien.
C'est moi. - Marguerite! Je vous adore.
J'ai tout lu de vous, "L'Amant"...
Et "Hiroshima, mon amour". Marguerite, je suis aussi auteur. J'ai écrit un premier roman. *-Je m'en tape. - Vous êtes mon idole.
Je vous aime tellement. - Culture... - C'est un inédit? - P.Timsit. - C'est le nom du personnage principal? - Jibé! - Pardon, Marguerite, j'ai douté de vous. - Arrêtez de m'appeler Marguerite. - Excusez-moi, madame. - Je suis ta boss. - La fée Carabosse?
C'est incroyable! *Bip. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui la prive d'une 4e candidature à l'élection présidentielle, potentiellement.
Dans les sondages, elle faisait la course en tête pour le 1er tour. Cette décision, A.Duhamel, vous la qualifiez comment?
On a beaucoup entendu "séisme", "onde de choc". Ce sont les bons mots? - A.Duhamel: La décision judiciaire me paraît équitable, avec la discussion possible à propos de l'exécution immédiate, mais globalement, ça me paraît équitable. - A.-E.Lemoine: Qu'elle soit reconnue coupable de détournement de fonds. - A.Duhamel: Ca correspond à la réalité.
C'est un système organisé depuis longtemps, coûteux. En revanche, les conséquences politiques sont redoutables. On était déjà dans une crise depuis la dissolution.
Cette crise se crispe, se dramatise, avec un risque de conflictualité encore accru. On est dans une situation sans précédent. Depuis 1958, le pouvoir présidentiel est affaibli.
Il n'a pas de majorité. Le pouvoir du Parlement est affaibli parce qu'il est coupé en 3. Il n'y a pas de majorité naturelle.
Le pouvoir judiciaire, qui a une dimension considérable dans cette histoire, est affaibli parce que la certitude, C'est qu'il va y avoir, pas simplement du côté du RN et de la droite dure, mais dans la tête de beaucoup de gens, l'idée que l'Etat de droit, les magistrats, les libertés, tout ça, il faut savoir remettre les choses en cause. Il se passe en France ce qui se passe de façon caricaturale aux Etats-Unis et ce qui se passe, malheureusement, de façon simultanée dans plusieurs pays européens déterminants. Il suffit de voir ce qu'il se passe en Grande-Bretagne, où il y a eu le Brexit.
On avait l'impression qu'ils se désintoxiquaient. En ce moment, Farage, de l'extrême droite, reprend du poil de la bête. La question des libertés, de l'Etat de droit...
Je pense que nous allons assister à des attaques brutales contre le Conseil constitutionnel, le Conseil d'Etat, les magistrats en général. Ca va être une sale période. - A.-E.Lemoine: Vous parlez de confrontation.
Le risque, c'est qu'on dresse une France contre l'autre? - A.Duhamel: Ce soir, il y a 2 France qui sont davantage dressées l'une contre l'autre que ça n'était le cas hier.
La majorité de ceux qui soutiennent M.Le Pen, qui sont nombreux...
Les derniers sondages de dimanche étaient déjà alarmants. Ceux qui soutiennent M.Le Pen sont sûrement, ce soir, ulcérés et vont se durcir et s'en prendre aux magistrats, à tout le monde.
En face, il risque d'y avoir des crispations symétriques. Les Français sont plus divisés ce soir qu'ils ne l'étaient ce matin. - A.-E.Lemoine: Pour autant, parleriez-vous d'une décision politique prise par le tribunal judiciaire de Paris? - A.Duhamel: C'est une décision judiciaire qui a des incidences politiques.
Le jugement est équitable, sur un plan judiciaire, mais sur un plan politique, c'est redoutable. - A.-E.Lemoine: Cette décision va renforcer l'extrême droite, avec ou sans candidat naturel pour 2027? - A.Duhamel: Ca va galvaniser ceux qui sont acquis à M.Le Pen.
Il y en a beaucoup, maintenant. Dans son électorat, il y a l'électorat qui lui est acquis et il y a un électorat plus flottant, plus modéré, plus bourgeois, qui peut être offusqué par ce qu'on aura appris du fonctionnement de son financement à cette occasion. D'un côté, elle galvanisera sûrement l'essentiel de sa base, mais peut-être qu'elle en perdra une partie.
C'est possible. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen, sur TF1, vient de dénoncer une décision politique de la part du tribunal judiciaire, ce qui n'est pas surprenant. - A.Duhamel: C'était écrit d'avance.
Que ce soit la gauche, la droite, l'extrême droite ou l'extrême gauche, quand il y a une décision judiciaire négative, immédiatement, on met en cause les juges. C'est une période angoissante, en ce moment, sur le plan international, économique et politique, et davantage ce soir qu'elle ne l'était auparavant. Il y a un risque de conflictualité au sein de la société française qui est accru. - A.-E.Lemoine: Conflictualité au point d'imaginer des troubles à l'ordre public, que les juges voulaient éviter en décidant de cette exécution provisoire? - A.Duhamel: L'exécution provisoire a 2 faces.
D'un côté, c'est censé empêcher des antagonismes, mais d'un autre côté, ça les accélère. Il n'y a pas de décision idéale dans ce domaine. C'est une peine complémentaire.
Ce n'est pas la peine principale. Globalement, le jugement est équitable. Sur l'exécution provisoire, les magistrats font ce qu'ils veulent.
C'est une peine complémentaire, donc autonome. Ils pouvaient choisir une solution ou l'autre. Ils sont libres de choisir.
J'imagine qu'ils y ont bien réfléchi. Ils ont eu la décision du Conseil constitutionnel il y a quelques jours qui, discrètement, indiquait un chemin. - A.-E.Lemoine: Celui de l'absence de brutalité. - A.Duhamel: Il n'y avait pas de bonne solution.
Ce soir, c'est politiquement plus compliqué qu'hier. - A.-E.Lemoine: On va longuement revenir sur cette décision.
On va débriefer dans quelques instants avec Patrick les déclarations de M.Le Pen. Mais tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal.
On commence avec le dégel des relations entre la France et l'Algérie. - L.Sénéchal: Un début de dégel entre chefs d'Etat.
E.Macron et A.Tebboune se sont parlé pour relancer la relation bilatérale France-Algérie.
Ils relancent leur coopération migratoire et sécuritaire. E.Macron appelle son homologue à "un geste de clémence et d'humanité" envers B.Sansal, l'écrivain franco-algérien condamné à 5 ans de prison pour atteinte à l'intégrité du territoire algérien.
C'est très important, ce début de dégel des relations, A.Duhamel? - A.Duhamel: Ca fait une dizaine de jours qu'on attendait ça.
Je l'espérais. Il y a eu 2 attitudes au sein de l'exécutif français. Il y a eu ceux autour de B.Retailleau, comme G.Darmanin, qui disaient qu'il n'y avait que l'épreuve de force, la joute verbale.
Il y a ceux, comme E.Macron et J.-N.Barrot, qui pensaient qu'il fallait réfléchir et trouver des solutions.
Tout le monde y perd, dans cette affaire, à commencer par B.Sansal. On peut espérer une bonne solution dans l'intérêt de tout le monde. - A.-E.Lemoine: On revient sur l'effroyable bilan humain après le séisme en Asie du Sud-Est. - L.Sénéchal: Plus de 2000 morts, dont au moins 2 ressortissants français. 2000 morts en Thaïlande.
L'épicentre est situé près de la ville de Mandalay. Regardez le moment où la terre a tremblé à Bangkok, en Thaïlande. Il y avait des clients dans les piscines au moment où la terre tremble.
Ils se sont enfuis. Aujourd'hui, les villes sont jonchées de débris. Voici les restes d'un immeuble d'une trentaine d'étages qui était en construction.
A l'intérieur, plusieurs dizaines d'ouvriers pris au piège considérés comme portés disparus. La Première ministre de Thaïlande s'est rendue au pied de ces décombres. Une enquête est lancée pour comprendre comment ce bâtiment a pu s'effondrer.
L'urgence est partout en Thaïlande. En Birmanie, la junte au pouvoir est dépassée. C'est dans ce contexte que la population musulmane a célébré l'aïd-el-fitr hier.
C'est une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. - L.Sénéchal: Il y a des histoires miraculeuses, Comme cette femme enceinte extirpée vivante des décombres.
Elle a survécu à l'enfer. Près de 300 personnes sont toujours portées disparues dans tout le pays. Les hôpitaux sont parfois détruits, comme à Mandalay, 2e ville du pays, en Birmanie, où les patients sont soignés sur le parking par près de 40 degrés avec des conditions très difficiles. - A.-E.Lemoine: Une fausse avocate arrêtée en plein procès N.Sarkozy après avoir volé plusieurs pénalistes. - L.Sénéchal: Vous pouvez lire ça dans les pages locales du "Parisien".
Une femme déguisée en avocate est venue plusieurs jours d'affilée au tribunal de Paris voler les vrais avocats. Elle a fini par se faire repérer par les pénalistes, qui se sont lancés dans une traque en se passant des informations. Il y a les boucles de messagerie: "Elle vient d'être repérée à tel étage." 2 avocats l'ont prise en chasse. - Au moment où elle sortait de la salle d'audience, on s'est regardés.
On s'est confirmé tous les 2 qu'il s'agissait d'elle. On a commencé à la suivre discrètement. On a fait une filature. - On s'est rendu compte qu'elle se rendait à l'audience de N.Sarkozy.
Je trouvais que c'était assez impressionnant qu'elle ait réussi à entrer dans la salle d'audience. La salle était complète. Plus personne ne pouvait rentrer, même du côté des avocats. - L.Sénéchal: Elle a été arrêtée en plein procès N.Sarkozy.
Elle se mêlait aux avocats comme si elle attendait sa propre affaire et elle agissait pendant les suspensions d'audience. C'est le moment où les avocats sortent de la salle et laissent leurs affaires sans surveillance. En plus, elle avait une robe plus vraie que nature. - Selon les robes, le nom se trouve soit dans la poche, soit au col.
Dans sa robe se trouve le nom qui figure sur sa carte d'identité. Il y a un vrai mystère. Est-ce une robe qui lui appartient, et elle a fait broder son nom dedans?
Est-ce une robe qui appartient à quelqu'un d'autre et qui porte son nom? - Physiquement, on ne pouvait pas se douter que ce n'était pas une consoeur. - L.Sénéchal: Elle pourrait se retrouver dans une salle d'audience, mais dans le box des prévenus.
On parlait du procès de N.Sarkozy. Il porte en ce moment un bracelet électronique après sa condamnation définitive.
Potentiellement, M.Le Pen pourrait aussi porter un bracelet électronique. C'est une déflagration. 2 poids lourd politiques, 2 anciens rivaux. - A.Duhamel: C'est symbolique de la dramatisation de la situation politique.
Ce sont des symboles qui reflètent ce qui n'est plus une crise politique ordinaire, mais qui est une crise systémique. Tous les pouvoirs constituants en France sont tous affaiblis au même moment. Ca ne s'est jamais produit.
On a un président qui a la moitié de ses pouvoirs, un gouvernement qui a la moitié de ses pouvoirs, un Parlement qui a la moitié de ses pouvoirs. Les magistrats ont leur pouvoir, mais on leur reproche de l'exercer. Pour l'équilibre d'un système, c'est vacillant. - L.Sénéchal: On a très peu parlé de cette condamnation à de la prison ferme.
Elle est condamnée à 4 ans de prison dont 2 an ferme. - A.Duhamel: Mais elle ne va pas en prison, c'est avec bracelet électronique.
Ce qui lui est reproché et qui a été jugé était quand même grave dans la mesure où c'était un système organisé depuis longtemps et supervisé par elle. Je ne suis pas pour mettre les gens en prison quand on peut l'éviter, et je ne souhaiterais pas qu'elle y soit, mais qu'il y ait une condamnation sévère, oui. - A.-E.Lemoine: L'intelligence artificielle ChatGPT est capable de copier désormais les plus grands films d'animation japonais. - L.Sénéchal: C'est un outil qui a été intégré à l'intelligence artificielle.
Vous entrez une photo et elle vous en sort une version manga inspirée de Studio Ghibli. Par exemple, la photo de Trump après la tentative d'assassinat. En version Studio Ghibli, avec ChatGPT, ça donne ça.
On voit des détournements qui fleurissent partout sur Internet. On peut revisiter les événements de la place Tiananmen. Même E.Macron s'y est mis.
Le président a joué lui-même avec l'IA. G.Attal aussi. - A.-E.Lemoine: Je me demandais ce que c'était. - L.Sénéchal: C'est lui-même qui a posté cette image.
Tout cela amuse beaucoup le fondateur de ChatGPT. Il annonce qu'il vient de gagner 1 million d'utilisateurs de son ChatGPT dans l'heure qui vient de passer. Le maître japonais de l'animation Miyazaki n'a pas encore réagi.
Il s'était dit horrifié il y a quelques années quand une start-up spécialisée dans l'IA lui avait présenté les résultats de leur travail. - L.Sénéchal: Le Studio Ghibli n'a jamais donné son autorisation.
On ne connaît pas les suites que pourrait prendre cette affaire sur le plan du droit. Voyez un dernier détournement pour la route. "Le Voyage de Chihiro" transformé en "Le Voyage de Chihirac". - A.-E.Lemoine: Juste avant le débrief de Patrick sur l'interview donnée par M.Le Pen sur TF1, voici L'OEil de Pierre. - P.Lescure: Y.Boisset est parti ce matin à 86 ans.
Il a joué un rôle important dans le cinéma français. A 15 ans, C.Autant-Lara le repère et lui propose de jouer le rôle principal dans "Le Blé en herbe".
Il raconte à son père, qui lui colle deux claques. C'est non. Il va être assistant de C.Sautet, S.Kubrick, entre autres.
Comme réalisateur, on le découvre vraiment en 70 dans "Un condé" un grand film où M.Bouquet est un extraordinaire flic parano et sans scrupule. Des coupes sont demandées dans le film.
C'est le début des ennuis d'Y.Boisset avec la censure. Le film est un grand succès.
Son coup de maître, ce sera "Dupont Lajoie" avec le portrait d'un raciste ordinaire incarné par J.Carmet. Mais Y.Boisset refusait qu'on ne le voit que comme engagé. - Y.Boisset: C'est un cinéma d'observation, parfois un peu narquois, parfois un peu vitriolé, mais ce n'est pas un cinéma de combat.
Je ne me considère pas comme un cinéaste engagé. Mes films sont plus des films de morale. Le combat entre le bien et le mal.
C'est ça, la morale. La politique n'est qu'un cas particulier de la morale. - P.Lescure: N'est-ce pas? - A.Duhamel: J'ai vu tous ses films.
Il est très engagé et très talentueux. L'un n'empêche pas l'autre. - P.Lescure: Avec "L'Attentat", Y.Boisset traite de l'affaire Ben Barka.
Là aussi, beaucoup de problèmes avec la censure. Toute la droite l'accuse de gauchisme. La gauche lui reproche presque d'être trop commercial car il engage pour le film M.Piccoli, J.-L.Trintignant.
Il y a aussi le portrait du juge Renaud. Il a été abattu en pleine ville. - Tout le monde sait que le président du service d'action civique a assisté à la première projection et qu'il a fait interdire le film en demandant que l'on censure le mot "SAC" qu'il y avait dans le film.
Le producteur a envoyé une corbeille de fleurs à l'avocate du service d'action civique pour le remercier de cette publicité qu'on nous fait. - Vous avez obtenu un prix. - C'est une question de qualité de film.
Ca me fait vraiment plaisir. - P.Lescure: Y.Boisset est engagé, mais cultivé et libre.
Il fera une pause dans ses films à la fin des années 70 sur le plan politique. Il va tourner "Un taxi mauve", "Canicule" et "Bleu comme l'enfer". En 83, il revient avec "Le Prix du danger", qui parle des pires dérives que pourrait amener la téléréalité.
Un homme joue sa vie pour 1 million de francs s'il n'est pas descendu avant la fin de l'émission. Cet homme-là, c'est G.Lanvin. - Comme on propose à ces individus-là un chèque d'un million de dollars, ce type un peu dans la merde passe aux éliminatoires.
Il est pris. "Si je peux gagner 1 million de dollars en courant vite, pourquoi pas?" - "Le Prix du danger" est un film d'action, mais de l'action basée sur une sorte de réflexion sur la société du spectacle.
C'est plutôt un film sur ce que peut devenir une mauvaise utilisation d'une télévision qui flatterait les instincts les plus dangereux du public, les plus sadiques. - P.Lescure: Il a beaucoup tourné de fictions très réelles pour la télé dans la dernière partie de sa carrière comme "L'Affaire Seznec", "L'Affaire Dreyfus", et un portrait de Jean Moulin.
On ne se refait pas. Y.Boisset avait un grand talent de cinéaste vertébré. - A.-E.Lemoine: Merci pour cet hommage à Y.Boisset.
Tout de suite, le Débrief de P.Cohen. Vous avez donc suivi l'interview de M.Le Pen qui réagissait à la condamnation Prononcée ce matin par le tribunal judiciaire de Paris. - P.Cohen: D'abord, une image, M.Le Pen comme on ne l'a jamais vue à la télévision.
Elle a le sourire facile. Là, elle est apparue les bras croisés, le visage fermé, les yeux humides. Je ne l'avais jamais vue comme ça à la télévision.
C'est la première image qu'elle a donnée en ouverture du "20h". Pourquoi a-t-elle quitté la salle d'audience ce matin? "Parce que j'avais compris que le tribunal rendait une décision politique.
Il s'agissait de m'empêcher de me présenter et d'être élue à l'élection présidentielle. Ce qui a été annoncé ce matin est contraire à l'Etat de droit. Un certain nombre de magistrats n'ont pas besoin de consignes." Elle a dit qu'elle allait faire appel. "Des millions de Français sont indignés par cette pratique réservée à un régime autoritaire", selon elle.
Elle a dit qu'on se souviendrait longtemps de ce jour funeste pour la démocratie. - "Je ne veux pas que M.Le Pen puisse être élue présidente de la République." Rendez-vous compte, ce jour funeste.
Ce lundi 31 mars 2025, le jour funeste que cela peut être pour notre démocratie et notre pays, où des millions de Français vont être privés, par un juge de première instance, sans recours possible, de la candidate qui est aujourd'hui donnée comme étant la favorite de l'élection présidentielle. - P.Cohen: C'est un propos qui était largement centré sur sa propre victimisation davantage que sur sa contre-attaque.
G.Bouleau a dû s'y reprendre à plusieurs reprises pour savoir ce qu'elle demandait. Est-ce qu'elle demande à la justice d'accélérer la procédure d'appel pour que l'affaire puisse être soldée avant la présidentielle?
Elle a fini par dire qu'il fallait que la justice se hâte, mais à la 3e relance. Elle a dit qu'elle n'avait pas confiance d'une manière générale dans les juges à qui elle doit faire face. "Il est possible qu'ils se trompent à nouveau en appel." S'il y a appel mais sans exécution de la peine d'inéligibilité, elle sera candidate de la même façon, même si elle est reconnue coupable de détournement de fonds, mais sans être empêchée par l'inéligibilité.
Oui, elle sera candidate à l'élection présidentielle. Et concernant J.Bardella? "C'est un atout formidable pour le mouvement, mais j'espère que nous n'aurons pas à user de cet atout plus tôt que nécessaire." C'est une façon claire de dire que ce n'est pas pour tout de suite. - A.Duhamel: Ca peut attendre. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas inenvisageable. - P.Cohen: C'est le contraire.
L'heure de son règne n'est pas venue. - A.Duhamel: Chacun son tour. - P.Cohen: La rumeur a couru que c'était possible.
Va-t-elle demander une grâce à E.Macron? Elle a répondu que non. "Pour qu'il y ait une grâce, il faut que la décision soit définitive." Elle a répondu en juriste.
On lui a demandé si elle pouvait être Première ministre d'un J.Bardella président. Elle a balayé cela.
Elle a terminé par une citation tronquée du général de Gaulle. "La Cour suprême, c'est le peuple." Un jour, je vous expliquerai pourquoi ça n'a rien à voir avec le sujet et pourquoi le général de Gaulle a répondu cette phrase sans mettre en cause l'Etat de droit et les instances supérieures qui sont chargées de le faire respecter. - A.-E.Lemoine: Ce qu'on peut retenir des 2 images de la journée...
M.Le Pen, fermée, les yeux humides au "20h", ou M.Le Pen quittant le tribunal ce matin avant l'énoncé de sa condamnation, ça veut dire quoi?
Elle est sonnée? Elle n'avait pas anticipé une telle décision de justice? - A.Duhamel: Elle pensait vraiment qu'il n'y aurait pas d'exécution immédiate.
Mais j'ai l'impression qu'elle est sortie décidée à se bagarrer autant qu'elle va pouvoir sur un plan politique. Est-ce qu'il y aura des manifestations? J'espère que pas trop.
Ce qui serait vraiment souhaitable, ce serait que l'appel puisse se résoudre le plus vite possible. Un procureur général a quand même la possibilité de s'arranger, surtout quand il s'agit de quelque chose d'aussi spectaculaire et d'intérêt public, pour que ça se fasse dans les 15 mois. A ce moment-là, il y aura un jugement définitif et on saura si elle est autorisée... - A.-E.Lemoine: Un pourvoi en cassation est prévu? - P.Cohen: Une information m'a été donnée par un ancien magistrat qui connaît les procédures.
Il me dit que c'est possible, à partir de décembre 2025, d'audiencer...
Compte tenu du délibéré, ça permettrait d'avoir l'affaire purgée avant un éventuel pourvoi en cassation à un an de l'échéance présidentielle. - A.Duhamel: Donc avec une campagne possible. - M.Bouhafsi: Les électeurs de M.Le Pen penseront la même chose, que cette élection leur a été volée quand même, même s'il y a une confirmation en appel? - A.Duhamel: Je ne veux pas préjuger l'appel.
Mais si elle obtenait la possibilité de se présenter, tous ceux qui la suivent... - A.-E.Lemoine: Condamnée ou pas condamnée? - A.Duhamel: Il y a 2 catégories.
Ceux qui représentent 85 % de son électorat sont acquis, protestataires. Et puis, il y a 15 % qui sont plus mesurés, plus modérés, plus bourgeois, plus hésitants. C'est sur ceux-là que la différence peut se faire. - A.-E.Lemoine: J.Bardella est un atout à qui on fera appel plus tard?
Imaginons que M.Le Pen ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle. Est-ce que J.Bardella est un candidat sérieux pour le RN? - A.Duhamel: Ce serait leur candidat, évidemment.
Il est populaire. Aussi populaire que M.Le Pen.
Il fait moins peur à ses adversaires que M.Le Pen. Quand on voyait M.Le Pen là, on se disait que c'était quand même une combattante à prendre en considération.
Il est populaire auprès de catégories un peu différentes. Il est plus populaire auprès des jeunes et des cadres. - A.-E.Lemoine: Ce ne serait pas forcément une catastrophe? - A.Duhamel: Non.
Il y aurait une question, évidemment. Est-ce qu'on élit président quelqu'un qui n'a jamais exercé de pouvoir nulle part en dehors de son parti? - A.-E.Lemoine: E.Macron, 2017. - A.Duhamel: Mais il était plus âgé.
Il a été ministre avant. Il a appartenu à toute la formation classique, à la filière classique. - A.-E.Lemoine: L'ENA... - A.Duhamel: Ce serait un point d'interrogation. - P.Cohen: Il a montré ses fragilités Quand il proclame que les candidats, au RN, à l'avenir, auront un casier judiciaire vierge et n'auront aucune condamnation.
Il se retrouve surpris parce que M.Switek lui demande si c'est valable pour M.Le Pen pour la présidentielle. - A.Duhamel: Il est encore jeune.
Il doit apprendre. Il aura appris beaucoup de choses aujourd'hui, y compris sur ce que M.Le Pen pense de lui. - A.-E.Lemoine: Elle n'est pas pressée de le voir arriver au plus haut niveau.
Vous craignez des manifestations. Y aura-t-il aussi des vengeances possibles du RN, qui appuiera sur le bouton de la censure plus vite que prévu? - A.Duhamel: Ca a été amorcé avant, au moment où ils essayaient de faire pression sur le climat.
Je ne vois pas l'intérêt qu'ils auraient, à court terme, à provoquer une instabilité. Ca ne change rien jusqu'au moment où la dissolution est possible. Elle perdrait son siège, la présidence de son groupe et son rôle de porte-parole.
Paradoxalement, la succession de la peine pour N.Sarkozy et de celle pour M.Le Pen aujourd'hui, ça peut aider F.Bayrou à durer plus qu'on ne l'imaginait quand il est entré à l'hôtel de Matignon. - A.-E.Lemoine: Jusqu'à quand? 2027? - A.Duhamel: Je ne l'exclus pas, mais au moins jusqu'à la fin de l'année.
Ce serait déjà infiniment plus que ce que nous prévoyions tous quand il est entré. - A.-E.Lemoine: Une image d'archives, Mohamed. - M.Bouhafsi: On a retrouvé des images qui résonnent particulièrement avec ce qui se passe.
En 1998, J.-M.Le Pen est condamné à 2 ans d'inéligibilité après avoir agressé une élue socialiste, soutenu par tout un parti qui avait organisé une manifestation de soutien à Versailles. - Pour les partisans de J.-M.Le Pen, ce procès est digne des Soviétiques.
Une bonne occasion pour stigmatiser les persécutions dont il s'estime victime. Selon eux, ce procès est une parodie de justice et leurs droits n'ont pas été respectés. Après la thèse du complot viennent avertissements et menaces. - J.-M.Le Pen: Messieurs du gouvernement, n'abusez pas des institutions.
Il est dangereux de se servir de la justice illégalement et illégitimement contre le peuple. - M.Bouhafsi: 3 ans après, il accédait au 2e tour de l'élection présidentielle.
Son inéligibilité prive certainement sa fille de l'élection en 2027. On attend l'appel, s'il a lieu avant 2027. Pourquoi pas 2032 pour M.Le Pen, ou bien c'est terminé pour elle?
Elle aura 64 ans. - A.Duhamel: Dans la famille Le Pen, ce n'est jamais fini.
Ils ont un rapport particulier avec l'autorité, la leur, et avec le pouvoir, celui des autres. Ce sont des tempéraments hors normes. J.-M.Le Pen, je l'ai bien connu.
Je l'ai beaucoup observé. Il y avait une espèce de force et d'appétit de se battre alors même que ses chances de gagner étaient considérées comme marginales, ce qui n'est pas le cas de M.Le Pen.
Ce qui m'a frappé le plus de la journée...
Contrairement à Patrick, je n'ai pas vu toute l'interview, mais sa physionomie, ce matin, quand elle est sortie avant d'entendre son jugement m'a frappé. Elle n'est pas sortie comme quelqu'un d'abattu, mais comme une bête de combat qui entrait dans l'arène. - A.-E.Lemoine: Déterminée, furieuse, en colère. - A.Duhamel: Ce sont des tempéraments. - A.-E.Lemoine: Une décision de justice dont on a parlé partout dans le monde, en Europe et aux Etats-Unis.
C'est l'objet de la Story. - M.Bouhafsi: C'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît ses amis.
Les amis de M.Le Pen sont à l'extrême droite partout dans le monde. La 1re réaction de cette condamnation est tombée du Kremlin via son porte-parole.
Un communiqué qui est tombé quelques minutes après la décision de la juge, faisant un parallèle entre la peine de M.Le Pen et l'annulation du 1er tour de l'élection présidentielle roumaine en décembre dernier suite à des soupçons d'influence russe. L'allié de la Russie au sein de l'UE, V.Orban, ose reprendre le slogan en hommage aux victimes de l'attentat de "Charlie Hebdo".
Aux Pays-Bas, le leader de l'extrême droite se dit choqué, ajoutant: "Je crois en elle à 100 %. Je suis persuadé qu'elle gagnera en appel et qu'elle deviendra la présidente de la France." Même son de cloche pour l'extrême droite espagnole à travers la voix du parti Vox avec son leader, qui tweete: "Ils n'arriveront pas à faire taire la voix du peuple français." Partout dans le monde, cette condamnation a provoqué un séisme dans l'actualité politique. - En Allemagne aussi, au parti d'extrême droite, on s'intéresse sur comment se développe une figure tellement importante que M.Le Pen. - C'est du jamais-vu au niveau du Parlement européen.
Ce sont des partenaires stratégiques. Il y aura une crainte qu'il y ait plus d'instabilité. - M.Bouhafsi: Le soutien le plus prononcé est venu de M.Salvini.
Il considère, en français sur les réseaux, que c'est une déclaration de guerre de Bruxelles. "Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous ne nous arrêterons pas.
En avant toute, mon amie. Qui craint le jugement des électeurs souvent se rassure par le jugement des tribunaux." Il poste ensuite cette photo.
Sans surprise, aux Etats-Unis, la condamnation a provoqué une onde de choc. Avant l'émission, le fils de D.Trump a tweeté: "La France envoie M.Le Pen en prison." E.Musk a posté également sur X.
S.Bannon, l'un des ex-conseillers de D.Trump compare M.Le Pen à Bolsonaro et D.Trump. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, P.Corbé.
On aime votre newsletter "Zeitgeist". Merci de votre présence ce soir. C'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît ses amis.
Ces réactions internationales vous étonnent-elles? - P.Corbé: Je rebondis sur le message du fils de D.Trump.
Il fait référence à J.D.Vance, au discours de Munich d'il y a quelques semaines, un discours important, une sorte de structure idéologique du trumpisme.
Dans ce discours, au-delà de ce qu'il disait sur l'immigration et la liberté d'expression, il remettait en cause le modèle de démocratie libérale et décrivait une Europe dévoyée qui serait moralement corrompue et qui refuserait d'accepter la différence dans le débat politique. Il citait ce qui se passe en Roumanie, avec le candidat qui n'a pas pu se présenter. Du point de vue du trumpisme, il y a un parallèle entre ce qui se passe en Roumanie, en France, et ce qui s'est passé avec V.Orban et Bolsonaro.
Il y a cette idée que la gauche au sens large aurait peur des urnes et de la volonté du peuple, et que le seul moyen d'empêcher la volonté du peuple serait, par la justice, d'étouffer la démocratie. - A.-E.Lemoine: C'est l'internationale réactionnaire qui se déploie. - A.Duhamel: Dans toute sa puissance, mais qui n'est pas inventée, qui est réelle et qui progresse.
Ce que dit D.Trump aux Etats-Unis, c'est ce que dit N.Farage en Grande-Bretagne, qui progresse très vite en ce moment.
Partout dans les pays occidentaux, le mouvement gagne. Ce qui se passe en France aujourd'hui, qui est très antagonique, ne signifie pas que ce soit un repli pour le RN, qui s'affiche. Pas du tout.
Ca peut être le contraire. - A.-E.Lemoine: Faut-il s'attendre à une campagne de la part de D.Trump? - P.Corbé: Il a toujours gardé la personnalité de M.Le Pen à distance.
Quand M.Le Pen avait tenté de le croiser à la Trump Tower...
Il y a des liens, depuis plusieurs années, avec S.Bannon, même s'il a insulté récemment J.Bardella qui avait annulé son interview à cause du salut nazi de S.Bannon.
Mais il n'y a pas de proximité entre M.Le Pen et D.Trump.
Mais les trumpistes plus idéologues vont l'utiliser. S.Bannon, ce n'est qu'une émission sur YouTube.
Elle est très influente. Elle est très écoutée, relayée. Ce sera intéressant de voir comment Fox News traitera le sujet.
Dans la journée, ils l'ont traité de façon factuelle. On va voir s'ils vont en faire un élément de politique intérieure américaine. - P.Cohen: Jusqu'à présent, le pouvoir trumpiste s'est tenu à distance de la France, contrairement à l'Allemagne, avec les ingérences massives qu'on a vues pendant la campagne législative et contrairement à la Roumanie, avec l'empêchement de la candidature d'un candidat, et contrairement au Royaume-Uni, avec des messages très agressifs contre K.Starmer.
Il y a eu plusieurs pays européens qui ont été directement ciblés. La France, pour l'instant, quasiment rien. - P.Corbé: Ca va être intéressant de voir si c'est repris par D.Trump ou certains de ses soutiens, ou si ça reste un événement d'actualité internationale.
Ce qui se joue autour de D.Trump, c'est cette question du rapport aux cours de justice, à l'Etat de droit, et la nature du régime de D.Trump, c'est de savoir s'il respectera les décisions de justice, des cours fédérales, de la Cour suprême ou pas.
C'est la clé du pouvoir de D.Trump: le respect ou non de l'Etat de droit. - A.-E.Lemoine: Et le respect de la Constitution, qu'il faut remanier à sa guise pour pouvoir se maintenir au pouvoir au-delà de la limite des 2 mandats imposés par la Constitution américaine. - A.-E.Lemoine: Il réfléchit sérieusement à un 3e, voire à un 4e mandat. - P.Corbé: Ca fait plusieurs fois qu'il a eu ce ton léger en semblant plaisanter sur cette question.
Mais pour la 1re fois ce week-end, à NBC, il a dit que c'était sérieux. Il confirme une hypothèse qui serait non pas de changer la Constitution, parce que ça nécessiterait des conditions difficiles à tenir, mais que J.D.Vance ou un autre se présente comme président, choisisse D.Trump comme vice-président en 2028.
Une fois investi, il démissionne et choisit D.Trump. Trump serait alors promu président.
C'est une Poutine. C'est ce qui s'est passé en 2008, quand Poutine a pu devenir Premier ministre. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas possible en France?
Un ancien président démissionne, ça convoque immédiatement des élections? Imaginons que J.Bardella est élu...
Si J.Bardella démissionne, la Constitution française ne permet pas cette substitution? - A.Duhamel: Il peut y avoir une démission suivie d'une élection présidentielle.
A l'issue de celle-ci, il pourrait y avoir une interversion des rôles. C'est peu probable, mais ça n'est pas impossible. - A.-E.Lemoine: Le pouvoir sans limite, c'est déjà ancré dans l'opinion américaine?
Ce n'est plus tabou? - P.Corbé: Il arrive préparé, organisé.
La stratégie est de tester les limites de l'Etat de droit pour étendre les pouvoirs présidentiels, de prendre des décrets dont il sait qu'ils sont illégaux. Il sait qu'il aura des recours, qu'il va les perdre. Il veut aller jusqu'à la Cour suprême pour obtenir, sur certains points, une sorte d'élargissement du pouvoir présidentiel.
La question est de savoir si, quand la Cour suprême lui donnera tort, il respectera la décision de la Cour suprême ou pas. Sur le droit du sol, par exemple. On a vu des choses inquiétantes sur des points précis où il a contourné les cours fédérales pour ne pas avoir à les respecter. - P.Lescure: Puisqu'on est en Amérique du Nord, il y a le Groenland.
Après la visite la semaine dernière de J.D.Vance sur la seule base militaire de l'île, les discussions ont continué tout le week-end. "Nous allons obtenir le Groenland à 100 %", a dit D.Trump dans une interview à NBC. - P.Cohen: La phrase sur le Japon... - P.Lescure: C'est dingo. - P.Corbé: Oui, mais il n'est pas le seul à penser cela aux Etats-Unis.
Le Groenland, ce n'est pas un territoire européen. C'est un territoire sur le territoire...
Les Danois sont des colonisateurs. Il considère que l'intérêt suprême des Etats-Unis est de contrôler ou de superviser le Groenland. Il est possible que tout cela se termine par un accord militaire qui ferait qu'il contrôlerait les passages.
Ca permet aussi d'électriser sa base et de repousser sans cesse ce qui paraît possible. Il y a l'idée d'une présidence impériale liée à l'âge d'or dont il a parlé dans son discours d'investiture. - A.Duhamel: Les Etats-Unis ont dénoncé les impérialismes durant des décennies.
C'était à la fois les vieilles puissances européennes et les nouvelles puissances qui apparaissaient, notamment au Kremlin. Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse. Il est en train d'enfiler les vêtements des impérialistes du XIXe siècle. - A.-E.Lemoine: Il s'est même comparé à Napoléon. - A.Duhamel: Quand on va savoir à quelle sauce on va être mangés avec l'augmentation des taxes d'importation, on verra la nouvelle forme d'impérialisme. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 2 d'être venus sur notre plateau.
Alain, on écoute vos analyses sur BFMTV tous les jours à...
L'heure m'échappe. - P.Corbé: A 17h50! - A.-E.Lemoine: P.Corbé, "Zeitgeist", votre newsletter, qu'on lit avec beaucoup d'attention et dont on apprend progressivement à prononcer le nom.
On conclut avec Les Actualités de Bertrand. - B.Chameroy: Bonsoir.
Nous sommes le 31 mars. A la une, le changement climatique qui est allé beaucoup plus vite qu'on ne le pensait. En une journée seulement, on a vécu de ces cataclysmes... - Le coup de tonnerre dans le ciel politique... - Cette décision qui est un véritable tsunami... - M.Le Pen est dans une période de tempête... - Un séisme judiciaire et politique... - On entre dans un moment de turbulences inédit... - C'est un tremblement de terre politique et judiciaire, un véritable big-bang. - B.Chameroy: M.Le Pen est sous le coup d'une obligation de quitter la vie politique.
La cellule du RN a réadapté ses affiches au cul du camion. En même temps, ce n'est pas comme s'ils l'avaient réclamé, au RN. - La justice ne suit pas.
Il y a une forme de laxisme généralisé depuis des années. - Il y a eu trop de laxisme, trop de mollesse. - Le problème, c'est qu'il y a du laxisme, que l'outil judiciaire n'est pas adapté. - On a l'impression d'un laxisme généralisé. - B.Chameroy: Il suffisait de demander. - M.Le Pen est condamnée à 5 ans d'inéligibilité.
Elle ne pourra pas se présenter à l'élection présidentielle. - C'est la fin, le tout dernier matin. - B.Chameroy: M.Le Pen a quand même trouvé du soutien dans l'épreuve, avec les tweets et les soutiens de V.Poutine, V.Orban, Trump, E.Musk, auxquels s'ajoutent le Joker et Dark Vador qui dénoncent un déni de démocratie.
Il y a aussi le soutien de Gargamel, docteur No. Mais ce n'est pas mon rôle de commenter les décisions de justice, ce n'est pas cool. Ce n'est pas sympa pour les intervenants de condamner M.Le Pen à une peine de...
Ils bafouillent en prononçant "inéligibilité". - Le...
Le...
Je n'y arrive pas... - B.Chameroy: Inéligibilité.
Mais je pense fort à J.Bardella, non pas pour ses ambitions mais parce qu'il s'est fait flouer par son opticien. Hier encore, il était très fier de porter ses lunettes.
Mais je pense qu'elles sont mal réglées. - M.Le Pen est inéligible demain, vous prenez le flambeau? - Elle ne sera pas inéligible.
Elle est totalement innocente. - B.Chameroy: Qui les a nettoyées avec une tranche de jambon?
M.Le Pen empêchée de se présenter en 2027. Ce n'est pas si grave, finalement.
En 2022, elle ne se souvenait pas de sa présence autour d'une table avec E.Macron. - Vous pouvez nous le garantir? - M.Le Pen: Oui.
Sinon, je ne me présenterais pas pour être présidente de la République. - B.Chameroy: Grande journée en revanche pour les commentateurs, notamment ce journaliste de CNews qui ne veut pas aller jusque-là, mais qui y va quand même. - Pour le président de la République, c'est quelque chose à avoir en tête.
De quelle manière peut-il agir? Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il doit gracier M.Le Pen, mais il doit y penser.
Aucune banque ne voulait prêter de l'argent ou RN. Ca n'empêche en rien de faire des détournements de fonds publics, mais il faut voir ça en tête. - B.Chameroy: Je n'irai pas jusqu'à lancer le magnéto suivant, mais je le fais quand même.
C'était sur CNews qu'il fallait suivre le débrief. C'était en audiodescription. - A partir de combien dans les sondages on estime qu'on est au-dessus des lois? - Roh, ça y est... - B.Chameroy: Et ça chiale!
Sur LCI, ils ont tenté un coup. "Si notre public est un peu dur de la feuille, ils penseront qu'on a le père de Marine et c'est un énorme coup." - J.-M.Le Guen nous a rejoints. - B.Chameroy: Bien tenté.
Sale journée pour le programmateur. - Nous recevons un magistrat. - Je suis avocat depuis 6 ans. - B.Chameroy: Le meilleur invité, c'est franceinfo qui l'a déniché. - En effet, vous êtes directement impliqué. - B.Chameroy: Il est fier de l'être.
B.Gollnisch est plus FN que RN. Il est vintage au niveau des références. - Vous étiez aux côtés de J.-M.Le Pen.
Vous êtes un historique. - C'est le mot gentil pour dire "vieux schnock". - B.Chameroy: Pas du tout.
Vous allez chercher ça où? - Les Russes auraient tweeté sur TikTok. - B.Chameroy: Je ne sais pas où il a trouvé cette métaphore, mais personne ne l'avait osée jusqu'ici. - Il y a 2000 ans, elle vous aurait dit: "Il y a des présomptions très sérieuses.
C'est sûr que le prévenu Jésus-Christ va être condamné à être crucifié. C'est tout à fait normal." - B.Chameroy: M.Le Pen is the new Jesus Christ.
Même B.Boucher n'en pouvait plus à la fin de l'interview. - Merci d'avoir été avec nous ce matin. - Comme l'a dit un collègue espagnol...
Il m'a demandé depuis combien de temps j'étais dans cette institution... - 30 ans.
Merci. - B.Chameroy: "30 ans, merci." Au bout d'un moment, les journalistes commencent à sentir la fatigue.
Illustration d'un dialogue de sourds. - Difficile aujourd'hui pour certains de se plaindre. - M.Le Pen elle-même... - Non, pas elle. - Elle n'a pas dit, à un moment... - B.Chameroy: Qui?
Quoi? Tenir le crachoir plus de 12 heures, ça crève. - Nos hommes politiques...
Ils bafouillent. - B.Chameroy: Ca n'empêche pas de décrocher des scoops. - Ca va se dérouler juste derrière nous, dans ce tribunal, au 2e étage, dans la chambre 201. - Cette audience a commencé légèrement en retard. - Elle a discuté avec beaucoup de sourires, de rires. - Elle s'est relevée.
Elle attend debout. Elle a posé ses affaires sur le premier rang. - Une petite croix en scotch a été apposée au sol.
Si M.Le Pen souhaite s'exprimer, elle se positionnera là. - La mâchoire très serrée, elle a beaucoup soufflé durant cette audience. - Elle aime le jardinage, les chats.
Elle a une vie en dehors de la politique. - B.Chameroy: Cette journée aura fait des heureux, à commencer par les amateurs de portes.
Ils ont été servis. - Demandez à Jean-Laurent qu'il reste bien en plan fixe sur cette porte. - B.Chameroy: Et Jean-Laurent est resté sur cette porte.
On a vu la porte sous tous les angles. La porte du siège du RN. Mais aussi la porte du tribunal.
Si vous aimiez les portes, c'était votre journée. Moins bonne ambiance en revanche du côté de CNews qui, dès demain, devrait arborer un bandeau noir sur son logo. - M.Le Pen était hier encore créditée de 37 % des voix pour le premier tour. *Musique funeste.
Avec J.Bardella, elle pourrait intégrer Matignon. Si j'en crois le casier judiciaire de F.Bayrou, ça ne pose pas de problèmes aux Français. - B.Chameroy: On traite les juges de cons?
On s'en fout. On m'informe que "L'Heure des pros" vient de démarrer. *"La sonnerie aux morts." - Ouin, ouin, ouin... - Ouin, ouin, ouin... - B.Chameroy: L'info continue demain, ouin, ouin. - A.-E.Lemoine: Bravo, Bertrand.
Merci d'avoir accepté notre invitation, A.Duhamel. Merci, P.Corbé.
Tournez-vous pour saluer nos téléspectateurs. Merci de votre fidélité. Tout de suite, le documentaire inédit: "Le Règne des lions du Masai Mara".
Marine Le Pen