Narcotrafic : “Nous sommes en train de perdre la guerre” alerte Éric Ciotti - 12/05/2026
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Éric CiottiChiffre
« 97 enquêteurs qui font défaut depuis 2 ans dans notre ville. »
- 3:00Premier ministreChiffre
« une centaine de personnes sous écrou l'année dernière, mais sous écrou une cinquantaine depuis le début de l'année. »
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Merci madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, hier deux drames terrifiants liés au narcotrafic ont frappé notre pays. À Desines, cela a été dit, trois morts dans un incendie et à Nice dans ma ville, 11 personnes impliquées, deux sont décédés.
En cet instant, je veux bien sûr rendre hommage aux victimes Ahed et Adilson. Je pense à eux, je pense à leur famille. J'étais à leur côté hier soir.
Monsieur le Premier ministre, les tarcotrafiquants nous ont déclaré une guerre. Ils ont déclaré une guerre à la République. Cette guerre, je crains que nous soyons en train de la perdre.
Chaque jour, le cancer du narcotrafic gagne du terrain. Chaque jour des victimes tombent. À Nice, dans le quartier des Moulins, nous déplorons 11 morts. 11 morts depuis juillet 2024, dont quatre enfants.
Hier, ce sont deux victimes collatérales. Alors, dans ce contexte, nous avons besoin d'une mobilisation générale, d'un combat national. Nous avons besoin d'une force, nous avons besoin d'un quoi qu'il en coûte sécuritaire.
Et à Nice, nous avons besoin d'effectifs, d'enquêteurs comme partout en France. Je mettrai face- à face de chiffres, ces 11 victimes et en même temps c'estes 97 enquêteurs qui font défaut depuis 2 ans dans notre ville. Nous avons besoin d'une réaction urgente, rapide, d'une mobilisation.
Nous l'attendons de votre part. La police municipale, la mairie se mobilise. Nous allons ouvrir un poste de police devant ce point de d'alquant lequel sont tombés trop de victimes.
Nous allons proposer des patrouilles mixes. Tout cela nous le faisons. Mais l'État doit prendre et assumer ses responsabilités.
Nous l'attendons de vous, monsieur le Premier ministre. Merci beaucoup, monsieur le président. Si la parole est à monsieur le Premier ministre. [applaudissements] Merci beaucoup madame la présidente de l'Assemblée nationale.
Mesdames et messieurs les députés, monsieur le président, monsieur le député maire Éric Si euh vous relayez l'émotion, vous ne l'avez pas dit mais je la ressens aussi la peur de vos concitoyennes et de vos concitoyens face évidemment à ce fléo qui est le narcotrafic et sur lequel vous me permettez de m'exprimer. Et au fond, votre question raisonne aussi avec l'émotion à l'automne dernier au moment de l'assassinat de monsieur Kessassi et qui nous rappelle à l'ensemble de la classe politique que si nous avons des conflits géopolitiques, beaucoup de sujets évidemment à traiter en politique intérieure, il y a bien un sujet qui fasse s'installer qui s'installera sur le temps long, c'est bien évidemment la lutte contre le narcotrafic et j'aimerais donc y revenir. Je pense qu'on nous dans un moment de vérité, si vous voulez le fond de ma pensée, un moment de vérité parce qu'au fond plus nous allons accentuer la politique de répression et votre ville en est évidemment un des terrains sur lequels les politiques publiques s'appuient, il y avait pratiquement, je crois 12 points de d'al il y a de cela encore quelques mois à Nice.
Aujourd'hui, deux points deal, une centaine de personnes sous écrou l'année dernière, mais sous écrou une cinquantaine depuis le début de l'année. Je pense qu'il faut pas qu'on mente aux Françaises et aux Français collectivement. Plus nous serons répressifs, il faut l'être, plus nous aurons une guerre de territoire qui s'organisera entre les différents réseaux.
Plus nous appuyons avec le garde des SAAUA, ministre de la justice sur la mise en sécurité en protection et l'isolement d'un certain nombre de donneurs d'ordre en prison, plus nous désorganisons évidemment ces différentes filières et au fond, on le voit bien, on a un enjeu de résilience, d'endurance et je ne dirais pas, comme vous l'avez dit tout à l'heure même la député, on veut pas des paroles, on veut des actes. Les actes sont là, ils sont nombreux et c'est bien pour ça que vous avez cette guerre de territoire qui est en train de s'installer et plus d'ailleurs vous avez du démantellement, plus vous avez des arrestations, plus vous avez une concurrence entre ces réseaux et je pense qu'il faut qu'on documente cela plus clairement en transparence devons-nous concitoyennes et concitoyens. Deuxième aspect de votre question et je vais peut-être vous surprendre mais je vous y rejoins.
La question des moyens. Je me permet peut-être d'accentuer mon propos autour évidemment de votre commune où vous en êtes devenu le maire. Évidemment, il y a un enjeu de présence de sécurité publique.
Les effectifs et le ministre de l'intérieur se rendra à Nice tout prochainement pour permettre justement de revenir sur cette question des effectifs. Là en urgence, des décisions été prises par le préfet de zone de défense pour permettre une présence importante des CRS pour faire de la sécurisation. Mais on le sait très bien, monsieur le député maire, il y avait une patrouille de police à une rue pendant la fusillade hier.
Le principal sujet, vous l'avez dit, c'est la filière investigation. C'est comment remettre des policiers officiers de police judiciaire non seulement pour traiter le le flux mais le stock évidemment des affaires qui sont nombreuses ? Comment on refait de cette filière une filière attractive ?
Comment on refait de cette filière une filière dans lequelle on est capable de former ? Et pardon, on ne le dit jamais assez. Comment on fait aussi de cette filière une filière beaucoup plus numérique ? parce qu'on le voit bien, il y a un delta de temps de temporalité entre l'adversaire d'un côté, le narcotraafiquant et la capacité à juger vite et donc à enquêter vite et à produire les éléments d'enquête.
Et ça c'est le sens de ce que le ministre de l'intérieur a annoncé récemment en lien avec son collègue garde des saut ce plan investigation qui va nous permettre au fond d'écrire une nouvelle page sur l'attractivité de cette filière des enquêteurs. Monsieur le député maire Nice profitera de ce plan investigation parce qu'on le sait très bien, c'est un des enjeux majeurs sur lequels il nous faut avancer. Après, je pense qu'il nous faut aller encore plus loin.
Vous aurez à examiner un projet de loi qui s'appelle Repost qui est préparé par le ministre de l'intérieur qui va nous permettre d'agir à la fois sur la question évidemment de l'exécution des peines et notamment de la réduction des peines. Je crois que il est temps d'aligner notre arsenal juridique sur ce que nous avons fait, toute chose égale par ailleurs, sur le terrorisme en son temps. Le degré de dangerosité, l'enjeu pour la nation, l'enjeu pour le pacte social français nécessite désormais d'aller beaucoup plus loin dans notre arsenal judiciaire.
On l'a fait avec la loi narcotrafic, ce qui a permis d'ailleurs dans votre commune d'avoir des fermetures de commerce, d'avoir un certain nombre de mesures de police administrative qui jadis ce n'était pas possible. il faudra aller plus loin et puis pardon peut-être de mettre les pieds dans le plat euh aussi évidemment s'attaquer davantage au consommateurs parce que il n'y aurait pas de narcotrafic s'il n'y avait pas de consommation et ça je crois que pour le coup il va falloir aussi que nous tous nous parlions clairement calmement de ce sujet en cherchant évidemment le consensus le plus large possible parce que on le voit bien la question de la consommation est un des enjeux qui crée le modèle économique et son caractère au fond un peu inépuisable. Le projet de Loiriposte permettra d'avoir une amende forfaitaire délictuelle pour se faire.
Vous en débatterez évidemment avec le ministre de l'intérieur, mais je crois qu'on peut pas dire d'un côté qu'on veut s'en prendre au narcotrafic, être plus dur sur les narcotrafiquants et ne pas traiter l'ensemble du problème de manière complete. Et donc oui madame la députée également en s'attaquant à la question de la consommation car au fond il n'y aura pas de mobilisation général, il n'y aura pas de guerre utile si on ne prend pas le problème de manière complète en faisant justement de cette résilience un des points importants pour mener la guerre que vous avez vous-même rappelé. Merci beaucoup monsieur le Premier ministre.
Ah.
Éric Ciotti