Municipales : les leçons du premier tour
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
des attitudes positives. Les Français aiment bien leur maire, leurs conseils municipaux. Ils ont une opinion favorable du bilan des maires sortants.
Malgré tout ça, la fatigue démocratique, la mauvaise humeur commencent à toucher la scène municipale. C'est préoccupant. - A.-E.Lemoine: Pour revenir sur les enseignements mis en lumière par Patrick, la percée de La France insoumise est exagérée? - P.Perrineau: Oui.
Il ne faut pas transformer un phénomène qui touche quelques grandes métropoles, quelques grandes cités universitaires ou avec des quartiers difficiles. C'est quelques centaines de villes. Ils étaient présents dans 250 cas en France.
Je rappellerai à La France insoumise qu'il y a 35 000 communes. Ils étaient peu présents. Comme d'habitude, ils parlent en 1er.
Ils ont été les 1ers à en parler. Ils imposent une interprétation de la réalité à laquelle on peut croire dans un 1er temps. Dès qu'on regarde attentivement les résultats, on s'aperçoit que c'est plus compliqué que ça. - A.-E.Lemoine: J.Bardella a très rapidement pris la parole hier.
Heureux d'annoncer que le RN confortait ses bastions. Il n'est pas question non plus de crier victoire? - P.Perrineau: Non.
Il y avait un grand défi pour le RN. Il fallait s'implanter assez massivement dans un tissu de petites villes et de villes moyennes. Il y en a quelques-unes.
Il y a quelques prises. On le verra dimanche prochain. Le phénomène n'est pas massif.
Ils ont simplement fait bonne impression, parce que partout où ils avaient été élus, ils renouvellent au 1er tour. On voit toujours que ce RN a un problème avec le local. Ils se sont efforcés, sous l'égide de M.Le Pen, de renforcer leur implication municipale.
Mais ils ont du mal. La préoccupation locale des courants politiques que représente le RN est nulle dans l'histoire française. Jamais les nationalistes n'ont été passionnés par l'implantation locale.
Pour eux, ça relève du Clochemerle. Ils s'y mettent, mais c'est un apprentissage qui sera long. Il y a une véritable embellie en 2024.
C'est un signe qui montre que tout n'est pas joué, un an avant l'élection présidentielle. - A.-E.Lemoine: Le Parti socialiste en tête dans 6 des 10 plus grandes villes de France.
C'est un score sur lequel personne n'aurait parié il y a quelques mois. - P.Perrineau: Tout à fait.
Ce qui s'exprime là, c'est la sociologie. Il est intéressant de voir, dans ces grandes villes, la composition du corps électoral. C'est une composition de cols blancs, de gens de haut niveau d'études, qui n'ont pas de profondes difficultés avec la vie et qui, comme on le dit, sont touchés par le libéralisme culturel.
Ils sont attachés à une gauche présentée comme extrêmement moderne sur le terrain de la réforme des moeurs, la loi sur l'euthanasie, le mariage homosexuel, la PMA...
Dans ces grandes métropoles, et Paris en est un exemple, c'est ça qui s'est exprimé. C'est cette sociologie, où la gauche socialiste est une gauche moderne, branchée. - A.-E.Lemoine: Le PS en tête à Paris et Marseille.
La gauche reste divisée? - L.Amar: A Marseille, le RN est pourtant sérieusement en position de l'emporter.
F.Allisio est 2e, juste derrière le sortant, B.Payan, qui n'a pas attendu la mi-journée pour écarter tout alliance avec La France insoumise.
A 11h30, il dépose sa liste. - B.Payan: Nous entrons dans le plus grand combat que cette ville ait connu devant le RN.
Je ne parle pas politique. Je ne fais aucune tambouille. Le combat contre le RN ne se monnaie pas. - L.Amar: 2 heures plus tard, réponse cinglante de J.-L.Mélenchon.
Il dit ceci. ... - L.Amar: Pendant que la gauche déplore ses divisions, le RN rêve de Marseille. - F.Allisio: Le vote d'hier soir est historique.
Pour que cet espoir devienne réalité, il faut continuer à ouvrir les bras, à tendre la main, y compris à des électeurs de la droite sincère. - Est-ce que vous avez appelé M.Vassal au téléphone?
Je ne sais pas si nous avons la liaison. C'est peut-être elle qui l'appelle. - F.Allisio: On échange avec le maximum de personnes. - L.Amar: En tout cas, M.Vassal est introuvable depuis hier.
Elle est invisible, parce qu'elle a annoncé son maintien, mais uniquement par un communiqué. Il n'y avait presque personne à son QG de campagne hier soir. Pas de déclaration, à peine ce très court communiqué dans l'après-midi, fidèle à ce qu'elle avait dit avant le 1er tour. - M.Vassal: Je ne ferai pas d'alliance, parce que dans cette élection, 4 candidats sont sélectionnés au 2e tour.
Tout est possible. - L.Amar: Voilà pour Marseille.
A Paris, c'est la droite qui doit faire face à la question des alliances. R.Dati va faire liste commune avec le centriste P.-Y.Bournazel, dont elle saluait hier soir la campagne. - R.Dati: L'enjeu est la vie des Parisiennes et des Parisiens.
J'appelle tous ceux qui ne veulent plus de cette gauche sectaire et à bout de souffle à se rassembler le plus largement possible. Ce désir de changement s'est porté sur les candidatures de P.-Y.Bournazel et de S.Knafo.
Ils ont fait campagne avec détermination, chacun sur son projet. - L.Amar: Des compliments, alors qu'il y a quelques jours, R.Dati parlait de P.-Y.Bournazel comme d'un représentant de la droite "la plus bête du monde".
R.Dati aura donc choisi l'alliance au centre. Pourtant, la candidate Reconquête! lui faisait des appels du pied. - S.Knafo: Je m'adresse à R.Dati.
Il nous reste une chance de battre la gauche: le rassemblement de toutes nos forces. - L.Amar: Quelques minutes après l'alliance Dati-Bournazel, E.Grégoire réagit, moqueur. - E.Grégoire: Quand on a quelqu'un qui a passé son temps à dire les mots les plus durs sur R.Dati, qui se range en quelques minutes pour un plat de lentilles, je pense que c'est les électeurs qui vont être déçus.
Un grand nombre d'entre eux viendront vers nous. - A.-E.Lemoine: E.Grégoire aurait pu nouer une alliance.
Il a choisi de ne pas décrocher son téléphone, alors que l'insoumise S.Chikirou attendait son appel. - S.Chikirou: Il y aura des bulletins S.Chikirou dimanche.
On peut amplifier nos voix et monter encore. - A.-E.Lemoine: Elle se maintient au 2e tour.
Est-ce que ça va suffire à R.Dati, cette alliance quasi forcée avec P.-Y.Bournazel? - P.Perrineau: La position de R.Dati, 13 points derrière E.Grégoire, c'est difficile à remonter. - A.-E.Lemoine: Vous avez été surpris par cette contre-performance? - P.Perrineau: L'ampleur de l'avance d'E.Grégoire est assez surprenante.
R.Dati était partie à un plus haut niveau. On assistait à une forme d'érosion de son capital électoral.
Elle en est réduite aujourd'hui, ce qui est de bonne guerre, à essayer de rassembler les électeurs de droite, de S.Knafo, de centre droit de P.-Y.Bournazel, et de pratiquer, ce qui est possible pour les listes qui obtiennent plus de 5 % des suffrages exprimés, une fusion des listes avec P.-Y.Bournazel.
Quand on regarde l'électorat de P.-Y.Bournazel, il est composite.
Il ne faut pas croire que parce qu'il se rallie à R.Dati, les électeurs de P.-Y.Bournazel vont avoir le doigt sur la couture du pantalon.
Il y aura de la perte en ligne. Elle peut aller vers l'abstention, voire vers E.Grégoire.
On a vu dans les propos d'E.Grégoire le 1er appel. - P.Cohen: Il y a déjà eu de la perte au 1er tour.
Les Parisiens ont voté 2 fois, pour les arrondissements et pour la mairie centrale. Dans plusieurs arrondissements, le plus spectaculaire, c'est le 9e, où il y 10 points d'écart. Les listes d'arrondissements avec des maires qui soutenaient R.Dati ont fait des scores nettement supérieurs à R.Dati sur le nom de R.Dati. - A.-E.Lemoine: C'est quand même l'illustration parfaite du problème de la droite, cette fameuse union des droites et ce dilemme: si on se tourne trop vers la droite dure, on perd le centre. - P.Perrineau: C'est tenir les 2 bouts de la chaîne.
C'est compliqué, voire impossible. On a affaire à des tempéraments électoraux extrêmement différents. Les électeurs de P.-Y.Bournazel, centristes, qui partagent certaines valeurs avec les électeurs de gauche, sont très différents des électeurs de madame Knafo, sur une position beaucoup plus radicale, qui demandent des réformes ultraconservatrices.
C'est très difficile, derrière R.Dati, de rassembler ce monde hétéroclite. La gauche n'est pas à l'abri, dans certaines villes, on le verra, quant à tenir les 2 bouts de la chaîne. - A.-E.Lemoine: La gauche rassemblée à Toulouse et à Lyon. - L.Amar: Alliance ce matin à Toulouse.
F.Piquemal est arrivé 2e. A 10h, ils annoncent la fusion de leur liste. - Les conditions de la victoire sont sur la table pour toutes les Toulousaines et tous les Toulousains. - F.Briançon: On revient en campagne unis et déterminés avec la volonté de gagner dimanche prochain. - L.Amar: LFI annonce que des alliances sont bouclées ou proches de l'être dans la moitié des villes de plus de 100 000 habitants, parfois avec des socialistes.
C'est le cas à Limoges, Avignon ou Clermont-Ferrand. Il y a aussi ailleurs avec des Ecologistes. Comme à Lyon, où G.Doucet est arrivé en tête devant l'ancien président de l'OL, J.-M.Aulas. - G.Doucet: Le projet réactionnaire du siècle dernier porté par mon opposant, les Lyonnais n'en veulent pas.
A nous de faire en sorte que Lyon aille de l'avant. - L.Amar: A Toulouse et à Lyon, les candidats de droite feront face à l'union de gauche.
Pour la contrer, ils ont déjà un élément de langage. - C'est une honte politique et morale. Une alliance de la honte.
Le parti socialiste s'est soumis aux insoumis. - J.-M.Aulas: Une alliance de la honte.
L'accord de la honte est en train de se mettre en place. Je ne pense pas que les Lyonnais aient envie que Lyon soit à l'extrême gauche. - P.Cohen: Est-ce que c'est un saut dans l'inconnu, ces accords?
Est-ce qu'ils vont avoir un effet sur l'électorat? On a vu dans des sondages d'avant l'élection que les sympathisants socialistes étaient en majorité hostiles à un accord avec les insoumis. - P.Perrineau: Il y a une grande inconnue.
A peu près 1 électeur socialiste consulté hier sur 2 disait qu'il n'était pas d'accord avec l'alliance du PS avec LFI. Il y aura de la perte en ligne. Depuis des mois, des semaines, l'affrontement entre LFI et le PS est une réalité quotidienne.
Certains électeurs sont passés presque à une idée de front républicain contre LFI. On a parlé, pendant des décennies, du front républicain contre le RN. On appelait les électeurs de la droite classique et du centre à se mobiliser contre le RN.
Là, apparaît un front républicain contre LFI, considérée comme en dehors des véritables traditions républicaines. Ca peut marcher auprès d'une partie de l'électorat de la gauche modérée. Cet électorat est lassé des saillies de J.-L.Mélenchon, du comportement de beaucoup de députés LFI.
Cela peut se traduire dans les urnes. Réponse dimanche prochain. Ce n'est pas écrit, mais je crois qu'il y aura de la perte en ligne.
Il faut avoir conscience que J.-L.Mélenchon est devenu, aux yeux des Français, l'ennemi public numéro 1.
C'est l'homme politique le plus rejeté en France. Il l'est plus que J.Bardella, M.Le Pen ou d'autres hommes politiques.
Beaucoup plus. Ce n'est pas simple d'intégrer des éléments de LFI. Quel sera l'avis de ses conseillers municipaux?
Si les conseillers municipaux LFI ont le même type de pratiques politiques que les députés LFI à l'Assemblée, les conseils municipaux vont être chauds. - A.-E.Lemoine: Et il y a le cas de Nice, avec ce combat entre 2 hommes. - L.Amar: Ils ont partagé 20 ans de vie politique, ont fait des discours dans les mêmes meetings, leurs familles se connaissent.
Les 2 hommes se retrouvent chaque dimanche matin dans la même église, mais le compagnonnage avéré entre E.Ciotti et C.Estrosi...
C'est le 1er qui est sorti en position de force. - E.Ciotti: J'appelle les Niçois à faire barrage à monsieur Estrosi.
Ils ont besoin de se libérer de son emprise. Ils ont vu les impôts, le déficit de proximité. - L.Amar: 43 % des voix.
E.Ciotti allié au RN avec son parti l'UDR. Le RN a fait le plein dans le Sud-Est, à Menton, Cagnes-sur-Mer ou Toulon.
A Nice, C.Estrosi répond à un appel au barrage par un appel au barrage. - C.Estrosi: J'appelle très clairement à un barrage contre le RN, à la responsabilité républicaine. - L.Amar: C.Estrosi appelle la candidate écologiste arrivée 3e à se retirer pour faire front face à E.Ciotti.
Sa réponse: "Retire-toi toi-même." - Si C.Estrosi est républicain, nous lui demandons solennellement de se retirer immédiatement de la vie politique. - L.Amar: "De la vie politique.
Retire-toi loin!" - A.-E.Lemoine: C.Estrosi paye son ralliement aux macronistes. - P.Perrineau: Ce n'est pas le seul, mais il a eu un itinéraire politique sinueux.
Il vient de la droite républicaine, l'UMP, et il a évolué vers le macronisme. On sait aujourd'hui que le macronisme est extrêmement impopulaire. Ces municipales ont confirmé l'impopularité des hommes et des femmes qui se réclament d'E.Macron.
Il paie certainement, dans une ville de droite...
C'est la ville de Médecin, jadis...
C'est une ville qui a un tempérament de droite, dans laquelle l'ultradroite est une réalité dans la vie culturelle et intellectuelle de la commune. P.Vardon, un membre du RN, formulait une sorte d'autonomie niçoise.
Etre un maire étiqueté macronien dans une ville de droite, au bout d'un moment, vous payez l'addition. Il y a certainement l'usure du pouvoir. Il est là depuis longtemps.
Son ami-rival, E.Ciotti, le lui fait remarquer. Il n'y a pas simplement les problèmes que rencontre C.Estrosi.
Il y a ce qu'est E.Ciotti. Il parlait de l'emprise d'Estrosi sur les Niçois.
E.Ciotti a lui une véritable emprise sur les Alpes-Maritimes et la droite des Alpes-Maritimes. Il connaît ça sur le bout des doigts.
Il a organisé des ralliements lors de sa campagne de "gros poisson"de la vie niçoise. C'est un homme qui a activé, avec le talent qui est le sien, beaucoup de réseaux qui le mettaient dans cette position extrêmement favorable. La tâche ne sera pas facile.
C'est comme à Paris pour R.Dati. C'est un handicap important qui va bien au-delà de cela qu'on s'attendait. - P.Lescure: Le Havre...
E.Philippe, maire sortant, est arrivé largement en tête, avec un score de 43,76 %, devant J.-P.Lecoq, à 33,25 et le candidat du RN, 24,99.
Il avait conditionné la suite de sa campagne présidentielle à une réélection en mairie. Il faudra attendre dimanche prochain. On pourrait dire que son horizon s'est un peu dégagé. - P.Perrineau: Oui, et c'était pas évident.
Il y avait des sondages qui montraient que le différentiel devenait de plus en plus ténu. Il y a les cultures politiques des villes. Une ville comme Le Havre a été longtemps dirigée par des communistes et pas n'importe lesquels.
Il y a des cultures qui se maintiennent dans les villes. Le candidat de l'union de la gauche, lui-même communiste, exprimait un peu cela. Toutes les villes changent aussi.
Le Havre a changé. C'était intéressant d'écouter E.Philippe hier.
Il rendait hommage à cette ville industrielle et portuaire. Après, il rendait hommage à la ville touristique, à l'espace culturel qu'il a su créer dans une ville un peu rétive à ce genre d'initiative. Il y a une nouvelle clientèle arrivée au Havre.
Ca va peut-être permettre à E.Philippe de sauver la mise. - P.Cohen: Son échappée sur la ville portuaire m'a fait sourire.
Il aurait pu dire que Le Havre était la ville d'un ancien président de la République, R.Coty. Ca peut susciter d'autres vocations... - E.Tran Nguyen: Certains politiques se sont plaints de couacs sur ce 1er tour des municipales et d'irrégularités dans certains bureaux de vote.
A Marseille, J.-P.Tanguy a dénoncé des bureaux de vote qui n'auraient pas ouvert à l'heure ou qui auraient fermé trop tôt. "La Provence" a compilé certains incidents.
Il signale une quinzaine de bureaux de vote sur les près de 500 qui ont ouvert plutôt vers 8h30 à cause de retard d'assesseurs ou de problèmes électriques ou d'absence de poubelles pour jeter des bulletins. Ca n'est pas propre à Marseille. Une candidate LFI a signalé des ouvertures de bureaux tardives à Paris.
D'autres candidats étaient à l'origine du scandale. A Bordeaux, T.Cazenave a oublié de passer par l'isoloir.
Il est directement allé à l'urne. Les électeurs se sont plaints de couacs aussi. Certains trouvaient que les bulletins étaient trop grands pour entrer dans les enveloppes. - Je la plie, ça ne rentre pas.
Je l'ai roulé comme si je faisais un pét... - Je sors du dépouillement.
Je vous demande juste un truc. Arrêtez de plier 6 fois vos feuilles. On galère! - E.Tran Nguyen: Il vaut mieux des bulletins trop grands mais secs...
A Nice, un quart des bulletins de vote ont pris l'eau. Il y avait une pluie battante. Le camion n'était pas étanche.
Des dizaines de milliers de bulletins ont dû être remplacés. Il faut aussi savoir compter les bulletins. Il y a eu des erreurs.
A Sotteville-lès-Rouen, la joie de N.Arthaud n'a pas duré longtemps. Le candidat de Lutte ouvrière était annoncé gagnant à 65 %, mais c'était une erreur.
En réalité, c'est une liste d'union à gauche qui a obtenu ce score. Le candidat Lutte ouvrière n'a obtenu que 3,99 %. Les 2 listes ont juste été inversées.
Pour parer aux couacs, le vote électronique serait-il la solution? Certaines communes l'utilisent déjà. Apparemment, ça plaît. - C'est rapide et bien expliqué.
Ca me paraît la meilleure des solutions. - Les boîtiers sont extrêmement bruts. Il n'y a pas du tout de difficultés pour les sécuriser chez nous.
Il n'y a aucun moyen de rentrer dedans par le wi-fi ou par le réseau. - E.Tran Nguyen: On a sondé de notre côté.
Les avis divergent. Entre ceux qui pensent que ce serait plus simple et plus sécurisé...
Ca peut limiter la triche. D'autres pensent déjà aux bugs possibles de la machine, voire au piratage. - Je suis plutôt contre.
Je préfère l'idée de l'enveloppe dans l'urne. C'est une idée très rétrograde, peut-être... - Je suis plutôt pour.
J'y pensais hier quand je voyais les tas de papiers qu'on jette. Ecologiquement, c'est pas super. - Je suis contre.
J'ai pas très confiance. - Hier, j'ai trouvé qu'on était encore au XIXe siècle! - J'ai pas envie de passer au tout numérique. - Ca me fait penser au McDo quand vous devez choisir votre menu. - E.Tran Nguyen: Il y a toujours eu un problème de couacs dans les élections.
Ca fait partie du jeu? - P.Perrineau: Ca fait largement partie du jeu.
Il y en a toujours. Déjà à Marseille, pour les dernières élections, des bureaux étaient retardataires. La crise de la politique touche tout le monde.
Ca touche également les gens qu'on convoque pour être assesseurs, pour assister le président du bureau de vote, pour dépouiller...
Hier, dans mon bureau à Paris, on demandait régulièrement aux gens s'ils voulaient venir dépouiller. - E.Tran Nguyen: Donc il faut passer à l'électronique? - P.Perrineau: C'était désespérant car tout le monde répondait "non".
Les bulletins trop grands...
J'ai été confronté à ça. Quand vous avez 160 personnes sur un bulletin, il faut le plier. Les enveloppes sont normées.
Vous avez un énorme bulletin à faire rentrer dans une petite enveloppe. Vous prenez votre temps dans l'isoloir. Ca ralentit un peu le flux.
Est-ce que le vote électronique serait la solution? On le connaît déjà dans 60 à 70 communes, où ça semble marcher correctement et où il y a des machines à voter. Les Français de l'étranger l'utilisent pour les élections législatives.
Mais dès que l'élection est très importante, personnalisée, comme l'élection présidentielle, ils n'ont pas le droit d'utiliser le vote électronique. Ca pose 2 problème qu'ont bien vu les gens interviewés. Un problème de cybersécurité...
Il faut être absolument sûrs qu'il n'y aura pas d'attaque virale contre ce type de procédé. Et puis, c'est vrai que ça introduit et ça accentue l'individualisation du citoyen. Le citoyen perd l'habitude de se rendre dans les lieux de la République.
Le bureau de vote est un lieu de la République.
Christian Jacob