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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 17 janvier 2023 15 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

L'incroyable propagande de BFM & Co sur les retraites | Thomas Dietrich

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse partielle

    Le gouvernement semble peu déterminé face au bloc social contre la réforme des retraites.

  • 1:46FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous craignez du monde dans la rue, jeudi ?

  • 3:59FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous soutenez ces blocages ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Les internautes ont peur des conséquences des blocages. Que leur dites-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13InvitéChiffre
    « 20% des Français, les plus pauvres, n'étaient pas morts à 65 ans. »
  • 0:13InvitéChiffre
    « L'espérance de vie en bonne santé, c'était 63-64 ans. »
  • 4:01InvitéFait
    « Je ne suis pas pour les blocages parce que les blocages pénalisent les Français qui n'ont pas besoin d'être pénalisés. »
  • 5:37InvitéFait
    « La rue avait fait reculer Jacques Chirac et Dominique de Villepin en 2006. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Invité 213 %
  • Invité 36 %
  • Invité 46 %
  • Invité 55 %
  • Présentateur4 %
  • Invité 62 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Je pense qu'on va assister au concours l'épine de la désinformation, ça va être celui qui inventera la plus grosse fake news pour légitimer la réforme des traites, comme si c'était déjà pas assez suffisant, comme si 20% des Français, les plus pauvres, n'étaient pas morts à 65 ans, comme si l'espérance de vie en bonne santé, c'était 63-64 ans, mais finalement, tout ça, les médias s'en moquent.

0:26
Présentateur

Alors Thomas, tu as suivi l'actualité pendant le week-end et le gouvernement ne semble pas très déterminé face au bloc social qui se dessine contre sa réforme des retraites.

0:37
Invité

Je passe des super week-ends. Franchement, je m'éclate à regarder BFM, CNews, TF1, France 2. Mais c'est vrai que c'est l'heure de vérité pour le gouvernement, parce qu'après des mois, voire des années de report, puisque cette réforme des retraites aurait dû être lancée avant la crise du Covid, Emmanuel Macron lance la grande réforme qui doit le faire entrer dans l'histoire, qui doit le faire obtenir le prix Nobel de la paix, puisqu'il paraît que c'est sa nouvelle grande ambition, et j'ai nommé la réforme des retraites. Bon, d'habitude, Emmanuel Macron est sous gouvernement, en plastronne, ils sont fanfarons, ils sont assez sûrs d'eux.

On se souvient qu'Emmanuel Macron, face aux crises, a fait preuve d'un aplomb assez incroyable. On se souvient qu'il vienne me chercher à l'époque de l'affaire Benalla. Mais là, j'ai l'impression qu'il n'a pas trop envie que les Français viennent le chercher. Le gouvernement n'est pas vraiment serein-serein face à l'appel à la grève intersyndicale qui aura le 19 janvier, face à la menace de paralysie, comme ils disent, de l'ensemble du pays. Les grèves, les transports, etc., en grève, qui ne fonctionnent pas.

Et donc, on écoute le ministre du Travail, Olivier Dussopt, qui, rappelons-le, parce qu'on aime toujours bien rappeler les casseroles, a retourné sa veste, un champion du monde du retournement de sa veste, et, sous le coup, d'une enquête du Parquet national financier pour corruption. On l'écoute. Est-ce que vous craignez du monde dans la rue, jeudi ? Je pense qu'il y aura du monde dans la rue, parce qu'il y a une mobilisation qui est portée par de nombreuses organisations. C'est quoi la jauge ? C'est plus d'un million ? Je n'ai pas de boule de cristal et je ne fais pas la météo du dialogue social. Non, mais vous vous attendez à quoi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas.

Je dis juste que les organisations syndicales ont une légitimité lorsqu'elles appellent à la grève ou à la manifestation. C'est un droit que tout le monde le reconnaît. Je souhaite que ça ne se traduise pas par des blocages du pays, parce qu'il y a plein de gens qui ont besoin, qui souhaitent continuer à travailler, continuer à vivre. Et je pense qu'on peut exprimer une opposition sans bloquer le pays. Vous entendez ce que disent les syndicats. Ils disent que la violence est de votre côté. Il ne fallait pas faire la réforme, donc nous, on se défend comme on veut. Pardon, mais c'est un argument qu'on entend pour chaque réforme, à chaque moment et dans chaque circonstance.

Du Sopt n'a pas l'air très rassuré, Thomas. Alors, c'est vrai que ça a l'air de flipper sévère, comme on dit assez trivialement au gouvernement. C'est quand même la panique à la bord face au frau commun qui s'est fait avec notamment les syndicats, y compris la CFDT qui s'est tout à coup souvenu de ce que c'était le syndicalisme. Et puis l'opposition de la majorité des Français, 70%, qui s'oppose à cette réforme. Et puis évidemment, le gouvernement craint un retour d'un épisode, d'un mouvement social du type gilet jaune, surtout en cette période d'inflation galopante et de crise énergétique. Donc, du coup, on ressort les vieux marronniers, on ressort les vieux éléments de langage.

On a déjà usé plein de fois, musulmans, ça a l'air de marcher. On le refait, on vous rejoue le coup qu'on a déjà d'ailleurs fait il y a quelques mois à l'époque de la grève dans les raffineries. C'est on divise les Français. C'est l'opposition entre une petite minorité de méchants grévistes et l'immense majorité des Français qui voudraient aller travailler. Alors, bien évidemment, le gouvernement, il use de cet artifice. Mais ce qui est le plus étonnant, c'est que la soi-disant principale opposition du pays, celle qui a 89 députés à l'Assemblée nationale, j'ai dit le Rassemblement national, souvenez-vous, il y a quelques mois, on appelait à faire barrage à cet immonde parti composé néo-nazi.

Et bien finalement, le Rassemblement national, il ne fait pas trop barrage. On voit qu'il n'est pas si éloigné de la Macronie dans les éléments de langage qui sont déployés pour la réforme des retraites. On écoute Jordan Bardella. Il s'y a Jordan Bardella au-delà des manifestations des blocages. Par exemple, ce matin, la CGT Pétrole appelle à plusieurs jours de grève et si nécessaire à l'arrêt des raffineries. Est-ce que vous soutenez ces blocages ?

Je ne suis pas pour les blocages parce que les blocages pénalisent les Français qui n'ont pas besoin d'être pénalisés, d'avoir la double peine, c'est-à-dire d'être pénalisés à la fois par un contexte économique, social, qui fait que ça suscite beaucoup d'inquiétudes chez eux et que beaucoup peinent à boucler les fins de mois. Ils sont inquiets par cette réforme des retraites parce qu'ils vont devoir travailler plus longtemps. Et de l'autre, ils doivent subir des blocages lorsqu'ils utilisent leur voiture, par exemple, si c'est le cas des raffineries. Donc, je ne suis pas pour les blocages. Je pense que le droit de manifester est un droit. Certains Français iront manifester.

En revanche, je dis aux Français qui vont aller manifester, attention à ce que ces cortèges ne soient pas récupérés par des syndicats, des partis politiques. Je pense à l'intégralité de la gauche qui a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle et qui est donc comptable de complices par fourniture de moyens, aide et assistance de la mise en œuvre de cette réforme par Emmanuel Macron. Oui, c'est très facile. Donc, des nouvelles du barrage républicain qui s'est quand même un peu effondré, en tout cas, qui a du plomb dans l'ail.

Alors, je ne sais pas comment Jordan Bardellacom de faire plier le gouvernement, enfin, un gouvernement aussi dur, aussi libéral, si ce n'est en passant par la grève. Peut-être rappeler que la grève s'est utilisée depuis 5000 ans, que déjà à l'époque de Khéops, les ouvriers des pyramides se mettaient en grève pour réclamer plus de rations. On ne va pas vous faire la liste de ce qui a été gagné en France grâce à la grève, les congés payés, les augmentations du SMIC, parce que la grève, c'est justement ce qui reste à tout plein de gens quand ils n'ont plus rien. Et même, ça permet de faire reculer des réformes très libérales qui sont proposées par le gouvernement.

On se souvient de 1996, des grandes grèves de 1996, mais aussi, par exemple, du contrat de première embauche qui était une sorte de contrat qui allait permettre d'utiliser les jeunes comme des mouchoirs Kleenex. Et finalement, la rue avait fait reculer Jacques Chirac et Dominique de Villepin en 2006. Alors, gouvernement, on sait très bien que la grève, ça marche, surtout si ça dure et s'il y a un mouvement d'ampleur. Et donc, le gouvernement, il rêverait bien de revenir au 19e siècle et peut-être pas forcément de supprimer le droit de grève, qui est quand même un droit constitutionnel, faut-il le rappeler, mais peut-être de lui mettre quelques petits coups de canif.

On écoute la chef des députés macronistes, Aurore Berger. Les commentaires qu'on reçoit, on voit vraiment que les internautes commencent à avoir peur des conséquences sur leur vie quotidienne, de ces blocages et de ces manifestations. Est-ce que vous leur dites, tout simplement, mais préparez-vous, ça va arriver. Et voilà, ce n'est qu'une façon de la part des syndicats de montrer les muscles et il faut s'y faire. Il y a un droit de grève qui existe dans notre pays. On n'est pas là pour, encore une fois, empêcher ce droit de grève. C'est évidemment pas notre objet. Par contre, on a un service minimum qui existe dans les transports et qui doit être exercé à la RATP et à la SNCF.

On a un service minimum d'accueil à l'école. Et je demande aux collectivités d'être particulièrement mobilisées pour permettre, encore une fois, d'accueillir les enfants parce qu'il y a un certain nombre de parents qui n'auront pas la possibilité, encore une fois, d'avoir une alternative pour les faire garder s'ils souhaitent aller travailler. Donc je crois que c'est une mobilisation collective, de solidarité qui doit pouvoir exister. Encore une fois, il y a un droit de grève qui existe dans notre pays. Ce droit de grève n'est pas un droit de blocage, n'est pas le droit d'entraver les Français qui veulent aller travailler.

Et heureusement, le législateur a bien fait les choses parfois et notamment sur les services minimums qui existent dans les transports et à l'école.

7:01
Présentateur

Heureusement, Thomas, le gouvernement peut compter sur un allié de poids.

7:04
Invité

Ah oui, pour relayer ces éléments de langage, ils peuvent compter sur le fameux système médiatique, les fameux médias des milliardaires. Alors je vais faire mon quart d'heure culture, j'aime bien ça. Victor Hugo disait un truc très intéressant. La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde après le pape, le papier. Je suis tenté de dire qu'après le papier, la télé aujourd'hui, c'est vrai que les télés jouent un grand rôle et notamment en cette période de grève, on ressort toujours les mêmes marronniers, les mêmes éléments de langage.

Alors pendant la grève des raffineurs, on avait montré sur le plateau du média comment les JT de TF1, de France 2, couvraient la grève, justement alimentaient l'opposition entre la minorité de méchants grévistes et la majorité de Français pénalisés, bloqués par ces grèves. Eh bien, sur les chaînes d'infos, c'est encore pire parce que ce week-end, il y en avait une qui était particulièrement en forme, c'était la chaîne de Patrick Drahi, le propriétaire de SFR, BFM TV, qui a fait du grand, grand, grand journaliste. On écoute ce moment parce que ça vaut au moins le prix à Albert Londres. Oui, la SNCF s'est joint au mouvement de grève nationale prévu jeudi prochain.

Des perturbations sont attendues dans les transports. Et le problème, c'est que ça pourrait bien durer si les syndicats du ferroviaire décident de reconduire la grève. D'autant plus que les vacances scolaires de février arrivent à grands pas. Ici à La Rochelle, on est en zone A. Les vacances, elles vont commencer le 4 février. Et vous voyez, ce matin, je me trouve dans une boulangerie qui est extrêmement bien située entre le port et la vieille ville. Et ce que vous me disiez, Philippe, c'est que ça avait déjà été très compliqué pendant les vacances de Noël la première semaine. Tout à fait, oui. La première semaine de Noël des vacances a été plus calme que les autres années.

Nous, on a le recul, ça fait 10 ans qu'on est là. Et c'est vrai qu'on a ressenti quand même un manque de touristes. Et ça a été général parce qu'on en discutait avec les collègues et c'était partout pareil. Les commerçants me disaient, première semaine de Noël, pas beaucoup de gens, il n'y avait pas foule dans les rues ? Il n'y avait pas foule dans les rues, non, non, tout à fait. Même dans les grandes zones commerciales, ce n'était pas la foule, voilà. C'est quoi, c'est parce qu'il y a beaucoup de Parisiens qui viennent pendant les vacances ? Traditionnellement, La Rochelle est reconnue pour être la grande banlieue de Paris quand même. Donc on a énormément de Parisiens.

Et c'est vrai que quand il y a des grèves ou de trains ou éventuellement une pénurie d'essence, ça freine les gens à venir nous voir, forcément. C'est quoi, vous vous appréhendez pour les vacances qui arrivent le 4, qu'il y ait moins de monde, un petit coup au chiffre d'affaires aussi ? Forcément, par déduction, s'il y a moins de monde, on a moins de flux et moins de flux, moins de chiffres. Donc nous, le problème, c'est qu'on recrute toujours en période de vacances du personnel. Et là, on se pose la question, est-ce qu'on va recruter ou pas ? Alors toi, bien sûr, tu savais que La Rochelle était la grande banlieue de Paris. Donc j'imagine le mec qui travaille...

9:35
Présentateur

Il faut avoir une vision politique de la géographie.

9:38
Invité

C'est vrai, du son large et tout ça. C'est vrai que le mec qui gagne le SMIC à Paris, qui déjà dépense les deux tiers de son salaire dans le loyer qui va faire face à l'augmentation des prix, il va tous les week-ends acheter sa baguette à La Rochelle. Et c'est quand même assez savoureux, c'est le cas de le dire, on parle de boulangerie, de choisir pour un boulanger que le problème principal, c'est pas l'augmentation des prix de l'énergie, c'est pas l'incapacité du gouvernement à aider les entreprises à faire face à cette même augmentation de l'énergie. Non, le problème, c'est que quelques bobos parisiens, à cause des méchants grévistes, ne vont plus pouvoir aller à La Rochelle

10:11
Présentateur

acheter leur croissant au beurre. Heureusement, BFM a décidé d'aider cette infortunée boulangerie. On regarde.

10:19
Invité

Merci beaucoup, Philippe. Alors, je vais vous faire une confidence. J'aime toujours commencer ma matinée directe dans une boulangerie parce qu'en général, j'essaye de gratter un petit déjeuner. Est-ce que vous me l'offrez ce matin ? Bien sûr, avec un petit croissant tout chaud. Voilà, c'est pour ça que j'adore les boulangeries. Alors, c'est quand même assez extraordinaire, c'est-à-dire que le boulanger, visiblement, est dans une situation financière difficile et BFM a décidé de l'aider en lui grattant un petit déjeuner. Bon, blague à part, BFM, franchement, la chaîne de Draiz était dans une forme olympique.

Dans ce anédito, le journaliste Daniel Schiederman, c'est comme moi, tapé les meilleurs moments de BFM ce week-end. Donc, il était visiblement un peu maso. Et il a dénoncé que BFM était allé encore plus loin que les autres médias. Parce que d'habitude, on dénonce les blocages quand ils ont lieu. C'est-à-dire, voilà, on fait des reportages en disant, bah, tel chef d'entreprise, telle personne qui va au travail est impacté par la grève. Ben là, non. On fait du bloc, on dénonce le blocage par anticipation comme si finalement, le seul but, c'était de décourager les Français de faire grève et de dresser encore un peu plus ceux qui sont déjà contre la grève, voilà, de faire face à ce gréviste.

Et donc, tout le week-end, BFM a tapé sur les futurs grévistes, sauf que des fois, à un moment, ça distordait un peu la réalité. Je pensais qu'ils sont partagés quand même, Thomas. Alors, une majorité contre cette réforme, mais ce n'est pas non plus un écart colossal. Quand même, on sent que les syndicats ont clairement l'opinion publique avec eux dès le départ. Bon, ça ne marche pas toujours, mais alors, quand BFM, ils n'ont plus rien trouvé, quand ils étaient complètement désespérés, parce qu'il y a quand même les faits qui sont là, c'est-à-dire, je rappelais tout à l'heure qu'il y avait 70% des Français qui étaient contre la réforme des retraites.

Encore, les personnes qui sont pour la réforme des retraites, elles sont déjà à la retraite, donc ça ne les concernera pas. Ben, BFM, qu'est-ce qu'il leur reste à faire ? Ils sont partis à l'étranger, ils ne sont pas allés comparer avec le système allemand ou suisse. Non, non, ils ont vu vraiment très large, toujours ce rapport un peu particulier à la géographie, et ils sont allés faire une comparaison avec le système de retraite au Japon, sauf que là encore, il y avait un rapport un peu particulier avec la réalité, et d'ailleurs, on remercie nos amis de Caisse de grève pour ce démoncage assez savoureux. On regarde.

Au Japon, ce sont les salariés qui demandent à ne pas partir à la retraite, et certains travaillent jusqu'à plus de 70 ans. C'est le plus grand centre pénitentiaire pour hommes du Japon. Ici, plus de 2000 détenus, et de plus en plus de cheveux gris ou blancs. Pourtant, on peut partir à la retraite à 60 ans, actuellement, au Japon. Beaucoup de détenus pensent que c'est mieux d'être ici qu'à l'extérieur. Ici, il n'y a pas de problème d'argent, et on est sûr de manger trois fois par jour. Les Japonais travaillent beaucoup plus longtemps. Le Japon détient même le record de taux d'emploi des seniors, selon l'OCDE. Le phénomène est récent. De plus en plus de seniors deviennent délinquants.

Cela prit la main dans le sac. Difficile à croire, mais c'est parfois le but recherché. Certains Japonais âgés cherchent à se faire incarcérer. Pour eux, la prison est un refus. Pas loin de la moitié des Japonais entre 65 et 70 ans ont encore un emploi. Face à la solitude, face aussi à la paupérisation, les femmes seraient plus nombreuses que les hommes à chercher à se faire emprisonner, plus touchées après le décès de leur mari par la précarité. Un tiers des 70-74 ans, et tenez-vous bien, 10% des plus de 75 ans.

Ces délinquantes et délinquants aux cheveux gris sont en train de transformer les prisons nippones en maisons de retraite et obliger les autorités à s'adapter en recrutant aujourd'hui plus d'aides soignantes que de gardiens.

13:43
Présentateur

Après avoir vu ça, Thomas, on imagine le festival auquel vont se livrer les grands médias dans les prochains jours. Bonne chance pour la semaine parce que je pense

13:51
Invité

qu'on va assister au concours l'épine de la désinformation. Ça va être celui qui inventera la plus grosse fake news pour légitimer la réforme des traites comme si c'était déjà pas assez suffisant, comme si 20% des Français, les plus pauvres, n'étaient pas morts à 65 ans, comme si l'espérance de vie en bonne santé c'était 63-64 ans. Mais finalement, tout ça, les médias s'en moquent comme le fait que notre système de retraite n'est pas en danger et qu'il y a quand même du fric à prendre ailleurs sur les plus grosses fortunes par exemple, sur les entreprises qui profitent de la crise.

Mais bon, visiblement, ce n'est pas le parti pris de BFM TV et puis des autres médias parce qu'ils ne sont pas tout seuls dans la barque. Et donc, ce parti pris permanent, ce qui est vraiment inquiétant dans cette histoire, c'est le parti pris permanent de ces grandes chaînes aux mains des milliardaires. Ça montre à quel point notre système médiatique qui s'abrite pourtant derrière les oripos d'objectivité et d'impartialité est malade et profondément malade. Et je vais finir sur une citation, c'était un grand économiste appelé Alfred Sauvi qui disait « La liberté de presse est entière ». Si, si, c'est vrai, mais il suffit d'avoir les milliards nécessaires et c'est toujours vrai en 2023.