Taxes sur le tabac : "Chaque centime ajouté au prix du paquet est un cadeau aux trafiquants", alertent les buralistes
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Pourquoi vous voulez absolument continuer à vendre du tabac ?
- 1:04OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il ne faut pas plutôt punir plus sévèrement les trafiquants et les vendeurs à la sauvette ?
- 2:31FerméeRéponse directe
Vous réclamez seulement deux mesures : gel de la fiscalité et fin de l'indexation sur l'inflation ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Pourquoi c'est en lien avec l'encadrement de la légalité et de la vente aux mineurs ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Pour vous, en tant que commerçant, c'est encore essentiel aujourd'hui de vendre du tabac pour survivre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37InvitéChiffre
« On est à peu près de l'ordre de 20% selon la dernière étude cofinancée par la Direction Générale des Douanes »
- 1:47InvitéChiffre
« et à peu près de l'ordre de plus de 50% par rapport à une dernière étude de KPMG de cet été sur un ramasse-paquet. »
- 3:04InvitéChiffre
« on était de l'ordre d'à peu près 14,4 milliards d'euros de droits d'assises en 2020. »
- 3:13InvitéFait
« chaque euro, chaque centime rajouté au prix du paquet, c'est un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux. »
- 4:02InvitéChiffre
« On a actuellement un modèle qui est basé à 60% sur la vente du tabac. »
- 4:42InvitéChiffre
« On est de l'ordre d'à peu près 700 millions de baisses de fiscalité par an. »
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7h44, une semaine de mobilisation commence chez les buralistes, excédés par l'augmentation des taxes sur le tabac.
Ils
réclament un statu quo fiscal pour sauver leur profession. On en parle, Valentine Lottesse, avec l'invité d'ici matin. Bonjour Xavier Dupont.
Bonjour.
Trésorier général de la Confédération des buralistes, pourquoi vous voulez absolument continuer à vendre du tabac
?
Eh bien écoutez, nous mobilisons cette semaine dans 6 villes de France
pour
dénoncer un ras-le-bol fiscal.
Oui, mais pourquoi
vendre du tabac
? Eh
bien de toute façon,
c
'est un produit dont nous ne négligeons pas la dangerosité, mais c'est un produit justement qui demande d'être encadré.
Nous
ne demandons pas un privilège, nous demandons uniquement un droit,
le
droit d'opérer notre monopole, la distribution du tabac dans un cadre sécurisé
qui
permet de vendre aux majeurs adultes
et
justement de protéger toute une population, notamment mineure, et de distribuer un produit contrôlé
en
toute sécurité.
Vous dénoncez, sans le dire, mais le trafic de cigarettes qui prend de l'ampleur, on le sait, depuis des années. Est-ce qu'il ne faut pas plutôt punir plus sévèrement les trafiquants et les vendeurs à la sauvette
?
On a été déçus par le projet de loi Riposte, dont le Conseil d'État a supprimé quelques lignes permettant de renforcer la sécurisation du monopole. On fait face aujourd'hui à un trafic qui est grandissant.
On
est à peu près de l'ordre de 20% selon la dernière étude cofinancée par la Direction Générale des Douanes et à peu près de l'ordre de plus de 50% par rapport à une dernière étude de KPMG de cet été sur un ramasse-paquet. Moi, ce que je souhaite dire, c'est que ce week-end, dimanche, j'ai servi mes clients en terrasse à Saint-Lô dans la Manche dans mon bar tabac et je peux voir et je peux observer que même dans nos territoires, on a plus d'un paquet sur deux sur les terrasses qui est de couleur et c'est vraiment frustrant de voir tous
ces collègues. C
'est-à-dire sans la petite étiquette qui montre à chaque fois que le tabac nuit dangereusement à la santé ?
Exactement, sans le paquet neutre, sans la mention sanitaire, sans les taxes associées aux produits. Et sans le contrôle sur la qualité et notamment la composition du produit en lui-même, oui, tout à fait.
Mais aujourd'hui, vous réclamez seulement deux mesures, en fait, avec votre confédération. Vous réclamez le gel de la fiscalité sur le tabac et la fin de l'indexation du paquet de cigarettes sur l'inflaction. En clair, plus d'augmentation du tout sur le paquet de cigarettes.
Tout à fait. Pourquoi
c'est en lien avec l'encadrement de la légalité et de la vente aux mineurs
? En
fait, je n'aurais pas eu le même discours il y a quelques années pour être totalement franc. On est vraiment arrivé à un point de bascule où le prix du tabac, et on peut le voir, on était de l'ordre d'à peu près 14,4 milliards d'euros de droits d'assises en 2020. C'est des montants qui s'érotent chaque année. On voit les trafics augmenter.
Et
en fait, chaque euro, chaque centime rajouté au prix du paquet, c'est un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux. Et on peut vraiment voir que c'est contre-productif sur le terrain, pour la sécurité,
pour
les finances publiques, et également pour tout ce qui est vie du buraliste et modèle économique.
Et
pour vous, en tant que commerçant, c'est encore essentiel aujourd'hui de vendre du tabac pour survivre ?
Actuellement, les buralistes sont en pleine transformation depuis quelques années, accompagnés par l'État. On développe de nombreux services, les jeux, le paiement des créances publiques, la presse, etc. On a également un relais de croissance avec le changement des usages de la consommation de nicotine vers des produits dits à risque réduit. Mais ce qui est vraiment
important de
savoir... La cigarette électronique. Bien sûr, et ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a actuellement un modèle qui est basé à 60% sur la vente du tabac. Ce qu'on demande, ce n'est pas de pérenniser la vente de tabac. Je ne dis pas que c'est un problème au niveau de la dangerosité du produit. Ce que je dis, c'est qu'en fait, lorsque l'on augmente le prix du tabac, on favorise la vente
d
'un produit qui est largement disponible, non seulement au bouche de métro, sur Paris, mais également sur le parking, juste devant mon établissement, dans la Manche. Donc en fait, quand je ne vends pas un paquet chez moi, il est vendu devant mon établissement. Et là, du coup, comme je le disais tout à l'heure, on n'a aucune sécurité au niveau de la distribution de ce produit. Et donc, pas de taxes pour l'État. On est de l'ordre d'à peu près 700 millions de baisses de fiscalité par an. Et clairement, là, ce qu'on veut dire au travers de ces six manifestations dans les territoires, c'est que ce n
'est
pas un problème parisien, en fait. C'est un problème qui s'observe sur tout le territoire et qu'on souhaite mobiliser pour alerter les pouvoirs publics sur les territoires. Donc on sera aujourd'hui à Muray et à Redon. Donc vous allez voir plusieurs centaines de commerçants sur chacun de ces événements. Et chaque personne que vous allez voir sur ces images, ce n
'est
pas anodin, en fait. C'est un commerçant qui a baissé son rideau, qui veut alerter l'État sur les problèmes de sécurité qu'il observe devant son établissement. Et c'est pour ça qu'il y aura des témoignages de buralistes locaux qui pourront s'exprimer et alerter le gouvernement. Ce qu'on veut, c'est des prises de position fermes et un blocage du prix du tabac
pour
aussi bien pour la santé publique que pour conserver notre modèle ou pour les finances publiques.
Merci beaucoup, Xavier Dupont, trésorier général de la Confédération des buralistes. J'ajoute qu'en point d'orgue, un grand rassemblement est prévu à Vernon,
vendredi
Vernon dans l'heure. Merci beaucoup d'avoir été l'invité en direct d'ici matin. Merci à vous,
bonne journée.