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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 avril 2020 25 min

Pratique sportive limitée à Paris, décès dans les Ehpad et parmi les agents de la Ville : le "8h30 franceinfo" d’Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour, bienvenue sur France Info. Je ne sais pas si vous avez entendu il y a quelques instants le témoignage de cette réanimatrice de l'hôpital Bichat, qui est également membre du conseil scientifique, qui nous disait les parisiens qu'on a vus dans la rue le week-end dernier, ils seront peut-être sur un lit d'hôpital dans quelques jours.

0:22
Anne Hidalgo

D'abord, je veux remercier toutes celles et ceux qui vraiment respectent le confinement parce que c'est très difficile, c'est très très dur. Vous savez, souvent à Paris, les gens habitent dans des petits appartements s'ils n'ont pas la possibilité d'avoir un balcon ou de sortir sans aller dans la rue. C'est très très compliqué, donc je veux remercier ces milliers de Parisiens qui, depuis trois semaines quasiment, sont très respectueux des règles du confinement.

Mais c'est vrai qu'on a vu beaucoup beaucoup de monde dans les rues, beaucoup trop de monde dans les rues et que c'est extrêmement dangereux, qu'il faut absolument que chacune et chacun comprenne qu'on se protège et on protège les autres en restant chez soi. Et le rôle de la ville, d'une mairie comme la nôtre, c'est d'accompagner les Parisiens, de les accompagner dans cette épreuve parce que c'est quand même une épreuve terrible.

Vous avez des enfants qui ne sont pas sortis depuis trois semaines de chez eux et quand vous êtes dans un tout petit appartement avec plusieurs enfants et parfois même des personnes qui elles-mêmes sont malades du coronavirus, ce sont quand même des situations extrêmement compliquées.

Donc les accompagner, faire en sorte qu'ils puissent avoir une vie qui soit plus facile et apaisée dans ces circonstances exceptionnelles, ça c'est le rôle de notre ville, de nos agences que nous essayons de faire en accompagnant par des tas de programmes les enfants chez eux, en proposant beaucoup d'activités culturelles évidemment à distance, en prodiguant aussi des conseils, en faisant appel à la solidarité, vous en avez parlé dans votre reportage précédemment sur l'étude Odoxa.

C'est vrai que très vite j'ai écrit à l'ensemble des gardiens et gardiennes d'immeubles de Paris, à la fois ceux qui travaillent dans le parc social mais aussi dans le parc privé, parce qu'ils ont un rôle déterminant, c'est des points d'appui dans nos quartiers, dans chaque immeuble pour déceler des situations qui seraient des situations d'isolement et mettre en lien avec la ville, puisqu'on a une plateforme, le 3975, je le dis à tous les parisiens, qui fonctionne y compris le week-end depuis cette crise du coronavirus et qui répond absolument à toutes les questions.

Il y a aussi beaucoup de gens, vous savez c'est une population très hétérogène à Paris, on a aussi une population par exemple de familles monoparentales, de parents solos, de mamans solos souvent.

3:06
Présentateur

Qui vivent cette situation avec beaucoup de difficultés.

3:07
Anne Hidalgo

Avec beaucoup de difficultés, notamment quand il y a des ados à la maison, aussi toute une série de familles qui ont des difficultés financières, donc on a mis en place, en prenant appui, vous savez, on a dans nos écoles des tarifs de cantine scolaire qui démarrent à 13 centimes, et donc en partant de toutes ces familles qui sont sur ces tarifs très sociaux, nous avons déclenché aussi des systèmes d'aide financière pour permettre à ces personnes, à ces parents, à ces familles de pouvoir s'alimenter correctement. Et on va en reparler à Nidalgo. Si vous n'y arrivez pas à 13 centimes, vous n'y arrivez pas chez vous, donc évidemment qu'il faut accompagner tout cela.

3:56
Présentateur

Je voudrais revenir à Nidalgo, si vous le permettez, sur le confinement. Après tout ce que vous venez de rappeler, la difficulté pour certains de rester dans 40 ou 50 mètres carrés avec des enfants toute la journée, est-ce qu'il vous semble tout de même qu'il faudrait aujourd'hui limiter davantage certains déplacements ? Je pense par exemple à la pratique sportive.

4:15
Anne Hidalgo

Oui, je pense que c'est très dur à dire parce qu'en plus on sait très bien qu'on en a besoin. Ça ne veut pas dire l'interdire, mais peut-être la concentrer sur des horaires qui sont des horaires où on trouvera moins de monde dans la rue. Parce que c'est vrai qu'en journée, vous avez les gens qui vont faire leurs courses et c'est normal parce qu'il faut aussi s'alimenter. Vous avez des personnes qui vont travailler évidemment et peut-être on est en train d'y travailler sur des horaires qui permettraient aux joggeurs de courir plus tôt le matin et plus tard le soir. Pour éviter que ces personnes ne croisent les autres ?

Pour éviter qu'on ne croise les autres, pour éviter qu'il y ait ce mouvement, parce que moi je rejoins et je soutiens pleinement ce que disait cette médecin de Bichat. Il faut absolument, absolument qu'on fasse en sorte que le confinement fonctionne parce que c'est ce qui permet, ce qui a permis sans doute d'éviter des recours à l'hôpital et en réa que de pouvoir faire ce confinement sérieusement.

5:23
Présentateur

Pour être clair, Anne Hidalgo, il vous semble souhaitable qu'on arrête de pouvoir, qu'on ne puisse plus courir par exemple en journée à Paris et qu'on réserve donc certains créneaux.

5:30
Anne Hidalgo

Entre 10h et 19h, voilà, que ces créneaux-là ne soient pas des créneaux pendant lesquels on puisse courir. Il y a des endroits où il y a des fils continu de gens qui courent, ce qui est très bien pour la santé et vraiment... Et un peu moins pour le confinement parfois. Mais un peu moins pour le confinement et qui présente quand même un certain nombre de risques. Donc il faut qu'on accompagne nos soignants, vraiment qu'on soit à leur côté et qu'on soit actifs à leur côté. Et en fait, être actifs à leur côté, c'est vraiment accepter. C'est très très dur, je le redis. Et je sais combien c'est difficile pour beaucoup de Parisiens et de Parisiennes.

Mais d'accepter quand même ce confinement parce qu'il en va de notre santé. Et on est quand même loin de sortir de cette crise. Elle va durer encore.

6:18
Présentateur

Le pic épidémique n'est pas encore passé, dit ce matin le ministre de la Santé Olivier Véran. Anne Hidalgo, restez avec nous si vous le permettez. On a encore énormément de questions à vous poser sur le port du masque notamment. Puisque vous savez que votre collègue de Nice, Christian Estrosi, demande qu'il soit désormais obligatoire. Dans quelques jours pour tous les habitants de sa ville. On s'interrompt quelques instants pour le Fil Info à 8h40 avec Lauriane Delannoy.

6:40
Invité

200 000 volontaires inscrits en deux semaines pour travailler dans les champs. Ils répondent à l'appel du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, pour compenser l'absence des saisonniers. Les Français sortent en moyenne deux, trois fois par semaine en cette période de confinement. Résultat du quatrième volet de la voie des territoires. Un sondage Odoxa-CGI pour France Info et France Bleu. À Paris, la maire envisage de limiter les horaires de sortie pour le sport le matin et le soir par exemple. Anne Hidalgo le dit à l'instant sur France Info. Il faut éviter que les gens se croisent. Une hausse du nombre de patients en réanimation en France hier par rapport à avant-hier.

7000 malades dans un état grave en tout. Cette hausse ralentit une petite respiration selon Lila Boitemar, membre du conseil scientifique et réanimatrice à Paris. Sur France Info, elle dit redouter un nouvel afflux de patients. Emmanuel Macron adresse tout son soutien à Boris Johnson, malade du Covid-19. Le chef du gouvernement britannique hospitalisé en soins intensifs depuis hier soir à Londres. France Info et tout est plus clair.

7:45
Présentateur

Toujours avec la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo et Jean-Jérôme Bertolus.

7:48
Auditeur

Anne Hidalgo, faut-il rendre le port du masque obligatoire dans la rue comme cela va être le cas dans un certain nombre de villes de France ?

7:55
Anne Hidalgo

Je pense qu'il faut bien sûr aller dans ce sens-là. D'abord, vous savez, sur le port du masque, j'ai toujours considéré depuis le début de cette épidémie qu'il était absolument indispensable. Paris, parce que nous avions beaucoup travaillé sur des scénarios de crise, y compris de pandémie, nous avions continué à acheter des masques, à avoir des stocks et ne pas détruire les stocks précédents. Ce qui nous a permis quand même au début de l'épidémie de donner 2,5 millions de masques aux hôpitaux de la PHP dès le 16 mars et 500 000 masques pour les médecins libéraux et les infirmières libérales parisiennes.

Et d'équiper aussi tous nos agents, moi j'ai pris vraiment cette décision immédiatement, alors que ce n'était pas la doctrine à l'époque, de donner ces protections individuelles à tous les agents du service public parisien qui opèrent. Je pense aux éboueurs, je pense évidemment à tous ceux qui s'occupent des SDF, des publics fragiles, et ainsi de les équiper pour éviter qu'ils ne soient eux-mêmes mis en danger dans l'exercice de leur mission.

9:10
Présentateur

Vous recommandez aujourd'hui à Nidalgo, aux parisiens qui nous écoutent et au-delà évidemment à tous les auditeurs de France Info, de porter un masque désormais lorsqu'ils descendent dans la rue ?

9:18
Anne Hidalgo

Je pense, comme le disent beaucoup de médecins depuis longtemps d'ailleurs, il faut que chacun puisse avoir une protection et n'importe quel type de foulard ou de masque est mieux que rien. Alors il y a beaucoup, beaucoup d'initiatives qui sont lancées, on en a lancé une notamment à Paris avec un réseau d'une trentaine de petites entreprises de l'économie sociale et solidaire pour fabriquer 2 millions de masques réutilisables en tissu fabriqués à Paris qui seront offerts aux parisiennes et aux parisiens. Donc cette initiative est lancée. A partir de quand ? Alors on est en train de lancer la fabrication, donc il faudra bien sûr quelques jours pour pouvoir le développer.

Et puis on diffuse aussi de façon très directe toutes les possibilités de fabrication qui existent. Les Français et les Parisiens sont très créatifs et on voit un certain nombre d'initiatives sur les réseaux sociaux pour fabriquer son masque soi-même pour pouvoir sortir avec cette protection. Il est clair qu'une protection sur le visage, c'est beaucoup mieux que rien. On le sait aujourd'hui et il faut qu'on apprenne et je pense qu'on apprenne durablement à vivre avec ces protections-là et aussi avec les gestes qui sont les gestes barrières et aussi les gestes par exemple visant à se nettoyer les mains.

On est en train de travailler aussi, vous savez qu'il y a un pharmacien parisien, Fabien Bruneau, qui a lancé une production de gel hydroalcoolique en plein Paris. On a pu fermer une rue du 6e arrondissement et on regarde comment agrandir, l'aider à agrandir cette production-là. Et cette production de gel hydroalcoolique pour nous elle est très importante aussi et on est en train de travailler à l'idée d'avoir partout à des endroits qui sont des endroits, par exemple les entrées de métro, les stations de bus, d'avoir aussi de quoi pouvoir se nettoyer les mains et ainsi...

11:33
Présentateur

Ça c'est la mairie qui pourrait le faire, Anne Hidalgo, déposer des gels hydroalcooliques un peu partout aux arrêts de bus, aux entrées du métro. Ça c'est vous qui allez faire comme on trouve des fontaines aujourd'hui dans la plupart des grandes villes finalement.

11:44
Anne Hidalgo

En fait, vous savez, au 19e siècle, il y a eu tout un travail d'hygiénistes qui ont vu créer les pissotières, comme on les a appelées, publiques, c'est-à-dire par exemple tout ce qui avait trait à cette hygiène-là sur l'espace public. Je pense que là, aujourd'hui, il faut qu'on s'inscrive de façon durable dans des gestes et dans des mobiliers urbains, ça s'appelle comme ça, dans notre jargon de gestionnaires municipaux, qui permettent de trouver ces gels hydroalcooliques.

12:23
Présentateur

Quasiment à chaque coin de rue.

12:25
Anne Hidalgo

Voilà, on est en train d'y travailler, bien sûr ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On a la chance d'avoir à Paris un tissu d'entrepreneurs, un tissu de l'économie sociale et solidaire, mais aussi d'entrepreneurs plus classiques, mais aussi de start-up qui sont toutes très mobilisées. Vous savez, on est en train de produire des visières aussi au sein d'un lieu qui s'appelle le Fab City Grand Paris.

12:53
Auditeur

Anne Hidalgo, vous parlez effectivement du gel hydroalcoolique, des visières, des masques. Est-ce que vous voulez également un dépistage massif, à commencer par tous les EHPAD parisiens, publics et privés ?

13:06
Anne Hidalgo

Bien sûr. Ça, vous savez, c'est très clair. J'ai adressé hier un courrier au Premier ministre avec une série de propositions sur une meilleure gestion du confinement. Si on veut parler de déconfinement, ce qui est beaucoup trop tôt, on n'est vraiment pas dans une situation qui permette d'utiliser ce mot, il faut mieux gérer le confinement. Pour que le confinement serve à quelque chose, il faut un dépistage massif. Et ce dépistage massif, bien sûr qu'il doit s'appuyer sur des tests, ce qui manquait en France jusqu'à présent, mais je soutiens évidemment le ministre de la Santé dans sa volonté de commander des tests massivement.

Et il faut une stratégie, évidemment, commencer par les publics fragiles, ce qu'on a fait hier, puisque à Paris, nous avons lancé dès hier le dépistage systématique dans nos EHPAD, à la fois sur les personnels. Ça, on avait déjà un peu commencé, puisqu'on a mis en place à Paris, avec l'ARS, avec les mairies d'arrondissement, des lieux où les personnels soignants pouvaient venir se faire dépister, les tests PCR, pas les tests sérologiques. On n'en avait pas encore. Et donc, on avait déjà mis en place ce système-là. Là, on le généralise dans tous les EHPAD.

14:29
Présentateur

Est-ce que la maire de Paris, Anne Hidalgo, sait aujourd'hui combien il y a de résidents de ces maisons de retraite qui sont décédées, malheureusement, et combien sont touchées aujourd'hui par le virus ? Est-ce que les informations remontent jusqu'à vous ?

14:41
Anne Hidalgo

Alors, les informations remontent, bien sûr, jusqu'à moi. Je fais un point quotidien sur ce sujet. Nous avons aujourd'hui 172 décès imputés au Covid sur les 8100 résidents d'EHPAD à Paris, dont 38 dans un seul EHPAD, dans un même EHPAD.

15:02
Présentateur

Celui de la Fondation Rothschild, c'est ça ?

15:03
Anne Hidalgo

Voilà, absolument, sur lequel il y a eu déjà un travail de l'ARS et avec lequel, évidemment, on est en lien depuis le début de cette épidémie. Donc, ça, c'est sur tous les EHPAD qui sont publics, privés.

15:17
Présentateur

Et combien de malades ?

15:19
Anne Hidalgo

Et sur le nombre de malades, on a, donc, sur 8100 résidents, nous avons, pardonnez-moi, je recherche... Je vous en prie, le chiffre est... Le chiffre est important. On a... Je vais vous le retrouver avant la fin de l'interview. Oui, si vous voulez bien. Et environ... Voilà, on a, sur l'ensemble de nos EHPAD, plus d'une centaine de personnes qui seraient symptomatiques. Mais comme il n'y avait pas de tests systématiques... Les tests permettront peut-être d'en découvrir, malheureusement, davantage. Ce sont indispensables pour pouvoir avoir vraiment un travail.

Parce que faire un test, ça veut dire derrière, évidemment, isoler les personnes qui sont malades, celles qui sont symptomatiques ou asymptomatiques, et pouvoir les séparer de celles qui n'ont pas été contaminées. Idem, évidemment, pour les soignants. Donc, on lance dès... On a lancé dès hier, d'ailleurs, ce dépistage dans deux EHPAD parisiens. Et puis, on va poursuivre sur la totalité de nos EHPAD, à la fois ceux qui sont gérés directement par la ville, mais aussi, évidemment, tous les EHPAD qui sont présents sur le secteur, sur le territoire parisien.

16:42
Présentateur

Et nous, on va poursuivre, si vous le permettez, cet entretien dans quelques instants, à Nidalgo. Je vous interromps. Il est 8h50. Le fil info avec Lauriane Delanoë, tout d'abord.

16:51
Invité

Deux millions de masques en tissu bientôt offerts aux Parisiens, annonce de la mer sur France Info à l'instant. Anne Hidalgo réfléchit à un aménagement des règles du confinement à Paris, par exemple. Autoriser le sport dehors seulement tôt le matin et ou tard le soir pour éviter que les gens ne se croisent la journée. À Nice, tous les habitants vont recevoir un masque. Et le maire, Christian Estrosi, prévient qu'il veut rendre le port de cette protection obligatoire dans une dizaine de jours. L'épidémie de coronavirus est encore en phase d'aggravation.

En France, selon Olivier Véran, le ministre de la Santé, chez nos confrères de BFM TV, 7000 malades en service réanimation Laos ralentit ces derniers jours. Boris Johnson, en soins intensifs à Londres, le Premier ministre britannique souffre du Covid-19. Son état de santé n'a pas évolué depuis hier soir, selon son entourage. En Chine, c'est une première depuis le début de l'épidémie. Aucun nouveau décès lié au Covid-19 signalé hier. France Info, et tout est plus clair.

17:52
Auditeur

Toujours avec Anne Hidalgo et Jean-Jérôme Bertolus. Faut-il, à titre de précaution, Anne Hidalgo désinfecter les rues de Paris, comme ça se pratique là encore dans d'autres villes de France ?

18:02
Anne Hidalgo

Alors, il faut nettoyer, évidemment, et je veux remercier là aussi nos équipes. Vous savez, nous sommes une collectivité qui a pu mobiliser ses agents. Nous avons mis les boueurs qui tournent au quotidien dans Paris. Ils le font avec beaucoup de professionnalisme. Je veux vraiment les remercier parce que la période est extrêmement difficile. Et chaque jour, à Paris, nous nettoyons 200 km de trottoirs à l'eau et 450 km de chaussées.

18:35
Présentateur

Mais ils ne sont pas désinfectés comme le réclame notamment la maire du 7e arrondissement, Rachida Dati ?

18:39
Anne Hidalgo

Oui, écoutez, voilà, après, chacun peut y aller de sa proposition complémentaire. Évidemment que la désinfection, notamment du mobilier urbain, est importante et de toutes les surfaces qui sont touchées par les habitants puisque l'on sait qu'il y a une partie de la contamination importante qui se fait notamment par les surfaces que l'on touche. Mais pour ce qui est des trottoirs, moi, je m'en suis remise aux autorités de santé qui nous expliquent que c'est même dangereux pour l'environnement que de désinfecter les trottoirs.

Mais nettoyer, évidemment, et il faut évidemment aussi que chacune et chacun comprenne qu'on est dans une situation où on fait tourner les services essentiels avec des effectifs réduits. C'est une évidence dans toutes les villes de France et qu'il faut aussi que chacune et chacun soient précautionneux par rapport à l'environnement. Mais donc, on a évidemment du nettoyage, du nettoyage à l'eau avec des centaines de kilomètres de trottoirs et de rues qui sont nettoyés chaque jour dans Paris. Et nous avons eu les différents avis de l'ARS. Nous sommes dans l'attente de l'avis de la Haute Autorité de Santé Publique. Mais indépendamment de ça, bien sûr qu'il faut nettoyer les rues.

Et c'est ce que nous essayons de faire. Mais avec un effectif qui forcément est réduit compte tenu du confinement et puis de la protection aussi que nous devons à nos propres agents. Moi, mon objectif dès le début de cette crise a été de dire qu'on s'installe dans une durée qui va être longue. Donc, il faut que pendant cette durée longue, les services essentiels, les services publics essentiels puissent tenir. Et pour qu'ils puissent tenir, il faut que chacun fasse des efforts. Et que dans les efforts qui sont faits, un, on protège nos personnels parce que c'est extrêmement important de tenir compte de leur santé. On a beaucoup d'agents aussi qui ont été infectés.

On déplore 8 décès dans les effectifs d'agents de la ville. Et c'est très grave et c'est très dur pour toutes les équipes et pour les familles de ces agents. Et donc, il faut tenir compte de tous ces éléments-là. Et en même temps, évidemment, rendre ces services essentiels que sont les services de proté et de ramassage des ordures.

21:06
Présentateur

Je vous interromps encore une fois. Question de Jean-Jérôme Bertolus, pardonnez-moi.

21:09
Auditeur

Vous travaillez quotidiennement à Nidalgo avec Didier Lallement, le préfet de police de Paris. Est-ce que ces propos, vendredi, sur les patients hospitalisés qui n'auraient pas respecté le confinement vous ont choqués ?

21:20
Présentateur

Ou est-ce que l'incident est clos, comme l'a dit hier Christophe Castaner à notre micro ?

21:24
Anne Hidalgo

Bon, deux questions et deux réponses. Oui, j'ai été très choquée. Deux, il s'est excusé. Et voilà, il faut qu'on soit tous concentrés sur la gestion de cette situation. Et vous savez, c'est une situation tellement dure, tellement violente. Il y a des morts, beaucoup de morts. Il y a des familles qui sont séparées, qui ne peuvent même pas voir leurs proches au moment où ils décèdent. C'est quand même une situation terrible. Je crois que chacun doit faire preuve de beaucoup de responsabilités, de beaucoup d'abnégations. Il n'y a pas place pour des polémiques. Chacun doit être appelé, évidemment, à son rôle.

22:04
Présentateur

Et on verra ça plus tard. Et on verra ça plus tard. Anne Hidalgo, je voudrais vous interroger.

22:08
Anne Hidalgo

Et là, il faut qu'on soit tous vraiment concentrés. Et surtout, j'insiste, parce que je pense que c'est un moment crucial, sur une meilleure gestion du confinement. Pour que le confinement serve, il faut vraiment développer les tests massifs et avec différents groupes de population, commencer par les plus fragiles. On a parlé des EHPAD, on a aussi toutes les personnes qui sont dans les centres d'hébergement d'urgence, les SDF. Mais ensuite, il y aura aussi, par exemple, sur Paris, toute la population parisienne, progressivement, qu'il faudra aussi tester avec les deux types de tests. Parce qu'il y a une partie de la population immunisée.

22:44
Présentateur

L'actuel et le test sanguin qui permettent de savoir si on est désormais immunisé. Anne Hidalgo, je voudrais vous interroger sur les municipales. Non pas pour vous demander si vous savez quand aura lieu le second tour. ça aurait quelque chose de dérisoire en ce moment. Mais pour savoir si vous ne regrettez pas, vous, comme tous ceux qui ont voté ce jour-là, d'être allé voter au premier tour.

23:02
Anne Hidalgo

Écoutez, vous savez, au moment où le premier tour s'est déroulé, il y a eu les consultations du président de la République, du premier ministre, auprès de toute la classe politique, en tous les cas des partis...

23:17
Présentateur

Avec des versions qui divergent sur ce qui s'est dit lors de ces réunions. Certains partis disant, on ne nous a pas informés suffisamment.

23:22
Anne Hidalgo

Vous imaginez le sujet, vraiment, la question dérisoire. Moi, je n'ai pas été consultée, si vous voulez savoir. Et donc, voilà, on a mis en place, on s'est mis en situation, de pouvoir faire fonctionner la démocratie dans des conditions qui fassent courir le moins de risques possible.

23:39
Présentateur

Vous ne vous dites pas rétroactivement que nous avons collectivement pris un risque ce jour-là ?

23:44
Anne Hidalgo

Je pense que nous avons collectivement pris un risque à ne pas enclencher, peut-être, un confinement plus tôt. Mais c'est facile à dire aujourd'hui. Donc, voilà, moi, aujourd'hui, je suis dans la gestion de la crise. Je ne cherche pas à savoir ce qui aurait pu être fait, pas fait. Je sais qu'il y a des sujets sur lesquels les masques, les tests, il faut qu'on accélère. Là, pour le coup, on sait que pour pouvoir sortir durablement de cette épidémie en protégeant la population, parce que c'est ça qu'on doit avoir en tête, il faut massivement faire des tests, savoir d'ailleurs quelle est la population. On est dans le brouillard là-dessus aussi.

Et dans les propositions que j'ai faites et ce que je vais mettre en œuvre sur Paris, il y a aussi le fait qu'on va lancer une étude rapidement pour savoir quelle est la proportion de Parisiens qui ont été malades, de ceux qui ont développé des anticorps et de ceux qui n'en ont pas développé, pour qu'on puisse avoir une visibilité sur ce qui s'est passé, sur des données qui sont quand même extrêmement importantes.

24:52
Présentateur

Et on entend bien à travers vos propos, Anne Hidalgo, tous les chantiers qui nous attendent, que ce soit à Paris ou partout en France, sur les tests, sur le dépistage massif, sur les masques, et sur les limites à apporter ou non au confinement. Merci beaucoup Anne Hidalgo d'avoir été avec nous ce matin en direct sur France Info. Merci.

Pratique sportive limitée à Paris, décès dans les Ehpad et parmi les agents de la Ville : le "8h30 franceinfo" d’Anne Hidalgo — Anne Hidalgo · Pourquijevote