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interviewSud Radio· 8 juillet 2026 24 min

Marine Le Pen : doit-on se méfier de la Cour de Cassation ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h. Maxime Liedo, une décision hier qui est tombé au journal de 20h de TF1, Marine Le Pen qui après la décision du tribunal de Paris qui certes l'a condamné mais lui supprimer d'une certaine manière la peine d'inéligibilité avec certes ce risque de bracelet, on y reviendra, mais qui a décidé de se lancer dans la course à l'Élysée pour 2027. ce sera la 4e campagne pour Marine Le Pen.

Beaucoup d'incertitude, mais est-ce qu'on doit se méfier de ce que par exemple certains candidats craignent, à savoir par exemple une candidate Marine Le Pen qui fait pression la custom sur la Cour de cassation ? Est-ce qu'il y a un risque que toute la campagne soit prise en otage par cette actualité judiciaire ? On y reviendra.

Et pour vous faire vos idées, votre idée amis auditeurs, je vous propose qu'on en discute avec deux maîtres du du barreau de Ténor. Les débat de l'été sud-radio de Ténor en commençant par vous maître Jean-Ive Leban. Bonjour.

Bonjour. Avocat, pénaliste notamment et vous êtes justement vous avez un œil excessivement précis, excessivement singulier sur ce type d'affaire. on aura l'occasion d'y venir avec vous parce qu'il y a toute une série de questions.

Déjà la décision de ce pouvoir en cassation, cette décision même des juges et puis aussi la question du bracelet, la question de la campagne, l'atmosphère qui tournera et qui sera celle autour de la justice durant cette campagne et votre voix sera précieuse dans le débat et vous allez en débattre avec Jean-Pierre Mignard. Bonjour. Bonjour.

Merci beaucoup d'être avec nous ce midi. Vous êtes avocat et essayiste. Première question peut-être à tous les deux en commençant par vous Jean-Pierre Minia.

Euh, j'imagine que vous étiez devant votre télévision hier à 20h. Quand vous avez entendu Marine Le Pen d'abord se annoncer qu'elle allait se pourvoir en cassation puis se déclarer candidate. Comment vous avez réagi ?

J'ai pas été surpris. Une femme que c'est c'est tout c'est toute sa vie politique, c'est tout son engagement. [souffle coupé] Elle a décidé de pas y renoncer.

Bah, c'est son choix. Euh on verra bien le résultat pour elle. Pour le pays, ce sera en effet une situation un peu particulière d'avoir une candidate qui est déclarée coupable de faits qui sont sérieux.

En général, les candidats sont déclarés coupables une fois qu'ils ont été élus. C'est pas la première fois que les dirigeants politiques du pays de premier rang, y compris des présidents, seraient poursuivis en justice. Certainement pas la première fois.

Mais là, c'est la première fois où condamné, on y va quand même. Bien sûr, elle est en cassation et elle bénéficie de la présomption de l'innocence. C'est incontestable.

C'est un choix purement à la fois personnel et politique. Et on y reviendra. Maître Jean-Ive Leborgne, même question pour commencer cette conversation.

J'imagine que vous étiez hier devant votre télévision. Est-ce que vous avez été surpris de la décision de Marine Le Pen ? Comment vous avez réagi vous ?

À la vérité, je dois le confesser oui et je me reproche d'avoir été surpris pour une raison simple, c'est que j'ai raisonner en avocat conseillant un client, mais j'allais dire un client ordinaire et non pas un personnage politique et compte tenu des termes de l'arrêt de la cour d'appel qui étaient extraordinairement favorable par rapport au jugement qui avait été au contraire dur à l'égard de Marine Le Pen, mon mon réflexe d'avocat était de dire bah prenez le bénéfice de cet arrêt qui divise tout par deux et même pour un peu plus que deux qui fait que vous n'êtes plus inéligible puisque les l'inéligibilité a été plafonnée à 15 mois et que les 15 mois sont passés donc tout va bien mais il est vrai que je n'avais pas réfléchi à une notion qui n'est pas très judiciaire ni juridique mais peut-être un peu plus politique mais bien sûr et qui est celle que en acceptant la culpabilité, c'est-à-dire en s'abstenant de faire un pourvoi en cassation, Marine Le Pen s'offrait, si je puis dire, à ses adversaires comme quelqu'un qu'on allait montrer du doigt et qui avait été condamné pour détournement de fonds public. Alors là, bon bah là, en contestant, puisque tout usage d'un d'une voie de recours est une contestation, elle conteste non seulement sa culpabilité, elle conteste tous les éléments de ce dossier, mais elle prend au bénéfice néanmoins, au passage le fait que elle n'est [raclement de gorge] plus inéligible. Alors, il y a des risques dans tout ça, mais on en parlera mais on va les évoquer.

Le premier risque et j'aimerais aussi avoir votre opinion là-dessus, Jean-Pierre Minière, sauf si vous avez quelque chose à redire à ce que vient de dire maître Jean-Ive Leborgne à l'instant, c'est la Cour de cassation. Tout le monde, on va dire a en tête l'idée qu'elle pourrait d'une certaine manière accélérer sa manière de travailler pour rendre une décision avant la campagne présidentielle. Est-ce que ce serait étonnant ?

C'est ma première question. Est-ce que ce serait souhaitable, maître Jean-Pierre Mignard, pour commencer ? Bah, elle en est elle est totalement libre, hein.

Elle est libre du rythme de sa de ses délibérations et de ses choix. Sur ce point, il y a pas de commentaire à avoir. Si la Cour de cassation estime que le sujet mérite en effet d'être traité par elle avant le scrutin, elle le peut parfaitement.

Ça me semble une évidence. Elle peut pour la transparence du scrutin souhaiter rendre une décision qui met un terme à toutes les polémiques parce que elles vont fleurir de partout et donc elle est libre. Ça sur ce point la cour de casation est totalement libre.

Excusez-moi, maître Jean-Pierre Miniard, est-ce que il n'y a quand même pas un risque si jamais elle décide en effet d'accélérer son rythme de travail pour le dire comme ça que à nouveau on retombe sur ah ben voilà la justice à nouveau souhaite empêcher un candidat de se présenter ? De toute façon, c'est personne ne sera satisfait. Alors là vraiment, quelle que soit la décision, on ne sera pas satisfait.

On dira soit c'est une justice politique qui obéit à je ne sais quel ordre ou quelle instruction où on dira le contraire. Alors donc je pense que la cour à mon avis la cour doit [raclement de gorge] rendre sa décision au moment où elle a réfléchi, où elle est certaine d'elle-même et puis effectivement la rendre. Voilà, je pense que c'est le seul moyen pour elle de s'abstraire de toute reproche qu'elle se ferait et puis de toute critique partisane.

Voilà, c'est un risque. D'ailleurs, les partisans de madame Le Pen le disent. Il disent c'est un risque, c'est c'est un paris qu'on a pris.

Bon ben très bien, les D sont jetés et à partir du moment où on prend un paris, il faut aussi accepter de le perdre. D'accord avec ce que vient de dire Jean. Voà, il faut accep il faut accepter [rires] de le perdre.

Maître Jean-Vne, je je vous voyais un peu d'audeliné à la première phrase de maître Jean-Pierre Minard. Qu'est-ce qui vous sépare de son avis, de son opinion ? En fait, je je suis toujours d'accord avec Jean-Pierre Mignard. [rires] Nous nous connaissons depuis fort longtemps et j'ai une grande estime pour lui.

Et quand il dit que la Cour de cassation est libre du moment où elle rendra sa décision, il a parfaitement raison. Mais cette liberté est je dirais relative. Pourquoi ?

On se souvient peut-être que lorsqu'on était encore au niveau de la première instance, enfin du jugement qui était rendu, on était en cause d'appel, se posait le problème d'accélérer le processus d'appel de manière précisément à dégager le terrain dans la perspective de l'élection présidentielle. Il y avait eu une intervention du premier président de la Cour de cassation et du procureur général qui avait dit "Mais nous, on pourra se débrouiller s'il le faut pour juger dans les 6 mois quelque chose comme ça. Les 6 mois si vous les prenez maintenant, ça nous met à à décembre-janvier 2027." Ce serait évidemment une catastrophe que le pourvoie par exemple soit rejeté.

Pourquoi je pense c'est d'ailleurs pardon parenthèse maître que l'avocat de Marine Le Pen actuellement dit tout d'un coup ah non mais maintenant il y a plus besoin de se presser parce qu'il n'y a plus l'iggibilité sur la table donc on peut prendre son temps d'une certaine manière c'est-à-dire que cette hypothèse d'une décision dans les 6 mois avait été évoquée par les patrons de la Cour de cassation lorsqu'il s'agissait éventuellement de confirmer ou d'infirmer une inéligibilité. Nous ne sommes plus dans ce cette configuration. Nous sommême dans la configuration inverse.

Et il faut quand même dire que et et c'est là que je diverge très peu de de ce que nous dit Jean-Pierre Mignard quand bien sûr qu'elle est libre, il a raison de le dire. La Cour de cassation pour rendre sa décision quand elle le veut mais le délai ordinaire on le connaît en matière pénale, c'est 8 12 mois, c'est ça ? Ah non, c'est de 12 à 12 à 18 et parfois plus.

D'accord. Et si nous retombons dans le délai ordinaire, la décision de la Cour de cassation sera postérieure à l'élection présidentielle. C'est-à-dire que si Marine Le Pen est élu, elle bénéficiera alors de l'immunité présidentielle et si elle n'est pas élue, les choses n'auront plus à ses yeux la même importance.

D'accord avec ça, Jean-Pierre Mignard ? Oh, totalement, totalement. Il y a aussi une autre question et j'aimerais avoir votre votre regard de euh de de pénaliste à tous les deux d'avocats.

On entend aussi, c'est la question qu'on qu'on se posait tout à l'heure avec les éditeurs et les auditeurs et nos débatteurs, c'est la fameuse question de la capacité des Français à un moment ou un autre de toute façon de glisser un bulletin dans un bulletin de vote pour le Rassemblement national en l'occurrence visiblement pour Marine Le Pen parce que c'est elle qui va porter la campagne alors qu'elle a été factuellement reconnue deux fois coupable de détournement de fonds public. Est-ce que ça pour vous il y a une forme de gêne, une forme d'inquiétude ? Est-ce que on entre dans cette nouvelle ère là en politique ?

Par exemple, Jean-Pierre Mignard. Oui, c'est certain. Moi, je suis convaincu que pour son électorat qui lui est fidèle et qui lui restera sans doute fidèle dans sa masse, cela n'aura pas de conséquence.

Là où il peut y avoir une conséquence, c'est dans les périphéries de son électorat. ces périphériques qui se décident à un moment ou un autre et notamment au deuxème tour et qui peuvent par contre trouver là une cause d'abstention vis-à-vis du soutien qu'ils [raclement de gorge] auraient pu lui offrir. Je pense que c'est néanmoins néanmoins c'est une c'est une faiblesse tôt tout ou tard qui se révélera h et est-ce que vous vous ne pensez pas et je m'adresse toujours à vous maître Jean-Pierre Minard qu' qu'on est arrivé quand même à un tel point de de dégagisme de ralbol de rapport entre les Français et la justice qui s'étiolent quand même d'année en année que le simple fait que aujourd'hui une candidate aussi haute dans les sondages soit-elle pour le moment soit reconnue deux fois de suite coupable quand même de fond de détournement de fonds public ne soit plus suffisamment fort pour empêcher certains but bul butins de vote d'aller dans sa direction.

Alors vous posez une vraie question hein ça c'est sûr mais est-ce que la justice a été toujours aussi légitime dans l'esprit des Français ou est-ce que ces décisions ont autant imprimé dans la dans la dans l'esprit des Français pour qu'il soit aussi révérencieux vis-à-vis d'elle qu'elle soit un totem ? Je suis pas sûr hein. Je suis pas sûr.

C'est pas vrai que les Français sont toujours agenouillés devant la justice. Il y a toujours eu un courant, moi je sais pas s'il faut l'appeler populiste, non démocratique, mais qui a toujours estimé finalement que les juges allaient au-delà des des missions qui leur été données. Ça les missions qui leur ont été données, celle dont nous parlons, c'est la grande tradition libérale de la justice, son indépendance, son impartialité. un certain nombre de de Français de droite ou de gauche, je pense en effet euh dans une tradition plus euh je dirais oui tribunicienne que c'est au peuple toujours de décider et que c'est pas des intermédiaires fussent-ils investis d'une mission de décider pour eux.

Mais ça c'est un très très vieux conflit vous savez un vieux conflit. On n'inventera rien et on le retrouvera. Hm.

Mais on le retrouvera. Assez d'accord aussi avec ça. Maître Jean-Ive Leban.

Il le regarde sur la justice est en train de changer au point qu'on se dise que de toute façon la justice a tenté d'entraver et maintenant elle a été plus ou moins rendue en tout cas jusqu'au au 2e degré de juridiction. C'est maintenant au peuple de faire son choix. Mais je crois que Jean-Pierre Mignard et moi allons décevoir notre nos auditeurs parce que on est toujours d'accord.

Jean-Pierre, il faut faire un effort pour que nous nous opposions à [rires] je veux il faut cher Jean Cherry, il faut que tu m'aides. Alors [rires] non, en en réalité je suis tout à fait d'accord sur le fait que dira l'électorat d'ors et déjà acquis de Marine Le Pen considère que cette affaire est secondaire. Et je suis aussi d'accord lorsque Jean-Pierre Mignard dit euh euh en d'une manière peut-être un peu trop rapide, mais mais euh il faut élargir.

Il ne suffit pas de faire un beau score au premier tour et d'être au second parce que au second vos seuls partisans d'origine ne suffisent pas à vous faire élire. Il faut rassembler. Alors la question est ce que Marine Le Pen devrait rassembler si elle veut être élue seront-ils arrêtés par cette condamnation ?

Je veux dire, j'en suis pas sûr pour deux raisons. C'est que il y a ceux qui comprennent le détail des choses et qui considèrent que cette histoire appartient à des meurs politiques d'une autre époque et que tout si on s'y laissé tenter, c'est comme ça et qu'il y a pas qu'elle d'ailleurs concrètement qu' y a pas qu'elle dans cette situation. Bon et puis euh ce que dit Jean-Pierre Mignard est très exact aussi sur je dirais la légitimité et le degré de légitimité de la décision judiciaire.

Je dirais si si nous rapprochions les histoires euh Liana Rosa dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, on se dire "Mais mon dieu, quel rapport avec Marine Le Pen, il n'y en a aucun." Et bien si. C'est-à-dire que à travers euh ces ces affaires qui n'ont rien de politique apparaît une sorte de vulnérabilité de de possibilité d'insuffisance du système judiciaire de telle sorte que sa décision n'apparaît plus comme revêtu d'une sorte d'autorité qui ferait obligation à un regard de révérence. et je pense aussi que même ceux qui disent bon, ils ont peut-être un peu chargé la marque là avec leurs histoires d'assistant parlementaires, mais enfant le problème, est-ce qu'il est là ou est-ce qu'il est dans l'avenir de la France ?

Et ben je vous propose qu'on poursuive cette discussion avec vous, maître Jean-Vorne, avocat pénaliste et vous Jean-Pierre Mignard, vous restez avec nous avocat et essayiste également. On va continuer à tirer le fil de cette conversation qu'on vient de débuter ensemble suite à cette décision bien sûr qui vient de tomber pour Marine Le Pel des incertitudes mais aussi la justice. Est-ce que comme le disent certains candidats, oui, il y a un risque de par les mots qu'elle va utiliser, de par la campagne qu'elle va faire, qu'elle fasse pression sur la Cour de cassation.

Peut-être même que la campagne présidentielle soit prise en otage par cette actualité judiciaire. C'est en tout cas notamment ce qu'a exprimé Gabriel Atal ce matin. On y reviendra sur Sud Radio et on y revient dans une poignée de seconde.

À tout de suite. Sud Radio, parlons vrai. Débat de l'été 10h 13h.

Maxime Liedo, vous êtes bien sur Sud Radio. Suite de la conversation avec de Ténorreau, maître Jean-Pierre Mignard d'un côté avocat essayiste et de l'autre pour lui répondre, pour lui donner la réplique aussi. Maître Jean-Ive Leborne avocat pénaliste et on s'interroge sur la suite du calendrier qui sera certes judiciaire mais aussi politique avec des candidats qui visiblement sont pas rassurés rassurés d'avoir Marine Le Pen en face d'eux en tant que candidate au point par exemple et j'aimerais vous entendre aussi là-dessus maître Jean-Pierre Mgard maître Jean Yve Leborne sur Gabriel Atal qui accuse Marine Le Pen de faire pression sur la Cour de cassation et aussi dénonce le risque de prendre en otage la campagne sur ces deux points précisément peut-être commencer par vous cette fois-ci maître Jean Rive leborne pour essayer de provoquer du débat avec maître Mignard qui visiblement ne veut pas se faire ce midi.

Est-ce que oui, il y a un vrai risque de faire pression de par les déclarations, de par l'omniprésence médiatique du Rassemblement national dans les prochains jours, de par cette actualité là, de faire véritablement pression sur la Cour de cassation. Alors, pression, otage, ce sont peut-être des mots un peu excessifs, mais qu'il y ait une instrumentalisation de la procédure en faisant en sorte que non seulement la décision de condamnation ne soit pas définitive, mais que la Cour de cassation ne puisse pas la rendre définitive, du moins avant l'élection présidentielle. Ça oui, parce que je le disais tout à l'heure, la Cour de cassation au temps où il y avait une inéligibilité de 5 ans avait dit "Mais nous on est prêt à faire l'effort de statuer dans les 6 mois de manière à ne pas faire traîner cette histoire d'inéligibilité.

Cette situation là n'existe plus. Mais si aujourd'hui la Cour de cassation se précipitait pour juger avant la présidentielle, on dirait "Mais vous êtes en train de vous organiser pour rejeter le pourvoie". S'il le rejetait comme c'est je ne sais pas ce que ça sera mais mais disons dans la dans la proportion des pourvois quand même l'hypothèse la plus probable.

Bon, vous vous agissez en urgence parce que vous voulez faire barrage à Marine Le Pen, ce qui serait complètement contradictoire avec les termes de l'arrêt de la cour d'appel qui au contraire a dit euh non seulement adouci mais on dit que c'était pas à l'autorité judiciaire de choisir si quelqu'un pouvait être candidat ou pas. Maître Jean-Pierre Mignard sur ce risque qui visiblement existe et qui inquiète certains candidats. Donc Gabriel Latal qui s'en est fait le porteur de de ce risque ce matin de faire pression sur la Cour de cassation.

Est-ce que il a raison de le dénoncer ? C'est que c'est quelque chose qui existe que vous craignez vous par exemple maître Jean-Pierre Miner, est-ce que vous êtes avec nous ? Alors, il est il a il a un peu disparu.

Maître Jean-Pierre Miner, c'est pas grave. Ça c'est ce qu'on appelle les aléas du direct et ils sont en train de le récupérer. Il y a le deuxième risque aussi même si l'aspect prendre en otage est certainement excessif et vous l'avez dénoncé maître Jean Yve Leb, c'est quand même le fait que l'actualité judiciaire réussisse aussi à paralyser l'actualité politique.

On y reviendra. Mais maître Jean-Pierre Mignard, je repose ma question. Est-ce que le risque de pression existe réellement de la part de Marine Le Pen, de son entourage, de faire pression sur la Cour de cassation ?

Non, il y a pas de pression au sens où les magistrats de la Cour de la cassation auraient une frayeur ou se sentiraient menacé. Pas du tout. Alors, je pense que elle peut prendre à partie l'opinion publique de manière plus ou moins habile, mais il y aura pas de pression au sens où on peut l'entendre, la peur, les menaces et cetera.

Non, je pense qu'elle pu en effet faire en sorte que l'opinion publique s'accorde avec ce qu'elle pense à savoir qu'il faut lui laisser le temps d'amener sa campagne jusqu'au bout. C'est plutôt ça que je vois. C'est pas un exercice facile d'ailleurs de de sa part, mais la Cour de cassation restera inébranlable.

Hm. Mais il entendu beaucoup d'ailleurs certains de vos confrères direent "Oui bien sûr, elle fait pression, elle fait pression Marine Le Penle pression mais vous savez on fait on fait toujours pression, je veux dire dans nos affaires quand il y compris même lorsqu'on délivre des interviews publiques ou qu'on fait des papiers des affaires [raclement de gorge] que par ailleurs on plaide ben oui on essaie de on essaie d'influer. C'est pas c'est pas une pression au sens de la menace ou de la peur. convertir, c'est c'est ce de obtenir une opinion favorable que les magistrats de la Cour de cassation se disent "Oui, on ne peut pas effectivement l'empêcher de mener sa campagne jusqu'au bout.

Elle est suffisamment représentative, on le voit bien dans les sondages pour lui laisser lui laisser sa chance." C'est c'est c'est une idée que peuvent avoir les magistrats du de la Cour de cassation. Alors, est-ce que c'est est-ce que c'est répréhensible ?

Est-ce que c'est irréprochable ? Ça c'est un autre débat. Moi, je serai magistrat la Cour de cassation.

J'avoue que ce débat je l'aurais mon for intérieur. Jean-V le Borgne, je vous voyais ticker sur bah à mon avis il y a il y a donc deux hypothèses. Bien la Cour de cassation se précipite parce que 6 mois la Cour de cassation c'est de la précipitation pour décider du bien fondé du pourvoi et on dira vouliez faire obstacle à Marine Le Penz qui est pas dans l'air du temps par rapport à ce qu'on autorise en quelque sorte comme légitime décision à la justice ou bien la Cour de cassation statue postérieurement à l'élection présidentielle et on dira qu'elle a été complaisante.

Je pense que dans une hypothèse de ce genre, c'est de dire écoutez, on va être simple, on va faire comme d'habitude. Le le délai d'examen d'un pourvoi et et d'élaboration d'un arrêt par la chambre criminelle, c'est 12 à 18 mois. on sera dans le créneau de 12 à 18 mois, ce qui évidemment de facto nous renvoie postérieurement à l'élection présidentielle et fait que l'option prise par Marine Le Pen aurait été la bonne.

H et j'aimerais vous interroger aussi pour clore cette conversation, maître Jean-Pierre Mignard et maître Jean-Ive Leborgne de de la justice. On a bien vu à quel point elle était au centre de toutes les attentions. Vous avez eu raison, maître Jean-Live Leborgne, à l'instant de rappeler l'affaire Liana.

On peut aussi très bien parler de l'affaire Bruel. On a eu l'affaire là Marine Le Pen, on voit on a aussi vu cette conférence de presse assez spectaculaire en début de semaine, c'était lundi dans l'affaire Jubila, on voit à quel point tous les projecteurs seront à un moment tournés ou un autre sur la justice. Est-ce que vous pensez que oui, ce sera un thème absolument primordial avec tout ce que ça a de positif et négatif dans les prochains mois durant la campagne présidentielle Jean-Pierre Miniard ?

Oui, ben ça pourrait l'être parce que son son affaire va illustrer euh les attentes que l'on peut avoir de la justice, soit estime invasive euh trop intrusive ou alors on estime qu'elle remplit la mission qui lui est donnée par la Constitution. Donc ça, il y aura un débat sur ce point. Moi, je me permettrai de donner, je sais pas ce qu'on pensera, euh Jean-Vor Jean-Vah, à mon avis, on sera pas très loin mais enfin lu il sait la primeur de sa pensée, c'est que ce qui reste dans nos sociétés démocratiques aujourd'hui très érodé, c'est l'indépendance de la justice.

Entre autres l'indépendance de la justice. Je pourrais parler de l'indépendance de la presse et des médias, mais c'est pas le sujet. L'indépendance de la justice, qu'est-ce qui fait que nos sociétés sont encore un peu vaillantes et ont une légitimité par rapport à quantité d'autres ?

C'est ça, c'est qu'on peut avoir confiance dans une justice qui par rapport aux puissants ou à ceux qui ne le sont pas ben décide de manière écanime et que ça tient encore debout et qui fait qu'on a encore confiance dans le pacte démocratique. C'est ça qui se joue en effet à nos vieilles institutions qui tiennent encore un peu debout aligné avec maître maître Mignard, monsieur Leborge. Alors, dans une certaine mesure, oui, parce que je pense que cette affaire, comme un certain nombre d'autres d'ailleurs pose le la limite, la frontière de ce qu'est la légitimité de l'intervention judiciaire.

Là, nous sommes dans une décision certes judiciaire, mais qui a pour conséquence une sorte de [grognement] de de mise à l'écart d'un candidat sur le terrain politique important ou au contraire de possibilité pour ce dernier cette dernière en l'espèce de conduire son chemin jusqu'au bout. Et finalement l'indépendance de la justice euh c'est bien c'est un mot qui est en théorie et très intéressant mais mais le vrai problème est de savoir où elle commence et où elle finit. Et je pense qu'on assiste aujourd'hui à une sorte d'évolution.

Il y a encore quelques années, il y avait une sorte de tentation de la justice de régner sur toute chose, de faire du pouvoir judiciaire qui n'existe pas dans la Constitution puisque la justice n'est qu'une autorité judiciaire d'en faire non seulement un véritable pouvoir mais d'en faire un pouvoir sur les autres pouvoirs. et on est en régression sur c sorte de de mouvement de conquête et je pense qu'au fond la justice son œuvre est toujours difficile mais sur le terrain non pas juridique non pas de la décision elle-même mais de l'impact sociologique elle doit se tenir à juste distance entre la timidité qui n'a pas lieu d'être et l'arrogance qui serait un excès. Merci beaucoup maître Jean-Ive Leban d'avoir participé à cette conversation à ce débat ce midi sur Sud Radio.

On rappelle que vous êtes bien sûr avocat pénaliste et merci beaucoup d'avoir été avec nous à distance maître Jean-Pierre Mignard pour tenir cette conversation. On aura pas réussi à créer beaucoup de désaccords mais qu'est-ce que vous voulez ? parfois la la nature des discussions quand elles essayent d'éclairer un sujet éminemment complexe et d'actualité en rappelant que vous êtes avocat et essayistes dans un instant