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interviewFrance Culture· 1 octobre 2018 19 min

Anne Hidalgo : "La pollution de l'air, c'est le scandale de l'amiante du XXIe siècle"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

les latins de france culture guillaume erner et nous recevons la maire de paris anne hidalgo bonjour bonjour vous publiez respirer aux édition de l'observatoire beaucoup de sujets vous concerne dans l'actualité ce matin l'ouverture du salon de l'auto avec l'avenir possible à la voiture électrique c'est en tout cas le titre du magazine et les échos également dans le financial times le choix de paris après le break site et puis cette information qui vient de tomber dans la matinale du monde avec selon les informations du monde un recours qui devrait déposer le 2 octobre prochain devant le conseil d'état pour obliger le gouvernement à respecter les normes européennes en matière de pollution de l'air une soixantaine donc d'associations écologistes ainsi que plusieurs médecins sont regroupés pour une action inédite il voudrait donc déposé de demain une requête devant ce conseil d'état qui viserait à obtenir l'exécution de la décision du 12 juillet 2017 avec une demande d'astreinte de 100 mille euros par jour si la france ne respecte pas ses obligations avez vous l'impression de voir en quelque sorte corroborer votre politique celle que vous défendez dans respirer anne hidalgo sur cette décision là je pense que c'est une très bonne chose que les associations les ong les citoyens saisisse la justice pour faire appliquer des règles qui sont des règles visant à ce qu'on ne soit pas en poids zone et lorsqu on respire je lis souvent aujourd'hui plus personne en france n'accepterait de boire de l'eau polluée or tous les jours chaque fois que nous ouvrons voilà à la respiration nos poumons nous inhalons des substances toxiques qui tue et qui tude dès aujourd'hui même si j'ai coutume de dire la pollution de l'air le diesel c'est le scandale de l'amiante du 21e siècle c'est aujourd'hui que l'on constate déjà des morts et des personnes qui sont en santé très fragile est rendu encore plus fragile donc je trouve que c'est très bien qu'on puisse aller devant les tribunaux je vous donne un exemple nous allons avoir cette semaine au tribunal administratif de paris l'appel est un recours qui a été fait contre la piétonisation des voies sur berge c'est à dire la suppression d'une autoroute urbaine qui passait dans le coeur de paris et qui aujourd'hui est devenu un parc une espèce de central park au coeur de paris qui est d'ailleurs beau qui est vraiment qui attire beaucoup de monde et qui permet de faire baisser la pollution vous pouvez perdre ce recours anne hidalgo comme une tour qu'au vous pouvez gagner ou vous pouvez perdre mais il paraît que c'est quand même très risqué pour nous vous alors pour nous l'important c'est de dire que justement cette mesure que j'ai appliqué c'est ni plus ni moins ce que font les maires de toutes les communes de france lorsqu'il décide de piétonniser des zones de leur coeur de ville pour qu'ils aient moins de voitures moins d'accidents moins de pollution et c'est une réponse directe à l'application des normes européennes et une directive de 2008 du européenne qui n'est pas appliquée en france qui impose à la france de vraiment faire un plan et dans le plan à l'époque j'avais travaillé avec nicolas hulot il était encore ministre et nous avions contribué à la réponse de la france à ces questionnements de bruxelles puisque nous n'appliquons pas les normes européennes en matière de qualité de l'air et une démesure c'est justement ces mesures de piétonisation des centres villes dont celle que nous mettons en oeuvre à paris donc bien sûr perdre et à l'idole de la jeunesse qui va se passer d'abord on verra et moi je ne m'avoue jamais battu d'avancé d'abord je pense que la justice française et j'ai vraiment confiance en elle c'est que nous sommes en matière de droit environnemental par exemple dans un champ de règles de normes qui doivent aussi prendre en considération les normes internationales et les normes européennes ce que je me dis souvent et avec toutes ses associations avec nos avocats notamment corinne lepage et et christian huglo qui sont les plus grands spécialistes en droit environnemental on se dit que là la france a une chance à saisir en considérant que oui ce droit européen ce droit de l'environnement nous oblige aussi à ne pas regarder les choses dans un détail qui pourrait effectivement faire que rien ne changera jamais mais il faut que la france toute entière toutes ces institutions que ce soit les collectivités locales l'état les ong les entreprises se mettent de façon résolue déterminé en mouvement pour que la pollution de l'air baisse dans le pays qu'on applique ces règles européennes et puis la dernière réflexion qu'on a c'est paris la ville c'est le symbole de l'accord de paris on est regardé à l'étranger vous savez cette décision elle va être très très suivi notamment à l'international notamment par les grandes organisations internationales parce que elle est devenue le symbole de est-ce qu'on peut appliquer l'accord de paris et j'ajoute est-ce qu'on peut appliquer l'accord de paris à paris c'est ça la question qui va être posée cette semaine et la semaine prochaine puisqu'il ya deux contentieux devant le tribunal à cette décision anne hidalgo est ce qu'il n'ya pas eu un problème de méthode sur la forme en matière de concertation est ce que vous n'avez pas été trop radical est ce que vous n'êtes pas trop radical dans votre politique d'hostilité à la voiture à paris d'abord il n'y a pas d'hostilité à la voiture vous savez on a besoin de bouger on a besoin de mobilité mais on a changé de monde monde dans lequel nous sommes est un monde dans lequel on sait maintenant que la pollution tue on sait qu'on peut se déplacer autrement on sait qu'il va falloir changer de modèle je reprends la référence à nicolas hulot il nous l'a dit il a laissé un message très fort en quittant son ministère il faut changer de modèle mon rôle de maire demers de cette grande ville qui est regardé aussi dans le monde entier mais qui est d'abord des habitants pour lesquelles je dois veiller je dois prendre soin d'eux de leur santé je dois poser des actes qu'ils soient des actes qu'ils soient compatibles en fait qu'ils aillent vers une meilleure qualité de vie est bien la mère que je suis elle sait qu'il faut prendre ces mesures maintenant on comprend bien d'une bonne ambiance que trou ça n'est pas trop est ce que toutes ces voitures bloquées dans les embouteillages à paris ça n'est finalement pas contre productif par rapport aux objectifs que vous poursuivez d'abord vous savez je pense que parler de radicalité veut le changement qui lie à opérer il faut y aller la question qui est posée par exemple qui était posée à mon équipe qui a été élu sur un projet un programme dans lequel d'ailleurs il s'était très clair qu'il y avait sept ce parc qu'on allait offrir aux parisiens et cette autoroute urbaine qu'on allait supprimer donc tout ça a été validée décidé discuter avant 2014 en fait l'idée elle arrive en 2001 au moins qu'ils aient eu l'idée en 2001 sont les écologistes de mon équipe en 2008 avec bertrand delanoë qui sait que certains et hoëdic merveille oui et de l'expression oui je me souviens et je joue et je pense que beaucoup jirel ce que l'on vit aujourd'hui leur donne raison et peut-être que d'autres ont été trop timoré en 2008 on décide de faire la rive gauche avec bertrand delanoë c'est une bagarre inouïe faut attendre l'arrivée de françois hollande et jean marc ayrault en 2012 au pouvoir pour qu'ils nous autorise nous les élus parisiens à faire quelque chose qu'on avait dans un programme électoral et qui avait été voté par les parisiens et en 2014 je remet ça avec mon équipe avec cette fois ci la rive droite de la seine et là encore ça serait trop long vous savez la question qui est posée c'est est ce qu'on fait ou est ce qu'on ne fait pas bien sûr qu'on peut toujours faire mieux bien sûr que lorsqu'on prend des décisions qui sont des décisions qui vont changer la vie de beaucoup de gens forcément il y a ou des désagréments ou des choses qui vont compliquer la vie d'un certain nombre de personnes animées au don volutes de cela et quand même ce qui doit faire sens dans votre livre respirez aux édition de l'observatoire il ya quand même deux mea culpa notamment sur vélib est sûre autolib vous vous reconnaissez qu'il s'agit de deux ratages un bain sur auto sur vélib d'abord ça a été une catastrophe c'est clair terrible on a fait d'elle est dans l'équipe des matins ce week-end ça va mieux mais coût des catastrophes et ça je c'est vrai que moi je pense d'abord à tous ces parisiens qui avaient décidé de ne plus prendre de voitures ou de ne plus passer par les transports en commun mais par vélib et c'est tellement agréable de faire du vélo puis c'est un service public c'est on le prend à un endroit on le laisse un autre c'est accessible en termes de prix donc bien sûr que je pense et j'ai cette colère encore parce que ces parisiens et parisiennes ont été bloqués empêché de prendre ce service auquel nous tenue en un temps si vous étiez très hostile à deux coups mais non enfin vous savez on est dans un pays où il ya des lois la loi nous impose est de refaire un marché voilà moi pourquoi observateurs puisque finalement les prix des gens qui manifestement était incapable d'assurer le service pour lequel il avait été choisi d'abord si vous savez si la loi ne m'avait pas obliger à passer un nouveau marché je n'aurais pas passer de nouveaux marchés puisque le service allait très bien même si il y avait un changement à faire à la fois de périmètre puisque on a voulu en faire un vraiment un service métropolitain ce pour toutes les communes autour de paris et la deuxième chose c'est qu'on a introduit l'électrique donc on a changé aussi de technologies donc ça c'est la première chose ensuite la loi c'est la loi et moi je suis maire de paris je respecte la loi même si en l'occurrence l'entreprise qui a été retenu pas que par mois puisque ça a été aussi une décision englobant de très très nombreuses communes même si j'en assume une part de responsabilité importante l'entreprise n'était pas prête donc une fois que nous avons constaté cela avec beaucoup de colère avec beaucoup d'amertume il y a eu des décisions de prises du côté de l'entreprise je salue la l'arrivée de arnaud marion le directeur qui est venu là pour manager cette crise du côté de l'entreprise moi aussi de mon côté j'ai mis en place une gestion de crise et nous sommes je pense en train de remonter la pente en tous les cas même si ce n'est pas parfait j'en conviens moi aussi j'ai je suis utilisatrices de vélib et il m'est encore arriver puisque je suis une usagère donc je vois moi même aussi les les évolutions du service je vois qu'il ya encore quelques problèmes mais quand même on en voit beaucoup plus est les vélos sont en train de redevenir ce moyen de transport très apprécié par les parisiens outre rasage autolib alors ce n'est pas votre choix c'est celui du maire précédent bertrand delanoë mais vous l'assumez est amicale d'hier est-ce que la choisir bolloré avec une technologie particulière ce qu'on appelle des batteries chaudes c'était pas la promesse d'avoir un ratage à terme ce qui est intervenu je pense que autolib avec les voitures de bolloré ont été en fait une une grande première c'est vraiment ce qui a permis de lancer dire mais également attendait ça a permis d'abord de lancer un service en autopartage électrique ça a permis d'équiper la ville ça a permis vraiment le lancement de l'autopartage et en voiture électrique ensuite c'est vrai qu'il ya eu une dégradation du service que le service n'a jamais été rentable il a toujours été déficitaire peut-être parce que c'est un service public peut-être qu'il faut voir les choses un peu différemment et qu'on n'aurait pas dû se dire qu'il serait rentable un jour toujours est il que là c'est plutôt l'entreprise bolloré qui a décidé de passer dans une version radicale de les communes payent une somme astronomique ou alors on arrête le service on a regardé les choses avec mes adjoints je pense bien sûr à christophe nadjovski mais aussi jean louis missika chargé à mes côtés de l'innovation et on s'est dit bon on va saisir cette opportunité pour passer à autre chose parce qu'en fait ce qu'on a regardé ses d'autres villes je pense à madrid notamment où des systèmes d'autopartage électrique sont en train de se déployer fonctionne fonctionne bien et donc on est en train de mettre en place d'ici la fin de l'année avec le salon de l'auto vous en parlais tout à l'heure le mondial de l'auto qui s'ouvre à paris les constructeurs sont là avec les véhicules électriques et avec une offre d'autopartage notamment pour paris qu'ils vont promouvoir et développer et qui sera un plus pour les parisiens anne hidalgo vous êtes également au coeur d'un débat national sur la gratuité des transports publics valérie pécresse qui dirige la région elle a considéré que c'était une mauvaise idée pourquoi vouloir faire lettre la gratuité on se dit qu'il peut y avoir un effet d'aubaine pour des gens qui ont l'argent de payer les transports en commun et qui du coup vont se retrouver comme des usagers gratuit d'abord moi j'aime bien travailler de façon rationnelle et objective il ya un certain nombre de villes et y compris en france je pense à la ville de dunkerque qui est passé à la gratuité et j'ai vu récemment le maire de dunkerque qui tirait un bilan très positif pour sa ville de cette mesure moi je n'ai pas tranché je ne rentre pas dans un sujet sans me renseigner sur le sujet sans en comprendre les tenants et aboutissants et sans le mettre sur la place publique avec les arguments rationnels donc j'ai demandé à trois de mes adjoints de mener une étude sur la gratuité la question par laquelle moi je leur ai demandé de rentrer même si bien sûr ils vont examiner d'autres question c'est est-ce que la gratuité peut être un l'attrait pour les transports en commun et permettent de mieux lutter contre la pollution voilà moi ma question elle est là comment on fait dans une agglomération danse comme paris sa métropole pour que on donne la possibilité l'opportunité à ceux qui aujourd'hui utilisent encore d'une voiture individuelle une voiture individuelle thermique c'est à dire polluantes comment on fait pour leur donner le goût les opportunités pour aller vers d'autres modes de déplacement et est ce que la gratuité en est un mes équipes sont en train de travailler et ça sent très sérieuse des équipes universitaires sont en train de plancher on a demandé aussi des contributions au parisien et j'aurai les éléments d'ici la fin de l'année à la fin d'année il y aura un débat il y aura un débat au conseil de paris et fin de l'année au début d'année prochaine sur cette question là et chacun pourra se faire une opinion moi je ne rentrent pas dans un sujet d'une telle importance d'une telle complexité faut accepter la complexité des choses mais on ne rentre pas de façon manichéenne c'est pas je suis pour je suis content j'aime j'aime pas assez c'est quand même beaucoup plus important que ça la question qui nous est posée donc je préfère y travailler sérieusement vous avez été victime d'un certain nombre de critiques alors chacun décidera si celles ci sont justifiées ou pas en tout cas dans votre livre vous écrivez en tant que femme de pouvoir j'ai dû me construire pour résister aux attaques dont je faisais l'objet avez vous l'impression que le hidalgo bashing est lié aussi au fait que vous êtes une femme est ce qu'un homme n'aurait pas à essuyer les mêmes critiques selon vous anne hidalgo je pense que la vie politique est forcément dur pour tout le monde et que accepter une responsabilité politique accepté d'être exposée dans un monde où voilà quand même le débat public est moins un débat que 1 espace d'affrontements permanent donc c'est forcément difficile pour tout le monde après vous savez c'est pas à moi de faire des développements là-dessus mais je pense que quand même on en est pas sorti de du plafond de verre pour les femmes sinon elle ne serait pas exactement dans la situation dans laquelle elles sont aujourd'hui en france y compris sur le plan politique vous dites que être maire de paris aujourd'hui c'est et être seul votre premier adjoint bruno julliard vous acquittez décidé ces êtres sol h 45 alors puisque votre premier adjoint vous acquittez alors d'abord décider c'est assumer la responsabilité que qu'on doit prendre soi même même si c'est bien sûr après une large concertation mais être maire de paris c'est mon cas aujourd'hui c'est être très entouré et notamment vous n'êtes pas isolé a pas du tout je suis une femme qui travaille avec une équipe une équipe extrêmement engagés et motivés et puis les parisiens vous savez quand on les sollicite les parisiens ils sont soixante quinze mille à répondre présent sur le climat à 15000 à dire qu'il veut l'aide volontaire sur le climat 200 milles à répondre sur et a voté pour le budget participatif non je ne me sens pas seule la maire de paris est notre invité anne hidalgo vous publiez respirer restez avec nous il est 8 heures sur france culture