Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Chancelier allemand Olaf Scholz.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:50RelanceRéponse directe
Sur Gaza, cette résolution avec l'Algérie, tous les Européens voteront-ils pour ?
- 22:00OuverteRéponse partielle
Envoyer des instructeurs français en Ukraine ?
- 24:10RelanceÉludée
Pourquoi parler de négociations alors que la situation s'enlise ?
- 28:00OuverteRéponse directe
Impunité d'Israël ? Sanctions ou reconnaissance de la Palestine ?
- 32:30OuverteRéponse directe
Doubler le budget de l'UE est-il réaliste ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Financement commun : l'Allemagne change-t-elle de position ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:10Emmanuel MacronPromesse
« Nous avons promis de soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire. »
- 7:30Emmanuel MacronChiffre
« Nous voulons permettre à l'Ukraine de bénéficier d'un financement supplémentaire de plusieurs milliards. »
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Emmanuel, bienvenue au château de Meseberg. Et tout d'abord, un grand merci pour ta visite en Allemagne, une visite très importante. Cher Emmanuel, tout d'abord, merci d'avoir dédier trois jours à cette visite en Allemagne, et merci d'avoir été en dialogue direct avec les citoyens.
C'était pour nous une très grande joie de célébrer les 75 ans [INAUDIBLE] était un magnifique plaidoyer pour l'amitié franco-allemande, mais également une source d'inspiration pour notre travail conjoint en faveur d'une Europe forte et souveraine. L'Allemagne et la France sont des amis européens. Des amis qui défendent et vivent ensemble les valeurs européennes.
Qu'on soit tout à fait d'accord, la sécurité et la stabilité sur le continent européen sont d'une importance capitale actuellement. Le soutien à l'Ukraine reste notre principale préoccupation commune. Les récentes attaques de la Russie le montrent une fois de plus, très clairement.
La population civile à Odessa, qui [INAUDIBLE] dans de nombreuses autres villes, souffrent d'une guerre sans merci. Les soldats ukrainiens font preuve d'héroïsme dans leurs efforts pour défendre leur pays contre l'impérialisme russe. Notre priorité absolue reste d'apporter un soutien solide à l'Ukraine, surtout en matière de livraison des systèmes de défense aérienne et dans la reconstruction des infrastructures énergétiques gravement endommagée.
Nous avons promis de soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire. En tant qu'allié, nous tous, l'Allemagne et la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada, l'Europe dans l'ensemble et nombre d'autres, apportent depuis plus de deux ans une aide très importante sur le plan politique, humanitaire, financier et militaire. l'Espagne vient d'élargir son soutien.
Emmanuel et moi sommes d'accord. Nous devons maintenant passer à l'étape suivante pour donner une nouvelle base à ce soutien. Nous en discutons en ce moment intensément entre les États du G7 et au sein de l'Union européenne.
Un des aspects que nous regardons sont les windfall profits, soit les intérêts perçus sur les actifs russes gelés en Europe. Nous voulons regarder des possibilités, s'il y a un moyen de les utiliser pour un financement. Notre objectif est de regrouper nos efforts collectifs et de les intensifier pour utiliser le potentiel complet en tant qu'Etat du G7 avec l'Union européenne et avec nos partenaires internationaux.
Nous voulons permettre à l'Ukraine de bénéficier d'un financement supplémentaire de plusieurs milliards afin qu'elle puisse assurer sa défense de manière fiable et renforcer ainsi la sécurité en Europe. Dans les semaines à venir, Nous travaillerons intensément à nos consultations pour soutenir une Ukraine souveraine, démocratique et libre. Mesdames et Messieurs.
La situation dans le Proche Orient est également quelque chose qui nous préoccupe. Plus de 100 otages sont encore détenus par l'organisation terroriste du Hamas. Les villes israéliennes continuent d'être la cible de roquettes.
Il n'y a toujours pas de sécurité pour Israël. Ce que nous demandons est clair. Les terroristes du Hamas doivent immédiatement libérer tous les otages et accepter un cessez-le-feu à long terme.
Nous sommes en contact avec les pays médiateurs, le Qatar, l'Égypte et les États-Unis, et nous les remercions de leurs efforts inlassables, il est vraiment temps qu'un accord soit trouvé. Il faut être clair également Israël doit agir dans le respect du droit international. Il doit assurer l'approvisionnement humanitaire des personnes à Gaza.
Et il revient au gouvernement israélien d'assurer que les biens humanitaires nécessaires puissent arriver sur place. Hier, nous avons appris qu'un incident tragique s'était produit. Un camp de réfugiés a été bombardé et de nombreux innocents ont été tués.
Le Premier ministre Netanyahu a annoncé l'ouverture d'une enquête sur cet incident, ce qui est aussi juste que nécessaire. Cet incident montre une nouvelle fois pourquoi l'Allemagne, comme de nombreux autres pays, s'est toujours opposée à une offensive terrestre de grande envergure à Rafah parce qu'il ne peut justement pas y avoir de protection suffisante de civils. Et l'incident de hier le démontre cruellement.
On parlait d'un de ces sujets internationaux, Emmanuel et moi. Mais nous avons également parlé de sujets européens. Nous sommes unis par le désir d'une Europe souveraine et géopolitique.
Une condition préalable importante, c'est de l'élargir, élargir cette Union, notamment aux pays des Balkans occidentaux, et de mettre en place les réformes internes de l'Union qui ont été trop longtemps laissées de côté. Avec nos deux gouvernements à Berlin et à Paris, nous voulons renforcer la sécurité et la défense en Europe maintenant et à l'avenir, contre toute menace. C'est la conséquence logique du tournant historique dont j'ai parlé après l'invasion russe.
Nous en parlerons également Lors du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. Cher Emmanuel, tu as souligné dans ton discours à la Sorbonne ainsi qu'à hier à Dresde que les Européens contribueront davantage au partage des charges au sein de l'Alliance transatlantique. Et c'est pour cela que nous renforcerons la coopération étroite de l'Allemagne et de la France en matière d'armement, de sécurité et de défense, notamment dans le développement d'armes de précision à distance.
Nous sommes d'accord pour faire avancer cela avec le Royaume-Uni. Mesdames et Messieurs, lors du Conseil des ministres franco-allemand, nous discuterons de la manière dont l'Union européenne peut rester compétitive. Pour ce faire, nous formulerons, les législateurs européens à venir, un nouvel agenda pour la compétitivité et la confiance.
Nous parlons ici également des possibles impulsions pour la prochaine Commission européenne, pour les technologies et l'industrie de l'avenir. l'Europe doit renforcer ses propres capacités. Il nous faut un marché intérieur plus fort pour que les entreprises puissent développer de nouveaux produits et services innovants ici en Europe.
Il est tout aussi important que nous éclaircissant le maquis de la bureaucratie. Nous avons besoin de procédures plus rapides, plus simples. Et je suis heureux de constater que la présidente de la commission a repris notre initiative conjointe de l'automne.
C'est déjà un début. Nous, l'Allemagne et la France, nous continuerons néanmoins de promouvoir l'allègement bureaucratique et les procédures plus rapides dans l'Union Européenne. Nous voulons, nous devons garantir la compétitivité de l'Europe, ce qui nécessite des investissements, surtout des investissements privés.
Trop d'entreprises se tournent vers l'autre côté de l'Atlantique pour financer leur croissance. Trop d'épargne sans investissement à l'étranger et non plus dans l'Union européenne. Nous sommes d'accord.
Nous avons enfin besoin d'un marché financier européen intégré, ce qui implique une Union européenne des marchés des capitaux. C'est pour cela que nous œuvrons pour des progrès concrets dans des domaines clés, dans l'harmonisation des régimes nationaux, du droit de l'insolvabilité, des normes fiscales communes, le marché de la titrisation et le renforcement de la surveillance des marchés de capitaux à l'échelle de l'Union européenne. Autre point important, c'est de mobiliser davantage de capitaux privés, par exemple en permettant aux investisseurs privés d'accéder à des produits d'épargne et de retraite. [INAUDIBLE].
Mesdames et Messieurs, cher Emmanuel, nous nous retrouvons aujourd'hui au château de Meseberg pour conclure une visite d'Etat historique du Président de la République française. Une visite qui a rajouté un chapitre important à ce long récit de l'amitié franco-allemande, qui a montré à quel point les liens entre nos pays, entre nos peuples et entre nos gouvernements sont devenus étroits au cours des dernières décennies. Et j'y rajoute, Les liens étroits entre le chancelier fédéral allemand et le président français Emmanuel, bienvenue au château de Meseberg.
Merci beaucoup Monsieur le Chancelier. Cher Olaf, Mesdames et Messieurs, bonjour à tous. Je suis très heureux de pouvoir me retrouver à tes côtés à Meseberg pour la dernière étape de cette visite d'Etat qui a commencé dimanche.
Et je veux ici vraiment remercier Monsieur le Chancelier et Monsieur le Président fédéral Steinmeier pour leur accueil de Berlin à Dresde, Münster et maintenant à Meseberg. Cette plongée ensemble face aux défis qui sont les nôtres, avec des étapes très variées et beaucoup d'avancées. Et je suis très heureux de me retrouver à tes côtés pour pouvoir en effet, de manière très concrète, ensemble, relever beaucoup des défis qui sont les nôtres.
Et c'est ce que nous allons faire dans notre Conseil des ministres franco-allemand, le 24ᵉ du nom, et dans ce Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. Évidemment, le premier enjeu, Monsieur le Chancelier vient de le rappeler, est celui de de l'Ukraine, de la sécurité de notre Europe, de notre paix. Là-dessus, la position de l'Allemagne et de la France est commune depuis le début, main dans la main, et notre soutien à l'Ukraine durera aussi longtemps et aussi intensément que nécessaire.
Nous avons intensifié celui-ci ces derniers mois ensemble et nous avons aussi bâti des canaux bilatéraux et multilatéraux nouveaux pour mettre en œuvre des axes d'effort que nous avions définis lors de la conférence du 26 février dernier à Paris. Et je veux d'ailleurs remercier l'Allemagne pour l'action immédiate en matière de défense aérienne, qui a été coordonnée par vous et qui s'inscrit pleinement dans cette ligne. Nous sommes en train aussi de compléter et d'accroître notre soutien et j'aurai l'occasion dans les prochains jours, nous en avons parlé avec le Chancelier, de revenir sur des capacités additionnelles et la poursuite de notre aide à l'égard de l'Ukraine.
Au delà de cela, comme l'a dit le Chancelier, nous convergeons pour apporter une aide financière supplémentaire. Comme depuis le début, nous l'avons fait en Européens en bâtissant des accords pour avoir de nouvelles facilités, de nouveaux financements européens de soutien à l'Ukraine depuis le début de cette année, et notre souhait que nous puissions poursuivre le même effort à l'échelle du G7. Nos ministres ont commencé le travail et nous travaillerons de concert pour que d'ici au G7, qui se tiendra à la mi-juin, nous puissions avoir une initiative commune impliquant tous les pays du G7 afin de renforcer justement le financement à l'Ukraine, de donner plus de clarté, plus de profondeur de champ à celui-ci en utilisant différentes techniques qui sont aujourd'hui sur la table.
Nous pourrons y revenir si les questions se posent. Au delà de l'Ukraine, c'est évidemment la question du renforcement de notre sécurité et de notre défense commune en Europe et en Européen qui nous tient à cœur. Et c'est ce dont nous allons discuter dans un instant.
A travers, là aussi, des réponses robustes, crédibles et communes. Je pense en particulier à la défense antimissile pour laquelle nous voulons renforcer notre autonomie aux frappes dans la profondeur, le chancelier vient de l'évoquer, sur lesquels nous sommes prêts à lancer une coopération de long terme ensemble. Autant de sujets sur lesquels, au fond, nous voyons bien que nous avons à bâtir un cadre commun de défense et de sécurité, définir des concepts communs, partager nos besoins, définir des capacités communes et renforcer à long terme la défense européenne, notamment par un soutien accru à la base industrielle et technologique de défense européenne.
C'est ce que nous avons ensemble poussé, ce qui a été confirmé par la Commission il y a quelques mois dans les propositions faites. Et l'enjeu est maintenant de réfléchir à des options de financement innovantes et crédibles sur lesquelles le Conseil européen a prévu de revenir le 27 et 28 juin prochain, avec justement l'idée que nous puissions aller davantage et en priorité vers les industries et les projets européens. Notre Conseil, à cet égard, permettra aussi de faire le point sur nos coopérations bilatérales en matière d'armement.
Je pense aux systèmes de combat aérien du futur et au système principal de combat terrestre. Ce projet d'avions de combat du futur et de char du futur, sur lesquels nos ministres ont signé le mois dernier encore un nouvel accord à Paris qui précise la répartition des responsabilités industrielles. Tout cela participe de la construction d'un cadre commun de paix et de sécurité en Europe, avec l'Union européenne, avec l'OTAN, avec la communauté politique européenne.
Et à cet égard, la coopération franco-allemande est déterminante. Au delà de ce sujet, nous allons pouvoir revenir sur les questions économiques, financières et de croissance européenne. Au fond, nous sommes convaincus l'un et l'autre que notre Europe a besoin d'innover, d'avoir encore plus de croissance et d'être au cœur de l'innovation, qu'il s'agisse des technologies vertes ou de l'intelligence artificielle.
Pour cela, il nous faut un choc d'investissements au sein de notre Europe et nous y reviendrons. Ce sera début de nos échanges dans le Conseil des ministres franco-allemand. Aller vers cette union de l'épargne et de l'investissement.
Depuis plusieurs années, nous en parlions et je veux vraiment dire qu'il y a, et c'est pour moi l'un des acquis et l'un des résultats très importants de ce Conseil des ministres que nous avons traduits dans un texte commun dans la presse, de manière raccourcie aujourd'hui, et un texte plus long qui sortira de ce conseil, la convergence entre nous deux est inédite à cet égard. Et je ne doute pas qu'elle entraînera maintenant un mouvement fort accéléré au sein de toute l'Europe. Elle était nécessaire et nous y sommes arrivés.
C'est en effet grâce à cela que nous pourrons bâtir, au fond, une véritable Europe des marchés de capitaux, c'est à dire une Europe de l'épargne et du financement commun. Nous avons aujourd'hui énormément d'épargne dans notre Europe. Cette épargne ne s'alloue pas au bon endroit et dans les bons secteurs et elle quitte aussi encore trop souvent, environ 300 milliards d'euros par an sur le sol européen, pour aller s'investir vers les capitaux américains.
Nous avons donc décidé ensemble d'appeler à la création d'un produit d'épargne européen, épargne financière, je le disais, massif 35 000 milliards d'euros. Et ce tel produit d'épargne qui va être fléchés sur nos priorités de long terme transition verte, intelligence artificielle, innovation, défense. C'est pour nous un élément de cohérence, d'efficacité, d'utilisation de cette épargne.
Ensuite, nous souhaitons que la Commission avance rapidement sur la question de la titrisation, qu'elle fasse des propositions opérationnelles au Conseil dans les tout prochains mois. Là aussi, sans tabou avec les réponses prudentielles adaptées pour que les acteurs financiers prennent plus de risques dans ce domaine. Enfin, nous donnerons mandat à nos ministres des Finances lors de ce CMF, à ce Conseil des ministres franco-allemand pour mettre en œuvre notre ambition commune en matière de supervision des services financiers, en matière également d'harmonisation du droit de nos faillites, droit des affaires et fiscalité et d'une plus grande convergence en matière fiscale.
Nous devons avoir aussi une réflexion robuste sur la transposition des règles prudentielles bancaires et assurantielles qui aujourd'hui écartent par trop du risque. Ce chantier est majeur. Il peut paraître technique, il est décisif pour le financement de nos économies et pour pouvoir mobiliser l'argent privé qui existe vers nos priorités.
Et c'est pour moi véritablement en acte, le couple franco-allemand qui montre des résultats concrets par cette décision. Le second sujet de ce Conseil des ministres sera notre contribution conjointe à l'agenda stratégique de l'Union européenne pour les cinq ans à venir, et un texte que nous allons ensemble signer et transmettre. Je n'entrerai pas ici dans le détail, le chancelier a déjà insisté sur plusieurs actes.
Mais au fond, quand on regarde les défis auxquels économiques auxquels l'Union européenne fait face, les pandémies, la compétition croissante, l'Inflation Reduction Act des États-Unis et la conséquence sur la réallocation des facteurs, évidemment, la guerre, les grandes transitions que j'évoquais en matière de climat et de numérique. Nous sommes donc face à un impératif qui est de soutenir la production sur notre sol innover encore davantage, mobiliser plus d'investissements, prendre plus de risques pour que l'Europe ne soit pas distancée par les autres grandes puissances. Et au fond, ce nouveau paradigme de croissance et de compétitivité que nous portons ensemble, c'est produire plus et plus vert, c'est simplifier les règles, comme vient de le dire à l'instant Monsieur le Chancelier massivement, c'est accélérer la politique industrielle européenne pour devenir leader d'ici 2030 dans les industries et technologies clés comme l'intelligence artificielle, le quantique, le spatial, la 5G et la 6G, les biotechnologies, les technologies à zéro émission nette et la chimie ou la mobilité.
C'est gagner la bataille de l'innovation et de la recherche en prenant plus de risques, c'est définir une politique commerciale capable de défendre nos intérêts plus équilibrés, et c'est stimuler davantage l'investissement public et privé, comme nous venons de le dire. C'est là aussi, à mes yeux, l'un des résultats importants de ce conseil. Et cette stratégie commune que nous défendons est à mes yeux un cadre structurant pour la Commission européenne et nos actions pour les cinq années à venir.
Car, comme je le rappelais encore hier et ce matin, il y a à cet égard urgence et le risque est grand pour l'Europe si nous ne prenions pas les décisions rapides importantes que nous venons de citer l'un et l'autre, de se voir distancer par les autres puissances et de perdre notre capacité à bâtir notre prospérité. Enfin, je veux avoir un mot pour la situation au Proche-Orient. La situation, en effet, à Rafah est effroyable et je ne veux pas revenir sur ce que j'ai déjà dit hier.
Il faut que les opérations israéliennes à Rafah cessent. Il n'y a aujourd'hui pas de zones sûres pour les civils palestiniens, la Cour internationale de justice a appelé Israël à mettre un terme à cette offensive qui met à risque les populations civiles déjà déplacées plusieurs fois pour éviter les combats. Notre position est claire depuis le premier jour, nous avons condamné avec fermeté l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre et le Hamas est responsable de cette situation.
Nous avons reconnu le droit d'Israël à se défendre, mais en respectant, comme toute démocratie, le droit international et le droit humanitaire. Nous avons constamment mis au cœur de nos priorités la libération des otages et je veux à mon tour remercier les puissances médiatrices qui nous aident à cet égard et nous réitérons notre soutien à toutes les initiatives en ce sens. Mais dès le mois d'octobre, nous avons appelé à un cessez-le-feu, car nous voyons bien que la réponse face au terrorisme du Hamas ne peut pas être une opération terrestre qui continue.
C'est pourquoi nous soutenons la demande algérienne de réunion d'urgence et nous bâtissons avec l'Algérie et tous nos partenaires au Conseil de sécurité, une résolution commune visant sur le terrain à répondre à cette urgence humanitaire, mais aussi à apporter des réponses en termes de cessez-le-feu et à donner un mandat de l'ONU clair sur Gaza. La sortie, plus largement, et c'est là un dernier point important des réponses que nous apportons depuis le premier jour, ne peut être que politique. Et c'est ce que je rappelais dans l'échange que j'ai eu avec nos partenaires arabes vendredi dernier.
Nous sommes prêts à travailler activement à une solution de paix. Elle est atteignable avec une volonté politique. Elle passe par un chemin, celui du jour d'après pour Gaza, plus largement pour un État Palestinien, ce qui suppose beaucoup de réformes, des évolutions, un équilibre régional, des éléments de sécurité garantis pour Israël.
Et c'est cette réponse politique d'ensemble qui est aujourd'hui une nécessité. Monsieur le Chancelier, à mon tour, je veux vous remercier pour la qualité de nos échanges à l'instant et la richesse de ce Conseil des ministres franco-allemand. vous remercier pour tout le travail commun, et redire ici qu'au delà de notre amitié commune, bâtie à l'aune des crises, je crois pouvoir dire que les décisions que nous avons prises à la fois face à la guerre en Ukraine lancée par l'agression russe, mais face à tous les défis des temps qui sont les nôtres, nous avons constamment pris des décisions communes, je crois, qui ont permis à l'Europe d'avancer.
Et ce que nous faisons à l'égard de ce Conseil, à l'occasion de ce Conseil des ministres, tant sur le financement de soutien à l'Ukraine que sur les questions de défense, que sur l'Union des marchés de capitaux, où la compétitivité et la croissance de l'Europe s'inscrit dans cette ambition franco-allemande. Notre amitié est en actes. Elle est faite d'une histoire, elle est faite de liens personnels qui nous unissent, mais aussi de décisions fortes prises au bon moment.
Et je crois que c'est le bon moment de prendre celle que nous actons aujourd'hui. Merci Monsieur le Chancelier, cher Olaf. Bonsoir, Philippe Ricard pour le journal Le Monde.
Juste à propos, pour rebondir ce que vous venez de dire sur Gaza, et sur Israël et Rafah, cette résolution que vous proposez, c'est une résolution, c'est une façon de faire rebondir le projet français de résolution au Conseil de sécurité, c'est ça ? En lien, en coopération avec l'Algérie. Dans quelle mesure êtes-vous sûr que l'ensemble des Européens voteront cette résolution, en particulier l'Allemagne ?
Bon, ça, c'était la question de rebond sur ce que vous venez de dire. Et puis sinon, sur l'Ukraine, je voulais savoir si, Monsieur le Président de la République, vous avez en tête d'envoyer des instructeurs français, effectivement, sur le terrain en Ukraine, où en est on ? Les Ukrainiens ont dit qu'ils étaient prêts, ont quasiment dit que les instructeurs étaient même arrivés sur place.
Pour quoi faire, des instructeurs français en Ukraine ? Est ce que vous pensez M. Scholz ?
Que pensez-vous de la perspective d'envoyer des instructeurs français en Ukraine ? Vous avez été très sceptique il y a quelques mois sur l'envoi de troupes occidentales en Ukraine. Est ce que c'est une bonne idée d'envoyer des instructeurs français ?
Et puis dans ce contexte, pourquoi parler autant de négociations et de paix pendant le voyage ? À plusieurs reprises, vous avez parlé de négociation? Je crois, monsieur Macron, alors que la situation s'enlise sur le terrain, les combats s'enlisent, les Russes sont à l'avantage.
Pourquoi relancer l'idée d'éventuelles négociations ? Merci. Sur votre première question, l'objectif qui est le nôtre, et ce sera tout le travail de nos diplomates dans les prochaines heures et les prochains jours et d'apporter une réponse complète à la situation.
Pas simplement le projet qui avait pu déjà être avancé, mais de le compléter, de l'enrichir aussi, au vu de la dégradation de la situation et de ce qui s'est passé ces derniers jours et qui est absolument dramatique. Je le dis parce que c'est notre devoir à tous égards. Donc, nous allons compléter ce travail, le poursuivre, et ce sera le travail des prochains jours, en effet, de convaincre l'ensemble de nos partenaires.
Et j'ai tout à fait confiance dans notre capacité à trouver justement des décisions et aussi une manière de les exprimer commune avec en particulier nos partenaires européens, mais de convaincre, au-delà, ceux qui pourraient bloquer une résolution indispensable pour la situation à Gaza. Si vous faites référence à ce qui a été hier émis sur certains canaux de communication par nos partenaires ukrainiens, je crois que eux-mêmes ont corrigé ces traces. Donc je n'ai pas pour l'habitude de commenter des rumeurs ou des décisions qui pourraient arriver.
Nous avons un cadre précis d'action. C'est soutenir l'Ukraine, faire tout ce qui est nécessaire et aussi longtemps que nécessaire. Je me suis déjà exprimé à plusieurs égards et j'aurai l'occasion, lorsque le président Zelensky se rendra en France à l'occasion du D-Day la semaine prochaine, de le recevoir, et, à ce moment là, de m'exprimer très précisément pour annoncer ce que nous allons faire.
Mais je ne ferai pas de commentaire sur ce qui a été des communications non coordonnées et malheureuses. Ensuite, j'ai parlé de paix à plusieurs reprises, parce que je crois que c'est notre objectif. Et il se trouve que ce matin, à Münster, on parlait de paix.
Je ne crois pas avoir parlé de négociations. Il se trouve que l'Ukraine a pris l'initiative avec la Suisse d'organiser une conférence qu'elle a appelé elle même de paix. Donc je ne pense pas que ce soit un gros mot, y compris pour les Ukrainiens, et c'est comme ça qu'ils veulent finir.
J'ai rappelé simplement des choses très simples durant ce voyage. La paix, ce n'est pas la capitulation de l'Ukraine. Ça, c'est un point très important parce qu'il peut...
Aujourd'hui, il y a des faux pacifistes en Europe, dans tous nos pays, des gens qui disent nous, on est pour qu'on arrête tout de suite. D'ailleurs, si on suit aujourd'hui la voix d'une partie des autorités russes, du président, il va à travers le monde en disant : "Moi, je suis pour la paix. Ils ont qu'à me donner les territoires que j'ai envahis par la force." Ça n'est pas la paix, ça n'est pas notre vision de la paix.
Je l'ai dit et rappelé, la paix ne peut être que durable et donc dans le respect du droit international. Ensuite, je pense que personne ne croit que la paix reviendra uniquement par les armes. Et donc nous, nous avons un principe simple, c'est que nous sommes pour les négociations.
Mais le jour où elles seront décidées par les deux parties, en particulier par les Ukrainiens et qu'elles se feront dans des conditions souhaitables et bonnes pour eux, qu'elles ne soient pas imposées. C'est l'inverse de la capitulation. C'est pas le jour, c'est pas l'heure.
Vous l'avez très bien dit. Par contre, il faut constamment parler de paix pour rappeler que nous bâtissons par notre aide à l'Ukraine les conditions de la paix. On aide un pays qui est envahi par une puissance révisionniste et impérialiste à se défendre lui-même pour pouvoir un jour ouvrir des négociations de paix.
Faisant référence à la discussion de ce matin, j'espère ardemment que ce ne soit pas dans 30 ans. [INAUDIBLE], merci. Monsieur le président, l'Allemagne a initié un système lié au bouclier anti-missile.
Un grand nombre de pays y participent déjà. Quand est ce que la France décidera de participer à ce projet ? Et pour l'Ukraine, le président ukrainien. voudrait, à côté des instructeurs occidentaux, la permission de pouvoir attaquer des positions russes avec des armes occidentales.
Est ce que la France serait prête à donner cette autorisation, par exemple pour les cibles [INAUDIBLE] ? Monsieur le Chancelier, pour le bouclier antimissile, c'est important pour vous que d'autres pays comme la France ou l'Italie participent ? Et comment est ce que vous imaginez le financement ?
Est ce que vous pouvez imaginer un financement européen tel que proposé par la Pologne et la Grèce ? Et concernant les instructeurs en Ukraine et les attaques sur le territoire russe avec des armes occidentales, il faut se poser la question si ce serait une participation directe à la guerre, si cela signifierait une telle participation. C'est quelque chose que vous aviez exclu.
Est ce que ce serait donc une participation ? Est ce que ce serait une ligne rouge ? Merci beaucoup pour vos questions.
D'abord sur la question d'une défense, d'un bouclier, d'une défense sol-air et d'une initiative qui a été prise par l'Allemagne, nous sommes dans une situation, une stratégie qui est capacitaire, qui est très différente entre l'Allemagne et la France. Et ceci, parce que la France est une puissance dotée de l'arme nucléaire avec une capacité aérienne et océanique, ce qui lui donne une capacité de dissuasion. Et ce qui nous place de fait dans des positions très différentes au regard des risques auxquels nous sommes exposés.
Et donc il est légitime que chaque pays en Europe regarde les risques auxquels il est exposé et cherche à se protéger au mieux et en fonction à la fois de son histoire et de ses préférences. Et donc c'est en fonction de ces différences que nous appréhendons les choses. Donc je pense que l'initiative allemande a le mérite de poser cette question de manière tout à fait pertinente pour tous les pays qui n'ont pas la dissuasion et dans un cadre qui a changé et que je rappelais moi-même.
Cela paraît antédiluvien au vu du rythme de l'actualité. Mais en 2019, lorsque les Etats-Unis, de manière unilatérale, avaient décidé eux-mêmes de sortir du traité FNI, nous plaçant dans une situation en quelque sorte où nous, Européens, on était exposés à certaines armes détenues par les Russes, sans cadre. Donc c'est fort de ces différences qu'on n'a pas forcément les mêmes initiatives.
La clé est ce que nous allons ensemble poser lors de ce conseil franco-allemand de défense et de sécurité, et je pense que c'est à cet égard que, pour moi, le moment que nous vivons est très structurant. C'est qu'enfin, nous sommes en train de nous poser les questions les plus fondamentales qui sont : Quels sont nos ennemis aujourd'hui ? Quels sont nos adversaires, quelles sont leurs capacités et les risques qu'ils nous font courir ?
Quels sont leurs potentiels alliés ? Quels sont les risques que nous avons demain ? Et fort de cela, en Européens, indépendamment des alliances que nous avons et de l'OTAN, indépendamment de celles-ci, et en complément, parce que c'est exactement comme ça qu'est pensé l'initiative dite [INAUDIBLE] de bâtir des réponses stratégiques plus capacitaires européennes.
Et de la défense solaire à la question des tirs dans la profondeur, de la manière d'intégrer dans une stratégie européenne le fait que plusieurs puissances britanniques et françaises aient une capacité de dissuasion propre, tout cela est à intégrer dans un cadre commun de sécurité et de défense. C'est cela que nous sommes en train de bâtir et que nous allons maintenant structurer. Pour ce qui est de votre deuxième question qui a été soulevée en effet par certains de nos partenaires et alliés qui ont manifesté de manière explicite leur intention de permettre, la France a toujours le même cadre d'action en Ukraine.
Nous soutenons l'Ukraine pour résister et défendre son territoire et nous ne voulons pas d'escalade. C'est le même cadre dans lequel nous voulons intervenir. Ce qui a changé, c'est que la Russie a un peu adapté ses pratiques.
Plusieurs d'entre vous, dont un bon journal du soir en France, ont sorti cette carte qui est très juste, qui vous montre que le sol ukrainien est attaqué de fait depuis des bases, qui sont en Russie. Alors comment on explique aux Ukrainiens qu'il va falloir protéger ces villes et au fond, tout ce qu'on voit en ce moment autour de [INAUDIBLE], si on leur dit "vous n'avez pas le droit d'atteindre le point d'où sont tirées les missiles." En fait, on leur dit "on vous livre des armes, mais vous ne pouvez pas vous défendre." Donc nous, on reste exactement dans le même cadre.
On pense qu'on doit leur permettre de neutraliser les sites militaires d'où sont tirés les missiles et les sites militaires depuis lesquels l'Ukraine est agressée. Mais on ne doit pas permettre de toucher d'autres cibles en Russie, évidemment, des capacités civiles ou d'autres cibles militaires. Quand c'est depuis des cibles identifiées en Russie que l'Ukraine est agressée, eh bien, je pense qu'on doit pouvoir leur permettre de le faire si on veut véritablement retenir notre objectif.
Et je crois pouvoir dire que factuellement, nous ne sommes pas escalatoires en faisant cela, puisque c'est la Russie qui s'organise de cette façon. Vous l'avez entendu dans la réponse de Monsieur le Président. Il y a différentes différentes situations géographiques.
Il y a des pays dans l'Union européenne tels que la France, qui ont des armes nucléaires. Donc il y a des perspectives différentes sur ce qui est nécessaire. Nous avons une stratégie au sein de l'OTAN.
Et nous sommes d'accord qu'il faut agir ensemble. L'initiative avec le bouclier antimissile, c'est l'initiative des pays qui n'ont plus de défense aérienne, qui a été réduite depuis un certain temps. Donc de permettre d'avoir des possibilités de défense aérienne.
Et nous voyons maintenant que c'est très nécessaire vu la situation en Ukraine. Donc, c'est quelque chose que nous avons mis à disposition avec nos chars, avec IRIS-T, avec nos blindés aériens à lui IRIS-T est un système de très haute précision, avec nos missiles patriotes, Et donc cela concerne également les différentes couches d'un système de défense. Nous l'avons décrit dans notre [INAUDIBLE] Il y a un grand nombre de participants.
Bien sûr, c'est toujours bien d'avoir beaucoup de participants, de financement. Nous parlerons de ce sujet plus tard. Concernant la question du développement de l'industrie européenne en matière de défense, il y a trop peu de production de systèmes de défense et ce serait mieux d'avoir une coopération.
Le SSI, donc le bouclier antimissile, est un exemple à suivre. En ce qui concerne la question des activités de l'Ukraine, je voudrais le dire de façon plus générale maintenant, parce qu'on parle souvent de cette question. L'Ukraine a toutes ses possibilités dans le cadre du droit international pour ce qu'elle fait, elle a été attaquée, elle a été envahie et elle a le droit de se défendre.
C'est parfois étrange d'entendre des voix qui disent qu'elle ne pourrait pas se défendre, qu'il y aurait des mesures qu'elles ne pourraient pas prendre. C'est une condition que nous n'avons jamais, jamais imposées, ni nous, ni nos amis européens. Bien sûr, il faut se poser la question de l'utilisation des systèmes qui sont livrés par les Etats-Unis, par l'Allemagne.
Nous avons des règles qui assurent, qui garantissent que cela se fait dans le cadre du droit international. Nous avons convenu de cela et cela a fonctionné dans la pratique et cela va continuer à fonctionner. Nous parlons bien sûr d'armes différentes.
Nous avons mis à disposition de différents types d'armes, donc c'est très, très différent. Bonsoir, Monsieur le Chancelier, Monsieur le Président, Bastien Auger pour la télévision française, TF1 et LCI. Vous avez évoqué tout à l'heure vous même ces frappes israéliennes qui ont tué 45 personnes selon les Autorités Palestiniennes.
Aujourd'hui, elles évoquent 21 personnes tuées dans une autre frappe. Ça a créé beaucoup d'indignations. On l'a vu notamment cet après-midi en France, où il y a eu un incident à l'Assemblée nationale.
Je ne sais pas, monsieur le président, si vous souhaitez le commenter. Mais au-delà de cela, sur le fond, on a entendu tout à l'heure et dans vos communiqués les mots de nos deux pays pour condamner ces frappes. Mais au-delà des mots, est ce que vous comprenez, et qu'est ce que vous répondez aux critiques de ceux qui dénoncent selon eux une impunité d'Israël, voire une passivité de la part de nos pays ?
Est ce qu'il est envisageable pour vous de songer à des sanctions, par exemple financières, ou sur les livraisons d'armes à Israël ? Et est ce que vous envisagez aussi pour envoyer un signal, comme l'ont fait des partenaires comme l'Espagne, ou comme l'Irlande et la Norvège, de reconnaître à court terme l'État de Palestine ? Je vous remercie.
Nous ne devons pas oublier que la guerre actuelle a ses origines dans l'attaque du Hamas sur des citoyens israéliens. l'année dernière. Nous voyons souvent des vidéos de cet attentat atroce à la télévision.
C'était une attaque déshumanisante faite pour soumettre d'autres personnes. Et ces images étaient voulues. Ils voulaient qu'on voit dans le monde entier que des citoyens israéliens soient déshumanisés, pour ainsi dire.
C'était un attentat, c'était une attaque atroce Et Israël a le droit de se défendre contre le Hamas. Nous avons vraiment été clair dans notre position par rapport à ces questions. C'est-à-dire qu'il faut libérer les otages.
Des citoyens israéliens sont toujours des otages, toujours détenus. Il faut également acheminer de l'aide humanitaire à Gaza. Nous soutenons les airdrops, et nous soutenons l'acheminement par la voie maritime.
Il faut avoir la possibilité d'avoir suffisamment de biens humanitaires dans des camions à Gaza. C'est une responsabilité qui revient à Israël de permettre cet acheminement. 500 camions par jour sont nécessaires pour assurer l'approvisionnement, la prise en charge des citoyens en termes de santé, l'approvisionnement de nourriture, etc.
Pour ce qui est de la Cisjordanie, pour les questions de colonisation, pour les violences contre les Palestiniens, voilà des questions que nous avons mentionnées. Il faut respecter le droit international, et nous nous sommes opposés à une une offensive de grande envergure à Rafah. Il y a un grand nombre de réfugiés dans cette zone et nous n'imaginons pas qu'il y ait une activité militaire possible qui ne qui ne mènerait pas à un grand nombre de victimes civiles.
Et malheureusement, nous avons vu que tel était le cas. C'est nécessaire donc, de mener des mesures d'instruction. Nous disons souvent qu'il faut y voir une perspective.
Et cette perspective, c'est la solution à deux États. Cela signifie qu'Israël peut être sûr que [INAUDIBLE] qu'un État puisse être là, qui n'a pas sa propre armée. Mais il est question d'assurer la sécurité commune entre Israël et les voisins.
Et pensons également au Qatar, à l'Égypte, à l'Arabie Saoudite. Et quand nous regardons les évolutions des dernières semaines, des derniers mois, nous voyons clairement que ceci pourrait être possible. Les voisins d'Israël veulent cette sécurité conjointe et ce serait le bon moment de miser sur cette perspective d'une solution à deux États.
C'est quelque chose qu'il ne faut pas perdre de vue. Il s'agit toujours de l'espérance. L'espoir d'avoir un gouvernement pour les citoyens Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.
Et cet espoir est important. Nous avons vu en Europe que l'espoir peut être tellement important que, par exemple, dans les années 70, cela a permis aux Espagnols et Portugais de s'opposer à leur dictature, de devenir membre de l'Union européenne. Quelles perspectives pour cet espoir ?
Les peuples d'Europe centrale ont pu se libérer du rideau de fer, ont pu créer des États démocratiques au sein de l'Union européenne. Et cette espérance qui permet un vivre ensemble en paix, c'est une espérance qui doit également s'installer au Proche-Orient et je pense que je peux également le dire par rapport à l'amitié franco-allemande, c'est vraiment une histoire de réussite immense. Cette création, c'est la création de cette amitié franco-allemande après la deuxième guerre mondiale où l'Allemagne était à l'origine de 6 millions de morts, après toutes ces destructions, après tout ce que les Allemands ont également commis d'atrocités en France, nous avons néanmoins réussi à avoir une union, donc une réussite.
C'est une expérience que nous pouvons citer face au Proche-Orient. Il est possible d'avoir un avenir en paix de deux États l'un à côté de l'autre, même juste, même directement après un horrible conflit. Nous l'avons démontré.
La France et l'Allemagne en tant que l'amitié franco-allemande. Je ne veux pas ici redire, répéter ce que j'ai évoqué dans mon propos initial sur la situation. Je veux être très clair, il n'y a pas pour nous de doubles standards.
Et donc le respect du droit international vaut partout et la considération pour que nous avons pour les vies est la même pour toute vie. C'est d'ailleurs pourquoi il n'y a pas à nos yeux non plus d'impunité et que nous soutenons la justice internationale, son travail partout où elle doit le faire et où elle le fera. Au moment où je vous parle, nous considérons que l'action la plus utile est en effet d'obtenir un cessez le feu et un cadre international qui permette tout à la fois d'assurer la sécurité d'Israël, le respect du droit humanitaire et la protection des populations à Gaza, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Et on ne peut pas accepter une situation où est présentée comme irréconciliable, où en quelque sorte, il faudrait choisir entre la sécurité d'Israël et la protection des populations civiles à Gaza. C'est impossible. Et donc nous allons concentrer notre énergie sur la poursuite des actions humanitaires que nous menons depuis le premier jour.
Bateau militaire pour soigner plus de 1 000 Palestiniennes, Palestiniens et enfants. Livraison de médicaments, de nourriture, largage de ceci aussi dans Gaza. Nous allons le renforcer et le compléter par cette action diplomatique et cette résolution pour essayer très concrètement d'arrêter les choses et d'obtenir ce cessez-le-feu que nous demandons depuis octobre.
Pour ce qui est de la reconnaissance de l'État Palestinien, je l'ai déjà dit, nous avons toujours défendu, y compris il y a quelques années, quand plus personne n'en parlait ou n'était là pour le défendre, je le rappelle, parfois même dans la région, Nous avons toujours défendu les deux États comme étant la solution politique et en particulier celle qui permettait de répondre aux droits légitimes des Palestiniens aspirant à un État. Il n'y a pas de tabou pour la France et je suis totalement prêt à reconnaître un État Palestinien. Mais j'ai toujours dit depuis le début, c'est ce que j'ai encore expliqué vendredi dernier à l'ensemble des ministres des Affaires étrangères de la région qui sont venus, avec lesquels nous avons travaillé sur l'initiative arabe.
Je considère que cette reconnaissance doit arriver à un moment utile, c'est à dire à un moment où elle s'inscrit dans un processus où les États de la région et Israël se sont engagés et qui permet, sur la base aussi d'une réforme de l'Autorité Palestinienne, de produire un résultat utile. Je ne ferai pas une reconnaissance d'émotion, si je puis dire. Je pense que face à ce que nous vivons, cette émotion que nous ressentons parce que, comme vous, je suis bouleversé par les images que nous voyons, choqués par ce que nous voyons aujourd'hui à Rafah, eh bien, la réponse, elle doit être politique par la résolution, par justement l'action et le cessez-le-feu immédiat.
Monsieur le Président. Je voudrais aborder un sujet où il y a beaucoup de différents avis entre la France et l'Allemagne pour le financement de projets. Vous avez parlé d'un choc d'investissement pour l'Europe.
Vous avez proposé hier de doubler le budget de l'Union européenne. Je voudrais savoir si c'est vraiment une perspective réaliste. C'est également une question dirigée au Chancelier, à Monsieur le Chancelier.
Nous avons vu ces dernières années que les 27 États de l'Union européenne veulent plutôt limiter le budget de l'Union européenne. Qu'est ce qui a changé pour que Vous puissiez réaliser cette vision ? Monsieur le Chancelier, vous avez parlé du discours inspirant de Monsieur le Président, hier à Dresde, et d'une Europe géopolitique.
Si c'est une Europe géopolitique qu'on veut, est ce qu'il serait temps pour l'Allemagne d'avoir des chemins de financement communs ? Quelque chose à quoi l'Allemagne, jusque là, s'est parfois opposée ? Le Fonds pour la reconstruction après le Covid, pour ne citer qu'un exemple.
Est-ce que ce serait un chemin que vous voudriez emprunter pour ce choc de l'investissement que vous avez mentionné ? Est-ce que c'est le chemin qu'il faudrait prendre dans l'Union européenne ? Et pour conclure ce point presse, vous avez parlé de l'harmonie.
Ces derniers mois, on a souvent entendu parler de de dissonance ou de manque d'harmonie entre vous deux. Est-ce que c'est la fin de ce manque d'harmonie entre vous ? D'abord, j'ai une bonne nouvelle pour vous, c'est qu'en vrai, il nous est déjà arrivé de doubler le budget européen.
Ce que je veux dire par là, c'est qu'on a besoin, je m'explique, on a besoin d'avoir un financement commun beaucoup plus important aujourd'hui. Mais si vous regardez, les huit dernières années, on a eu sous la Commission Juncker un plan Juncker qui a été en plus du budget européen, et qui a été un plan massif qui a permis de financer des projets. C'était des prêts, mais ça a offert une capacité commune de financement.
Et au moment du Covid, sur la base d'un accord franco-allemand, le chancelier s'en souvient, il était alors ministre des Finances. Nous avons décidé d'abord de lever de l'argent ensemble, et on a permis ce plan de relance européen. Et le plan de relance européen, je ne crois pas te trahir en disant que tu avais qualifié ce moment de hamiltonien.
En effet, ça a été un vrai changement de conception du financement de notre Europe, et la réalité, c'est que la magnitude de ce plan, c'était la même chose que le budget. Donc je suis pas en train de dire qu'il faut doubler le budget tel qu'il est conçu aujourd'hui avec les contributions d'états, parce que nous avons tous nos budgets à bâtir et ce serait absolument impossible. Mais mon message à la Sorbonne, c'est simplement d'être lucide.
Regardez le mur d'investissement qui est face à nous. Défense et sécurité, Cleantech, parce que les Américains mettent beaucoup d'argent avec [INAUDIBLE] plus que nous, et intelligence artificielle. Si on prend juste ces trois choses là, c'est à l'échelle de plusieurs dizaines, voire centaines de milliards par an pendant quelques années.
Et en vrai, on ne peut pas laisser simplement les Etats chacun faire parce que on va casser le marché unique si on fait ça, et on ne peut pas le lisser dans le temps parce que l'allocation des facteurs se fait maintenant, les vrais choix d'investissements massifs pour être dans la course ou pas se font maintenant. Donc il faut qu'on ait ce choc. Sur la partie publique, je pense qu'on peut bâtir et ça va être tout notre travail, non pas doublement du budget techniquement, en utilisant les mêmes lignes qu'aujourd'hui, mais avoir une capacité de financement commune en utilisant les techniques qui ont été les nôtres, soit pendant le Covid, soit en étant encore innovant, en utilisant des mécanismes déjà existants.
Je ne veux pas préempter d'instruments, mais on a besoin de financement commun pour aller plus vite sur cette transition et nos initiatives de défense. Ça, ça doit être complété ensuite par des choix nationaux, mais qui sont limités dans la période. Et puis l'autre jambe, ce sont les financements privés.
Et c'est aussi pourquoi ce que nous portons aujourd'hui dans ce Conseil des ministres est très structurant. C'est que faire l'Union des marchés de capitaux, c'est se donner la garantie de plusieurs dizaines, voire centaines de milliards par an qui seront mieux dirigés vers nos priorités et de la prise de risque sur la partie privée de ces priorités. Et je vous ai dit tout à l'heure les mêmes intelligence artificielle, industrie, technologies vertes, défense et sécurité.
Ça, c'est une nécessité. Donc on a un travail devant nous. Mais je pense que c'est réaliste aussi parce que je m'appuie sur l'expérience des dernières années, ce qu'on a su faire.
Ensuite, c'est aussi vieux que le couple franco-allemand de dire qu'il est en crise. Ça a toujours existé. Regardez les 70 dernières années.
Il y a toujours des moments où on fait des grandes avancées, puis six mois après, on dit c'est une crise. L'un propose, l'autre répond pas tout de suite, que ce soit Sky Shield, que ce soit pas le budget, Ah ! Une crise.
Non, c'est un chemin. Et donc c'est une maïeutique l'Europe, à commencer par le couple franco-allemand, C'est une permanente traduction de l'un à l'autre. C'est un cheminement qu'on fait ensemble pour aboutir à un résultat.
Et le résultat n'est jamais totalement allemand, ni totalement français. Il est franco-allemand et après il devient européen. Et donc à ce tarif-là, on sera toujours en crise, je vous rassure.
Et l'Europe sera toujours en crise parce qu'on ne sera jamais les mêmes. Et c'est une chance. Et je crois que c'est ça la leçon, pour moi, de l'amitié franco-allemande.
Et à cet égard, c'est en cela qu'elle est la matrice de l'aventure européenne. Nous nous mettons toujours d'accord et nous avançons. Et d'ailleurs, si nous sommes là, c'est que nous avons avancé, survécu aux crises et bâtit l'avenir, mais sans jamais être les mêmes.
Et c'est ce qui fait des Européens, je crois, un continent unique. En tout cas depuis ces sept décennies, un peu plus. Et ce qui fait de nous aussi un continent à mes yeux plus fort que les autres, parce qu'on s'est déjà mis d'accord avec quelqu'un d'autre.
Ce qui n'est pas le cas des grandes puissances solitaires. Et c'est à ce titre, parce que nous avons ces capacités qu'on peut toujours aussi avoir un temps d'avance. Je ne le vois pas comme un handicap.
Donc oui, il y a des moments où on ne part pas de la même position, du même point de vue, et c'est tout à fait légitime. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels nous n'avons pas les mêmes histoires. On n'a pas la même situation aujourd'hui.
Notre devoir, c'est de le surpasser pour bâtir une solution commune qui est bonne pour l'un et l'autre et l'intérêt général franco-allemand, puis européen. Et je crois que c'est ce qu'on a su faire et ce qu'on est en train de faire. C'est à ce titre que l'amitié franco-allemande est si importante et que je suis extrêmement heureux ces trois jours de visite d'Etat et des échanges que nous avons aujourd'hui.
Au-delà de ça qu'on a tous les jours avec mon ami le chancelier Olaf Scholz. On ne peut vraiment pas trouver des mots plus beaux pour le dire. Mais je voudrais néanmoins compléter.
Nous arrivons toujours à un accord. C'est la phrase la plus importante dans ce contexte qui l'était également dans le passé, et c'est donc également un bon pronostic pour l'avenir. Et le couple franco-allemand est d'une importance cruciale dans ce contexte.
D'un point de vue historique, nous l'avons dit, mais également concrètement pour l'avenir, pour ce qui nous attend. Puisque nos deux pays ont différentes perspectives, il est donc probable qu'un accord qui se trouve entre nous deux soit un accord qui marche bien pour d'autres pays également, et c'est donc vraiment la valeur de toute cette affaire. C'est une valeur, c'est quelque chose de précieux que nous devons continuer.
Je suis confiant. Nous avons enregistré beaucoup de réussites par le passé et il faut le dire. Il y en a toujours à dire, ça n'allait pas bien marché, mais finalement, ça a marché.
Il y avait des débats pendant la pandémie. En fin de compte, vous avez vu que l'Europe est maintenant plus proche. Le fonds de relance a été la possibilité de créer de la croissance en Europe et il reste encore beaucoup d'opportunités.
Tous les moyens ne sont pas encore employés. Et c'est un signe de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons accomplir. Ce grand défi, l'invasion russe d'Ukraine est quelque chose qui avait été compris par beaucoup de personnes comme un signe de notre faiblesse.
Mais c'est le contraire, c'est la preuve de notre unité. Nous avons réussi de manière solidaire de soutenir l'Ukraine pour sa défense et ceci de manière imprévue. Nous avons rallié nos forces et nous l'avons fait avec une stratégie conjointe également au sein de l'OTAN.
Et c'est pour cela que je suis certain que l'amitié franco-allemande va également être porteuse dans l'avenir, surtout quand il s'agit de décisions économiques. Comment faire en sorte que les investissements nécessaires soient faits, qui peuvent être surtout des capitaux privés ? C'est pour cela que nous mettons aujourd'hui un accent sur l'union des marchés de capitaux.
On le dit souvent par ci par là, mais nous voulons vraiment en faire une politique réelle afin de lever le peu de potentiel du marché financier européen pour la croissance, pour les entreprises. Il s'agit vraiment de se focaliser et de regarder de près les grands défis que nous avons, de regarder l'intelligence artificielle, les ordinateurs quantiques, la robotique, la biologie, la biologie analytique. Ce sont vraiment des chantiers d'avenir, l'utilisation de nos données, etc.
Tout cela est une base importante pour la croissance économique de l'avenir et il faut donc se focaliser sur cet objectif. Nous voulons aujourd'hui donner une impulsion dans ce sens et c'est donc un signe de notre amitié. Merci beaucoup.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron