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Discours / meetingGroupe RN - Assemblée· 19 mai 2026AutoproduitFond programmatiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & international

Discours de Frank Giletti (04/05/2026)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Frank GilettiFait
    « Le conflit entre l'Ukraine et la Russie a fait revenir la guerre de haute intensité au port de l'Europe. »
  • 3:00Frank GilettiFait
    « Il faut gagner la guerre avant la guerre. »
  • 4:00Frank GilettiFait
    « On ne répond pas au basculement du monde par un simple rattrapage. »
  • 5:00Frank GilettiFait
    « Le format compte pour durer dans un conflit, pour tenir plusieurs théâtres à la fois. »
  • 6:00Frank GilettiFait
    « Une armée excellente, mais trop réduite, reste une armée exposée. »
  • 7:30Frank GilettiChiffre
    « Pour la France, cela représenterait une charge estimée à 24 milliards d'euros soit 4 milliards d'euros par an. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le Président de Commission, mes chers collègues, Le Général MacArthur a dit que les batailles perdues se résument en deux mots. Trop tard. Nous sommes appelés aujourd'hui à nous prononcer sur l'actualisation de la loi de programmation militaire.

Ce vote, nous ne pouvons pas l'aborder comme un simple exercice budgétaire ou comme une correction technique d'un texte adopté il y a trois ans. Il intervient dans un moment grave. Et avant toute chose, puisque c'est bien d'eux dont il est question, j'aimerais avoir une pensée pour les militaires que nous avons perdus ces derniers mois, que ce soit à l'entraînement ou au combat, comme pour ceux qui en ressortent avec des blessures indélébiles.

Nous, Français, leur devons pleine reconnaissance. Le conflit entre l'Ukraine et la Russie a fait revenir la guerre de haute intensité au port de l'Europe. Le Moyen-Orient menace à tout instant de s'embraser.

Les tensions en Indo-Pacifique s'aggravent. Le détroit d'Ormouz rappelle notre dépendance à des routes stratégiques fragiles, tandis qu'en Afrique, l'influence française recule, pour ne pas dire disparaît. Ce constat, le groupe Rassemblement National le formule depuis longtemps.

Il ne s'agit pas d'alimenter la peur, mais de faire preuve de lucidité, laquelle s'impose à notre pays de se préparer à l'hypothèse d'un conflit de haute intensité dans 4, 5 ou 6 prochaines années. Dans le domaine militaire, 4 ou 5 ans, ce n'est pas loin. C'est demain.

C'est à peine le temps de commander, de produire, de recruter, de former et de constituer des stocks. Lorsque la crise éclate, il est trop tard pour découvrir que les munitions manquent, que les formats sont trop étroits, que les capacités industrielles ne suivent pas ou que les équipements essentiels n'ont pas été prévus. Une guerre ne se prépare pas le jour où elle commence.

Elle se prépare avant où elle se subit. Autrement dit, il faut gagner la guerre avant la guerre. Face à cette réalité, que nous proposons ?

Une actualisation ? Non. En vérité, il s'agit tout au plus d'une correction, d'un ajustement.

Un pansement budgétaire posé sur les insuffisances d'une LPM initialement mal calibrée. Or, on ne répond pas au basculement du monde par un simple rattrapage. En 2023, la guerre en Ukraine avait déjà commencé.

Depuis, la situation internationale s'est encore dégradée. Alors oui, cette actualisation apporte certains ajustements utiles, mais elle manque toujours de l'essentiel, à savoir de la vision et de l'ambition. On nous explique que des munitions supplémentaires sont prévues, très bien, mais comment peut-on se satisfaire de rajouter aujourd'hui ce qui manquait déjà hier ?

Aux rapporteurs qui nous disent parfois que nous ne sommes ni la DGA, ni le chef d'état-major des armées, nous répondons simplement que nous sommes les représentants de la nation et en ce sens, nous écoutons ce que demandent les armées. Mieux, nous ne faisons que réclamer ce qu'Emmanuel Macron et le Premier ministre eux-mêmes ont annoncé. A force de célébrer des annonces qui ne se traduisent pas dans les crédits, on finit par confondre la communication stratégique avec la stratégie elle-même.

Où sont les 30 rafales supplémentaires ? Où sont les trois frigates de premier rang manquantes ? Comment justifier leur absence dans cette actualisation, alors même que chacun reconnaît que le format compte ?

Oui, je le répète, le format compte. Il était déjà réclamé lorsque le général Burkard était chef d'état-major des armées. Le format compte pour durer dans un conflit, pour tenir plusieurs théâtres à la fois.

Il compte pour protéger nos outre-mer, notre zone économique exclusive, nos ressortissants et nos intérêts stratégiques. Une armée excellente, mais trop réduite, reste une armée exposée. Une armée courageuse, mais sans stock, reste une armée vulnérable.

D'ailleurs, le sujet n'est pas seulement capacitaire, il est aussi politique, car ne l'oublions pas, il touche à notre souveraineté. Il est impératif que nous mettions un frein à la dérive fédéraliste qui mine notre défense nationale. Nous ne condamnons pas par principe les coopérations entre pays européens lorsqu'elles sont intergouvernementales et répondent à nos intérêts, ainsi qu'à un besoin opérationnel.

Mais nous refusons que la Commission européenne s'ingère dans notre défense avec l'argent des Français. Dans le cadre du prochain budget de l'Union européenne, 2028-2034, la Commission prévoit de mobiliser 130 milliards d'euros pour la défense. Pour la France, cela représenterait une charge estimée à 24 milliards d'euros soit 4 milliards d'euros par an.

Le groupe RN ne dit pas que la France ne doit jamais soutenir ses partenaires. Nous disons que l'argent français doit d'abord renforcer la défense française. Ces 4 milliards d'euros doivent servir nos militaires, nos stocks, nos équipements, notre BITD, notre souveraineté.

Force est de constater qu'il faudra faire preuve de patience jusqu'à 2027 afin que d'autres candidats à l'élection présidentielle soient en mesure de proposer une LPM qui réponde aux enjeux stratégiques de notre monde. Mais malgré ses limites, ses faiblesses, son manque de vision, cette actualisation apporte tout de même à nous armer une partie des moyens dont elle avait déjà besoin en 2023. Nos lignes rouges ont été respectées et plusieurs amendements RN ont été adoptés.

Nous avons obtenu la priorité nationale, à défaut européenne, sur les achats de matériel, le retrait de la mention récurrente à l'Allemagne, un rapport parlementaire sur les recettes extra-budgétaires, la délivrance de la carte du combattant de manière rétroactive au personnel ayant participé de manière continue aux missions de dissuasion nucléaire, la revalorisation de l'allocation du combattant ou plus encore le renforcement des crédits pour les infrastructures et les petits équipements de nos militaires. Nous n'en priverons pas donc nos armées. Elles n'ont pas à payer le prix des hésitations de l'exécutif.

Le groupe RN votera donc pour cette actualisation sans illusion ni blanc-seing, mais avec le sens des responsabilités pour nos armées, pour notre souveraineté et pour le succès des armes de la France. Merci Monsieur le député.