Bruno Le Maire - Macron : malgré l’inflation, de nouveaux cadeaux aux patrons
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 2:17OuverteRéponse directe
À quoi est due l'inflation et combien de temps va-t-elle durer ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est légal de bloquer les prix, notamment dans l'alimentaire ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Comment concrètement on peut se passer dans un blocage de prix ?
- 8:26RelanceRéponse directe
Mais est-ce que c'est une solution pérenne de bloquer les prix ?
- 11:06OuverteRéponse directe
Comment expliques-tu le renouvellement de Bruno Le Maire à l'économie ?
- 13:20OuverteRéponse directe
Est-ce que tu pourrais nous présenter la vision économique version Bruno Le Maire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53PrésentateurChiffre
« En avril 2022, les prix à la consommation augmentent de 4,8% sur un an et de 0,4% par rapport au mois précédent, nous apprend l'INSEE. »
- 1:05PrésentateurChiffre
« Les prix en euros des matières premières alimentaires augmentent de nouveau en avril, plus 5,1% après 9,2% en mars. »
- 1:14PrésentateurChiffre
« Selon les prévisions de l'INSEE, les prix vont continuer à augmenter au second trimestre et l'inflation devrait atteindre 5,4% au mois de juin. »
- 1:22PrésentateurFait
« Elle aurait été bien plus importante, au-delà des 7% selon l'INSEE, sans les mesures de bouclier énergétique mises en place par le gouvernement. »
- 1:50PrésentateurChiffre
« Selon le Fonds monétaire international, la hausse des prix pourrait atteindre 8,7%. »
- 1:54PrésentateurChiffre
« En France, les prix des distributeurs alimentaires pourraient provoquer une hausse des dépenses alimentaires annuelles de 224 euros par personne, cette année rapporte la dépêche. »
- 2:08PrésentateurChiffre
« Autre conséquence, un PIB à 0% en variation trimestrielle au premier trimestre 2022. »
- 5:15ThomasFait
« Oui, c'est parfaitement légal. »
- 5:26ThomasFait
« Ça a été fait sous Bérégovoy dans les années 90, au moment de la gare du Golfe, où on a bloqué les prix des carburants. »
- 10:11PrésentateurChiffre
« Deux impôts de production ont été baissés de 10 milliards d'euros par an depuis 2020. »
- 10:33PrésentateurChiffre
« L'industrie est passée de 22% de notre produit national brut à un peu moins de 10%. »
- 10:47PrésentateurFait
« Le ministre a fustigé une désertion industrielle depuis 30 ans de laquelle il rend responsables les gouvernements successifs, mais aussi les capitaines d'industrie françaises qui ont massivement délocalisé à l'étranger. »
- 14:50PrésentateurFait
« Apple peut profiter des 500 millions de consommateurs européens tout en payant 0,005% d'impôts en Europe parce qu'elle s'installe en Irlande. »
Temps de parole
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- Présentateur 221 %
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Des énarques comme lui, des technocrates, découvrent la France via la politique sur le tard. Après avoir fait l'ENA, machin, les cabinets, les dorures, ils finissent dans l'heure. Ouh là, le choc, le choc thermique. On a eu quand même le CICE, les entreprises ont continué à délocaliser. On a eu la baisse de l'IS, on a eu les lois travail, on a continué à délocaliser. Alors coupez-la, coupez-la, dépensez plus là, c'est complètement stupide. Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. Comme chaque semaine, on va avoir des choses à dire, analyser et décrypter avec tous ces discours qui gravitent autour de nous.
Ou parfois, l'on peut s'y perdre. Notre meilleure arme démocratique, connaître et comprendre. Au programme aujourd'hui, l'inflation, la hausse des prix, ça commence à devenir sérieux. On va aussi faire un tour chez le nouveau gouvernement ou celui qui continue avec la re-nomination de Bruno Le Maire à l'économie. L'inflation, la hausse des prix, ce n'est plus une menace. Mais la réalité, en avril 2022, les prix à la consommation augmentent de 4,8% sur un an et de 0,4% par rapport au mois précédent, nous apprend l'INSEE. On le remarque d'ailleurs directement dans nos rayons. Les prix en euros des matières premières alimentaires augmentent de nouveau en avril, plus 5,1% après 9,2% en mars.
Et tout ça n'a pas l'air d'être terminé. Selon les prévisions de l'INSEE, les prix vont continuer à augmenter au second trimestre et l'inflation devrait atteindre 5,4% au mois de juin. Elle aurait été bien plus importante, au-delà des 7% selon l'INSEE, sans les mesures de bouclier énergétique mises en place par le gouvernement. Pour rappel, l'État a bloqué les prix du gaz, a plafonné la hausse des prix de l'électricité et a aidé à la pompe les Français, écrit Europe 1. Je cite Europe 1, mais je peux vous citer aussi Mediapart qui a fait un gros dossier sur ce phénomène que je vous invite à aller consulter.
Tous les médias en parlent, évidemment c'est le sujet, surtout à deux semaines des législatives. La dépêche titre hausse des prix, les Français doivent se préparer au pire. Selon le Fonds monétaire international, la hausse des prix pourrait atteindre 8,7%. En France, les prix des distributeurs alimentaires pourraient provoquer une hausse des dépenses alimentaires annuelles de 224 euros par personne, cette année rapporte la dépêche. Les causes de tout ça, on parle de la guerre en Ukraine, du choc énergétique, de la politique sanitaire chinoise, bref. Autre conséquence, un PIB à 0% en variation trimestrielle au premier trimestre 2022. Est-ce grave ?
Thomas, comme d'habitude, aide-nous à comprendre tout ça. À quoi est due l'inflation et combien de temps va-t-elle durer quand on lit tout ça ? On panique un peu, non ? L'inflation, tu l'as bien rappelé, la première des choses, elle est due au tout début au désordre du commerce international. On a eu la consommation, l'activité qui est repartie chez nous, tout allait bien, soutenu par des plans de relance, d'accord ? Et de l'autre côté, au même moment, vous aviez la production de produits qui étaient affectés, notamment par les confinements en Asie, au Vietnam, au début de l'année, puis maintenant en Chine.
Donc vous avez en fait moins d'offres et beaucoup de demandes de biens de consommation, ce qui fait augmenter les prix. Ça, ça a été la première raison. À cela, c'est ajouté la guerre en Ukraine. Parce que s'il n'y avait que cette raison-là, l'inflation serait beaucoup plus faible. Mais à cela, c'est ajouté la guerre en Ukraine. Et la guerre en Ukraine, vous avez deux pays qui sont des producteurs très forts de matières premières et d'énergie. La Russie, un des plus gros producteurs de pétrole au monde, un des plus gros producteurs de gaz, un des plus gros producteurs de blé avec l'Ukraine. Donc vous avez finalement des impacts sur l'offre énergétique et l'offre de commodities.
Et vous avez une demande qui repart de l'autre côté. Donc à cela, au désordre du commerce international, s'ajoutent les conséquences du conflit entre la Russie et l'Ukraine. Puis, là-dessus, se joue de la spéculation sur les marchés financiers, notamment sur les marchés énergétiques, à égalité entre l'offre et la demande. C'est-à-dire que le moindre impact sur la demande, une plus forte croissance, ce qui est le cas aujourd'hui parce que c'est soutenu par les plans de relance, le moindre impact sur l'offre, une baisse de la production d'un gros producteur, fait que le prix flambe. Et les gens spéculent là-dessus.
Et comme vous avez aujourd'hui des produits dérivés dans des grandes banques, notamment le Goldman Sachs, le Goldman Sachs Commodity Index, ou d'autres à l'UBS sur les commodities, vous avez en fait des paniers de biens qui relient entre elles les commodities, les biens énergétiques, le dollar, etc. Ce qui fait que quand vous avez un bien énergétique comme le pétrole qui augmente fortement, il draine avec lui le prix de toutes les commodities. Donc on a, pour résumer, une part due à la reprise d'activité qui n'est pas égale dans tous les pays, deuxièmement le conflit et troisièmement la spéculation.
Mais il faut quand même rappeler que si nous étions dans une économie comme dans les années 60-70, où les salaires étaient encore indexés à l'inflation, une inflation à 5, 6, 7% en dessous d'une inflation à deux chiffres, personne ne peut dire que d'un point de vue macroéconomique, ce soit un frein pour la reprise économique. On a eu des périodes où il y avait une inflation qui était beaucoup plus élevée que celle que l'on connaît aujourd'hui et avec une forte croissance. Le vrai problème aujourd'hui de cette inflation, elle est due au fait que les salaires ne sont pas reliés à l'inflation.
Et donc quand vous avez les prix des biens de première nécessité qui augmentent, vous avez une partie des gens qui n'ont pas le salaire qui augmente avec. Et donc qui ont des problèmes de pouvoir d'achat. C'est ça aujourd'hui le vrai problème d'inflation. C'est un problème de pouvoir d'achat sur les ménages et pas un problème macroéconomique qui pourrait être un frein à la croissance économique. Je l'ai dit, l'État a bloqué quelques prix pour le gaz notamment. Est-ce que c'est légal de bloquer les prix, notamment dans l'alimentaire ? Car c'est aussi sur ces produits qu'on voit des énormes conséquences pour les gens, tu viens de le dire. Oui, c'est parfaitement légal.
En fait, dans le code du commerce, il y avait un article qui permet de bloquer les prix pour une durée de 6 mois maximum dans des circonstances exceptionnelles. Donc c'est légal, on peut le faire. Ça a déjà été fait. Ça a été fait sous Bérégovoy dans les années 90, au moment de la gare du Golfe, où on a bloqué les prix des carburants. Donc c'est quelque chose qui peut être fait. Et alors là, on a des circonstances exceptionnelles. On a une guerre aux portes de l'Europe, on a une sortie de pandémie. On peut le faire, c'est légal, c'est prévu par le code du commerce. Et comment concrètement on peut se passer dans un blocage de prix ? Comment ça va se passer un blocage de prix ?
La première des choses, c'est qu'il faut réunir tous les acteurs de la filière. Parce que si vous bloquez les prix à un niveau trop faible, sans tenir compte des acteurs, vous allez faire en sorte que certains acteurs vont avoir des pertes et ça va être la faillite. Donc il faut réunir tous les acteurs pour fixer le juste prix de blocage qui permette à chacun de survivre, de subvenir à ses besoins. Et c'est là que ça devient compliqué. Vous regardez par exemple sur le blocage des prix de l'essence, qui est un truc qui a été fait sous Béaigau-Voix, qui avait été remis dans le programme de François Hollande en 2012. Vous voyez, donc il n'y a rien de révolutionnaire.
Qui voulait bloquer les prix de l'essence, finalement il ne les a pas bloqués quand il a été au pouvoir, il a baissé plutôt les taxes. Mais si on fait un blocage des prix, comment on fait ? On réunit tous les acteurs, par exemple pour les carburants, tous les acteurs des carburants. Vous avez les multinationales, totales, qui elles, maîtrisent la production de l'amont à l'aval. C'est-à-dire qu'elles produisent du pétrole, elles vont chercher du pétrole, qu'elles transforment et elles distribuent de l'essence. Pour ces acteurs-là, elles profitent de la hausse des prix du pétrole. Donc elles engrangent des bénéfices avec la hausse des prix du pétrole.
Et puis ensuite, sur les carburants, elles le transforment et vendent du carburant. Donc pour une multinationale comme ça, qui de l'amont à l'aval, profite sur toute la chaîne de production de la hausse des prix, bon ben là, on peut lui demander de faire un gros effort. Puisque finalement, elle ne va plus compenser ce qu'elle a en amont avec ce qu'elle perd en aval. La deuxième chose, c'est les grands et moyennes surfaces, Leclerc, etc. Qui, elles, distribuent l'essence comme un produit d'appel. Tu viens à ta station et tu fais les courses après. Elles aussi, on peut voir leurs marges et on peut leur demander de faire un effort.
Parce que ce n'est pas leur activité principale, ce n'est pas ça qui va les mettre en danger. Et souvent, vous regardez les multinationales et les grands et moyennes surfaces, spontanément font des efforts en disant, oui, on va donner des bons de réduction, il y a eu ça ces derniers mois, on va faire en sorte de baisser un petit peu les marges et tout. Et puis après, restent les plus fragiles. Les plus fragiles, c'est les indépendants. Alors, ils représentent très peu sur le marché, peut-être 15% du marché. Donc, ce n'est pas grand-chose.
Mais ces indépendants-là, si on fixe un prix trop faible, elles n'ont pas les mêmes volumes de production, elles ne maîtrisent pas de la même façon la production, elles ne négocient pas les prix parce qu'elles n'ont pas les mêmes volumes. Donc, elles, elles peuvent fermer. Et c'est déjà le cas, elles ferment beaucoup. Il y a des endroits où il n'y a que des indépendants. Il n'y a plus de station de grande compagnie. Donc, si elles ferment, ça va être compliqué pour les Français qui habitent dans ces endroits-là. Donc, elles, il faut leur trouver un prix ou leur donner des subventions pour les aider à passer cette période de six mois où on bloquerait les prix.
Donc, la première chose qu'il faut faire, c'est une conférence avec tous les acteurs, voir ceux qui peuvent supporter. Bien sûr, ça va être houleux parce qu'au début, tout le monde, personne ne peut supporter. Tout le monde voudrait être soutenu par l'État. Voilà. Mais il faut trouver ceux qui peuvent supporter, plus ou moins, et ceux qui vont être fortement impactés. Et que là, il faudra aider en les subventionnant. En général, c'est toujours des petites parts du marché parce que les marchés sont tenus par des gros acteurs qui ont l'air insolites, qui ont été aidés par le quoi qu'il en coûte, etc. Mais il y a une petite partie des acteurs qui peuvent être impactés.
Ceux-là, il faut que l'État, en contrepartie, les soutiennent pendant les six mois. Mais donc, le blocage des prix est possible. Mais il faut tenir compte des différents acteurs et du pouvoir de marché qu'ils ont. Mais est-ce que c'est une solution pérenne de bloquer les prix ? Non, ce n'est pas une solution pérenne. C'est-à-dire que là, c'est prévu pour six mois. Au-delà d'un certain temps, c'est fini. Il y a une distorsion trop forte de l'économie. Soit c'est l'État qui va devoir alimenter, soit ça va tuer des producteurs et ça va faire que d'autres vont survivre, et vont être en rendre des situations et réaugmenteront les prix très fortement après. C'est très mauvais.
Ça ne peut pas être une solution pérenne. Mais là, ce qui serait intéressant dans ce blocage des prix, c'est de sortir pendant un certain temps des fluctuations du marché. Il y a des fluctuations du marché, il y a des tensions géopolitiques qui font augmenter les prix. Là, on bloque ces prix. Les prix restent stables, ce qui permet aux Français d'avoir une visibilité, y compris dans leur pouvoir d'achat, de ne pas être inquiets. Et ce qui permet aux dirigeants politiques de poser les bases, par exemple d'une augmentation du SMIC, d'une grande conférence sur l'augmentation des salaires, sans qu'il y ait ce truc qui varie.
Parce que vous savez, quand ça varie, le problème, c'est que là, ça augmente. Puis si le mois prochain, on ne sait pas pour quelles raisons, ça redescend un peu, on va dire, d'un mois sur l'autre, l'inflation n'a pas été aussi forte, donc ça redescend, donc ça ne sert à rien de faire quelque chose. Donc ça, le problème. Or, il y a des vrais débats de fonds à avoir sur la hausse des salaires, notamment le SMIC et les gens qui sont en dessous du salaire médian. Et là, aujourd'hui, tous les ans, ils les appellent à augmenter les salaires, tous les ans, elles n'augmentent pas les salaires. Un simple appel ne suffit pas.
Il faut mettre des conditions, des réglementations, il faut que le politique agisse vraiment. Et là, pour ça, il faut que les prix soient bloqués pour qu'on puisse en discuter vraiment, pour qu'on ait une discussion de fonds sur ce problème-là. Bruno Le Maire reste à Bercy, arrivé en 2017 au ministère de l'Économie, l'Enarc, qui a fait sa carrière à l'UMP, puis LR, avant de rejoindre Emmanuel Macron, est très clair pour ce nouveau quinquennat, continuer à baisser les impôts de production ainsi que les charges sur les salaires supérieurs à 2,5 SMIC afin de réindustrialiser la France. Deux impôts de production ont été baissés de 10 milliards d'euros par an depuis 2020.
La CVAE, cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, et la CFE, cotisation foncière des entreprises. Bruno Le Maire veut interroger aussi la C3S, qui sert à financer l'assurance vieillesse. Voilà la solution pour la reconquête industrielle, sa priorité pour ces prochaines années, selon notre ministre de l'Économie. A noter ces chiffres, l'industrie est passée de 22% de notre produit national brut à un peu moins de 10%. Bruno Le Maire vise un retour aux alentours de 20%. En deuxième lieu, il faut continuer à se battre sur la compétitivité hors-coût et l'amélioration de l'offre française. Rapport Capital.
Et je cite, « Le ministre a fustigé une désertion industrielle depuis 30 ans de laquelle il rend responsables les gouvernements successifs, mais aussi les capitaines d'industrie françaises qui ont massivement délocalisé à l'étranger, estimant qu'il valait mieux naviguer hors des eaux territoriales. » Pour régler ça, « renverser la faiblesse de notre commerce extérieur. » Voilà, voilà. Thomas, comment expliques-tu le renouvellement de Bruno Le Maire à l'économie ? Je pense que l'économie, c'est un ministère qui est très important pour Emmanuel Macron. En fait, l'économie, c'est le nerf de la guerre pour Emmanuel Macron.
D'ailleurs, il avait fait sa campagne en 2017 quasiment que sur l'économie. On se souvient de la Start-up Nation, l'ubérisation de l'économie, c'était des thèmes qu'il avait mis sur le devant de la scène et il avait fait pratiquement que ça. Donc, c'est un ministère qui est très important. Or, Bruno Le Maire, un ancien ministre de droite, il faut le dire, directeur de cabinet de Villepin, donc très à droite, qui s'était présenté d'ailleurs aux primaires de droite avec un programme plutôt à droite, toujours les mêmes, de baisse d'impôts, de coupes sur la dépense publique, etc. Donc, il fallait quelqu'un de solide là-dessus.
C'est-à-dire que toutes les surprises qu'on a dans les ministères, à l'écologie, à l'éducation, ça doit être des ministères comme ça parce que ça ne touche pas le nerf de la guerre qui est l'économie. Sur l'économie, il ne faut pas qu'il y ait de surprises, il faut que ce soit un mec de droite. Ça, c'est clair et net. Donc, il a choisi Bruno Le Maire. Et puis, il y a autre chose. Bruno Le Maire, qui était quand même très apprécié par un certain nombre d'industriels mais aussi de commerçants, de restaurateurs, etc.
grâce au quoi qu'il en coûte qui est quand même une politique qui est à l'inverse de ce qu'a toujours prôné Bruno Le Maire et Emmanuel Macron mais qui était la meilleure politique, c'est-à-dire politique de soutien de l'activité en période de crise, politique dite keynésienne à l'inverse des politiques libérales que ces gens défendent habituellement. Donc, comme c'est Bruno Le Maire qui a soutenu l'activité et donc qui est apprécié par les industriels et par les restaurateurs, etc. Il faut que ce soit lui aussi qui annonce les mauvaises nouvelles parce que maintenant ça va être les mauvaises nouvelles. Les mauvaises nouvelles ça va être quoi ?
La fin progressive du quoi qu'il en coûte ça commence déjà avec la réalité en fait qui va apparaître d'un seul coup puisque l'activité n'est pas au beau fixe on est à 0% de croissance sur un PIB qui est plus faible que ce qu'il aurait dû être s'il n'y avait pas eu la pandémie. Donc l'activité est loin d'être repartie comme avant. Donc lui, il va retirer le quoi qu'il en coûte il va faire les tours de vis sur la dépense publique qui risque d'avoir un impact très fort sur la croissance mais il va devoir le faire parce qu'il ne peut pas continuer comme ça avec le quoi qu'il en coûte en tous les cas dans leur tête ce n'est pas possible.
Donc ça doit être lui qui a été le donneur en fait d'aide et qui doit être aujourd'hui celui qui va remettre l'économie sur les rails en coupant sur la dépense publique. Donc il fallait absolument que ce soit pour la continuité je pense la même personne. C'est pour ça qu'on l'a laissé au ministère de l'économie outre le fait que ce soit aussi infidèle à Macron et que dans ses livres il a toujours dit son amour pour Macron ce qui compte également je pense pour Macron. J'ai rappelé quelques mesures qu'il allait faire surtout par rapport à l'industrie est-ce que toi tu pourrais nous présenter la vision économique version Bruno Le Maire ?
Tu l'as dit alors sur l'industrie ce qui est assez marrant c'est que la réindustrialisation ne passe que par une baisse d'impôt une baisse de fiscalité.
Alors c'est comme si on n'avait pas eu de baisse de fiscalité dans les années précédentes parce qu'on a eu quand même le CICE les entreprises ont continué à délocaliser on a eu la baisse de l'IS les entreprises ont continué à délocaliser impôts sur les sociétés on a eu les lois travail qui aident quand même les entreprises à pouvoir se séparer plus facilement de leurs salariés en cas de perte d'activité on a continué à délocaliser les baisses d'impôts de production une première partie a été mise dans le plan de relance là on continue ce qu'oublie de dire Bruno Le Maire c'est quand même que nous avons les subventions à la production les plus élevées d'Europe c'est à dire qu'en fait on avait des forces d'impôts de production mais on avait des forces de subvention aussi ce qui fait qu'en général l'écart était assez similaire à ce qu'il y avait dans d'autres pays mais comme là on baisse les impôts de production sans à mon avis en tous les cas on n'en parle pas touché aux subventions de production on va être des entreprises qui auront très peu d'impôts à payer mais qui sont très subventionnées vous voyez des entreprises qui sont assistées en fait qui sont très assistées mais voilà on est sur le même principe qui n'a pas empêché ces 30 dernières années les entreprises de délocaliser vraiment rappelons-le depuis 2008 il y a 900 entreprises qui ont fermé 2008 c'est pas si loin que ça 900 usines de plus de 50 salariés qui ont fermé en France c'est énorme et donc toutes les mesures qui ont été prises n'ont pas empêché ce mouvement qui est dû à quoi la liberté de circulation des capitaux en Europe et au fait que dans l'Europe au sein même de l'Europe à même pas une heure de vol vous avez des pays qui pratiquent des politiques fiscales très agressives et ce qui permet aux entreprises de faire de l'optimisation fiscale on rappelle c'est toujours bien de le rappeler qu'Apple peut profiter des 500 millions de consommateurs européens tout en payant 0,005% d'impôts en Europe parce qu'elle s'installe en Irlande qui est un pays européen qui reçoit des fonds de l'Europe voilà ça c'est la première chose la deuxième des choses c'est le programme sur le service public et là vous savez il l'a très bien expliqué dans son livre il dit en fait qu'il faut que les français travaillent plus plus longtemps donc il est pour le report de l'âge du départ à la retraite le deuxième c'est on baisse la dépense publique d'accord le troisième on inscrit l'évolution de la dépense publique en fonction du PIB dans la constitution ce qui est la chose la plus débile qu'est-ce qui a fait que la France s'est maintenue la tête hors de l'eau elle n'a pas été très bien hors de l'eau pendant la crise sanitaire c'est que le PIB a chuté et qu'on a contrebalancé ça par le quoi qu'il en coûte donc les dépenses publiques ont remplacé l'activité économique donc c'est un mouvement contracyclique et en inscrivant les dépenses publiques en fonction de l'évolution du PIB dans la constitution on fait de la politique pro-cyclique c'est-à-dire si le PIB baisse il faut qu'on fasse moins de dépenses publiques c'est complètement stupide c'est l'inverse de ce qu'on a fait là et ce qui fait que les restaurateurs l'aiment bien et autres vous voyez et ça c'est ce qu'il veut faire il a écrit noir sur blanc dans son livre on voit déjà ce qui va nous arriver c'est que là il va y avoir des coupes dans la dépense publique très forte crise d'avoir un impact sur l'activité et puis on voit la vision globale qui est de Bruno Le Maire qui est quand même de dire il faut baisser les impôts sur les sociétés très fortement mais comme il y a moins de rentrée fiscale il faut couper de l'autre côté sur la dépense publique très concrètement donc on fait des cadeaux aux entreprises et on casse le service public c'est exactement ce qui se passe et c'est exactement sa vision je dirais une dernière anecdote qui était dans son livre qui était assez intéressant c'est que dans son livre en fait il théorise vraiment la méconnaissance qu'il peut avoir de l'impact de ses politiques sur la France profonde en fait il commence son livre en disant voilà il venait d'être élu dans l'heure alors il est né à Neuilly il est élu dans l'heure bon je ne sais pas si c'est un parachutage mais il passe donc de directeur de cabinet de monsieur de Villepin donc il le dit lui-même sous les dorures et il arrive à sa permanence dans l'heure qui vient d'être repeint qui sent la peinture neuve probablement de mauvaise qualité ça lui fait bizarre il arrive et il rencontre cette femme qui s'appelle Annie c'est ce qu'il raconte dans son livre au début Annie qui n'arrive pas à payer ses factures qui lui dit comment on fait et qui lui grosso modo lui fait un plan d'ajustement structurel à la Grèce pour qu'elle puisse payer ses factures alors coupez-la coupez-la dépensez plus là et vous arriverez c'est ce qu'il lui dit et il explique ça dans l'introduction et il dit je ne l'ai pas compris j'ai pas compris parce que quelques années plus tard Annie était devenue gilet jaune il dit j'ai pas compris Annie j'étais trop technocratique etc il faut changer il nous dit ça très bien mais il ne change pas il fait les mêmes types de propositions technocratiques alors il théorise déjà le fait que des énarques comme lui des technocrates découvrent la France via la politique sur le tard après avoir fait l'ENA machin les cabinets les dorures ils finissent dans l'heure oula le choc le choc thermique il théorise ça c'est quand même bizarre tu vois il théorise ça donc il théorise la méconnaissance de ce qu'est la France et ensuite il dit j'ai fait des erreurs j'ai compris quand il dit j'ai compris c'est un programme de continuité avec ce qu'il a fait avant donc il y a un vrai problème il y a un vrai problème Bruno Le Maire c'est un libéral et la politique qui va être appliquée va être une politique très dure à l'écart des services publics et très accommodante à l'écart des grandes entreprises et on en reparlera dans 5 ans parce que là on a 5 ans et vous verrez que dans 5 ans il y aura le même type d'entreprise qui sera partie il y aura eu les mêmes délocalisations d'entreprises de raffinerie de fonderie en Europe et on n'en sera même pas alors peut-être qu'il y aura eu des investissements directs étrangers mais qui concerneront quoi en fait des secteurs hautement qualifiés à haute valeur ajoutée reste l'industrialisation les industries pas les services pas la start-up nation pas les technologies ben là je pense que ça va se poursuivre cette fuite va se poursuivre parce que c'est pas des politiques là je vois en rien moi un plan stratégique de réindustrialisation je vois pas de quelle filière on parle je vois des baisses de fiscalité égale réindustrialisation ben c'est fou ça n'a pas été le cas aux Etats-Unis ça n'a pas été le cas ailleurs ce ne sera pas le cas en France Merci beaucoup d'avoir suivi cet instant porché et si le média tient c'est grâce à vous qui avez choisi de soutenir un média 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