François Fillon maintient sa candidature malgré sa convocation par les juges
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 58 %Défensif 32 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:53RelanceÉludée
Pourquoi François Fillon continue-t-il selon vous ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Comment avez-vous vécu cette journée ?
- 5:39FerméeRéponse partielle
Si Fillon est élu, comment pourra-t-il représenter la France en Europe ?
- 8:02FerméeRéponse partielle
Fillon sera-t-il mis en examen le 15 mars ?
- 9:09OuverteRéponse directe
François Fillon reproche à la justice d'aller trop vite. Est-ce le cas ?
- 15:45FerméeRéponse partielle
Si Fillon est élu, que se passera-t-il pour sa femme et ses enfants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Invité politiqueFait
« M. Fillon a quand même dit, c'est lui qui l'a dit quand il était Premier ministre, que les caisses de la France étaient vides. »
- 2:18Invité politiqueFait
« On ne peut pas accuser les médias, la justice, alors qu'on a mis la main, je dis bien la main, le bras dans le pot de confiture. »
- 15:47Invité politiqueFait
« Si M. Fillon est élu président de la République, il a cinq ans d'immunité. »
- 15:54Invité politiqueFait
« Il y a trois personnes dont on ne parle jamais : Madame Fillon et ses deux enfants. »
- 32:28InvitéFait
« Un député paye des impôts, il faut arrêter avec cette idée, il paye des impôts et sur les indemnités ou sur toutes les largesses qui sont possibles à l'Assemblée nationale. »
- 33:27Invité politiqueChiffre
« On a toujours environ 10 à 15% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté. »
- 33:35Invité politiqueChiffre
« On a un taux de chômage qui est à des niveaux jamais atteint. »
- 35:50InvitéFait
« comme chacun part du principe que Marine Le Pen sera qualifiée, les candidats ne se battent pas contre Marine Le Pen puisqu'ils pensent qu'elle est hors d'attaque. »
Temps de parole
- Invité23 %
- Invité 222 %
- Invité 320 %
- Présentateur15 %
- François Fillon11 %
- Auditeur4 %
- Invité 42 %
- Auditeur 22 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France Inter, le 18-20. Le 18-20 ce soir sur ce 1er mars d'ontologie dans la campagne présidentielle française. Les épisodes du jour, je vous les rappelle, François Fillon annule ce matin sa visite au salon de l'agriculture. A midi, au cours d'un point presse, il annonce qu'il est convoqué par la justice, qu'il est victime d'un assassinat politique. Ourdi, si l'on comprend bien par les juges, avec la complicité des médias accusés d'instruire son procès uniquement à charge. Bruno Le Maire et ses proches claquent la porte et démissionnent de leur poste dans la campagne de François Fillon. Les alliés centristes de l'UDI suspendent leur participation à la campagne.
Folle journée donc, sur laquelle j'attends vos questions, vos réactions, vos analyses jusqu'à 20h. Nicolas Demorand, le téléphone sonne. Twitter avec le mot-clé Telson, France Inter.fr et le 01 45 24 7000 où vous pouvez nous joindre. Le standard est déjà chaud, bouillant. Martial, soyez le bienvenu.
Oui, bonsoir M. Demorand. Bonsoir. Merci pour votre émission et merci de réagir très vite à cette actualité plus que brûlante. Écoutez, j'ai regardé le point de presse de M. Fillon ce midi. Je suis totalement atterré par finalement un égo hyper puissant. Si seul le pouvoir intéresse M. Fillon, qu'en est-il des Français ? Quand on se présente à la magistrature suprême, le président de la République, aujourd'hui, ce n'est pas rien comme responsabilité. Donc on ne peut pas être candidat aux affaires pour 5 ans avec autant de casseroles sur le dos. Sans compter que M. Fillon a quand même dit, c'est lui qui l'a dit quand il était Premier ministre, que les caisses de la France étaient vides.
Mais je pense que pour lui, ces caisses n'ont jamais été vides. Elles sont plutôt pleines.
Et vous ne comprenez pas Martial pourquoi il continue ? Vous ne comprenez pas pourquoi il continue, c'est ça ?
D'autant que je suis enseignant. Je vais reprendre le travail puisque je suis en vacances pour la zone de Limoges. Et lundi, mardi, que vais-je dire aux élèves sur le civisme, sur le vivre ensemble, sur le respect des droits ? Parce que nous sommes dans un état de droit en France et qu'à un moment donné, on ne peut pas accuser les médias, la justice, alors qu'on a mis la main, je dis bien la main, le bras dans le pot de confiture.
Merci Martial pour cette intervention d'ouverture. Dans ce téléphone sonne, de très nombreuses questions au standard vont dans le sens que vous venez d'indiquer. Arnaud Leparmentier, bonsoir. Bonsoir Nicolas. Journaliste au quotidien Le Monde, Karine Bécard, bonsoir. Bonsoir. Journaliste au service politique de France Inter, Sarah Guibaudot, on termine le tour de table avec vous, bonsoir. Bonsoir. Journaliste au service enquête justice de France Inter. Égaux surdimensionnés, disait Martial, je ne comprends pas pourquoi il continue, que vais-je dire à mes élèves ? Comment avez-vous vécu Karine Bécard cette journée quand même dingue ?
Oui, complètement dingue. C'est vrai que ce matin, quand j'arrive devant le pavillon 1 du salon de l'agriculture, je ne m'attends pas du tout effectivement à avoir un François Fillon défaillant. Maintenant, pour répondre aux interrogations de Martial, il a raison. Oui, François Fillon, ça fait 36 ans qu'il gère sa carrière politique et il a un objectif depuis sans doute un peu longtemps, c'est de devenir président de la République. Il a chaque fois avancé, creusé son sillon avec vraiment en ligne de mire cet objectif. Il n'était pas certain d'y arriver évidemment. Mais quand on a été au total quasiment 7 ans ministre dans sa vie, 5 ans Premier ministre, on se sent parfaitement légitime.
On a cette envie de pouvoir et cette conception assez vieille, assez traditionnelle de je suis passé par toutes les étapes. Et cette fois-ci, c'est à mon tour et on ne va pas m'empêcher de devenir président de la République. En revanche, il faut quand même mettre une petite nuance, c'est qu'il y a eu un moment de doute apparemment aujourd'hui chez François Fillon. Il y a eu un moment quand même où il s'est vraiment interrogé. Est-ce que ça va passer ? Il a passé plein de coups de fil, il a consulté beaucoup de monde. Il a notamment encore une fois passé un coup de fil à Nicolas Sarkozy.
Et c'est Nicolas Sarkozy, et globalement les Sarkozyistes, mais c'est Nicolas Sarkozy qui lui dit, François il faut aller jusqu'au bout, tu ne lâches pas. Donc à chaque fois qu'il hésite, il y a toujours quelqu'un, et en général Nicolas Sarkozy, pour lui dire, maintenant il faut y aller, il ne faut pas lâcher, parce qu'on ne veut surtout pas d'Alain Juppé.
D'accord, ok, message bien reçu. Arnaud Leparmentier, un mot pour répondre à Martial ?
Il a tout à fait raison, on avait déjà fait un téléphone sonne il y a 4 semaines, je crois, ou 3 semaines, où j'avais pensé qu'il fallait que Fillon se retire. Ce qu'il faut regarder quand même, c'est que si on prend un peu de hauteur, on est quand même dans une situation un petit peu catastrophique, c'est-à-dire que la presse fait son travail, la justice fait son travail, et la droite est dans une impasse absolue. C'est-à-dire que François Fillon a une primaire qui le porte comme candidat de la droite avec plus de 3 millions d'électeurs. Le plan B, c'était Juppé, mais les électeurs ne voulaient pas de son programme.
Le plan C, c'était Sarkozy, mais il est rejeté par le programme, et en réalité, effectivement, comme le disait Karine, Sarkozy, c'est un petit peu comme Lech Kaczynski qui dirige la Pologne à partir de son appartement. Sarkozy, visiblement, fait tout pour que Juppé ne soit pas candidat, c'est-à-dire que c'est une double vengeance. Une vengeance pour que Fillon souffre jusqu'à la fin, et une vengeance pour que Juppé ne soit pas président de la République.
Résultat, on a quand même quelque chose, je ne pense pas que ce soit François Fillon qui soit victime d'un assassinat politique, mais c'est vrai que la campagne présidentielle est confisquée, puisqu'on ne parle pas des sujets qui intéressent les Français.
On va repartir au standard où nous attend Myriam, et puis ensuite, on abordera les questions judiciaires. Bonsoir Myriam.
Bonsoir M. Demorand, bonsoir à tous. Bienvenue. Merci. Alors, d'abord, il devrait aller se confesser, parce que dans un tweet du 20 septembre 2012, il disait, il y a une injustice sociale entre ceux qui travaillent pour gagner peu, et ceux qui ne travaillent pas, ils reçoivent de l'argent public. Ceci dit, je ferme ma parenthèse, et je vous pose la question suivante. S'il est élu, comment pourra-t-il représenter la France et les Français dans les pays d'Europe, où une telle situation aurait conduit à une démission immédiate de son poste de sénateur, et à un renoncement de sa candidature ?
Et ma seconde question, en ce maintenant, François Fillon espère-t-il, par une éventuelle élection, être protégé par son statut ? Voilà, je vous remercie.
Merci beaucoup à vous Myriam. Alors, sur la dimension européenne, Arnaud Leparmentier.
Voilà, le président qui est élu, il est légitime. Les Européens, ce sont des grands pragmatiques. Je vous rappelle qu'on a eu Silvio Berlusconi, qui avait toutes les procédures judiciaires inimaginables et imaginables. Derrière lui, il s'est présenté. On avait un président tchèque qui avait participé à des parties fines, il avait été photographié. Il était là aussi, ou un Premier ministre tchèque. Donc, ce n'est pas le sujet, même si les Européens sont absolument consternés de ce qui se passe en France, c'est-à-dire de voir un candidat qui s'accroche. Mais la légitimité est faite par la fonction et pas par la situation judiciaire en Europe.
Allez, on retourne au standard, à moins que vous vouliez dire un mot, Karine.
Oui, un tout petit mot, ce qui commence à être intéressant dans le positionnement de François Fillon, c'est sa position de plus en plus gaullienne. C'est-à-dire, il est intimement persuadé. Si, si, je vous assure, vous n'êtes pas tout à fait persuadé de ce que je suis en train de dire, Sarah, Guy Baudot, mais je vous assure qu'on est dans ça, c'est-à-dire qu'on est dans l'homme qui est entré en résistance. C'est ce qu'on se disait tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il a une très vieille conception de la politique. C'est-à-dire, ce qu'il a fait n'est pas illégal, donc ce n'est pas très beau et ce n'est pas très moral.
Mais enfin, à ma foi, ça se faisait, d'autres l'ont fait, donc il a eu le droit de le faire. Donc, il entre en résistance, il est intimement persuadé que les Français vont comprendre qu'il avait raison avant d'autres, qu'il est le seul à pouvoir sauver la France. Mais je vous assure que quand on croise des fillonnistes avec lesquels, les premiers, les vrais supporters de Fillon, c'est exactement ce qu'ils disent. Donc, bien sûr qu'il arrivera à représenter la France devant le monde.
On repart au standard, donc. Bonsoir, Paul. Oui, bonsoir. Nous vous écoutons.
Merci, d'abord. Je voulais vous demander, est-il sûr que François Fillon sera mis en examen le 15 mars ? Beaucoup de gens le disent et beaucoup de journalistes le disent aussi, qu'il est ou qu'il sera mis en examen. Ou y a-t-il une probabilité pour qu'il soit simplement déclaré témoin assisté ?
Merci, Paul, pour cette question. Sarah Guibaudot, journaliste au service Enquête Justice de France Inter.
Je ne me risquerai pas au calcul des probabilités. En théorie, évidemment, c'est possible s'il arrive à convaincre les juges que soit les charges ne tiennent pas, soit il y a de vrais problèmes de droit derrière cette enquête. Et bien sûr, c'est possible, même si aujourd'hui, honnêtement, même du côté de la défense de François Fillon, on n'y croit pas trop. Et la convocation à la fin de mise en examen, ça ne prouve pas que les juges le mettront en examen ? Pas du tout. C'est déjà arrivé, c'est arrivé une fois à Nicolas Sarkozy, c'est arrivé à Éric Wörth, je crois. On peut, effectivement, on est convoqué en vue de fin de mise en examen.
Et finalement, il y a un doute et on ressort témoin assisté. Ça veut dire qu'à la fin, il y aura peut-être un non-lieu. Sur le papier, c'est possible.
Il y a quelques semaines, François Fillon demandait à la justice d'aller vite, d'aller très vite. Aujourd'hui, il lui reproche d'aller trop vite.
Mais elle va très très vite. Elle va très vite.
Alors expliquez-nous le rythme.
Alors on a parlé de l'enquête qui avait été ouverte le jour même. Alors ça, ce n'était pas une première. Mais comme le parquet national financier est encore une jeune institution, on n'est pas tout à fait habitué. Mais c'est vrai que c'est une habitude qu'ils essayent de prendre. Ensuite, c'est vrai qu'il y a quand même des gros moyens qui ont été mobilisés pour cette enquête avec les policiers de l'Office anticorruption. Finalement, alors c'est un élément totalement indépendant. C'est le vote de cette loi sur la prescription qui a poussé le PNF vendredi à confier l'enquête à des juges d'instruction. Mais voilà, les juges d'instruction, ils sont désignés vendredi soir.
Ils ont fait partir la convocation certainement lundi ou mardi, hier. Ça, voilà, je cherche. Mais parmi les habitués du pôle financier, personne n'a pu me trouver d'autres exemples. C'est assez inédit. Le seul exemple où c'était allé rapidement aussi, c'était Jérôme Cahuzac. Mais c'était complètement différent puisque son avocat avait lui-même appelé le juge Van Ruenbeek pour dire « Ok, on reconnaît les faits et on demande d'être mis en examen ». Oui, c'est inédit. En fait, je ne suis pas dans la tête des juges. Il y a cette question de la trêve judiciaire. C'est vrai qu'elle n'existe dans aucun texte, mais elle existe dans les faits.
C'est une tradition et même le juge Tournaire dont on parle, il l'a appliquée une fois, Serge Dassault. Mais la question, c'est quand est-ce qu'elle commence puisqu'il n'y a pas de texte. Alors, est-ce qu'elle commence 15 jours avant, 3 mois avant ? Donc Serge Dassault, il la lui avait appliquée, mais on était vraiment 15 jours avant les municipales. L'exemple le plus caricatural, c'était en 2008 quand le procureur ne prenait pas ses réquisitions depuis 2 ans dans l'affaire des faux électeurs du 5e arrondissement. Grosse trêve. Grosse trêve. Donc les juges excédés avaient fini par renvoyer Tibéry en correctionnel à quelques semaines des élections.
Donc voilà, je ne suis pas dans la tête des juges. Visiblement, eux, ils ont considéré qu'ils avaient encore un petit peu de temps et peut-être, effectivement, qu'ils avaient cette date du 17 mars, la date limite de dépôt des candidatures en tête, et qu'ils ont voulu le faire avant.
D'où ma question, Sarah Guibaudot, sur l'accusation de François Fillon, faite à la justice, de vouloir parasiter le calendrier politique. Est-ce que la justice ne va pas très vite pour justement donner tous les éléments en sa disposition et ensuite laisser la campagne se dérouler ? On peut faire de lecture, j'imagine, de cette précipitation ?
On peut faire de lecture. La justice, elle est censée être indépendante et ne pas se mêler de ce calendrier politique. Mais en réalité, c'est vrai que c'est compliqué. C'est un calendrier, évidemment, très délicat à gérer pour les juges.
Karine Becker.
Alors, c'est vrai que le 15 mars donne le sentiment de le faire pile deux jours avant ce fameux 17 mars où on doit avoir présenté ses 500 parrainages. Sauf que dès ce soir, là, François Fillon les a, ses 500 parrainages, c'est le Conseil constitutionnel qui vient de l'annoncer. Et donc, du coup, est-ce que ça rend caduque, je ne sais pas si je peux utiliser ce mot-là, mais est-ce que ça rend caduque toute éventuelle mise en examen de François Fillon puisque, officiellement, il est candidat à l'élection présidentielle ce soir ?
Ça, c'est un vrai point de droit.
Ah, alors ça, oui, ça c'est...
Sarah Guy Bodo, on se tourne vers vous, hein !
Non, on a eu cette discussion depuis ce matin. Oui, on a... Non, ben, j'ai pas la réponse. Il n'y a rien qui dit qu'un candidat mis en examen ne peut pas être candidat à la présidentielle. Il y a cette notion de candidat empêché. Qu'est-ce que ça recouvre, effectivement ? Voilà, les constitutionnalistes ne sont pas d'accord là-dessus. Arnaud Leparmentier ? Il y a quand même quelque chose qu'il faut saluer, c'est la manière extraordinaire dont les juges manient le calendrier. C'est-à-dire que, est-ce que c'est... Manient ou manipulent ? Manient, manient. Manipulent, je ne les accuserai pas de manipuler, mais manient.
C'est-à-dire, je trouve qu'il y a quand même un problème de savoir se dépêcher de saisir des juges d'instruction parce qu'une loi va entrer en vigueur. Moi, j'ai une petite question. Est-ce que ça ne va pas à l'encontre du principe de la justice que, grosso modo, si on adopte une loi plus soft, plus douce, elle doit s'appliquer au plaignant ? Ce qu'on ne sait pas du tout ce qui est prescrit et pas prescrit dans l'affaire de François Fillon. Donc, je trouve que là, il y a quand même une intention politique, c'est-à-dire faire la course contre le législateur. Donc, là-dessus, j'ai une interrogation.
La deuxième interrogation, c'est cet envoi à fin de mise en examen pile aujourd'hui, mais suffisamment tôt pour que ça ne soit pas dans la semaine juste avant le dépôt des candidatures définitives. Pourquoi ? Parce que dans la semaine juste avant le dépôt des candidatures, le Conseil constitutionnel, s'il constate qu'un candidat est empêché, alors le terme est flou, il peut reporter les élections. Donc, je trouve que vraiment, c'est très, très, très, très bien joué. Vraiment, la justice passe avec une célérité, avec une efficacité qu'on n'a absolument jamais vue. Avec des arrières-pensées, Arnaud ou pas ? Et c'est vraiment merveilleux. Avec des arrières-pensées ou pas ?
C'est ça la question ? Moi, je n'ai jamais vu. Ce n'est pas moi qui l'ai dit. Mais le parquet financier est tout neuf. Nouvelle institution, c'est ce que disait ça. La convocation, la convocation, à la fin de mise en examen, elle est faite par trois juges d'instruction. Le premier saisi, c'est Serge Tournaire. Et honnêtement, personne ne pourra vous dire pour qui il vote. Et honnêtement, personne ne le soupçonne d'avoir d'arrière-pensée politique au sens de politique partisane. Voilà, c'est sans doute quelqu'un qui a une certaine conception de la mission de la justice, mais pas politique au sens partisan du terme. Alors, après, je reviens juste sur ce que vous disiez.
La loi sur la prescription, honnêtement, personne ne sait exactement comment elle va s'appliquer ou pas aux affaires en cours. Et voilà, c'est aussi un souci de bonne administration de la justice. Le PNF n'est pas le seul. D'autres parquets ont fait un balayage de leurs affaires en portefeuille pour savoir s'il n'y en avait pas qu'il fallait clôturer pour ne pas prendre de risques. Sur le calendrier, je reviens aussi sur... Voilà, je ne sais pas...
Il n'y a pas des délais légaux entre le moment où un juge envoie un courrier pour une convention, c'est dix jours.
Alors, c'est dix jours. Donc, c'est pour ça, je pense que les juges ont voulu aller vite. Je ne sais pas dans quelle mesure ils avaient les différentes étapes de la campagne en tête. Voilà, ils ont envoyé la convocation tout de suite pour le faire le plus tôt possible, c'est dix jours. Alors, c'est vrai que... Et bon, voilà, la défense de Fillon aurait voulu peut-être, finalement, être reçue plus tôt. Quitte à être mise en examen. Est-ce qu'il ne valait pas mieux être mis en examen dès cette semaine ? Et ça, ça pouvait se négocier si on est d'accord pour raccourcir le délai. Voilà, mais...
Ce qui aurait permis à la défense de François Fillon d'avoir accès au dossier. C'est bien cela, l'enjeu de la mise en examen tout de suite ?
Alors, de toute façon, ils vont avoir accès au dossier en vue de préparer la mise en examen. Mais par contre, les recours devant la chambre de l'instruction ne pourront être déposés qu'une fois qu'il sera mis en examen ou témoin assisté. Yvon, bonsoir.
Bonsoir, mesdames. Bonsoir, mesdemoiselles. Bonsoir, messieurs. Merci, France Inter, d'avoir choisi ma question. Si M. Fillon est élu président de la République, il a cinq ans d'immunité. Par contre, dans cette histoire, il y a trois personnes dont on ne parle jamais. Madame Fillon et ses deux enfants. Que se passerait-il si Mme Fillon et ses deux enfants sont condamnés en correctionnel ?
Merci, Yvon, pour cette question que je transmets à Sarah Guibaudot.
Alors, c'est vrai qu'en théorie, oui, c'est vrai que les deux enfants et son épouse, s'ils sont aussi mis en examen et éventuellement renvoyés devant un tribunal correctionnel, oui, ils peuvent, en théorie, être jugés avant, mais ce n'est pas forcément le choix que fera la justice. On peut aussi suspendre l'enquête pendant cinq ans.
Et l'immunité du président de la République ne couvre donc pas femmes et enfants ? Non, non. Donc, c'est ça la réponse à la question d'Yvon. On serait quand même
dans une situation très étrange, où la femme et les enfants seraient condamnés avec un président qui continuerait effectivement à exercer le pouvoir. Ce serait quand même juste lunaire. On n'aurait absolument jamais vu ça, si. Je me demande si Alain Juppé n'avait pas été... Enfin, honnêtement, oui, a priori, le plus probable, ce serait que l'enquête soit suspendue. Arnaud Le Parmentier. Je note quand même que si je ne me trompe pas en droit pénal, il faut une intentionnalité ou une conscience de ce que l'on fait qui est pénal. Visiblement, les enfants, ils ont travaillé et Pénélope, on ne sait toujours pas si elle savait vraiment ce qui lui arrivait.
Donc, avant de la mettre en prison, il faudrait peut-être laisser la justice avancer.
Bonsoir, Christian.
Oui, bonsoir, monsieur. Bienvenue. Bonsoir, monsieur. Bonsoir, mesdames.
Bonsoir.
Nous vous écoutons, Christian. Allez-y.
Alors, je me pose une question. Est-ce que derrière l'action judiciaire qui est menée au sujet de M. Fillon, il ne s'agit pas, en fait, d'un procès des institutions de la Ve République, c'est-à-dire du fonctionnement de ces institutions ? Parce que nous avons en France quelque chose qui ressemble beaucoup à une monarchie élective où le président de la République est censé être le représentant de tous les citoyens, presque un représentant presque mystique. Est-ce que ce n'est pas une image ringarde de la politique au XXIe siècle ? Est-ce que ce ne sont pas des institutions qui étaient davantage adaptées au XIXe siècle ?
Merci, Christian, pour cette question. Qui veut s'en saisir ? Karine Bécard, Arnaud Leparmentier, Sarah Guy Baudot ?
Des institutions du XIXe siècle, je pense que... De 1958 seulement. Le général de Gaulle, s'il était encore vivant, apprécié. Il était un homme du XIXe siècle. Ça, c'est vous qui le dites, moi, je n'oserais pas. C'est un peu ce que je disais au départ. Oui, on a quand même toute une classe politique qui continue à exercer le pouvoir très traditionnellement avec toutes les largesses et les largeurs qu'on leur a accordées pensant qu'ils avaient le droit de tout ça. On a affaire à des hommes, alors certes, qui ne sont pas grassement payés, un député, n'exagérons pas, gagne 5500 euros.
Ce sont quand même des gens qui, voilà, il faut aussi le reconnaître, travaillent 7 jours sur 7, comptent pas leurs heures, etc. Du coup, ce sont des gens, quand ils exercent le pouvoir comme François Fillon depuis 36 ans, il y en a des tas d'autres, considèrent que, finalement, pour tout ce qu'ils font pour la France, on leur doit bien ça, donc on peut, de temps en temps, leur accorder une enveloppe supplémentaire. Oui, effectivement, c'est une conception qui ne correspond plus à l'état de colère dans laquelle la société est aujourd'hui en France et ailleurs.
Jean-Luc Mélenchon qui lui a annoncé aujourd'hui vouloir mettre en examen, si je me souviens bien de l'expression, la Ve République elle-même, dont les institutions, précisément, produisent des êtres providentiels qui, quand ils se retrouvent dans la situation de François Fillon, ça commence à tanguer très fort.
Arne Le Parmentier. Non, ce qui est vrai, c'est qu'il y a tout de même un problème sur le principe électif d'un homme providentiel qui est censé recueillir 50% des suffrages au deuxième tour.
Le problème est où ? Sur le principe électif ? Ou sur l'homme providentiel ? Non, sur l'homme providentiel.
Je pense qu'en réalité, il faut que les Français apprennent ce qui se fait dans toutes les démocraties parlementaires d'Europe, à faire des coalitions, à faire des rapprochements entre groupes et donc de ne pas mettre tous leurs œufs dans un même panier sur un seul homme. Et là, on va se retrouver, quoi qu'il arrive, avec un président de la République élu qui aura pour soutien réel entre 20 et 25% des électeurs du premier tour. Donc, il y aura un problème de légitimité absolument terrible. Et en ce sens, je pense que la Ve République qui cherche un homme providentiel qui n'existe plus va se retrouver dans une grande difficulté après l'élection présidentielle.
Ça, c'est la révolution politique quand même. Parce qu'on n'est pas du tout dans ça quand même aujourd'hui. C'est-à-dire ? Les grandes coalitions, quand on voit aujourd'hui le jeu entre la droite et la gauche... Oui, on voit Emmanuel Macron qui dit « Je n'aurai pas de majorité ». Il vient de lâcher que, grosso modo, il n'aurait pas de majorité. Marine Le Pen, si elle est élue, ou avec un scrutin uniluminal à deux tours, n'aura pas de majorité. On est bien d'accord. Pour le moment, François Fillon a peu de chance d'être élu. Il aura peut-être une majorité.
Donc, on est en train de voir que l'inversion du calendrier qui était de faire l'élection du président de la République d'abord, puis des législatives qui accordaient une majorité automatique, en réalité, risque de voler en éclats. Donc, c'est ce que nous disait Daniel Cohn-Bendit à notre émission dimanche dernier. On nous a convaincu. Eh bien, on va devoir apprendre à faire des coalitions. Ce sont les électeurs qui vont l'imposer par leur absence de choix. La parole à Michel de Nîmes.
Bienvenue. Oui. Bonjour, M. Demorand. Bonjour. Nous vous écoutons, Michel. Allez-y.
Eh bien, écoutez, moi, je voulais vous faire une affirmation. L'affaire de M. Fillon m'a exaspéré et je ne pensais pas voter Fillon. Mais vu la rapidité avec laquelle la justice avance, vu que les parlementaires ne sont pas clean, vu que le Sénat c'est un panier de cadres, je voterai Fillon.
C'est une manière de... Qu'est-ce que vous voulez exprimer, Michel, à travers ce vote ?
Je veux exprimer... C'est-à-dire que si on condamne M. Fillon, je veux bien, mais il faudrait qu'on fasse le ménage au Parlement et au Sénat. Il faut qu'on... Oui. Il faut... il faut qu'il soit plus honnête, quoi. Et donc,
vous trouvez que le procès fait à François Fillon est d'une certaine manière injuste ?
Il est en partie injuste. Parce que, bon, M. Fillon n'aurait pas dû... n'aurait pas dû faire ce qu'il a fait. Et d'un autre côté, tout le monde le fait.
Bien reçu, Michel. Merci pour votre intervention. Sarah Guibaudot, Arnaud Leparmentier, Karine Bécard.
Alors, en ce qui concerne les parlementaires, c'est vrai qu'il y a un point de droit qu'a soulevé la défense de François Fillon. On verra ce qu'en pense au final la justice. Ça remontera peut-être jusqu'à la Cour de cassation sur la séparation des pouvoirs. C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a une sorte un peu d'autorégulation des députés et des sénateurs par rapport à leur argent, leurs indemnités. Et pour le moment, c'est eux qui s'autorégulent, qui gèrent, qui... Personne ne les contrôle. C'est fondamental. C'est normal. Ça veut dire que sinon que l'exécutif peut intervenir sur le législatif.
Si c'est l'exécutif qui décide combien ont les députés, ça veut dire que les députés sont sous la tutelle de l'exécutif. Donc ça contrevient complètement à la séparation des pouvoirs.
Là, on avait avec Michèle un auditeur qui disait qu'il allait, en dépit de tout ce qu'on a pu dire, apprendre, ce que François Fillon lui-même a pu dire aujourd'hui, voterait donc pour François Fillon, Karine Bécard.
C'est assez illogique parce que son raisonnement est assez, en tout cas pour moi, incompréhensible parce que quel sera du coup dans la situation dans laquelle est aujourd'hui François Fillon sa crédibilité, sa légitimité pour faire le ménage au Sénat et à l'Assemblée. Ça va être extrêmement compliqué. Le sujet, c'est la martyrologie de François Fillon. François Fillon juge... C'est ça le pari. François Fillon et la droite paris que les électeurs vont se coaliser derrière Fillon qui est en train de payer pour tous les autres. avant les élections pour tous les autres. Je rappelle qu'Alain Juppé dont on dit le plus grand bien a quand même été condamné définitivement pour des emplois fictifs.
C'est devenu le sein sur la terre. Et il avait été condamné avant Jacques Chirac. Il avait été condamné avant Jacques Chirac. Il avait eu aussi un appartement rue Jacob. Donc ça n'était pas... Il n'a pas fait que payer pour le financement du RPR. Il avait des problèmes particuliers, etc. Donc c'est ça. Et ce qu'il faut voir, c'est comme on a une élection à un tour, c'est-à-dire que grosso modo...
C'est la question du socle électoral.
C'est le fait du socle. Donc la droite considère qu'elle a 19% d'absolument certains. Et il faut grappiller d'ici 4 semaines 1, 2, 3, 4% pour passer devant Macron. Donc il pense comme notre auditeur. L'auditeur, j'entends quand même parler de dépoussiérer le Sénat, dépoussiérer l'Assemblée. C'est-à-dire qu'il y a vraiment une volonté de passer à autre chose, à d'autres pratiques, à avoir enfin des politiques qui ne font plus ça. Et en quoi François Fillon, qui, je le rappelle, à l'époque où il était à Matignon, avait osé dire à son ministre blanc qui avait dépensé 12 000 euros de cigares... C'est pas mal. C'est pas mal. Mais qui avait réussi à lui dire...
Non mais moralement, il avait remboursé les 12 000 euros, je me souviens, ce ministre, et Fillon lui avait dit mais enfin, c'est très bien d'avoir remboursé, ça ne suffit pas, il faut que tu démissionnes. C'est incroyable. Enfin, je veux dire, comment aujourd'hui, François Fillon, demain, s'il arrive à être président de la République malgré tout, pourra effectivement réclamer ça des autres. c'est impossible.
Et est-ce que, Karine, il y a une analyse politique chez les proches de François Fillon qui consiste à dire que le ticket d'entrée pour le second tour est très bas dans cette présidentielle et que, oui, dans un trou de souris, ça peut passer ?
Oui, ils sont encore dans ça. Oui ? Oui, bien sûr, ils sont encore dans ça. Ils sont très, très rassurés par ce socle dont on parlait. Globalement, ils l'évaluent à, oui, 19, même voire 20 points et ils parient toujours sur l'effondrement d'Emmanuel Macron. Ils font toujours le pari de taper très, très fortement comme on l'entend sur Emmanuel Macron ce que je pense au contraire le fait sans doute monter, c'est-à-dire l'inclut totalement dans le jeu politique et continue à le faire monter très haut, à le faire exister et abandonne totalement de taper, en tout cas pour l'instant, sur Marine Le Pen. Sarah Guibaudot.
Oui, dans une précision, si on parlait effectivement des affaires qui ne concernent pas seulement les parlementaires mais les hommes et les femmes politiques en général, rappelons rapidement que, par exemple, Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnel dans l'affaire Big Malion, que le Front National en tant que personne morale est renvoyé en correctionnel pour le financement illégal, enfin présumé illégal de sa campagne de 2012 et que Marine Le Pen elle-même a refusé récemment de se rendre à la convocation d'un juge du pôle financier.
Léon, bonsoir. Oui, bonsoir. Bienvenue. Je vous remercie de prendre ma question et je vous félicite pour vos émissions. Alors moi, je vais prendre un petit peu le contre-pied de l'auditeur précédent. En fait, habituellement, je votais parti socialiste entre guillemets et là, j'avais choisi M. Fillon parce que je pensais qu'il avait une stature d'homme d'État et qu'il était relativement intègre.
Alors, il est vrai qu'aujourd'hui, il est jeté à la vindicte publique mais moi, ce qui me révolte et me désole mais vraiment de façon très importante, c'est que je n'entends aucun élu, quel que soit leur parti, qu'il soit élu national, régional ou local, qui dise ce système doit être, il doit être mis fin à ce système d'indemnité dont on ne sait pas quel est le montant grâce au cumul, etc. et pour lequel tous nos élus ne payent pas d'impôts, ce genre de choses enfin, qu'a pratiqué M. Fillon.
Et je suis extrêmement révolté et inquiet parce que nous sommes à quelques semaines de l'élection présidentielle et nous avons le choix entre un certain nombre de candidats qui ont tous, entre guillemets, permettez-moi l'expression, des casseroles aux fesses. Et j'ai du mal à comprendre que des citoyens manifestent et soutiennent un élu qui est traduit devant, enfin, qui est poursuivi entre guillemets, qui fait l'objet d'une enquête. Et j'ai l'impression qu'on est en train de s'attaquer au fondement de notre République, c'est-à-dire une justice égale pour tous, pour tous. Et je suis vraiment désolé et affolé, en fait.
Merci Léon pour cette question. Sarah Guibaudot ?
Oui, alors moi, je n'ai pas du tout d'analyse politique mais je constate juste, c'est vrai que pendant longtemps on a dit que finalement les affaires ne changeaient rien au vote des électeurs et puis là, Nicolas Sarkozy n'a pas été élu à la primaire à droite et depuis que François Fillon, voilà, il y a cette enquête, il baisse dans les sondages. Une remarque, c'est... Orme Le Parmentier. François Fillon, ce n'est pas l'affaire, c'est le choc moral et égalitaire épouvantable qui arrive. François Fillon fait un discours de moralité et demande de la sueur, du sang et des larmes à ses concitoyens, on s'aperçoit que lui, il se donne un sursalaire via le salaire fictif de sa femme.
Donc, c'est moins l'affaire judiciaire que le choc politique même si l'affaire judiciaire continue d'achever tout. Notre auditeur dit que tous les candidats ont des affaires judiciaires pendantes. Je ne crois pas, si je ne me trompe pas, que Benoît Hamon en est et je ne crois pas qu'Emmanuel Macron, même s'il a eu son ISF révisé un peu tardivement, en est. Donc, on ne peut pas dire ça. Le problème, c'est le contraire. C'est que celui qui était censé être le seul dans les candidats capables d'incarner un président de la République se trouve fracassé par les affaires. Marine Le Pen l'est aussi. Mais c'est ça le drame, c'est qu'on se dit si on fracasse celui-là, qui sait qu'on a d'autres ?
On en avait enfin un intègre et même celui-là, finalement. Il y avait la stature présidentielle et on n'en a plus. C'est ça le problème de la présidentielle aujourd'hui.
Sarah Guibaudot, l'attaque contre la justice de la part des hommes politiques mis en cause. Un grand classique. Un grand classique, rhétorique, j'imagine. C'est toujours le gouvernement des juges, etc.
Alors, il y a des nuances. Je trouve que ce midi, François Fillon n'est pas allé très loin justement dans le gouvernement des juges. Effectivement, Karine l'a souligné, il se victimit, Il a tapé fort quand même sur la justice. Oui, alors il se base aussi quand même sur des éléments factuels. On en pense ce qu'on veut. C'est vrai qu'il n'est pas traité tout à fait comme un justiciable pour les autres, que ça va plus vite. Je suis très surpris de ce que vous dites en tant que rubricard de justice. C'est très important. Arnaud le parle d'entrée. Grosso modo, les rubricards de justice d'habitude expliquent que les juges, ce n'est pas un reproche, que les juges ont raison au fait leur travail.
Là, vous êtes quand même très critiques. Je ne suis pas là pour dire que les juges ont raison ou qu'ils ont tort. J'explique comment ils travaillent. C'est la grande différence
entre un rubricard et un éditorialiste en parmentier. Voilà.
Quand il dit que ça va plus vite pour lui que pour un justiciable lambda, je suis désolée, mais là, il a raison. Alors, on peut dire que c'est bien ou que ce n'est pas bien, je n'en sais rien. La justice fait son travail. C'est un enjeu important. Mais voilà. Après, moi, je souligne aussi qu'il a quand même décidé de se rendre à la convocation le 15 mars alors que Marine Le Pen Il l'a bien souligné même aujourd'hui. Alors que Marine Le Pen ne se rend pas aux convocations du juge Van Ruyenbeck et que donc, pour le moment, elle ne peut pas être mise en examen même si le juge estime qu'elle devrait l'être. Arnaud Le Parmentier.
Je pense aussi qu'auprès du peuple de droite, donc l'électorat de François Fillon, le mur des cons du syndicat de la magistrature continue de faire des ravages dont on ne mesure pas l'ampleur. C'est-à-dire que, grosso modo, ce mur des cons qui montrait plein de victimes, certes peut-être de droite ou peu aimable, mais d'avoir, ça a politisé la justice dans l'esprit d'une partie de l'électorat et je pense que François Fillon table beaucoup sur ce rejet d'une partie de la magistrature à cause du syndicat de la magistrature.
Et d'ailleurs, pour prolonger, on n'imagine pas à quel point, parce que François Fillon, malgré tout, continue à faire des meetings au moins un par semaine, on n'imagine pas, on avait déjà eu l'occasion d'en parler tous ensemble dans Questions politiques le dimanche, à quel point cette affaire hystérise aussi l'électorat de droite, c'est-à-dire vraiment cristallise l'envie profonde de voir François Fillon gagner parce que justement on est très durs avec lui. Donc, on parlait tout à l'heure du socle des 20 points, il existe vraiment.
Et c'est celui qui ira au Trocadéro dimanche si la manifestation de soutien a lieu ?
Oui, bien sûr, il y aura du monde. Enfin, je veux dire, c'est une évidence, il y aura du monde. Pour répondre juste à la question qui était posée tout à l'heure par Léon, enfin, toutes les remarques qu'il a faites, il y a des choses quand même qui sont fausses. Un député paye des impôts, il faut arrêter avec cette idée, il paye des impôts et sur les indemnités ou sur toutes les largesses qui sont possibles à l'Assemblée nationale, les règles, c'est l'Assemblée nationale qui doit se réformer, les règles permettent beaucoup de choses.
Qui est au standard ? Didier, bonsoir.
Oui, bonsoir. Bonjour à tout le monde et bonjour à vos invités. Moi, j'ai entendu l'émission qui amènerait beaucoup de choses, mais je vais rester sur les deux questions que je voulais poser. La première, je suis surpris que les affaires qui entourent le Front National et Marine Le Pen ne fassent pas autant la une médiatique. Et pour moi, le Front National, c'est un parti dangereux pour la démocratie, donc ça me paraîtrait normal qu'on y accorde autant d'attention. Et la deuxième chose, pour moi, le plus important, c'est que proposent les candidats pour cette élection. On a toujours environ 10 à 15% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
On a un taux de chômage qui est à des niveaux jamais atteint. Les jeunes n'arrivent pas à trouver du boulot et les seniors, ils sont virés parce qu'ils coûtent trop cher. Dans la médecine et dans la santé, il y a beaucoup de choses qui se posent. Donc, il y a vraiment de quoi débattre. Et malheureusement, on ne parle que de ça. Et pour, je reprends ce que disait quand même M. Le Carpentier, il y a aussi un autre candidat qui n'a pas de casserole. Il s'appelle M. Mélenchon. Et il ne l'a pas cité tout à l'heure. Et donc, vous avez compris pour qui j'avais voté même si auparavant, aux autres élections présidentielles, je votais communiste. Merci beaucoup. Je ferme la parenthèse.
Merci beaucoup pour votre intervention sur le traitement médiatique des affaires au Front National par rapport à celle de François Fillon. C'est vrai que ça glisse.
Ça glisse. Oui, on essaye, mais ça ne prend pas. Et même les autres candidats n'y arrivent pas. Non, ils n'y arrivent pas. Ils n'osent pas tellement s'en prendre à elle. Ils pourraient, dans les meetings, par exemple, j'en parlais à l'instant, faire de grandes déclarations sur Marine Le Pen. On n'ose pas. Le dernier meeting de François Fillon auquel j'ai assisté, il a parlé sur 8 lignes de Marine Le Pen. Il a fait plus de 2 pages sur Emmanuel Macron. Donc, nous, on relaie, en fait, nous sommes des caisses de résonance. On relaie ce qui se passe. Et comme il ne se passe rien, on a du mal à raconter.
Sarah, puis Arnaud Le Parmentier. Alors,
au service enquête de justice de France Inter, on suit évidemment toutes ces enquêtes. c'est vrai que l'affaire Fillon, comme elle arrive, en pleine, enfin voilà, à un temps très proche de la présidentielle, qu'en plus, donc ça va vite, donc il y a des rebondissements chaque semaine, c'est vrai que c'est très concentré et qu'on a l'impression, enfin, qu'on en parle tout le temps, c'est vrai. Les enquêtes sur le Front National, ça fait quand même plusieurs années, donc c'est un plus long feuilleton. Elles ont pris plus de temps aussi, il faut bien le reconnaître. Et voilà, du coup, c'est un peu au fil de l'eau.
Et honnêtement, c'est vrai, quand le Front National est renvoyé en correctionnel six mois avant la présidentielle, ça intéresse beaucoup moins qu'une affaire qui éclabousse le principal candidat de droite à quelques semaines.
La parole à Arnaud Le Carpentier. Le Carpentier. Sur le Front National, vous avez raison, l'auditeur a raison,
il y a du renoncement. Il y a du renoncement pour une raison tactique, c'est que grosso modo, comme chacun part du principe que Marine Le Pen sera qualifiée, les candidats ne se battent pas contre Marine Le Pen puisqu'ils pensent qu'elle est hors d'attaque, mais ils se battent entre eux. Donc Fillon préfère attaquer Macron, Macron préfère attaquer Fillon. Arrêtez de taper sur la table. Oui, parce que je déplore qu'on n'arrive pas à plus attaquer le projet du Front National, le projet économique, le projet sur la préférence nationale qui sont...
Le vieux Front National est revenu en force depuis quelques semaines, plus toutes les affaires, plus le fait que Marine Le Pen est une héritière, plus le fait qu'ils prennent de l'argent partout. et c'est vrai qu'il y a une espèce de... On baisse les bras. On s'est tellement fait attaquer de dire « Ah, vous diabolisez le Front National, donc ça fait son jeu » que je trouve que dans cette campagne, il y a un petit renoncement. Merci Arnaud Leparmentier,
Karine Bécard, Sarah Guy-Baudot, merci aux auditeurs de France Inter extrêmement nombreux ce soir au Standard et merci du coup aux standardistes qui ont vraiment beaucoup bossé depuis 18h. le journal à suivre. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
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