Présidentielle 2027, Élisabeth Borne, sortie de son livre... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Agathe Lambret. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Bonjour Paul. Vous avez été Premier ministre et des crises vous en avez connues. Vous revenez sur votre expérience au gouvernement, mais aussi sur votre parcours, votre vie personnelle, dans votre livre « En homme libre » aux éditions de l'Observatoire. On va en parler, mais d'abord la crise actuelle et cette étape supplémentaire pour la France, le porte-avions Charles de Gaulle qui se dirige vers le Golfe pour envoyer le signal, selon l'Elysée, que la coalition promue par Paris et Londres est prête et capable de sécuriser le détroit d'Hormuz.
Gabriel Attal, est-ce qu'on peut continuer à dire que ce n'est pas notre guerre, que nous ne sommes pas en guerre ?
Bien sûr, puisque c'est la réalité. Je rappelle que cette opération a été décidée par le président Trump et les Etats-Unis, sans même informer la France et les Etats européens. Maintenant, il est important que la France, avec d'autres pays européens, prenne des initiatives pour être en mesure de sécuriser le détroit d'Hormuz aussi vite que ce sera possible, ce qui permettra évidemment de limiter les conséquences qu'on voit aujourd'hui, notamment sur l'économie mondiale.
Ça veut dire quoi sécuriser ? Est-ce qu'il faut tenter de libérer ? Est-ce que le porte-avions Charles de Gaulle doit tenter de libérer le détroit d'Hormuz ?
Je crois que la coalition qui a été engagée, il y a une cinquantaine d'Etats autour de la France, autour du Royaume-Uni, prévoit d'être en situation de sécuriser le détroit d'Hormuz. Encore une fois, dès lors qu'il y aura une avancée dans les négociations qui ont lieu aujourd'hui entre les Etats-Unis et l'Iran. Et ça me semble être la bonne position à prendre.
Justement, voilà, parce que la France essaye de peser diplomatiquement cette mission internationale, elle est initiée par la France, notamment avec le Royaume-Uni. Vous avez des désaccords avec le chef de l'État, vous en parlez dans votre livre et on y reviendra. Mais sur ce sujet, dans cette crise, vous reconnaissez que le président, enfin vous estimez que le président a eu la bonne position et le bon ton depuis le début ?
Oui, et d'une manière générale, sur les questions internationales, sur l'engagement européen, sur les combats que nous menons en Europe et plus globalement sur la place de la France dans le monde. Évidemment, je suis en soutien de l'action qui est celle du président de la République.
Pourtant, il y a quelques jours, quelques semaines, vous esquissiez une doctrine à l'international et vous disiez, le droit international ne prime plus, c'est la force qui règne. Il faut donc s'adapter. Dans cette crise, depuis le début, Emmanuel Macron, lui, il appelle au respect du droit international.
Oui, mais j'ai aussi entendu le président de la République dire qu'il fallait un retour de la force, notamment de l'Europe et que pour être libre, il faut être craint, que pour être craint, il faut être puissant. Je suis parfaitement en ligne avec à la fois cette lecture et je pense qu'il faut en tirer évidemment des conséquences au niveau français et au niveau européen pour être capable de peser davantage. La réalité, c'est vrai qu'aujourd'hui, vous avez des puissances qui bafouent le droit international sans qu'il puisse y avoir la moindre conséquence ou sans même qu'il y ait une forme d'incitation forte à respecter le droit international.
Et ceux et celles qui passent leur temps à dénoncer les violations du droit international de manière, je trouve, un peu stérile, sans s'interroger sur la capacité que nous devons avoir à faire respecter nos valeurs à nouveau, je pense à la fin finissent par affaiblir ces mêmes valeurs et le droit international lui-même.
Donc il faut respecter le droit international nous aussi ?
J'ai toujours appelé à respecter le droit international, bien sûr, mais la question, encore une fois, n'est pas de savoir s'il faut ou pas le respecter. Le fait est qu'aujourd'hui, il n'est pas respecté par un certain nombre d'États et notamment un certain nombre de puissances. La question, c'est comment est-ce qu'on fait prévaloir à nouveau nos valeurs et le droit international, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et oui, j'ai une forme de réalisme, de lucidité à le dire depuis de nombreux mois maintenant, si ce n'est plus. Et je pense que c'est ça la vraie réflexion qu'on doit avoir.
Vous avez utilisé le mot conséquence, à propos de conséquences, cette guerre en a sur le pouvoir d'achat des Français, vous savez que les prix du carburant ont flambé. Si vous étiez encore à Matignon, couriez-vous peut-être fait différemment dans Sébastien Lecornu ?
Dans une crise, dans toute crise, il faut à la fois une stratégie sur le long terme et une adaptation sur le court terme. Et c'est le cas ou pas ? Sur le long terme, il y a des mesures qui ont été annoncées, qui viennent s'ajouter à des mesures qui avaient été engagées par les précédents gouvernements pour l'électrification de nos usages. On sait qu'à la fin, c'est ça la clé. Évidemment, on ne veut plus une situation où le pouvoir d'achat des Français, l'économie française, dépendent de ce qui se passe dans le Golfe. On est encore trop dépendant aujourd'hui des énergies fossiles, d'où cette situation. Mais évidemment, ça va prendre du temps.
Et aujourd'hui, les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, ils sont nombreux, qui font leur plein pour aller bosser ou pour utiliser leur voiture. Ils voient les conséquences immédiates. Ils ne peuvent pas tous, tout d'un coup, changer de véhicule. Il y a un côté un peu hors-sol à afficher ça en premier objectif. Et donc, il faut de l'adaptation. C'est parce qu'il y a un côté hors-sol. Non, pas du tout. Il y aurait un côté hors-sol. Il y aurait un. Oui. Il y a même, quand j'en parle là, si on commence par la question de l'électrification, je me mets à la place des Français qui sont dans leur véhicule, qui nous écoutent.
Ils sont bien gentils, mais enfin, moi, mon plein d'essence, il me coûte beaucoup plus cher. Ils disent qu'il faut électrifier les usages. Ce n'est pas ça qui va me permettre de faire le plein.
Ça, c'est ce que dit le gouvernement qui propose un plan d'électrification. Mais il y a aussi eu des aides pour 3 millions de grands rouleurs. Bien sûr, je vous dis.
C'est pour ça que je vous dis, si vous me laissez aller au bout, il faut le plan de long terme. Et ça, c'est ça, c'est l'électrification. Et ensuite, il faut de l'adaptation sur le court terme. Et là, le gouvernement a annoncé une aide temporaire ciblée pour des personnes qui utilisent leur véhicule pour aller travailler. Les grands rouleurs, notamment. Vous me dites, qu'est-ce que j'aurais fait différemment ? Bon, moi, j'avais proposé une autre solution technique, entre guillemets, mais qui n'est pas que technique, parce que je me méfie toujours. D'abord, les chèques. Je pense que les chèques qui les aident. C'est le cas, c'est un chèque de 50 euros pour les gros rouleurs aujourd'hui.
Et ensuite, je me méfie aussi des effets de seuil. Moi, je rencontre tous les jours des Français qui me disent, je suis toujours au-dessus des seuils pour être aidé. Moi aussi, je galère. Au-dessous ? Moi aussi, au-dessus. Je suis toujours au-dessus pour être aidé. Pour être aidé. Je galère. Ce n'est pas facile. Et pourtant, quand il y a des aides qui sont mises en place, moi, je suis toujours au-dessus du seuil. Je ne reçois jamais l'aide. Là, en l'occurrence, je crois que c'est 17 000 euros par an de revenus fiscales de référence. Vous avez des gens, beaucoup de gens... Qui sont mis de côté, qui sont laissés sur le côté. Alors, qu'est-ce que vous proposez ?
Et par exemple, moi, je pense que ce qu'il faut aider en priorité, c'est évidemment les personnes qui travaillent, qui ont besoin de leur véhicule pour travailler. Je donne un exemple. Une infirmière libérale en zone rurale, elle a besoin de sa voiture pour faire sa tournée. Elle a besoin de remplir son plein d'essence régulièrement pour pouvoir faire sa tournée.
Quel que soit son revenu, vous dites, c'est à partir du moment où elle utilise sa voiture.
D'abord, quel que soit son revenu, c'est rarement des métiers... En tant qu'atelier libéral, on se doute que c'est pas un revenu très élevé. C'est rarement des métiers où vous gagnez des fortunes, ce qui est d'ailleurs un autre sujet.
Mais en tout cas, pas d'effet de seuil.
Voilà, c'est pour ça que moi, par exemple, et c'est ce que j'avais porté quand j'étais ministre à Bercy au moment de la crise inflationniste liée à la guerre en Ukraine, agir sur le barème des indemnités kilométriques me semblait, me semble être une bonne piste maintenant. Je vais vous dire, il y a une aide qui est mise en place par le gouvernement. Évidemment que je soutiens le fait que le gouvernement accompagne une partie des Français dans ce moment.
Et il y a des annonces qui sont prévues en début de semaine prochaine. Vous dites à Sébastien Lecornu, reprends mon idée si vous tutoyez...
Non, c'est parce que, encore une fois, je pense qu'il faut savoir s'adapter. C'est ce que je vous disais il y a un instant, c'est ce que fait le gouvernement qui a annoncé qu'il fera évoluer ces dispositifs. Indépendamment d'ailleurs des personnes individuelles et de leurs voitures, vous avez des secteurs économiques qui sont très frappés aussi. Je pense notamment aux pêcheurs, aux agriculteurs, au secteur du BTP. Et donc, c'est important de pouvoir adapter nos dispositifs.
Aujourd'hui, les caisses sont vides, Gabriel Attal. Donc, le gouvernement n'a pas les moyens d'aider tout le monde. En tout cas, c'est ce qu'il dit. La gauche propose de taxer Total, dont le bénéfice a bondi au premier trimestre. Stop au Total Bashing, s'est agacé le Premier ministre. Est-ce que vous aussi, en tant que Premier ministre, vous auriez volé au secours de Total ?
D'abord, c'est important de rappeler que Total paye des impôts en France, plusieurs milliards d'euros. Qu'ils en payent même un impôt exceptionnel cette année, puisque vous savez qu'il y a une surtaxe d'impôt sur les sociétés qui a été votée dans le budget.
Mais ils ont aussi fait des profits exceptionnels, plus 51%, presque 5 milliards de bénéfices exceptionnels.
Ensuite, quand vous avez des profits qui sont liés à une situation de crise qui pénalise les Français, là, je pense que dans ces situations, il doit y avoir des mesures de solidarité. Quel par exemple ? Je vous donne quelques exemples. Quand j'étais à Bercy, au moment de la crise de l'inflation en Ukraine, on avait pris une mesure qui touchait un certain nombre d'entreprises qui, grâce à l'inflation, avaient fait des profits. Et on allait récupérer une partie de ces profits.
Autre exemple, là aussi, quand j'étais au gouvernement, après la crise du Covid, on sait qu'il y a certains secteurs, notamment les laboratoires d'analyse médicale, qui ont fait énormément de profits financés par la Sécurité sociale avec les tests Covid, on avait pris une mesure pour aller récupérer une partie de ces profits. Donc, il faut regarder les choses froidement. Avec Total. Maintenant, aujourd'hui, que fait Total ? Ils plafonnent les prix à la pompe pour les Français. Donc, moi, je préfère... Mon objectif, ce n'est pas que les entreprises payent plus, c'est que les Français payent moins.
Et dès lors qu'il y a ces mesures qui sont mises en place de plafonnement, et je pense qu'ils doivent pouvoir, en plus, en faire évoluer certaines, notamment sur le diesel. Je crois que ça a été annoncé pour les week-ends du pont de mai. Ça me semble être la bonne ligne. Et je pense que les Français qui nous écoutent, ils préfèrent se dire, quand je vais à la pompe, chez Total ou ailleurs, il y a un plafonnement et je paye moins cher que ce que je devrais payer sans plafonnement, plutôt qu'ils se disent, mon plein d'essence est plus cher, mais Total va être taxé. Je ne suis pas sûr qu'ils verraient tout de suite l'impact dans leur quotidien d'une taxe sur Total.
Gabriel Attal, on le disait tout à l'heure, vous publiez En Hommes Libres aux éditions de l'Observatoire. On va en parler en détail dans un instant après le fil info. Mais d'abord, est-ce que c'est un passage obligé de raconter sa vie quand on vise l'Élysée ?
Beaucoup de Français ont envie de savoir qui sont les hommes derrière les hommes politiques ou les femmes derrière les femmes politiques. Par ailleurs, je pense que c'est important, quand vous vous engagez en politique, d'expliquer comment vous vous êtes construits aussi personnellement. Comment est-ce que vous avez fait le choix de vous engager politiquement ? Pourquoi est-ce que les combats que vous menez aujourd'hui sont liés à des événements personnels que vous avez pu traverser ? Donc oui, et puis par ailleurs, et ça vous le savez très bien en tant que journaliste, quand vous n'en parlez pas vous-même, en général, d'autres en parlent à votre place dans la presse.
Donc c'est important aussi évidemment de pouvoir en parler soi-même.
Avec Gabriel Attal, ancien Premier ministre, secrétaire général du parti Renaissance, vous publiez en homme libre aux éditions de l'Observatoire dont on parle tout de suite, Paul.
Exactement, un livre qui revient notamment sur l'origine de votre rupture politique à tous les deux, à savoir la dissolution à l'époque. Ce soir-là, vous entendez une rumeur, vous n'arrivez pas à y croire, donc vous décidez évidemment en tant que Premier ministre d'en parler au Président de la République pour en avoir le cœur net, et là, racontez-nous sa réaction, c'est physique. Qu'est-ce qui se passe ?
D'abord, moi je rencontre beaucoup de Français depuis presque deux ans que j'ai quitté le gouvernement, et combien de fois les Français sur le terrain m'ont dit qu'on ne comprend pas la dissolution, comment c'est arrivé, comment c'est possible que le Président puisse prendre cette décision sans même en informer le Premier ministre, voire en lui cachant.
Une forme d'envie de savoir ce qui s'était passé, et c'est vrai que je raconte, c'est une des parties de ce livre, un peu ce que les Français ne voient jamais dans les médias, c'est-à-dire ce qui se passe derrière les portes, dans les coulisses, dans les réunions un peu secrètes, et comment est-ce que finalement cette dissolution est arrivée, qu'est-ce qui s'est passé avant, qu'est-ce qui s'est passé le soir même, et qu'est-ce qui s'est passé ensuite.
Vous racontez que vous faites tout pour essayer d'avoir l'information, et quand vous confrontez le Président, quand vous lui dites, là ?
Racontez-nous. Il faut lire le livre, encore une fois. Ah non, vous en parlez à la radio, donc parlez-en à la radio. C'est une page sur le sujet, mais effectivement, il y a eu un choix de ne pas me le dire, alors même que cette décision était prise. Et c'est ce que je raconte de manière factuelle, avec les différentes réunions qui se sont tenues, et ce qui s'est passé dans les jours qui ont précédé.
Vous écrivez qu'il lève les yeux au ciel, et qu'il vous fait...
Oui, absolument, c'est ce que je raconte, c'est ce qui s'est passé. Et encore une fois, je raconte aussi des échanges qu'on a pu avoir avant, après aussi, une fois que cette décision a été prise, et où il était pour moi question de sauver les meubles, de permettre évidemment à nos députés d'être réélus, d'empêcher que la France Insoumise ou le Rassemblement National puissent remporter ses élections législatives. Il faut se souvenir qu'au lendemain de la dissolution, les sondeurs, les commentateurs, les observateurs pariaient tous et annonçaient tous la victoire du Rassemblement National, Jordan Bardella à Matignon.
Et on a fait une campagne, d'abord courte, puisque malheureusement, on n'avait pas beaucoup de temps, mais extrêmement intense avec nos candidats, et on a réussi à l'empêcher. Je raconte tout ça dans le livre, je raconte évidemment beaucoup d'autres choses.
Oui, on va en reparler, mais juste sur la dissolution et sur cette personnalité d'Emmanuel Macron, quand même. Vous racontez que le jour J, alors que la décision est déjà prise, que certains sont informés, vous dites que même certains journalistes se targuent d'être informés avant le Premier ministre, il faut attendre 18h30, donc deux heures et demie avant l'annonce de la dissolution, pour que le secrétaire général de l'Elysée appelle votre directeur de cabinet, l'informe que le président va dissoudre, et il lui dit, n'en parle pas à Gabriel. Et votre directeur de cabinet dit, bien sûr que si je vais lui en parler.
Oui, parce que d'abord, au terme de nos institutions et de la Constitution, c'est le président de la République qui doit consulter le Premier ministre sur ce choix, mais effectivement, ce qu'on voit dans ce livre, ce que je raconte dans ce livre, c'est que cette décision m'a été annoncée quasiment au même moment qu'aux Français, en fait, quelques minutes avant, une heure avant, mais ça a été le cas pour beaucoup de monde.
Mais qu'est-ce que ça dit du président, ça ?
Ça, vous savez, je laisse chacun se faire son avis et son opinion.
Mais en livre, on se demande si vous pensez que c'est un cachotier ou carrément un menteur.
J'ai fait le choix de ne pas avoir de propos définitifs dans ce livre. En revanche, je raconte tout sur ce sujet-là. Et en fait, chaque lecteur peut se faire son opinion sur la question. Quelle est la vôtre ? Encore une fois,
c'est le lecteur de se faire leur opinion. Vous faites le portrait d'un président qui a le mensonge facile, parce que vous racontez aussi qu'il vous demande expressément de ne pas vous impliquer dans la campagne des Européennes. Il vous le dit, ne t'implique pas, avant de déplorer votre manque d'investissement. Pareil, quand vous lui dites qu'on propose de débattre avec Jordan Bardella, il vous conseille de refuser de débattre. Et après, selon ce que vous comprenez, il prétend que vous vous êtes défilé. C'est quoi ? C'est de la duplicité ?
Au-delà de la dissolution, je raconte effectivement mon expérience à Matignon et mes échanges à l'époque avec le président. Je raconte aussi ce qui s'est passé dans les différents ministères que j'ai occupés. Et effectivement, il y a eu une forme probablement d'incompréhension entre nous, pour le dire comme ça, qui fait que sur ces sujets, effectivement, les choses n'étaient pas très claires. Maintenant, l'important, c'est d'aller de l'avant.
Pourquoi vous êtes aussi dur dans votre livre et aussi gentil à la radio ?
En fait, je ne suis pas une question de dur, je suis factuel. Je raconte les choses telles qu'elles se sont passées.
Vous racontez une forme de duplicité ?
Je raconte les choses telles qu'elles se sont passées. C'est-à-dire que je dis les échanges que nous avions, la situation du pays à ce moment-là, les choix que je voulais faire ou ce que je proposais de faire, ce qui m'était répondu en face à l'époque, et c'est vrai, qu'il y avait une forme d'incompréhension sur à la fois des choses qui m'étaient dites et en même temps des choses qui étaient dites
différemment ailleurs. Est-ce que ce livre, c'est pour acter la rupture ? Pour dire je ne suis pas macroniste ?
Non, encore une fois, il y a plusieurs objectifs avec ce livre. D'abord, je veux raconter pourquoi je me suis engagé en politique.
Est-ce que vous êtes macroniste ? Est-ce que vous définissez encore comme macroniste ?
Moi, je ne me suis jamais défini par rapport à des personnes. Je me définis par rapport à des valeurs.
À une époque, Emmanuel Macron, ça ne vous dérangeait pas qu'on dise que vous vous ressembliez ? Mais j'ai toujours assumé
cet engagement que j'ai eu aux côtés du président de la République, toujours assumé. J'assume évidemment ce qui a été réussi, les échecs, j'assume tout. Maintenant, je me suis défini toujours par rapport à des valeurs. Je suis pour la liberté d'entreprendre, je suis pro-européen, je suis intransigeant sur les questions de sécurité, d'autorité et je suis progressiste sur les questions sociales et climatiques.
Est-ce que vous avez une phrase pour convaincre un électeur qui se dit ce matin en écoutant France Info en fait, Attal, c'est juste Macron en plus jeune ?
Vous savez, encore une fois, il ne faut pas se définir par rapport à des personnes. On a des différences avec le président. Je viens de citer par exemple les valeurs et la ligne politique qui est la mienne. Je pense que sur les questions par exemple régaliennes, c'est-à-dire les questions de sécurité, d'autorité, de justice, de laïcité, j'ai toujours montré que ces questions-là étaient pour moi aussi importantes que les questions économiques et que le reste des enjeux qu'on a.
Ça, c'est vrai que vous avez insisté sur ce sujet, le régalien. Dans votre livre, vous envoyez des clins d'œil à la droite et à la gauche mais justement sur la ligne, il y a des choses qui sont un peu plus floues. Vous racontez par exemple dans ce livre que vous avez suggéré à Emmanuel Macron d'organiser un référendum sur l'immigration au moment où la défaite aux Européennes ne faisait plus de doute donc comme solution, vous disiez on va consulter les Français sur l'immigration. Pourtant quand les Républicains ont voulu organiser un tel référendum, vous, vous avez dit que ce n'était pas constitutionnel et vous avez tout fait pour le faire savoir. Alors, est-ce qu'il y a deux Gabriel Attal ?
Celui qui se raconte dans le livre comme il l'entend et celui à l'exercice du pouvoir qui décide autrement ?
Moi, ce que je crois c'est qu'on doit mieux partager le pouvoir en France notamment avec les Français et je suis favorable à ce qu'il y ait davantage de référendums et effectivement ce que je raconte dans le livre c'est que j'ai proposé au Président de la République qu'on puisse annoncer en amont qu'il y aurait désormais à la fin de chaque année une série de référendums pour interroger les Français qu'on en annoncerait les thèmes à l'avance mais que pour ce qui est de la question posée aux Français des projets qu'on leur soumettrait on les travaillerait avec les partenaires sociaux et avec les forces politiques ce qui est assez différent de ce qu'avaient annoncé les Républicains évidemment les travailler pour que ça réponde à une attente des Français de se positionner sur un sujet qui les concerne et ensuite pour que ce soit faisable y compris vis-à-vis de notre Constitution tout ça dans un plan encore une fois organisé sur plusieurs années avec différents thèmes je proposais qu'il y ait un référendum sur l'immigration mais aussi sur les institutions sur l'éducation pour que les Français puissent se positionner et je crois d'une manière générale c'est aussi une des réflexions que j'ai dans ce livre on doit mieux partager le pouvoir en France évidemment avec les Français via les référendums mais aussi avec les collectivités territoriales avec les partenaires sociaux
Monsieur l'ancien Premier ministre il y a une autre ancienne Premier ministre Elisabeth Borne qui était jusqu'à présent membre de la direction de votre parti de Renaissance et qui a claqué la porte hier sur France Inter avec ce message pour vous Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne j'ai décidé de démissionner du Conseil National de Renaissance de me mettre en retrait du bureau exécutif enfin je ne vais pas ouvrir vous voyez des critiques sur Gabriel Attal je suis convaincu qu'on peut protéger notre pays dans le respect du droit international que ce n'est pas une faiblesse Elle n'est pas d'accord avec votre ligne politique elle dit en creux que vous la jouez un peu solo comment vous le vivez ?
Vous savez j'ai beaucoup de respect pour Elisabeth Borne qui a été une première ministre courageuse j'ai d'ailleurs avant d'être moi-même premier ministre été ministre plusieurs fois dans ses gouvernements donc ne comptez pas sur moi pour dire du mal ou pour critiquer elle a fait le choix il y a de nombreux mois maintenant de se mettre en retrait des instances du parti de la vie quotidienne du parti elle fait le choix aujourd'hui de créer sa propre structure c'est son droit circuler
il n'y a rien à voir c'est ce que vous dites aujourd'hui parce qu'il y a des anciens ministres le parisien a révélé qu'Éric Dupond-Moretti Elisabeth Buzyn Nicole Belloubet ont décidé de le suivre dans son aventure c'est-à-dire que tout le monde n'adhère pas à votre projet
mais pour la plupart d'entre eux ils ne sont pas membres de Renaissance c'est des personnes qui ont été ministres il y a un certain temps qui n'étaient pas engagées dans le parti Renaissance et qui ont fait ce choix-là mais encore une fois on est en démocratie chacun fait ses choix moi je n'ai pas à les commenter l'important c'est de travailler dans la mission qui est la mienne je suis à la tête de ce parti Renaissance je travaille avec nos adhérents depuis maintenant plus d'un an notamment sur le projet politique qu'on propose aux Français on est un parti qui est jeune mais qui ces dernières années objectivement n'avait pas fait beaucoup de travail sur les idées et c'est la priorité que j'ai fixée il y a un an on a fait une série de conventions thématiques on a présenté des propositions sur les questions de sécurité d'autorité de climat d'économie de retraite d'ailleurs je le dis pour ceux qui nous écoutent tout est disponible sur notre site parti-renaissance.fr il y a des centaines de propositions qu'on a formulées
on va continuer à le faire c'est ça qui m'importe puisqu'on est dans les anciens premiers ministres du président de la République Emmanuel Macron je vous sors la carte Édouard Philippe est-il vrai que vous avez passé un pacte avec lui et que seul l'un d'entre vous sera candidat au premier tour de l'élection présidentielle ?
D'abord on se parle souvent avec Édouard Philippe heureusement d'ailleurs on a gouverné ensemble le pays dans la même majorité entre 2017 et 2024 ensuite je crois qu'on a tous les deux à coeur d'empêcher un second tour qui serait terrible pour les Français entre la France insoumise et le Rassemblement national ça veut dire oui ?
et qu'on a ensuite une conviction en partage c'est qu'il faut une vraie campagne et que dans une vraie campagne vous avez plusieurs candidats parfois même sur un espace politique qui est proche qui présente un projet qui cherche à convaincre les Français et que si jamais au début de l'année 2027 il y a un risque avéré de deuxième tour entre LFI et le RN il faudra à ce moment-là
seulement en cas de risque avéré de second tour LFI-RN comment vous faites avant une présidentielle alors que les sondages ne sont pas fiables absolument personne ne peut prédire le résultat du premier tour pour être certain que le duel ce sera LFI-RN si vous êtes quelques points Gabriel Attal et Édouard Philippe derrière Jean-Luc Mélenchon vous faites comment ? Encore une fois
vous voyez des dynamiques qui arrivent avant l'élection présidentielle mais ce qui rend ce qui rendra un rassemblement impérieux c'est si effectivement il y a un risque de deuxième tour entre LFI et le RN moi je ne veux pas ça pour la France je pense que ce serait catastrophique pour le pays pour son économie pour y compris le climat dans le pays vous savez c'est beaucoup de violence des deux côtés et donc il faut l'empêcher c'est pour ça que j'ai proposé qu'il y ait un comité de liaison une instance qui réunisse des représentants d'Édouard Philippe des représentants de mon parti on a tous les deux accepté cette idée-là qui se réunissent qui discutent qui échangent
le moins bien placé dans les sondages se retirera s'il y a un risque Rassemblement National LFI
ça c'est précisément ce qui est discuté dans ce comité de liaison qu'on a mis en place il travaille sur le calendrier il travaille sur les conditions dans lesquelles ce rassemblement serait absolument nécessaire et il travaille effectivement sur ce qui se passerait dans ce cas-là est-ce que c'est les sondages est-ce que c'est une primaire tout ça est en train vous n'êtes pas
complètement fermé à la primaire David Lissner qui était à votre place hier un homme de droite il disait s'il y a une primaire il faudra demander à Gabriel Attal s'il participe à la primaire de la droite ou à la primaire de la gauche
moi j'assume effectivement de travailler et de vouloir travailler avec des personnes issues de la gauche républicaine et des personnes issues de la droite républicaine je pense que les défis qu'on a face à nous sur la révolution de l'intelligence artificielle sur le dérèglement climatique sur le retour de la guerre en Europe et sur la guerre commerciale avec les droits de douane justifient évidemment qu'on travaille avec des personnes qui viennent d'horizons politiques
donc c'est la rupture et la continuité avec le macronisme moi j'ai toujours
assumé le dépassement politique je crois au dépassement politique en revanche je pense que le en même temps notamment sur les questions de sécurité de justice d'immigration de laïcité d'autorité je pense que le en même temps sur les questions régaliennes ça ne marche pas et qu'il faut plus de clarté de fermeté sur ce sujet je crois que je l'ai toujours incarné dans les différentes fonctions qui étaient les miennes que ce soit à Matignon ceux qui nous écoutent à l'Elysée vont accepter
à l'éducation nationale sur la baïa et sur la laïcité vous savez que c'est l'heure de la question qui ce matin la question qui contrôle les réseaux sociaux il y a un député renaissance dont le nom est Paul Midy qui a déposé une proposition de loi pour obligé TikTok, X, Facebook et Instagram à respecter les mêmes règles de temps de parole des personnalités politiques pendant les périodes électorales que nous les médias audiovisuels alors je précise que vous n'avez pas repris ce texte ni par votre groupe ni par le gouvernement mais qu'est-ce que vous pensez sur le fond de cette initiative ?
D'abord c'est un très bon député Paul Midy qui est spécialiste des questions numériques d'innovation y compris de réseaux sociaux et il fait émerger un vrai débat et une vraie question vous en tant que radio les télévisions il y a une règle une loi qui vous oblige à respecter des temps de parole c'est-à-dire que vous ne pouvez pas diffuser un seul parti toute la journée sur vos antennes vous devez avoir un pluralisme et ce qu'il dit à travers ce texte le débat qui fait émerger c'est qu'effectivement les réseaux sociaux qui diffusent aussi des contenus eux n'ont aucune obligation et n'ont aucun respect à avoir du pluralisme
C'est vrai c'est un bon débat mais c'est inapplicable Gabriel Attal
Écoutez il va défendre son texte on va voir comment est-ce qu'il le défend mais en tout cas je pense que c'est un débat important à avoir et c'est vrai qu'on est dans une société désormais où je ne sais pas vous faire injure que de dire ça une grande partie des français s'informent désormais à travers les réseaux sociaux dans les réseaux de France Info d'ailleurs exactement même s'ils sont encore nombreux à écouter la radio et à regarder les réseaux de France Info mais voilà ça fait émerger un vrai sujet qui est un sujet démocratique
Merci on a débordé au coloriage comme a dit certains à votre propos dans les off Merci Gabriel Attal Merci Paul Merci à vous On se retrouve tout de suite pour les informer
Gabriel Attal