Femmes de ménage : entretien avec François Ruffin.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir tout le monde, bonsoir François Ruffin qui nous rejoint pour nous parler de sa proposition de loi sur les formes de ménage, situation qu'on a déjà rencontrée aujourd'hui avec d'autres députés mais qui n'était pas en fait présentée aujourd'hui en hémicycle, que tu as présentée en commission la semaine dernière.
Peut-être pour commencer une question un peu large sur le fait que cette lutte, ce combat pour la reconnaissance et la valorisation des personnes qui s'occupent de l'entretien, ça fait quand même assez longtemps que tu te bats là-dessus, est-ce que tu peux revenir sur ton implication sur ces questions et pourquoi tu t'as déposé cette fois-ci une proposition de loi sur les formes de ménage ?
Moi ça fait 20 ans que je suis Fakir dans mon coin à Amiens et ça fait 20 ans que quand je vais chez les gens, il y en a plein qui sont femmes de ménage à l'hôpital, dans les lycées, les collèges et ainsi de suite et que je vois la situation se dégrader. Ensuite j'ai recueilli un...
au fil des années comme journaliste un certain nombre de témoignages et puis il y a eu cet épisode à l'Assemblée nationale puisque j'ai discuté avec les femmes de ménage qui simplement font les bureaux du 101 rue de l'université où j'ai fait une prise de parole à la tribune de l'hémicycle qui a été pas mal vue à l'époque et suite à ça je me suis bagarré pour que ça s'améliore la situation en interne des femmes de ménage. Je me suis bagarré avec le caisseur de l'Assemblée, Florian Bachelier, qui a proposé qu'on fasse... dans un dialogue social constructif, je me suis dit j'avais fait ça que je pouvais essayer mais en fait ça donne rien.
T'as apporté ses fruits ?
Non pas du tout. Donc voilà, je l'ai fait en souterrain et en vin pendant maintenant deux ans avec des tas de réunions avec les uns les autres et machin bidule et puis il n'y a rien qui avance et donc là comme il y avait une conjonction, d'abord comme la niche a été bouleversée il y avait la possibilité de mettre de nouveaux textes, comme il y avait eu la situation...
Bouleversée par le confinement et le fait que... le fait qu'on a dû choisir de nouveaux textes, on a eu l'opportunité de choisir de nouveaux textes...
Et puis comme le sujet il avait été un peu rendu un petit peu plus visible pendant le temps du confinement je me suis dit que c'était le moment de sortir avec ça, sachant qu'au fond les deux mesures que je proposais une survalorisation des heures entre 18h le soir et jusqu'à 9h le matin de manière à inciter à passer en journée et la deuxième mesure que les sous-traitants soient traités de la même manière que les salariés directs. C'était des mesures que quand même j'avais mûries depuis un paquet d'années c'était pas un truc qui avait surgi comme ça...
Bon, et ceci dit c'était quand même vachement positif, je pense qu'on fait un très beau rapport ça compte pour moi la littérature, même la littérature parlementaire et donc je pense qu'on fait un très beau rapport et qui sera une pierre sur un chemin avec des interviews, des auditions on dit, de donneurs d'ordre, de gens qui sont responsables de déléguer des chantiers dans les universités, de patrons de la propreté eux-mêmes, donc je suis vraiment quand même content du chemin qui a été fait sur ça. Bon maintenant...
Pour expliquer un peu aux gens en détail ce qu'elle contient ta proposition de loi, déjà elle s'appelle proposition de loi Femmes de ménage encadrer la sous-traitance cesser la maltraitance pour pointer notamment le sujet principal qui est celui de la sous-traitance qui entraîne tous les problèmes de droit du travail, qui entraîne tous les problèmes de droit du travail, qui entraîne tous les problèmes de droit du travail, qui entraîne tous les problèmes de droit du travail et de conditions matérielles de réalisation d'émissions, d'entretien. Concrètement ta proposition de loi elle proposait quoi comme mesure même si tu l'as déjà un peu dit ?
Sur quelle base et pourquoi ces mesures-là et pas autre chose quoi ?
De toute façon ce qui est évident c'est qu'il y a eu depuis 20 ans en gros de la sous-traitance qui s'est généralisée dans les grandes firmes privées et par exemple chez Whirlpool Amiens avant que... quand j'y allais au début dans les années 2000 c'était des personnes qui faisaient l'entretien c'était des gens qui étaient salariés de chez Whirlpool qui avaient accès à la cantine qui arrivaient peut-être un petit peu plus tôt le matin mais qui voilà c'était donc qui avaient les mêmes salaires que les gens de chez Whirlpool.
De la même manière j'interrogeais un cadre de l'agroalimentaire qui a eu pour mission de sous-traiter l'entretien mais il se rappelait de Femmes de ménage avec qui d'abord ils buvaient des cafés, les ouvriers buvaient des cafés et qui terminaient à 1700 euros. qui ont fait leur carrière et on ayant été intégré à l'équipe on a eu le chey du comité d'entreprise et tout ça et puis il y a eu des décisions qui ont été de sous-traitances aussi pourquoi parce qu'il y a eu des lois qui ont favorisé tout le temps partiel et donc ça ça a contribué à favoriser à d'aller vers la sous-traitance.
Mais vraiment du coup c'est le grand mal donc c'est comment on combat pour que la sous-traitance les gens qui sont salariés de la sous-traitance soit pas... !
l'exemple en fait qui m'a alerté c'est pour ça que tu vois en y repensant que je l'ai remis dans la niche j'ai eu un appel d'une dame qui s'appelle Géraldine qui est là salariée chez Honnête à Amiens, à l'hôpital d'Amiens elle, elle ne fait pas les chambres Covid et tout ça mais elle avait des collègues qui ont fait les chambres Covid il y a eu une collègue qui l'a chopée et qui s'est retrouvée en service de réanimation bon, et bien ils ne vont pas avoir la prime Covid parce qu'ils ne sont pas salariés directement de l'hôpital, ils sont salariés du sous-traitant donc ça n'est qu'un symptôme mais voilà donc c'est comment on combat contre ça et donc effectivement le fait de dire qu'il y aura les mêmes avantages que s'il y a un 13ème mois et bien le 13ème mois il vaudra aussi pour les salariés de la sous-traitance et ainsi de suite c'est une manière de dire au moins la sous-traitance ne va pas servir à faire du dumping donc voilà la clé de voûte et après il y a un deuxième machin qui fait que dans les pays scandinaves on est à 80% des agents d'entretien qui travaillent en journée tandis que chez nous on est à 97% me disent la fédération des entreprises de propreté donc les patrons ils disent que c'est 97% de leurs agents qui sont entre 6h et 9h le matin et entre 18h et 21h le soir donc avec une amplitude horaire qui sont non seulement faits qu'ils ont des salaires de misère mais qu'en plus ils ont des vies de merde avec que ça casse la vie sociale ça casse la vie familiale et on s'habitue à ça
du coup ta proposition de loi elle porte sur toutes les entreprises de sous-traitance est-ce qu'à l'Assemblée il y a eu le même mouvement de... t'as fait ce mouvement vers la sous-traitance tu le sais ou pas ?
j'ai eu des ébauches mais j'ai pas eu la trace chronologique exacte c'est le genre de dossier auquel j'aimerais bien accéder il y avait une demande de pouvoir accéder à tous ces dossiers là auprès de Florian Bachelier pouvoir accéder en fait à ce qui est la clé de la négociation qui est le cahier des charges c'est à dire qu'est-ce qu'on inscrit qu'est-ce que le donneur d'ordre donc là en l'occurrence l'Assemblée demande à un sous-traitant comme Europe Net et si le donneur d'ordre dit je veux qu'aux femmes de ménage elles passent entre 6h et 9h le matin et bien elles passeront entre 6h et 9h le matin donc voilà la clé de voûte c'est ce cahier des charges et donc j'aurais voulu pouvoir accéder au cahier des charges et ainsi de suite malheureusement ça n'a pas été possible
t'as parlé un petit peu du rapport parlementaire qui est le document qu'on écrit à l'issue de la commission à l'issue de l'examen approfondi est-ce que tu peux parler un petit peu des auditions que t'as menées pour que les femmes de ménage pour faire cette loi là parce que là tu parles de Géraldine j'imagine que t'as écouté des personnes dont c'est le métier et qui vivent ça quotidiennement tu parlais aussi des patrons de la propreté donc est-ce que tu peux faire un peu un panorama de ces gens que t'as écouté pour faire cette loi
les agents d'entretien je dirais que j'en avais déjà écouté pas mal sans vouloir même j'avais mené déjà des bagarres où j'avais réussi la réintégration de femmes de ménage toujours chez Honnête parce qu'on s'était bagarré notamment avec la CGT Porte-Rivière qui est responsable des agents de la propreté c'est la CGT Porte-Rivière avec la SNCF parce qu'il s'agissait d'une gare donc j'avais déjà en fait en stock parce qu'il y a 20 années de boulot, d'accumulation, d'entretien j'avais déjà en stock un certain nombre d'entretiens d'agents eux-mêmes simplement parce que quand on a la carte députée il fut un temps où j'avais la carte France Inter et c'était un truc qui permet d'accéder à d'autres types de paroles et quand on a la carte députée et qu'on vient dire que c'est pour un rapport il est plus facile de se faire ouvrir les oreilles et la bouche de la Fédération des entreprises de propreté aussi on a lancé un appel quand j'ai su que c'était accepté par le groupe que je pose ça dans la niche j'ai lancé un appel sur Facebook pour dire voilà qui travaille là-dedans et là-dedans on a reçu des centaines et des centaines de témoignages mais j'ai demandé qu'on sélectionne spécifiquement les gens qui étaient quelque part en situation d'entre-deux inconfortables c'est-à-dire des gens qui devaient à qui on ordonnait de déléguer leur marché par exemple dans une université ou dans une multinationale on disait qu'il fallait passer par la sous-traitance et qui n'étaient pas forcément très à l'aise avec ça et de l'autre côté des entrepreneurs dans la propreté qui sentent bien qu'on leur fait maltraiter les femmes de ménage donc voilà qui le disent mais de toute façon même les patrons des entreprises de propreté c'est pour ça qu'on le reconnaisse même les représentants et ils disent qu'ils cherchent à en sortir par des témoignages par des tables rondes par des négociations des billules qui turent depuis plus de 10 ans et qui aboutissent à rien d'autre parce qu'à la fin en fait le principal concerné le donneur d'ordre qui donne les ordres au fond il n'est pas mis dans la négociation il est hors négociation et donc à partir de ce moment-là lui il est tranquille et puis même le crime quelque part si on considère qu'il y a une forme de crime économique à maltraiter les gens de cette manière-là il se déroule loin de ses yeux il ne voit pas donc voilà c'est pas lui qui a géré ça au quotidien point barre c'est un dossier qu'il a traité sur un tableau Excel et c'est tout donc ça typiquement là c'est le conseil d'administration par exemple d'une université qui donne l'ordre de baisser la masse salariale qui dit voilà il va falloir que ça se passe en sous-traitance il y a un agent qui se retrouve à devoir déléguer ça qui voit bien que c'est catastrophique sur le plan humain mais derrière le conseil d'administration lui il ne voit pas ça il n'a pas conscience de ça donc là ça a permis d'accéder à ce type de parole-là
et du coup ces questions particulières des horaires et des droits des autres salariés comme le 13e mois dont tu parlais c'est des questions qui avaient déjà été abordées dans les moments de négociation collective en interne et qui avaient été balayées ou c'est une nouvelle façon d'aborder le problème ?
non c'est déjà plus ou moins abordé mais en même temps de toute façon l'état de la négociation est tellement catastrophique que ne serait-ce que pour passer le fait que le temps partiel minimum il doit être de 24 heures et non plus de 16 heures ce qui a été dit c'est une dérogation au droit du travail normal c'est un truc qui est dans la boucle depuis 2014 on est maintenant en 2020 ça devait être terminé pour 2019 et même ça ils n'ont pas réussi à avancer vers ça parce qu'il y a la pression des donneurs d'ordre derrière donc vraiment la clé de voûte c'est de contraindre les donneurs d'ordre
sur les auditions toujours et parce que pendant la période coronavirus on a quand même vu beaucoup d'intellectuels s'engager dans le débat public notamment sur la question des métiers essentiels mais non valorisés est-ce que tu en as reçu ? est-ce que tu as eu des dialogues avec des intellectuels qui ont nourri aussi la proposition de loi ?
alors il faut savoir qu'en parallèle de cette proposition de loi sur les femmes de ménage je mène une mission que j'ai appelée sur les métiers du lien donc auxiliaire de vie sociale assistante maternelle animateur et en vérité animatrice périscolaire accompagnante d'enfants en situation de handicap et en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait et en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait en fait En fait, déjà, au sein de ça, je me disais, bon sang, je ne peux pas mettre femme de ménage à l'intérieur parce que ce n'est manifestement pas un métier des liens.
Quand on demande aux femmes de ménage, au fond, d'être invisibles au moment où elle n'est personne dans les bureaux, au moment où elles font les bureaux. Donc, ça ne peut pas être un métier des liens. Et pourtant, on voit bien que sur tout le reste, sur la domination, sur le fait que c'est largement un métier de femme à plus de 80%, que ça cumule les fragilités avec beaucoup de personnes d'origine étrangère, avec des faibles qualifications et ainsi de suite. On voit bien que ça rentre dans le même type de métier. Et donc, dans ce cadre-là, j'avais déjà auditionné, par exemple, Cynthia Fleury, qui est philosophe. J'avais auditionné Dominique Bourg.
J'avais auditionné aussi Pierre Rimbert, par exemple, qui a écrit des très bons papiers sur ses emplois dominés. Donc. Donc, on peut dire que quelque part, la proposition de loi, elle se nourrissait de ça sans se faire explicitement référence. Le grand intellectuel auquel je fais explicitement référence dans ma proposition de loi, c'est le président de la République lui-même. Lorsqu'il dit qu'il faudra se rappeler, et on est là pour le lui rappeler, il faudra le lui rappeler pendant les deux années à venir et lui rappeler au jour le jour. Donc, il disait, il faudra se rappeler que le pays tout entier tient aujourd'hui sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent.
Les économies reconnaissent et rémunèrent très mal. Bon, ben voilà, maintenant, c'est au pied du mur qu'on voit le maçon, quoi.
Ouais, tu l'abordes là rapidement et en creux, mais en effet, c'est des métiers extrêmement féminisés, très, très largement. Je ne connais pas les chiffres, mais j'imagine que c'est massif. Qu'est ce que c'est ta réflexion sur le propos féministe qu'on peut tenir sur cette loi? Est ce que je dis ça notamment parce qu'en commun? Il y a eu beaucoup de débats, notamment sur l'emploi du terme et de l'expression femme de ménage. Est ce que tu as? Est ce que tu as incorporé une dimension féministe? Est ce que tu le vis comme ça dans cette bataille pour les agences d'entretien?
Oui, je. Moi, je suis tout à fait convaincu que ce métier là et les autres que j'ai cités ne seraient pas traités de cette manière là. Si ce n'était pas des métiers qui étaient occupés par des femmes et d'où on considère que finalement, si elles ramènent 600, 700 euros à la maison, c'est déjà ça. Et au fond, ce qui traîne, c'est la naturalisation du social, c'est à dire de penser qu'elles l'ont fait pendant des siècles à la maison gratuitement. Maintenant, on les paye un peu pour aller les faire en dehors de la maison. Elles vont pas se parler plein d'en plus. Et je pense que c'est ça, mieux que rien.
L'inconscient qui traîne dans la société, c'est ça dont il nous faut absolument sortir d'abord, parce que ça n'est pas. La prolongement, le prolongement du foyer, c'est un rapport de travail d'une part et d'autre part, ça réclame des compétences et des connaissances qui sont autre chose. Et la manière de se broyer le dos, c'est autre chose que quand on fait quelque chose, quelque chose de foyer. Ensuite, sur le terme femme de ménage, je ne sais pas là dessus que j'ai envie de me bagarrer. Et même en commission, il me semble avoir été donné un avis de sagesse sur les thèmes à retenir. Je pense qu'il faut continuer à marquer le fait que c'est un métier essentiellement féminin.
Je pense que personnellement, je ne suis pas pour un effacement de la même manière que j'ai animatrice, périscolaire, accompagnante d'enfants en situation de handicap. Moi, je suis plutôt pour que quand on a un métier, on l'indique dans le truc. Après, il y a un côté provoque dans Femmes de ménage, dans le bouquin de Florence Omna qui est, tu vois, on se nourrit d'expériences, de gens qu'on croise, mais on peut se nourrir aussi de livres lus. Et dans le bouquin de Florence Omna, il y a une femme de ménage qui est ambigüe. Et bien, dans les dîners le soir, dire moi, je suis femme de ménage et pas dire autre chose pour dire voilà, c'est un côté. Je vous emmerde, je vous parle franco de porc.
Je n'ai pas commencé à dire que je suis technicienne de surface et tout ça. On ne fait pas ce que je suis. Maintenant, j'entends que ça puisse se déplaire. Et s'il s'agit de dire agente et agent d'entretien, ce n'est pas là dessus que je vais me bagarrer. Il y a un moment où là, aujourd'hui, le combat doit porter sur la chose davantage que sur le mot. Et ce n'est pas parce qu'on va changer le mot. Qu'on va changer la chose.
Donc, la chose, c'est quand même que les femmes de ménage de l'Assemblée nationale, elles se lèvent à 4 heures du matin à Mantes-la-Jolie, elles prennent un bus, elles prennent un train, elles prennent le RER pour arriver à l'Assemblée nationale, faire 3 heures à 10 euros, en sortir avec 30 euros en ayant tout ça et en ayant cherché des gardes d'enfants pour leur môme au moment où il faut partir, comment elles vont faire à 4, 5 heures du matin pour qu'ils aillent à l'école. Et la même galère qui recommence le soir. Donc, c'est cette chose là centralement qu'il s'agit de se demander qu'est-ce qui fait que l'âme résiste à ça. D'ailleurs, des dames ne résistent pas.
Il y a des dames qui m'ont dit qu'elles pleuraient en prenant le train le matin. Mais qu'est-ce qui fait que l'âme résiste quand même à ce traitement ?
Tu parlais des connaissances et des compétences. J'imagine que la période passée, puisque c'est des personnes qui sont directement exposées au virus, j'imagine que la période passée renforce ce besoin de connaissances et de compétences. Est-ce que les personnes que tu as auditionnées ou avec qui tu as discuté par ailleurs en parlent dans ces termes et mettent en avant ces connaissances, ces compétences qu'il faut pour faire ces métiers ?
En fait, je pense que tout métier, il y a une forme d'intériorisation du savoir qui fait qu'on ne se rend plus compte qu'on sait faire les choses. Donc, en effet, il y a une personne qui a été beaucoup plus descriptive pour m'expliquer. Alors, je ne saurais pas le restituer avec exactitude, mais dans quelles conditions on peut utiliser le Javel ? Dans quelles conditions on ne peut pas l'utiliser ? Dans quel ordre il faut mettre les produits ? Parce qu'il y en a qui sont acides, d'autres qui sont basiques, et ainsi de suite. Bon, mais je pense que c'est...
Je citais le bouquin de Florence Omnard, et c'est là, je pense, qu'on voit que c'est un métier qui réclame à la fois des compétences, parce qu'elle ne tient pas Florence Omnard, donc la journaliste aujourd'hui au Monde, qui a fait ce boulot-là un petit peu. Elle ne tient pas, elle ne tient pas les chronos, elle ne tient pas la souffrance, et c'est là-dessus qu'on voit qu'il y a un certain nombre de compétences qui sont intériorisées pour réussir à faire et à faire aussi vite.
Oui. Sur le traitement qui a été réservé à ta proposition de loi, elle a été un petit peu... Comment dire ? Visible, quoi, notamment parce que tu t'es énervée très fort. À la fin de la commission, est-ce que tu peux raconter le sort qui lui a été réservé par les macronistes, qui, comme pour d'autres, grosso modo, si j'ai bien compris, l'ont vidé de son contenu ? Mais est-ce qu'ils ont remplacé son contenu par des mesures inutiles, grosso modo ? Est-ce qu'ils ont carrément tout enlevé de tes propositions ? Qu'est-ce qu'ils en ont fait, quoi ?
Moi, je dis qu'au moins, le coucou, certes, il s'installe dans le nid des autres, mais au moins, il pond un œuf. Les coucous macronistes, eux, non seulement, ils s'installent dans le nid des autres, ils vident tout, mais ils ne pondent même pas un œuf à la place, quoi. Donc, moi, j'ai conscience de ce qu'il nous faut transformer pour les femmes de ménage. Et je veux dire que j'entrais dans cette commission avec la possibilité de faire des compromis, de ne pas voir mes deux mesures de passé. Enfin, voilà, il aurait été bien qu'on vienne me voir en amont comme rapporteur en me disant, ben voilà, ça, on est prêts à l'accepter, ça, on n'est pas prêts à l'accepter.
Voilà ce qu'on vous propose de faire. Bon, mais au fond, ils ont traité ça, ce sujet, avec négligence. Ils ont posé des amendements d'éviction, de suppression d'articles. Et ce qu'ils ont mis à la place, c'est vraiment du vent. Mais même, de toute façon, quand j'avais eu le cabinet de Marlène Schiappa la veille en audition, à la fois, il disait qu'il fallait une loi, mais ça fait quand même trois ans qu'ils sont aux affaires. Ils pourraient savoir un peu ce qu'il y a à mettre dans la loi. Ils ne savaient pas du tout.
Et ils avaient donné un avis sur ce que toi, tu proposais, en l'occurrence, ou pas ?
Pas clair, quoi. Il faudra faire des choses. Nous pensons qu'une loi est nécessaire et tout ça, bidule. Mais vraiment, même, ils trouvaient très bien qu'il y ait une loi. Mais quel contenu de la loi ? Ils n'en disaient absolument rien du tout, quoi. Alors, ils renvoyaient aux négociations entre les syndicats des partenaires sociaux. Bon, mais tout en s'assurant de propreté. Notamment parce que le donneur d'ordres n'est pas compris. Ça a négocié entre les patrons. Des entreprises de propreté et les syndicats des entreprises de propreté, mais pas avec les donneurs d'ordres. Donc, à partir de ce moment là, de façon. C'est le problème qui est évacué. Donc, voilà.
Après, j'ai vu que comme on l'a retiré, ils ont dit que voilà. Encore une fois, il faudra attendre pour les agents d'entretien. Attends comme si c'était notre faute qu'il fallait attendre. Ça fait trois ans.
Ils ont aussi dit qu'on n'aimait pas les enfants parce qu'on avait retiré notre loi sur les cantines et les écoloïdes de vacances. Ils ont l'opportunité parlementaire en permanence.
Voilà, ils ont 300 jours par an pour le faire. Nous, on a un seul jour par an. Bon, ils ont. Ils ont des ministères. Ils ont des se dire qu'il y a des tas de techniciens et sans doute des gens qui sont en plus habités par un certain nombre de valeurs chez les fonctionnaires, par exemple du ministère de l'égalité homme femme. Je ne doute pas qu'il y ait des gens à l'intérieur qui ont envie de faire progresser cette cause. De la même manière que au sein du ministère du Travail. Je n'ai pas de doute qu'il y a des tas d'inspecteurs du Travail et ainsi de suite qui ont envie de faire progresser cette cause.
Ça veut dire qu'il pouvait arriver avec des amendements qui soient nettement mieux fichus que ce qu'ils nous ont, que ce qu'ils nous ont produit. Pourquoi ils l'ont traité avec tant de négligence? Parce que pour eux,
ils ont réservé le même traitement à d'autres de nos propositions. Mais dans le débat entre les différents groupes, est ce que tu avais des soutiens?
Oui, les communistes. À l'évidence, il n'y a pas de souci de ce côté là. Les socialistes, il me semble qu'ils ont apporté appuyé. C'est dans l'actualité. Il y en a un qui, Stéphane Viry, qui s'est exprimé et qui était très bien. Très bien. Voilà, c'était audible. L'autre, je me souviens plus qui a pris la parole. C'était un député des Républicains. Mais sa solution, c'est qu'il fallait baisser le coût du travail. Si on baissait le coût du travail, ça donnerait envie aux entreprises sous-traitantes de réintégrer les agents d'entretien dans l'entreprise. Donc, si vous voulez, il y en a comme ça. Vous avez un problème, vous baissez le coût du travail. Vous avez un problème de prostate.
Il faut baisser le coût du travail. Bon, voilà, mais c'était pas.
Et les macronistes, leur positionnement global?
Leur positionnement, c'était de dire nous, on va faire encore mieux ce que vous avez fait. Mais ils demandaient leurs amendements. De toute façon, il y avait. C'était très clair que c'était un moment de tension possible. Je veux dire, ils sont venus. Sonia Krimi, par exemple, qui est une macroniste de gauche, on va dire. Même si pour moi, ça relève franchement de l'oxymore, mais enfin. Mais elle m'avait apporté son soutien en amont de la commission. Elle est venue à la commission et ils lui ont interdit de prendre la parole en disant elle n'est pas membre de la Commission des Affaires Sociales. Donc, en temps d'habitude, on sait très bien qu'on peut se balader à l'autre.
Et même si on n'est pas membre. Mais là, à la fin, grosso modo, c'est comme ça. Barre toi, j'ai entendu ça. Donc, c'est pour dire qu'ils savaient que c'était un moment de tension. Et donc, ils étaient là pour être groupés et que les deux, trois qui s'expriment. Donc, Charlotte Lecoq, je ne me souviens plus des autres, mais bon, voilà. Eh bien, il fasse corps et en disant voilà ce qu'il faut renvoyer à la négociation salariale ou nous, on va rendre le travail de jour obligatoire. Pourquoi? Parce que ce qu'il proposait, c'est que juste le donneur d'ordre, il doit motiver le refus de travailler en journée. Mais ça veut dire qu'ils ont juste à dire j'ai des salariés dans ma boutique.
On préfère que vous venez le matin et la question est réglée. Ce n'est pas suffisant. Je le dis. Moi, j'étais prêt à beaucoup de compromis. J'étais prêt à supprimer mes articles qui sont des articles qui viendront. Je l'espère un jour qu'ils reviendront dans le débat public. J'étais prêt à ce que ces articles soient éliminés. Pourquoi pas? Mais qu'on mette quelque chose de substantiel à la place et pas juste un machin qui leur servent à aller sur les pâteaux télé en disant Regardez ce qu'on a fait, c'est formidable.
Sur la question des rapports de force à l'Assemblée. Est ce que tu penses que que ton énervement et ton coup de gueule quand même assez visible sur cette proposition de loi peut les vacciner? C'est un truc qui inquiète les gens dans les questions qui sont posées. J'en prends une, par exemple, de Zarghet qui dit Retirer nos projets de loi, ce n'est pas les laisser nous museler à l'avenir ou il pose une autre question en disant Est ce que vous ne savez pas que LRM reproduit systématiquement leur stratégie de vider nos propositions de loi? Est ce que tu penses que qu'on réussit à imprimer sur leur stratégie?
Et si ça va, je ne suis pas sûr qu'on y arrive là dessus. Mais de toute façon, ils sont ils sont. Il y a un moment, on ne peut pas les soigner non plus. Et c'est souvent sur les niches que ça se joue les temps.
Mais ils ont changé justement de stratégie sur les niches. Avant, ils votaient contre la niche de l'UDI.
Si on se souvient ce qui s'était passé avec le congé de deuil pour enfants, ils avaient un peu fait la même chose. Simplement, ça s'était passé en commission dans une espèce de confusion générale qui fait qu'on n'avait pas compris ce qui s'était passé. Mais donc, voilà. Et sur je me souviens d'une PPL sur les enfants handicapés ou voilà, il y a eu, ils ont adopté la stratégie du rejet, du rejet automatique sans possibilité de discussion du contenu. Bon, ça, ça leur est bon. Donc ils changent de stratégie, mais sur le fond, en tout cas, ils n'entrent pas dans ce qui pourrait être un débat fructueux, quand bien même il serait contradictoire et quand bien même on perdra à la fin.
Je veux dire, on sait bien combien on est. Moi, ce que j'attends, c'est de l'appel, c'est qu'on me réponde non, on ne fera pas ce que vous voulez, même si je pense que c'est ce qu'il y avait à faire. Mais on fera ceci, ceci, ceci, cela dans tel et tel calendrier. Et là, il y a zéro réponse en face. Mais en effet, je ne pense pas qu'on doit se lutter à l'avenir systématiquement intimidés et peut être qu'il faudra continuer. Mais sinon, c'est quasiment les laisser choisir quelle proposition on va mettre à l'ordre du jour, finalement, en hémicycle.
Pour le coup, là, on a choisi de retirer ces lois sur la suite de ce sujet particulier. Est ce que tu as déjà des suites de stratégies sur la question de l'entretien des femmes de ménage, des actions prévues, assemblées ou pas ? Mais pour parler de ça, déjà, il va y en avoir.
Déjà, il devrait y avoir des trucs dans mon coin, puisque avec Géraldine dont je parlais tout ça, normalement, il doit y avoir quelques luttes qui se qui se mènent suite à ça et ensuite, on verra s'il y a une nouvelle PPL à déposer. Enfin, on va voir ce qu'il y a. Ce que je regrette après, c'est qu'on parle. Tu sais, tu fais des trucs et tu te rends pas compte quel impact ça va avoir dans dans le public. Mais en même temps qu'il y a eu mon coup de gueule qui a été balancé, j'aurais dû balancer une pétition. J'aurais dû balancer une pétition en faveur des femmes de ménage et réclamer ça. Et donc, immédiatement, en fait, c'est ne pas laisser pour lutter.
Il ne faut pas laisser de temps de latence entre le moment où on vient de réussir un coup et on prend une initiative. Les deux doivent se chevaucher. Et là, j'ai quelque part raté un chevauchement. Maintenant, la suite pour moi sur ce genre de métier là, c'est parce que les conditions de travail des auxiliaires de vie sociale, par exemple, c'est à peu près la même chose, on est sur du 600, 800 euros avec des temps le matin, les temps soir, des horaires éclatés. C'est ma mission métier des liens dans laquelle je vais greffer toute une série de propositions de loi pour. Je pense qu'on a là tout un espèce de sous salariat qui s'agit de faire émerger et qui forme un bloc important.
Et mission que qui doit aboutir quand, à quel moment ?
Normalement, c'est prévu pour le 24 juin en commission. Justement, j'ai fait pour que comme il y avait eu tous les discours du Covid du président de la République et compagnie. J'ai voulu, je voudrais que ça débouche rapidement au mois de juin pour que cette séquence ne soit pas complètement effacée et qu'on puisse encore s'appuyer dessus. Donc, ce week-end, en clair, je travaille sur mon rapport mission métier des liens.
OK, merci François. Il y a Adrien qui nous a rejoint. Je vous dis au revoir, on te dit à plus.
Alors, toi, il y a toujours la grève du coiffeur, toi. Non, non, pas exactement.
J'ai l'impression que ça raccourcit.
Oui, c'est un nouveau look alors, d'accord. On fait les choses, tu vois, petit à petit. Ça roule. Bon, allez, je vous laisse. Merci François. Salut, ciao.
Salut.
François Ruffin