Fourest en liberté du mardi 23 septembre
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Applaudissements] Merci de nous retrouver avec comme chaque mardi Caroline Fourest. Jusqu'où doit aller l'examen critique du train de vie de nos élus, de nos dirigeants. L'exemple d'Annie d'Algo et de ce de ses frais de représentation suscite une réflexion chez vous Caroline.
La critique oui mais jusqu'où ? de la démagogie ou est-ce légitime au moment où on demande des efforts aux français de s'assurer que les dirigeants, que ceux qui les dirigent eux aussi font attention votre réponse ? Alors vous vous évoquez effectivement les les frais de représentation mais il y a d'autres exemples qui vous viennent en tête.
Et justement David, moi je vais vous faire une réponse selon les cas, selon les périodes. Donc ça va pas être une réponse oui ou non. Et pour moi, la posture la plus facile, ce serait de vous dire "C'est dégueulasse, tous ces privilèges, les politiques doivent montrer l'exemple, il faut tout raser, il faut qu'il mange des coquillettes et pas du homar, il faut qu'il s'achète des jeans et qu'ils aillent pas s'acheter des robes dur pour ouvrir les Jeux Olympiques." J'ai pas envie de tomber dans cette facilité parce que c'est vraiment la posture la plus simple pour un éditorialiste ou une éditorialiste, c'est ce qui donne des likes.
Tout le monde est content quand on critique les politiques. à l'inverse, c'est toujours très très dur de prendre leur défense parce qu'on sait que immédiatement on va se prendre tous ceux qui ont envie de se les cogner et qui ont envie de les critiquer. Et sincèrement, il y a pourtant du juste et de l'injuste.
Il y a du juste quand euh il y a du symbolique qui a du sens quand par exemple le nouveau premier ministre Sébastien Lecnu dit "Bon, avant d'aller demander des efforts en français, on va juste faire un acte qui est purement symbolique mais qui est intéressant. On va quand même essayer de regarder où est-ce qu'on peut nous-même déjà renier au niveau du fonctionnement de l'État certains privilèges accordés à d'anciens premier ministres. Je trouve que pour poser sa fonction qui est quand même en équilibre après avoir été nommé par le président en lui ressemblant un peu trop avec un la lourde tâche de devoir réconcilier les contraires pour avoir un budget et aussi de réconcilier les Français avec l'idée qu'il faut faire un effort pour réduire la dette.
Là ce sont des gestes qui ont du sens et qu'il faut faire. Ils sont justes et nécessaires. Donc quand il nous dit en plus c'est honnêtement un train de vie qui a été élargi il y a pas si longtemps, je crois que c'était sous Édouard Philippe la dernière fois, les anciens premier ministres vont un peu avoir moins d'équipes, vont peut-être pas avoir un chauffeur à vie, une une secrétaire à vie et on va ramener tout ça à essentiellement 3 ans de fonctionnement ou ou une période beaucoup plus limitée pour ces postes là.
Je trouve ça juste. Je trouve que ça a du sens avant de demander au français des efforts. J'ai une limite et ça je tiens à le défendre, c'est la question de la protection policière.
Ça je sais pas si tous les Français qui nous écoutent réalisent à quel point c'est important de protéger nos élus. Et même, je suis un peu choqué honnêtement qu'on réduise à 3 ans la protection policière accordée aux anciens premier ministres et seulement à 2 ans aux anciens ministres de l'intérieur. Accordé systématiquement.
Ensuite, c'est évalué au cas par cas. Au cas par cas, c'est évalué. Ça peut être reconduit et je ne doute pas que ça va souvent l'être parce que je vis suffisamment entouré d'amis qui sont sous protection policière et on connaît trop l'état de la menace et de la violence des sociétés dans laquelle on évolue.
Je rappelle qu'il y a encore une élu démocrate qui a été tuée aux États-Unis. On sait très bien que ça arrive en France et que ce risque existe et que si demain un terroriste ou quelqu'un n'importe quel citoyen un peu excité se met à assassiner un ancien premier ministre, c'est tout le pays qui rentre en crise, c'est la France qui est atteinte. Donc on a raison de les protéger.
Donc ça c'est de l'ordre du légitime et du débat légitime. Après, il y a des débats plus anecdotiques. Honnêtement, moi je trouve que quand ça concerne le patrimoine, c'est-à-dire pas des c'est pas des privilèges qui vont simplement euh embellir la vie de nos élus, c'est des ce sont des des frais qui servent à réparer notre patrimoine commun.
Alors, on a beaucoup glosé effectivement sur le siège de Gérard Lâcher, le le président du Sénat qui a coûté, je crois 34000 € qui est le siège du palais à réparer. Mais moi, j'ai c'est peut-être je sais pas moi, quand ça touche le patrimoine, c'est comme si on avait expliqué au moment où Notre Dame a flambé qu'il fallait pas accorder une niche fiscale pour permettre des dons et réparer la flèche de Notre Dame. Bah si, moi je pense que ça ce sont des dépenses qui valent la peine parce que encore une fois, c'est la représentation de la République.
Elle a besoin la République de briller un peu. Elle a besoin d'avoir de la gueule la République pour se faire respecter aussi pour durer dans le temps. Et dans une période de déstabilisation des institutions, moi ça me choque pas qu'on fasse travailler et ça coûte plus cher des artisans.
On en a plein en France, c'est quand même notre fierté. Et réparer du matériel qui est classé et notamment c'est la peur de tous les ministres. Et vous le savez comme moi.
Je sais pas si les Français pensent que les ministres vivent dans des palais dorés qui ressemblent à Marlago ou au nouveau bureau val de Donald Trump pour lequel je crois qu'en tout il a dépensé 320 millions pour mettre du doré dans le bureau Val et une nouvelle salle de balle. C'est pas du tout ce qui se passe en France. D'ailleurs, ça choque personne quand Donald Trump le fait.
C'est amusant. C'est les gens qui votent pour Donald Trump généralement ils sont pas choqués quand leurs candidats le font. Ils sont très choqués quand on répare un fauteuil au Sénat ou quand on répare une ampoule dans un ministère.
La vérité c'est que les ministres de la les ministères de la République David, ils ont plutôt tendance à tomber en lambeau que des fois on a même un peu honte parce que personne n'ose toucher à rien de peur d'avoir une enquête média part ou une un article du canard enchaîné et que tout ça est pas toujours reluisant. Là, c'était 34000 €. Donc pour refaire ce fauteuil alors qu'il y avait un cachet particulier, ça avait suscité beaucoup de critique et Gérard Larchit indiqué que c'était des artisans très spécialisés, que c'était effectivement le mobilier de la République et qu'il fallait prendre ça au sérieux. dit comme ça, moi aussi un fauteuil à 34000 € j'ai du mal à l'imaginer mais encore une fois l'artisanat en détail sur une pièce unie qui est classée au patrimoine ça coûte plus cher et tout ce qui se répare qui est classé au patrimoine coûte plus cher.
Mais souvenez-vous aussi avant d'envenir à Nidalgo la polémique sur François de Rugie qui avait fait aussi là pour le coup les recettes de médiia part parce qu'il faut aussi dire qu'il y a une presse qui est spécialisée dans le fait d'alimenter l'animosité contre les politiques et la jalousie sociale et que ça rapporte à une certaine presse aussi parce que c'est un commerce faut pas se mentir. Là, il faut expliquer aussi François de Rugit, président de l'Assemblée, organisait des dîners régulièrement. Il recevait comme on dit et il recevait bien.
Enfin, il y avait plus que bien, il y avait des homars une fois il y a eu des homars. Alors, c'est devenu l'affaire des homars de la République. Une fois, on a servi, on a parlé de neuf dîners dont une fois du homar a été servi.
Ah, alors on s'interrom parce que Donald Trump, en marche de l'Assemblée générale des Nations- Unies, s'entretient avec Volodimir Zelenski. [Musique] Alors Volodimaire Zelinski, est-ce qu'il est là à ses côtés ? Sinon, on va peut-être attendre qu'il le qu'il le reçoive.
Évidemment, tout le monde a en tête la dernière fois où les deux hommes se sont rencontrés, c'est il y en a eu d'autres entre-temps, mais tout le monde a en tête le précédent. Alors voilà cette image en direct. Quelques mots vont être dit, on va écouter. [Musique] C'est très important.
Monsieur le président et son équipe. Sur le champ de bataille, on a des bonnes nouvelles. Bien sûr, on veut mettre fin à la guerre.
On défend un front de 360 km. On a beaucoup de points dont il faut discuter. Est-ce que vous aimeriez nous dire comment ça se passe sur le champ de bataille ?
Allez-y. Grâce à votre soutien à celui des pays de l'OTAN. soldat [Musique] ces derniers jours, on a repris 360 km² grâce à nos soldats.
Ah voilà, l'image se fige. Donc il y a un problème de liaison. Donc on va guetter évidemment cette rencontre.
Encore une fois, est-ce que ça va se terminer avec des noms d'oiseaux ou est-ce que ça va être un peu plus calme que dans la le à la Maison Blanche, dans le bureau oval de la Maison Blanche ? Tout casin parce que ça intervient encore une fois au soir où la Russie pousse l'incursion, l'agression de plus en plus loin sur les terres de l'OTAN avec encore une fois ces drones dont on a la quasi certitude que c'était bien une opération russe. Ces drones qui ont survolé les aéroports de Copenhague et d'Oslo suscitant des scènes de panique, l'interruption du trafic et j'en passe et la piste remonstre vers des cargos liés à la Russie.
Euh donc évidemment la question sera sans doute posée à Donald Trump. On y reviendra à ce moment-là. Caroline, revenons à Monomouton.
Mais il y a peut-être un petit lien à faire entre la scène qu'on vient de voir, le débat qu'on avait. Vous allez voir qu'il était nu mais il existe. La dernière fois qu'on a vu cette scène, c'était donc entre pas la dernière fois la première fois les deux hommes ont eu un accrochage, c'était dans le bureau oval que Donald Trump était à grand frais.
Là encore une fois 320 millions en tous les les travaux de rénovation pour mettre du doré partout et il était très sûr de lui dans son bureau oval très doré très sûr de lui qu'il allait mettre la fin fin à la guerre grâce à son amitié à Vladimir Poutine. Et il s'est permis, je vous le rappelle, d'humilier ou de laisser un journaliste mercenaire Glen Becker qui est en fait un espèce de qui est marié à une à une congressiste américaine républicaine complètement frappadingue et complotiste qui s'est permis d'humilier Zelinski sur le fait qu'il ne portait pas de costume. On était sur les frais de représentation.
Vous voyez que les les vêtements en politique, ça compte drôlement. Là, l'image qu'on vient de voir, c'est plus du tout la même chose. Il y a des drapeaux derrière, on n plus dans les dorures et on a un président ukrainien qui est en train de revaloriser un Donald Trump totalement humilié puisqu'il a échoué que son amitié avec Vladimir Poutine était un leur et et Vladimir Zelenski, Vladimir Zelinski est obligé de l'aider, de le remettre en valeur malgré son ego humilié et il ne porte pas de costume et vous remarquerez que plus personne ne lui ont fait la remarque comme quoi quelque chose est revenu à peu près à l'endroit.
Mais ça nous ramène à l'idée que les costumes en politique ça compte. Alors la gard donc c'est frais de représentation on l'a dit c'est 73000 € 4 ans. C'est tout à fait légal ça correspond au budget qui lui est alloué.
Elle a même été un peu en dessous du plafond mais voilà il y a ses manteaux à 3000 € ses robes à 3500 € porté au moment de la cérémonie des Jeux Olympiques qui font réagir. Et vous on remet à l'échelle en 4 ans. Il y a donc deux robes à 3000 € et un et un monteau à 3000 €.
Mais moi, j'adorerais vivre dans un monde où une femme politique pourrait assister à l'ouverture des Jeux Olympiques avec le même costume que Zelinski. Voyez, moi ça c'est le monde dont je rêve, qui suis androgine et qui trouve toujours que les vêtements des femmes coûtent horriblement cher, plus cher que les vêtements des hommes. Alors en plus, moi je m'y reconnais jamais et que ça ne me va jamais.
Donc je suis en empathie avec les femmes politiques qui sont obligées de représenter une certaine féminité à laquelle moi je ne me soumets pas ou je ne me complais pas dans laquelle je ne me retrouve pas. Mais je compatis parce que ça leur coûte très très cher parce que non seulement les femmes gagnent moins que les hommes, non seulement on met beaucoup plus de jugement social sur le physique des femmes qui même avec tous les progrès qu'on a fait continuent à être beaucoup regardé et scruté surtout si elles sont en politique avant d'être écoutée. Donc je peux vous dire qu'une femme politique qui ne renouvelle pas sa guerre d'Europe contrairement aux hommes politiques, les hommes politiques peuvent avoir un costume gris, un costume bleu, des chemises blanches et à peu près des cravades qui varient avec trois points.
Ils vont pouvoir faire toutes les inaugurations du monde. Il y a personne qui va faire un article pour dire quand même il a quand même mis le même costume gris. Elle est très belle votre cravate par Caroline.
J'attendais ce compliment mais personne vous embêtera avec ça. Une femme politique qui fait l'ouverture des JO si elle avait fait l'ouverture des GIOS avec la même robe et l'ouverture des paralympiques. Mais la polémique qu'elle se serait pris souvenez-vous il y a quelques années.
Les robes de Cécile du Flot on se souvient encore des murmures dans l'Assemblée nationale. Pas poid. Je peux vous dire que quand vous tapez et que vous gogélisez sur les femmes politiques et leur tenue, le nombre d'articles qui existe pour commenter ah bah là c'est chic, ah bah là quand même c'est une faute de goût.
Alors là elle a mis du Dior, alors là elle a mis une marque comme c comme ça. Quand vous êtes maire de Paris, moi ça ne me choque pas que dans votre enveloppe de frais, vous ayez acheté en 4 ans et pour l'ouverture des Jeux Olympiques et pour l'ouverture des Paralympiques des robes deor. Ça me choque que ça coûte aussi cher, mais ça c'est la vie, c'est la vie du luxe et c'est la vie des femmes.
Et sincèrement, à partir du moment où elle n'a pas dépassé son plafond et qu'elle a une enveloppe de frais, qu'elle a le droit, que c'est légal, elle en fait ce qu'elle veut à l'intérieur et encore une fois la représentation des femmes, ça coûte plus cher que la représentation des hommes. Vous avez entendu les questions que posait François tout à l'heure François ? Non, le le la question qui se pose, c'est le rapport entre le comportement individuel de l'élu ou disons du représentant et puis l'état financier de la collectivité.
Je pense qu'on peut pas déconnecter les deux et que forcément alors évidemment c'est des cas d'espèce mais le fait disons une une certaine forme d'exemplarité c'est quand même de tenir compte du contexte et en particulier des efforts que vous imposez à vos contribuables. Pour le reste je je trouve que la distinction que vous faites entre le patrimoine et le vêtement est tout à fait sensé et c'est effectivement ça pourrait être un guidelines quoi. C'est aussi ça au fond le problème de ces questions là.
Enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez mais s'il y avait des règles claires, pas forcément les mêmes pour tout le monde et qu'elle soit publque parce que ce qu'on reproche à madame Hidalgo, c'est aussi de s'être dérobé à la transparence au point qu'il a fallu un un jugement du tribunal pour le François là vous pointez et vous l'avez dit tout à l'heure, le fait qu'elle se soit dérobé la transparence, ça c'est un vrai débat. Voilà, ça c'est un vrai débat, c'est un vrai sujet. Encore une fois, replezz-vous dans replacez-vous dans le contexte de ses achats.
Elle achète ses robes pour préparer les cérémonies des Jeux Olympiques qui est un vrai événement de représentation où la ville de Paris doit être particulièrement représentée par des marques françaises. Ça a du sens. Aujourd'hui, on est dans une demande de sobriété.
Peut-être qu'aujourd'hui la mère de Paris elle-même n'achèterait pas des robes d'or dans le contexte dans lequel on est d'explication d'effort de tous. Et je comprends et Route l'a dit aussi tout à l'heure, moi j'ai plein d'autres choses à reprocher à la mairie de Paris aujourd'hui. Moi, j'aimerais que vu ce qu'on paye comme impôt, on ait des rue propre par exemple.
Ça me choque beaucoup plus queon augmente nos impôts et qu'on arrive pas à avoir des éboueurs qui soient suffisamment nombreux et équipés pour avoir une ville propre plutôt qu'elle acheter d'Europe du pour les Jeux Olympiques. Pareil sur Gérard Larch, je serais choqué si ces dépenses étaient faites pour entre même pour le patrimoine encore que c'est pas vraiment patrimoine salut survit. Si on était devant un homme qui cherchait pas aujourd'hui des solutions même pour un homme de droite pour essayer de répartir y compris les forces sur les plus riches.
Or on est devant une droite républicaine plutôt responsable qui dit l'attaque Zukman, il y a des effets boomerang, on en veut pas mais par contre on n'est pas fermé à l'idée que les plus aisés contribuent à l'effort national. Donc vous avez raison, c'est ces signaux se lisent aussi en fonction des démarches politiques et du moment. Le problème c'est que le la représentation est un mot piège en fait parce que ces gens ces élus dont on parle ou ses ministres ou ses présidents sont nos représentants et donc au fond les citoyens attendent d'eux qu'ils soient leur représentants à la fois sur le plan moral et aussi qu'il les représentent physiquement.
Donc euh on se souvient de l'exemple de François Hollande qui avait fait sa campagne sur le le le président euh le président normal, voilà, je cherchais le mot, qui affichait une volonté de modestie qui était plutôt louable euh et qui euh dès le début de sa présidence avait dit "Je vais aller assister au sommet européen euh en prenant le TGV." Moyen en cour, on était obligé d'envoyer en même temps l'avion de la République à vide parce que si jamais il y a une urgence ou un problème de sécurité, il faut pouvoir ramener le président à Paris dans son avion. Et on se souvient que assez rapidement les sondages ont montré que les Français n'aimaient pas tellement voir leur président prendre le train comme un monsieur normal.
Donc les Français, ils ont aussi leur contradiction. On a chacun les nôtres. Et donc je pense que cette notion de représentativité, elle elle est elle est un peu piégeuse parce que au fond, elle est à géométrie variable, y compris probablement à l'intérieur de l'esprit de beaucoup de citoyens.
Rafi aussi faisait une remarque tout à l'heure. Oui, il y a il y a un point sur lequel je vous rejoins et un autre sur lequel je vous rejoins moins. Celui sur lequel je vous rejoins, c'est quand vous dites que la République a besoin de de briller, que on a besoin d'incarner une certaine forme de grandeur et donc de continuité historique.
Et donc moi, je fais la différence entre ce qui est investi alors qui peut apparaître comme étant somptuaire mais qui va survivre largement à la personne qui incarne ça. Parce que le fauteuil du président du Sénat, c'est pas le fauteuil de Gérald Archer, c'est le fauteuil du président du Sénat. Et ce fauteuil, il sera encore là dans 50 ans ou peut-être même dans 100 ans.
Donc je fais la différence entre ça, c'est cet ancrage dans l'histoire qui fait accessoirement vivre nos artisans et ce qui relève de non pas de l'investissement mais du fonctionnement. Et je mets dans le même bateau ces dépenses de de robe ou les déjeuners ou dîner dans des restaurants étoilés d'un président de région. Vous voyez ce que je veux dire ?
C'estd que est-ce que vous voyez moi je je suis un chef d'entreprise, je suis comme vous dans le domaine productif et je sais à quel point il est difficile de gagner de l'argent, de faire rentrer de l'argent, de faire du chiffre d'affaires quand vous êtes une entreprise, c'est extrêmement difficile. Et donc de payer un impôt et c'est cet impôt là aujourd'hui qui est qui est utilisé souvent à bonne d'ailleurs et parfois à mauvais. Nous devrions avoir l'obsession du bon usage de l'argent public à tous les niveaux.
Mais Rafhi, pardon, j'entends votre comparaison entre chef d'entreprise et politique. Je pense qu'elle a parfois ses limites. Un chef d'entreprise par exemple qui est obligé de faire des déjeuners matin, midi et soir pour son travail, même s'il a pas envie d'aller au restaurant ce jour-là, s'il serait bien plus heureux à la maison avec sa femme et ses gosses, c'est normal que ce soit des notes de fréquen pour son travail.
Mais vous avez raison. Sauf que quand vous êtes Mais sauf que quand vous faites les politiques ils sont obligés de rencontrer tout le monde même quand ils ont pas envie de mais sauf que quand vous alignez des étoilées, vous avez le commissaire au compte à la fin de l'année qui vous dit "Bon, c'était peut-être un client important mais euh l'année prochaine tu vas réduire la voitilure sur les étoilers." D'accord.
Mais il y a un équilibre. Évidemment qu'un politique qui va que dans des bons restaurants étoilés à bout d'un moment il y a il y aura méia part qui va pas croyez-moi vu ce que ça leur rapporte qui va pas se se priver de le rappeler et la chambre régionale des coures avant à l'inverse qu'un politique s'oblige à ne jamais aller voir des bons restaurants avec des chefs reconnus alors qu'on est dans un pays de la gastronomie ça n'a pas non plus aucun sens pour parler des pour parler des contradictions aussi les on est tous plein de contradiction les Français peuvent se régaler avec ce genre de de fait d'hiver ou en tout cas de feuilletons dans la presse. Mais en même temps, quand vous regardez les politiques les plus populaires parmi eux, pardon mais c'est souvent les plus corrompus.
C'est quand même très étonnant. C'est c'est des gens qui ont été condamnés pour abus de bien social, trafic d'influence, détournement de fonds publics. Regardez les taux et et y compris des grands avocats d'affaires qui reviennent aujourd'hui dans le débat public.
Ils adorent alors que c'est des avocats d'affaires qui gagnent des millions et qui ne déposent pas leur comptes, qui ont des comptes complètement opaques et qui fréquentent des pays en plus infréquentables pour leurs affaires. Donc moi, je veux bien qu'on mette la morale partout. Parfois, il faut peut-être la doser, la proportionner, la mettre aussi au bons endroits.
Anne Hidalgo