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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 26 février 2026 26 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

L'ancien ambassadeur de France aux États-Unis Philippe Étienne est l'invité de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Réaction à l'incident à Cuba et stratégie américaine envers le régime cubain ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Pensez-vous qu'une frappe américaine contre l'Iran est désormais inévitable ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Négociations Russie-Ukraine : peut-on espérer une paix ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Les Européens, notamment la France, pourraient-ils en faire plus pour l'Ukraine ?

  • 8:15OuverteRéponse directe

    Que peut-on attendre du discours de Macron sur la dissuasion nucléaire ?

  • 10:15OuverteRéponse directe

    L'affaire Epstein pourrait-elle fragiliser Trump ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:45Philippe ÉtienneChiffre
    « L'Union européenne aujourd'hui fait 100 % de l'aide financière à l'Ukraine avec d'autres pays européens mais sans les États-Unis. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il nous a rejoint sur ce plateau. Philippe Étienne, bonsoir. Merci d'être avec nous.

À mes côtés, Henry Vernet, éditorialiste politique pour cette interview. Je disais, vous êtes donc ancien ambassadeur de France aux États-Unis pendant la période allant de 2019 à 2023. Vous avez été également conseiller diplomatique du président Macron et ambassadeur en Allemagne et vous êtes pour être complète auteur du livre Le Cherpa.

Mémoire d'un diplomate aux avant-postes de l'histoire aux éditions Talandier. Pour commencer cette interview, on voulait vous vous faire réagir à ce qui se passe aujourd'hui à Cuba avec donc cette opération, cette tentative peut-être d'offensive américaine mais qui ressemble quand même plus à une opération de pied nielé ce ce bateau qui se serait approché des côtes cubaines et avec cette fusillade qui a tout de même entraîné quatre morts. Vous, quel est votre regard sur cet incident ? même si c'est très probablement enfin l'enquête va le démontrer.

C'est pas forcément l'administration américaine qui a tenté de pénétrer sur le territoire cubain, mais mais tout de même c'est lié quand même à cette atmosphère, c c ces véléités de Donald Trump et cet impérialisme de nouveau sur l'Amérique toute entière. Je pense que c'est lié au contexte en effet où le régime cubain est de plus en plus isolé, étouffé par la stratégie américaine, notamment d'ar livraison de pétrole puisque le Venezuela n'en livre plus et même le Mexique qui a l'autre pays qui livre du pétrole. Là, il y a il y a des pressions sur sur tous les pays, compris le Mexique pour arrêter.

Alors dans ce contexte, vous savez qu'en Floride et on est tout près de Cuba, hein, il y a énormément d'émigrés cubains. D'ailleurs, le secrétaire d'État, le mise d'affaires étrangères Marco Robio vient de cette communauté bien sûr. Et donc effectivement, ça doit nourrir certaines attentes dans cette population dont une partie est absolument anticastriste.

Ceciant, Marco Rubio lui-même adé que ce soit euh un acte d'agression américaine sur le territoire. effectivement alors bon on verra comme vous dites mais effectivement la tactique américaine cette fois officielle s'est clairement d'étouffée pas seulement par l'arrêt des livraisons d'énergie mais également par l'arrêt de toutes les livraisons de toutes les les les ressources financières par exemple les émigréscubain le tourisme tout ça a été complètement étouffé c'est une stratégie d'asphixie et donc il est probable que c'est toujours cette stratégie que les autorités américaines poursuivent en attendant en quelque sorte qu'un un moment le fruit soit mur. Soit euh hypothèse la moins hypothèse la moins probable que le régime disparaisse ou il peut-être qu'on a vu aussi au Venezuela que le régime finalement cède et ou mais ça bousculé après une opération américaine parce que si on dézoome justement en effet le Venezuela hier donc Cuba aujourd'hui quel que soit ce que dira l'enquête peut-être demain l'Iron est-ce que là aujourd'hui Trump est en train de remodeler le monde la planète à sa façon Oui, mais Cuba n'est pas le Venezuela.

D'ailleurs, ceux qui ceux qui sont morts au Venezuela dans l'opération sur Maduro, vous savez qui c'est ? Ce sont des Cuban ce sont des Cubains. Ce sont des soldats cubains qui gardaient Maduro et le régime cubain, le régime castriste a a une autre histoire.

Et puis d'ailleurs l'île l'île de Cuba par rapport aux États-Unis, c'est une vieille histoire et c'est compliqué. Mais justement, vous qui avez été ambassadeur de France aux États-Unis, euh plusieurs gouvernements américains ont eu c cette relation de bras de fer avec Cuba évidemment la baie des cochons sur Ken bien sûr ça fait ça fait des décennies que ce ce rapport dur. Est-ce que en terme de politique intérieure pour Donald Trump, Cuba est particulièrement important parce que ce serait une victoire.

Oui, bien sûr. Qui se jou si bien sûr et de ce point de vue-là euh bon ce qui va se jouer en Iran aussi, ce qui se joue actuellement en Iran est surtout vu, je pense, par le président Trump qui a ses élections de Midterm qui arrivent en novembre qui ne se présentent pas forcément très bien pour lui et les Républicains comme des gains éventuels de politique intérieure. Et c'est d'autant plus vrai pour Cuba avec ce contexte de l'immigration cubaine anticastriste ou de l'immigration en général venant de Cuba et de cette région.

Alors justement vous parliez de l'Iran, il y a des négociations aujourd'hui des pourparler qui ont repris entre l'Iran et les États-Unis. Vous avec votre expérience de de diplomate, est-ce que vous pensez qu'une frappe américaine est désormais quasiment impossible à éviter avec toute cette armada, cette puissance américaine autour des des côtes iraniennes ? Alors, c'est mon expérience de diplomate euh en général, mais c'est aussi mon expérience de cette négociation nucléaire parce que quand j'étais le conseiller des des Manuels Macron, c'était 2017-29, il y a eu euh le retrait américain du précédent accord nucléaire de Vienne de 2015.

Mais il y a aussi eu euh des tentatives euh qui ont été assez loin hein de renouer par un autre accord entre les États-Unis et l'Iran et la France à l'époque qui a joué un rôle majeur. Alors, effectivement, ce qui est en train de se passer maintenant est décisif. Euh il y a des pour parler euh à Genève qui sont euh où où le pays médiateur est Oman euh entre les le ministre iranien des affaires étrangères et et les deux proches du président Trump, Serge Witkov et son son gendre Jarette Kouchner.

Et apparemment la négociation a quand même l'air euh de porter ses fruits, de en tout cas d'être une vraie discussion puisque les les deux délégations se sont à un moment interrompu pour aller prendre leurs instructions dans leur capital. Et effectivement les Iraniens, le régime iranien, on le connaît comme un habile négociateur. He oui, c'est ce que j'allais vous dire.

Un art dans gagner du temps assez élaboré. En fait, ce qu'ils sont en train d'essayer de faire, c'est de mettre dans la balance des concessions sur le nucléaire, mais n'allant pas tout à fait jusqu'à l'arrêt complet de toute activité d'enrichissement, d'accord ? Mais en gardant euh l'ensemble du de leur potentiel balistique, c'est-à-dire des missiles qu'ils peuvent lancer hors de la négociation.

Non, mais ça c'est pas acceptable. Et donc voilà, c'est ça le problème pour les Américains. D'autant plus que les Israéliens eux se sentent beaucoup menacés par justement potential.

Et il faut pas oublier que si on parle d'une intervention américaine, il faut pas oublier qu'il y a aussi Israël. Donc la question pour les Américains, notamment pour le président Trump qui va être celui qui va décider, c'est est-ce que euh ce qui ressort de ces discussions actuelles est suffisant ? les Iraniens lui apporteraient, le régime iranien lui apporterait quelque chose qui serait meilleur que la Cord Obama de 2015 peut-être justement sur sur l'uranien, c'est en jeu sur le nuclé sur le nucléaire.

Euh et là on peut entrer dans les détails si vous voulez. Ce qui serait meilleur que le taux d'enrichissement serait plus bas, qu'il n'y aurait pas de sunset clause, c'est-à-dire que l'accord sera ne serait pas limité dans le temps et puis éventuellement que il y aurait cette idée de de d'intégration régionale pour les activités d'el accord assurer en quelque sorte une certaine survie pour le régime régime voilà. Mais c'est ce qu'il cherche c'est ce qui cherche que cherch les iran iraniens cherchent à à se survivre.

Mais est-ce que le président américain lui ne cherche pas un changement de régime parce qu'il y a plusieurs attérant parce qu'à plusieurs reprises il a dit que le monde sera meilleur quand ce régime là le régime de ramené aura aura disparu. Mais évidemment le le résultat le meilleur pour le président Trump et là encore il faut penser à à l'opinion publique américaine c'est d'effacer l'humiliation de 1979 de la prise d'otage à l'ambassade américaine à Terran au début de la révolution sous Carter. Mais euh le président Trump, il aime bien négocier aussi.

Il aime bien et il est prêt à négocier, on l'a vu au Venezuela aussi, à négocier avec les régimes qui ne lui plaisent pas. Euh donc ça va vraiment être à lui de décider. Pourquoi ? parce que il a aussi un risque et les Iraniens, le régime iranien fait tout pour lui rappeler les risques.

S'il lance cette opération militaire qui reste tout à fait possible, bien sûr, on lui dit "Vous prenez des risques" et on le lui dit. Et qui sont quoi comme risques ? Bah les les rétorsions, enfin les les la réponse iranienne, c'est-à-dire l'envoi justement de ces fameux missiles.

Les missiles, c'est la c'est l'assurance vie du régime iranien en fait. Et c'est des missiles qui pourraient envoyer où ? Sur Israël, sur des bases américaines dans la région ? sur les pays de la région et sur des bases américaines ou des navires américains.

Une partie de cette armada par et sur l'Europe il dit aussi sur l'Europe. Trump lui-même a dit ça. C'est absolument non.

Le le les le potentiel balistique iranien comporte des fusées qui peuvent atteindre l'Europe, pas les États-Unis, mais des biens américains dans la région. Oui, ce qui est intéressant sur ce dossier, c'est une interview que Steve Witkoff, donc l'émissaire de Donald Trump dans plusieurs de ces négociations, dont celle-là avec l'Iran a a donné à la télévision américaine et où en fait, il a un peu livré l'état d'esprit de Donald Trump en disant "On pensait que les Iraniens allaient capituler. Est-ce que ça vous semble crédible que Donald Trump ait pu imaginer ça ?

Et est-ce que ça dit aussi quelque chose de Donald Trump qui finalement ne connaît peut-être pas bien ce régime des mots-là ou ne le comprend pas bien Alors, vous savez, il faut se méfier de enfin il faut se méfier, il faut il faut toujours se demander pourquoi dans une phase de négociation comme celle-ci, et là je vous donne ma mon expérience de négociateur, [rires] les gens les gens les gens les gens disent en public telle ou telle chose. Euh est-ce que on le dit pour envoyer des messages ? Euh effectivement là, ça ressemble à du premier degré, je suis d'accord avec vous.

Et dans ce cas-là, ce serait voilà un tout petit peu bizarre qu'il disent ça, mais là-dedans, il y a quelque chose de vrai, c'est que le régime iranien est très affaibli. Il est très affaibli et notamment il est très affaibli sur le plan économique. D'ailleurs, les sanctions des Nations- Unies ont été réinstaurées contre l'Iran, à l'initiative de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne à l'automne dernier.

Et euh et c'est ce qui a déclenché les révoltques dans le pays début janvier. Et voilà. Et puis il y a cette cette coupure, cette haine de la population contre ce régime.

Donc ce que dit Witkov, c'est que euh évidemment euh l'analyse qu'on faisait et qu'on fait toujours, c'est que ce régime est quand même très faible. Sur un autre théâtre, l'Ukraine évidemment qui célébrait avantier les 4 ans de de cette guerre que se faisait fort de régler alors en 24 heures, c sa promesse de candidat Donald Trump. Aujourd'hui, il y a ces négociations qui nous paraissent assez opaques entre euh des délégations russes et des délégations américaines.

Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que ça peut déboucher sur quelque chose ? Est-ce que concrètement tout simplement est-ce qu'on se rapproche d'une paix ?

Et puis question accessoire et les Européens et la France là-dedans ? Alors euh je je réponds tout de suite je réponds tout de suite au dernier point. européens parce que c'est ce n'est pas parce qu'ils sont pas à la table qu'ils ne sont pas dans la négociation, ils sont euh complètement déjà tout c'est un qui ne soit pas à la table.

Oui, je suis d'accord avec vous. Mais enfin cette négociation ça n'a ça ne change pas depuis des mois. C'est quoi ?

C'est territoire contre garantie de sécurité. C'est les territoires dont l'Ukraine accepterait de reconnaître non pas la perte mais l'occupation par la Russie dans le cadre d'une d'un accord de cessation du conflit contre des garanties de sécurité qui dissuaderaient la Russie de continuer à l'avenir à attaquer l'Ukraine. Et là les garanties de sécurité l'Europe joue un rôle essentiel y compris d'ailleurs avec la perspective d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

Donc je dis ça uniquement pour qualifier l'absence ou la présence de l'Europe. Ensuite effectivement, on a l'impression, on comprend pas très bien ce qui se passe mais je crois que fondamentalement c'est toujours la même équation. les territo bon pas forcément mais enfin la la le noyau dur de la négociation et notamment le fait que Moscou exige que l'Ukraine abandonne l'ensemble du don de bas alors que l'Ukraine au prix d'une résistance incroyablement efficace finalement et courageuse et de grands sacrifices en effet a réussi à à maintenir sa présence dans une partie du nom de basse euh ne va pas facilement abandonner ce territoire.

Et donc on retombe sur la question territoire contre garantie de sécurité et contre ce qu'on demande à l'Ukraine d'abandonner avec la question à laquelle personne n'a vraiment la réponse précise qui gagne à ce que le conflit soit prolongé. L'intuition c'est que la Russie qui est beaucoup plus grosse qui qui a moins Oui. qui a moins de scrupules à envoyer la chair de des hommes au front pour se faire tuer.

Oui, mais dans la dans les faits, c'est pas complètement ce qu'on observe. Certes, il y a un grignotage, pas toujours. D'ailleurs, là, on est à 1 % du territoire ukrainien seulement avec des pertes humaines colossales jusqu'à 300 morts et blessés par mois. 426 morts est blessé en 2025.

Oui, mais vous avez raison de rappeler ces chiffres. Ils sont monstrueux. Ils sont monstrueux.

Ils sont monstrueux quand on pense qu'on dépasse la longueur de la Première Guerre mondiale. Quand on pense euh à ces millions de morts et à forcéor et de blessés, aux personnes disparues, aux gens qui ont été enlevés, à la souffrance des populations civiles sous les bombardements. Et c'est pour ça qu'il faudrait absolument terminer cette guerre.

Mais paradoxalement, plus elle dure, plus elle est difficile peut-être à arrêter d'ailleurs des deux côtés. Mais ce que vous disiez d'ailleurs, c'est qui a intérêt à ce que est-ce qu'elle dure ? Est-ce que ce n'est pas Vladimir Poutine lui-même ?

Parce que son régime, son pouvoir repose sur ce rapport paranoïque au monde et tant que Vladimir Poutine sera à la tête de la Russie, il n'y aura pas de paix possible. Quelle est votre ? Mais vous touchez vous touchez un un vrai point là et c'est pas seulement d'ailleurs Vladimir Poutine, c'est l'économie de guerre.

La Russie a complètement changé son système économique, son effort de guerre écrase tout le reste. C'est d'ailleurs sa fragilité aussi. Comment être un pays en dehors de la guerre en Russie et comment revenir à la situation antérieure ?

C'est l'une c'est l'une des contraintes qui font que euh en plus de la volonté de de Vladimir Poutine effectivement de de préserver son régime, c'est l'une des difficultés pour arrêter cette guerre. Et j'imagine que pour des négociations en tant que diplomate, qu'on est face à soit quelqu'un qui n'a pas intérêt à arrêter la guerre. Euh mais quand on quand on négocie euh dans des dans des dans des affaires aussi aussi compliquées finalement aussi douloureuses, il faut il faut bien comprendre tout ceci.

Bien sûr. Euh finalement, il faut toujours se mettre essayer de se mettre à la place des autres, y compris des adversaires ou ceux avec qui on n'est pas du tout d'accord pour comprendre effectivement quelles sont leur leurs motivations. Néanmoins dans cette guerre quand même qui s'éternise.

Est-ce que malgré tout les Européens pourraient pas en faire un peu plus ? Et singurement France, je pense aux livraisons d'armes. Là par exemple, ça fait un certain temps qu'on ne sait plus trop ce qui est ce qui est fourni aux Ukrainiens.

Est-ce qu'il y aurait pas un coup de pouce un peu enfin peut-être pas décisif mais en tout cas plus marqué ? La dernière chose qu'on a vu quand même sont des Européens qui ont été impuissants à voter de nouvelles sanctions contre la Russie parce que l'un des leur en l'occurrence le Hongro Victor Orban, s'y opposé. Est-ce qu'il y a pas quand même un ressort européen à trouver ?

Il faut là encore je j'ai dans mon livre, je le raconte hein, j'ai j'ai travaillé 13 ans 13 ans comme représentant de la France à Bruxell. Je connais connais je connais assez bien l'Union européenne. Elle est facilement critiquable parce que elle est ce qu'elle est, c'est-à-dire 27 pays, une construction compliquée.

Mais l'Union européenne aujourd'hui fait 100 % de l'aide financière à l'Ukraine avec d'autres pays européens mais sans les États-Unis. Alors évidemment, il y a monsieur Victor Orban qui a ses élections dans quelques semaines qui bloque prétextant que suite à des bombardement russes, l'Ukraine ne livre plus les produits pétroliers dont la Hongrie et la Slovaquie ont besoin. Mais en fait, chaque fois que la Hongrie, c'est pas la première fois que la Hongrie a bloqué des trains de sanction, euh on a toujours soit obtenu de différentes manières la levée du vétois, soit on va trouver où on a trouvé des moyens de le contourner.

Mais ça prend un peu de temps et c'est vrai qu'on aimerait voir une Union européenne plus rapide, plus efficace, plus forte. Est-ce que elle se réveille ? Est-ce que elle se réveille selon vous face au retrait américain en Ukraine ?

Face à d'ailleurs, ça va être intéressant de nous dire comment vous qualifiez les Américains aujourd'hui. Est-ce que c'est encore un allié ? Est-ce que c'est des adversaires ?

Est-ce que c'est même devenu des ennemis ? Certains font jusque là. Mais pour rester sur l'Europe rapidement, est-ce que d'après vous, il y a il y a un réveil quand même de la force européenne malgré toutes les difficultés que soulignait Henry ?

Oui, je pense qu'il y a un réveil et ce réveil il euh il est la conséquence de trois événements quasiment simultané. Le premier, c'est effectivement la brutale invasion de l'Ukraine par la Russie qui est vécue maintenant comme une menace au-delà même de l'Ukraine. Une menace existentielle potentiellement et on utilise ce mot existentiel. parce que on redécouvre que notre sécurité, nous les Européens en général est menacé.

Mais il y a deux autres facteurs. Un facteur dont on ne parle jamais, mais le chancelier Mert est actuellement en Chine. C'est l'incroyable émergence de la puissance chinoise avec euh non seulement une présence politique très forte, l'utilisation d'arguments économiques comme les terres rares, le monopole du raffinage de ces matériaux et le marché européen comme les marchés dans le monde en général d'ailleurs qui se trouvent submergés par ces produits.

Et puis le troisème élément, vous l'avez dit, c'est effectivement l'évolution de notre allié américain. Donc vous dites allié amis, l'évolution de notre allié américain. Nous avons encore l'Alliance atlantique, nous avons le temps.

Mais c'est vrai que il faut lire la stratégie nationale de sécurité des Américains de cette administration. Évidemment, c'est lié à l'administration Trump qui quand même euh désigne comme les déclarations du président lui-même l'Union européenne en tant que telle comme une forme d'adversaire. Pas les États individuels mais l'Union européenne en tant que telle.

Mais la France particulièrement ce que vous dites allié. Oui. Mais est-ce que c'est encore un ami ?

Je veux dire un pays dont l'ambassadeur tous les qu matins critique vigoureusement la politique intérieure française à deux reprises. Il est convoqué à deux reprises au ministère étrangère. À deux reprises, il n'y va pas ou même il a il a il a depuis comme vous le savez amical mais enfin bon vous-même avez été ambassadeur à Washington.

Qu'est-ce que c'est c'est amical ça ? C'est un ami qui fait ça ? Je parle du de de personnellement je je je pense à ce qu'il est ce qui a été dit en juillet sur la la montée de l'antisémitisme.

Vous savez, j'ai présidé la mission pour le 80e anniversaire de la libération de la France. Je suis frappé moi aussi par ce poison de la remontée de l'antisémitisme et d'ailleurs de la le retour de la guerre au cœur de l'Europe. 80 ans après, ça veut quand même dire quelque chose qui nous alerte.

Mais en fait, ça arrive partout cette montée de l'antisémitisme et ça je réponds à ce qu'il a dit. Je répond à ce qu'il a dit et j'ai été ambassadeur aux États-Unis, l'antisémitisme monte aussi aux États-Unis. Donc ce qu'il a dit n'est évidemment pas acceptable.

Et en fait, je pense que la vraie raison pour lequelle il avait dit ça, c'est que en même temps, la France reconnaissait l'État de Palestine. C'est ça en fait qui lui était qui lui était insupportable. Euh il y a une actualité qui s'est euh produite aujourd'hui.

Il y a un drone, on l'a appris, euh qui a été euh abattu hier à Malme à 10 km euh du porte-avion euh Charles de Gaul. D'après plusieurs médias suédois, ce drone en question avait décollé quelques minutes plus tôt euh d'un bâtiment russe. Euh votre regard là-dessus, en effet, la la Russie nous nous mènerait alors il va falloir sur ce point-là qu'il y a une enquête, mais enfin bon, il y a eu d'autres événements avant.

Oui oui. Non mais écoutez, ça fait plusieurs années que nous sommes testés par la Russie. C'est pas nouveau.

Je vais vous raconter une anecdote personnelle. Il y a quelques mois, j'étais à Vilnius en Lituanie pour une conférence sur la sécurité européenne. Je ne savais pas si je pourrais repartir de Vilnius le soir où mon départ était prévu ou même le lendemain parce que depuis la biélorussie voisine qui est évidemment contrôlée largement par en tout cas très proche de la Russie, il y avait des ballons qui étaient envoyés vers l'aéroport de Vinus qui du coup était fermé. ce genre de d'événements euh les pays qui sont euh sur le flanc est de l'Union européenne les vivent beaucoup plus souvent que nous.

Mais même nous à l'Ouest, le Royaume-Uni, la France en particulier, mais aussi l'Allemagne euh qui sommes les pays les plus actifs, nous vivons ce genre de Alors moi je parle de test, je pense aussi que c'est quelque part que nous sommes testés mais des tests pour pour aller où ? Pour mener à quoi ? a dit récemment Vladimir Poutine a lancé la 3è guerre mondiale.

Il va trop loin quand même ce sont des messages et des tests qui doivent nous amener très calmement à nous renforcer, à nous réarmer justement pour empêcher un conflit. Euh moi ce que je dis toujours, c'est que surtout à nos concitoyens qui à juste titre sont un peu inquiets de cette ambiance, c'est que c'est justement pour dissuader un agresseur éventuel pour empêcher la guerre. que tout ceci nous doit nous amener à nous réarmer et pas seulement nous réarmer matériellement mais nous réarmer aussi dans les têtes.

Regardez, vous l'avez dit dissuadé, vous avez rappelé Camille la citation de Zelenski he sur la trisème guerre mondiale. Lundi, l'île longue, le président dont vous avez été vraiment le proche conseiller doit prononcer un discours important, voire très important sur la dissuasion nucléaire française, la bombe atomique, quoi. Euh qu'est-ce qu'on peut attendre de de ce discours ?

Alors là euh franchement je ne pourrais pas vous le dire parce que c'est vrai que j'ai travaillé avec le président de la République mais entre 2017 et 2019 et c'est français c'est un domaine extrêmement sensible. Ce qu'il faut savoir c'est que les chefs de l'État français euh Emmanuel Macron comme ses prédécesseurs à intervalle plus ou moins réguliers font des discours de doctrine pour présenter la politique de dissuasion nucléaire. Et évidemment aujourd'hui, c'est un domaine que l'on regarde de près parce que depuis longtemps dans notre doctrine nucléaire telle qu'elle est établie par les discours des chefs de l'État et nous allons donc écouter lundi ce nouveau discours, nous avons toujours dit que les intérêts vitaux de la France ne s'arrêtaient pas aux frontières à la France.

Et le l'élément nouveau, vous avez entendu ce qui a été dit par le chancelier allemand, c'est que ce dialogue que nous avons proposé depuis longtemps est maintenant euh accepté, ce qui est nouveau. Mais euh mais politiquement en France, c'est extrêmement sensible. Oui.

Mais parce que on certains peuvent faire croire que la dissuasion nucléaire va échapper au pouvoir national. Mais c'est pas du tout le cas. C'est évidemment pas le cas.

Mais les Allemands désormais pourraient être intéressés, c'est-à-dire par une telle évolution. Je ne sais pas, c'est ce qui est en tout cas par par une une discussion, mais tous ces affaires sont tellement sensibles que je crois que en tout cas moi je me tiens à cette règle, il faut surtout pas commenter ce genre de de domaine sans être vraiment tout à fait précis et tout à fait certain. Donc attendons ce discours.

On le disait, vous avez été pendant longtemps l'ambassadeur de France aux États-Unis. Donald Trump qui semble quand même résister à beaucoup de difficultés à l'intérieur de son pays, il y en a une peut-être qui va être difficile pour lui à gérer, c'est l'affaire Jeffrey Epidstein. On a le sentiment que là, il y a peut-être les taux qui se resserrent autour de lui.

Vous qui connaissez bien les États-Unis, la population américaine, c'est en effet un dossier qui peut largement le le fragiliser. Les informations d'aujourd'hui, ce serait le le FBI qui aurait peut-être essayé de de protéger le président américain, de cacher certains dossier ? Je crois je crois il s'agit pas tellement du FBI, mais du ministère de la justice qui a publié certains dossiers et pas tous les dossiers et donc ça alimente des soupçons effectivement que il aurait gardé des dossiers qui pourraient gêner tel ou tel.

En fait, le problème est double dans l'opinion américaine, c'est évidemment euh la possibilité pour les démocrates, d'autant plus que euh le couple Clinton est maintenant entendu aujourd'hui et son mari de Minton. On peut dire que c'est pas bon pour les démocrates parce que c'est un président démo un ancien président démocrate. Mais en fait les démocrates disent bah voyez eux ils jouent le jeu.

Mais le problème pour le président Trump vient aussi de son propre camp parce que ces partisans y compris une partie de l'EL Maga avait vraiment demandé toute la transparence. Donc c'est vrai que c'est un dossier euh sensible est-ce que ça pourrait son talon d'Achile mais on sait pas moi je ne sais pas vous dire ce ce que et est-ce que ça pourrait l'inciter à faire diversion ailleurs par exemple à Cuba, par exemple en Iran, voir au Groenland de nouveau demain ça pourrait le pousser à et ce serait le mot de la fin cette en tout cas le président Trump dans son discours sur l'état de l'Union évidemment n'a pas mentionné ce dossierstein par contre il a voulu aussi montrer parce que il faut aussi penser à ces dossiers très importants pour les Américains. qu'il avait agi pour le pouvoir d'achat et pour la sécurité contre l'immigration illégale.

Merci beaucoup Philippe Étienne d'avoir été notre invité ce soir. Merci Henri Vernet d'avoir été à mes côtés. Dans un instant, c'est les informés.

L'ancien ambassadeur de France aux États-Unis Philippe Étienne est l'invité de "Tout est politique" — Philippe Etienne · Pourquijevote