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speechyoutube.com· 28 octobre 2022 9 min

Discours d'ouverture - Yael Braun Pivet - Présidente de l'Assemblée Nationale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Yaël Braun-Pivet

Mesdames et messieurs les députés, chers collègues, mesdames et messieurs, merci chère Caroline et cher Charles d'avoir conçu et organisé cette matinée de discussion aussi passionnante que nécessaire. Vous avez su trouver les mots justes, parler de renouveau démocratique, c'est déjà regarder la réalité en face et faire un constat qui doit collectivement nous mobiliser. Notre démocratie a besoin d'un nouveau souffle. Les indicateurs sont alarmants. Le taux d'abstention au second tour de la dernière élection présidentielle a été le plus haut depuis 1969.

Et la participation au scrutin de juin dernier montre que pour la deuxième fois de notre histoire, les électeurs ont été plus nombreux à s'abstenir qu'à prendre part aux législatives. Selon le dernier baromètre de la confiance politique publié en juin dernier, 68% des Français éprouvent un sentiment négatif vis-à-vis des politiques. Cette situation nous concerne tous, quelle que soit notre sensibilité. C'est pourquoi je salue la volonté de Caroline Janvier et de Charles Fournier de construire cette matinée de manière transpartisane. Je me félicite ainsi de voir des députés de tous les bords politiques et qui vont s'enrichir mutuellement de leur expérience.

Malgré les divergences, nous sommes animés d'une même volonté de renouveau démocratique dans un objectif commun, l'intérêt général. Si cette matinée d'échange compte autant pour moi, c'est aussi parce qu'elle fait écho aux orientations que j'ai souhaité donner à ma présidence dans un contexte politique singulier qui appelle de lui-même un renouveau dans nos méthodes. L'Assemblée nationale n'a jamais été aussi représentative des Français qu'aujourd'hui. La diversité des groupes constitue pour moi une incitation permanente au dialogue dans la recherche du compromis. C'est tout l'esprit de la méthode de travail que j'ai proposée en juillet dernier à la Première ministre.

Car nos co-citoyens ont besoin que nous fassions preuve d'écoute, de volonté politique, de créativité. À nous de trouver les moyens de leur donner satisfaction. C'est le sens de notre mandat. Je crois même que c'est l'essence de notre engagement. Et il nous faut aller plus loin. Parce que l'Assemblée nationale, on le dit souvent, est le cœur battant de notre démocratie. Elle est la maison des Français. Et l'une de mes priorités est d'en ouvrir grand les portes. Les ouvrir à la culture. Et nous avons installé dans la cour d'honneur une sculpture de prune nourrie que le public a pu admirer pour la première fois lors des nuits blanches.

Avec la création d'un badge artiste qui permet aux dessinateurs de s'installer en tribune dans l'hémicycle pour croquer notamment nos questions au gouvernement. ou encore avec un spectacle que nous avons offert ici sur simple inscription lors de la nuit du droit avec Jean-Louis Debré. Ouvrir les portes, c'est aller bien évidemment au-delà de cela. C'est aussi encourager l'échange avec les citoyens sur des problèmes de fond. Et j'ai le plaisir de vous annoncer que des débats publics ouverts à tous auront lieu tous les deux mois, ici même, à l'hôtel de la Sède, dans cette galerie, sous le label « L'Assemblée des idées ».

Le premier sur le thème de l'accès au logement se tiendra le 15 novembre prochain. Et j'espère vous y voir nombreux pour échanger sur ces thèmes cruciaux qui conditionnent l'avenir de notre société. J'ai également décidé d'augmenter de 40 000 places les créneaux de visite au Palais Bourbon. Et désormais, c'est également une nouveauté, l'inscription pourra se faire directement en ligne sur le site de l'Assemblée nationale sans nécessairement passer par l'intermédiaire de son député. Donc cela ouvre des visites individuelles à tout moment. Et je sais que c'était une demande de nombreux d'entre vous.

Et je profite pour saluer ma chère Paula Forteza, que j'ai vraiment le plaisir de revoir devant moi. Mon objectif, c'est d'arriver à 1 million de visiteurs. Nous en sommes à 150 000, donc inutile de vous dire que le chemin est long, mais j'ai 5 ans pour l'arpenter. Et j'espère vraiment que cette ouverture de l'Assemblée permettra à nos concitoyens de mieux la connaître et par là même de mieux l'aimer et peut-être de participer davantage à l'élection de leurs représentants qui y siégeront. Mais vous savez, moi, je suis issue du monde associatif et dans le monde associatif, on pratique beaucoup l'aller vers.

Donc il ne suffit pas d'ouvrir les portes de notre institution pour faire en sorte que les citoyens y viennent davantage, mais nous devons aller vers les citoyens. à leurs rencontres et notamment vers ceux qui sont les plus isolés, les plus éloignés de l'action publique. Il faut évidemment le faire à bon escient et confronter à cette méfiance que nos concitoyens ont vis-à-vis des institutions. Nous devons remettre en cause nos méthodes d'action, réfléchir aux bonnes méthodes d'approche et d'échange. Pour redonner le goût à la politique, il faut que nous innovions. Et cette recherche d'innovation, elle est au cœur de notre mandat.

Nous devons mettre en place des solutions concrètes pour transformer la vie des gens. Et pour cela, nous ne devons négliger aucune piste. Quelle voie faut-il tracer ? Quels sont les outils qui fonctionnent ? Quel format imaginer pour que nos échanges avec nos concitoyens soient plus fructueux, ici, mais aussi en circonscription ? Comment et de quelle façon pouvons-nous multiplier les consultations citoyennes ? Il faut, à mon sens, mettre ces choses-là à plat en nous questionnant sur ces outils de démocratie représentative, mais également sur les outils de démocratie participative. Je ne les oppose jamais. Elles se complètent. Nous ne devons pas avoir peur les uns des autres.

Nous devons surtout nous faire confiance. C'est ce que, souvent, on nous dit quand on se pose la question « Comment retrouver la confiance des citoyens, nous, hommes et femmes politiques ? » Et je crois que la 1re réponse, c'est d'abord de faire confiance à nouveau pleinement aux citoyens. Et les outils, justement, de démocratie participative nous permettent de manifester cette confiance à l'égard des citoyens de notre pays.

Donc le grand débat national, la Convention citoyenne pour le climat et bientôt la Convention citoyenne pour la fin de vie montrent qu'il est possible d'avancer, de se renouveler et de montrer que nos concitoyens aspirent à être davantage associés à cette décision et à l'action publique en dehors des échéances électorales. Et donc ce dialogue, toujours fructueux, doit être, à mon sens, de plus en plus encouragé, développé. Et nous avons un rôle à jouer, évidemment, avec ceux qui travaillent sur ces sujets, le laboratoire de démocratie ouverte, toutes ces expériences et les expériences étrangères, bien sûr, doivent nous inspirer.

Donc je forme le jeu, le vœu, que cette législature qui s'ouvre change quelque peu le regard des citoyens sur la vie politique. L'histoire nous l'a montré, la démocratie est capable de se remettre en question, de se réinventer. Une nation, cela n'abdique pas. Pourquoi ? Parce que cela se renouvelle. Le vote est toujours à recommencer. C'est Victor Hugo. Nous aimons le citer dans ces lieux. Et je pense que, plus que jamais, nous ne délibérons plus, comme au temps de la Convention de la Troisième République, nous avons accepté le référendum, la démocratie locale, la démocratie européenne. Nous devons l'approfondir, nous devons la renouveler. Un renouveau est possible.

Et je dis même qu'il est nécessaire. Car nous savons que, lorsque la démocratie vacille, c'est la nation qui se perd. A nous d'agir, à nous d'inventer les voies nouvelles de la démocratie. A nous de faire vivre ensemble la République de demain. A nous d'agir,

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