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interviewBFM TV (sur YouTube)· 28 avril 2025 21 min

Islamophobie: l'interview en intégralité du recteur de la Grande Mosquée de Paris

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'info du jour, c'est donc cet auteur présumé du meurtre d'un fidèle musulman dans une mosquée du gare qui s'est donc rendu à la police italienne après 2 jours et demi de caval. On va en parler dans un instant avec tous mes invités présents autour de cette table. Pauline Revenna, bonjour.

Chef du service police justice de BFM TV, Joseph Agostini. Bonjour. Psychologue clinicien psychanalyste Guillaume Tabar.

Bonsoir éditorialiste politique au Figaro et puis monsieur Chemsedine Affice, bonsoir le recteur de la grande mosquée de Paris. Merci beaucoup monsieur le recteur d'être avec nous. D'abord on va prendre justement la direction de l'Italie plus particulièrement de Pistoya où se trouve Hugo Smag, notre envoyé spécial avec Jean des Rousseau présent sur place.

Bonsoir Hugo. Est-ce qu'on en sait un peu plus sur les derniers jours justement de cette cavale de ce suspect ? Et bien, nous avons rencontré son avocat italien.

Effectivement, il nous a expliqué qu'il était arrivé en Italie par le train. Il est venu à Pistoya priori samedi soir. Il est venu à Pistoya qui est à quelques dizaines de kilomètres de Florence parce que c'est ici que une de ses tantes habite.

Il est arrivé donc samedi soir et le dimanche matin et bien me disait-il, c'est sa tante qui lui a posé des questions, qui lui a demandé pourquoi il était venu. Elle n'était pas au courant du fait qu'il était recherché en France. Il lui a alors avoué avoir commis un meurtre en France et c'est là qu'elle l'a enjoint venir se rendre à la police italienne ici au commissariat central de Pistoya.

Et donc hier vers 22h accompagné d'un avocat que la famille connaissait. Ils se sont rendus ici dans ce commissariat. Cet avocat, on lui a parlé, nous a expliqué que c'était un homme très silencieux, qui avait l'air confus, qui ne se rendait pas forcément compte de ce qu'il avait commis en France.

Désormais, il y a plusieurs étapes encore. Pour lui. Il devrait être présenté à une cour de justice dans les prochains jours à Florence qui va lui demander s'il est d'accord pour retourner en France.

D'après son avocat, a priori, il ne va pas s'y opposer. Il rentrera à ce moment-là en France rapatrié et il sera présenté à un juge d'instruction qui a été désigné sur cette affaire ce matin. Merci beaucoup Hugo Smag avec Jean des Rousseau depuis Pistoya en Italie.

Alors justement Pauline, on entendait à un instant, visiblement le suspen va pas s'opposer à son retour en France. Concrètement, ça veut dire qu'il est de retour en France dans combien de temps ? Il est de retour en France dans quelques jours ou quelques semaines.

Il y a une audience qui va avoir lieu en Italie. Là, il va donner sa position de principe. A priori, il ne veut pas s'opposer.

Il va rentrer donc via les accords, il va être remis aux autorités françaises et il va aller directement dans le bureau du juge d'instruction. le juge d'instruction, on va avoir un interrogatoire de première comparaison et une très probable mise en examen. Ce qui est intéressant, c'est de voir dans quel état il va se présenté devant ce juge d'instruction français et s'il sera en état psychologique psychiatrique de pouvoir comparaître.

Et dans le cas échéant, s'il n'est pas en état, et bien alors il y a un collège d'experts de toute façon qui vont l'expertiser pour savoir si il est accessible à une sanction pénale et s'il peut aller en détention provise. Oui, parce que quand il arrive, comment ça se passe ? Il y a un plusieurs psychologues qui l'examinent à ce moment-là avec le procureur.

Comment ça se passe ? Oui. Euh mais ça prend du temps, c'est-à-dire qu'on va d'abord étudiertam d'abord le mettre en examen effectivement d'une part et puis ensuite c'est évidemment hein le discernement qui va être étudié, savoir si au moment des faits et bien il était sous l'emprise d'un délire euh qu'il soit d'ailleurs paranoïque ou schizophrène.

Ça c'est encore mais en tout cas un état psychotique ou bien si c'est vraiment de son fait hein qu'il a attenté au jour de de sa victime. Alors, on voit justement les détails sur ce profil d'Olivier à hauteur présumé 20 ans, Pauline, nationalité française d'origine bosnienne, inconnue jusqu'alors des services de police et de justice. Les premiers éléments après le fait qu'il soit rendu à la police italienne, on n' pas appris, est-ce qu'on appris des choses supplémentaires ou pas sur sur son profil ?

Alors, on apprend que il est arrivé en Italie sans carte d'identité, sans couteau, donc il y a pas l'arme du crime et sans téléphone portable que ensuite il rentre en contact avec les membres de sa famille qui réussissent à le raisonner et à le ramener devant ce commissariat central là où il s'est rendu. On apprend aussi via son avocat qu'il dit ne pas avoir agi par racisme ou en région de la religion alors que le parquet lui a ouvert une enquête une information judiciaire. Voilà.

Mais euh ce qui est intéressant, c'est que voilà euh lui dit que il a tué la première personne sur laquelle il est tombé. Alors il va falloirf un petit peu plus nous expliquer parce que d'abord c'est dans une mosquée. C'est un lieu qui n'est pas euh neutre si je puis dire.

Et puis il y a cette vidéo abominable que moi j'ai pu visionner et que je vous conseille pas du tout de visionner mais dans laquelle il insulte la personne, il insulte le le Allah. Exactement. Dieu.

Et donc ça c'est intéressant et c'est retenu euh par l'institution judiciaire. Monsieur le recteur de la grande mosquée, est-ce que quand vous avez appris ce matin qu'il s'était rendu à la police italienne, vous avez ressenti une forme de soulagement parce qu'on a senti l'émotion énorme que ça a provoqué dans la communauté musulmane à juste titre ? Absolument soulagement mais en même temps beaucoup de réflexion pour la famille.

Moi je pense beaucoup à la famille. Tout à l'heure, j'étais au téléphone avec le frère donc d'Abou Baker qui sont en train de vivre un véritable drame. La la vidéo dont vous venez de parler qui a été visionnée, elle a été largement diffusée.

Donc la famille a pu y avoir accès et puis nous sommes tous atterrés parce qu'il se déroule dans une mosquée, dans un lieu de culte au moment où le jeune Abouak va se prosterner. Donc c'est vraiment un moment, je dirais religieux très intense pour lui. Et donc effectivement la communauté aujourd'hui musulmane, la communauté religieuse de musulmane de France est effectivement à la fois atterrée mais beaucoup en colère aussi.

Et je crois qu'il est nécessaire pour la France de pouvoir entendre cette partie de je dirais de de la nation française parce que depuis très longtemps il y a de la tristesse, de la colère et aujourd'hui il a fallu un drame de ce type pour que nous puissions aujourd'hui en parler ouvertement. C'est vraiment pour la première fois qu'on parle de manière tout à fait libre de de cette situation. On a toujours essayé de cacher la haine et les actes antimusulmans.

Pour vous, on a caché pour vous. On a cherché à la cacher. Ah oui, bien sûr.

On a en tout cas chercher en permanence à minimiser. Il y a aujourd'hui deux points et de mesure. C'est clair.

À chaque fois qu'il s'agit d'un musulman, je le dis très calmement, à chaque fois qu'il s'agit d'un musulman, il y a toujours un suspect. Et pour vous, il y a deux je je vous arrête une seconde, monsieur le recteur. Pour vous, il y a deux poids de mesure en France.

Vous nous dites quoi ? à vos yeux un citoyen français de confession musulmane est un citoyen de seconde et moins bien traité que les autres. C'est ça que vous dites.

Absolument. Absolument. Je le dis, je le maintiens, c'est peut-être fort, mais en même temps, depuis des années que l'islam, les musulmans sont devenus euh je dirais le prétexte à tout ce qui se passe en français à cause des musulmans.

Bah ça, je ne sais pas, je ne suis pas là pour accuser, je ne suis pas un procureur de la République. Je suis recteur d'une institution où j'entends tous les vendredis des fidèles qui viennent apeurer. Aujourd'hui encore, si vous voulez, les gens ont peur.

Il n'y a aucune protection des lieux de culte musulman. Le ministre de l'intérieur hier soir a annoncé qu'il renforçait. Il fallu il a fallu qu'il ait ce drame.

Il a fallu qu'il y ait un jeune de 22 ans qui a été assassiné de la manière la plus crapuleuse. Et quand le la personne était en train de lui assainer des coups de couteau à une avec une force avec une haine, à ce moment-là, aujourd'hui on y pense. Je suis à la mosquée de Paris, je reçois entre 15 et 20000 fidèles tous les vendredis.

Vous diriez qu'il y a eu un défaut de protection de la France envers les citoyens français-musulmans ? Absolument. Absolument.

Il y a aujourd'hui et j'espère que cette mort ne sera pas. On est en train de actuellement c'est l'émotion mais il faut qu'on fasse des propositions. Il faut qu'on regarde l'avenir ensemble.

Nous sommes tous des citoyens français et je peux vous assurer que les musulmans de France sont à l'évidence de vrais français. Vous savez ce jeune malien ? Pensons à ses grands-parents, pensons à aux 80000 maliens qui sont morts pour la France, qui ont construit une partie de la France.

C'est ces Maliens aujourd'hui voient que leur petitfils a été assassiné de la manière la plus terrible. Ben moi, je crois qu'aujourd'hui et j'espère que ça sera pour nous un avenir. Il faut qu'Abou Bakr ne soit pas mort pour rien.

Moi, c'est l'appel que je fais, je ne cherche à condamner personne. Mais aujourd'hui, je crois que malheureusement avec un discours extrêmement décomplexé aujourd'hui. Mais qui tient, on va se parler franchement, qui tient ce discours décomplexé à vos yeux.

Écoutez certains médias, certains hommes politiques qui comme homme politique, je ne vais attendez je vous m'avez pas invité aujourd'hui pour jouer l'accusateur mais je vous dis. Vous êtes pas quelqu'un qui fait de la langue de bois. C vous le savez pertinemment aujourd'hui tous les programmes politiques, vous n'avez pas vu les dernières élections présidentielles tout tourn autour de l'islam.

Nous sommes des personnes qui ne sommes pas français. Moi personnellement, on a toujours à un moment donné ce on s'est posé des questions. Je peux vous donner des articles qui me concernent à moi.

Je Sédinafil, recteur la grande mosquée de Paris. Il est pas vraiment français, il est plutôt algérien. Non.

Oh, depuis quand on nous traite de la sorte ? On a déjà parlé d'Éric Sioti comme quoi il était italien. On a jamais dit qu'Eroti était italien ou Strosin.

Vous dites quoi ? Les politiques nous mettent une cible dans le dos ? Oui, pas uniquement les cibles.

Les médias aussi ont une part de responsabilité. Je suis désolé, je dois vous le dire. Je suis venu pour le dire et j'espère encore et encore une fois je n'accuse personne c'est pas grave l'essentiel c'est qu'on travaille ensemble c'est que les français on vous donne la parole justement pour exprimer absolument je vous remercie et je crois aujourd'hui que cette mort doit servir à cela à reconstituer le tissu social le tissu social aujourd'hui était fracturé totalement au président de la république qui a dit aujourd'hui en conseil des ministres nous sommes derrière Chaque français, il faut un discours ultra républicain et ne laisser aucune place au communautarisme.

Qu'est-ce que vous appelez ? Qu'est-ce que vous dites au président de la République ? J'ai déjà parlé avec monsieur le président de la République et hier j'ai je me suis entretenu à deux reprises avec Bruno Rota.

Je leur ai dit aujourd'hui depuis longtemps les musulmans attendaient que vous puissiez les regarder et et les considérer comme des citoyens à partent. Bruno Rotaillot, le ministre de l'intérieur. Est-ce qu'il est allé trop tard sur place ou pas à vos yeux ?

Je sais pas. Je connais pas son agenda. il était avec moi euh à à Rome pour la la les obsèques du pape.

Je ne connais pas son agenda. Il a été trop tôt, trop tard. Moi-même j'étais j'étais en Italie.

Nous avons eu l'information le vendredi. OK. Après, qu'est-ce qui s'est passé ?

J'en sais rien. Mais je sais que dimanche matin, il a été pour moi, c'est l'essentiel. C'est le ministre de l'intérieur.

C'est le gardien de la cohésion de la République. Il a fait cet acte républicain, il est arrivé là-bas, il a pas pu aller jusqu'à la mosquée. Moi, je me suis entretenu avec lui.

Je me suis entretenu avec son directeur de cabinet. Je leur ai donné les coordonnées du président de la mosquée qui les attendait. Après, je ne vais pas analyser chaque phénomène parce qu'il y avait la marche blanche en même temps.

Exactement. Et que la mère n'était pas là. La mère de la n'était pas là.

Donc moi aujourd'hui, j'espère que monsieur Rota que ce soit dans sa campagne pour pouvoir être président de LR qu'en tant que ministre de l'intérieur, il prend en considération la parole des musulmans. Les musulmans sont des citoyens à part entière. Nous sommes musulmans mais avant tout nous sommes citoyens de la République et nous revendiquons cette qualification de citoyen de la République.

Guillaume, si le président de la République lui-même, ce qui est pas toujours le casin, euh prend la parole au début du conseil des ministres pour revenir entre les nines sur ce qui s'est passé effectivement ces derniers jours, est-ce que ça veut dire qu'en France effectivement il y a un de poids de mesure et que les citoyens français de confession musulmanes sont des citoyens de seconde zone ? J'entends très bien ce que dit monsieur le recteur et c'est vrai vous vous êtes là un peu comme l'expression de la communauté musulmane en France des Français des Français musulmans et il y a pas besoin de souhaiter que Bruno Rotaillo le dise. Il l'a déjà dit il l'a redit que tout français musulman é un français au même titre que les autres à part entière qu'il n'y a pas de différentes catégories de français.

C'est vrai pour toutes les pour toutes les communautés religieuses. C'est vrai pour toutes les les religions. Moi, je crains que s'il y a un deux poids de mesure, il ne soit pas de ce côté-là.

Euh vous parlez d'un discours qui euh euh qui montrerait du doigt les musulmans, qui les stigmatiserait et cetera. Euh je pense qu'il faut distinguer deux choses. Le regard sur les musulmans de France, l'ensemble des musulmans de France, les 5 ou 6 millions de de musulmans qui français et un discours politique qui vise à alerter sur les dangers de l'islamisme qui pointe le lien qui peut y avoir entre euh entre une immigration mal contrôlée et une forme de délinquence.

Ça, ce sont des des constats politiques qui ne visent pas personnellement les musulmans. En revanche, même si ce débat, on le voit est au cœur y compris. Vous parliez de la compagnie hier, par exemple, Laurent Vquet dit il faut qualifier les frères musulmans d'organisation terroriste.

Précisément, je pense que c'est protéger l'ensemble des musulmans de France que de pointer la responsabilité de certains. J'imagine que vous-même vous ne reconnaissez pas les frères musulmans comme étant l'expression des musulmans de France. J'espère que le les propos que vous venez de tenir soient aussi clair également lorsque les hommes politiques parlent.

Oui, malheureusement Malheureusement c'est toujours de manière ambigue, vous savez, j'ai été le premier à dénoncer le terrorisme islamiste. J'ai fait un manifeste contre le terrorisme islamiste. Aujourd'hui, dans la bouche de certains hommes politiques, dans la bouche de certains médias, je suis un islamiste.

On m'a si on m'a fublé à un moment donné du titre de de chef des frères musulmans. Donc tous ces amalgames font mal à la communauté musulmane. Et j'ai même dit et j'ai même dit, excusez-moi, monsieur Tabard, j'ai même dit que il ne faut pas prendre et essentialiser les musulmans de France lorsqu'il y a des actes qui sont commis par des gens au long de l'Islam.

Vous croyez que ça me fait plaisir ? Lorsque tous les actes terroristes qui ont été commis ces dernières années l'ont été fait au nom d'Allah, c'est bien évidemment qu'on rejette tout cela. Mais si les hommes politiques le le soualier, c'est pas être antimusulman que quand vous le dites vous, je l'entends et je l'accepte.

Mais reconnaissez quand même que certains hommes politiques ne sont pas Oui. Mais non, je que on parle justement on parle de des respons politiques. Euh les insoumis ont organisé une manifestation théoriquement pour dénoncer l'islamophobie.

Bon mais sous couvert d'islamophobie on exclut un député sous prétexte qui représentait le parti sioniste. Monsieur monsieur Tabar d'abord d'abord puisque vous parlez de Jérôme Gon qui a été exclu de c'est c'est anormal ce qui ce qui lui est arrivé. Moi personnellement, je le dénonce et en même temps, j'ai toujours, vous pouvez reprendre mes écrits, j'ai toujours dénoncé l'instrumentalisation de notre communauté.

Chacun essaie à un moment donné de s'accaparer. Bien évidemment que je ne souhaite pas aujourd'hui que certains hommes politiques en faisant mine de défendre l'islamophobie, d'être contre l'islamophobie, de pouvoir aujourd'hui instrumentaliser. Ça veut dire quoi ?

Pour vous, Jean-Luc Mélenchon n'est pas le meilleur défenseur des musulmans de France. Écoutez, les hommes politiques restent à leur place. Vous savez, moi je suis dit quoi Jean-Luc Mélenchon ?

Moi, je suis venu sur un plateau de télévision lorsque j'entends Éric Zémour me faire des exégèes sur le courant. Je trouve ça insupportable. Quand Bruno Rotaillou en meting dit à bas le voile, qu'est-ce que vous dites ?

Bah écoutez, moi je l'ai dit déjà que le voile ne devait pas exister en France aujourd'hui. Donc vous êtes d'accord avec Bruno Rotaillot là-dessus ? Enfin, vous allez me dire "Je suis d'accord avec Bruno Rota".

Ça veut dire que je suis non pas une question d' ce n'est pas question d'être d'accord ou pas. C'est pas le premier qui l'a dit. Nous l'avons dit.

Nous avons dit que aujourd'hui l'islam l'islam est une religion de la connaissance et de l'instruction. Vous savez en 84 lorsqu'il en en 2004 pardon lorsqu'il y a eu la loi sur l'interdiction des signes ostensibles, la grande mosquée de Paris, mon prédécesseur Dil Boubaker et moi-même, nous étions montés au créneau pour dire une gamine n'a pas à mettre le foulard, elle est là pour aller à l'école et nous le faisons en permanence. En même temps, en même temps, et c'est là où je ne suis pas d'accord avec Bruno Rotaillot, on ne doit pas stigmatiser les femmes qui veulent porter le foulard.

Nous sommes dans un pays de liberté à partir du moment où une femme Oui. Oui. Mais une femme qui ne viole pas la loi, qui est dans un espace public, l'espace public est un lieu de liberté, que la femme puisse le porter comme à l'université, moi je n'y vois aucun inconvénient.

Je n'ai pas à la juger. Monsieur le recteur, revenons-en une seconde à ce qui s'est passé malheureusement ce drame dans cette mosquée du gare. On le disait, l'auteur présumé s'est rendu à la police italienne.

On se pose la question effectivement d'un acte islamophobe. On le disait Pauline, le procureur a ouvert effectivement une information, rappelez-moi pour le le terme prvé par la par la préméditation et par la circonstance à raison de la rage de la religion. Donc le caractère antireligieux est retenu.

Et pourtant, écoutez monsieur le recteur, après je vous redonne la parole ce que dit l'avocat italien de l'auteur présumé de de ce meurtre. Il nit justement cet acte, dit-il antiusulman. Écoutez, la police l'a questionné à propos de ses motivations, mais il était très confus.

Il n'a pas pu confirmer de mobile. Il a dit qu'il avait tué la première personne qu'il avait rencontré. Il n'a pas dit qu'il recherchait une personne musulmane.

Donc je ne sais pas s'il y a une motivation raciste derrière cet acte. Donc il dit que c'est pas son avocat en tout cas dit que s'il ne déclare pas que c'est un acte antimusulman et qu'il a tué la la première personne malheureusement qu'il qu'il trouvait là. J'ai été avocat pendant 40 ans et je pense qu'il y a un minimum quand même de sincérité à voir et c'est dans une mosquée.

C'est on rentre pas dans une mosquée. Euh il y a aujourd'hui le le la la la l'infraction d'assassinat. C'est-à-dire l'assassinat, c'est qu'il y a eu un certain nombre d'actes préparatoires.

Il était là, il est resté à attendre sa proie pratiquement. Donc aujourd'hui, en plus les propos qu'il a tenu au moment où il a saé ses ses coups de couteau, il a pas dit je te déteste ou quoi, il a dit des mots sur le dieu. Donc voilà, c'est c'est quand même extraordinaire et c'est je dirais une forme de défense comme une autre.

Joseph Agostini, comment quand il va rentrer en France euh les psychologues, les psychiatres vont réussir à peser la revendication peut-être antimusulmane ? Et non, non. Et comment comment on fait pour analyser ?

Oui. En se disant est-ce que cela relève ou pas d'un cas psychiatrique ou est-ce que ça relève aussi d'une revendication effectivement antimusulman ou est-ce que ça peut être les deux comment font les psychologues dans ces casl si vous voulez le c'est le la cause religieuse est toujours un support à la paranoï au narcissisme n'exclut pas l'autre l'un n'exclut pas l'autre et c'est soutendu toujours par une idéologie c'est-à-dire que voilà à partir du moment vous savez où on se sent très insécure dans sa vie interne on a tendance s'approjet sur les autres, à choisir un bouqu émissaire, quel qu'il soit, peu importe qu'il soit juif, musulman ou hindou, finalement c'est la haine dont il est question, c'est la haine pure. Reste à déterminer maintenant s'il y avait un discernement, c'est-à-dire effectivement si c'est soutendu par un délire total et si effectivement cette personne n'étaient pas ne distinguait pas finalement la réalité de de l'imaginaire.

Mais là, visiblement, ce n'est pas le cas. C'est-à-dire, il y a véritablement des paroles de haine, il y a véritablement une intention de donner la mort et donc euh c'est euh ça coule de source, quoi. C'est-à-dire que c'est quelqu'un d'aliéné à une idéologie de haine.

Mais en même temps, lorsqu'il a tué, il avait quand même déclaré qu'il allait tuer d'autres personnes. Oui. Oui.

Donc moi personnellement, je pense qu'on aurait peut-être imaginer la piste de l'acte terroriste parce que ça ne suffit pas aujourd'hui et je crois que en même temps, c'est une des mesures à prendre. Qu'est-ce qu'il faut faire justement ? Qu'est-ce que vous nous dites ce soir, monsieur le recteur ?

Qu'est-ce qu'il faut faire pour que les citoyens français de confessions musulmanes se sentent en sécurité en France ? D'abord, il faut prendre des mesures de protection, mais moi je crois que ça ne suffit pas à prendre des mesures pour sécuriser les lieux de culte, mais en même temps, il y a des tas de mesures notamment en direction de la communauté musulmane. Moi, j'ai vu un rapport qui a été établi par l'Assemblée nationale sur la lutte contre l'islamophobie.

Personne en a parlé, pas grand monde. Je sais même pas si vous êtes au courant de ce de ce de ce travail qui a été fait par des députés récemment, il y a à peine un mois, personne n'en a parlé. C'est là où je vous dis que peut-être que on le sent pas, peut-être que nous on est beaucoup plus sensible, mais un rapport sur l'islamophobie, combien d'années, moi personnellement, j'ai demandé à la représentation nationale d'ouvrir un dossier là-dessus ?

Jamais on m'a répondu. Et ça c'est quand même aujourd'hui le terme islamophobie est en train de de d'être l'objet de discussion. Moi j'avais à l'époque avec la Licra, j'avais un accord avec la LICRA, on travaillait ensemble.

On a on a on a organisé une commission de réflexion sur l'étymologie des mots parce que les mots en leur place. On verra on a bloqué sur le terme islamophobie. Merci beaucoup monsieur le recteur d'avoir été notre invité ce soir.