P.J. — Tourisme sexuel | P.J. – LA COLLECTION OFFICIELLE EN DVD — SAISON 3 – ÉPISODE 30 – DVD N° 8
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Mon
frère est mort en janvier 1994 et j'ai quitté Paris peu après depuis j'habite à Bordeaux. Je n'étais jamais revenue sur la tombe de mon frère mais
je
me souviens très bien de l'endroit
parce
que le jour de son enterrement il faisait froid et gris et juste au moment de jeter une fleur sur son cercueil il y
a
eu un grand rayon de soleil qui a éclairé un ange
avec
deux trompettes sur la tombe à côté.
Je
l
'ai
tout de suite reconnu ce matin
mais
la tombe de mon frère a disparu.
Comment
ça a disparu ? D'abord j'ai cru que je m'étais trompée, j'ai refait tout le tour de la division,
j
'étais dans les allées d'à côté, j'ai été chercher le gardien mais il ne
m
'a pas cru.
Il
m'a pris pour une folle je crois. Il ne voulait même pas me laisser consulter le registre. Heureusement que la dame de la conservation était plus gentille.
Elle
m'a noté
l
'emplacement de la concession sur le plan, c'était bien là,
à
côté de l'ange, mais il n'y
avait
plus rien, plus rien du tout.
C
'était que des graviers, je n
'ai
même pas pu laisser les fleurs.
Quand
vous avez déménagé, le monument funéraire était déjà en place
?
Oui. Est-ce que d'autres membres de votre famille ont été visiter la tombe récemment ? Oh ma famille
! Quand
Étienne est tombée malade, il a voulu que personne ne le sache. Il m'a fait jurer de garder le secret.
C
'était son choix et je l'ai respecté
mais... Même
si c'était un fardeau terrible, surtout avec ma mère.
En
réalité, elle préférait ne pas savoir qui était vraiment son fils.
C
'était plus facile si c'était de ma faute.
Depuis
on ne
se
parle plus.
Et
vous avez gardé les papiers des absèques
? Tout
ça est à Bordeaux maintenant. Vous vous souvenez s'il y avait un descriptif précis du monument ? La facture du marbrier par exemple
? La
facture
?
Non.
Pour
le marbrier,
on
s'est arrangé directement.
En
liquide
? Une
belle dalle,
c
'est 35 000 francs, je n
'avais
pas les moyens, il me
l'a
fait à moitié prix. Dans votre souvenir, elle était comment cette dalle ? Un granit gris, avec des reflets plus clairs, presque brillants. Et les inscriptions ? T'es gravée sur une stèle
?
Ah non, directement sur la pierre, des lettres dorées, classiques, juste le nom puis les dates. J'avais fait rajouter une phrase aussi. Ni avec toi, ni sans toi. Étienne répétait tout le temps ça à la fin.
C
'était une réplique de son film préféré.
Vous
vous souvenez du nom de l'entreprise, des pompes funèbres
? Au
-delà.
Avec
un thé, ça s'invente pas.
C
'est le magasin juste en face du cimetière.
Je
vous remercie, madame.
Nous
allons enquêter, nous vous tiendrons au courant. N'oubliez pas vos fleurs. Merci.
Au
revoir.
Au
revoir, madame. Au revoir. Pourquoi t'as pas creusé un peu plus l'histoire du cash avec le marbrier ? T'es gentille, là, tu viens pas m'apprendre mon boulot. Cette femme, je trouve que c'était vraiment pas la peine de l'enfoncer.
Mais pourquoi
tu me parles sur ce temps
? Mais
vous pouvez regarder quand même,
hein
?
C
'est ici, Meurteau
? Oui,
c'est bon, posez ça là. Oui, oui, je patiente.
Une
petite signature, s
'il
vous plaît.
Comment
vous les avez pas
? Mais
hier, vous m'avez dit que vous les auriez ce matin.
Bon,
cet après-midi, vous êtes sûr
? Non,
non, je vous rappellerai, moi.
Ben
dis donc, vous allez avoir l'air de pingouin ce soir, ça va pas être triste. C'est pas tous les jours qu
'on
marie le commissaire, non plus. Comment il va, le jeune marié
? Il
a le trac.
Quand
il a le trac, il est chiant.
Ça fait
8 jours qu'il est patron avec des pincettes.
Tiens,
donne-le-moi, je vais le mettre au vestiaire.
Merci. Ça
doit bien vous aller, à vous, le costume.
Je
vous promets de le mettre pour le bête, hein
? Dites
pas ça, ça porte malheur.
Ben... Ben,
les médecins disent que je suis un terrain à risque. Et là, j'attends les résultats de la moche synthèse, je devais les avoir hier.
Ça peut
rien dire. Ouais, peut-être, mais ça traîne et ça m'énerve.
Si
le patron est dans son bureau, il voudrait vous voir. Bonjour. Bonjour, je voudrais voir un inspecteur, s'il vous plaît. Oui, c'est pour quoi
?
Voilà, je tiens le photominute de la rue Martel. Et hier, en triant les vieux travaux, j'ai trouvé ça. Montrez-moi.
Capitaine
Fournier.
Quand
les clients ne viennent pas chercher leurs photos,
au
bout d
'un
an, on les détruit.
Ça
arrive souvent
? 5
% des dépôts, à peine. Tous les ans, je fais le ménage, mais avant de jeter les photos, j'aime bien les regarder.
On
voit tout, des baptêmes, des petites amies, des vacances à la mer.
D
'habitude,
c
'est plutôt bon enfant. Ce qu'il y
a
de bizarre pour ce genre de photos,
c
'est qu'elles ont été faites avec un appareil jetable.
On
ne peut pas les développer chez soi
? C
'est pas fait pour. Enfin, avec un bon matériel, tout est possible. C'est votre écriture, là
? Oui,
mais Choiszel, ça
ne
me dit rien.
Vous
pouvez vérifier si vous n'avez pas eu des règlements par carte bancaire au nom de Choiszel depuis l'année dernière ? Oui, je vais regarder.
Je
ne
sais
jamais, il
n'a
peut-être pas payé en liquide.
Vous
nous appelez si vous trouvez quelque chose
?
Merci.
Au
revoir. Au revoir.
Qu
'est-ce qu'on fait ? On cherche dans le quartier
? Ce
qui m'étonne, c'est qu'il ait filé ses pellicules dans un labo minute, c'était prendre des risques. C'est peut-être pas un pro. Alors, on a une chance de le retrouver. On va voir avec les mineurs s'ils n'ont pas un Choiszel fiché pour pédophilie. Et votre plaignante, là, elle vous semble crédible ? Tout ce qu'il y
a
de plus sensé. Une pierre tombale, ça disparaît pas comme ça, tout de même. Le marvrier s'est fait payer au black.
C
'est peut-être une piste.
Et
du côté du cimetière, il n
'y a
pas d'affaires de secte, de profanation ? Je vais demander à Mathieu de vérifier et on va aller faire un tour sur place. Entrez.
C
'est quelqu'un de votre famille. Alors, Henri, pas trop nerveux
? Ma
belle-mère. Futur Henri, futur, vous n'êtes pas encore au bout de vos peines.
Bon,
on vous laisse patron, il
faut
qu'on file au cimetière. Oui, il
n
'est pas patron. Et pourquoi je ne suis pas au bout de mes peines ? Les alliances.
Vous
les avez oubliées hier soir sur la table. Allez, détendez-vous, Henri, détendez-vous. Je vous assure, tout va très bien se passer. Non, non, mais
je
suis détendu. Simplement, voyez, aujourd'hui, je travaille. Le rendez-vous à la mairie n'est qu'à 17h, non ?
Oui,
Simon a son caractère, c'est certain.
Mais
je vous assure qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter cette fois-ci. Cette fois-ci ? Oui, et
puis
de toute façon, vous êtes solide.
Alors,
le cas échéant, je suis persuadé que vous tiendriez le coup.
Mais
qu'est-ce qui se passe, bon sang ? Racontez-moi.
C
'est une histoire ancienne. Il y a 10 ans, Simon a failli se marier. Seulement, à la mairie,
elle
n'est pas venue.
Elle
avait pris l'avion le matin même pour Istanbul. Mais qu
'est
-ce qu'elle est allée foutre à Istanbul ? Je ne sais pas.
Elle
n'est revenue que trois semaines après.
Vous
savez, elle ne m'en a jamais parlé. Elle n
'avait
pas de quoi s'en vanter, vous vous rendez compte
?
Mais plantez-la avec ce malheureux, il faisait une tête. Non, cette fois, j'ai confiance.
D
'ailleurs, j'ai accepté de venir à la cérémonie. Elle ne me ferait pas deux fois le même coup, quand même. Non, non, ça, j'espère bien, non. Et puis, le mariage,
c
'est un axe social. Vous êtes commissaire. Le commissaire,
ça
connaît beaucoup de monde. Elle sait l'importance que ça a pour vous. Elle vous aime. Elle viendra.
J
'espère.
Vous
cherchez quelque chose
?
Bonjour, monsieur.
Je
peux vous aider ? Vous êtes le gardien ? Oui.
Vous
cherchez quelqu'un ? Dites-moi, mes pensionnaires, je les connais par cœur. Oh, pardon. Dites-moi, monsieur, vous pourriez nous indiquer la tombe d'Étienne Fayard, s'il vous plaît ? Ah, c'est la sœur, c'est ça,
la
folle de ce matin qui cherchait son frère.
Elle
est venue vous trouver. Pourquoi vous dites qu'elle est folle ? Attendez, elle s'imagine quoi ? Qu'on lui a volé sa tombe à son frère
? Une
pierre tombale,
ça
pèse une tonne et demie.
Qui
sait qui aurait volé un truc pareil ? Et comment on fait pour les amener ici ? Avec un camion grue. Ils déchargent dans l'allée,
sur
un binard, un gros machin avec deux roues et une grande planche. On pose les pierres dessus.
C
'est toute une opération. Donc, si on avait enlevé une pierre tombale, vous l'auriez remarqué ? Il y
a
des chances, oui. Et vous n'avez jamais vu travailler une entreprise que vous ne connaissiez pas
? Non,
comme ça, là, je ne vois pas. Et est-ce qu'il
y a
un autre gardien qui surveille cette partie du cimetière
?
Bonjour, Victor. Bonjour, madame Granchet. Non, je suis le seul. Excusez-moi.
Vous
savez, ça fait 20 ans que je travaille dans ce cimetière.
J
'ai tout vu.
À
une époque, on avait même des ponques. Vous vous souvenez
? La
nuit, ils dormaient dans les caveaux. Je ne
vois
pas le rapport. Justement, c'est pour vous dire. Votre soeur Fayard, là, c'est une folle. Croyez-moi, je connais l'histoire par cœur. Des clientes comme ça, j'en ai régulièrement. C'est quoi votre version, alors
?
C'est une fauchée qui a des remords. C'est-à-dire
? Au
moment des obsèques.
Elle
n
'a
pas eu l'argent ou alors, emportée par le chagrin, elle a commandé un mausolée qu'elle n
'a
pas pu payer. Résultat, on a juste coulé une dalle et les travaux se sont arrêtés. Classique. Maintenant, elle a honte et elle se ment à elle-même.
Le
chagrin, vous savez.
Les
gens, des fois, ils perdent la tête. Alors, vous avez logé l'auteur des photos ? Il n'est pas dans le fichier pédophile et il n
'a
pas payé par carte bancaire.
On
a trouvé deux choiseuses dans le quartier d'Oinck et Taveuil.
On
va interroger l'autre. On a prenez du monde, dépêchons-nous. Si on tombe sur le bon client, il
va
falloir faire une perquisition. Bon, d'accord, je veux sa peau, mais je veux aussi me marier aujourd'hui, moi. Patron, il faut faire quelque chose pour les fleurs. Il en arrive encore, ça fait vraiment pas sérieux, là. Ah bon, alors vous n
'avez
qu'à les foutre dans un panier à salade. On mènera tout directement à la fête. Vous n'avez pas de nouvelles de Simone ? Toujours pas. Mais qu
'est
-ce qu'elle peut foutre ? Dites, patron, je voulais vous dire pour ce soir... Vous n
'avez
personne, vous pouvez vous amener, mais je passerai vous prendre, allez. Non, ce n
'est
pas ça,
c
'est que je n
'ai
rien à mettre. Mais vous n'avez qu'à venir comme vous êtes, je vous trouve très bien comme ça. Comme ça, un désir de mariage ? Mais ça va pas, c'est ridicule,
moi.
Écoutez, Nadine, débrouillez-vous, je ne
veux
pas le savoir. À 20h, je passe vous prendre chez vous et je vous embarque comme vous êtes. Allez, maintenant, trouvez-moi Simone et passez-moi dans mon bureau.
Benzo, c
'est Claude.
Tu
sais, j'ai passé à nous en venant ce matin. Il y
a
une agence pas loin du bureau, ils ont des deux pièces à louer, entre République et Bastille, pas trop cher. Ben, je m'emballe pas, c'est toi qu'on a parlé l'autre jour.
Oui,
ben, faut savoir, Renzo, tu veux qu'on habite ensemble ou tu veux pas ?
Bon,
alors, tu m'accompagnes ce soir au mariage
?
Génial. Comment on fait ? Tu passes
mon...
Allô
?
Allô
? Tu
vois, on me dirait, Marie, c
'est
la femme de ta vie, je le croirais.
Je
n'arrive pas à l'oublier.
Tu
crois qu
'elle
voudra encore de moi
? Elle
revient quand
? À
midi, mais je ne vais pas la brusquer.
Je
vais la laisser venir doucement. Madame Choiseul ? Oui
?
Police judiciaire. La police, mon Dieu, mais il est arrivé quelque chose
? Non,
non, c'est une simple enquête, ne vous alarmez pas. Nous voudrions parler à votre mari. Capitaine Fournier. Ben, entrez, je vous en prie.
Je
vais vous proposer un café
? Non,
non, merci, c
'est
grand.
En
quoi puis-je vous être utile
? Les
enfants, s'il vous plaît, vous baissez le son. Merci. Nous faisons une enquête de routine.
Vous
avez fait des voyages à l'étranger l
'an
passé
?
Non.
Je
pourrais voir votre passeport, s'il vous plaît
? Ne
me croyez pas.
Montrez
-nous votre passeport, s'il vous plaît. Merci.
Vous
l'avez fait refaire
?
Il était périmé.
Vous
avez laissé l'ancien à
l
'antenne de police ou vous l'avez gardé
? Je
l'ai gardé, mais je ne
sais
plus très bien où je l'ai rangé avec tous ces papiers, mais nous le chercherons, si vous voulez. S'il vous plaît.
Vous
êtes client magasin de photos rue Martel. Enfin, vous pourriez m'expliquer. C
'est
une simple enquête, on vous l'a dit. Alors la boutique de photos, ça ne vous dit rien
? Mais
laquelle
? Le
photominutre rue Martel.
Pourquoi
je la connaîtrai ? Je ne comprends pas.
Vous
le connaissez, oui ou non
? Non,
je ne le connais pas. Vous utilisez quoi comme appareil photo
? Je
ne
fais
pas de photo.
Quelle
est votre profession
? Je
travaille pour l'éducation nationale.
Vous
êtes enseignant ? Non, charge à admission. Mais pourquoi
?
Bon, ben, ça ira pour l'instant. Il se pourrait qu'on vous demande de passer au commissariat avec l'ancien passeport, aujourd'hui même.
Vous
ne vous éloignez pas.
Enfin,
c'est ridicule.
Je
n
'ai
rien à me reprocher. Alors, vous n'avez rien à craindre.
Vous
n'oublierez pas celles qui sont derrière le comptoir
?
Edine
!
Oh, Marie
! Oh
là
là, est
-ce que c'est beau
!
C'est déjà la fête ici ? Il faut le dire vite, le patron est complètement flippé. Je crois que Simone a disparu. Elle a peut-être changé d'avis.
Est
-ce que finalement, elle n
'est
pas candidate au malheur
? Moi,
un mariage, ça me fait rêver. Deux êtres qui se disent oui pour la vie, je trouve ça...
C
'est pas son troisième mariage, hôtelier
? Oh,
c'est pas une raison. Les vacances,
c'est quand même. J
'avais oublié à quel point c'était bon de décrocher. Marie, je suis content de te voir. Salut. Bonjour. Bonjour. Ça va ? Oui, ça va. Oh, capitaine, le patron veut vous voir dans son bureau, tout de suite.
Il
avait quand même son nom sur la pochette. C'est pas une... Bien sûr. Mais avec plaisir. Allez, à ce soir. Attendez, monsieur le substitut, excusez-moi, mais il
y a
un petit changement. Le dîner, c'est plus à 20h, mais c'est à 21h. 21h, entendu. Oui. Encore un que
je
n
'ai
jamais invité. Comment je vais faire pour prévenir tout le monde que le dîner est à 21h ? Des soucis, patron ? Vous avez les états de service de Choiseul ?
Il
a été prof ? Demain, tu étais très actif.
Il
s'est occupé d'un tas de trucs. Bibliothèque, chorale, jusqu'à sa mutation. Sa mutation
?
Dites-moi, il n'était pas très bien noté.
Vous
croyez qu'il y
a
eu des pépins pendant qu'il était prof
?
Si c'est le cas, c'est monsieur Pomery qui va nous le dire. Monsieur Pomery, c'est le proviseur qui a appuyé sa mutation.
Oui ?
Excusez-moi, patron. Il y a eu un message pour toi. Un certain déroche un photographe.
Des
pierres.
Oui,
des pierres, tu as raison. Il a regardé dans sa compta. Il y a eu huit paiements de carte bleue l'année dernière au nom de Jolie. Il te faxe le détail. Jolie, c'est le nom de sa femme. On le tient. Attendez, jolie, c'est pas lui. Il a peut-être payé avec la carte de sa femme ou elle est peut-être complice ? Auditionnez le proviseur d'abord, il faut accumuler les preuves. Et s'il en profite pour se tirer ? On a Lopez en renfort. Mettez un appartement sur le surveillant jusqu'à ce que vous puissiez l'entendre. Il faut me régler cette histoire aujourd'hui, Fournier.
Parce
que si on place Choiseul en garde-vue, on est bon en plus pour une perquisition. Et moi, je dois me marier à 5 heures. Maintenant, il faut que je trouve la liste des invités. Bon, alors messieurs, laissez-moi.
Je
ne
sais
pas encore maintenant qu'on va bouffer. Ah,
capitaine,
je voulais vous demander.
Je
ne rentre plus dans rien et acheter une robe juste pour une fois, je trouve ça con.
Vous
n'avez pas quelque chose à me prêter
?
J'en ai une en stretch, on peut essayer
?
Je ne
suis
pas chez moi, j'en ai pour 10 minutes. Ok, merci. Alors, ce n
'est plus
un commissariat, c'est une loge de Perrin,
un
soir de premier. Alors,
encore,
mais d'où ça vient tout ça ?
Alors,
le procureur,
la
préfecture de police, la DPJ... Je n
'ai
jamais invité tout ce monde, moi.
Dites
-vous, pouvez-vous essayer d'appeler Simone encore une fois parce que je suis un peu inquiet, là
? Si
c'est un coup de ma belle-mère, elle va m'entendre, celle-là.
C'est
toujours le répondeur.
Non,
mais qu'est
-ce
qu
'elle
peut bien faire ? Je ne
sais
pas, elle est peut-être chez sa mère. Non, non, non, j'ai déjà essayé. C'est contrariant, ça. Monsieur Pomerie
?
Oui
?
Capitaine Fournier.
Chantel. Vous
êtes entendu dans le cadre d'une enquête concernant le changement d'affectation d'un enseignant.
Ce
n
'est
pas moi qui l'énerve. Non, mais vous pouvez appuyer une candidature comme celle de Choiseul, par exemple. Oui, bien sûr.
Pourtant,
il n'était pas si bien noté.
Comment
a
-t
-il fait pour obtenir cette mutation
? D
'abord, il n'était pas si mal noté que cela. J'ai appuyé son dossier, c'est vrai, mais... Je ne me suis pas trompé, d'ailleurs. Il est à la bonne place.
Pourquoi
? Parce qu'il était loin des élèves
? Que
voulez-vous dire
?
Que c'était peut-être une excellente manière de ne pas risquer de faire de vagues. Capitaine, je n'aime pas vos insinuations.
L
'éducation nationale est une énorme machine qui a peut-être parfois dératé, mais je peux me vanter d'avoir toujours honnêtement fait mon travail. Monsieur Pombré, vous êtes conscient que si vous savez pourquoi Choiseul a réellement été muté, que vous nous le cachez ?
Vous
êtes son complice. Complice, mais de
quoi ? Mais
quel lui reprochez-vous exactement
? Ça.
Oh, mon Dieu.
C
'est lui qui...
Oh,
mon Dieu.
Les
faits reprochés à M. Choiseul sont très graves et non prescrits.
Pourquoi
a
-t
-il été muté
?
J'en sais rien, moi je ne m'en souviens plus. J'ai appuyé plusieurs affectations. Comment voulez-vous que
je
me souvienne ? Monsieur Pombré,
cette
affectation n 'était-elle pas un peu particulière
?
Souvenez-vous, M. Pombré, c'est très grave.
Pour
risquer des poursuites pour complicité dans une affaire de pédophilie. Enfin, je ne suis complice de rien du tout.
Non, c
'est vrai. Il y avait un certain malentendu avec un élève, un certain Bussi. Il avait accusé, Choiseul, d'avoir abusé de lui.
Vous
appelez ça un malentendu, vous ?
J
'ai fait une enquête sur le Bussi en question. C
'est
un élément difficile, très provocateur,
un
peu bitomane sur les bords. J'avais de sérieux doutes sur ces révélations.
Vous
avez quand même fait muter Choiseul.
Vous
avez eu d'autres problèmes avec lui
? Non.
Vous êtes sûr
? Oui,
bon, c'était la deuxième fois. C'est pour ça que j'ai préféré
que je
l'ai éloigné des élèves. Vous n'en avez pas parlé. Vous n'avez pas appelé la police. Mais c'était il y a 7 ans. Les histoires de pédophiles, vous savez, à l'époque, c'était tabou. On n
'en
parlait pas. Et puis quand on s'avisait d'en parler, on était soi-même montré du doigt. Alors, ces accusations-là, personne ne voulait en entendre parler. J'avais toutes les chances d'y laisser ma carrière. Je ne pensais pas.
Je
n'avais pas réalisé.
Non,
je suis désolé. Pas autant que ces enfants.
Oui,
j'ai manqué de courage, c'est vrai.
Mais
je ne suis pas complice de ces horreurs.
Enfin,
tout de même.
Alors, vous
avez les résultats
? Vous
ne pouvez pas le dire plus tôt ? Je crois que vous ne
voulez
pas m'annoncer une mauvaise nouvelle, moi.
Vous
êtes sûr, tout va bien. Il est normal. Oh, merci, madame. Merci, merci. Ça va
? Oui,
tout va bien. Elle est en pleine forme. C'est bien. Alors, je pense que c
'est
celle qui vous ira le mieux.
Vous
venez,
on
va l'essayer. Mais je ne
peux
pas quitter la cave, moi. Alain, tu réponds au téléphone, 5 minutes
?
Pourquoi moi
?
Une affaire de fille à régler. Mathieu,
vous
venez
? Sur
les concessions.
Ah
non, parce qu
'il
y
a
plein de trucs bizarres. PJ Saint-Martin
? En
fait, non, c'est variable. 50 ans, 30 ans, des fois moins de 10.
Et
si on ne les renouvelle pas, ou si elles ne sont pas entretenues, les jardins et parcs ont le droit de récupérer l'emplacement. En ce moment, il y a plein d'histoires comme ça au cimetière Saint-Martin.
C
'est la dame de la conservation qui me l'a dit. Des gens qui viennent se plaindre. Dans quel secteur ? Toujours le même, apparemment. Avenue Berlioz, Avenue Cordier, Avenue des Anglais. Tout ce carré-là. Je suis désolée. Je suis trop grosse, moi, je ne
vais
pas y aller. En dé faisant les coutures là et là et en coupant la ceinture, ça devrait marcher. Vous savez faire ça, vous ? Oui, un petit coup de ciseau et un bon coup de fer à repasser. Tu as des ciseaux ? Oui, à l'accueil. Je vais les chercher.
C
'est le secteur de Forgeon. Vous voulez que je le convoque ? Et le marbrier, ça donne quoi ? Au-delà des pompes funèbres, c'est le beau-père de Garnier le marbrier, qui est dans la boutique juste à côté.
Alors
côté compta, ça se passe en famille. Pour les factures, c'est facile de s'arranger. C'est-à-dire ? Je suis cliente. Je m'adresse à Au-delà. Il s'occupe de tout, de A à Z. Les obsèques, le tombeau, le cercueil. Il me facture l'ensemble des prestations, y compris le travail de Garnier. Et de là à boiler des pierres tombales ? En même temps, il a tout le matos.
C
'est lui qui pose les tombes, il peut bien les enlever. Personne ne s'inquiète de le voir travailler dans le cimetière. Surtout si le gardien est son complice. Il faut être drôlement cynique pour dépouiller des tombes, quand même. On va avoir besoin d'argent. On va déjà éplucher le train de
vie
de Forjon.
On
verra bien s'il touche des bacs chiches. Pas mal. Trop classe.
Bon,
ben moi, je vous laisse, il
faut
que
j
'y retourne.
Wouhou !
Monsieur Forjon, vous aimez les voitures
?
Oui. Moi aussi. Elle est belle, celle que vous venez de vous acheter.
D'occasion.
Ah non, la carte grise est celle d'une voiture neuve. Turbo diesel, en plus.
Monsieur
Forjon, vous gagnez combien par mois dans les 6 000 francs
? Avec
les primes, ça peut monter jusqu'à 8 000. Disons 8 000.
Vous
et votre femme, vous vivez dans un deux pièces
?
Le loyer plus les charges, disons 4 000.
Le
téléphone électricité, 1 000 francs. Ma bouffe, 1 000 francs minimum.
Plus
l'essence, les assurances, les impôts. S'il vous reste 500 francs à la fin du mois, je me fais pape, moi. Comment vous faites pour vous payer un turbo diesel ?
Eh
bien, d'où cet argent
? C
'est...
C
'est un héritage. C'est votre grand-mère, sans doute. Arrêtez de nous faire perdre notre temps. Quelqu'un vole les pires tombales dans votre secteur. Ça se peut que je ne
l
'ai pas vu.
S
'il fait ça la nuit, par exemple.
Moi,
quand ça ferme à 18h, je rentre chez moi.
Qui
est la clé du cimetière ? Les gardiens. Donc vous ? Entre autres. Vous feriez
mieux
de nous aider, le juge en tiendra compte. Vous allez me balancer au juge, là, mais... Mais j'ai rien fait. On vous paie pour rien faire, vous en avez de la chance, vous. Dites-nous ce que vous savez, M. Forjon. Le juge est plus clément avec ceux qui coopèrent. Ben, puisque je vous dis que je ne sais rien. C'est embêtant, ça. On va devoir perquisitionner chez vous et demander à votre femme d'où vient cet argent.
Et
si elle sait quelque
chose,
vous l
'accuser
de complicité. Non, attendez, là. Elle sait rien, elle.
Parce
que vous, vous savez quelque chose.
Oui. Enfin, presque
rien.
Moi,
je faisais que repérer les tombes orphelines. Celles où il vient jamais personne.
Qui
vous payait ? Garnier ? Ou au-delà
?
Sûrement pas. Garnier, vous voulez surtout pas que ça se sache.
C
'était... ça gratte à lui. Combien il vous payait par tombe
? 1
500.
Mais
puisqu'il venait jamais personne.
Et
les pierres, où est-ce qu
'il
les planque
? Au
cimetière. Ben, où au cimetière
? Dans
une remise.
Il
a l'autorisation d'y entreposer son matériel.
Allô ? Ah,
euh...
Albert
? Oui, bon, bonjour.
Oui,
oui, qu'est-ce qui se passe
? Ah,
j'ai un de mes officiers qui doit partir.
Et
pour où
?
Fort-de-France.
Euh,
dis-donc, Fort-de-France en Martinique
? Hein ? Ça
va être le lieutenant de Porret, ça.
Quoi ? Lieutenant
Lopez.
Ah
bon ?
Ah
bon, très bien, je lui en ferai part.
Merci
d'avoir appelé Albert.
Nadine,
Lopez tout de suite dans mon bureau. Ah, Simone ! Ben, là, où étais-tu ? Je t'ai cherché toute la matinée.
Ah
oui, mais je sais bien, tu as le droit d'aller chez le coiffeur. Mais moi, j'ai quand même le droit de te demander où tu étais.
Hein ?
Ah, je suis content que tu m'appelles, tu sais.
Ah
oui, dis-donc,
je
voulais te demander, là, combien de fer-part tu as envoyé
? Hum ?
Attends. Oui.
Ah
non, mais c'est bien ce qu'on a compté. Oui,
oui,
oui, oui. Et ta mère
? Combien ? Oh
là là, mais c
'est
bien ce que je pensais, elle est complètement folle.
Et
comment on va faire pour prévenir tout le monde que le dîner est à 21 heures
? C
'est elle qui s'en occupe
? Ah,
eh ben, je crains de pire. Oui, oui. Et comment on va faire pour nourrir tout ce monde ?
C
'est moi qui m'en occupe.
Bon,
très bien, très bien, chérie.
Oui, oui,
oui.
Entrez ! Ben, je
vais envoyer Nadine faire des courses au tout prix. Voilà, on fera les canapés nous-mêmes. Oui, oui, non, non, non, je serai à l'heure, 17 heures, à la mairie. Et tu te rappelleras, toi, parce que toi, tu... Hein ? Non, non, non, non, rien, rien. Allez, je t'embrasse. Patron, vous voulez me voir
? Oui. Je
suis touché de la confiance que vous me témoignez. Demandez votre mutation sans me prévenir.
J
'avais l'air de quoi, moi, au téléphone
?
Non,
mais... Je
voulais vous prévenir et puis je trouvais jamais le bon moment.
Mais
qu'est-ce que vous allez foutre en Martinique
? Que
ça va être mieux pour tout le monde. Et puis Vincent et moi, on a besoin d'un peu de distance. Un peu de distance ? Pourquoi pas la Nouvelle-Calédonie pendant que vous y êtes ? Alors vous êtes terribles, vous, les femmes. Il n
'y a
pas deux minutes, je vous ai vu faire des risettes à fournier dans l'escalier. Ça se
trouve,
il n
'est
même pas au courant de votre départ. Non, stop, ça suffit. Ça ne vous regarde pas, de toute façon. Ah, je sais, je sais, Lopez. C'est une déformation professionnelle, ça. Mais qu'est-ce que vous voulez, moi ? Aujourd'hui, je voudrais que tout le monde s'aime. Monsieur Choiseul, vous êtes entendu dans le cadre d'une enquête concernant des photos délictueuses.
Vous
êtes client du photominute de la rue Martel
? Je
vous ai déjà dit que non. Votre femme, alors
?
Peut-être, j'en sais rien.
De
toute façon, nous nous faisons confiance, elle fait ce qu'elle veut. Pourquoi elle a gardé son nom de jeune fille
? Parce
qu'elle était connue comme Kiné sous ce nom. Pourquoi
? Un
passeport, c
'est
valable cinq ans.
Vous
faites refaire le vôtre tous les ans, pourquoi
? Parce
que je ne m'aime pas sur les photos.
On
a vérifié tous les voyageurs pour la Thaïlande.
Oui,
je
suis fait
dynamiste, disons de portrait.
Je n'ai jamais vu
le voyage Paris-Bangkok, dont deux l'année dernière.
Je
n
'ai
jamais venu au magasin.
Je ne
suis
pas
sûr, mais c
'est
comme d'avoir dit le contraire.
Je
ne pensais pas que c'était important. Comment vous expliquez votre changement de fonction
? On
a dû penser que j'étais capable d'assumer ce poste. Pourtant, vous n'étiez pas si bien noté que ça, c'est bizarre, non ? Vous savez, la logique à l'éducation nationale,
quand
on a la chance qu'une promotion vous tombe dessus, on l'apprend sans se poser de questions. Et arrêter l'enseignement comme ça du jour au lendemain, ça ne vous a pas manqué
? Vous
savez, j'ai enseigné l'algèbre et la trigonométrie pendant 11 ans.
Vous
-même, je suis sûr, vous n'en avez pas gardé un très bon souvenir.
Vous
n'aimez pas les enfants, monsieur Choiseul
? J
'en ai deux, capitaine. Et Bussi, ça vous dit quelque chose
?
Bussi
? Lui,
pourtant, il ne vous a pas oublié.
Vous
lui avez même laissé un souvenir impérissable à Bussi. Bussi, non, je ne vois pas. Vous animez bien la chorale de votre lycée ? Ou est-ce encore un détail que vous auriez oublié
? Je vous
demande pardon, mais je ne vois pas très bien le rapport.
Moi,
si, figurez-vous.
Bon,
on va reprendre à zéro.
Vous
avez été muté il
y
a 8 ans. 7 ans.
Il
y a 7 ans. Alors ?
Non, l
'identification n'a rien donné. Et l'audition, comment ça se passe
? S
'il parle, ce ne sera pas tout de suite. Mais c'est lui.
Il
est calme comme un coupable qui se croit tout permis. Votre solution, c'est que si Despierres ne reconnaît pas Choiseul, c'est parce que c'est sa femme qui a déposé les photos.
Elle
est plus fragile. Si elle sait quelque chose, elle crottera plus facilement.
Ça
vaut le coup d'essayer, non
? Bon,
ben, allez-y.
Allez
-y, patron, allez-vous faire passer la corde au cou. Ça ne sert à rien d'attendre. Je vous remercie.
Bon.
Ah ! N'oubliez pas d'envoyer le panier à salade.
Avec les fleurs.
Et les canapés. J'ai demandé à Nadine d'en préparer. On n'en manquait.
Si
on s'y met tout, c'est juste quelques tartines.
C
'est qu'il est vachement balade. Comment on fait pour le serré
?
Monsieur Garnier.
Qu
'est-ce que vous vous foutez là ? Il va falloir nous suivre au commissariat. Mais pourquoi ?
Je
n
'ai
rien fait, moi.
Vous
venez avec nous. Soyez raisonnables. Nadine de qui, celle-là
? Il
n
'y a
personne. Il n
'y a
personne qui est mort en 1966
?
Alors comme ça, vous poncez les inscriptions des pierres tombales.
C
'est parce que j'avais fait une erreur. Oui, sur le nom et la date de naissance, vous êtes un peu distraits, vous. Allez,
suivez
-nous.
Je
m'arrive encore d'en rêver. C'est affreux.
J
'ai l'impression que c'est vrai.
Quand
je me réveille le matin,
c
'est comme si ça s'était passé la veille.
Il
arrive vers moi. Il sourit.
On
pourrait croire qu'il est gentil,
mais...
Ses yeux.
Il
me regarde comme s'il voulait me tuer.
Il
défait sa ceinture.
Il
m'ordonne d'enlever mon pantalon.
La
première fois,
j
'ai refusé.
Alors
il m'a battu avec sa ceinture.
Il
a dit qu
'il
allait me faire renvoyer. Alors j'ai fait ce qu
'il
voulait. Désolé, je sais que c'est
difficile, mais vous
pourriez nous dire exactement ce qu
'il
vous faisait
?
Sodomiser. Sodomiser.
Vous
avez eu quel âge
? Douze
ans.
Vous
accepteriez de répéter tout ça devant un tribunal
? Dire
en prison ? Absolument. Ah oui.
Il
y a sept ans,
quand
le docteur m
'a
demandé pourquoi j'avais pas bien,
je
lui ai dit,
mais... je
me suis fait engueuler. Personne m'a cru.
Pendant
longtemps, je croyais que c'était de ma faute. Alors si pas allant en prison, oui.
Je
vous le garantis. Madame Choiseul,
est
-ce que vous connaissez le photominute de la rue Martel
? C
'est là que je fais développer mes photos. Pourquoi ? Vous avez déposé une pellicule le 4 août de l'année dernière. Oui.
Pourquoi
n'êtes-vous pas allé les chercher
? J
'ai oublié.
C'est
curieux.
Vous
n'avez jamais oublié aucun de vos développements, alors pourquoi celui-ci
? Je
ne
sais
pas.
Ce
n
'étaient
pas les vôtres
? Elles
étaient à qui
? C
'était les photos de mon mari. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est
-ce
qu'on lui voulait
? Vous
savez ce qu'elle contenait ?
Des
photos de voyage. Madame Choiseul, est-ce que vous savez dans quelles circonstances votre mari a été muté
? Il
était bien noté ? Non, il
n
'était pas bien noté. Il est accusé par un de ses élèves d'abus sexuels.
On
a préféré l'éloigner des enfants.
Ce
n
'est
pas vrai, c'est ridicule. Cet élève vient de déposer une plainte contre lui.
Votre
mari est accusé de viol sur mineur.
C
'est faux
!
Enfin, André a lui-même deux enfants, il ne pourrait pas...
C
'est absurde, c'est une erreur. Donc vous ne saviez pas que votre mari était soupçonné de pédophilie
? De
pédophilie ? Je vous dis que c'est une erreur. André n'est pas un monstre. Si ce n
'est
pas un monstre, en tout cas c'est un malade.
Il
a besoin d'être soigné. Et pour ça, il faut que la société lui dise qu'il est coupable. Votre mari n'est pas un malade. J'ai bien peur que si, Madame Choiseul.
Ce
n
'est
pas possible.
Vous
dites ça pour me faire avouer, je ne sais pas quoi d'ailleurs.
Vous
pouvez me dire pourquoi c'est vous qui avez déposé les photos de votre mari
? Ce
n
'est
pas André. Le photographe a dû mélanger les films. C'est vrai, c'est un tas de bordel dans son magasin. Si vous protégez votre mari,
ça
veut dire que vous saviez ce que ces photos contenaient. Donc vous êtes sa complice. Complicité de viol sur mineur, c'est les assises.
Les
assises ? Mais comment les assises ? Vos enfants seront interrogés, mis en foyer ou chez vos parents,
qui
seront eux-mêmes auditionnés.
Mon Dieu, mon Dieu.
Vous ne saviez pas que votre mari était un pédophile
?
Mais comment voulez-vous que j'imagine
?
Non, à la maison,
il
est normal, gentil avec les enfants qu'il adore.
Bon,
c'est vrai qu'il a un secret. Quelques mois après qu'il ait quitté le lycée, j'ai trouvé une clé dans sa poche. Quand j'ai demandé des explications, il s'est fâché.
Je
me suis dit qu'il avait une double vie, qu'il y avait une autre femme.
Quand
il est parti en voyage sans moi, j'étais sûre qu'il partait avec elle. J'ai été malheureuse, mais
à
son retour, il était plus détendu, alors...
Qu
'est
-ce
qui s'est passé avec les photos
? Vous
êtes certain que c'est à lui
?
D'habitude, André utilise son propre appareil. Mais là, il l'était fait voler
à
Bangkok, je crois. Alors, il s'était acheté un jetable.
Moi,
j'ai porté les photos par erreur. J'ai cru que c'était les photos de chez ma sœur.
Il
était furieux quand il a découvert que je m'étais trompée. Il m'a pris le ticket.
J
'ai pensé que c'était des photos de sa maîtresse, je ne
sais
pas, moi. À Thaïlande, j'aurais dû me douter.
Vous
avez parlé d'une clé. Vous savez où elle se trouve
? Dans
la table de chevet de mon mari, mais je ne sais pas à quoi elle correspond.
Vous
n'avez aucune idée de l'endroit
? Vers
la porte de Champérez, je crois. C'est tout ce que je sais. Réfléchissez bien. Vous n'avez jamais vu une quittance de loyer ou une facture d'électricité ou de téléphone
? Non. Il
y a deux ou trois ans,
il m
'a demandé de remplir des papiers pour ouvrir une ligne à mon nom.
Il
disait que c'était plus simple.
Je
m'étais fait une raison sur sa double vie.
Je
n
'ai
pas cherché à savoir pourquoi.
On
n'en a plus jamais reparlé.
Bernard, il
a un local, mais on ne
sait
pas où.
On
a la clé, on n
'a
pas l'adresse.
Tu
cherches une ligne téléphonique vers la porte de Champérez à son nom
ou
au nom de sa femme. Jolie, J-O-L-Y. Monsieur Garnier, que faisiez-vous tout à l'heure dans votre atelier
? Je
pensais une dalle. Une dalle qui venait d'où
?
Une dalle neuve, je vous l'ai dit. Je m'étais trompé. Monsieur Garnier. Pas la peine, Garnier, il
faut
se en reparler. Bon, d'accord,
ce
n
'était
pas une dalle neuve. Mais elle venait d'une tombe dont personne ne s'occupait.
C
'était du recyclage. Toutes ces tombes qui ne servent à rien, vu le prix de la pierre, c'est trop bête, non ? Monsieur Garnier, quand les gens paient une sépulture, c'est pour acquérir la paix éternelle. Je ne leur prends pas leur paix, je ne leur prends que la pierre. Que vous revendez deux fois. Et alors ? Ça permet à des gens modestes de se payer un beau tombeau. Vous savez combien ça vaut un granit, un tarn
ou
un balmoral ? 30 ou 40 000.
Moi,
je le vends la moitié. Vous allez voir que bientôt, il va nous faire croire que c'est un bienfaiteur. Ça fait combien de temps que ça dure
? Je
ne
sais
pas, 4-5 ans. Combien de tombes
? Je
ne
sais
pas, moi, une soixantaine.
Une
centaine peut-être, je ne
sais
pas le compte exact.
Ça
va faire cher, l'amende. Vous n'avez pas bien compris ? On va vous déférer, là, c'est le juge qui décidera. Vous n'allez pas me mettre en taule pour... Profanation de sépulture et escroquerie,
si,
monsieur Garnier. Puisqu'ils sont morts. Et les familles ? Et les proches ? Ils s'en foutent, justement. Ici, ce matin, il y avait une femme qui ne s'en foutait pas du tout. Une erreur, ça arrive.
Je
vais vous dire, les gens, ils n'ont qu
'à
se faire incinérer. Comme ça, il n
'y
aura pas d'embrouille. Allez, venez, monsieur Garnier.
C
'est au juge que vous expliquerez votre version du culte des morts.
T
'as vu toutes ces boîtes
? Vous
connaissez votre labo, monsieur Choiselle ?
Je
ne connais pas cet endroit.
Vous
avez beaucoup de photos de ce genre, là
? Je
ne sais pas de quoi vous parlez. Tout ceci ne m'intéresse pas. Il y
en
a au moins 10 000.
On
a retrouvé la clé dans votre table de nuit. C'est une erreur. Je ne sais pas à qui appartient ce lieu.
Ni
l'ordinateur, ni les photos.
Je
suis innocent.
Des
photos de Thaïlande ? Vous n'y avez jamais été, bien sûr. Ceci doit être une erreur.
Je
suis innocent. Bien sûr, c'est plus simple comme ça, hein
? On
verra si le juge se contente de vos affirmations.
Je
l'expliquerai devant la justice. Très bien, on vous défère. Et de bon débarras. Allez, on embarque le disque dur, on met les scellés, on appelle les mineurs. Je suis sûr qu'il fait partie d'un réseau pédophile.
Ne
comptez pas, vous en tirez, vous. Pas cette fois-ci. Bon séjour en prison, Soazone.
Je
viens me préparer. Vous jouez au mariage ?
Oui. Oui,
ça y
est,
on vient de le déférer.
Non,
patron, il n
'a
rien voulu reconnaître. Oui, il se boucle le dossier, c'est fini. On sera tous à l'heure, ne vous inquiétez pas. Vincent, il
faut
que je
te
dise. Ceux qui ont fini, vous pouvez venir nous aider pour les canapés, parce que là, on s'en sort pas.
Plus
tard. Pourquoi je ne peux pas t'accompagner
? Parce
que t'es pas invité.
Et
pourquoi je ne suis pas invité ? C'est le mariage du patron. Et alors
? C
'est difficile, il y aura tout le monde. Difficile de te montrer avec moi
? Je
n
'ai
pas dit ça.
Si, c
'est exactement ce que tu as dit. Prends pas les choses comme ça, Mathieu.
Tu
sais, Bernard,
si
tu continues à vouloir me cacher,
je
ne pourrais pas le supporter longtemps. Ça veut dire que tu ne m'aimes pas. Moi
? Je
t'aime ?
Non,
tu ne m'aimes pas, parce que tu as honte de moi.
On
n'a pas honte quand on aime.
Tu
vois ? Tu ne m'aimes pas. Il est venu avec une copine.
Attends,
il y
a
une copine, Bernard, maintenant. C'est la fille du cours de danse. J'ai raté un épisode, moi.
Elle
est SM.
Enfin,
c'est ce qu'on dit. Mais c'est quoi SM ? Sadomaso.
T
'as tenu la chandelle
? J
'ai demandé ma mutation.
Ta
mutation, mais t
'es
à peine rentrée.
J
'ai bien réfléchi, je t'assure, c'est mieux.
On
va pouvoir se voir, t'as demandé ta mutation pour nous. La Martinique.
Je
t'aime, je t'aime plus, je...
Tu
sais bien que je ne suis pas assez forte, moi, pour vivre une passion pareille. Bonsoir.
Je
fais quoi pour que
t
'ailles si loin
? Je
vous présente Mathilde. Bonsoir, Marie. Léonetti. Ah, voilà que je vous attendais, mon vieux, installez-vous. Mathilde. Quelle surprise, quelle bonne surprise.
Bon
appétit.
Il est
mieux qu'on arrête
?
Ah non, certainement pas.
Je
serai plus dans tes bras.
J
'aurais bien aimé la connaître. J'ai inventé toute cette histoire pour que vous pensiez un peu à ma fille. Ne me dites pas que vous m'avez crue. Mais qu'est-ce qui vous a pris d'envoyer des cartons à tout l'arrière-bande de l'institution judiciaire ?
Pour
vous aider à soigner vos relations. Bonne maman. Oui. Accordez-moi une faveur.
D'accord.
Arrêtez de penser à ma place. Il n
'est
pas venu, ton copain
?
Ben non, il devait m'en rejoindre au commissariat, mais comme il n'arrivait pas, je suis venu avec les autres.
Je
croyais qu
'elle
ne buvait pas. Moi aussi.
Vous
y allez là ? Oui. Vous pourriez peut-être la ramener, non ? Oui, on la fera dormir dans le salon. On va chez toi
?
Ben oui, c'est mieux.
Si
vous pouvez la coucher, c'est bien parce
que
le facho énervé de la gâchette est bourré. C'est la bavure assurée, là.
Ah
là, je suis bien.
Je
n
'ai
pas trop envie de rentrer.
T
'as un truc contre les hommes mariés
? Merci. Merci.