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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 28 mai 2024 17 min

Loi «Fin de vie» : la colère de Jean Leonetti

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

bonjour jean-léonetti bonjour Alors euh claire Fourcade à l'instant employé le terme de permissif et c'est la question du jour sur le site du Figaro est-ce que les nouveaux critères d'accès au suicide assistés et à l'ethanasie sont-ils trop permissifs on avait dit que les portes lorsqu'elles sont entreouverte finissent grande ouverte et on a constaté que dans tous les pays où on a au départ un cadre très strict avec des des textes équilibrés petit à petit au fil du temps on a vu que la permissivité augmenta les gens éligibles au droit à la mort là en France ça a au moins la clarté de nous montrer que cette permissivité elle s'est pas faite sur des années elle s'est faite en quelques heures en commission et que effectivement comme le dit claire Fourcade on a la loi on aurait la loi la plus permissive de de du monde puisque on enlève le critère particulier qui est que ce sont pas des gens qui vont mourir mais son des gens qui veulent mourir et donc on enlève le pronostic vital on débattait sur le pronostic vital à court terme à moyen terme est-ce que les gens qui auraient droit aurai comme dans l'orgon 6 mois à vivre où est-ce que ils auraient comme le disait Caine Vautrin 1 an là on peut avoir 20 ans à vivre devant soi et avoir droit à ce que l'on vous donne la mort pour une souffrance insupportable c'est un réel danger Badinter dans ces débats sur la fin de vie et sur l'ethanasie disait ce qui est le plus terrible dans la mort donnée ce son irréversibilité c'est le fait qu'on peut pas changer d' vie et on sait bien que des gens qui ont un accident une maladie au début à l'annonce du la maladie peuvent avoir envie de quitter la vie et puis retrouver du goût à la vie et une société elle a pour mission de donner goût à la vie et non pas de pousser les gens vers la mort Jean Leonetti euh ça fait 21 ans hein qu'on débatt ces ces textes notamment depuis la mort de Vincent Humbert mort presque en direct un jeune garçon têtraplégique qui avait subi une injection de barbiturique par le médecin soignant et la mère de de de cet enfant ét en 2003 quand vous vous êtes saisi de ces textes jean-léonetti on s'attendait à ce que vous ouvriez vous la porte à l'euthanasie pourquoi vous ne l'avez pas fait on l'a pas fait parce que en réalité on avait pas la porte ouverte pour faire une loi on avait une porte ouverte pour réfléchir sur ce sujet qui est un sujet humain parce que c'est le tragique de la vie de savoir que nous allons mourir les êtres humains sont les seuls animaux qui le savent et donc c'est le tragique de l'existence donc dans le débat qui s'est instauré entre les députés de tout bord on s'est rendu compte que nos doutes collectifs valent plus que nos certitudes individuelles et donc dans ce cheminement à un moment donné on a on a trouvé un point d'équilibre un point de dépassement véritable qui a fait que la droite la gauche le centre libéraux et les autres on a tous dit on peut écrire un texte qui va faire avancer les choses qui va faire en sorte que euh on respectera la vie mais qu'on acceptera la mort qu'on détruira l'acharnement thérapeutique qui est une façon horrible de concevoir la vie et que on on fera en sorte que le soulagement de la souffrance soit l'objectif principal avec le développement des soins palliatifs c'est pour ça que la loi a été votée à l'unanimité il y a pas eu de transaction politicienne il y a eu simplement une un élan qui a consisté avec des hommes qui venait d'horizons différents qui a consisté à se dire là on franchit une étape positive je t'abandonnerai jamais je te laisserai jamais souffrir et je te prolongerai pas de manière anormale et donc dans cette avancée qui me paraît une avancée très significative il y a eu un vote à l'unanimité peut-être qu'à ce moment-là on n pas eu la force d' imposer les soins palliatifs sur l'ensemble du territoire on n pas eu la force de de de laisser penser que c'est pas parce qu'une loi est votée à l'unanimité qu'elle s'impose d'elle-même mais aujourd'hui on constate que malheureusement c'est ces trois grands principes continuent à être absent vous avez 22 départements français qui n'ont pas d'unité de soins palliatif quand vous savez que l'unité de soin palliatif c'est l'endroit où on prend prioritairement les gens qui sont désespérés qui ont envie de mourir qui disent je souffre trop il faut que ma vie finisse et que lorsqu'ils sont en soin palliatifs il y en a 4 sur C qui changent d'avis on se rend compte que c'est d'abord et prioritairement et je dirais presque plus que prioritairement préalablement à toute nouvell loi d'appliquer les lois térieur je rappelle que le droit au des soins palliatifs c'est une loi de 9 9 c'est une loi de nevirt une loi de 99 25 ans après on n toujours pas appliqué la première loi de solidarité de fraternité et on veut lui opposer une loi de liberté individuelle euh est-ce que vos anciens collègues parlementaires viennent vous consulter oui consulter c'est peut-être un peu exagéré je suis pas la voix de la sagesse d'autes vous avez fait quand même de lois vous avez participé quand même à deux lois sur la question vous avez quand même bien travaillé sur la question vous avez quelque chose à dire bah bien sûr dans le parti qui est le mien chez les républicains il y a ce débat mais fort heureusement ce débat il est beaucoup plus large que un débat de politique de droite ou de gauche des des des progressistes contre les les les conservateurs et demain je vais partager un échange avec des députés Renaissance qui se posent des questions et qui cherche la vérité vous savez dans ce domaine là qu'est-ce que vous allez leur dire jean-léonetti je vais leur dire mes doutes je vais leur dire mes cheminements je vais le dire quels sont vos doutes ouais quels sont vos cheminements par exemple je crois que d'abord il faut poser le problème en terme réel le terme réel c'est que c'est un conflit de valeur acceptons que c'est un conflit de valeur certains diront c'est heros contre thatos la vie contre la mort mais c'est plutôt la liberté individ du qui dit c'est mon choix euh et de l'autre côté euh la protection collective qui dit je je je serai fraternel et solidaire avec toi c'est pas normal de dire que la fraternité et la liberté sur certains sujets peuvent être antagonistes comment trouver le point d'équilibre si je pousse le curseur très loin dans la liberté ben évidemment je vais donner la mort à tous ceux qui la veulent et je vais pas réanimer les suicidés et si je pousse le curseur de l'autre côté euh du côté euh je dirais permissif je vais me trouver dans dans des situations où le moindre souffrance va aboutir à ce que l'on donne la mort à quelqu'un sans le protéger est-ce qu'on peut essayer de de maintenir l'autonomie de la personne sa dignité dans l'autonomie et sa dignité dans la fraternité que l'on doit imposer et donc là on voit bien qu'on bascule très très fort du côté de la liberté individuelle et que la liberté individuelle c'est pas forcément un élément qui est à la dignité humaine la liberté individuelle c'est quelqu'un qui viendrait qui vous dirait je viens de me suicid de me réanimer pas et il arrive dans les hôpitaux bien vous voyez bien qu'on le réanime et donc la fraternité de temps en temps elle parend le pas sur la liberté et puis la liberté c'est aussi quelqu'un qui dit maintenant docteur on arrête les traitements vous allez me soulager et faire en sorte que je m'endorme doucement et que la mort me surprenne dans mon sommeil ça c'est la loi actuelle et on a le devoir d'écouter ce qu'il dit et de suivre ce qu'il propose comment trouver cette équilibre quand on a des gens qui sont de part et d'autre d'ailleurs mais plus dans la période actuelle pour des partisant de l'euthanasie qui sont dogmatiques et qui disent c'est mon choix et vous avez qu'à le le l'assumer alors c'est vrai que le suicide c'est une liberté j'ai le droit de me donner la mort euh est-ce que pour autant je peux la réclamer à mes concitoyens est-ce que je peux dire à mon voisin à mon ami à ma famille j'ai envie de mourir donnez-moi la mort et qu'est-ce que doit répondre la famille et la société la société elle doit sécréter de l'espérance elle doit sécréter la confiance elle doit sécréter la fraternité et elle doit pas répondre de manière aveugle et et et accessive à la demande de liberté individuelle euh au Figaro Catherine in déclare qu'il n'y a pas de qu'il ne s'agit pas d'une réforme et de rupture anthropologique vous partagez son point de vue non je pense que Catherine wtrin pour laquelle j'ai de l'amitié et de l'estime n'est pas dans la réalité quand elle affirme ça c'est une triple rupture c'est une rupture médicale soigné n'est pas tué et la main qui soigne ne peut pas être la main qui tue c'est une rupture législative toutes les lois que nous avons fait sont des lois pour les gens qui vont mourir et pour soulager et protéger et là on va faire des lois pour des gens qui veulent mourir et qu'on protègera de manière insuffisante et puis enfin c'est une rupture anthropologique et pas religieuse le fait de dire tu ne tueras pas c'est pas uniquement un précepte religieux c'est un précepte humain toutes les sociétés se sont construites sur le fait de ne pas donner la mort à l'autre regardez le le le philosophe Lévinas euh qui dit le visage de l'autre dans son altérité dans le fait qu'il est à la fois moi-même et qu'il est à la fois un autre m'interdit de le tuer c'est un c'est un fondamental humain c'est un fondamental de protection de dignité humaine euh que pensez-vous de la création d'un délit d'entrave à l'aide à mourir alors j'aimerais bien qu' d'abord j'ai longtemps œuvré à la commission des lois et j'ai appris que dans dans les lois il fallait toujours un équilibre s'il y a une entrave à un excès il faut une entrave à l'autre excès donc il faudrait qu'il y a une entrave éventuellement à la loi telle qu'elle s'applique mais il faudrait qu'il y ait une loi aussi qui dise que de pousser les gens au suicide est un délit aussi pour trouver un équilibre entre le texte mais délit d'entrave euh au désir de mourir est-ce que lorsque le réanimateur aux urgences réanimera le suicidé est-ce qu'il sera en entrave ou pas au à la volonté de mourir regardez comment le problème du suicide est un problème compliqué c'est d'ailleurs pour une des raisons dans lequel ce texte est un texte qui évite tous les mots mots parce qu'il recouvre tellement de mots et de violences qu'on ararrive pas à nommer les choses et mal nommer les choses dit Camu c'est ajouter du malheur au monde et effectivement le suicide est-ce que le suicide est un acte de liberté ou un acte de souffrance moi j'aurais un peu tendance à dire que collectivement dans une société quand on dit il y a plus de jeunes qui se suicident en France qu'il y a 10 ans c'est pas un indice de liberté c'est un indice de souffrance c'est un indice de mal-être c'est un indice de de nonacceptation de de de la fraternité dans dans la société vis-à-vis de notre jeunesse et donc la société dit le suicide est une souffrance et il faut lutter contre suicide et puis comment on fera la différence entre pardon de l'expression un peu triviale le bon suicide et le mauvais suicide c'estàdire le suicide qu'on accepte d'accompagner et de provoquer et celui contre lequel on va lutter et on va réanimer je pense qu'il y aura une marge très difficile entre la personne qui va arriver avec des médicament ou bien une blessure et qui se sera suicidé est-ce qu'on devra vérifier que cette suicide est légitime ou pas pour le réanimer ou pas moi je pense que la fraternité c'est de le réanimer et donner sa chance à la vie plutôt que d'accentuer la logique de la mort dernière question peut-être jeanlonetti une réaction peut-être à ce que dit Catherine vuterin dans son interview au Figaro ce weekend dès que l'on commence à travailler sur ce sujet en chemine moi j'aurais une question à vous poser c'est la perception que j'avais mais peut-être que je me trompe on av plutôt l'impression que quand vous vous êtes penché sur ces textes il y a 20 ans il y a 21 ans vous étiez plutôt favorable à l'euthanasie et puis finalement vous avez cheminé et que vous n'avez pas ouvert ce droit est-ce que c'est ça a été le cas en tout cas j'ai exploré j'ai exploré toutes les solutions parce que en particulier j'ai exploré la solution de l'Oregon parce qu'on aurait pu imaginer dans une vision un peu maniquenne que l'euthanasie s'était donné par les autres et en particulier par le corps médical et que là on devait protéger et que le suicide par contre c'était de liberté individuelle et on pouvait la l'accompagner et on a travaillé sur l'Oregon effectivement à l'époque la première fois comme la deuxième fois en se disant est-ce qu'il y a une un espace de d'équilibre de entre la liberté individuelle du suicide et la protection collective euh contre l'ethanasie malheureusement comme je viens de vous l'expliquer euh toute transgression en matière de de de droit à la vie est une transgression majeure et elle entraîne comme dans un effet Micado toute une série de de transgressions supplémentaires et de rupture supplémentaire et donc effectivement oui il y a une rupture anthropologique et effectivement oui il n'y a pas de continuité entre les lois antérieures et la loi nouvelle et ça sera très difficile même à des gens de qualité comme Catherine Vautrin de faire en sorte de de trouver ce juste équilibre cette ligne de crête dans lequel on écoute la liberté et on respecte l'autonomie et où en même temps on permet la fraternité et on protège l'individu si vous prenez un autre exemple vous allez avoir par exemple quelqu'un qui vous dit est-ce que j'ai le droit de vendre mon rein j'ai deux reins dans le monde on s'achète des reins dans des pays malheureusement qui sont pas des pays européens ou la France est-ce que j'ai le droit de le faire et bien on va dire à la personne c'est ton rein mais tu n'as pas le droit de le vendre c'est ta vie tu as le droit d'y mettre fin mais tu n'as pas le droit de demander aux autres de faire en sorte qu'il t'aide à faire disparaître ta vie c'est la droit liberté contre le droit créance droit liberté c'est un choix personnel ne transforme pas un choix personnel si douloureux soit-il et si intime soit-il en une règle collective dans lequel le le droit opposable serait que quelqu'un dans des circonstances particulières puisse dire donnez-moi la mort et qu'on soit obligé de la lui donner les nouveaux critères d'accès au suicide assisté et à l'euutthanasie sont-ils trop permissifs à vous entendre Jean leéonetti on pense que vous répondz oui à cette question qui est posée sur le site du Figaro et en tous les cas à l'heure où on se parle c'est la majorité des lecteurs du Figaro qui y répondent et vous pourrez continuer si vous nous regardez sur le Figaro TV ce mercredi ce mardi matin continuer à voter jusqu'à la mi-journée merci beaucoup jean-léonetti merci d'avoir accepté de réagir en direct sur le sur le Figaro et et votre parole était d'autant plus précieuse que vous avez vraiment exploré pendant non seulement des années mais en plus des décennies cette question du droit et le sujet n'est pas épuisable et le sujet n'est pas épuisable et on va continuer bien évidemment à le suivre et on peut continuer d'ailleurs à suivre les débats sur le site du Figaro merci beaucoup jean-léonetti merci d'avoir été en direct d'tibe avec nous

Loi «Fin de vie» : la colère de Jean Leonetti — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote