Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 janvier 2020 26 min

Chômage, municipales, taxe GAFA... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Marc Fauvel. La France va donc lancer cette semaine le rapatrimon de ses 800 ressortissants actuellement placés en quarantaine dans la région de Wuhan en Chine à cause du virus. Qu'est-ce que vous dites aux Français et aux entreprises françaises qui sont là-bas ?

0:19
Bruno Le Maire

Je ne fais que leur répéter des consignes qui sont passées par Agnès Buzyn, par la ministre de la Santé, c'est-à-dire grande vigilance, limiter les déplacements. Et puis si jamais on a le moindre symptôme, appeler le 15 et ne pas se déplacer aux urgences. Je ne suis pas ministre de la Santé. Agnès Buzyn fait un travail tout à fait exceptionnel. Je crois que les consignes qui sont passées sont des consignes de vigilance qui sont extrêmement claires.

0:41
Présentateur

PSA et Renault notamment ont des usines dans cette région. Vous leur demandez de rapatrier tout le monde. Pour l'instant c'est sur la base du volontariat. Ce qui se passe, vous leur demandez de faire les valises et de rentrer au pays ?

0:51
Bruno Le Maire

Le choix qui a été fait par le gouvernement, c'est le choix du volontariat. Mais je crois que c'est le rôle de l'État de protéger tous nos compatriotes à l'étranger. C'est-à-dire que tous ceux qui veulent revenir volontairement pourront revenir. Il y aura évidemment une période de quarantaine pour protéger les Français qui sont sur le territoire. Mais je crois que l'État remplit pleinement son rôle de protection vis-à-vis des citoyens français.

1:11
Invité

Renaud Dénit. L'un de ces Français, un dirigeant d'entreprise qui se prélève, j'ai qui témoignait ce matin, un de ces dirigeants d'entreprise qui est à Wuhan, témoignait ce matin sur l'antenne de France Info ?

1:21
Auditeur

On attend qu'ils prennent en charge un rapatriement des personnes françaises qui souhaitent être rapatriées en France. Et puis ensuite qu'on nous décrive dans quelles conditions, en fait. C'est-à-dire quand, comment, en passant par où ?

1:35
Invité

Jacques Chiarambeau, dirigeant d'entreprise en Chine. On voit que nos ressentissants attendent des consignes précises.

1:42
Bruno Le Maire

Je crois qu'il y a des consignes précises qui ont déjà été passées, aussi bien par le ministère des Affaires étrangères que par la ministre de la Santé. On peut toujours faire mieux. Donc s'il y a des précisions à apporter, des compléments d'informations à donner, nous le ferons. Bien sûr, Agnès Buzyn, une fois encore, est totalement mobilisée. 24 heures sur 24, elle fera un point, elle l'a dit, quotidien. Je pense que ça permettra de répondre à toutes ces inquiétudes, qui sont évidemment des inquiétudes très légitimes et que chacun partage.

2:07
Présentateur

Il y a des contrôles en ce moment à l'aéroport de WC Charles de Gaulle pour les passagers qui arrivent de Chine. Bruno Le Maire, est-ce qu'il y en aura aussi ou est-ce qu'ils sont renforcés sur certains produits vivants, notamment importés de Chine ?

2:17
Bruno Le Maire

Ça, c'est une fois encore la ministre de la Santé qui le décidera. C'est à elle d'évaluer ce qui est utile, ce qui ne l'est pas. Je pense qu'il faut avancer exactement comme le fait la ministre de la Santé, au quotidien, en étant capable de prendre chaque mesure lorsqu'elle est nécessaire, en évitant aussi des mesures qui seraient des mesures d'affichage. C'est-à-dire la multiplication de contrôles, par exemple, sur la fièvre, alors qu'on sait que la période d'incubation peut être de plusieurs jours. Ou qu'il suffit de prendre un comprimé pour que la fièvre passe.

Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration, nous sommes là pour apporter des réponses précises, solides, et garantir la sécurité sanitaire des Français. La seule ligne de conduite du gouvernement là-dedans, une fois encore, c'est Agnès Buzyn qui pilote ça, c'est la sécurité sanitaire des Français.

2:59
Invité

Et est-ce qu'une telle épidémie, Bruno Le Maire, si elle se poursuivait, pourrait avoir des conséquences sur la croissance et sur la croissance mondiale ?

3:06
Bruno Le Maire

C'est beaucoup trop tôt pour le dire, donc je ne m'engagerai pas là-dessus, mais c'est vraiment beaucoup trop tôt pour le dire.

3:11
Présentateur

Bruno Le Maire reconnaîtra à la mi-journée les tout derniers chiffres du chômage en France pour le quatrième trimestre de l'année 2019. Ils sont bons ou pas ?

3:19
Bruno Le Maire

Vous les saurez ce soir. Vous les connaissez ? Mais ce qui est bon, c'est les résultats de notre politique économique, Marc Fauvel. Je pense qu'au bout de près de trois ans de quinquennat du président de la République, Emmanuel Macron, c'est bien de faire le point. Qu'est-ce que donnent nos choix de politique économique ? 1,3 de croissance, c'est une des meilleures croissances de la zone euro. 260 000 emplois créés selon l'INSEE en 2019, 90 000 pour le premier semestre 2020 prévu par l'INSEE, un taux de chômage qui va être un des plus faibles des 15 dernières années. Moi, j'en tire une conclusion simple. La politique économique que nous menons depuis près de trois ans donne des résultats.

Elle donne des résultats pour les Français. Elle augmente leur pouvoir d'achat. Elle fait enfin baisser le chômage, qui est le vrai problème économique et social de notre pays. Elle rend notre pays attractif. Je rentre tout juste de Davos. Ça fait plaisir de voir que la France est désormais le pays le plus attractif en Europe pour les investissements industriels de tous les pays européens. Elle est en train de réussir son pari de devenir la première place financière en Europe. Enfin, est-ce qu'on aurait pu imaginer, il y a dix ans ou vingt ans, de voir Paris prendre la place de Londres comme première place financière en Europe ? Merci au Brexit. C'est ce qui est en train...

Merci aussi au Brexit. Mais vous savez, Marc Fauvel, en politique, il faut aussi savoir tirer le bénéfice des circonstances. Oui, le Brexit doit profiter à notre économie et doit profiter au secteur financier français qui va faire de la France le premier centre financier en Europe. Et merci, pardon, Bruno Le Maire. Je termine juste là-dessus, Marc Fauvel, si vous le permettez. Tous les choix que nous avons faits, et je le dis parce qu'ils ont été parfois critiqués, et c'est normal, nous sommes en démocratie, les choix sur la fiscalité du capital, les choix sur la simplification du marché du travail, les choix engagés par Manuel Pénicaud sur la formation et la qualification.

Au bout de trois ans, nous pouvons dire aux Français, ça donne des résultats, et donc nous allons continuer pour que les résultats soient encore meilleurs et surtout pour que tous les Français, sans exception, en particulier les plus faibles et les plus modestes, puissent en profiter.

5:14
Présentateur

Cette politique de baisse des charges, elle a été initiée sous le quinquennat précédent par François Hollande. Est-ce que lui aussi, vous le remerciez ?

5:23
Bruno Le Maire

Je remercie toutes les politiques qui font preuve de constance. Et je crois que c'est la preuve, et c'est vrai, en particulier pour les baisses des charges, que les seules politiques économiques qui donnent des résultats, c'est des politiques économiques qui ne changent pas toutes les quatre matins. Il faut garder les directions qui ont été choisies sur la baisse des charges. C'est pour ça que je suis opposé à toute nouvelle hausse des charges, soit salariales, soit patronales. On va en reparler notamment avec les retraites.

Sur l'allègement de la fiscalité du capital, sur la politique de l'offre, sur la montée en gamme, sur tous les choix que nous avons faits avec le président de la République et le Premier ministre, sur l'innovation, sur lequel nous allons encore annoncer des choses nouvelles avec le pacte productif, pour que nous restions une grande nation technologique qui réussit au XXIe siècle, sur le calcul quantique ou sur l'intelligence artificielle, ou sur le stockage des batteries électriques. Nous inaugurons dès cette semaine l'usine pilote de création de batteries électriques. C'est cette détermination à poursuivre une politique de l'offre qui crée des emplois sur tous nos territoires,

6:16
Invité

qui nous permettra de réussir. Vous évoquez le chiffre, Bruno Le Maire, de 260 000 emplois créés sur l'année. Est-ce que ce sont des CDI ? Quelle est la proportion de CDI ? Ou est-ce que ce sont surtout des emplois très clairs ? Ou est-ce que la situation s'améliore aussi sur le front des CDI ?

6:30
Bruno Le Maire

C'est une question fondamentale. Ce que nous dit la note de l'INSEE, c'est que la qualité des emplois s'améliore aussi. C'est-à-dire qu'il y a plus de CDI, ce n'est pas encore suffisant, il y a encore trop d'emplois précaires, trop de périodes hachées, trop de femmes seules sans qualification, qui ont des emplois qui ne permettent pas de construire une vie digne. Donc c'est là-dessus aussi qu'il faut se battre. Mais la qualité des emplois s'améliore aussi. Et ça, je pense que c'est une excellente nouvelle. Est-ce qu'il reste des choses à faire ? Oui, sur l'emploi des plus de 50 ans, il reste beaucoup de choses à faire.

Parce que ce n'est pas normal qu'on exclue du marché du travail des personnes qui ont de l'expérience. Sur la question des jeunes qui sont les plus éloignés de l'emploi, c'est l'objectif de la politique qu'a lancée M. Pénicaud, il reste aussi du travail. Mais nous sommes, je veux le dire aux Français qui parfois doutent, nous sommes dans la bonne direction.

7:12
Invité

C'est toujours 7% de chômeurs à la fin du quinquennat, c'est ça l'objectif que vous vous êtes fixé ? Il est toujours atteignable cette agilité ? On est à 8 et demi aujourd'hui.

7:19
Bruno Le Maire

Je vais vous dire, mon objectif, c'est le plein emploi. Alors je ne sais pas à quelle échéance, est-ce que c'est 2025, est-ce que c'est un peu plus loin ? C'est-à-dire autour de 5%. Ça doit être ça notre objectif partagé. 7% d'ici la fin du quinquennat, c'est l'objectif qu'a fixé le président de la République. Vous êtes déjà dans le quinquennat d'après ?

Oui, il faut être encore plus ambitieux pour les Français et se dire, dans le fond, la France, elle peut enfin atteindre le plein emploi qu'elle n'a pas atteint depuis un demi-siècle, être à 5% de taux de chômage et que chaque Français puisse se dire, mes enfants auront un emploi, je conserverai mon emploi et je n'ai plus d'inquiétude pour mon emploi.

7:55
Présentateur

La taxe GAFA, on va en parler dans un instant, est-elle enterrée, suspendue ? Vous nous direz ce qui se passe exactement avec les Etats-Unis. Je peux tout de suite vous dire non, mais je vous réponds à plus dans le limiter. Je vais vous dire non tout de suite, mais on va développer dans une minute, 8h41, le fil info tout d'abord avec Mélanie Delaunay.

8:07
Invité

Le Premier ministre chinois, masque de protection sur le visage à Wuhan, première visite d'un haut responsable dans cette ville en quarantaine où a commencé l'épidémie de coronavirus. Il y a au moins 80 morts, près de 2800 cas en Chine. La France, elle va rapatrier ses ressortissants en milieu de semaine. 800 Français se trouvent à Wuhan. Le délégué général de La République En Marche, Stanislas Guérini, considère que Cédric Villani n'est plus adhérent du parti. Cédric Villani a refusé de se ranger derrière Benjamin Griveaux. Il maintient sa candidature au municipal à Paris. L'hélicoptère s'est écrasé par temps brumeux au nord de Los Angeles, en Californie.

À bord, l'ancien basketteur américain Kobe Bryant et 8 autres personnes. Il n'y a aucun survivant. La légende du basket avait 41 ans. Il a dédié son deuxième but à Kobe Bryant. Neymar, auteur d'un doublé hier soir, victoire du PSG 2-0 à Lille. Le Paris Saint-Germain a maintenant 10 points d'avance sur Marseille, en tête du classement de Ligue 1 de football. France Info, et tout est plus clair.

9:13
Présentateur

Bruno Le Maire, vous avez annoncé il y a quelques jours que face aux menaces de sanctions américaines, la France repoussait à plus tard la taxation des géants du net, la fameuse taxe GAFA. Le temps qu'une solution internationale soit trouvée, est-ce que la France a plié face aux injonctions de Donald Trump et de la Maison Blanche ?

9:29
Bruno Le Maire

Non, au contraire, la France a tenu bon Marc Fauvel. Et je veux être très clair sur ce sujet. Les entreprises numériques, les plus grandes entreprises du numérique, paieront une taxe en 2020. Comme elles l'ont fait en 2019, car je rappelle que la France a été le premier pays à mettre en place une taxation du numérique en 2019 et à percevoir cette taxe. En 2020, les entreprises du numérique paieront aussi une taxe. Alors soit nous arrivons à un accord international, parce que nous avons accepté de repousser la perception de cette taxe à la fin de l'année, pour laisser sa chance à la négociation.

Et dans ce cas-là, nous serons au bout de notre objectif, et nous pourrons remplacer la taxe nationale par la taxe internationale, et c'est la taxe internationale qui s'appliquera en 2020. Soit il y a un échec des négociations, c'est toujours possible. Et dans ce cas-là, je veux une fois encore être très clair, dans ce cas-là, les entreprises numériques qui sont dans le champ de notre taxe nationale seront taxées comme cela a toujours été prévu. Il n'y a donc ni retrait, ni suspension de la taxe sur les activités numériques en France. Et c'est notre fermeté qui a payé. Notre fermeté parce que nous avons mis en place une taxe nationale qui a fait bouger les Américains.

Notre fermeté en disant qu'il n'est pas question de retirer la taxe. La seule avancée que nous sommes prêts à faire, c'est de dire qu'on va laisser du temps à la négociation. Donc la perception du 15 avril, ce qui est dû au 15 avril, va être reporté au 15 décembre pour que nous puissions négocier sereinement à l'OCDE. Vous n'encaissez pas donc le produit de cette taxe en attendant un éventuel accord international ? Bien sûr, mais la taxe n'est ni suspendue ni retraitée. C'est ce qui veut dire, pour être très clair, qu'au 15 décembre 2020, il y a un accord international, il s'applique. Il n'y a pas d'accord international, c'est la taxe nationale qui s'applique.

Elle a rapporté combien en 2019 cette taxe ? Je ne peux pas vous donner le chiffre exact, mais c'est plusieurs centaines de millions d'euros. Donc c'est une taxe qui rapporte, qui est efficace. Nous avons toujours dit que ce n'est pas l'idéal, parce qu'avoir une multiplication de taxes nationales en Europe, ce n'est pas la meilleure solution. Mais si on ne veut pas de cette solution, c'est ce que j'ai dit à nos amis américains, si vous ne voulez pas de cette solution, dans ce cas-là, il faut que d'ici la fin de l'année 2020, il y ait un accord international. Une fois encore, c'est notre fermeté, la fermeté du président de la République, qui a payé.

11:33
Invité

Et s'il n'y a pas d'accord international, Bruno Le Maire, la France appliquera donc cette taxe, vous le dites, en 2020, même si Donald Trump met en œuvre ses menaces de surtaxer un certain nombre de produits français, notamment le vin français. En tout état de cause, il y aura une taxation.

11:47
Bruno Le Maire

Et pourquoi est-ce que les choses peuvent... Quitte à déclencher une guerre commerciale avec les amis. Mais c'est ce que nous avons voulu éviter, la guerre commerciale est dans l'intérêt de personne. C'est bien pour ça qu'il vaut mieux un accord sur des bases solides, comme celui que nous avons conclu à Davos, avec le secrétaire américain en trésor, Steven Minouchine, que se lancer dans une guerre, dont ensuite il est très difficile de sortir. Mais nous avons aujourd'hui deux leviers supplémentaires, qui sont importants.

Le premier levier, c'est que ce que nous proposons aux Etats-Unis, c'est pas uniquement une taxation digitale à l'OCDE, c'est un paquet global de refondation de la fiscalité internationale, qui inclut la fiscalité numérique, mais aussi la fiscalité minimale à l'impôt sur les sociétés, pour éviter l'évasion fiscale, et éviter le dumping fiscal. Et sur ce sujet, les Etats-Unis sont aussi motivés que nous. Donc si on veut le paquet, il faut adopter les deux. Et le deuxième levier que nous avons, qui a été très précieux à Davos, c'est l'unité de l'Union Européenne.

Parce que ce que voient bien les Américains, c'est qu'aujourd'hui la France n'est pas la seule à vouloir une taxe digitale, ou en avoir mis une en place. Les Allemands hésitent parce qu'eux, ils ont peur de se faire taxer leur industrie automobile. Il y a les Autrichiens, il y a les Espagnols, il y a les Italiens. Mais il n'y a pas les Allemands. Et donc, si jamais, fin 2020, il n'y a pas de taxe internationale, ce n'est pas simplement la taxe française qui sera rétablie. Il y aura une multiplication de taxes européennes qui pénalisera tout le monde. On peut avancer sans les Allemands. Mais les Allemands ont toujours dit qu'ils soutenaient la taxe digitale.

Nous avons un accord avec le ministre des Finances Olaf Scholz sur cette taxation digitale.

13:08
Présentateur

La conférence sur le financement des retraites, Bruno Le Maire, va s'ouvrir en fin de semaine. Il s'agit, on en rappelle les enjeux, de trouver environ 12 milliards d'euros. Chaque année, pour financer notre futur système de retraite. Or, il se retrouve qu'une mesure de la réforme va plomber davantage les comptes des retraites françaises. C'est une mesure qui concerne les Français qui gagnent plus de 10 000 euros par mois. Après la réforme, si elle se fait, bien sûr, ils ne cotiseront plus qu'à hauteur de 3% pour la somme qui est au-dessus de 10 000 euros par mois. 2,8, pardon d'être un peu technique, mais c'est important.

Et tout cela va provoquer un manque à gagner d'environ 3,5 milliards, 3,7 milliards pour être très précis, qui s'ajoutent donc aux 12 milliards de déficit chaque année. Cette mesure, est-ce que vous êtes prêts à y renoncer si les partenaires sociaux le décident ?

13:53
Bruno Le Maire

Laissons à la conférence de financement toute la liberté nécessaire. Si chaque ministre, comme on s'a dit, écoutez, c'est parfait cette conférence de financement, mais ça, il faut le retirer, ça, il faut le rajouter, c'est plus une conférence de financement. Moi, je n'ai fixé qu'un seul principe, c'est celui de l'équilibre, c'est le principe qui a été fixé par le Premier ministre, et celui de la cohérence. Et celui de la cohérence, c'est ce qui m'amène à dire, l'idée d'augmenter les cotisations salariales ou les cotisations patronales pour financer les retraites, me semble une mauvaise idée.

Parce que si vous augmentez les cotisations salariales, c'est moins de pouvoir d'achat pour les salariés, et si vous augmentez les cotisations patronales, c'est moins de compétitivité pour les entreprises. Or, nous voyons, chiffre à l'appui que je viens de vous donner, que cette politique de baisse des charges a permis de créer des emplois et de faire baisser le chômage dans notre pays. Donc, c'est les deux seuls principes que je tiens à fixer. Et donc, sur ce point précis, celui des Français ont plus au revenu, il n'y a pas de dogme du gouvernement, ce n'est pas inscrit dans le marbre de la loi aujourd'hui. Nous ne sommes pas là pour fixer des dogmes.

En revanche, je voudrais rappeler à quel point cette mesure, cotisation supplémentaire, 2,81% au-dessus de 10 000 euros par mois, sans aucun droit supplémentaire à la retraite, c'est de la justice. Comme le fait d'avoir une meilleure pension dès le premier enfant, 5% de plus, c'est de la justice. Comme le fait de pouvoir dire à tous ceux qui aujourd'hui partent à la retraite à 67 ans, qui sont, de manière très majoritaire, ceux qui ont les revenus les plus modestes, parce qu'ils ont eu des carrières hachées, qu'ils ont eu peu de qualifications, qu'ils ont eu des salaires qui sont faibles, c'est de la justice.

Comme le fait que chaque heure travaillée vous ouvre le droit à une meilleure pension de retraite et à une pension de retraite, alors qu'aujourd'hui, dans le système actuel, tant que vous n'avez pas travaillé 150 heures par trimestre au niveau du SMIC, vous n'avez pas droit à une pension de retraite, vous ne cotisez pas pour votre retraite. Tout ça, c'est de la justice.

Et vous me permettrez de faire part ce matin de mon étonnement de voir tous les partis de gauche, tous les syndicats, brandir leur étendard contre une transformation de notre système de retraite qui est une transformation de justice, qui sauve le système par répartition et qui permet d'aider les plus modestes à avoir enfin un niveau de retraite digne dans notre pays. Moi, j'aimerais entendre les arguments de ceux qui aujourd'hui disent « Ah, on veut protéger les plus fêles, on veut protéger les plus modestes », mais on ne veut pas d'une réforme qui garantit la retraite à 1 000 euros par mois pour tous ceux qui ont aujourd'hui un niveau de retraite plus faible.

16:09
Invité

Justement, ce qui ne plombe pas en partie votre réforme, ce sont les nombreuses incertitudes qui demeurent. Vendredi, le Conseil d'État a publié un avis extrêmement sévère, critiquant en tout cas la méthode, le manque de temps qu'il avait eu pour étudier les deux avant-projets de loi et aussi les multiples modifications, six modifications. Est-ce que ce n'est pas une forme d'improvisation ou d'amateurisme qui suscite effectivement ces craintes dans l'opinion ?

16:34
Bruno Le Maire

Les incertitudes, je pense qu'on l'élève dans le débat, on l'élève dans le débat parlementaire, on l'élève dans la conférence de financement. Pourquoi le Conseil d'État est-il aussi sévère ? On l'élève pas dans l'opposition systématique et de principe. C'est le cas du Conseil d'État ? Ce que je regrette, je vais vous dire ce que je pense du Conseil d'État. Permettez-moi juste de dire à quel point je regrette cette attitude d'opposition systématique qui ne mène nulle part et qui fragilise un projet qui est fondamentalement un projet de justice pour ceux qui ont les niveaux de retraite les plus faibles. Ensuite, le Conseil d'État, il est dans son droit.

C'est vrai qu'on lui a demandé de se prononcer rapidement. Trop rapidement dit-il. Il est dans son droit de dire, voilà, l'étude d'impact aurait pu être plus poussée, dont acte. Nous, notre responsabilité maintenant, c'est d'apporter les réponses à toutes ces questions. La conférence de financement et le débat parlementaire vont nous permettre de le faire.

Mais j'aimerais entendre des arguments un peu plus convaincants de la part de ceux qui, aujourd'hui, ne s'opposent à la réforme des retraites que par principe, sans proposer quelque chose qui permettrait de garantir aux revenus les plus modestes, aux salariés les moins qualifiés, à tous ceux qui ont des pensions de retraite de 5 ou 600 euros, une retraite digne.

17:44
Présentateur

La question des municipales, dans un instant avec vous, Bruno Le Maire, mais d'abord le fil info à 9h10 sur France Info avec Mélanie Delonay.

17:50
Invité

Les ressortissants français pourront quitter Ouran par avion en milieu de semaine. Une fois de retour en France, ils devront rester à l'isolement pendant 14 jours, précise la ministre de la Santé. Il y a 3 cas de coronavirus confirmés en France, dont 2 personnes en quarantaine à l'hôpital Bichat à Paris. Elles vont bien, assure ce matin le chef du service des maladies infectieuses de cet hôpital sur France Info. En Chine, nouvel état des lieux, 80 morts et près de 2 800 cas. 75 ans après la libération d'Auschwitz, le ministre de l'Intérieur appelle à un sursaut de conscience face à la hausse des faits à caractère raciste. Ils ont plus que doublé l'an dernier.

Ce sont principalement des menaces. Michael Jordan, Magic Johnson, Tony Parker, le monde du basket rend hommage à Kobe Bryant, l'ancien joueur des Lakers de Los Angeles, mort dans l'accident de son hélicoptère à l'âge de 41 ans. Il n'y a plus aucun français en lice. A Melbourne, Gaël Monfils éliminé en huitième de finale de l'Open de tennis d'Australie, sorti en 3-7 par l'Autrichien Dominique Thiem.

18:56
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

19:00
Présentateur

Bruno Le Maire, quand vous voyez les sondages qui tombent jour après jour sur les municipales dans moins de deux mois maintenant, est-ce que vous ne vous dites pas que la majorité est en train de se préparer à une très grosse claque ?

19:08
Bruno Le Maire

Non, je me dis qu'il faut faire campagne. Et donc je vais faire campagne auprès des candidats de La République En Marche qui le souhaitent. J'irai notamment chez Gérald Darmanin à Tourcoing. Il faut toujours soutenir aussi ses amis, surtout quand ils sont dans l'étage du dessous au ministère de l'Économie et des Finances.

19:24
Présentateur

Vous irez soutenir aussi Benjamin Griveaux à Paris, par exemple ?

19:26
Bruno Le Maire

Oui, j'irai soutenir Benjamin Griveaux à Paris. Trouvez qu'il est bien parti. Je l'ai vu, mais j'ai fait beaucoup d'élections. Des élections municipales, des élections régionales, des élections législatives, parce que je ne conçois pas la vie politique et l'engagement politique sans le suffrage universel. Et d'ailleurs, j'ai été élu député en 2017. Je suis passé par le suffrage universel avant de rentrer au gouvernement et pour justifier cette place au gouvernement et lui donner toute sa légitimité. Mais c'est toujours difficile. C'est toujours incertain. Et vous pouvez passer d'un jour d'un très bon sondage à un mauvais. J'ai connu aussi des défaites singulantes. Donc je sais ce que c'est.

Mais il faut se battre jusqu'au dernier jour. Et les Français, en général, vous sont grés de vous battre jusqu'au bout avec la plus grande détermination.

20:12
Présentateur

Il y en a un qui se bat, en tout cas, qui était reçu hier à l'Élysée.

20:15
Invité

Ce qui complique notamment la situation de Benjamin Griveaux, le candidat officiel à la République En Marche à Paris, c'est le fait que Cédric Villani, le candidat dissident, se maintienne. Il était reçu hier, pourtant, en fin d'après-midi à l'Élysée par Emmanuel Macron. Et voici ce qu'il a déclaré en sortant.

20:29
Locuteur non identifié

Comme toujours avec le président de la République, la conversation fut agréable. Nous partageons une vision sur bien des enjeux, mais aujourd'hui, j'acte une divergence majeure. Entre l'appartenance à un appareil politique et la fidélité, l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens en maintenant ma candidature librement. C'est un camouflet pour Emmanuel Macron ?

20:55
Bruno Le Maire

J'aurais préféré le rassemblement à une conversation agréable. Donc moi, je regrette la décision de Cédric Villani. Je la regrette parce qu'elle nous affaiblit tous collectivement. Et s'il y a bien une certitude, c'est que les divisions, en général, nourrissent la défaite. Tous, y compris le président de la République. Mais je regrette une décision qui n'appartient qu'à Cédric Villani. Vous pouvez être président de la République, vous pouvez être ministre, ministre... Elle nous affaiblit tous collectivement, avez-vous dit. Mais bien sûr que ça nous affaiblit tous collectivement, comme majorité. Quand on est rassemblé, on est fort. Quand on est divisé, on s'affaiblit.

Ça, c'est une règle politique. Et quand il y a division, ça doit être justifié par de vraies raisons de fond, de vraies divergences. Je ne vois pas suffisamment de divergences dans les projets entre Cédric Villani et Benjamin Griveaux qui justifient cette décision. En revanche, c'est un cadeau que nous faisons à nos adversaires politiques. Oui, disons les choses simplement. Je ne vais pas vous dire que c'est une bonne nouvelle, que ça ne pose aucune difficulté. La division est toujours une difficulté en politique.

21:52
Présentateur

Et donc, on le dit, Cédric Villani, comme le dit ce matin, le patron de La République En Marche, Tamis Kassguerini, qui va demander au bureau exécutif du parti d'exclure de fait Cédric Villani. Avant La République En Marche, c'était le parti de la bienveillance. Maintenant, c'est les coupeurs de tête comme dans l'ancien monde.

22:05
Bruno Le Maire

Mais ce n'est ni coupeur de tête, ni viré. C'est une question de cohérence. Vous ne pouvez pas à la fois partir en dissidence en disant je n'appartiens plus à ce parti, je ne souviens pas le candidat du parti. mais il n'y a aucune difficulté. On reste à l'intérieur de sa famille politique.

22:21
Présentateur

Bruno Le Maire, Emmanuel Macron a gagné l'Elysée comme ça ? En dehors des partis ? Sans étiquette ? A l'époque, il n'y avait pas La République En Marche.

22:29
Bruno Le Maire

C'est lui qui l'a créé, je crois, à la cohérence en politique. Ce n'est pas le Macron parisien Villani ? Non, pas du tout. Je crois que cette comparaison ne le tient absolument pas. Je vous dis à quel point je crois à la cohérence en politique. Quand j'ai quitté Les Républicains en 2017, je l'ai fait parce que j'estimais que les choix qui étaient faits par mon parti politique n'étaient pas cohérents et ne correspondaient pas à ce qui avait été dit aux Français. Mais ensuite, quand j'ai rejoint Emmanuel Macron et que je l'ai soutenu, j'ai demandé le suffrage universel, le soutien des Français et je l'ai fait dans le cadre d'une formation politique.

Il faut être cohérent dans les choix politiques que l'on fait.

23:05
Invité

À propos de cohérence en politique, Bruno Le Maire, il y a une autre ville, c'est dans les Pyrénées-Atlantiques, la ville de Biarritz, où deux ministres, membres du gouvernement, à vos côtés, s'affrontent aujourd'hui. Jean-Baptiste Lemoyne contre Didier Guillaume. Est-ce que ça, c'est cohérent ?

23:17
Bruno Le Maire

Non. Il y en a un trop ou les deux ? Non, ça n'est pas cohérent, mais je crois que le Premier ministre a été très clair. Il serait préférable qu'au bout du compte, il y ait un seul candidat qui porte la famille politique à laquelle j'appartiens, qui porte ses idées, qui porte ses valeurs. Alors laquelle, pardon ? Parce que là, il y a deux familles. Chacun est libre. Il y en a un qui vient de la droite,

23:36
Présentateur

l'autre qui vient de la gauche. Didier Guillaume à gauche, Jean-Baptiste Lemoyne, les Républicains. Vous souhaitez quel candidat reste ?

23:39
Bruno Le Maire

Mais il y a une majorité dans laquelle vous avez la République en marche, vous avez le Modem, vous avez Agir. C'est ce qui constitue l'ossature aujourd'hui de cette majorité. Donc c'est Jean-Baptiste Lemoyne

23:49
Présentateur

qui doit rester candidat.

23:50
Bruno Le Maire

Je regrette qu'il y ait deux candidats qui se présentent, surtout dans une ville que je connais bien et que j'aime beaucoup. Je préférerais qu'il y ait un seul candidat. Le Premier ministre a été extrêmement clair sur le sujet. Nous verrons ce qui se passe dans les semaines qui viennent. Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, doit retirer sa candidature. Mais je n'ai pas à dicter la conduite de qui que ce soit. Ce n'est pas mon rôle. Je dis juste ce qui me paraîtrait cohérent dans ces élections municipales.

Et la cohérence, c'est que lorsqu'il y a deux ministres qui appartiennent à la même majorité, qui appartiennent au même gouvernement, au bout du compte, on ne présente aux électeurs qu'un seul candidat.

24:24
Présentateur

Un mot, et ça aurait sans doute mérité qu'on s'y attarde beaucoup plus longuement. Pardon, on est très en retard sur le Brexit en fin de semaine. L'acte 1 du divorce avec l'Union européenne, cyniquement parlant, pour l'économie française, c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

24:37
Bruno Le Maire

Je pense que ça peut être une bonne nouvelle. Au bout du compte, il faut évidemment que la période de transition se passe bien. Il ne va rien se passer jusqu'à la fin de l'année puisqu'aujourd'hui, on a une période de transition. Mais je pense que ça peut être une bonne nouvelle si nous sommes fermes sur nos principes. Il y a un principe qui est absolument essentiel. C'est qu'on ne prenne aucune décision qui affaiblisse le marché unique européen. 500 millions de consommateurs avec des règles de production, des règles environnementales, des règles fiscales qui sont très strictes.

L'accès au marché européen, le libre accès au marché européen doit être réservé à ceux qui souscrivent exactement à ces mêmes règles environnementales, sociales ou fiscales. Ça, pour moi, c'est le pilier de toute la négociation avec les Britanniques. Bien sûr que nous voulons une bonne relation avec les Britanniques. Bien sûr que nous voulons conclure un bon accord commercial avec eux et que les choses soient claires. Rien ne doit être fait qui puisse affaiblir le marché unique européen qui nous protège, qui protège nos compatriotes, qui protège les consommateurs et qui nous donne notre puissance économique.

25:35
Présentateur

Merci à vous, Bruno Le Maire. Merci, Marfo. Dans 2 minutes 9h sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.

Chômage, municipales, taxe GAFA... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire — Bruno Le Maire · Pourquijevote