Contre-matinale #116 | Présidentielle : Qui veut vraiment éviter le duel Macron - Le-Pen ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 23 %Attaque 59 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:04OuverteRéponse directe
C'est quoi le collectif citoyen souverain ?
- 13:56RelanceRéponse directe
Fabien Roussel donne l'impression d'avoir intégré la défaite, qu'en penses-tu ?
- 17:55OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a des vraies lignes de fracture entre le projet L'Avenir en commun et le PCF ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Yannick Jadot ne retient pas ses coups contre Mélenchon, comment analyses-tu cela ?
- 28:37OuverteRéponse directe
Quel regard portes-tu sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?
- 30:12OuverteRéponse directe
Pourquoi parle-t-on de social aujourd'hui dans la campagne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:35Invité politiqueFait
« On ne peut pas se permettre un nouveau quinquennat de Macron. »
- 11:46Invité politiqueFait
« Si Mélenchon est au second tour, ça change complètement la donne. Ça veut dire qu'on a mis à l'agenda les questions sociales, la question du SMIC, la question du blocage des prix, la question de la hausse des salaires. »
- 16:23Invité politiqueFait
« Un opt-out, c'est le fait de désobéir ponctuellement aux directives européennes qui ne nous conviennent pas. »
- 16:50Invité politiqueFait
« En 2018, le Monde diplomatique publiait un article qui expliquait que si un gouvernement de gauche arrive au pouvoir, il n'aura pas le choix. Il sera attaqué par la BCE, il sera attaqué par les marchés financiers. »
- 26:20Locuteur 8Fait
« 12 millions d'euros d'héritage, on donne tout aux jeunes gens de ce pays pour qu'ils étudient. »
- 28:12Locuteur 8Fait
« Monsieur Macron, c'est le programme économique de madame Le Pen plus le mépris de classe. Madame Le Pen, c'est le programme économique de monsieur Macron plus le mépris de race. »
- 35:05Invité politiqueFait
« Marine Le Pen peut paraître dédiabolisée mais quand on voit le fond de son programme, c'est toujours ce programme de violence de classe, de violence raciste. »
- 34:54Invité politiqueFait
« avec la campagne répugnante de Zemmour qui va d'ailleurs le mener à une certainement à être beaucoup plus bas dans le résultat que ce que prédisaient les médias »
- 35:05Invité politiqueFait
« Marine Le Pen peut paraître dédiabolisée mais quand on voit le fond de son programme c'est toujours ce programme de violence de classe de violence raciste »
- 35:15Invité politiqueFait
« elle a refusé l'amnistie pour les gilets jaunes »
- 35:28Invité politiqueFait
« elle est la candidate d'un état autoritaire et policier »
- 35:35Invité politiqueFait
« on a une candidature à la fois du pouvoir d'achat et de la paix civile et de l'union des classes populaires »
- 36:30Invité politiqueFait
« de toute façon de droite il a son meilleur défenseur c'est Macron »
- 37:58Invité politiqueFait
« c'est ça qu'incarne Zemmour c'est pas en réalité un retour à Jean-Marie Le Pen c'est une nouvelle extrême droite »
- 38:20Invité politiqueFait
« il faut bien voir que c'est un pari qui a été soutenu par les médias qui a été gonflé par les médias »
- 40:38Invité politiqueFait
« dans ce programme il y a le protectionnisme écologique et social qu'il y a la sortie de l'OTAN qu'il y a le référendum d'initiative citoyenne »
- 43:14Invité politiqueFait
« souveraineté nationale et souveraineté populaire doivent être indissociables »
- 43:42Invité politiqueFait
« nous on veut vraiment revenir aux bases le protectionnisme les droits de douane la sortie de l'OTAN le référendum d'initiative citoyenne »
- 48:05Locuteur 3Fait
« il n'y a aucun contrat qui est passé dans la République sans qu'il respecte la règle des marchés publics mise en concurrence transparence responsabilité de celles et ceux qui signent »
- 55:15Locuteur 7Fait
« ils s'appuient sur ces rapports d'experts qui montrent l'impérieuse nécessité stratégique et organisationnelle à procéder ainsi »
- 1:00:13Locuteur 7Fait
« McKinsey le cabinet de McKinsey aux États-Unis est co-responsable d'un des plus gros scandales sanitaires du siècle le plus gros scandale sanitaire du siècle aux États-Unis c'est la crise des eaux placées »
- 1:00:16Locuteur 7Fait
« McKinsey le cabinet de McKinsey aux États-Unis est co-responsable d'un des plus gros scandales sanitaires du siècle »
- 1:00:45Locuteur 7Fait
« McKinsey dans les années 2010 a conseillé Purdue Pharma »
- 1:02:37Locuteur 7Chiffre
« on parle d'un milliard d'euros par an »
- 1:04:17Locuteur 7Fait
« McKinsey est accusé par le Sénat de finalement payer ses impôts dans l'État du Delaware via un jeu de filiales complexes »
- 1:07:32Locuteur 7Fait
« la presse a loupé le coche de l'affaire de McKinsey »
Temps de parole
- Locuteur 732 %
- Dominique Théophile26 %
- Présentateur26 %
- Invité5 %
- Locuteur 83 %
- Locuteur 102 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV, nous sommes le lundi 28 mars 2022, l'élection présidentielle en France, le premier tour de l'élection présidentielle en France, c'est exactement dans 13 jours, 13 jours qui nous conduiront soit vers le schéma encouragé, sponsorisé depuis 5 ans, notamment par les médias à large spectre, et ce schéma c'est la répétition de l'affrontement Macron-Le Pen, ou alors 13 jours qui aboutiront à une configuration non programmée, comme cela a souvent été le cas dans l'histoire politique française, le moment de vérité approche et le Média est là, sur le pont, avec sa contre-matinale qui entend proposer une lecture alternative des moments que nous vivons.
Le Média est menacé, il disparaîtra dans les semaines ou les mois qui viennent, s'il n'y a pas un véritable sursaut de ceux qui nous regardent et qui nous aiment, nous en parlerons très bientôt, mais pour l'instant on est là. La contre-matinale du Média épisode 116, c'est parti ! Est-il encore possible à 13 jours du scrutin de contrarier le projet que chérit Emmanuel Macron depuis 5 ans, c'est-à-dire une réédition de son duel ou duo de 2017 avec Marine Le Pen ? Qui veut vraiment le faire ? Assiste-t-on aujourd'hui à une sorte d'alliance purement tactique entre des pans de la gauche, la Macronie et l'extrême droite contre la présence d'un Jean-Luc Mélenchon au second tour ?
Quel a été, au fond, le sens de l'aventure présidentielle d'Éric Zemmour et sa carrière politique s'achèvera-t-elle ce 10 avril ? De ces sujets, je parlerai avec mon invité, fil rouge, Ramzi Kebaeli, du collectif Citoyens Souverains. Le collectif Citoyens Souverains est, comme son nom l'indique, souverainiste, partisan de ce qu'il appelle un Frexit de gauche. Il a décidé, ce collectif, de renouveler en 2022 son soutien de 2017 à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il nous expliquera pourquoi ce choix, alors même qu'un certain nombre de figures souverainistes issues de la France insoumise se sont brouillées avec ce mouvement.
En deuxième partie de matinale, je recevrai par le biais de la vision notre camarade Nicolas Framont, co-rédacteur en chef du magazine Engagé Frustration Ensemble. On reviendra sur le McKinsey Gate, au sujet duquel Emmanuel Macron a été obligé de s'exprimer hier sur France 3. Frustration Magazine vient de publier un article au Vitriol intitulé « Tout comprendre au scandale McKinsey » en 6 points et 10 minutes. Mais commençons par la titrologie. La guerre en Ukraine et l'élection présidentielle, les sujets à la une de nos quotidiens, ne changent pas beaucoup ces derniers jours.
« Kharkiv résiste sur le feu des bombes russes », c'est le titre à la une du quotidien de la droite traditionnelle « Le Figaro ». « Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, a été transformée en champ de ruines, mais n'est pas tombée aux mains des Russes après un mois d'offensive », écrit le Figaro. Les échos, quotidiens économiques contrôlés par Bernard Arnault, première fortune française, titrent sur « Le défi du réarmement en Europe ». La guerre en Ukraine pousserait les Européens à construire une véritable Europe de la défense, si l'on en croit les échos.
Les 27 auraient adopté une boussole stratégique, en gros une analyse partagée des menaces et des réponses pour mieux se défendre d'ici 2030. Bref, un contenu tout à fait théorique, alors que le nombre de soldats américains en Europe est déjà passé de 70 000 hommes à 100 000 hommes, et alors que de nombreux pays, comme l'Allemagne, se tournent vers les États-Unis pour renforcer leur capacité de défense avec la nouvelle donne. Comment les Ukrainiens font face à l'armée russe, raconte l'humanité. L'envoyé spécial du quotidien d'inspiration communiste est allé à Kriviri, une cité industrielle et sidérurgique où tout le monde participe à la défense de la ville.
L'Huma consacre également une partie de sa une à l'élection présidentielle à venir en France. Gauche, dernière ligne droite pour les candidats, titre Le Quotidien. Une belle photo de Fabien Roussel illustrant le papier. Face à un président sortant, refusant le débat, écrit Luma, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot jettent leur dernière force dans la bataille, dans la campagne présidentielle. Abstention maximale, mobilisation générale, titre de son côté libération. Abstention générale.
Alors l'IB s'est appuyé sur un entretien avec le chercheur Bruno Cotteres de Sciences Po qui prévoit que l'abstention devrait cette fois s'apparenter ou dépasser, s'apparenter à ou dépasser celle de 2022 où elle atteignait 30% en 2002. C'était la première fois où le Front National via Jean-Marie Le Pen arrivait au second tour. Ici, cet article de Mediapart, cinq ans après Fillon, l'extrême droite trocadéro vient applaudir Zemmour. Un reportage qui permet de voir dans la foule une copie rajeunie, et je cite Mediapart, une copie rajeunie et radicalisée du bocal sociologique qui était venu applaudir il y a cinq ans et au même endroit un certain François Fillon.
Et cela ne lui a pas porté chance, on peut dire. Alors le Média est en campagne, nous voulons mobiliser les sommes nécessaires à la reconstitution de notre pôle enquête et nous sommes déjà lancés dans une série d'enquêtes qui ont manifestement tapé là où ça fait mal à en croire les menaces et intimidations dont nous sommes désormais victimes. L'enquête, l'investigation, c'est important. Soutenez donc cette campagne, allez sur enquête.lemédiatv.fr et écoutez ce petit clip pour en savoir plus.
Enquêter, c'est aussi prendre des risques. Lorsque j'ai enquêté sur l'argent sale qui a sauvé Marine Le Pen, je m'en suis rendu compte. Cette investigation, qui m'a pris plusieurs mois, a permis de mettre à jour l'un des financements de campagne électorale les plus opaques de la Vème République. Pour ceux qui n'en auraient pas entendu parler, en 2017, alors que le Front National est au bord de la faillite, 8 millions d'euros arrivent miraculeusement sur ces comptes sous forme de prêts. Cet argent sale, on l'a retracé. Il s'est baladé entre des oligarques kazakhs, des paradis fiscaux et un étrange businessman français, Laurent Fouché, qui a trempé dans de sales affaires en France-Afrique.
Pour le moment, aucun grand média n'a repris nos révélations. Et Marine Le Pen est aujourd'hui encore en position de se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Mais si cette enquête capitale ne semble pas intéresser les médias mainstream, elle ne laisse toutefois pas indifférent. Vous voyez ces images inquiétantes ? C'était le 4 février dernier. Une silhouette s'est introduite aux médias. Elle avait le code. Elle est entrée un vendredi soir, un peu après 19h, alors qu'il n'y avait plus personne. Elle a déambulé dans les couloirs, semblant chercher quelque chose. Très vite, après avoir porté plainte, nous nous sommes posés des questions.
Pourquoi cette personne n'a rien volé alors qu'il y avait beaucoup de matériel très cher à portée de main ? Nous nous sommes demandé si cette intrusion n'était pas liée à cette investigation sensible que nous menions. Vous pensez que c'est de la parano ? Le lendemain de l'intrusion aux médias, quelqu'un s'est introduit à mon domicile personnel. Là encore, rien n'a été dérobé, mais des objets ont été déplacés. Comme si quelqu'un avait voulu marquer son passage et me dire « fais attention ». Mais ce n'est pas fini. Une banque kazakh, citée dans mon enquête sur ce financement douteux de campagne de Marine Le Pen, a menacé de porter plainte, alors que le papier n'était même pas encore sorti.
A un peu plus d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, alors que les sondages créditent Marine Le Pen de 20% des intentions de vote. Pourquoi cette information est-elle passée sous les radars de la presse mainstream, alors qu'elle est capitale dans la période politique actuelle ? Pourquoi, de manière générale, nos enquêtes d'intérêt public ne sont-elles jamais reprises par l'AFP ? On n'aura sans doute jamais de réponse. Et en fait, on s'en fout.
On s'en fout parce que c'est grâce à vous, grâce aux citoyens qui nous financent, que j'ai pu investiguer pendant de longs mois, que j'ai pu partir enquêter dans des pays lointains comme la République centrafricaine, pour finalement pouvoir ramener cette enquête qui en dit beaucoup sur les pratiques d'un parti d'extrême droite qui n'a jamais été aussi proche du pouvoir. D'autres enquêtes arrivent. Des enquêtes qui vont mettre en lumière des zones d'ombre jamais explorées de la Macronie. Mais pour que ces gros dossiers sortent, nous avons plus que jamais besoin de vous. Nous avons besoin de votre soutien, encore et toujours.
Dans un paysage médiatique majoritairement aux mains des milliardaires, vous êtes les garants d'une liberté fondamentale au fonctionnement d'une démocratie, celle d'informer en toute indépendance. Il ne reste plus que cinq jours avant la fin de la cagnotte que nous avons lancée, afin de mettre sur pied un pôle d'investigation. D'ici au 31 mars, vous pouvez encore nous aider à réunir au moins 50 000 euros, afin que le média puisse continuer à produire des enquêtes qui dérangent, pour que vous puissiez continuer à lire ce que vous lirez nulle part ailleurs. Vous pouvez aussi nous aider en partageant au maximum cette vidéo, afin de faire vivre l'investigation. Merci d'être à nos côtés.
Alors la petite bonne nouvelle, c'est que nous avons atteint le premier palier dans le cadre de cette cagnotte spéciale enquête. Donc notre objectif est désormais d'atteindre le palier de 75 000 euros, pour pouvoir avoir les moyens de faire de la vraie enquête, sans se mettre en danger, notamment face aux procédures Bayon. C'est désormais le moment d'accueillir mon invité fil rouge, Ramzi Kebaili, enseignant et membre du collectif citoyen souverain.
Enchanté Théophile.
Salut Ramzi. Alors première question, c'est quoi le collectif citoyen souverain ?
Alors le collectif des citoyens souverains, il regroupe des Insoumis, qui avaient fait la campagne en 2017, qui avaient participé à l'élaboration du plan B, de sortie de l'Union européenne et de l'euro. Et on avait organisé plusieurs réunions publiques à l'époque pour le populariser, pour le faire connaître, en soutien à la campagne de la France insoumise en 2017. Et ensuite, ce qui s'est passé en 2019, c'est qu'on n'avait pas renouvelé notre soutien. Nous sommes devenus à ce moment-là indépendants, car on estimait que la ligne sur les questions européennes ne nous convenait plus.
qui m'avait d'ailleurs reçu à l'époque, où on avait expliqué que pour nous, il n'y avait rien à faire dans cette Union européenne, elle n'était pas réformable. Il fallait retrouver, il fallait que pour devenir un peuple libre, que l'on retrouve le contrôle de notre loi, de notre monnaie, qu'il fallait chercher d'autres alliances que l'alliance avec les pays européens, qu'il fallait chercher des alliances internationales. Et donc, pour cette raison-là, nous sommes devenus indépendants. Et donc, on fait partie de ces Insoumis qui ont voté en 2017, qui ensuite se sont abstenus.
Et aujourd'hui encore, on a quasiment la moitié des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 qui ont dit qu'ils n'ont pas arrêté leur choix. Et donc, à partir de ce moment-là, on s'est dit, quelle est la situation historique ? Qu'est-ce qu'on regarde ? C'est aussi le fil rouge de cette émission, comment empêcher le duel Macron-Le Pen ? Et on a regardé le programme, et ce qu'on voit, c'est que malgré certaines insuffisances, certaines réserves dont on va reparler, ce programme-là, de l'avenir en commun, de l'Union populaire en 2022, c'est le seul qui garantit, qui donne des garanties sur des questions de souveraineté nationale et populaire.
Et on s'est dit, à ce moment-là, qu'on allait contribuer à la campagne. On va essayer de mobiliser, justement, tous ces abstentionnistes qui peuvent faire basculer la campagne, qui peuvent mettre ces thèmes à l'agenda. On ne peut pas se permettre un nouveau quinquennat de Macron. Et quand bien même, à l'arraché, sur la fin, Macron l'emporterait face à Mélenchon, si Mélenchon est au second tour, ça change complètement la donne. Ça veut dire qu'on a mis à l'agenda les questions sociales, la question du SMIC, la question du blocage des prix, la question de la hausse des salaires, et les questions de souveraineté qui nous sont chères. Alors, je vais prendre simplement trois exemples.
Donc, on a fait une tribune de soutien pour en parler.
Si tu peux me permettre, on va en parler après. On va vraiment parler en profondeur de votre choix, de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour le scrutin à venir. Mais d'abord, lançons le zap politique. C'est un peu la tradition du lundi ici. Le week-end qui vient de s'achever était celui de plusieurs meetings phares de cette campagne. On va en parler en commençant un peu arbitrairement par Fabien Roussel, le candidat du PCF, qui était à Toulouse. On regarde les images.
Écoutez, nous allons gagner. C'est immanquable. C'est l'histoire. Il n'y a jamais vu tout le temps la droite au pouvoir. Nous allons gagner. La question, c'est quand ? La question, c'est pourquoi faire ? Et c'est pour ça. Oui, nous allons gagner. Et moi, je veux être de cette génération qui verra cette victoire avec vous. Oui, oui, on va aller au pouvoir. Ça va arriver. On va la changer, la France. Ça va arriver. Il faut le croire. Et il faut se battre pour ça. Et c'est pour ça. Mais c'est pour ça que le 10 avril, donnez-vous de la force pour tout de suite et pour demain. Parce qu'on va la construire, cette gauche populaire, laïque, féministe, écologiste. La gauche du monde du travail.
La gauche qui veut le meilleur pour la France. Et le meilleur, c'est vous. Vive les jours heureux. Vive la France. Mais surtout, vive la République. Oui, vive la République.
Alors, Ramzi, ce qui est gênant, c'est que Fabien Roussel donne l'impression qu'il a déjà intégré la défaite et qu'il pense au coup d'après. En tout cas, c'est ce qui ressort de la rhétorique qu'il a employée lors de ce meeting de Toulouse.
Ce qui est terrible, en plus, avec Fabien Roussel, c'est que pour lui, si on comprend bien, au second tour, s'il y a un second tour entre Macron et Le Pen, il appellera à voter Macron. Et finalement, on a l'impression que pour lui, la lutte antiraciste, ça se résume à tous les cinq ans à aller faire ce barrage républicain. Et nous, c'est ça aussi sur lequel on veut totalement s'opposer. Ce qu'a fait Mélenchon en 2017 de ne pas appeler au second tour à voter Macron, c'est un jalon important. Ça veut dire qu'on est vraiment dans une optique anti-système. On ne va pas se rallier au front républicain. On ne va pas aller voter pour le moins pire.
Et clairement, le vote pour Mélenchon, aujourd'hui, ce n'est pas du tout un vote utile. Ce n'est pas un vote pour le moins pire. C'est un vote pour des éléments qui vont vraiment en rupture avec le système capitaliste, avec le système libéral, avec la Macronie. Et on va vraiment attaquer les structures du système, les structures du système économique.
Alors, on a vraiment l'impression que Fabien Roussel, il pense au coup d'après. Il a dit précédemment que le prochain affrontement, c'était Roussel contre Rousseau, c'est-à-dire une gauche un peu, disons, sur les fondamentaux sociaux, laïcs et populaires. Et de l'autre côté, une gauche un peu, disons, caricaturalement en bobos sur les questions sociétales, etc. C'est un clivage qui, en réalité, pourrait jouer le jeu du système, justement, en créant un affrontement, une sorte de ligne de séparation qui n'est pas fonction des intérêts économiques des masses, mais vraiment, disons, des modes et des courants de pensée minoritaires à gauche.
Je précise que c'est un faux clivage, parce que Fabien Roussel, quand tu lui attribues le fait de parler de classe, en fait, son discours de classe, il est très en recul, il ne s'adresse pas au quartier populaire, il s'adresse plutôt à certaines fractions de la bourgeoisie, quand il se rapproche du printemps républicain, quand il sort un livre avec Raphaël Enthoven, ce n'est pas un discours du tout de classe, c'est plutôt le contraire. Donc, en fait, l'affrontement Rousseau-Rouisseau, c'est un affrontement entre deux pans de la gauche bourgeoise. Rousseau-Rouisseau ? Rousseau-Rouisselle, voilà. Ah là là, le lapsus. C'est ça.
En fait, c'est un affrontement entre deux gauches européistes qui ne remettent pas du tout en cause l'Union européenne, alors que Mélenchon, même s'il y a justement des réserves dont on va parler, son programme parle d'appliquer le programme quoi qu'il en coûte, de faire des opt-out, et donc il reconnaît la confrontation avec les traiteurs européens. C'est quoi un opt-out ? Alors, un opt-out, c'est le fait de désobéir ponctuellement aux directives européennes qui ne nous conviennent pas. Donc, c'est ce que propose Mélenchon en 2022 par rapport à 2017. Nous, la raison pour laquelle on dit que c'est insuffisant, c'est tout simplement sur la question monétaire.
En fait, on ne voit pas comment on pourrait faire un opt-out sur la question monétaire. Donc, c'est pourquoi on appelle à revenir à ce qui avait été dit en 2017. S'il y a une confrontation avec la Banque centrale européenne, il faut être prêt à revenir à une monnaie nationale. On n'est pas les seuls à le dire. L'intellectuel Frédéric Lordon le dit depuis des années. En 2018, le Monde diplomatique publiait un article qui expliquait que si un gouvernement de gauche arrive au pouvoir, il n'aura pas le choix. Il sera attaqué par la BCE, il sera attaqué par les marchés financiers, et donc il devra à ce moment-là, même à contre-coeur, revenir à une monnaie nationale.
Statis Kouvelakis, un soutien de l'Union populaire, qui est un ancien membre de Syriza. Et d'ici, on ne veut pas se retrouver dans le même scénario qu'Alexis Tsipras, il faut être prêt, à un moment donné, à retrouver le contrôle sur notre monnaie. Et cette confrontation, elle aura lieu de toute façon, qu'on le souhaite ou non. Donc, il faut s'y préparer. Il faut préparer le jour d'après. Ce n'est pas juste Mélenchon à l'Élysée, c'est comment on prépare le jour d'après. On le prépare tous ensemble, justement, dans les cadres de l'Union populaire.
Et on se dit, deux jours d'après, il faut être prêt à retrouver le contrôle sur nos lois, à retrouver le contrôle sur notre monnaie, à ne pas se laisser impressionner par la Banque Centrale Européenne et à créer aussi ce mouvement populaire qui est indispensable, qui est nécessaire. Si on prend, par exemple, l'héritage de 36, c'est grâce aux grèves, c'est grâce aux manifestations, si on a obtenu les congés payés, si on a obtenu les réductions du temps de travail. Et donc, c'est aussi à ça qu'il faut se préparer. C'est préparer l'après. Et c'est à ça qu'appelle notre collectif.
Pour revenir à Fabien Roussel et au PCF, en fait, en 2017, vous avez fait la campagne avec les militants communistes. Aujourd'hui, il y a une ligne de séparation. Il y a quelques pourcentages qui seraient bien utiles à la dynamique actuelle de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'au collectif citoyen souverain, vous pensez qu'il y a des vraies lignes de fracture entre le projet L'Avenir en commun et le Parti communiste français au point où rien n'est possible aujourd'hui ?
Ça, ce n'est pas à nous de le dire. C'est plutôt communiste de le dire. Nous, par exemple, on a identifié la ligne de fracture sur le second tour. On a identifié la ligne de fracture sur la question européenne. Mais après, nous, ce qu'on souhaite aussi, c'est s'adresser à tous ces électeurs qui sont dans l'abstention. Parce qu'en fait, c'est faux de dire que les anciens électeurs de Mélenchon de 2017 seraient tous allés vers Fabien Roussel. Quand on regarde les études, on voit que ceux qui ne rechoisissent pas Mélenchon aujourd'hui disent que c'est Mélenchon ou rien. Donc plutôt l'abstention.
Et ce qu'on veut dire à ces personnes-là, elles ont peut-être entendu une sorte de storytelling, une petite musique, selon laquelle Mélenchon et l'Union populaire auraient abandonné toute référence à la souveraineté. Et on est là pour dire que c'est faux. Quand on ouvre le programme de l'Avenir en commun, on voit qu'il y a le protectionnisme écologique et social. Ça, ça veut dire qu'on peut relocaliser l'économie. Ça veut dire qu'on peut lutter réellement contre le changement climatique. Ça veut dire qu'on peut recréer une industrie française avec des circuits courts, avec des droits de douane, avec une taxe kilométrique.
Et ça reste le projet qui va le plus loin sur la souveraineté économique, sur l'indépendance nationale. Là encore, c'est le projet qui va le plus loin. On ne peut pas voter pour un candidat qui dit on va reporter la sortie de l'OTAN au calendre grec. Il faut un candidat qui dit clairement on va sortir de l'OTAN, on veut une diplomatie alternative et non alignée. Et actuellement, c'est plus que jamais nécessaire en ce temps de guerre. Et il y a la question, pour nous, la souveraineté, elle n'est pas seulement nationale, elle est aussi populaire. Et la France insoumise a soutenu les Gilets jaunes et a repris la revendication du référendum d'initiative citoyenne.
Donc ça veut dire qu'on ne confie pas tout le pouvoir à une personne dans la Ve République qui va tout faire tout seul. Nous, on va être consultés, nous, on va participer, les citoyens, avec le référendum.
Alors Yannick Jadot, pour continuer dans le ZAP politique, il était de son côté aux édits de Paris.
Mais mes amis, mes amis, le vote utile, le vote efficace au premier tour d'une élection, c'est le vote de conviction. On ne vote pas par défaut. On ne vote pas en oubliant le passé. On ne vote pas en oubliant les ambiguïtés face aux complotistes de la crise sanitaire. En oubliant les soutiens à l'intervention russe en Syrie et les contortions ambiguës sur l'Ukraine et aujourd'hui sur l'Union européenne. On ne vote pas pour ceux qui refusent d'appeler un dictateur, un dictateur. On ne vote pas pour affaisser, effacer notre horizon européen et nos convictions internationalistes.
Est-ce qu'ainsi que l'on respecterait la mémoire de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Pierre Mendès France ou l'action de Lionel Jospin ? Je vous le dis, renversez la table, votez par conviction, votez pour construire un autre avenir politique. Et au soir du 10 avril, au soir du 10 avril, vous pourrez opposer l'écologie au libéralisme technocratique. Vous pourrez mettre la justice sociale face à l'explosion des inégalités. Vous pourrez opposer Jadot à Macron.
Alors, je suis sur le plateau, je le rappelle, avec Ramzy Kebailly, enseignant et membre du collectif citoyen souverain. Et on vient d'écouter Yannick Jadot, qui ne retient pas ses coups contre Jean-Luc Mélenchon à, disons, on le disait au début de cette émission, à 13 jours du scrutin.
Jadot, c'est cette gauche européiste, c'est cette gauche belliciste qui veut faire la guerre à la Russie, qui veut faire la guerre au reste du monde, qui est totalement incohérente, puisqu'il appelle, par exemple, à boycotter le gaz russe, mais pour acheter du gaz de schiste américain ou du gaz aux Émirats arabes unis ou à l'Arabie saoudite qui massacre le peuple yéménite. Donc, on est dans le deux poids de mesure totale. Et c'est ce qu'on voit, en fait, aussi à l'occasion de cette crise ukrainienne, c'est que certains veulent en profiter pour forger une identité européenne que nous, on dénonce, moi, je dénonce depuis longtemps, parce que certains font mine aujourd'hui de découvrir.
Qu'est-ce qui fait qu'on devrait être plus proche des pays de l'Est, par exemple, quand on est français, que du Maghreb, que de la Méditerranée, que de l'Amérique latine ? Qu'est-ce qui fait qu'on veut se forcer à faire cette union européenne avec des gens qui ne partagent pas la même vision géopolitique que la nôtre, qui veulent s'inféoder aux États-Unis ? Ça a été dit très clairement par les pays de l'Est, qui veulent intégrer l'OTAN. Pourquoi on devrait faire une diplomatie commune avec eux ? C'est ça, en fait, qui ne correspond pas dans cette union. On ne sort pas européen. Alors, qu'est-ce qu'être européen, Théophile ? Je te pose la question.
Qu'est-ce qui fait que certains sont européens et pas d'autres, alors ? C'est vivre en Europe. Quand on regarde bien et quand on regarde justement les images, on voit que ce n'est pas justement ce concept d'Europe, c'est un concept en réalité qui se fait sur une base raciale. On dit les Européens, ça va être les Blancs, ça va être les riches. Et des personnes, des populations qui sont sur ce continent depuis des décennies, depuis des siècles, on leur dénie l'appartenance nationale sur le fait justement qu'ils n'appartiendraient pas à cette civilisation, à cette culture européenne. Et ça, c'est dit très clairement dès les fondations de ce projet européen.
Alors, en tout cas, ce qu'on peut reconnaître comme qualité à Yannick Jadot, c'est qu'il ne fait pas semblant de ne pas voir la fracture, une vraie fracture sur l'international qui sépare les différentes forces de gauche, en tout cas qui sépare eux élevés de la France insoumise. Mais par la caricature,
parce que la diplomatie non alignée, ce n'est pas du tout soutenir la Russie. Donc sur ça,
il n'y a jamais eu de doute. Oui, bien sûr, il y a de la caricature, mais il y a un malaise aussi et finalement, on se demande comment aller au-delà de ce malaise, comment finalement, après la présidentielle, ces forces politiques qui sont proches sur certains points et vraiment différentes sur d'autres, pourront travailler ensemble tant le fossé, par exemple, sur la question internationale est grand.
Moi, je suis persuadé qu'il y a dans ce pays une attente. Une majorité de la population, dont les abstentionnistes, dont la gauche, aussi dans certains anciens électeurs de droite qui pouvaient se reconnaître, par exemple, dans Dominique de Villepin quand il s'était opposé à la guerre en Irak. Je suis persuadé qu'il y a cette majorité qui veut un pays indépendant, qui ne soit pas un féodé aux États-Unis, qui soit indépendant énergétiquement, indépendant économiquement, qui soit souverain. Une France basée sur un contrat politique et pas sur une vision religieuse ou raciale. Et il y a la possibilité de faire une majorité populaire sur ça.
Et nous, c'est ça qu'on dit, c'est que le programme de l'Union populaire, malgré certaines imperfections reste de faire une majorité populaire au-delà des anciens clivages sur des principes très simples, sur l'idée de protectionnisme économique, sur l'idée d'indépendance du pays, sur l'idée de mettre le pouvoir d'achat en priorité. C'est ça qui reste la priorité, c'est la satisfaction des besoins des classes populaires. Là, on voit l'explosion des prix de l'énergie, on voit le gel des salaires, on voit tout ça, on voit la fermeture des lits d'hôpitaux qui ont été ordonnés par la Commission européenne pendant des années et des années. On dit stop ou on dit encore ?
C'est ça, la question qui se pose. Et là, c'est une urgence sur laquelle tout le monde doit se positionner. Ce n'est pas juste un barrage. Est-ce qu'on est prêt à saisir une alternative pour faire autre chose ou est-ce qu'on se résigne, on se prend 5 ans supplémentaires de Macron, de répression, de violence sociale ? On ne peut pas se permettre le luxe de laisser passer une chance comme celle-ci.
Alors, ce week-end, il y avait également le meeting de Jean-Luc Mélenchon qui avait lieu à Marseille.
Certains, en me voyant et en lisant les sondages, disent qu'ils sont glacés d'effroi et qu'ils font des cauchemars. Eh bien, chacun son tour. Oui, vous avez raison de faire des cauchemars. Je vais vous faire les poches. 12 millions d'euros d'héritage, on donne tout aux jeunes gens de ce pays pour qu'ils étudient, pour qu'ils étudient sans avoir besoin d'aller en même temps travailler. non seulement à la fac, mais la perle et la prunesse de nos yeux, les élèves des lycées professionnels du CAP jusqu'au BTS. Alors, ils rêvaient d'une élection bien tranquille qui se finirait comme ils l'espéraient, c'est-à-dire comme d'habitude.
d'un côté, monsieur Macron, c'est annoncé depuis des mois, de l'autre côté, madame Le Pen. Alors, le premier tour était une sorte de formalité administrative, on casse les pieds à tout le monde avec les 500 signatures, et puis, enfin, on se retrouve entre gens de bonne compagnie. pour un deuxième tour, low cost, d'un côté, l'actuel propriétaire des lieux et ses amis, de l'autre, l'héritière de la firme familiale, après qu'elle se soit débarrassée du Doberman qui était monté sur la table. Et le système est content. Le système est content. au fond, tout ça, c'est la même touillette. Ah, je ne confonds pas monsieur Macron et madame Le Pen. Ce n'est pas ça que je suis en train de vous dire.
Mais je sais aussi qu'il y a une différence. Monsieur Macron, c'est le programme économique de madame Le Pen plus le mépris de classe. Madame Le Pen, c'est le programme économique de monsieur Macron plus le mépris de race.
Bon, alors, la formule fera mouche, je pense qu'elle va entrer dans le langage courant. Le Pen, c'est Macron plus le mépris de race et Macron, c'est Le Pen plus le mépris de classe. Mais au-delà de cette formule, quel regard vous portez au collectif citoyen, citoyen, citoyen, souverain sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?
Donc pour nous, clairement, ce second tour Macron-Le Pen, on veut l'éviter à tout prix, mais ce n'est pas que ça. Il y a aussi du positif. Je ne sais quand même pas un hasard si on voit par exemple un sondage qui est sorti la semaine dernière 23%. Il est devant Macron. C'est-à-dire qu'on a une campagne qui commence à parler aux classes populaires. Et lui, c'est les classes populaires de partout. Il y a les quartiers populaires, il y a les banlieues, il y a les campagnes, il y a les villes. On s'adresse vraiment à la population sur un message social, sur un message d'unité des classes populaires, d'union des classes populaires.
Il y a la question de la souveraineté économique, la question de l'indépendance politique. Et ça, c'est un message, je le répète, qui est capable de percer largement, au-delà simplement de la gauche, qui est capable de rassembler une grande partie du peuple français. Donc, c'est une bonne campagne. Il faut poursuivre dans cette voie. Il faut aller au second tour pour que ces thèmes soient posés. Forcer les médias
à poser ces questions. Justement, qu'est-ce qui était le détonateur de cette tendance, de cette direction qu'a prise la campagne avec la montée des thèmes sociaux dans la campagne ? C'est peut-être la guerre en Ukraine avec les conséquences sur le pouvoir d'achat. Mais on a vraiment l'impression que ce qui était écrit, c'est-à-dire une sorte de clivage qui aurait lieu autour des questions comme l'identité, en fait, la campagne réelle s'est échappée de ce qui avait été écrit à l'avance. Alors, est-ce qu'on peut se dire que c'est parce qu'il y a toutes ces interrogations, toutes ces inquiétudes sur le pouvoir d'achat, sur les prix des denrées alimentaires et du carburant ?
Pourquoi on en est arrivé là ? Qu'est-ce qui a fait qu'on parle de social aujourd'hui ?
C'est ça. Alors, il y a ce même sur les réseaux sociaux qui caricature, qui moque les candidats de droite et d'extrême droite en disant qu'ils avaient préparé finalement un concours sur l'islam, ils voulaient aller le plus loin possible sur le racisme et sur l'islamophobie et finalement, c'est l'Ukraine qui tombe au concours. Et il y a ça, c'est le premier aspect, donc qui disqualifie totalement cette droite et cette extrême droite et le deuxième aspect, c'est qu'on a un système médiatique qui a voulu nous imposer une grille de lecture unilatérale du conflit en Ukraine en disant qu'il faut absolument rentrer en guerre contre la Russie.
Et là, le discours de Mélenchon se retrouve vraiment sur la bonne ligne. C'est le seul qui défend à la fois le pouvoir d'achat, il parle notamment de bloquer les prix du gaz et de l'électricité, et la paix. Et la paix. C'est le seul qui va à l'Assemblée nationale pour défendre un discours sur la paix et pour dire qu'il faut sortir de l'OTAN. Donc c'est là qu'il y a cette espèce d'alignement des planètes.
Justement, en fait, on peut avoir une analyse qui consiste à dire que c'est une faiblesse dans la mesure où les Français ont peur, les Européens ont peur, et finalement, que l'OTAN s'en retrouve légitimée, relégitimée. Mélenchon, de son côté, joue au bisounours et parle de paix.
Donc c'est intéressant, tu as dit les Français et les Européens. Moi, je distingue les deux. Aujourd'hui, qui se sent Européens en France ? C'est vraiment quelque chose de la bourgeoisie. C'est vraiment la bourgeoisie qui se sent solidaire des autres peuples européens. La France est basée sur un contrat politique, pas sur un contrat ethnique ou sur une soumission à la bourgeoisie ou aux États-Unis. Et pour moi, vraiment, quand on parle aux gens, qu'est-ce qu'ils disent ? C'est qu'ils veulent un pays indépendant. Ils ne veulent pas entrer en guerre avec la Russie. Ils veulent la paix.
Ils soutiennent l'Ukraine, mais soutenir l'Ukraine ne veut pas dire le faire à la manière de Macron ou à la manière de Jadot. Et là, on a un test grandeur nature. Là, dans deux semaines, on a une élection et on va pouvoir voir une ligne qui porte sur le pouvoir d'achat et sur l'indépendance. Qu'est-ce qu'elle donne ? Et bien sûr que les médias ont l'impression ou nous font croire que cette ligne serait minoritaire. Mais si elle est si minoritaire que ça, pourquoi cette progression dans les sondages ? Pourquoi ce bouleversement de géopolitique ? Pourquoi Anne Dalgo ou Jadot sont en dessous des 5% ? Qu'est-ce qui se passe ?
Et bien c'est là qu'on se rend compte qu'il y a vraiment une attente pour un projet à la fois social, populaire et indépendantiste.
Alors à l'extrême droite, c'était également l'effervescence ce week-end s'affirmait comme clivant et Marine Le Pen qui a vu sa stratégie de normalisation, de banalisation un peu contrariée alors qu'elle était en Guadeloupe. On regarde quelques images de Marine Le Pen en Guadeloupe.
Mais tout de suite direction Gauzier où des incidents ont lieu sur la visite et l'intervention de Marine Le Pen actuellement à l'hôtel Gauzier. La salle a été envahie tout à l'heure, vous voyez ces images, par des militants de plusieurs organisations nationalistes de Guadeloupe. Bien sûr, Marine Le Pen a été évacuée assez rapidement par les forces de l'ordre. Sur place, Alain Petit, bonsoir. Alors que se passe-t-il exactement et que s'est-il passé tout à l'heure ?
Alors que s'est-il passé tout à l'heure ? Le moins qu'on puisse dire si Marine Le Pen est arrivée au son des tambours cet après-midi, elle a été évacuée par son service d'ordre assez rapidement du plateau sur lequel nous avions prévu de faire une interview. Nous étions donc déjà en première liaison avec Paris parce qu'elle avait un duplex notamment avec M. Macron ce soir et après dix minutes environ d'entretien donc des nationalistes de l'ANG et également menés par M. Luc Renette ont envahi le plateau.
Il n'y a pas eu véritablement j'allais dire d'affrontements ni de violences en particulier, plutôt comment dirais-je de l'intimidation vis-à-vis de Mme Marine Le Pen mais toujours nous est-il qu'effectivement elle a dû évacuer le plateau pour être à l'abri. Alors au moment où je vous parle les militants sont juste à l'étage en dessous et ils ont décidé de faire le siège et pour eux il est inadmissible que Mme Marine Le Pen soit ici en Guadeloupe sans que eux se fassent entendre.
Alors Marine Le Pen est allée en Guadeloupe comme elle a été allée hier à Mayotte pour se dédiaboliser pour sortir un peu de l'image raciste connotée raciste de son père elle était allée à Mayotte ça s'était plutôt bien passé elle avait pris des photos avec des jeunes femmes voilées ce qui est utilisé d'ailleurs par Éric Zemmour contre elle là il y a eu un couac est-ce qu'on peut dire que finalement ça marche ou ça marche pas cette stratégie de dédiabolisation moi personnellement j'ai l'impression que ça marche
ça dépend vis-à-vis de qui c'est sûr que quand on compare avec la campagne répugnante de Zemmour qui va d'ailleurs le mener à une certainement à être beaucoup plus bas dans le résultat que ce que prédisaient les médias à côté Marine Le Pen peut paraître dédiabolisée mais quand on voit le fond de son programme c'est toujours ce programme de violence de classe de violence raciste elle a refusé par exemple elle l'a dit clairement elle a refusé l'amnistie pour les gilets jaunes les gilets jaunes qui ont été pour certains éborgnés amputés attaqués par la police elle le refuse elle n'est pas la candidate des gilets jaunes elle n'est pas la candidate des quartiers populaires et elle est la candidate d'un état autoritaire et policier et ça il faut vraiment le dire alors qu'à l'inverse on a une candidature à la fois du pouvoir d'achat et de la paix civile et de l'union des classes populaires
alors Zemmour était au Trocadéro c'est un symbole ambigu puisque il y a 5 ans Fillon y était et donc Zemmour il a revendiqué 100 000 personnes au Trocadéro Fillon en revendiquait 200 000 alors que justement à l'époque les fact-shakers de France Info disaient que bon en gros cette place peut accueillir 45 000 personnes bon ça c'est plutôt un détail mais c'est un symbole ambigu le Trocadéro il n'a pas porté chance à Fillon
c'est ça en fait il veut être le candidat de Fillon le candidat néo-filloniste et il veut essayer d'aspirer LR et de créer un nouveau bloc LR qui serait vraiment qui s'adresserait à cette droite bourgeoise et en fait ce bloc bourgeois cette droite bourgeoise qu'il essaye de reconstituer elle ne fonctionne pas puisqu'une partie de son électorat préfère Macron donc cet électorat-là de toute façon de droite il a son meilleur défenseur c'est Macron donc c'est un espace politique vide auquel essayent de s'adresser Zemmour en faisant de la surenchère raciste qui de toute façon finira par se retourner contre lui parce que le peuple français ne souhaite pas d'un projet aussi raciste
Justement en fait ce qui est étonnant c'est que il clive exprès et face à Marine Le Pen il va plus loin pour donner comme des gages à une extrême droite très extrême comme pour finalement incarner un peu les positions de Jean-Marie Le Pen alors que nous sommes en 2022 et que même le racisme a changé en fait en tout cas dans son expression j'aimerais comprendre en fait je pense que toi aussi quelle est la stratégie d'Éric Zemmour à quoi cette tactique de l'excès répond ou alors à rien du tout
alors par rapport à ça je t'invite à un article que j'ai publié dans la revue Position dans laquelle je montre qu'en fait depuis une décennie un peu plus il y a une recomposition des extrêmes droites et il y a un nouveau type d'extrême droite qui s'est constitué qui se focalise uniquement dans la lutte contre l'islam et ça on l'a eu aux Pays-Bas on l'a eu en Allemagne on l'a eu dans plusieurs pays européens et qui arrivent à récupérer à recycler certains arguments progressistes ils disent qu'ils sont là pour défendre les valeurs européennes et ils arrivent à parler à la bourgeoisie mainstream à la bourgeoisie européiste en enlevant certaines dérives ultra réactionnaires et en se focalisant uniquement sur cette ennemi civilisationnelle que serait l'islam et c'est ça qu'incarne Zemmour c'est pas en réalité un retour à Jean-Marie Le Pen c'est une nouvelle extrême droite qui peut par exemple parler au printemps républicain qui peut parler à on l'a cité tout à l'heure à un Raphaël Enthoven qui peut parler à un Gérard Darmanin mais au final ils votent au Macron quand même évidemment au final ils votent au Macron puisque c'est Macron qui représente ça le mieux donc c'est pourquoi c'est un pari qui est perdant mais il faut bien voir que c'est un pari qui a été soutenu par les médias qui a été gonflé par les médias parce que ça c'est un discours aujourd'hui qui est autorisé le fait que c'est un discours autorisé
hier il y avait une grosse polémique sur les réseaux sociaux notamment sur le fait que les médias avaient survendu le meeting du Trocadéro de Zemmour que notamment même sur leur compte Twitter etc ils avaient survendu ce discours et mis un peu en invisibilité les autres
c'est ça et en fait il y a vraiment cette idée que cette critique focalisée sur les musulmans elle passe elle passe dans les médias elle passe dans la bourgeoisie qui autrefois se disait progressiste mais à la fin elle finit toujours par se rallier à Macron parce qu'il a fait ses lois de lutte contre le séparatisme parce qu'il a fait ses dissolutions et donc c'est un pari électoralement perdant mais politiquement qui lui permet de rester dans les grands médias de ne pas être blacklisté de ne pas être boycotté parce qu'il agite ses fantasmes culturels ses fantasmes civilisationnels qui vont totalement et là je dis bien vraiment totalement pour ceux qui n'auraient toujours pas compris en logique avec le projet européen le projet européen il a échoué sur le plan économique il a échoué sur le plan démocratique il n'a respecté aucun référendum son seul moyen de se maintenir c'est de se créer des ennemis des ennemis intérieurs des ennemis extérieurs il a besoin de dire que la civilisation européenne elle est en opposition avec on a parlé tout à l'heure de la Russie et là en opposition avec les musulmans avec l'islam et c'est ça qu'incarne Zemmour donc à la fois ça lui permet de monter comme un champignon dans les médias et à la fois je le répète ça ne sera pas un pari payant électoralement
en tout cas ça lui permet aussi de vendre des livres parce qu'on a vu avec la publication du patrimoine des candidats Zemmour il a gagné beaucoup d'argent avec ses livres qui moulinent autour des mêmes obsessions alors on parle un peu du collectif citoyen-souverain justement vous appelez à voter pour Jean-Luc Mélenchon alors même que certaines figures du souverainisme issues de la France insoumise sont parties fâchées pourquoi ? Nous c'est par rapport
au programme donc c'est pas par rapport au problème de fonctionnement interne donc on a parlé j'en ai parlé que pour nous effectivement sur l'Europe il faut aller plus loin mais quand on voit que dans ce programme il y a le protectionnisme écologique et social qu'il y a la sortie de l'OTAN qu'il y a le référendum d'initiative citoyenne ce sont qu'il y a évidemment toutes les mesures dont on a parlé tout à l'heure sur le pouvoir d'achat ce sont des raisons de voter pour et de le soutenir de manière indépendante donc après ça dépend de ce qu'on appelle le souverainisme en fait le problème c'est que le souverainisme ça mélange tout et son contraire
donc pour nous en tout cas vous étiez ensemble quelque part dans ce mouvement qu'est la France insoumise et vous reconnaissiez dans la question de la souveraineté et en fait certains accusent la France insoumise en tout cas Jean-Luc Mélenchon d'avoir pris une pente sociale-démocrate et d'avoir abandonné le populisme de gauche pour mieux draguer les sociaux-démocrates
ça c'est très intéressant comme argument ça on peut l'entendre cet argument mais dire on reproche à Mélenchon comme tu dis d'avoir abandonné le populisme de gauche et être sociale-démocrate pour après rejoindre Roussel qui sur toutes ces questions-là est encore plus sociale-démocrate ou pour aller rejoindre Arnaud Montebourg là il y a une incohérence Arnaud Montebourg puis Roussel voilà là ces positions-là qui sont très minoritaires c'est une contradiction dans les termes le populisme de gauche Mélenchon continue à l'incarner et ça aussi bien disent des personnes qui sont plutôt en soutien donc par exemple le politologue Manuel Cervera-Merzal qui a fait une analyse de la France insoumise mais aussi des personnes qui sont en opposition donc par exemple l'économiste David Cayla qui est très critique de la France insoumise mais qui lui reproche justement d'être resté populiste de gauche d'avoir soutenu les gilets jaunes d'avoir soutenu les manifestations contre le passé Je ne pense pas qu'il reproche
à la France insoumise d'avoir soutenu les gilets jaunes je ne pense pas Non il lui reproche
d'être populiste de gauche prenez exactement l'expression d'être populiste de gauche donc pourquoi j'expliquais pourquoi il y a ce populisme de gauche c'est cette question d'avoir soutenu les gilets jaunes donc totalement intégralement sans réserve d'avoir soutenu les manifestations contre le pass sanitaire Voilà c'est plutôt ça C'est plutôt ça voilà mais on sait très bien que dans ces manifestations il y avait beaucoup de gilets jaunes donc c'est pour ça que je fais le lien en fait dans ces gilets jaunes il y avait une demande de pouvoir d'achat et il y avait aussi une demande de souveraineté sur nos vies et c'est ça en fait certaines personnes qui se disent souverainistes en réalité sont héritiers du courant enchevènementistes et donc ils ont une vision de la souveraineté nationale dans laquelle tout se joue au niveau de l'état et finalement ils étaient en décalage avec cette expression qu'il y a eu dans les gilets jaunes les gilets jaunes demandent le pouvoir sur la monnaie demandent le pouvoir sur les lois mais c'est un pouvoir qui doit venir d'en bas qui doit venir de la base qui doit venir de l'auto-organisation et qui ne doit pas venir de l'état donc en fait souveraineté nationale et souveraineté populaire doivent être indissociables on ne peut pas séparer les deux si on sépare les deux on se retrouve comme un Jean-Pierre Chevènement à fétichiser la notion de république et finalement à appeler à voter Macron on se retrouve avec d'autres qui vont rejoindre Michel Onfray ou Fabien Roussel et donc c'est là pour ça que je disais tout à l'heure en fait souverainisme il y a tout et n'importe quoi je veux dire même Macron à un moment donné se dit souverainiste européen donc en fait le terme il a perdu son sens donc c'est pourquoi nous on veut vraiment revenir aux bases le protectionnisme les droits de douane la sortie de l'OTAN le référendum d'initiative citoyenne et toutes ces mesures-là qui redonnent du pouvoir sur nos vies
Merci beaucoup Ramzi merci d'être venu parler avec nous dans le cadre de cette contre-matinale nous voici arrivés à la deuxième partie de notre matinale C'est le moment de retrouver Nicolas Framont notre camarade Nicolas chroniqueur aux médias et co-rédacteur en chef de Frustration Magazine Frustration Magazine qui a publié il y a peu un article intitulé tout comprendre au scandale McKinsey en 6 points et 10 minutes le scandale McKinsey le McKinseygate qui se cristallise désormais en dépit de la stratégie de déni de l'exécutif et de la timidité des médias on notera que finalement Emmanuel Macron a été obligé de réagir à ce sujet en dépit d'un agacement très visible c'était hier sur France 3
Oui et je l'ai déjà dit d'abord 1 il n'y a aucun contrat qui est passé dans la République sans qu'il respecte la règle des marchés publics mise en concurrence transparence responsabilité de celles et ceux qui signent donc tout est clair là-dessus non mais donc oui sinon c'est du pénal d'accord et donc que quiconque a la preuve qu'il y a une manipulation mette le contrat en cause au pénal article 40 sur le non-payement de l'impôt sur les sociétés non mais là il faut être très clair parce qu'on a l'impression qu'il y a des combines c'est faux il y a des règles de marché public la France est un pays de droit s'il y a des preuves de manipulation que ça aille au pénal deuxième point c'est une très bonne chose qu'il y ait une transparence complète cours des comptes assemblés dans leur travail de contrôle de l'exécutif pour dire les choses ensuite moi je demande qu'on nous donne aussi de la profondeur comment depuis 15 ans les contrats avec les consultants ont évolué je ne suis pas persuadé que sous ce quinquennat il y a eu moins de contrats que sous certains autres y compris de celles et ceux qui nous attaquent aujourd'hui donc faites la transparence complète
Alors sans plus attendre je contacte Nicolas Framont co-rédacteur en chef de Frustration Magazine chroniqueur aux médias et qui a écrit un article tout comprendre au scandale McKinsey en 6 points et 10 minutes Salut Nicolas Salut Théophile Alors Nicolas comment tu juges le fond de la réaction d'Emmanuel Macron face au scandale McKinsey maintenant qu'on lui pose la question un journaliste a osé lui poser la question
Déjà on note qu'un journaliste a osé lui poser la question enfin sur France 3 c'est Francis Lothélier je crois c'est quand même une bonne chose parce que jusqu'à présent cette affaire a laissé la plupart des médias mainstream silencieux ce qui est intéressant dans la réaction de Macron c'est déjà sur la faute il a eu le droit de dire qu'il vient de me chercher donc il a l'air très irrité par cette histoire très agacé dans le fond parce que c'est quelqu'un qui déteste qu'on le contredise sur sa méthode et en fait le recours au consultant c'est quelque chose qui est hyper naturel pour quelqu'un comme lui qui évolue dans ce monde-là qui est entouré de consultants de McKinsey à longueur de temps qui sont des gens qui ont fait sa campagne électorale etc.
donc en fait je pense vraiment qu'il est sincèrement surpour de cette affaire parce que c'est des gens qui fonctionnent comme ça ensuite sur le fond de sa réponse c'est une technique classique de dire qu'il faut aller en justice dans ces cas-là si on trouve que les choses ont été mal faites sauf que là au-delà de la question de l'illégalité en fait c'est la question de la légitimité surtout qui est en jeu c'est-à-dire que ce qu'on voit dans ces différents rapports qui ont été commandés donc ces différents consultants qui ont travaillé pour le gouvernement c'est on doute pas enfin moi je doute pas par exemple que les règles existantes aient été respectées par contre ce que je constate comme la plupart des citoyens en ce moment c'est que le rendu de ces rapports était très très léger mais en même temps c'est comme ça que ça fonctionne on en reparlera mais les consultants de ces cabinets privés ils interviennent dans les entreprises privées depuis très longtemps et généralement ils produisent le même vent le même vide de contenu donc finalement c'est un système assez naturel la question c'est celle de sa déutilité et puis ensuite il y a autre chose dans sa réponse quand il dit aller au pénal moi je pense qu'on a un vide juridique par rapport au conflit d'intérêts dont il est accusé c'est-à-dire que pour rappel ce dont on peut accuser Macron c'est que Karim Tajemine qui est le directeur associé de McKinsey France en charge de la passation des contrats avec l'État est un ami de Macron ils ont co-écrit un livre ensemble l'État en mode start-up qui développe une vision du service public qui est tout à fait en rapport avec celle portée par les consultants privés et que les consultants privés de McKinsey ont participé gratuitement à la campagne électorale de Macron à son équipe de campagne ils étaient nombreux à le faire selon le monde or là il y a un vide juridique c'est-à-dire qu'en France des gens riches ou des entreprises ne peuvent pas donner plus de 2500 euros par an et par candidat ce qui permet de limiter l'emprise d'une même entreprise ou d'une même personnalité sur la campagne d'un candidat on a vu pour Macron on le sait désormais qu'il a surtout été financé par ses gros donateurs mais à 2500 euros plafonnés or là on voit qu'il y a une entreprise McKinsey qui a travaillé gratuitement pour lui alors à combien finalement on pourrait évaluer le don de McKinsey pour la campagne de Macron et du coup il est tout à fait là il y a un vide juridique parce qu'en fait la loi ne dit pas grand chose sur la participation gratuite de cabinets de consultants parce que si ce recours systématique aux consultants dans la vie politique c'est quelque chose d'assez récent et donc Macron se sert de ce vide juridique se sert du fait qu'en fait quand il invoque le code pénal il n'y a pas grand chose dans le code pénal qui permettrait d'aller le juger sur cette affaire et puis de toute façon ça prendrait plus de temps que les deux semaines qui nous restent avant sa réélection et Macron avant tout il veut gagner du temps ce qu'il veut c'est être réélu et à ce moment-là
il n'y aura plus grand chose à faire alors ton article cite un certain nombre de missions qui relèvent du bullshit qui ont été confiés aux cabinets de conseil comme McKinsey Capgemini et d'autres alors l'effet de dénumération peut être assez troublant peux-tu nous citer les cas qui t'ont le plus choqué au regard du rapport du Sénat
alors le rapport du Sénat déjà qui est la source principale de l'article de Frustration Magazine c'était un rapport qui est très bien fait j'encourage tous les citoyens et les auditeurs à aller le lire parce que pour le coup c'est quelque chose d'assez lisible puis pour une fois qu'on a l'impression qu'une institution comme le Sénat sert à quelque chose entre guillemets c'est plutôt agréable donc c'est une commission d'enquête qui s'est réunie qui a fait ce rapport et qui a auditionné les participants côté service public côté consultant privé à ces contrats qui ont été passés et donc effectivement le plus troublant c'était donc 500 000 euros au Boston Consulting Group qui est un de ses grands cabinets de consulting qui ont été dépensés pour l'organisation d'une convention des managers de l'État vous avez déjà noté le terme de notion de manager de l'État dans l'administration il n'y a pas de manager il y a des directeurs il y a des voilà c'est pas les mêmes titres or là voilà on a voulu c'est vraiment l'État en mode start-up une convention des managers de l'État qui a finalement été annulée les 500 000 euros ont été dépensés non pas pour des frais de bouche des frais de traiteurs que sais-je qui auraient donc été annulés auxquels on aurait quand même dû payer une partie non il s'agissait du déroulé de cette convention donc une convention qui servait déjà en elle-même un peu à rien c'est un grand raout destiné à donner aux différentes strates hiérarchiques de l'administration les grands axes de la start-upisation de l'État et ce qu'on constate dans les slides des pages de PowerPoint qui sont proposées dans le rapport du Sénat c'est que c'était des sortes de grandes séances de réflexions sur la réflexivité en fait on est toujours globalement quand on dit que c'est du bullshit c'est que c'est beaucoup de vides c'est beaucoup de réunions de fausses consultations de pseudo-ateliers participatifs l'autre cas qu'on pourrait citer c'est un rapport donc fait par McKinsey sur l'avenir du métier d'enseignant déjà voilà un rapport sur l'avenir du métier d'enseignant fait sans enseignant sans membre du ministère de l'éducation nationale qu'entre consultants privés et qui donne des grands axes et quand des grands axes de réflexion abstrait donc je crois que celui-ci on est dans les 600 000 euros qui est plus comme ça il faudrait que je regarde c'est toujours ces ordres de grandeur on est toujours entre le 500 000 et le million d'euros sur chacun de ces grands rapports et Karim Tadjenin quand il est interrogé par la sénatrice communiste Eliane Astassi sur le contenu de ce rapport et son objectif il nous dit que ça sert à réfléchir à des axes de réflexion donc tu vois le degré d'abstraction auquel on a affaire c'est qu'on est vraiment dans le méta-discours avec les cabinets de conseil en stratégie c'est-à-dire que c'est pas des gens qui sont dans l'action c'est pas des gens qui sont dans la proposition c'est des gens qui sont dans la proposition de la réflexion en vue de l'action tu vois ce que je veux dire et pour bien comprendre pourquoi donc il y a les cas on va dire les plus extrêmes dont j'ai parlé c'est-à-dire un rapport de 200 pages sur l'avenir du métier d'enseignant qui a coûté plus de 600 000 euros je sais plus je crois je voyais sur Twitter quelqu'un avait dit que ça faisait à peu près 2800 euros la page de ce rapport l'organisation d'une convention des managers de l'État donc 500 000 euros partis en fumée donc on assiste à des sommes comme ça et puis même quand on va dire ces sommes sont à peu près justifiées il faut bien s'interroger sur le rôle du recours au cabinet de conseil
et le rôle idéologique systémique de ces cabinets de conseil dans les mécanismes de prise de décision d'un État français qui trace son sillon néolibéral
exactement ce qui est important c'est qu'en fait et ça c'est bien expliqué dans le rapport du Sénat c'est qu'en réalité ces cabinets de conseil ils ne sont pas tant là pour proposer des choses nouvelles que pour appuyer une certaine vision de l'État et quand il s'agit d'entreprise privée une certaine vision de l'entreprise donc pour bien voir en quoi ça consiste par exemple à l'échelle d'une entreprise privée moi c'est quelque chose que j'ai bien que je connais bien parce que je suis moi-même figure-toi théophile consultant en freelance pas pour les cabinets de conseil en stratégie mais pour les cabinets de conseil qui conseillent les syndicats et les représentants du personnel dans les entreprises donc c'est quelque chose qui existe le droit à l'expertise ça s'appelle dans les entreprises de plus de 50 salariés les représentants du personnel peuvent faire venir des experts qui en fait font de la contre-expertise de ce qui est proposé par leur direction donc moi souvent les rapports que j'ai à contre-expertiser en m'appuyant du coup sur le ressenti des salariés des entretiens le ressenti des syndicats des représentants du personnel ce sont des rapports qui ont été produits par ces grands cabinets de conseil et même dont on parle maintenant McKinsey Boston Consulting Group Accenture KPMG etc et généralement ce qui se passe c'est que quand un grand groupe français veut prendre une décision français ou internationale comme par exemple des réorganisations qui impliquent des suppressions de postes donc des plans de licenciement et bien ils s'appuient sur ces rapports d'experts qui montrent l'impérieuse nécessité stratégique et organisationnelle à procéder ainsi et en réalité il ne s'agit que pour ces cabinets de conseil qui viennent là à qui l'entreprise donne évidemment pareil des milliers d'euros à la journée de travail en fait ils ne viennent que conforter des décisions qui avaient déjà été prises c'est-à-dire qu'en fait ils viennent donner une sorte de légitimité morale politique stratégique tout ça sous couvert d'un jargon technique absolument incroyable des décisions qui sont déjà prises ils viennent appuyer la décision notamment de virer les gens et de générer toujours plus de profits des choses finalement classiques qu'on aurait pu imaginer sans leur aide mais ça donne une sorte de vernis technique technocratique à ces décisions donc ça c'est ce qui se passe dans l'entreprise privée et on pourrait se dire dans l'entreprise privée de toute façon qu'est-ce qu'on peut en dire les capitalistes font bien ce qu'ils veulent de leur argent mais ce qui devient choquant c'est quand ça se passe dans l'État et ce que constate le rapport du Sénat c'est que ces cabinets de conseil en stratégie ils ne faisaient pas que conseiller en réalité ils appuyaient la décision voire ils donnaient des arbitrages et quand on dit arbitrage c'est soi-disant aider la décision à être prise mais qu'elle était très favorable à certaines décisions plutôt que d'autres donc effectivement ces cabinets de conseil ils ne sont pas neutres ils portent une certaine vision de l'État un État économe un État qui fonctionne comme une entreprise privée je suis de voir la convention pour les managers de l'État par exemple dont je parlais tout à l'heure on voit bien que le terme manager est directement importé du privé dans le rapport on voit également sont auditionnés des représentants syndicaux dans ces administrations qui sont choqués du fait que ces cabinets de conseil emploient dans leur rapport le terme de client plutôt que celui d'usager par exemple donc en fait c'est aussi l'importation de logiques commerciales dans les services publics et puis il y a un autre élément qui est alarmant c'est que tous ces cabinets orientent beaucoup la décision publique vers la digitalisation ce qui explique la digitalisation c'est-à-dire le passage de plus en plus du fonctionnement d'administration vers des plateformes numériques et ces plateformes numériques pour les usagers ont souvent des conséquences catastrophiques parce qu'en France on a des visions de personnes qui ne sont pas du tout à l'aise avec l'informatique et avec Internet donc vous voyez toutes ces cabinets de conseil venus du privé ils ne sont pas neutres ils portent une vision néolibérale de l'État et c'est pour ça qu'ils ont été choisis par Macron et par son gouvernement parce que Macron et son gouvernement c'est des gens qui ont en eux-mêmes cette vision de l'État qui détestent l'État tel qu'il est actuellement c'est-à-dire en fait l'État républicain de service public orienté vers la gratuité et la protection sociale par exemple et ils veulent la remplacer par autre chose et pour ça ils ont fait venir en fait ceux qui sont leurs amis parce que c'est des gens les macronistes et les cabinets de conseil c'est le même univers du secteur privé capitaliste des écoles de commerce des grandes écoles d'ingénieurs etc.
de l'inspection des finances dans le cas de Macron tous ces gens précisons passent du privé au public sans difficulté donc en fait en quelque sorte ils ont fait venir leurs potes pour qu'ils les aident à les confronter à les conforter dans leur vision de l'État et à l'imposer à leurs administrations parce qu'en France l'administration publique elle est quand même pénétrée d'un certain idéal républicain et donc il est difficile de la changer et ces cabinets de conseil ils viennent pour ça ils viennent pour forcer la main à l'ensemble de l'administration pour qu'elle change.
Alors les cabinets de conseil ont connu leur heure de gloire une sorte de moment de pouvoir quasi absolu au moment de la crise sanitaire et notamment dans la stratégie vaccinale.
Oui, effectivement c'est le moment on a commencé à en parler nous à Frustration c'est là qu'on a publié notre premier article c'était l'année dernière en réalité quand la campagne vaccinale a été bien lancée on s'est rendu compte notamment que McKinsey a été le cabinet auquel l'État a plus souvent fait recours pendant ces périodes-là pour organiser soi-disant la logistique de la campagne vaccinale alors cette explication elle est intéressante parce qu'on se dit bon admettons il fallait organiser la logistique de la campagne vaccinale c'est très compliqué il y avait des doses de vaccins à cheminer etc.
donc pourquoi pas appeler du renfort sauf qu'il faut bien comprendre que ces cabinets de conseil ce n'est pas des gens qui ont fait venir des bus, des camions et des trains encore une fois on est dans le métadiscours ce sont des gens qui ont pensé l'organisation de la campagne vaccinale qui ont donné ce n'est pas des gens qui ont porté des caisses de vaccins d'une ville à l'autre précisons-le ce sont des gens qui ont fait des powerpoints expliquant comment il fallait organiser le fait de devoir porter ces caisses d'une ville à l'autre ça il faut bien avoir ça en tête c'est-à-dire que quand on dit oui ce sont des gens qui ont prêté main forte à l'État dans cette période moi je n'en suis pas persuadé je suis même sûr que si on demandait aux gens quelle a été la véritable influence des cabinets de conseil à mon avis c'était juste des gens qui grenouillaient autour des différentes administrations à donner leur bon et leur mauvais conseil et leur mauvais conseil on le rappelle dans l'article tout le monde semble avoir oublié cette histoire mais McKinsey le cabinet de McKinsey aux États-Unis est co-responsable d'un des plus gros scandales sanitaires du siècle le plus gros scandale sanitaire du siècle aux États-Unis c'est la crise des eaux placées c'est-à-dire la diffusion massive dans la population américaine d'antidouleurs extrêmement addictifs et qui ont provoqué des milliers et des milliers d'overdoses qui ont plus tué que les armes à feu aux États-Unis donc c'est un énorme scandale sanitaire dans lequel McKinsey le cabinet est mouillé puisque McKinsey dans les années 2010 a conseillé Purdue Pharma qui est une des principales firmes pharmaceutiques qui avait commercialisé le plus addictif des opioïdes à savoir l'oxycontin et McKinsey pour vous dire le cynisme du genre de cabinet par exemple avait conseillé d'indemniser les pharmacies des zones dans lesquelles se produisaient le plus de overdose enfin pas d'indemniser d'ailleurs de leur importer des ristons commerciales ainsi donc de faire passer la pilule de dizaines et de dizaines de milliers de morts donc le choix de McKinsey pour la campagne vaccinale était particulièrement néfaste particulièrement dans un contexte où il y a une grosse défiance envers le vaccin mais effectivement ça a été la justification principale du gouvernement ça a été de dire on était en pleine crise il nous fallait du monde on a recruté des gens dans ces cas-là on a envie de dire mais pourquoi avoir pas recruté plus de soignants dans les hôpitaux par exemple plus de personnel pour le fret SNCF et pour le transport non il s'agit toujours de recruter les copains très bien payés et pas le personnel de base dont on a besoin en réalité pour faire face
à ce genre de crise alors si on te comprend bien on peut parler de copinage au plus haut niveau de l'État mais est-ce qu'on peut s'enhardir et évoquer des détournements de fonds ou alors disons un détournement de l'utilisation de la fortune publique
en fait le terme de détournement de fonds je m'en méfie parce qu'il est connoté juridiquement le détournement de fonds ça serait par exemple si sur chacun de ces contrats passés entre l'État et les cabinets de conseil on avait eu des ministres ou des hauts fonctionnaires qui s'étaient accordé des rétrocommissions sur ces prestations moi je pense qu'en réalité si on creuse on tombera sur le fait que le cadre légal a été respecté donc il serait mauvais de parler de détournement de fonds public et en même temps sur ce qui se passe dans les faits je ne vois pas comment on peut qualifier ça autrement puisqu'encore une fois on parle d'un milliard d'euros par an donc c'est bien plus si vous voulez que le budget accordé au sport et à la vie associative sur une année en France au niveau du budget de l'État ont été donnés à des cabinets de conseil dont le travail est tout à fait questionnable qui ont abouti à des productions parfois vides qui ont abouti à organiser des événements qui n'ont pas eu lieu et là enfin un certain nombre de médias s'y intéressent et plus ça va plus on voit ce genre d'exemple se multiplier c'est-à-dire énormément d'argent dépensé pour un résultat qui n'est pas du tout en rendez-vous voire qui est inexistant à partir de là je ne vois pas comment on ne peut pas parler de détournement d'argent public puisque notre argent public de contribuable n'a servi à rien alors on peut se dire oui mais peut-être ça arrive c'est normal qu'il y ait des ratés bien sûr que par moments l'argent public sert à financer des projets qui n'aboutissent pas sauf que là c'est un peu le trait reconnaissable de ces cabinets de conseil c'est de produire du vide ou c'est de produire au mieux une action idéologique qui est néfaste à l'usager au final et surtout pour financer une main-d'oeuvre extrêmement coûteuse qui sont les consultants des cabinets de conseil et qu'en plus cette main-d'oeuvre ce sont des amis et des connaissances des membres du gouvernement à commencer par le président de la République et en plus
il y a la question de l'optimisation fiscale c'est-à-dire finalement c'est la fortune publique qui va nantir des groupes qui nourrissent une telle loyauté vis-à-vis de l'État qu'ils ne payent pas leurs impôts en France
Oui apparemment McKinsey est accusé par le Sénat de finalement payer ses impôts dans l'État du Delaware via un jeu de filiales complexes donc de pratiquer ce qu'on appelle l'optimisation fiscale ce qui est un beau jeu pour dire contournement des lois pour ne payer aucun impôt dans un pays donné ce qui est le cas de la France donc en plus c'est vrai qu'on peut dire qu'on se fait arnaquer de plusieurs manières dans cette affaire parce qu'on mandate une entreprise qui ne paye pas ses impôts parce que le mandat qu'on donne à cette entreprise est si peu défini qu'en réalité les résultats n'est pas au rendez-vous et parce que probablement que cette entreprise-là a été choisie parce que son dirigeant en France est un ami de Macron qui partage la même vision de l'État donc effectivement je pense qu'on a affaire à un détournement d'argent public qui est très grave qui est probablement légal dans les lois existantes ça veut dire que les lois existantes posent un immense problème voilà il va falloir les changer comment on peut tolérer qu'une entreprise apporte son aide dans une campagne électorale gratuitement et en retour se retrouve être celle qui reçoit le plus de contrats notamment pendant la crise sanitaire donc il faut se poser ces questions-là et surtout il faut regarder l'argent en jeu à côté l'affaire Pénélope Fillon c'est vraiment rien pour le contribuer c'est pas les mêmes ordres de grandeur en réalité et donc moi je comprends pas que quelque chose comme l'affaire Fillon qui était aussi quelque chose qui jouait sur les failles du fonctionnement des institutions parce que le fait de payer un ou une assistante parlementaire à ne pas faire grand chose c'est quand même quelque chose de légal en réalité il y a le même problème avec Fabien Roussel c'est qu'en réalité les assistants parlementaires ils dépendent tellement entièrement des députés que finalement leurs missions ne sont pas claires ne sont pas clairement définies dans la loi donc il y a un vide juridique sur lequel les députés jouent et continuent de jouer à mon avis et bien c'est pareil sur l'affaire McKinsey c'est que le gouvernement joue avec la loi pour donner des tas de contrats favorables à des sociétés amies voire à des sociétés alliées et ce au prix de l'argent
du conseil duable Alors tu as écrit sur Twitter la phrase suivante dans une démocratie le président candidat ne devrait pouvoir faire un pas ne devrait pas pouvoir faire un pas sans être harcelé de questions sur le McKinsey-Gate tu trouves que les médias sont trop timides sur la question du McKinsey-Gate ?
Oui oui oui ah bah oui mais bon on va pas continuer de s'en étonner ici si toi et moi on travaille dans des médias indépendants c'est bien parce qu'on sait que la presse Mensey ne fait plus le taf pour toutes les raisons qu'on connaît qui sont la concentration en main des milliardaires et puis je dirais là dans le cas précis c'est que le monde des journalistes a beaucoup de mal à saisir des faits systémiques là on est dans quelque chose de systémique on est dans quelque chose de sociologique l'univers des cabinets de conseil qui a une pensée commune avec l'univers de Macron on n'est pas dans il n'y a rien de caché dans cette histoire c'est pas une affaire qu'on révèle les contrats publics je suis sûr sont consultables donc peut-être que ça manque un petit peu de piquant cette histoire même si comme je le redis les conséquences pour le contribuable sont bien plus fortes que sur des affaires précédentes donc j'ai l'impression qu'effectivement la presse a loupé le coche de l'affaire de McKinsey n'ose pas aller dedans peut-être à deux semaines des élections et effectivement donc ça c'est l'explication un peu sociologique sur ce qu'est le métier de journaliste et puis sur ce qu'ont devenu nos médias c'est-à-dire que la mainmise des milliardaires est telle que les propriétaires de médias que ce genre de sujet ne n'occupe pas la place qu'ils devaient occuper si on était dans une démocratie pluraliste avec des médias qui ont avant tout en tête le bien commun et le bon usage de l'argent du contribuable clairement c'est pas pour rien que c'est une commission d'enquête du Sénat qui a sorti des choses pareilles et c'est une très bonne chose parce qu'ils ont pu avoir l'indépendance et les moyens de le faire mais actuellement dans les grandes rédactions qu'ils peuvent faire un travail comme ça sans être inquiété
c'est compliqué Merci en tout cas Nicolas je rappelle que tu es l'auteur d'un article sorti dans Frustration Magazine tout comprendre au scandale McKinsey en 6 points et 10 minutes Frustration Magazine qui est un média indépendant qui ne vit que du bénévolat de ses membres et aussi des abonnements de ceux qui peuvent s'y abonner Nous voici arrivés à la fin de cette contre-matinale pour qu'elle puisse continuer de vivre après le direct mettez des petits pouces bleus des commentaires abonnez-vous en activant la petite cloche et si vous le pouvez bien entendu devenez abonné payant du Média TV en allant sur le le Média TV pour un faire slash soutien on me le dit dans l'oreillette ou faites-nous un don de préférence mensualisé sur Okpal revenez le soir pour une nouvelle édition de l'instant porché la prochaine contre-matinale c'est demain vous serez au rendez-vous
Dominique Théophile