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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 26 janvier 2023 24 min

Retraites : "Le texte n'est pas satisfaisant, on se bat pour obtenir des avancées", assure Rachida Dati

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la maire LR du 7e arrondissement de Paris, présidente du Conseil National du Parti Les Républicains. Question réaction au standard 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. On va évidemment parler avec vous de la réforme des retraites, de la vie de votre parti Les Républicains, de quelques sujets plus strictement parisiens. Mais d'abord la guerre en Ukraine. L'Allemagne et les Etats-Unis ont pris la décision hier de livrer des blindés lourds à l'Ukraine.

14 chars Léopard pour l'Allemagne, 31 chars Abrams pour les Etats-Unis, plus des dizaines d'autres que la Pologne, la Finlande, la Norvège, l'Espagne voudront bien fournir à l'Ukraine. L'Ukraine qui réclamait ses chars depuis des mois, c'est un tournant. Soutenez-vous cette décision.

0:56
Rachida Dati

Ce qu'on soutient, et d'ailleurs il y a une unanimité dans la classe politique, c'est que tout le monde souhaite la victoire de l'Ukraine. Tout le monde est en soutien à l'Ukraine. Maintenant il y a des décisions qui sont de nature stratégique, militaire, sur la livraison d'armes, d'équipements. Je crois qu'il y a une discussion et un débat au sein du gouvernement, au ministère de la Défense, entre des experts, sur la livraison ou pas, notamment des chars nucléaires. Ça pose un problème apparemment de maintenance, mais aussi dans la durée, y compris nous, sur notre souveraineté militaire. Parce que si on livre la majorité des chars nucléaires, on n'en aura plus.

Comme vous le savez, vous savez que l'usine de production est fermée depuis 2006 ou 2008. Donc on a un sujet de souveraineté française, militaire, et puis il y a des aspects plus techniques. Moi je ne suis pas spécialiste de ces questions, je ne suis pas experte. Je pense que la décision qui sera prise par le gouvernement français emportera l'adhésion des Français et des responsables politiques, comme ça s'est fait à ce jour.

1:53
Présentateur

Encore une question sur la Défense, puisque c'est vraiment l'actualité aujourd'hui internationale. Emmanuel Macron a annoncé samedi plus de 400 milliards d'euros pour l'armée. Nous devons avoir une guerre d'avance, tirer les conséquences de ce que notre époque porte en germe, a dit le Président. Est-ce qu'il a raison, dans le contexte ouvert par la guerre d'Ukraine, d'investir massivement dans le budget des armées ?

2:11
Rachida Dati

Ça a toujours été aussi une demande de ma famille politique d'augmenter le budget de la Défense. Donc nous on est en cohérence, on est évidemment favorables à cette augmentation du budget, et ça correspond quand même à la situation internationale. Au-delà même de l'Ukraine, c'est vrai que la situation internationale, il y a des dangers, des menaces partout dans le monde, et des menaces qui se rapprochent quand même de nous. L'Afrique, ce n'est pas si loin.

Regardez la situation que nous avons avec les pays africains, qui ne souhaitent plus d'ailleurs notre présence dans certains pays, qui nous contestent, et à la fois nous on a besoin d'y être, pour des raisons de sécurité du continent européen, et en particulier de la France. Donc je pense que l'augmentation de ce budget a un sens.

2:51
Présentateur

Alors venons-en à la réforme des retraites, passage de 62 à 64 ans, augmentation de la durée de cotisation à 43 ans. Globalement, sur le cadre général, en quelques mots avant d'entrer dans les détails, cette réforme, elle vous paraît équilibrée, de bonne alloi, juste, comme dit Elisabeth Borne ?

3:07
Rachida Dati

Alors d'abord, il y a un fait incontestable. Est-ce que le système des retraites doit être réformé ? Oui, je pense que tout le monde, il y a eu même des sondages sur les Français, où ils disent, oui, ce système doit être réformé, parce que nous souhaitons le préserver. Je parlais tout à l'heure d'identité politique, s'agissant de la défense. Notre identité politique pour la droite, pour ma famille politique, c'est de préserver ce système de retraite par répartition. Ça veut dire quoi, système de retraite par répartition ? C'est une solidarité. Moi, je vois mon père qui était ouvrier, moi, j'étais ravie qu'il puisse bénéficier pas très longtemps, on va parler des carrières longues.

Il a eu un métier difficile, il est décédé, sans vraiment profiter de sa retraite. Sur ce projet de réforme-là. Et donc, le fait incontestable, c'est que nous avons aujourd'hui 1,8 cotisants pour un pensionné. Au moment où François Mitterrand fait sa réforme des retraites, en abaissant l'âge de la retraite à 60 ans, il y avait 4 cotisants pour un pensionné. Donc, de toute façon, nous sommes amenés à réformer ce système. Sur le texte qui avait été proposé, avec l'espérance de vie augmentant, les conditions de travail qu'un cas s'améliorent aussi. Je ne dis pas partout. Et moi, je ne serais pas dans une arrogance à dire les carreleurs, ils peuvent mettre des genouillères ou des exosquelettes.

C'est une honte d'entendre des propos comme ça.

4:26
Présentateur

C'est la majorité qui a été comme ça.

4:27
Rachida Dati

Oui, bien sûr, mais c'est le rapporteur du texte. C'est ça qui est quand même en plus choquant. Mais ce texte, il y a des avancées qui ont été obtenues par Éric Ciotti, notamment sur la pension minimale, et qu'elles puissent bénéficier à l'ensemble des retraités, y compris ceux d'aujourd'hui. Ils ont aussi obtenu des avancées sur le rythme. Vous savez, c'était 6 mois par an jusqu'à 64 ans. On est passé à 3 mois. Là, il y a des discussions encore hier, puisque nous avions une réunion avec Éric Ciotti et des parlementaires. Il y a encore des discussions en cours sur les carrières longues, la pénibilité et sur les femmes.

Parce qu'il y a des inégalités importantes, qui sont d'ailleurs, j'allais dire, c'est systémique. Les inégalités salariales existent. Et sur les pensions de retraite, elles sont encore plus flagrantes.

5:12
Présentateur

Il y a eu cette sortie du ministre des Relations avec le Parlement. C'est pour ça. Vous l'avez entendu, qui a déclaré que, oui, les femmes sont un peu pénalisées par le report de l'âge légal. C'est pour ça que ça a été corrigé par Elisabeth Borne, qui a dit, je ne peux pas laisser dire que notre projet ne protégerait pas les femmes. Mais quand même, il y a cette idée qui commence à entrer que les femmes vont cotiser deux mois de plus que les hommes.

5:34
Rachida Dati

Bien sûr, mais c'est une réalité.

5:35
Présentateur

Est-ce que vous attendez une clarification ou non ? Vous dites, c'est normal ?

5:38
Rachida Dati

Non, non, non.

5:39
Présentateur

Il faut assumer cette inégalité-là. Non, il ne faut pas assumer cette inégalité.

5:42
Rachida Dati

Mais il faut aussi reconnaître que ce texte ne pourra pas corriger toutes les inégalités salariales liées aux femmes. Il y a d'autres dispositifs que nous souhaitons mettre en œuvre. Par exemple, les sanctions d'entreprises qui ne rétablissent pas l'égalité salariale, il faut les mettre en place. Donc, ce texte ne va pas tout corriger. Mais sur ces points-là, carrière longue, pénibilité, sur les femmes, c'est en cours, évidemment, de négociations. Donc, vous le soutenez, ce texte, finalement. S'il y a des avancées, on ne va pas se renier. On est quand même dans une cohérence.

Nous, on n'est pas la gauche, où François Hollande met la retraite à 62 ans, et la gauche d'aujourd'hui met la retraite à 60 ans, avec 40 annuités ou 43 annuités. Ça veut dire quoi ? Cette gauche qui doit défendre les ouvriers ou ceux qui ont un travail difficile ?

6:26
Présentateur

Ce n'est pas François Hollande qui a mis la réforme à la retraite à 62 ans, c'est Nicolas Sarkozy.

6:29
Rachida Dati

Oui, mais la réforme touraine, elle est allée dans le même sens. François Hollande n'a pas remis en cause l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. La gauche, aujourd'hui, veut 60 ans, 40 annuités. Ça veut dire quoi ? Diminution des pensions de retraite. Nous, nous ne souhaitons pas que les retraités aient moins de pensions au moment de leur prise de retraite.

6:49
Présentateur

Autant Rachida Dati, les sondages montrent clairement que les Français ne veulent pas de cette réforme. Alors, est-ce qu'ils se trompent, les Français ? Est-ce qu'ils ont tort ? Est-ce qu'ils passent à côté du principe de réalité ? Pourquoi autant de Français refusent le principe de cette réforme ? Vous avez vu les derniers sondages. Oui, bien sûr. Mais vous avez raison. Six points de plus d'opposition à la réforme en une semaine.

7:10
Rachida Dati

Moi, je comprends le trouble des Français. Vous avez vu la communication erratique du gouvernement. M. Riester dit, oui, cette réforme, finalement, aggrave les inégalités pour les femmes. Oui, sur les carrières longues et pénibles, et sur la pénibilité, on n'est pas au point. Vous ne croyez pas que ça va jeter un trouble chez les Français ? Pour vous, le problème, c'est que c'est le gouvernement

7:30
Présentateur

qui n'arrive pas à expliquer sa réforme, c'est quoi ?

7:32
Rachida Dati

Non, mais les économistes, eux-mêmes, ne sont pas d'accord. Vous en avez beaucoup sur votre plateau, et je les écoute. Ils ne sont pas d'accord entre eux. Regardez les débats que vous avez le vendredi entre Dominique Seux et Thomas Piketty. Il y a des désaccords. Le président du corps, je vous rappelle que c'était le conseiller social de Martine Aubry, il dit, cette réforme, elle n'est absolument pas indispensable. Vous ne croyez pas que ça jette le trouble chez les Français ? Et moi, hier encore, d'ailleurs, j'ai appelé Olivier Dussopt à ce propos. Moi, j'ai été aide-soignante. J'ai commencé à 16 ans à travailler, donc je cotise depuis l'âge de 16 ans.

Donc moi, je suis considérée dans les carrières longues. Mais mes collègues de l'époque, elles travaillent encore comme aide-soignantes. Et justement, je l'ai appelée parce qu'il y a des points, elles sont très inquiètes. Et effectivement, elles vont être amenées à travailler encore plus longtemps dans des conditions très difficiles, avec des salaires très bas. C'est pour ça que nous nous battons... Il faut l'accepter ? Non, mais c'est pour ça que nous nous battons sur ces points d'amélioration. Et le gouvernement est en pleine discussion avec ma famille politique. Donc on ne va pas dire, on arrête tout, on tourne le dos.

Nous, on est pour la discussion, pour arriver, pour sauver ce système de retraite.

8:34
Présentateur

On entend votre position, mais quand vous regardez ce qui s'est passé, ils ont présenté la réforme des retraites il y a trois semaines, trois semaines, ils comptaient sur la lassitude, la résignation des Français, leur fatigue. Ils se sont dit, il n'y aura pas de monde. Bon, il y a eu beaucoup de monde la semaine dernière. On verra mardi s'il y a du monde ou s'il y a moins de monde. Mais de manière générale, l'opposition, ils n'arrivent pas à convaincre. Alors que c'est quoi le problème ? Vous qui êtes observatrice de la... Madame Salami, qu'est-ce que je vous ai dit juste avant ? C'est-à-dire qu'ils arrivent... Mais c'est quoi ? C'est un problème d'incarnation de cette réforme ?

D'explication, de pédagogie, de SAV ? De quoi ? Mais qui porte...

9:05
Rachida Dati

Elisabeth Borne, Olivier Dussopt, Olivier Véran, Franck Hester ? D'accord. Et qui a obtenu des avancées ? Des avancées sociales ? Sur les carrières longues ? Sur la pension minimale ? C'est les LR, c'est Éric Ciutti.

9:18
Présentateur

Vous me faites une réponse politicienne. Je vous demande pourquoi... Vous voulez qu'on dise bravo les LR, mais là, ce n'est pas les LR qui portent le texte.

9:24
Rachida Dati

Non, est-ce que je vous ai dit de dire bravo les LR ? Je ne suis pas là pour dire bravo les LR. Je vous dis simplement que la pension minimale à 1200 euros brut, ce n'est quand même pas une petite affaire, Madame Salami. Mais donc, ne me dites pas, c'est de la politicienne. Ce n'est pas politicienne de dire ça.

9:37
Présentateur

J'essaie de comprendre pourquoi est-ce que...

9:39
Rachida Dati

Ce que vous défendez, vous et le gouvernement, vous n'arrivez pas à convaincre les Français. Nous le négocions. Justement, aujourd'hui, le texte n'est pas satisfaisant. Les Français nous le disent. Et donc, nous, on continue à se battre pour obtenir ces avancées. C'est ce que fait M. Ciutti vis-à-vis de Madame Borne. Et hier encore, moi, j'ai eu Olivier Dussopt. Les négociations sont en cours. On va attendre. Vous savez que le texte n'est même pas encore sur la table. La Commission va en débattre. La Commission à l'Assemblée nationale. Le 30 janvier, enfin, la négociation parlementaire va s'ouvrir. Il y aura des amendements. Il y aura des avancées.

S'il n'y a pas d'avancées, on ne va pas aller avec eux. Nous, on veut sauver ce système par répartition. Et on veut, évidemment, préserver...

10:22
Présentateur

Vous n'allez pas aller avec eux ?

10:23
Rachida Dati

Mais non, mais il faudra bien améliorer le texte. Et il sera forcément amélioré. Le débat parlementaire, ce n'est pas un débat pour rien.

10:30
Présentateur

Mais parce que vous n'êtes pas tous d'accord à droite sur cette réforme non plus. Aurélien Pradié, plus les semaines passeront, plus les Français mesureront les injustices massives de l'actuelle réforme des retraites. Sans justice, pas de réforme. Xavier Bertrand, aujourd'hui, on a une réforme terriblement comptable. Et la justice est quasiment inexistante. Ils ont tort ? Vous leur dites quoi ?

10:52
Rachida Dati

Je ne dis pas qu'ils ont tort. De quoi parlons-nous depuis tout à l'heure ? Je vous dis, il faudra obtenir des avancées. C'est ce que tout le monde fait.

10:59
Présentateur

Injustice massive ?

11:01
Rachida Dati

Il y a une injustice sur les carrières longues. Il y a une injustice sur les femmes. Il y a une injustice. Eux-mêmes le reconnaissent. Ils le savent très bien. Donc, ils essayent d'avancer. Je vous dis, en fait, la réalité des choses, c'est qu'ils souhaitent avancer. Il y a un problème de coût. Par exemple, sur les carrières longues, ça coûterait 2 milliards. Et donc, ils sont en train de voir, effectivement, comment ils calibrent ça. Donc, moi, j'espère que nous allons obtenir ces avancées. Parce que qui se bat pour ces avancées ? Je ne veux pas dire... Pardon, madame Salami, je ne veux pas dire... Bravo, LR ! Mais quand même, on fait de la politique pour ça.

11:32
Présentateur

Voilà. Enfin, je vous rappelle que les LR, ils défendaient la retraite à 65 ans dans la campagne présidentielle il y a 6 mois. D'accord. Non, mais ce n'est pas la peine de le dire sur ce ton.

11:40
Rachida Dati

Non, mais ce que je veux dire, ce n'est pas ça. C'est qu'il la défendait dans un autre contexte. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron a été un peu piégé parce que le contexte ne s'y prête pas. S'il avait fait la réforme sur son premier quinquennat, elle serait sans doute passée. Et avec notre soutien.

11:56
Présentateur

Mais pensez-vous, Rachida Dati, que le gouvernement va quand même pouvoir compter sur vos voix parce que quand on prend une calculette et c'est ce qu'a fait le service politique de France Inter, le compte n'y est pas encore. Sur 62 députés, 15 veulent voter pour, 16 contre, 7 vont s'abstenir, 4 sont indécis et 20 ne répondent pas. Alors, où est la ligne du parti, là, sur les retraites ?

12:16
Rachida Dati

J'en vais recommencer. Est-ce qu'il y a un texte ? Est-ce qu'il y a un texte ? Ça peut dire, non ? Non mais, est-ce qu'il y a un texte ? Est-ce qu'il y a un vote ? Est-ce que vous avez un texte ? Consolidé. Il y a eu un texte qui a été adopté en Conseil des ministres et qui arrive lundi. Oui, d'accord. Généralement, le texte en Conseil des ministres, ce n'est pas ce qui sort du Parlement. Il y a juste un petit détail. On comprend le principe. Vous attendez la discussion parlementaire, d'améliorer le texte et vous voterez. Déjà, je vais vous dire, ça va donner le ton à l'issue de la commission. Avant même le débat en séance publique.

À l'issue de la commission, ça va donner déjà la première forme du texte.

12:52
Présentateur

Sur le soutien des LR à la réforme des retraites, Jordan Bardella, le président du RN, il voit une clarification. LR, qui était la béquille du gouvernement et le bac à sable d'Emmanuel Macron depuis plusieurs mois, est enfin entrée dans la majorité présidentielle. Vous lui répondez quoi ?

13:04
Rachida Dati

Ce que je lui ai déjà dit, je n'ai pas une tête de béquille. Parce qu'on a des têtes de béquille. Et eux, ce ne sont pas des béquilles quand ils votent le texte pouvoir d'achat avec En Marche ? Et ce ne sont pas des béquilles quand ils votent la motion de censure avec Aléfi ? Donc, il faut arrêter. Moi, je n'utilise pas ces termes. Je ne les traite pas ni de béquilles, ni de quoi que ce soit. C'est-à-dire que quand vous arrivez à trouver un compromis dans l'intérêt des Français, eh bien, on le vote. Voilà.

13:27
Présentateur

L'hôtel de Ville de Paris, on vient de l'apprendre là, sera Mairie solidaire mardi prochain lors de la journée de mobilisation. C'est ce que vient d'annoncer Anne Hidalgo. Les portes de la mairie seront symboliquement fermées mardi en soutien ou en solidarité avec la journée de mobilisation. Vous en pensez quoi ?

13:45
Rachida Dati

Ça, c'est typique Mairie de Paris, Anne Hidalgo, le gadget. Elle a appelé, alors que François Hollande faisait adopter la réforme touraine, ils sont revenus à la retraite à 60 ans. Donc, ça démontre l'incompétence. Une retraite à 60 ans, 40 annuités, c'est une baisse des pensions. Si c'est comme ça qu'on défend les Français, c'est parce qu'elle a défendu pendant sa campagne. Ah si, elle a défendu 60 ans. Demandez à vos checkers. Elle a défendu 62. Non, non, non, ils ont défendu 60 ans avec Olivier Faure. Ben, checker.

14:14
Présentateur

Non, non, non, pendant la campagne présidentielle, elle a défendu les 62 ans, Anne Hidalgo.

14:18
Rachida Dati

Sur les 60 ans. Ils sont revenus à 60 ans. Ils défendent quoi, là, aujourd'hui, la gauche ?

14:22
Présentateur

Ils défendent quoi ? Aujourd'hui, ils sont avec la NUPES. Ils ont un peu changé, mais le Parti Socialiste, pendant la campagne présidentielle, il a défendu les 62 ans. Il a défendu les 62 ans. Au moment, ils voulaient trouver l'accord. On va vérifier. On va passer au standard d'Inter, où Eric nous attend.

14:34
Rachida Dati

Mais aujourd'hui, Madame Hidalgo, elle défend quoi ? 60 ou 62 ? On va lui demander si elle accepte de parler.

14:40
Présentateur

Oui, et on va donner la parole. On va donner la parole en attendant à Eric, qui nous appelle de la réunion. Bonjour et bienvenue.

14:47
Auditeur

Bonjour à tous. Bonjour. Je suis un modeste technicien d'informatique, mais ça m'intéresse. Une question qu'on a pour pouvoir financer les retraites, on a besoin de plus d'argent. Pourquoi ne pas plutôt remettre en question les 35 heures ? Parce que dans le secteur privé, en tout cas, je ne connais personne qui travaille 35 heures. Sur le contraire, c'est écrit 35, la réalité, c'est beaucoup plus. Pourquoi ne pas repasser tout ça à 40 heures ? Et à ce moment-là, on aura une augmentation du volume travaillé et une augmentation des taxes. Et on pourrait... Je n'ai pas fait une simulation ou autre, mais ce ne serait pas intéressant de penser à un nouveau débat.

15:26
Présentateur

Vous n'avez pas fait la simulation, mais vous avez bien décrit le raisonnement. Et pour cela, je vous remercie, Eric, et je transmets la question à Rachida Dati.

15:38
Rachida Dati

Le débat sur les 35 heures avait eu lieu au moment où Nicolas Sarkozy était président. Et il n'avait pas souhaité remettre en cause les 35 heures en disant qu'il faut garder une durée légale du travail. Ça permettait quoi ? Ça permettait d'avoir des heures supplémentaires, des fiscalisés qui ont très très bien marché. Et d'ailleurs, c'est pour ça, elles ont tellement bien marché que François Hollande les a supprimés juste pour énerver la droite. Alors que les Français les réclamaient. Et donc là, on y revient aux heures supplémentaires des fiscalisés. Et donc, ça permet d'avoir cette durée légale du travail. On ne peut pas mener toutes les réformes en même temps. Ce n'est pas possible.

Et d'ailleurs, si je prenais un exemple, la mairie de Paris ne respecte pas, puisque Mme Hidalgo a été condamnée par le tribunal pour non-respect de la durée légale du travail, puisque à la mairie de Paris, les 35 heures ne sont pas faites. On va y venir à la mairie de Paris, je sais que vous brûlez d'en parler. Non, mais attendez, mais bien sûr, vous n'allez pas me dire que vous êtes super content de l'état de Paris. Voilà, donc que ce soit pour moi un combat, c'est un combat Paris.

16:37
Présentateur

Allez, on retourne au standard. Antoine nous appelle de Clichy, bienvenue sur Inter.

16:42
Auditeur

Bonjour. Bonjour. Bonjour Mme Dati. Bonjour. Vous avez cité il y a quelques instants un chiffre 1,4 actif pour un retraité. 1,8. Or, il y a de très nombreux retraités qui continuent à travailler une fois ayant pris la retraite et ces retraités, sous forme soit de salariés, soit sous forme d'auto-entrepreneurs, continuent à cotiser à la fois pour le chômage, à la fois pour la retraite, dont ils ne pourront jamais bénéficier. J'aimerais bien savoir combien cela représente de personnes, d'une part, et d'autre part, quel est le montant global que cela représente ? Merci Mme Dati.

17:20
Présentateur

Merci Antoine pour cette question archi précise. Rachida Dati ?

17:24
Rachida Dati

Alors, je ne connais pas le chiffre exact, le nombre que ça peut représenter, mais nous avions mis en place un dispositif du cumul emploi-retraite qui marchait très bien, qui était une demande d'ailleurs aussi des retraités, soit d'améliorer leur montant de retraite, soit pour certains de continuer à travailler. C'est vrai que ça n'améliorait pas la retraite. Ce dispositif avait été aussi revu par la gauche et ils l'ont évidemment complexifié. D'ailleurs, il y a beaucoup de retraités aujourd'hui qui complètent leur retraite par un emploi et qui sont rattrapés par les impôts.

Et donc, sur ce dispositif, vous avez raison, monsieur, de le souligner, nous, on souhaite que le dispositif cumul emploi-retraite soit simplifié et qu'il puisse bénéficier à ces retraités qui veulent continuer à travailler.

18:04
Présentateur

Quelques questions encore.

18:06
Rachida Dati

Au fait, Rachida Dati, il est où Laurent Wauquiez ? Il était hier à la réunion de l'équipe dirigeante. Ah oui, ça vous fait rire ? Non, parce qu'on ne l'entend pas. Non, mais vous avez raison. Moi, je lui ai dit, alors il n'est peut-être pas content que je... Moi, je lui ai dit, là, il faut y aller, il faut prendre position sur tous les sujets. Et il vous a répondu quoi ?

18:24
Présentateur

Qu'il le faisait. Parce que les retraites, c'est quand même une réforme capitale pour le pays. Pour le pays et pour notre famille politique. Voilà, pour votre famille politique, vous avez un parti qui a déjà, Éric Ciotti a été très clair, désigné son candidat pour 2027, il s'appelle Laurent Wauquiez, il ne prend pas position publiquement. Non,

18:39
Rachida Dati

le candidat n'a pas été désigné puisque ça va se faire... Et il le souhaite ? Oui, il le souhaite, ça c'est le choix évidemment d'Éric Ciotti, mais c'est vrai que moi j'ai dit à Laurent Wauquiez, s'il a vocation à vouloir être candidat à un moment donné, il faut prendre la parole sur des sujets structurant notre société et qui sont l'identité de notre famille politique.

18:56
Présentateur

Il ne veut pas se mouiller, c'est quoi ? Non, pas du tout.

18:58
Rachida Dati

Il a dit qu'il l'avait déjà fait, ce qui est vrai, il prend la parole. Vous l'avez entendu au public ? Oui, il a pris la parole en peut-être manière plus locale, il fallait à Lyon, mais il va peut-être bientôt venir chez vous.

19:10
Présentateur

Question sur Paris, Anne Hidalgo a annoncé un référendum sur le sort des trottinettes électriques en libre-service. La question sera simple, continue-t-on ou pas avec ces trottinettes en libre-service ? Vous en pensez quoi, Rachida Dati ?

19:23
Rachida Dati

Sur ces trottinettes, en fait, on a une dette de 10 milliards d'euros à Paris et donc Mme Hidalgo souhaite récupérer de l'argent partout. Donc elle a donné des autorisations d'occupation du domaine public à tous ses opérateurs sans cadre, sans contrôle, sans régulation. Nous, on a demandé depuis des mois qu'il y ait une régulation, qu'il y ait des contrôles, le port du casque, une immatriculation et une vitesse bridée. Nous le demandons depuis des mois. Et comme là, elle a été débordée par cette absence de régulation, évidemment, on a un taux d'accidentologie extrêmement important à Paris et le chaos dans l'espace public.

Donc, comme elle ne prend pas la décision et qu'il y a des désaccords au sein de sa majorité entre les écologistes et elle, donc elle dit, finalement, je ne prends pas la décision, je demande aux Parisiens de la prendre. Et vous, votre point de vue, c'est quoi ? On ne peut pas dire qu'on ne fait pas de régulation, donc ça conduit à l'interdiction. Moi, je ne souhaite pas que Paris soit la seule ville au monde à ne pas mettre de régulation et à ce que les Parisiens ne puissent pas bénéficier aussi de cette mobilité. Vous prenez les trottinettes, vous parliez ? Non, mais moi, à Paris, vous avez vu le chaos, j'ai essayé de faire du vélo avec ma fille, ça a duré 10 minutes.

20:31
Présentateur

Autre question sur Paris, le PSG a émis le souhait de racheter le Parc des Princes pour le rénover, c'est un chantier à 500 millions d'euros dans lequel le club ne veut pas se lancer si le stade ne lui appartient pas. Vendre le Parc des Princes est niette pour Anne Hidalgo, position ferme et définitive, je la cite, il s'agit d'un patrimoine exceptionnel des Parisiens. Vous en pensez quoi ? Elle a raison de dire non sur ce point ?

20:55
Rachida Dati

Comme toujours, Mme Hidalgo ne tient pas sa parole. Elle s'était engagée auprès du président du PSG à vendre le Parc des Princes. Et d'ailleurs, je vais vous dire, puisque moi, j'ai été approchée en disant, puisque les écologistes sont contre, elle a suggéré en disant qu'effectivement que la clé du vote pouvait venir de mon groupe politique. Mais on n'y était pas favorable forcément. Et donc, elle s'est engagée auprès du président du Paris Saint-Germain. D'où la colère d'ailleurs du président du Paris Saint-Germain qui est son amie. Ils se connaissent très bien, ils sont très proches, ils se voient souvent et elle s'y était engagée. Ce qui n'est pas mon cas.

Et donc, aujourd'hui, comme toujours, elle revient sur sa parole et elle laisse ses adjoints s'exprimer parce que vous avez vu que son adjoint a dit le Parc des Princes n'est plus à vendre. Elle n'a pas dit il n'est pas à vendre, il n'est plus à vendre. Donc aujourd'hui, il faudra trouver une solution avec le Parc des Princes et le PSG.

21:45
Présentateur

Rachida Latif, vous n'êtes pas contente

21:47
Rachida Dati

du nombre de séances du Conseil de Paris. Qu'est-ce qui se passe ? C'est assez inédit pour la ville de Paris. C'est la première fois qu'un maire ne souhaite plus qu'il y ait des conseils de Paris tous les mois. Conseil de Paris, c'est quoi ? C'est l'instant... Alors, il vous répond dans la majorité

22:00
Présentateur

municipale qu'il n'y a qu'une séance de moins que d'habitude.

22:03
Rachida Dati

Non, non, non. Parce que la prochaine, la dernière séance était début décembre pour adopter le budget et puis la prochaine est fin mars. Ça ne s'est jamais vu. Donc vous dites qu'on ne siège pas, c'est ça ? Donc on ne peut pas débattre des sujets qui concernent les Parisiens et on ne prend pas les décisions qui concernent les Parisiens. C'est quand même une ville importante. Puis on n'est pas loin des JO. Il y a des enjeux. Il y a des enjeux majeurs. Et donc là, elle a décidé qu'effectivement elle ne siègerait pas. On va être prêt pour les JO ? Sur les JO, je vous invite à voir les conclusions du rapport de la Cour des comptes. Les infrastructures pas terminées.

La sécurité pas assurée puisque apparemment on n'a pas assez d'effectifs pour assurer la sécurité. Il y aura un impôt JO. Madame Hidalgo, encore une fois, elle ne tiendra pas sa parole. Elle s'était engagée au moment de... Il y a quelque chose qu'elle... Attendez, mais juste, je termine. Elle s'était engagée à ce que ces JO ne coûtent ni aux Parisiens ni aux Français. Là déjà, on a un dérapage financier extrêmement important. Infrastructures pas prêtes, dérapage financier et puis pas d'effectifs de sécurité. Il y a quelque chose qu'elle fait bien à Hidalgo ? Ce qu'elle fait bien, c'est que c'est du genre ça ne me touche pas. C'est-à-dire qu'elle, même pas mal.

Mais ça, les Parisiens, ils souffrent. Parce que c'est le chaos partout. Ce qu'elle fait bien, c'est que ça ne la touche pas.

23:18
Présentateur

Juste pour... On a fact-checké, comme on dit maintenant. Je suis désolée, mais j'avais raison. Anne Hidalgo veut maintenir l'âge de la retraite à 62 ans. Je vous lis son programme. Maintenir l'âge de la retraite à 62 ans et rétablir les critères de pénibilité. Et là, ils sont sur 60 ans. Donc, effectivement, la campagne présidentielle, ce n'était pas 60 ans, c'était 62 ans. Olivier Faure a fini par 60 ans. Oui, mais le point a été vérifié. Ça, c'était après, pendant l'année dernière. Le point a été vérifié. Le point a vérifié. C'était pendant la NUFES, pendant la présidentielle. Anne Hidalgo a défendu les 62 ans. Aujourd'hui, ils sont sur 60 ans. Merci Rachid Haddaddy.

Président du Conseil national du parti Les Républicains, maire LR du 7e arrondissement de Paris. Merci d'avoir été à notre micro.

23:58
Rachida Dati

Merci et bravo LR.

Retraites : "Le texte n'est pas satisfaisant, on se bat pour obtenir des avancées", assure Rachida Dati — Rachida Dati · Pourquijevote