L'invité de Bourdin Direct : Matthieu Orphelin - 20/05
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:44FerméeRéponse directe
Est-ce que votre volonté c'était de faire perdre à la République En Marche la majorité absolue ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Il y a eu des pressions, est-il vrai qu'il y a eu des pressions terribles de la part de la majorité pour freiner les ardeurs de certains députés ?
- 2:49OuverteRéponse partielle
Un nouveau groupe, est-ce que ça veut dire bientôt un nouveau parti politique ?
- 4:14FerméeRéponse directe
Est-ce que vous êtes un dissident ?
- 4:48RelanceRéponse directe
Mais aujourd'hui, vous êtes un opposant à Emmanuel Macron, la politique d'Emmanuel Macron ou pas ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes mécontent ou pas de la politique conduite actuellement par le président de la République ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40PrésentateurChiffre
« 17 députés, c'est bien cela. »
- 0:51PrésentateurFait
« Non, ce n'était pas ça la volonté. »
- 1:20PrésentateurPromesse
« Pourquoi pas l'extension du RSA au moins de 25 points, etc. »
- 2:01PrésentateurFait
« Oui, il y a eu des pressions. »
- 2:55PrésentateurFait
« D'abord, il y a des gens de différents partis politiques. »
- 4:22PrésentateurFait
« Je suis parti du groupe La République En Marche il y a 17 mois. »
- 5:33PrésentateurChiffre
« 500 milliards, effectivement, un sans faute là au niveau européen. »
- 6:03PrésentateurFait
« Non. Et par exemple, sur le dernier projet de loi de finances de la Sécurité sociale, je n'ai pas voté ce PLFSS. »
- 7:16PrésentateurChiffre
« 27% des Français seulement sont pour la tenue du second tour au mois de juin. »
- 12:13PrésentateurFait
« aujourd'hui, vous êtes plutôt majoritairement contre. »
- 12:54PrésentateurPromesse
« il faut offrir 200 euros par mois pour les infirmiers et infirmières. »
- 12:56PrésentateurPromesse
« Il faut créer 200 000 postes supplémentaires dans les EHPAD et l'aide à domicile. »
- 13:08PrésentateurPromesse
« taxer les véhicules individuels les plus lourds et les plus polluants. »
- 13:36PrésentateurChiffre
« 5 milliards d'euros. »
- 14:50PrésentateurPromesse
« nous avons proposé une aide de 2 000 euros, un super bonus pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables. »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Invité politique25 %
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. C'est 8h34 et c'est une exclusivité que je vous propose puisque je reçois Mathieu Orphelin. Je dis exclusivité. Bonjour Mathieu Orphelin. Exclusivité parce que vous ne vous êtes pas exprimé depuis hier la présentation de votre nouveau groupe parlementaire. Je suis bien content de vous voir en vrai, de faire cette interview en vrai. Et d'être ici dans le studio. J'insiste pour que tout le monde soit là. Député du Manet-Loire, coprésident de ce nouveau groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité. Nouveau groupe à l'Assemblée Nationale, 17 députés, c'est bien cela. Est-ce que votre volonté c'était de faire perdre à la République En Marche la majorité absolue ?
Non, ce n'était pas ça la volonté. Une seule volonté pour les 17 membres de ce groupe, servir notre pays. Être utile à notre pays. On est en train de sortir de la crise sanitaire, c'est très compliqué. On a l'essentiel des problèmes devant nous. La crise économique, notamment, comment on arrive à sauver nos emplois, sauver nos savoir-faire. Comment on arrive à développer plus l'écologie, la solidarité. Vous savez, les conséquences de cette crise sur les plus fragiles vont être terribles. Donc, il faut là des nouveaux dispositifs. Pourquoi pas l'extension du RSA au moins de 25 points, etc. On va en parler, on va parler de votre programme. Et donc, effectivement, c'est ça notre but.
Ce n'était pas les affaires politiciennes de faire perdre la majorité aux uns aux autres. Mais je pense qu'on a vu les trois premières années où LREM avait la majorité absolue. Est-ce que cela a renforcé le Parlement ? Je ne crois pas. Maintenant, les décisions devront être prises plus collectivement. Et je pense que c'est bon pour notre démocratie.
Bien, 17 membres, 17 députés, vous deviez être plus nombreux. Il y a eu des pressions, est-il vrai qu'il y a eu des pressions terribles de la part de la majorité, justement, pour freiner les ardeurs de certains députés qui auraient voulu vous rejoindre ? Oui ou non ?
Oui, il y a eu des pressions. Là n'est pas l'essentiel. Non, non, mais d'accord. Mais il y a eu des pressions de quelle sorte ? De quelle sorte ? Des coups de fil plus ou moins amicaux, des promesses de fonction ou de tâches à venir. Mais l'essentiel...
C'est-à-dire qu'on faisait des promesses aux députés pour qu'ils restent dans la majorité.
Vous savez, où on leur expliquait comme quoi ça allait pouvoir desservir le pays si jamais ce groupe se créait, etc. On aurait dû partir un peu plus d'une vingtaine. On est 17, c'est déjà bien. L'essentiel est là. D'autres nous rejoindront. C'était une forte pression de monter ce groupe. On a hésité jusqu'au dernier moment. Il y a eu des rebondissements jusqu'à tard dans la nuit de lundi soir. L'essentiel est là. Tournons-nous vers les deux ans à venir qui doivent être utiles pour notre pays.
Alors un nouveau groupe, Mathieu Orfelin, est-ce que ça veut dire bientôt un nouveau parti politique ?
D'abord, il y a des gens de différents partis politiques. Delphine Bateau qui préside un parti écologiste. Il y a des gens comme Émilie Carlioux qui veulent rester au Parti En Marche. D'autres qui peut-être réfléchissent à créer un nouveau mouvement. Un nouveau parti politique, vous êtes favorable ou pas ? Un parti à l'ancienne, non. Mais en tout cas, ce qui est clair, par exemple, depuis hier soir, j'ai reçu de nombreux messages me disant on espère que votre groupe politique débouchera sur un mouvement. Je dis attention, on ne mélange pas tout. On a des partis politiques différents représentés dans ce mouvement.
Mais vous n'écartez pas l'idée d'un nouveau parti politique,
d'un nouveau mouvement politique ? Un parti à l'ancienne, non. Mais réinventer la politique pour que la politique travaille enfin mieux avec toutes les parties prenantes, les syndicats, les organisations professionnelles, les associations, les ONG, etc., les citoyens. Oui, moi je pense que la politique doit se réinventer. On apprend tout de cette terrible crise du Covid-19. Les Français ont besoin, ont envie de démocratie participative. On l'a montré encore dans le jour d'après. Et donc voilà, oui, réinventons.
Bon, mais depuis le début de la Ve République, on nous dit on va réinventer la politique, hein ?
Oui, mais remettons sans cesse ça sur l'ouvrage. Est-ce que le fonctionnement du monde politique actuel est satisfaisant ? Non. La majorité dit tout ce que je fais, c'est génial. L'opposition dit tout ce que fait la majorité est acheté. Ben moi, nous, ça, les Français, ils en ont marre.
Alors, est-ce que vous êtes un dissident ?
Jamais de la vie. Vous n'êtes pas un dissident ? Je ne suis pas un dissident. Moi, je suis parti du groupe La République En Marche il y a 17 mois. En disant, déjà à l'époque, l'écologie, nous ne sommes pas au bon rythme sur aucun des chantiers. Je n'ai jamais dit, rien n'a été fait. J'ai dit juste, écoutez les scientifiques, écoutez la société civile. Donc, pas de dissidents, pas de frondeurs. Nous, on est les constructeurs.
Alors, je ne comprends pas. Il faut être clair en politique, vous êtes d'accord avec moi. On est un groupe indépendant. Vous avez été élu, vous avez été élu grâce à la photo d'Emmanuel Macron en partie. Oui, c'est vrai. Tout à fait. C'est vrai. Mais sur l'ambition initiale...
Mais alors, aujourd'hui, vous êtes un opposant à Emmanuel Macron, la politique d'Emmanuel Macron ou pas ? On ne peut pas être plus clair, je vais vous dire en un mot. Nous sommes un groupe politique indépendant. Ni dans la majorité, ni dans l'opposition. A chaque fois qu'il faudra voter ou soutenir des avancées, nous serons là. A chaque fois qu'il faudra dire, ça ne va pas dans la bonne direction, nous serons là. Nous sommes indépendants. On a sorti hier 15 premières propositions très concrètes. Je vais y venir. Qui sont d'ailleurs en accès libre. Si certains des autres groupes politiques veulent y travailler avec nous, on est ravis.
Bon, est-ce que vous êtes mécontent ? Alors, je vous pose la question autrement. Est-ce que vous êtes mécontent ou pas de la politique conduite actuellement par le président de la République ?
Il y a des très bonnes choses, notamment à l'Europe. Je signale notamment, évidemment, l'accord franco-allemand de l'indice-là. Que vous soutenez. 500 milliards, effectivement, un sans faute là au niveau européen. Sur la politique nationale depuis trois ans, je trouve qu'on n'a pas fait assez sur la démocratie. On n'a pas fait assez sur l'écologie. On n'a pas fait assez sur la solidarité. En particulier, par exemple, sur l'hôpital, qui est l'une de nos 15, évidemment, grandes mesures. Donc oui, sur ces sujets-là, il faut faire beaucoup plus dans les deux dernières années du mandat.
Mais Mathieu Ruffelin, vous avez voté comment depuis que vous êtes député ? Est-ce que vous avez toujours soutenu le gouvernement ?
Non. Et par exemple, sur le dernier projet de loi de finances de la Sécurité sociale, je n'ai pas voté ce PLFSS en raison notamment sur l'hôpital. Vous n'avez pas voté contre ? Non, parce qu'il y avait d'autres choses intéressantes. Au dernier moment, on avait eu quelques ajustements. Mais vous savez, ce sera, je crois, pour les 17 députés, vraiment un point important. Texte après texte, on regardera. Est-ce que c'est assez ambitieux ? Est-ce que ça va dans la bonne direction ? Il n'y a pas de vote impératif chez nous. On n'est pas des députés godillots. On votera en notre âme et conscience. C'est pour ça qu'on a été élus en 2017.
Et dans votre groupe, plus de femmes que d'hommes, j'y reviendrai aussi. Les municipales, est-ce que vous préférez qu'elles aient lieu le 28 juin ou après l'été ?
C'est une question très difficile. Il va falloir analyser. C'est d'abord une question difficile. Qu'est-ce qui serait le plus simple ? Quand on est dans la majeude, de dire le choix d'Edouard Philippe de vendredi prochain, c'est le bon. Et quand on est dans l'opposition, le choix d'Edouard Philippe, c'est le mauvais. Nous, on ne sera pas dans ce qu'il va là.
Vous, quel est votre choix ? Que préférez-vous ?
En lisant, il faut qu'on expertise collectivement le rapport d'hier. Parce qu'une des particularités de notre groupe, c'est écouter les acteurs. Les scientifiques, les élus locaux, etc. C'est très compliqué.
Alors moi, je vous donne un sondage. Tiens, vous allez répondre à ma question. Mais Mathieu Herfelin, 27% des Français seulement sont pour la tenue du second tour au mois de juin. 27% seulement.
Les Français ont peur, sont angoissés. Regardez dans les quartiers populaires, à Marseille par exemple. 3% des élèves ont rejoint le chemin de l'école. Parce que les parents ont peur. Et donc là, il faut qu'on réfléchisse à tout ça. Comment on arrive ? On a réouvert les écoles pour lutter contre le décrochage scolaire. Résultat, c'est les élèves qui sont souvent le plus en difficulté, qui ne vont pas à l'école. Moi, j'ai été marqué par cette phrase d'une dame qui dit « La santé de mon enfant, avant tout, je préfère qu'il redouble. » Donc c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille. Vous voyez qu'on arrive à...
Alors, je vous pose la question. Est-ce que vous êtes plutôt favorable à ce que ce second tour se tienne en juin, ou plutôt après l'été ? Pour l'instant, moi je trouve que c'est une question très complexe.
Non mais d'accord, mais vous ne pouvez pas me faire comme tous les politiques. Non, moi je ne fais pas comme tous les politiques. C'est une question très complexe. Non mais là, attendez, une campagne, il y a 5 000. Vous n'êtes pas vous, personnellement. D'abord, dans ma circonscription, je n'ai aucune sur les 20 communes. Oui, d'accord. Je n'ai aucune autre circonscription.
Oui ou non, est-ce que vous êtes plutôt favorable à ce que cette élection se tienne au mois de juin ?
Vous avez lu, j'espère, le rapport des scientifiques qui met tout un tas de préconisations si ça avait lieu fin juin. Moi, je pense que si ça a lieu fin juin, par exemple, il faut le faire très tardivement en juin. Est-ce que vous préférez fin juin ? C'est moi qui dis ma phrase, je suis en train de vous répondre en plus très concrètement. Si c'est fin juin, il faut vraiment que ce soit toute fin juin et que les écoles ne réouvrent pas après. Parce qu'on ne va pas organiser dans les écoles le second tour pour que le lundi matin... Alors, mieux vaut organiser en septembre ? Il faut voir, en tout cas, c'est vrai que c'est une campagne.
Non mais vous êtes extraordinaire, vous dites qu'il faut voir. 5 000 communes. Non mais moi je vais en discuter avec mes collègues, lire plus profondément le rapport d'IA. Je n'esquive pas la question, mais excusez-moi aujourd'hui de vous admettre que laissez-moi encore 24 ou 48 heures. Je suis désolé, je sais que vous êtes habitué. Vous aimez les hommes politiques.
Vous savez ce que j'aime, moi, Mathieu Ruffelin ? Ce n'est pas qu'ils disent oui ou non, c'est que les hommes politiques répondent aux questions. Voilà ce que j'aime. Moi j'essaye à chaque fois. C'est pas oui ou non. Oui ou non, on peut dire oui en expliquant pourquoi on dit oui. Ou dire non en expliquant pourquoi on dit non. Et on peut aussi dire ni oui ni non et ne rien expliquer. Et surtout laisser le téléspectateur, sans réponse. Et ça, c'est la plus mauvaise des solutions.
Moi je vous dis, si c'est en juin, il faut absolument que ce soit toute fin juin pour que les écoles ne réouvrent pas le lundi. Deuxièmement, si c'est en juin, vous avez vu toutes les préconisations du Conseil scientifique. Pas de campagne électorale en vrai. Une revoyure 15 jours avant le premier tour. Donc c'est une question très complexe. De temps en temps, pas d'avoir d'avis de trancher a priori et pas d'avoir d'arrière-pensée politicienne. C'est pas forcément trop mauvais non plus. Qui soutenez-vous à Paris ? Cédric Villani ? Au premier tour, j'ai soutenu avec plaisir Cédric Villani parce que, d'abord, au début, tout le monde disait le candidat farfelu, etc.
Au final, il avait le meilleur programme. 200 pages. Plus jamais, sur les derniers jours de campagne, avant la terrible crise du Covid-19, il y avait ses a priori du début. Donc, il s'est crédibilisé sur cette campagne. Et donc, je donnerai mon choix pour le deuxième tour très prochainement. qui sera candidat au deuxième tour ? Est-ce que vous savez si Mme Buzyn sera candidate ? Moi, je ne le sais pas, par exemple. Vous ne pouvez pas soutenir Agnès Buzyn ? Non, clairement non. Clairement non ? Non, il n'y a pas d'ambiguïté. Voilà une réponse claire.
Voilà une ambiguïté. Enfin, une ambiguïté, pardon. De lever. Pas d'ambiguïté. Lever, ça veut dire Cédric Villani s'il est candidat ? Ce n'est pas sûr ?
Pour l'instant, au premier tour, il peut se maintenir dans un arrondissement. Il peut faire des alliances dans d'autres arrondissements.
Alliances avec qui ? Il vaut mieux faire une alliance avec Agnès Algo ?
Agnès Algo a un très bon bilan écologique.
Très bon bilan écologique. C'est-à-dire que Mathieu Orphelin, vous êtes prêt à vous allier avec Agnès Algo ?
Tout le monde connaît. Moi, je ne suis pas candidat à Paris. Je ne suis pas dans l'équipe officielle de Cédric Villani. Je ne parle pas pour lui. Je ne suis pas son porte-parole. C'est à lui de se positionner.
Mais enfin, Cédric Villani pourrait trouver
un accord avec Agnès Algo. Je n'ai pas dit ça. Moi, vous me posez qui vais-je soutenir au deuxième tour. Je vous réponds très clairement que, par exemple, s'il y avait un deuxième tour Buzyn-Hidalgo, évidemment que je soutiendrai Agnès Algo.
Ce n'est pas le sujet de ce matin. Demandez-vous le lancement d'une commission d'enquête à l'Assemblée Nationale sur la crise du coronavirus.
Il y en aura une au Sénat. Les commissions d'enquête du Sénat marchent bien. Que la mission d'information actuelle de l'Assemblée Nationale se transforme en septembre en commission d'enquête me paraît compte tenu de la crise que nous avons vécue, que nous vivons, me paraît quelque chose effectivement d'important. Mais pas pour chercher des coupables, pour chercher des coupables. Mais c'est la plus grande crise de notre histoire. Il faut en tirer toutes les conséquences.
Le 27 mai, débat et vote à l'Assemblée Nationale sur le traçage durant le déconfinement. Est-ce que vous voterez pour ce traçage ?
Nous avons organisé dès la création du groupe hier une réunion qui aura lieu ce vendredi avec le ministre en charge de ces sujets, Cédric O. Dans le groupe, pour l'instant, majoritairement, nous avons beaucoup de questionnements, beaucoup de questions sur cette... Aujourd'hui, vous êtes plutôt majoritairement contre. Je crois, mais avec aussi, on l'assume. Et nous, on assumera la biodiversité des votes. On ne va pas faire un esclandre à chaque fois qu'un député du groupe voudra voter contre la veillie majoritaire. On va chercher le consensus en permanence. Mais là, je sais que, par exemple, le collègue Cédric Villani est plutôt favorable à cette option bien encadrée, etc.
Donc, dès ce vendredi, nous y travaillons.
Bien. Votre programme, je regarde, un nouveau plan de relance. Vous dites, d'accord, mais il faut que ça soit un plan de transformation de la société. Et vous dites, il faudrait apprendre la sobriété, consommer moins, mais consommer mieux. Qu'est-ce que vous dites encore ? Sur les hôpitaux, il faut offrir 200 euros par mois pour les infirmiers et infirmières. Il faut créer 200 000 postes supplémentaires dans les EHPAD et l'aide à domicile. C'est bien cela. Sur les mesures écologiques, taxer les véhicules individuels les plus lourds et les plus polluants. Je ne me trompe pas.
Non, et aider plus les véhicules les plus légers, les véhicules électriques, les véhicules hybrides rechargeables. Ce matin, on parle beaucoup de Renault. Oui, Renault. Je vais vous en parler. Renault et Peugeot, PSA, ont pris des engagements de dire, on ne remet pas en cause les objectifs européens sur le climat. C'est déjà bien. D'autres constructeurs, notamment les Allemands, ont dit qu'il faut remettre en question les objectifs. Maintenant, il faut que Renault, en échange de l'aide de l'État, 5 milliards d'euros. Oui, voilà. 5 milliards d'euros, c'est important. C'est énorme. C'est 100 euros par français. Mais oui. Il faut que Renault prenne des engagements fermes.
Aucune fermeture d'usines.
Vous demandez ce matin à Renault de prendre des engagements fermes, pas de fermeture de sites. En tout cas,
oui, maintien des emplois, maintien des savoir-faire et même allons plus loin. J'en ai discuté avec Bruno Le Maire ces derniers jours. Demandons à Renault et à PSA, en échange du soutien en milliards d'euros de l'État, de préparer un plan de relocalisation en France d'un certain nombre d'activités des groupes. Oui, on pourrait profiter de cette sortie de crise. Oui, on pourrait, puisque là, l'État va investir des dizaines de milliards d'euros dans les différents secteurs économiques. Il faut que ce soit avec des contreparties fortes. Et c'est une de nos propositions, la relocalisation de certaines des industries.
Vous n'avez pas peur quand même que l'écologie, la relocalisation, l'environnement, la défense des environnements passent un peu au second plan des plans de relance prévus ?
C'est pour ça aussi qu'on se crée maintenant. Parce qu'effectivement, l'État, par exemple, va annoncer, si on continue sur l'exemple de l'automobile, des aides pour relancer l'activité de tout le secteur, pas que sur les constructeurs, les concessionnaires, les sous-traitants, etc., la semaine prochaine. Moi, par exemple, nous avons proposé une aide de 2 000 euros, un super bonus pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables pour les plus légers d'entre eux. Voilà. Il faut absolument que tous les soutiens de l'État soient vus avec cette grille.
Des critères sociaux, des critères écologiques et qu'on profite, on ne repart pas comme avant dans une relance comme après la crise de 2008, mais au contraire, on transforme. On sauve l'emploi, on sauve les savoir-faire et en même temps, c'est notre en même temps à nous, on transforme.
Est-ce que vous demandez le rétablissement de l'ISF ?
En tout cas, une contribution des plus aisés au financement de la sortie de crise. Lesquels ? Les plus aisés qui ? Par exemple, penser à la fiscalité des hauts revenus, penser à la fiscalité du patrimoine, tout ça, c'est des idées. Moi, je ne veux pas agiter... Est-ce que c'est un ISF ? Donc, un impôt sur le patrimoine... C'est ce que vous... Attendez, attendez, c'est prévu dans votre programme. Je vous dis... Un impôt sur le patrimoine exceptionnel. Pourquoi pas, effectivement. Oui. Les petits métiers comme certains les appellent un peu péjorativement, les caissières, les aides-soignantes, les aides à domicile, les transporteurs routiers, ils ont fait leur part du travail.
C'est grâce à eux que notre pays a tenu. Maintenant, est-ce que ceux qui ont le plus de moyens peuvent contribuer un peu plus qu'aujourd'hui financièrement pour assurer la sortie de crise ? Franchement, je pense que oui. Alors que rétablissement de l'ISF... Est-ce que c'est l'ISF ? Est-ce que c'est un ISF vert, par exemple, un ISF plus intelligent où du coup, tous les investissements dans la transition écologique ou dans l'économie sociale et solitaire seraient totalement exonérés, par exemple ?
On n'est pas obligé de rester sur les vieux modèles, on peut imaginer, et faisons tout ça avec les partenaires sociaux, les syndicats, les consommateurs, les citoyens, les associations professionnelles aussi. Travaillons tous ensemble. Arrêtons de penser que les politiques, tout d'un coup, ils vont se lever un matin « Waouh, j'ai une idée géniale, ça y est,
personne ne l'avait vu avant nous. »
Travaillons tous ensemble.
C'est un peu la technique d'Emmanuel Macron. « J'ai une idée, je vais l'imposer, non ? » C'est pas ce que vous avez vécu, sincèrement. Le gouvernement n'a pas assez
travaillé avec les acteurs de la société civile. Dans nos propositions, merci de les avoir lues aussi bien. RSA, 18-25 ans. Vous voulez que j'entend d'ordre ?
Évitez les expulsions locatives.
Et on redit en chapeau de ces 15 propositions. Oui, nous souhaitons organiser un grenelle du monde d'après dès les prochaines semaines pour mettre tout le monde autour de la table. Cette sortie de crise, on l'a réussi tous ensemble ou on échoue tous ensemble ? Sur l'écologie, c'est pareil. Après la crise de 2008, les jeunes ont été les plus impactés par la pauvreté. Le nombre de pauvres dans les 18-25 ans a fortement augmenté après la crise de 2008. Donc dès maintenant, effectivement, j'ai entendu Laurent Berger ces dernières heures dire oui, pensons à réfléchir à un élargissement du RSA au moins de 25 ans. Il a raison de mettre ça sur la table. Écoutons les partenaires sociaux.
Quelle est la meilleure façon de faire ça ? Définissons-le ensemble. Mais oui, faisons attention dans cette sortie de crise à protéger les plus impactés. Est-ce qu'Emmanuel Macron vous a appelé après la création de votre groupe ? Non, nous avions... Non, on échange... Mais je sais que vous vous échangez régulièrement. Oui, moi... Évidemment, et encore plus peut-être depuis le début de la crise que nous ne l'avions fait depuis le début du mandat. Et moi, j'ai envie d'être utile au pays. J'ai envie que ce mandat soit une réussite. Et il a été évidemment dans les premiers au courant de la création du groupe. Nous l'avons informé. On ne l'a pas évidemment demandé tout début mars.
Mais il ne vous a rien dit ? Aucun message ?
Oui, on a échangé. Mais là, par contre, vous me permettrez une fois dans l'interview de ne pas... Mais il a été évidemment dans les premiers au courant du... Moi, je préfère échanger avec lui qu'avec tous les conseillers qui racontent leur fiel dans la presse, en off, comme on dit, etc. Rien ne vaut comme avec vous, M. Bourda, le contact direct. Ah ben ça, je suis bien d'accord.
Vous savez que j'aime ça, hein ? Mathieu Herfelin. Alors, justement, puisque nous sommes en contact direct, si une motion de censure était déposée, vous la voteriez ou pas ? Sur quel projet ? Moi, je vais vous dire. Sur la politique du gouvernement. Est-ce que vous censureriez aujourd'hui à l'Assemblée la politique du gouvernement ?
Attendez, je vais vous répondre très précisément. Oui. On attend effectivement, le président a eu des mots très forts sur la rupture, plus rien ne sera comme avant, etc. Si demain arrive à l'Assemblée le Premier ministre nous expliquant effectivement qu'il reprend par exemple notre proposition 5 milliards d'euros par an en plus pour aider les maires, les collectivités locales à investir dans la transition. S'il reprend notre plan de localisation et d'autonomie de souveraineté agricole, etc. Mais on votera pour la confiance, mais avec un immense plaisir.
Dites-moi, est-ce que vous seriez favorable à une dissolution de l'Assemblée nationale pour relancer, justement, pour relancer l'activité politique ? D'abord, nous,
on l'a relancée sans dissolution. Oui, oui. Il y a trois options, à mon avis, pour le président. La dissolution, refaire un gouvernement actuel ou un peu dans la même veine. Vous pourriez entrer dans un gouvernement ? Non, non, non. Est-ce que ça vous va comme réponse directe ? Non, non, non. Bon, d'accord. Je ne suis candidat rien et surtout pas au moment où les collègues du groupe me confiaient cette responsabilité-là. Je n'étais pas candidat avant, je ne suis pas candidat aujourd'hui. Dissolution ? Dissolution. Dissolution. Oh là, si je prends le micro. Dissolution, gouvernement un peu comme avant ou gouvernement de coalition. C'est plutôt cette option-là qui aurait ma préférence.
Donc, très concrètement, on se met d'accord, non pas sur des objectifs 2030, 2040, mais un programme précis pour les deux ans qui restent. Ce programme, ce projet, il est défini avec des forces politiques et avec surtout la société civile, les syndicats, les ONG et pourquoi pas des citoyens tirés au sort. On définit ça, on voit quelles sont les forces politiques qui soutiennent et on fait ce gouvernement de coalition pour les deux ans à venir. Vous demandez un gouvernement de coalition ? Je pense que des trois options, c'est celle qui est à ma faveur. La dissolution, on entend la musique monter, mais quelle majorité derrière ? Pas si simple.
Ça me paraît l'option la plus dangereuse pour notre pays, mais ce n'est pas ni vous ni moi qui décideront. C'est le président de la République. Ça, c'est sûr. Moi, en tout cas, avec Danny Convendit, avec d'autres avec qui on échange beaucoup, je crois que ce gouvernement de coalition qui serait une première en France sur un projet précis élaboré collectivement, ce serait la meilleure solution pour le pays, à mon avis.
Merci Mathieu Orphelin. Vous avez respecté votre parole. Je tiens à le dire parce que vous savez que j'étrie bien souvent les politiques, mais vous avez respecté votre parole. Vous êtes tue jusqu'à ce matin. Merci d'être venu. Et puis une seule réponse à moitié. Oui, ça c'est vrai. En 20 minutes. Pas satisfaisant là. Rendez-vous lundi. Rendez-vous une prochaine fois. Il est 8h54. Mathieu Orphelin, merci d'être venu nous voir ce matin.