Jérôme Guedj : «On doit travailler plus mais en travaillant tous»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Moi, je vais vous dire, on doit travailler plus, mais surtout en travaillant tous. Le vrai problème dans notre pays, c'est le taux d'emploi des jeunes et le taux d'emploi des seniors. Si les entreprises arrêtent de mettre dehors, ce qui est le cas aujourd'hui, à partir de 55 ans, leurs salariés pourtant les plus expérimentés, mais pour eux les plus coûteux, alors on n'a plus de problème de financement de notre système de protection sociale. Et donc, je vous parlais des exonérations de cotisations sociales. Moi, je suis pour les cibler pour que les entreprises embauchent plus et mieux les jeunes et surtout gardent plus longtemps les seniors.
Au moment où je vous parle, je ne vais pas vous dire qu'on va s'engager dans un mouvement de réduction du temps de travail. Par contre, je défends l'idée de travailler mieux. Aujourd'hui, le problème dans l'entreprise, c'est la qualité de vie au travail, c'est les conditions de travail et c'est peut-être même l'organisation. Et une des propositions que je mets sur la table, moi, c'est à défaut, pour l'instant, de pouvoir continuer le mouvement de réduction du temps de travail. On fait les 90 ans du Front populaire qui l'avait très largement engagé. Par contre, en termes d'organisation du temps de travail, je défends l'idée d'une semaine de 4 jours partout.
On peut la mettre en œuvre sans réduction du temps de travail parce que ça, ça va améliorer la vie des salariés. Là où on peut le faire, ça va libérer. Non, on fait les 35 heures sur 4 jours, ce qui va libérer une journée pour s'occuper de ses proches, pour s'engager dans la vie associative, pour avoir du temps pour soi-même. Ça va être bénéfique en termes de sobriété énergétique parce que ça fait une journée de transport de moins. Vous voyez, on dit souvent, il n'y a pas d'idée novatrice à gauche, etc. Moi, j'essaie d'avoir cette idée de compromis. Je suis attaché au principe de la réduction du temps de travail.
Je suis lucide sur le fait que, dans le moment où nous sommes, ce n'est peut-être pas la priorité qui peut être mise sur la table. Par contre, pour les salariés, là où il y en a certains, c'est inégalitaire, qui bénéficient, par exemple, du télétravail. Les cadres, et certains bénéficient du télétravail. Et donc, ils ont déjà une semaine de 4 jours sur leur lieu de travail et une journée à la maison. Est-ce qu'on ne peut pas l'étendre à d'autres métiers, à des ouvriers, à des employés, en disant que vous allez travailler plus sur une journée, à condition qu'il n'y ait pas de pénibilité accrue et de risques médicaux pour vous, sur la santé ? Mais il y a partout où on peut le faire.
Et ça, c'est les partenaires sociaux qui peuvent le négocier dans les entreprises. C'est déjà expérimenté dans la fonction publique, c'est déjà expérimenté dans plein d'entreprises. Et ça, ça va changer la vie concrètement de plein de gens, parce que quand vous avez une journée supplémentaire pour vous, encore une fois... Pour les loisirs ? Non, ce n'est pas les loisirs. Vous savez, aujourd'hui, quand vous êtes un proche aidant d'une personne âgée ou d'une personne handicapée, vous êtes content de pouvoir aménager votre temps de travail.
Quand vous avez des enfants en bas âge et que vous pouvez passer un peu plus de temps avec eux, quand vous voulez vous engager dans la vie associative, c'est-à-dire dans la solidarité et dans le lien social, quand vous voulez vous engager dans la vie politique à l'échelle de votre ville, en étant conseiller municipal de votre village, c'est bien de pouvoir concilier une vie professionnelle et puis une vie personnelle. Je pense que c'est ça le point d'équilibre intelligent qu'on peut retrouver. Sous-titrage ST' 501
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Jérôme Guedj