“La Bataille de Gaulle”, un film évènement - C à Vous l’intégrale - 29/05/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - M.Bouhafsi: On est de retour dans "C à vous".
Dans quelques secondes, toute l'équipe du film "La Bataille de Gaulle" sera avec nous. Notre cheffe a trouvé le péché mignon du général De Gaulle. - Nawel: On a du saint-pierre, de la lotte et de la dorade.
Quoi d'autre que de la bouillabaisse? Je dois avouer que c'est ma 1re fois. J'ai un peu paniqué.
Il faut aller voir son poissonnier. C'est la recette du poissonnier parisien. C'est super.
On va se régaler. Il y a du fenouil, du safran, des oignons. - M.Bouhafsi: Le plat préféré du général De Gaulle.
On va se régaler dans quelques instants. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe d'un film événement. Un mythe, un sauveur, un héros français.
Le général est au coeur d'un diptyque exceptionnel, le projet le plus ambitieux de 2026 en France. Tout le casting du film est réuni. Ils seront sur le plateau. ... - Vendu! - Le gouvernement français vous a déchu de votre nationalité et la cour martiale vous a condamné à mort. - Autre chose? - Partout, des réseaux sont en train de se former.
Ils ont la rage au coeur. Ils veulent se battre. - La France n'a pas capitulé. - Vous n'êtes pas la France! - Nous sommes la France. - Vous? - Nous. ... - La France n'est pas un enfant, monsieur le président.
Elle a toujours continué à se battre. Roosevelt compte occuper la France, l'amputer d'un tiers. ... - Une seule bataille décidera de tout.
Je vous la confie. - A partir de mon ordre de feu, celui qui n'attaquera pas l'ennemi à chaque fois qu'il le peut sera relevé de son commandement. - Je n'ai pas d'autres options. - Feu!
Explosions. - Je veux que le monde sache que nous sommes invaincus. - Vive les Français libres. - J'y arriverai. - Nous ne reculerons pas. - Nous ne nous soumettons pas. - Je suis seul face à l'Amérique et seule l'Amérique compte. - A gauche!
Tout droit! - Il se peut que je sois un obstacle à l'avenir de la France. - M.Bouhafsi: Un casting 5 étoiles, ce soir.
Ils sont nos invités. Bonsoir. Bonsoir!
Bonsoir à tous. C'est un plaisir de vous réunir sur ce plateau. Un plateau 5 étoiles pour un film événement.
C'est en 2 volets. Le 1er sortira mercredi prochain. La suite, le 3 juillet.
Toute l'équipe a vu le film. On a tous pris une claque. C'est époustouflant.
On est accroché à l'histoire de France pendant 2 heures 40 grâce à vous. Vos performances sont bluffantes. On a été Frustrés de voir que le 1er volet.
On aurait aimé que l'après-midi s'éternise à vos côtés. Merci, et plus particulièrement à vous, A.Baudry.
C'est un très grand film. On est fiers qu'il soit français. Merci de nous avoir régalés.
S.Abkarian, vous incarnez magistralement le général De Gaulle. On a l'impression de le voir quand on vous regarde.
Vous avez été aussi surpris qu'Antonin qu'on vous propose le rôle. - S.Abkarian: C'est toujours surprenant quand on vous propose un rôle, surtout celui-ci.
La figure emblématique qu'est De Gaulle dans le panthéon de l'histoire nationale de France, ce n'est pas rien. Lui rendre vie, c'est une gageure. Un beau défi. - M.Bouhafsi: N.Schneider, vous incarnez le général Leclerc.
Avant de l'incarner, c'était surtout un nom d'avenue pour vous. - N.Schneider: Oui.
Il y a je ne sais combien d'avenues qui ont son nom. C'était une statue. Le scénario m'a demandé de m'intéresser à l'homme, que je ne connaissais pas du tout. - M.Bouhafsi: Vous aviez une défiance envers les films historiques, mais vous avez été convaincu par la passion, le feu intérieur d'A.Baudry, qui a porté ce projet pendant 7 ans. - N.Schneider: J'ai une défiance envers les films historiques et les biopics.
C'est souvent assez illustratif. On a rarement accès à l'humain. Dès que j'ai rencontré...
Avant de lire une ligne, j'ai rencontré Antonin et j'ai vu dans ses yeux, dans sa manière de parler de ses personnages, de s'intéresser, que ça n'allait pas être un biopic ni un film historique classique. Il avait une flamme, quelque chose Qui l'embrasait. Il avait une flamme dans les yeux.
Avant même de lire quoi que ce soit, j'avais envie de le rejoindre. - M.Bouhafsi: A.Vartolomei, F.Lesieur, vous incarnez la jeunesse résistante.
Anamaria, vous êtes une résistante juive. Comment vous avez abordé ce rôle? Vous allez plus grandir dans le 2. - A.Vartolomei: J'essayais...
Antonin nous engageait beaucoup à jouer nos personnages avec le plus de fougue et de désir de liberté et d'indépendance possible. J'essayais de m'ancrer dans le présent. C'est une héroïne qui s'ignorait.
Elle n'était pas prête à aller là où l'histoire la mène. On se laissait un peu surprendre. Il y avait quand même une petite pression. - F.Lesieur: Tout s'est bien passé. - M.Bouhafsi: Vous êtes un jeune homme qui a réellement existé et qui veut résister à l'ennemi.
Il ne sait pas bien comment s'y prendre. Il veut apporter sa contribution à l'histoire. Il soutient le général De Gaulle, mais il se rend compte qu'il est seul. - F.Lesieur: Complètement.
Comme beaucoup de gens qui ont rejoint De Gaulle après l'appel du 18 juin. Ils étaient une petite poignée de fous, au début. Ca se passe à l'intérieur.
C'est le refus que la France ait capitulé alors qu'elle avait capitulé. On parle d'une résistance clandestine. On ne peut pas le crier sur tous les toits.
Tu peux te faire attraper assez vite. C'est beaucoup de solitude. C'était passionnant à incarner, d'autant plus qu'il a existé. - M.Bouhafsi: On l'a redécouvert grâce à vous.
Une question simple. Est-ce qu'on doit dire ou pas que c'est un biopic sur le général De Gaulle? - A.Baudry: C'en est pas un.
J'ai évité les codes des films historiques. J'ai une réticence aussi sur les films historiques et les biopic classiques. Je crois avoir cherché à éviter ces codes.
C'est une période entre 1940 et 1944, c'est le De Gaulle de la France libre. Ca s'élargit à la France libre. Les autres personnages sont de vrais personnages.
Ce ne sont pas des reflets ou des doubles. Ce sont des personnages avec des caractères trempés très différents de celui de De Gaulle. C'est plutôt une histoire collective.
Le film 2, encore plus. - M.Bouhafsi: On ne doit pas dire que c'est un biopic hollywoodien.
Ca vous énerve. J'ai retrouvé du "Dunkerque" et du "1917". - A.Baudry: C'est parce que vous n'avez pas vu d'autres films...
Ce sont des films que j'apprécie. L'adjectif "hollywoodien" n'est pas nécessaire. Quand on fait un film d'ampleur, il y a une sorte de réflexe de dire que c'est hollywoodien.
L'ampleur n'appartient ni à Hollywood ni à l'Amérique du Nord. En Espagne aussi... - M.Bouhafsi: Ca nous arrange, de dire que c'est français. - A.Baudry: Soyons honnêtes, l'ampleur n'appartient à personne.
En revanche, on n'a pas à y renoncer. - M.Bouhafsi: On va revenir sur ce film événement.
On vous garde jusqu'à 21h. On va passer à table. On va revenir en long, en large et en travers sur cette épopée du général De Gaulle.
Tout de suite, c'est L'OEil d'E.Eméyé. Vous vous êtes penchée sur ce genre de film, le récit historique et politique, qui fascine toujours autant. - E.Eméyé: Malgré vos réticences.
Il y a quelque chose de très étrange avec ces films. Ils finissent par remplacer la réalité. On croit connaître Churchill, De Gaulle ou S.Veil par l'histoire.
On les connaît aussi par le cinéma. C'est encore plus vrai pour les jeunes générations. Quand on pense à Churchill, on peut pas s'empêcher de voir le visage de G.Oldman.
S.Veil, on revoit E.Zylberstein.
Quand vous êtes arrivé dans les loges, j'ai cru voir le général De Gaulle, Simon. Les grands récits historiques ne racontent pas seulement le passé, ils fabriquent notre image des grands personnages. Ils créent des doubles presque plus puissants que la réalité, avec une silhouette, une voix, une posture qui vont nous marquer et rester. - E.Eméyé: Rappelez-vous "Le Discours d'un roi".
Le roi George VI n'est plus qu'une figure distante de la monarchie, il devient un homme fragile traversé par le doute, empêché par son bégaiement. Le film fait basculer cette figure historique vers quelque chose de plus intime, un personnage capable d'émotions universelles. C'est là que ça devient intéressant.
En humanisant les personnages que l'histoire avait figés, ces films parlent du présent. Chaque film refabrique les figures politiques selon l'époque où il sort en salle. Le Churchill des "Heures sombres" sort en 2017, peu de temps après le Brexit.
Il est réalisé par un cinéaste britannique. C'est un symbole de résistance nationale. - E.Eméyé: On est en 2011.
L'Amérique est travaillée par la question de la surveillance après le 11-Septembre. "Simone, le voyage du siècle" sort en 2022 après la crise du covid. Elle apparaît comme une femme au-dessus de tout débat, l'incarnation de la morale et de la dignité dans la tempête politique. - Combien sont-ils, ceux qui se sont préoccupés des femmes en détresse?
Combien sont-ils ceux qui, au-delà de ce qu'ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l'appui moral dont elles avaient besoin? C'est pour celles-là que nous voulons mettre fin à l'avortement clandestin, auquel elles ne manqueraient pas de recourir au risque de rester stériles ou atteintes au plus profond d'elles-mêmes. - E.Eméyé: C'est le point commun de tous ces grands films historiques, ne pas seulement montrer qui étaient ces hommes et femmes de pouvoir, mais nous dire "voilà ce que nous avons besoin qu'ils soient aujourd'hui".
Comme ce De Gaulle qui arrive dans une période où on se demande ce qu'est un homme d'Etat. On va vraiment penser que je finis par mettre de la politique même dans mes chroniques culturelles. - M.Bouhafsi: Le film a été présenté hors compétition au Festival de Cannes.
Vous êtes soulagé de voir l'accueil du public? - A.Baudry: C'était un grand bonheur.
C'était la 1re fois que le film était montré à du public. C'est toujours un moment particulier. Ca a été un moment très émouvant, émotionnel, partagé.
On était tous ensemble à sentir cet écho de notre travail à travers les yeux, les mains et les regards des 1ers spectateurs. - M.Bouhafsi: On a été émus par une image particulièrement, l'émotion palpable à la fin, notamment la vôtre, Florian.
On vous a senti très ému. - F.Lesieur: Complètement.
C'est 7 ans de la vie d'Antonin. Le film est particulièrement émouvant. On vient de s'envoyer 2 heures 40 où on est pris à la gorge et, d'un coup, la caméra vient devant nous.
Il y a cet accueil du public. Je me suis senti submergé. Tous s'est confondu, la fierté, l'émotion...
Et le fait que ce n'est plus un secret. Les 1ers spectateurs l'ont vu. - M.Bouhafsi: Il y avait énormément de films au Festival de Cannes autour de la Seconde Guerre mondiale.
Qu'est-ce que ça raconte de l'époque? - A.Baudry: Il faut le demander à T.Frémont.
Ce qui m'intéresse, c'est cette figure de quelqu'un qui met l'imaginaire et le rêve avant la réalité. La réalité, c'était la capitulation française, l'Occupation, les Allemands dans la rue. Le rêve et l'imaginaire, c'était une France qui ne veut pas être là, qui ne veut pas se rendre.
C'était le choix de se dire "je continue ma route en considérant ça". Il y a un côté Don Quichotte dans le fait de mettre le rêve devant. Il est seul, inconnu, dans un pays où il ne parle pas la langue.
La différence, c'est qu'à force de tenir son rêve, et il le tient, devant toutes les humiliations et les obstacles, ce rêve devient du réel. - E.Eméyé: Parce qu'il devient celui d'autres personnes. - M.Bouhafsi: Vos performances sont magistrales.
Pour revenir sur l'actualité, est-ce important de se souvenir du général De Gaulle? C'est une figure qui fédère? - S.Abkarian: Le verbe "fédérer" fait défaut en ce moment.
On a besoin de faire bloc. Ce n'est pas le cas en ce moment. C'est le cas en 1940 parce que la guerre éclate et que la France est envahie.
Le couteau est près de la veine fémorale. Le combat de tous ces hommes et ces femmes est d'enlever le suffixe "sur" de "survivre" et de reprendre juste le "vivre". - M.Bouhafsi: A quel moment on se dit qu'on va se lancer dans un film sur le général De Gaulle, la personne la plus importante de l'histoire de France? - A.Baudry: En 2020.
Ca a été à la suite d'un assez long cheminement. C'était la passion pour le roman picaresque, tout ce qui est chevalerie, le Moyen Age...
J'ai toujours eu cette espèce d'amour. "Don Quichotte", avec cette figure tragique et comique que j'adore. La rencontre avec le livre de J.Jackson, qui apportait un éclairage plus frais sur le personnage.
On n'a plus affaire à une icône intouchable. En 2020, l'idée a commencé à se concrétiser. - M.Bouhafsi: Avec une autre personne aussi, votre femme, qui cosigne ce film. - A.Baudry: Vous êtes très bien renseigné.
Quand je suis rentré à la maison, je lui dis que je voulais faire un film sur De Gaulle. Elle m'a dit "oui". Elle m'a rappelé que le jour où on s'est rencontrés par hasard dans une bibliothèque, j'avais un livre, les "Mémoires" de De Gaulle à la main.
On a fini par écrire les 2 films ensemble. C'était un beau moment de mise sur orbite de ce projet. En 2020, quand on commence un projet comme ça et qu'on n'a pas la moindre idée de combien de temps il va falloir pour le faire, on fait pas des calculs par rapport à la date de sortie.
J'entends souvent "vous avez fait exprès de le sortir à tel moment". Non. On n'avait pas la moindre idée. - M.Bouhafsi: 7 ans d'un travail colossal, un budget incroyable.
On parle plus de 70 millions d'euros pour les 2 films. Et son lot de galères qui va avec. C'est le projet le plus ambitieux de l'année 2026.
C'est la 1re fois que vous jouez dans une superproduction, Niels. Vous étiez habitué aux films plus intimes. Vous avez eu l'impression de jouer un héros français? - N.Schneider: Je ne me pose pas la question comme ça.
On est ni le héros ni le méchant de sa propre vie. Ce que je trouve fascinant chez Leclerc, De Gaulle ou les 1ers résistants, c'est de voir un monde qui s'effondre et eux qui ont la certitude de l'espoir. Ils ont une lumière à l'intérieur que personne ne peut éteindre.
C'est cette certitude qui me fascine et que j'ai essayé de retrouver. Jouer dans une méga production...
Mon travail d'acteur reste absolument le même. Je travaille très peu. Je laisse le personnage faire le travail.
J'ai l'impression d'être une éponge. C'est à lui de faire le travail. Je ne fais que recevoir, que ce soit une grosse ou une petite production... - M.Bouhafsi: Il paraît qu'il a le feu, la passion, A.Baudry, sur un tournage.
Ca se passe comment? Il paraît qu'il a quelque chose en lui. - A.Vartolomei: Il est habité, passionné.
Je voyais les images qui défilaient de lui sur le plateau qui nous dirigeait. C'était joyeux. Je t'ai entendu dire en interview: "J'ai fait ce film pour l'ado que j'étais." Je l'ai ressenti.
Il nous dirigeait avec beaucoup d'enthousiasme. Il voulait qu'on s'amuse. Il avait une idée très précise de ce qu'il voulait.
Il est obsessionnel et, en même temps, il fixe un cadre mais il te laisse en sortir. - N.Schneider: Mais il aime ses personnages!
Quand tu parlais de Leclerc, il te faisait aussi rire. On a l'impression que c'était comme un ami. Il y a un réel attachement.
Il ne voyait pas ses personnages avec la distance du temps, la distance...
Il n'y avait pas de distance. Tu l'admirais comme il te faisait rire. - M.Bouhafsi: C'est beau d'entendre ses acteurs parler comme ça.
Le 2 juillet 1940, c'est la 1re fois que le général De Gaulle s'adresse aux Français face à une caméra. - C.De Gaulle: Nous croyons que l'honneur des Français consiste à continuer la guerre aux côtés de leurs alliés et nous sommes résolus à le faire.
Nous espérons qu'un jour, une force mécanique supérieure nous permettra d'avoir la victoire et de délivrer la patrie. - N.Schneider: Il en fait des caisses.
Je trouve que Simon est beaucoup plus fort... - A.Baudry: Combien de fois j'ai regardé cette vidéo...
Elle est hyper intéressante. On voit que De Gaulle n'a jamais parlé en public, jamais devant une caméra. C'est un militaire.
Il n'est pas du tout prêt pour ce qu'il s'apprête à faire. C'est d'autant plus touchant de voir cette personne qui y va quand même. Il n'a pas les qualités... - E.Eméyé: Le charisme n'est pas évident. - M.Bouhafsi: Vous l'incarnez avec brio.
Dans ce 1er volet, vous suivez la carrière de général et l'épopée du général De Gaulle entre 1940 et 1944. Une période où il est extrêmement isolé, seul et presque illuminé. - S.Abkarian: C'est ça qui le rend fabuleux.
D'abord, dans l'histoire de France, et qui le rend fabuleux en tant que "matériau" pour nous, En tant qu'acteurs et actrices qui incarnons ces personnages...
Quand je vois cette image, de voir cette raideur...
Pour moi, c'est très inspirant en tant qu'acteur de m'inspirer de ça. Le chemin qu'il a à parcourir pour qu'il puisse se faire entendre...
C'est comme un acteur qui débute. Tu te retrouves devant la caméra... "Oh putain." Tu es mort!
Il faut quelqu'un qui te parle! - Y.Goosz: Il dit qu'il est la France! - S.Abkarian: Il est, à ce moment-là, la France résistante.
Il l'incarne. Il se pose comme un chevalier raide sur son cheval. - A.Baudry: Il y a une phrase de De Gaulle dans le film, "il faut bien que quelqu'un le fasse".
Ca vient de là. Il n'y a personne d'autre. "J'y vais." Il n'y a pas de préparation, pas d'assurance, juste le devoir. - M.Bouhafsi: Vous vous êtes documenté pour préparer le rôle, mais pas trop longtemps, S.Abkarian.
Vous avez tenu à laisser de la place à l'imagination et au jeu. Vous avez commencer à trouver la voix une nuit, dans un studio d'enregistrement. - S.Abkarian: On devait enregistrer des discours qui allaient passer à la radio, dans les scènes de Florian et d'Anamaria.
Il fallait que ça soit ma voix. On en a profité pour enregistrer. On s'est dit, sans se le dire, mais on se l'est dit, qu'on sortait pas de là sans avoir trouvé l'endroit juste.
Ca a duré. C'est pas compliqué. Ce qui est difficile, c'est d'avoir quelqu'un qui vous dise jusqu'où peut aller votre curseur, de se rapprocher de sa voix sans tomber dans l'imitation, et de pas se projeter dans le rien.
Le rien, il y a rien qui se passe, mais il faut que ça sonne juste. Quand on parle de réel ou de réalisme, je sais pas de quoi on parle. Tout à l'heure, vous parliez de la fiction.
Je trouve que la fiction est une accélération de particules du réel. C'est ça qu'on a fait, avec Antonin. On s'est enfermés et on s'est rapprochés de sa voix.
On en a même écrit. De temps en temps, je partais là-dedans... - M.Bouhafsi: Il y a la voix, la posture.
Vous dites qu'il faut avoir le dos droit, l'avant-bras tourné vers l'extérieur, ne pas tourner la tête mais tout le corps. C'est précis. - A.Bégot: C'est vrai! - S.Abkarian: Ca enlève de la force.
Ca devient prosaïque, dans son corps. - E.Eméyé: Ca impose. - S.Abkarian: C'est agréable à jouer et à construire.
Il se passe quelque chose. S'il se passe quelque chose chez l'acteur, il se passera quelque chose chez le spectateur. - M.Bouhafsi: Il était comment, après le "coupez", A.Baudry?
Il restait dans le général De Gaulle? - F.Lesieur: J'ai une petite anecdote.
Je ne joue jamais avec Simon directement, mais je l'entends beaucoup à la radio. La 1re séquence où j'ai joué où j'entendais la radio, on l'a peut-être tournée pendant 3 ou 4 heures. A la fin, j'ai demandé à Antonin où il avait récupéré les bandes radio.
Il m'a dit que c'étaient des bandes enregistrées. J'avais pas Du tout vu la différence. - A.Baudry: C'était un moment fort.
Voir ça éclore, c'était assez incroyable. Il a trouvé la musique. C'est pas seulement auditif.
Le corps aussi, c'est de la musique. Tout a déroulé à partir de ce jour-là. - M.Bouhafsi: Il y avait 1 heure 40 de maquillage par jour pour incarner le général De Gaulle.
On peut parler de la photographie, de vos costumes, des décors... - A.Bégot: On se demande pourquoi. - M.Bouhafsi: L'histoire avec le général De Gaulle date de loin.
A la cour de récréation, on vous appelait "De Gaulle"? - S.Abkarian: A Beyrouth, oui.
Quand je suis arrivé de France...
Au Liban, on a tous des surnoms. Je suis arrivé, j'étais De Gaulle parce que j'arrivais de France. C'est pas du tout prémonitoire, je vous rassure.
Il fallait juste me coller un nom. Comme De Gaulle, c'est la figure emblématique de la France... - M.Bouhafsi: Vous vous êtes rendu sur sa tombe un mois avant le tournage.
Qu'avez-vous ressenti? - S.Abkarian: J'avais besoin de créer un lien...
Chacun, on a nos cuisines intérieures, les acteurs et les actrices. Parfois, on les dévoile, et parfois pas. Là, je l'ai dévoilée.
Les gens veulent savoir comment on se prépare. La préparation explique pas tout le mystère de l'art de jouer. Quelque Chose se passe chez l'acteur qui ne correspond pas à toute la préparation.
Je voulais établir un lien spirituel, un accord tacite entre lui et moi, et lui dire que j'allais essayer de l'incarner, que j'allais faire de mon mieux. - M.Bouhafsi: Ce n'est jamais anodin, d'incarner quelqu'un.
On met forcément de soi dans son interprétation. Vous diriez que ce rôle a un écho avec votre vie? Quand vous disiez que la France avait une résonance particulière...
Vous êtes d'origine arménienne. Vous avez grandi au Liban. Votre famille a connu dans sa chair la fuite, la résistance, les drames.
Ca résonne? - S.Abkarian: Forcément.
Ca nourrit l'humain que je suis, que je mets souvent au service de mon travail. Il n'est pas nécessaire d'avoir souffert pour jouer un rôle de quelqu'un qui souffre. C'est pas la condition sine qua non d'aller souffrir pour jouer quelqu'un qui souffre. - M.Bouhafsi: A.Vartolomei, F.Lesieur, vous incarnez 2 jeunes résistants qui sont au départ très isolés.
Vous connaissez bien cette période de l'histoire? - A.Vartolomei: Pas trop.
J'avais en tête les cours d'histoire barbants. C'est en lisant le scénario que, de par le genre hybride... - M.Bouhafsi: Tout va bien.
Niels est en train de croquer un petit bonbon. Vous avez entendu les bruits du bonbon? - N.Schneider: J'ai plus de dents! - A.Baudry: Ca m'a fascinée.
Je pensais pas du tout être aussi happée par cette période de l'histoire. J'ai aimé qu'il parle de l'intime de chacun des personnages, qu'il aille explorer des choses qui ont peu été dites. On a découvert des personnages dont on ne connaissait pas les noms, comme celui de Florian.
Paris, la place de la femme à l'époque, que j'ai crue être comme après la Libération...
Je pensais qu'elles n'avaient pas eu d'impact. Au contraire, elles ont été essentielles. Il explore tout ça avec beaucoup d'humour.
La mise en scène est brillante et travaillée. J'ai découvert des choses, oui. Ca m'a passionnée. - M.Bouhafsi: Florian, vous aviez conscience que des lycéens s'étaient engagés au péril de leur vie, surtout aussi tôt dans la bataille? - F.Lesieur: Non.
Je connaissais à peu près cette période. J'avais un prof d'histoire qui me passionnait pas mal. En revanche, je savais pas que les 1ers signes de résistance venaient des jeunes, et pas aussi tôt.
Le 11 novembre... - N.Schneider: 1940. - F.Lesieur: Oui, j'ai dit le 11 novembre.
Souvent, la révolte vient des jeunes. Le monde de demain va appartenir aux jeunes. Quand on se sent pas forcément à l'aise dans celui-ci, il faut porter la voix.
Je trouve ça pas étonnant que ça vienne d'eux. Ca n'enlève rien au courage et au fait que ça me sidère. C'étaient des gars et des filles de 17 ans. - M.Bouhafsi: Le 11 novembre 1940, 5000 lycéens manifestaient sur les Champs-Elysées au péril de leur vie.
Vous retracez, A.Baudry, cette journée mémorable. Acclamations. - Vive De Gaulle! - Bien joué, ma soeur!
Alors? On l'a bien torché, le portrait du maréchal? - On a repris Paris.
On va reprendre la France. - Bientôt, on sera libres. - M.Bouhafsi: J'adore!
Florian refait les dialogues. Ca a été un des moments les plus marquants de la Résistance. Anamaria, j'imagine que vous ne voyez plus l'Arc de Triomphe de la même manière? - A.Vartolomei: Pas du tout, ni la place Denfert-Rochereau, ni tous les endroits...
Le Panthéon...
Il y a énormément d'endroits mythiques parisiens qu'on a découverts sous un autre oeil. Quand on passe à côté, on pense l'un à l'autre, avec Florian, et au film. - S.Abkarian: C'est pas parce que vous êtes là, mais je vous trouve merveilleux dans le film.
L'exaltation qui s'en dégage, toute cette jeunesse...
C'est eux qui ont révélé le la de la brutalité allemande. On ne sait pas encore ce qui va se passer. Moi, je le découvre sur le corps de ces jeunes gens, sur la naïveté et l'exaltation de ces jeunes gens.
La voiture qui roule...
Tout d'un coup, ça vire au cauchemar, assez vite. On se rend compte...
Ca donne le la de la brutalité de l'occupation allemande. - M.Bouhafsi: C'est la scène que vous avez préféré tourner. - A.Vartolomei: Oui.
C'est la 1re fois que j'étais autant...
Je voyais un plateau aussi grandiose, avec une telle mobilisation...
Les figurants étaient dingues. C'est pas du jeu. On vivait vraiment le truc. - M.Bouhafsi: A.Baudry, vous avez aussi écrit ce film pour la jeunesse d'aujourd'hui, pour les enfants, pour comprendre ce qui s'est passé avant.
Pour mieux préparer le futur, il faut regarder le passé? - A.Baudry: C'est pas une leçon de morale ou quoi que ce soit. - M.Bouhafsi: Mais une manière de dire que la flamme existe toujours? - A.Baudry: Exactement.
C'est un film sur l'espoir. Cet espoir, j'ai envie de le partager, notamment avec la jeune génération. C'est facile pour personne, les temps actuels, mais c'est encore plus pesant pour les jeunes.
Une figure d'espoir, c'est important, et surtout de la décortiquer, pas juste de la matraquer. Rentrer dedans, dans sa bizarrerie, dans ce que ça veut dire dans la vie quotidienne...
J'avais envie de partager ça. Comme disait Anamaria, je vois toujours à travers les yeux de quand j'ai commencé à tomber amoureux du cinéma, quand j'avais 16-17 ans. - A.Bégot: Parmi les moments forts du film, il y a la bataille de Bir Hakeim.
Je la connaissais très mal. Elle n'est pas du tout enseignée au collège ou au lycée. On est en mai-juin 42, en plein désert libyen. 3200 soldats français se battent contre l'armée allemande, qui compte 10 fois plus de soldats.
Ca a été décisif? - A.Baudry: Ca a été décisif pour la France libre et pour la Seconde Guerre mondiale, et pour De Gaulle, bien sûr.
Jusque-là, la France libre restait un mot, une idée ou un rêve. De plus en plus, ça s'incarnait. A partir du moment où vous avez des Français qui se battent contre les Allemands, qui aident les Anglais sur le terrain de la bataille, la France libre, d'un coup, existe.
Elle combat l'Allemagne et c'est quelque chose de réel. C'est un sacrifice immense. C'était les seuls soldats de De Gaulle et de la France libre, à l'époque.
De Gaulle accepte pour protéger les Anglais, qui auraient perdu toute leur armée, sinon. Il accepte de sacrifier possiblement ses hommes et de leur demander de tenir jusqu'au bout. Ca a eu un réel impact sur la Seconde Guerre mondiale.
Tout d'un coup, la France libre arrive sur le terrain de l'histoire. - M.Bouhafsi: Florian, vous incarnez Fernand de La Chapelle.
Il change le cours de l'histoire. - F.Lesieur: Il a toujours voulu se battre.
Il y a une frustration qui grandit au fur et à mesure. Il veut se battre, mais il ne peut pas. Quand il voit cette trahison, sous ses yeux, il a quelque chose plus de l'ordre de la réaction que de la réflexion.
Il se dit: "C'est pas possible." C'est épidermique. C'est un héros qui s'ignore.
Il l'est devenu qu'après. Avant, c'est un jeune classique. - E.Eméyé: On le découvre à travers vos traits.
Vous n'êtes pas un débutant. Vous avez été révélé dans "Plus belle la vie". Vous incarniez Noé, à 16 ans à peine. - F.Lesieur: C'est salaud, ça! - E.Eméyé: L'année dernière, vous étiez à l'affiche de la série "Young Millionnaires".
Vous étiez génial dans le rôle de Tom, un garçon un peu benêt et assez ingérable. - Qu'est-ce que tu fous là, Tom? - Rien.
Je venais casser la croûte. Maman m'a dit que je faisais du bruit quand je mangeais. Bref, on s'en balec. - Mets un verrou sur ta porte.
Il est tout le temps là! C'est pas possible! - Vous pouvez me le dire.
Je suis pas complètement con. - OK, on a gagné. - 17 paluches? - Oui.
Ca te fait plaisir? - Putain... - E.Eméyé: Ce rôle est génial, mais il a créé un malentendu avec le public, qui pense que vous êtes un humoriste. - F.Lesieur: Peut-être.
La 1re fois que la série est sortie...
Avec "Plus belle la vie", j'avais un public plus âgé. Là, c'était la génération 12-18 ans. La 1re fois que la série est sortie, je suis allé à une fête du village.
Une soixantaine de personnes sont venues me voir. Ils me filmaient alors que je faisais la fête avec ma copine et mon meilleur ami d'enfance. "Putain, t'es pas drôle!" Les rôles de comédie comme ça, j'ai pas envie de les lâcher non plus.
Je prends un plaisir immense à incarner des imbéciles. Il y a toute l'intelligence du monde dans ces bêtas. - M.Bouhafsi: Dans "De Gaulle", vous êtes pas du tout un imbécile.
Anamaria, vous avez 27 ans, mais déjà près de 20 ans de carrière. On vous a tous adorée dans "My Little Princess", un chef-d'oeuvre. Vous avez commencé aux côtés d'I.Huppert. - Maman, arrête! - Je peux pas.
Il y a un parfum, ça me donne la nausée. - Ta gueule! - Je savais pas que tu pouvais être aussi méchante. - T'es rien du tout, pour lui!
En plus, t'es même pas sa femme. Tu couches même pas avec lui. - M.Bouhafsi: Tranquillement, à 10 ans, vous dites "ta gueule" à I.Huppert. - A.Vartolomei: Devant la caméra.
Sinon, je ne me le permettrais pas. - M.Bouhafsi: Ca fait quoi, de monter les marches à 12 ans? - A.Vartolomei: C'est fou.
Je savais même pas ce que c'était. Je viens d'une famille qui est pas du tout issue de l'industrie du cinéma. On découvrait tous avec un regard très innocent.
Je portais sur Cannes un regard d'enfant. J'avais une jolie robe et des talons. Mes parents étaient là et j'avais pas du tout conscience de l'ampleur du Festival.
Aujourd'hui, on pose tous plus ou moins un regard de cinéaste, d'acteur, d'actrice, un regard plus professionnel et conscient. - M.Bouhafsi: Il n'y a pas que vous qui avez monté les marches mineur à Cannes.
Il a quelqu'un d'autre: N.Schneider. Que s'est-il passé, à 17 ans? - N.Schneider: Il va y avoir la photo. - M.Bouhafsi: Vous avez pas monté les marches à 17 ans? - N.Schneider: A 17 ans...
J'étais parti en vacances avec ma copine. C'était pendant le Festival de Cannes. - A.Baudry: On a encore le droit de partir en vacances... - N.Schneider: J'étais passé sous la barrière.
Je crânais un peu. Je disais: "Un jour, je monterai les marches pour un film." - M.Bouhafsi: Et vous les avez montées, beaucoup. - N.Schneider: Beaucoup, je sais pas, mais je les ai montées. - M.Bouhafsi: Vous incarnez le général Leclerc, qui a joué un rôle essentiel pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il a été un personnage central de la Libération de Paris. C'est la 1re fois que vous jouez un personnage que vous admirez. J'adore cette photo.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué, chez ce personnage? - N.Schneider: Aujourd'hui, on regarde l'histoire avec la certitude rétrospective de la victoire.
On sait tous que la France a été libérée de l'Allemagne nazie. Le film m'a permis de me remettre dans le présent de l'époque et de sentir à quel point c'était très, très loin d'être gagné, et à quel point ils étaient en position de faiblesse, à quel point il fallait cette force intérieure d'être convaincu, pour l'honneur, de refuser d'avoir tort avec leur époque. C'est un personnage dont j'ai adoré croire, entre les "action" et les "coupez", que c'était moi. - A.Baudry: Quand tu disais qu'à l'époque, ce n'était pas gagné d'avance...
Ce n'est pas exagéré de dire que c'était perdu d'avance. S'il n'y avait pas eu cette folie de la part de tous, c'était perdu. - M.Bouhafsi: On est sortis de la salle de cinéma et on s'est tous posé une question qui revient souvent dans les dîners: "Est-ce que j'aurais été résistant pendant la guerre?" Niels, vous vous êtes posé la question sur le tournage ou après? - N.Schneider: Impossible de répondre à cette question.
Celui qui se dit "j'aurais pas résisté", c'est sûr qu'il aurait pas résisté. - A.Bégot: Des fois, on se surprend.
Regarder ça avec nos yeux d'aujourd'hui...
C'est impossible de se mettre à la place... - N.Schneider: Je sais que je n'aurais pas été Leclerc, c'est sûr. - M.Bouhafsi: Anamaria? - A.Vartolomei: J'ai envie de dire que j'aurais essayé.
J'aurais eu l'envie de m'en sortir et de suivre la figure qui représentait la France, qui refusait l'humiliation. J'aurais eu envie de refuser ça aussi. Mais je sais pas si j'aurais été aussi forte que mon personnage.
Certainement pas aussi forte que le tien. D'ailleurs, tu peux rebondir. C'était ma petite passe... - M.Bouhafsi: Je vous laisse, si vous voulez.
Vous posez les questions! - F.Lesieur: J'ai lu un bouquin après le tournage.
Je pense que tout le monde s'est posé la question. Le livre s'appelle "Aurais-je été résistant ou bourreau?" C'est impossible de répondre à cette question.
C'est pas le même contexte, la même époque. C'était un climat de guerre avec une occupation d'un pays, avec un régime ultra agressif. Evidemment qu'on aurait tendance à pencher d'un côté.
Personne se dit "j'aurais aimé être collabo". Fatalement, la plupart des Français ont collaboré ou n'ont rien fait. C'est très utopique de se dire qu'on aurait été résistant, mais évidemment que mon coeur a envie de dire ça. - M.Bouhafsi: Vous vous êtes posé la question, S.Abkarian? - S.Abkarian: Beaucoup.
Mais encore une fois, on sait pas. Résister, c'est aussi tuer l'autre, tuer. Est-ce qu'on est prêt à prendre une vie?
C'est ça, la question qui se pose. Je me la pose comme ça. C'est pas dire "est-ce que j'aurais été résistant"...
Il y a un côté très poétique, romantique. On se lance sur ce projet, dans la romance, mais la réalité du terrain, c'est qu'il va falloir peut-être tuer son voisin. On se battait, à l'école, quand on était petits.
Tout d'un coup, tu te retrouves avec quelqu'un qui braque un flingue sur ta tempe quand tu vas acheter du pain. On sait pas. Tu peux pas savoir. - M.Bouhafsi: N.Schneider, vous êtes le général De Gaulle.
Vous êtes aussi un pervers narcissique dans "Si tu penses bien" de G.Nakache. Vous êtes méconnaissable dans "L'Inconnue", présenté en compétition avec une énorme standing ovation.
Il n'y a pas que N.Schneider qui brille à Cannes. Il y a quelqu'un d'autre. - Merci, T.Frémont et tout le reste.
Tout mon respect, ma gratitude, mon amour à toi...
Applaudissements. - M.Bouhafsi: Votre compagne, V.Efira, était la femme du Festival de Cannes.
Vous étiez aussi ému qu'elle? - N.Schneider: Oui.
Ce film, pour elle, c'était plus qu'un tournage, qu'une expérience professionnelle. C'était une expérience de vie. - M.Bouhafsi: Vous viviez en japonais? - N.Schneider: Je me réveillais en japonais.
Je m'endormais...
Elle avait 2 mois pour apprendre le japonais. C'était plus que des tartines de texte. C'étaient des dizaines de pages en japonais.
Je me réveillais à 3h du matin...
Le matin, c'était pareil. C'est un film qui l'a transformée. Surtout, on s'y attendait pas du tout.
Elle a été rappelée en disant: "Ce n'est ni la Palme d'or ni le prix d'interprétation, mais c'est un prix important." Tout de suite, elle a dit qu'elle fonçait à l'aéroport. Pour elle, c'était plié.
C'est sûr qu'elle l'avait pas. Pour moi aussi. J'ai regardé à la télé, mais je me disais qu'elle l'aurait pas.
J'étais avec la nounou. "Ne sois pas excitée. Elle l'aura pas." Quand elle s'est levée, j'étais aussi surpris qu'elle.
Extrêmement fier et heureux. - M.Bouhafsi: Il trône où, ce prix? - N.Schneider: Comme c'est un ex aequo...
Ils avaient fait qu'un prix d'interprétation. Elle a donné celui-là à sa partenaire de jeu. Ils vont en refaire un pour elle.
On l'a pas encore. - M.Bouhafsi: L'élégance de V.Efira.
Suivez-moi. On va passer à la table du dîner. On va se régaler avec un plat préparé par notre cheffe, Nawel.
Il va sûrement vous plaire. On va rester dans le thème du général De Gaulle. Asseyez-vous.
C'est une très belle table. Bienvenue à la table du dîner. Cette belle table, c'est grâce à notre cheffe.
Elle va nous présenter le péché mignon du soir, qui a un lien avec le général De Gaulle. - Nawel: C'est la bouillabaisse. Ca représente parfaitement la cuisine que j'aime et que je partage sur mes réseaux sociaux.
C'est la cuisine conviviale, familiale, celle où on ne compte pas, où on met nos oignons, nos tomates, le bon filet d'huile d'olive, des bons poissons...
On a du saint-pierre, de la daurade, de la lotte. Il y a un petit bout de pain bien français et sa rouille. J'espère que vous allez vous régaler.
J'ai cuisiné avec amour pour vous. - M.Bouhafsi: Merci, cheffe.
Il y a aussi du clafoutis, le dessert préféré du général De Gaulle. Il y a le plat, le dessert, tout ce que vous voulez. Vous saviez que c'était le plat préféré de De Gaulle? - N.Schneider: Je l'aurais su, je l'aurais mieux joué. - A.Bégot: Le film se concentre aussi beaucoup sur cette relation entre le général De Gaulle et Churchill, relation très ambivalente.
Beaucoup de tendresse, de connivence. C'était orageux. - J'espérais que vous pourriez nous aider.
Vous avez échoué. Nous allons devoir changer de stratégie. - Par conséquent, vous mettez fin à l'alliance entre la France et l'Angleterre. - Entre De Gaulle et l'Angleterre. - Pourquoi discuter avec De Gaulle s'il n'est pas la France? - Vous n'êtes pas la France! - A.Bégot: Leurs échanges étaient aussi souvent teintés d'humour.
Il y a cette scène savoureuse où De Gaulle surprend Churchill en peignoir à Downing Street. Il lui lance: "Je ne savais pas que c'était le carnaval." Churchill répond: "Tout le monde ne peut pas se déguiser en Soldat inconnu." Il est véridique, cet échange? - A.Baudry: Oui. - A.Bégot: Cette relation est étonnante. - A.Baudry: C'est une relation père avare-fils prodigue, amour-haine.
C'est 2 romantiques. Churchill n'aurait pas dû soutenir De Gaulle. Il a une vision romantique.
Il regarde les âmes. Il regarde cet homme seul. Il se sent aussi seul.
Après, il s'en mord les doigts, mais il l'aime. - Y.Goosz: Il le fait contre ses conseillers, en plus. - A.Baudry: C'est pas des calculateurs.
C'est des chevaliers, d'une certaine manière. - M.Bouhafsi: C'est comment, le péché mignon du général De Gaulle?
Je vois que vous êtes en train de vous régaler. - A.Vartolomei: C'est très frais.
J'adore. - M.Bouhafsi: En préparant cette émission...
Très frais, une bouillabaisse, c'est...
On a découvert tout un tas d'informations croustillantes sur vous. On se dit qu'on allait faire un petit jeu pour voir si vous vous connaissez bien. Vous avez vécu pendant des mois entre vous.
Vous allez devoir deviner quelle anecdote est liée à une personne autour de la table. C'est pas très clair, comme phrase. Vous l'avez, Florian? - F.Lesieur: C'est très clair. - M.Bouhafsi: Qui ici a déjà sorti plusieurs morceaux de rap? - A.Vartolomei: Ca doit être toi. - M.Bouhafsi: Regardez. - F.Lesieur: Ma plume, je lui donne un sens.
Désormais, je pleure et je crie en rimes. De l'amour, j'en veux juste un peu. Pour que ça brûle, il faut juste un feu.
Pour l'histoire, pas besoin d'être 2. Pour y croire, il faut juste un voeu. - M.Bouhafsi: A quand l'album? - F.Lesieur: Personne savait.
Je fais ça par passion. - S.Abkarian: Même lui, il savait pas! - F.Lesieur: On m'a prévenu que quelque chose allait peut-être sortir.
Je fais ça par passion. J'adore ça. - M.Bouhafsi: Il y a du flow.
Il a pas que vous qui aimez le rap. Quelqu'un a joué dans un clip de rap. - F.Lesieur: C'est Niels. - M.Bouhafsi: Non. - A.Vartolomei: Mais non!
Putain! Génial! - M.Bouhafsi: S.Abkarian Dans un clip de Kaaris! - S.Abkarian: On a fait un film avec le fils de C.Eastwood.
C.Eastwood devait lui mettre une droite, sauf qu'il lui a mis vraiment. Kaaris se lève et me fait: "Je vais le tuer!" Je lui dis qu'il l'a pas fait exprès.
Il le refait. C'est quelqu'un de bien. Il m'a demandé si je voulais venir sur son clip. - M.Bouhafsi: Quelqu'un ici a passé une nuit en garde à vue après avoir passé une tête dans la fontaine de Trevi. - A.Vartolomei: Il sourit... - M.Bouhafsi: C'est Niels. - N.Schneider: C'est moi.
C'était sur un film. On devait tourner une scène dans la fontaine. Je me suis baigné dedans.
On devait refaire la scène...
Sauf qu'on n'avait pas le droit. Les carabiniers sont venus. Ils nous ont arrêtés.
On s'est retrouvés en cellule. Je me suis fait foutre des baffes par les carabiniers. Je suis sorti.
On a marché dans l'espèce de banlieue de Rome. On s'est fait balancer des bouteilles vides d'alcool sur la tronche. J'ai jamais été payé pour ce film.
Il est jamais sorti. C'était 2 réalisateurs portugais dont j'ai plus eu de nouvelles. - M.Bouhafsi: On les salue.
Qui ici a déjà été confondue avec S.Luna? - M'a rendue accro... - M.Bouhafsi: Qu'est-ce qui s'est passé? - A.Vartolomei: La coupe de cheveux fait que...
Là, ils sont un peu plus longs, mais quand j'avais la coupe garçonne, on m'a déjà confondue avec S.Luna. Florian est meilleur que moi. - M.Bouhafsi: En chanson? - F.Lesieur: Non.
Je laisse ça à S.Luna. - M.Bouhafsi: Qui a le même régime que Pythagore?
C'est quoi, cette histoire? - A.Baudry: J'ai appris ça après coup.
Je ne mange pas de fèves et d'organes. Un beau jour, j'ai appris que Pythagore faisait pareil. Je me suis dit: "On va arrêter de m'embêter.
Je fais comme Pythagore!" Le foie, le cerveau, les yeux...
Les abats, quoi. - M.Bouhafsi: C'est bien, d'avoir un point commun avec Pythagore.
On va jouer au blind-test de vos vies pendant que tout le monde discute du régime de Pythagore. ...
Je sais pas si vous êtes compétiteurs. Il faut crier les réponses. Les chroniqueurs n'ont pas les réponses.
Il faut trouver le chanteur ou la chanteuse, l'artiste et pas le titre. Ca a un lien avec vos vies. Premier titre. - E.Eméyé: ABBA! "Dancing Queen". - A.Vartolomei: J'adore ABBA.
On m'a demandé, si je pouvais écouter qu'un seul artiste, sur un trajet de voiture qui dure assez longtemps, qui je choisirais. C'est entre M.Jackson et ABBA. - M.Bouhafsi: Ce serait bien, que vous battiez les chroniqueurs, pour créer un peu de tension.
E.Eméyé et Y.Goosz ont été très forts. 2e titre. ...
Major Lazer, DJ Snake. - N.Schneider: C'est insupportable. - F.Lesieur: C'est toi? - N.Schneider: Je hais cette chanson.
Ca m'agresse. C'est hyper agressant. Un été, elle passait en boucle. - M.Bouhafsi: "Je préfère me râper tout le corps et le jeter dans du tabasco que d'écouter cette chanson." - A.Vartolomei: C'est hilarant. - N.Schneider: Euh...
Je sais pas pourquoi. Elle est assez agressante. C'est assez objectif. - M.Bouhafsi: 3e titre. ...
C'est Howlin' Jaws. - S.Abkarian: Le groupe de mon fils.
C'est leur album. - M.Bouhafsi: Il cartonne, votre fils. - S.Abkarian: Il travaille. - M.Bouhafsi: Qu'est-ce que ça vous fait, de l'écouter?
Vous êtes fier? - S.Abkarian: Je suis fier et ému.
Il est dans son monde et libre dedans. Il fleurit. Qu'est-ce que je peux vouloir de plus?
On lui a demandé s'il voulait être acteur. Il y en avait déjà un dans la famille... - M.Bouhafsi: 4e titre. - A.Vartolomei: Jul. - M.Bouhafsi: Bravo! - A.Vartolomei: Ca m'étonnerait que ça soit Antonin. - M.Bouhafsi: 5e, Pour faire plaisir à Niels. ...
C'est les Beach Boys. Niels était en train de kiffer! - N.Schneider: J'adore.
J'imagine J.Cassavetes rouler à Los Angeles dans sa Mustang en écoutant ça...
J'adore. - M.Bouhafsi: Le 1er volet de "La Bataille de Gaulle: l'âge de fer" sera en salle mercredi.
C'est époustouflant. Vous êtes tous magistraux dans ce film. La suite sortira le 3 juillet.
On était heureux de vous réunir tous les 5. Merci. C'est pas fini, encore!
Il y a la photo! On se retrouve demain, à 19h. Tout de suite, "Max et les Ferrailleurs".
Tournez-vous vers Alex pour faire la photo légendaire de "C à vous". Excellente soirée.
Charles de Gaulle