Bally Bagayoko : l’ascension du maire de Saint-Denis
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On a pu rencontrer Bali Bagayoko un samedi matin, quand il était seul dans sa mairie, il nous a consacré plus de deux heures. Et ce qui nous a frappé quand on est arrivé dans son bureau, c'est que le portrait d'Emmanuel Macron, comme il l'avait annoncé, avait bien été décroché. Il était au sol, mis dans un coin, il ne restait plus que les deux petits crochets au mur. Cette semaine, le point s'est intéressé à Bali Bagayoko. Pourquoi ? Parce que c'est une figure montante de la France Insoumise. On s'est rendu sur le terrain à Saint-Denis pour creuser un peu son parcours politique et pour essayer d'en apprendre un peu plus sur lui.
Bali Bagayoko, il doit le déclic de sa carrière politique au basket. Parce qu'avant d'être maire, Bali Bagayoko était coach de basket. Et à la fin des années 90, il coachait notamment au club de Saint-Denis, avec un certain succès, un grand gaillard de 1m95, qui était très bon, qui s'appelle Fabien Marceau, qui deviendra plus tard le slammeur grand corps malade. Et le père de Fabien Marceau, qui s'appelle Jacques, est venu voir son fils jouer au basket à Saint-Denis. Et Jacques Marceau était secrétaire général du Parti communiste à Saint-Denis.
Et il a tout de suite repéré le charisme de ce coach de basket, qui avait le respect des jeunes, qui pouvait parler à tout le monde, qui galvanisait ses troupes, et qui était admiré localement. Donc il s'est dit que c'était une bonne idée de l'amener à la mairie de Saint-Denis comme animateur. Et puis ça a marché très bien, ce rôle de grand frère dans les quartiers de Saint-Denis, notamment dans le quartier du Franc-Moisin, un quartier difficile avec lequel les communistes avaient parfois du mal à nouer un lien. Donc Bali Bagayoko a commencé comme animateur, puis il est entré à la mairie de Saint-Denis en 2001, comme adjoint à la jeunesse et au sport.
C'est quelqu'un qui est surnommé Oui Oui, parce que tout le monde n'arrêtait pas de l'appeler. Ça dure encore aujourd'hui pour lui demander un service, un logement, un conseil. Et donc Bali Bagayoko, il disait tout le temps Oui, Oui. Ses proches lui ont conseillé maintenant qu'il est maire de changer de numéro, parce que c'est plus possible, vu sa fonction de maire d'une ville de 150 000 habitants, de répondre à autant de demandes. Bali Bagayoko, on lui prête des ambitions nationales, mais c'est quelqu'un qui, pour l'instant, nous dit-il, veut rester focalisé sur les sujets qui concernent sa ville. Il conserve aussi une certaine indépendance par rapport à la France insoumise.
Par exemple, il refuse d'employer le mot racisé. Il préfère le mot héritier de l'immigration. Et nous, il nous a expliqué que c'était d'une part parce que dans les quartiers populaires, on n'emploie pas forcément ce mot de racisé, et d'autre part parce qu'il veut conserver cette liberté de ton, ce qui n'est pas si fréquent que ça chez les cadres de LFI, et toujours garder un pied en dehors du mouvement politique et défendre ses intérêts et ceux de sa ville. Merci.
Merci. Merci. Merci.