Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis l’Hôtel de Polignac à Condom
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 9:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous assumer de ne pas prendre de mesures plus restrictives face à la circulation du virus ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Quel est l'avenir pour les territoires ruraux, comme le Gers ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez une tempête sanitaire, économique, sociale ou politique ?
- 17:00RelanceRéponse directe
Ceux qui parlent de "tempête" sont pessimistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15E. MacronChiffre
« Avec le Loto du patrimoine, c'est 80 millions d'euros en 2 ans qui ont pu être levés. »
- 1:00E. MacronChiffre
« Chaque année, ce sont 326 millions d'euros qui sont investis dans notre patrimoine. »
- 2:00E. MacronChiffre
« 52% de ce patrimoine est dans les petites villes, les villes de moins de 2 000 habitants. »
- 7:00E. MacronPromesse
« Nous avons mis en place un projet ambitieux d'accompagnement, de qualification et requalification des personnes. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-E. Macron : Bien. Ecoutez, nous étions là avec Mme la ministre de la Culture, accompagnée de Stéphane Bern de la présidente directrice générale de la Française des Jeux, du président de la Fondation du patrimoine, pour d'abord mettre en valeur et venir voir les avancées d'un de nos chantiers.
En effet, l'investissement, l'engagement pour le patrimoine de l'ensemble de l'Etat et, si je puis dire, du collectif qu'est la France est constant et important. Avec le Loto du patrimoine, c'est 80 millions d'euros en 2 ans qui ont pu être levés. Et j'espère que les prochains tirages, qui sont imminents, et j'invite tous nos concitoyens, d'ailleurs, à y participer, permettront évidemment de lever encore davantage d'argent.
Cet argent, il a permis, sur la base de tout le travail fait avec les directions régionales, justement, des affaires culturelles, avec la Fondation du patrimoine, qui font remonter des projets à la mission de Stéphane Bern, d'identifier des projets, il y a eu plus de 35 000 demandes, et ainsi de mobiliser ce financement pour sauver notre patrimoine. C'est-à-dire à la fois notre histoire, nos paysages, notre quotidien. 180 sites ont d'ores et déjà été sauvés.
Et cette école élémentaire de Condom est un formidable exemple, l'hôtel Polignac, donc, de ce patrimoine qui est ainsi sauvé. Il y a ici du financement du Loto du patrimoine, du financement de l'Etat, de la commune, de la région et des donations privées. Grâce à cela, on peut faire des travaux qui étaient tant attendus pour cet hôtel du XVIIIe siècle, qui est un petit trésor.
Et donc quand on parle de notre patrimoine, il faut en avoir conscience, on parle évidemment d'églises, on parle de très grands monuments, on parle aussi de monuments du quotidien, qu'ils soient inscrits ou non, on parle parfois de possessions privées ou d'associations, et il est important de les sauver. Au-delà de ce que fait le Loto du patrimoine, et je remercie une fois encore Stéphane Bern pour sa mobilisation, son travail d'arrache-pied avec une toute petite équipe pour identifier, travailler sur ces projets, mais surtout pour susciter tant de vocations et tant de projets partout dans la France, parce qu'au fond, nos concitoyens se réapproprient leur patrimoine. Et il y a tout le travail que le ministère de la Culture, Mme la ministre, chère Roselyne, fait au quotidien.
Et ça, je veux vous en remercier, parce que c'est chaque année, et il faut ici le souligner, chaque année, ce sont 326 millions d'euros qui sont investis dans notre patrimoine. Sur les Monuments historiques, sur ces monuments inscrits, pour là aussi venir les sauver, les rénover, les restaurer. Nous sommes un des pays qui investit le plus pour son patrimoine, parce que c'est notre vocation, parce que nous y attachons de l'importance.
Et le ministère de la Culture y est pleinement mobilisé à travers tout le territoire, en Hexagone, comme en Outre-mer. Et puis au coeur du projet France Relance, vous savez que la ministre a défendu ardemment au sein du gouvernement que la culture y figure en bonne place, un peu plus de 2 milliards d'euros, et c'est légitime et normal, compte tenu de ce que représente la culture le secteur culturel dans notre produit intérieur brut, mais aussi dans notre projet pour bâtir la France de dans 10 ans, eh bien, il y a 615 millions d'euros qui sont consacrés au patrimoine. C'est un investissement là aussi conséquent qui permet de porter aussi beaucoup de projets qui étaient attendus parfois depuis des années, pour ne pas dire plus, par nos concitoyens.
Ainsi, on aura 80 millions d'euros sur les cathédrales, Mme la ministre, sous votre contrôle, 80 millions d'euros pour restaurer nos cathédrales. On a vu encore récemment que lorsqu'il y avait justement des faiblesses, des restaurations qui n'étaient pas faites, c'est non seulement progressivement la désagrégation de notre patrimoine, mais des risques qui sont pris qui peuvent conduire à des incendies, et à la disparition totale de ce patrimoine essentiel pour notre pays. Ce sont un peu plus de 40 millions d'euros qui viendront compléter l'action qui est faite chaque année pour les Monuments historiques et le patrimoine inscrit.
C'est aussi ce qu'on va faire aux côtés du Centre des monuments nationaux, aux côtés des projets comme Villers-Cotterêts, mais aussi en soutien des grands établissements patrimoniaux, qui, évidemment, souffrent beaucoup en raison de la Covid. Donc vous le voyez, il y a une mobilisation à travers le Loto du patrimoine, l'action chaque année du ministère de la Culture, mais aussi France Relance, pour être aux côtés véritablement du patrimoine français. Parce que notre patrimoine, je le disais, c'est notre histoire, ce sont nos territoires, nos paysages, parce qu'il a aussi ce patrimoine naturel que nous soutenons, et c'est également notre quotidien, la vie du pays.
Ce patrimoine est contemporain. Il est ce dans quoi nous vivons, travaillons, apprenons. 52% de ce patrimoine est dans les petites villes.
Les villes de moins de 2 000 habitants. Et je le dis alors que nous entrons dans ces Journées européennes du patrimoine. Nous savons qu'il faut être très précautionneux.
Il y a évidemment beaucoup de métropoles où le virus circule ardemment. Certaines villes où, en raison du virus, nous avons dû annuler les Journées européennes du patrimoine. Il n'en demeure pas moins qu'une part importante de notre patrimoine qui sera visitable le sera dans des villes moyennes ou de petite taille, où, avec les mêmes précautions, mais cette fois-ci avec un virus qui circule moins vite, bien souvent, nous pourrons aller à son contact.
Et quand on parle de notre patrimoine, je le disais, on parle de notre quotidien, mais on parle aussi d'une activité économique, de la vie de nos territoires, aujourd'hui et demain. Nous l'avons vu ici. Ce sont des tailleurs de pierre, ce sont des métiers d'art, ce sont des métiers d'artisanat et d'art que nous soutenons, car tous les projets que nous relançons avec cet investissement permettent à des centaines de milliers de femmes et d'hommes de pouvoir vivre de leur métier et de leur artisanat, de gestes parfois séculaires qu'ils ont appris, et peuvent ainsi appliquer, nous l'avons vu avec les tailleurs de pierre.
On peut le voir avec les doreurs, avec les peintres, etc. Ces métiers, c'est notre force, notre tradition, notre richesse, c'est de l'activité économique sur nos territoires. Ce sont souvent des entreprises familiales de taille moyenne, qu'il est important de soutenir par ces chantiers et ces projets.
Mais c'est aussi l'attractivité de nos territoires, car tout ce patrimoine que nous restaurons, ce sont évidemment des villages, des villes qui redeviennent attractives. M. le maire de Condom le sait bien.
Et ce sont des touristes qui reviennent. Touristes du département, de la région, du pays, parfois de l'international. Et donc c'est notre capacité à avoir aussi une activité touristique, hôtelière que le patrimoine permet.
Je le dis parce que les patrimoines, c'est évidemment des pierres, des tissus, des meubles qui ont cette histoire, mais c'est aussi pleinement contemporain, parce que ce sont des savoirs, des métiers, mais c'est aussi l'attractivité, l'image de notre pays, et ce sont donc beaucoup d'autres métiers et secteurs économiques qui en dépendant. C'est tout ça quand on parle du patrimoine. Et c'est aussi cela que nos concitoyens pourront découvrir ou redécouvrir, dans leur ville ou un peu plus loin, à l'occasion de ces Journées européennes du patrimoine, que nous soutenons fortement.
Voilà ce que je voulais vous dire en cette journée. S'il y a 2 ou 3 questions, je les prendrai. -Pour revenir sur la circulation du virus que vous évoquiez.
On l'a vu, notamment pendant vos échanges tout à l'heure avec les habitants de Condom, les gestes barrières ne sont pas toujours faciles à respecter, le masque pas toujours bien porté. Est-ce que vous assumer de ne pas prendre de mesures pour le moment plus restrictives, alors que les chiffres de l'épidémie sont mauvais ? -E.
Macron : Alors, je me permettrais de replacer les choses telles qu'elles sont. D'abord, il faut toujours, toujours rappeler les choses barrières, expliquer, parce que la solution, nous l'avons dans nos mains, tous collectivement. C'est un virus qui circule.
Et donc il y a les décisions que le gouvernement peut prendre, qu'on prend dans chaque territoire, mais ce que chaque citoyen doit faire. Et si chacun fait sa part, nous pouvons beaucoup mieux résister encore, et le vaincre plus vite. Notre stratégie face au virus est simple : c'est d'abord de regarder la situation en toute transparence, ce qu'a fait le ministre hier.
Le virus est là, il circule, dans des territoires beaucoup plus vite que dans d'autres, mais il est dans ce que les épidémiologistes appellent une phase endémique. Il est là, partout. Nous avons 4 axes pour y faire face.
Le premier, les gestes barrières. Donc il faut continuer d'expliquer, d'apporter, là, c'est pour le pays tout entier, le masque, la distanciation dès qu'on peut la tenir, se laver les mains et justement se protéger et protéger les autres. Il faut continuer la pédagogie, expliquer, responsabiliser chacun.
Moi, j'ai confiance dans l'intelligence collective. Et je vois quand même beaucoup de nos concitoyens qui le portent. Vous avez raison, on peut toujours trouver untel ou untel qui le porte mal, mais beaucoup de gens avaient tout à l'heure des masques.
J'étais sur le Tour de France il y a quelques jours. Je suis habitué de ces rendez-vous. J'étais frappé de voir que tout le monde avait quasiment des masques aussi.
Donc il faut continuer d'expliquer, sans infantiliser ni culpabiliser, mais en responsabilisant. Le 2e axe de notre stratégie, c'est de tester, d'accompagner et d'identifier les cas contacts, et de mettre à l'abri ceux qui ont le virus, les inviter à rester pendant au moins 7 jours, donc, à part. C'est la stratégie essentielle là aussi partout dans le territoire qui est la plus efficace.
Nous sommes l'un des pays d'Europe qui testent le plus. Malgré cela, vous savez bien qu'il y a des files d'attente dans certaine endroits, même si, comme vous, j'ai entendu tout à l'heure les habitants de Condom me dire : "Ma maman avait un doute. "On a eu le rendez-vous en une heure de temps.
On avait les résultats le lendemain." Il y a aussi beaucoup d'endroits où ça fonctionne. Mais il y a des métropoles, quand il y beaucoup de monde, parfois beaucoup d'angoisse, où, là, il y a de l'attente.
On s'améliore en organisant mieux avec tous les professionnels sur le terrain les choses pour que ce soit les personnes symptomatiques, vulnérables ou les soignants qui soient priorisés. Et puis nous sommes en train de préparer une stratégie plus large pour avoir aussi d'autres types de tests à déployer à partir d'octobre. Ensuite, il y a aussi la part que chacun joue pour dire quels sont les cas contacts, prévenir les services, prévenir soi-même ces cas contacts et se mettre à l'abri.
Et ça, il faut que chacun soit très vigilant sur ce sujet-là pour protéger. Ca, c'est dans la France tout entière. Et ces 2 piliers de notre stratégie sur la France entière, on en a donné les règles, on donne les moyens de faire, on améliore l'organisation, mais ça dépend beaucoup de chacune et chacun d'entre nous.
Et un 3e pilier de notre stratégie, qui est les personnes vulnérables, et en particulier les plus âgées. Et là-dessus, vous l'avez vu, nous renforçons les règles, on incite évidemment chacune et chacun à limiter les sorties, mais on teste aussi les soignants qui sont en Ehpad ou qui vont à domicile, et nous allons progressivement accompagner un renforcement des règles, où, qu'est-ce qu'on veut ? Mieux protéger sans isoler.
Parce qu'on sait que l'isolement et la solitude sont mauvais pour les personnes qui sont en grand âge, parce que ça induit des syndromes de glissement et d'autres pathologies. Et puis enfin, il y a la règle que vous connaissez, sur laquelle vous insistez beaucoup, mais qui n'est qu'un des axes de notre stratégie, le 4e, qui sont les restrictions de notre vie sociale. Et cela, ce que nous assumons de faire, à la lumière de ce que nous avons vécu, c'est de le différencier sur le territoire, parce que le virus ne circule pas de la même manière partout.
Et ça, nous le faisons, parce que nous le pouvons, parce que nous avons appris de la 1re phase, parce qu'on a aussi entendu dans la 1re phase tout le monde qui disait : "Tout ne peut pas être géré depuis Paris "avec une règle uniforme. "Les écarts entre habitants ne sont pas les mêmes "quand on est à la campagne et à la ville. Le virus circule plus ici que là." Et donc il y a des critères qui ont été donnés, rappelés hier par le ministre.
Et chaque préfet, avec les directeurs d'agences régionales de santé, eh bien, décline ces règles, en concertation avec les élus, pour qu'elles soient adaptées. Quand le virus est très présent et circule, on restreint beaucoup les règles. Et donc on les a restreintes, par exemple à Marseille, et le ministre a annoncé des restrictions à venir supplémentaires, parce que ça continue.
Dans d'autres endroits, où ça circule beaucoup moins, on assume d'essentiellement jouer sur les 3 premiers piliers. Je crois que c'est la stratégie qui est adaptée, parce que nous allons vivre plusieurs mois avec le virus. Et donc il faut être lucide, très transparent, exigeant, mais en même temps proportionnés.
Est-ce qu'il y a une 2e question ? -M. le Président, quel est l'avenir pour les territoires ruraux, comme le Gers ? -E.
Macron : Alors, je crois profondément à l'avenir de nos territoires ruraux. Et je pense que, d'ailleurs, nous avons touché il y a quelques années un point d'inflexion. Pendant des décennies, nos territoires ruraux ont vu parfois, ça dépend, c'est pas le cas du Gers, je crois, mais il y a beaucoup de territoires ruraux qui ont perdu de la population, mais certains territoires ruraux ont vu les industries partir, les déserts médicaux s'installer, les difficultés d'accès par la route, les difficultés du numérique et une forme, au fond, d'isolement, parfois aussi le sentiment d'un déclassement.
Je crois que les choses sont en train de changer très profondément, et nous accompagnons ce changement. D'abord parce que nos concitoyens sont en recherche de racines, de qualité de vie, de sens. Et nos territoires ruraux retrouvent de l'attractivité dans ce contexte-là.
Ensuite parce que, et nous l'avons vu avec le Covid, les pratiques changent. Le télétravail, les lieux tiers, où on peut travailler en n'allant dans la métropole où on a l'entreprise qu'un ou deux jours par semaine. L'organisation de notre temps de travail et professionnel change.
Ensuite, par le numérique. On peut organiser des petites structures de production très différentes, plus légères. L'impression 3D permet de refaire de l'industrie au plus près du terrain.
Et puis le développement de l'agro-écologie, de beaucoup de secteurs demandés par nos concitoyens avec le circuit court, etc, permet de réimplanter de l'activité aussi agricole et agroalimentaire sur nos territoires. Ce mouvement, nous, nous devons l'accompagner en faisant quoi ? En équipant nos territoires.
C'est pour ça que nous avons voulu accélérer le développement de la fibre et de l'Internet mobile dans le rural. C'est un combat essentiel. Et les 18 prochains mois sont clés pour le finir, Internet mobile haut débit, fibre, pour qu'on puisse réinstaller de l'industrie et que quand on est un citoyen, qu'on travaille à domicile, quand on veut aussi se détendre et apprendre, on puisse le faire chez soi, comme on le fait dans une métropole. 2e point, et c'est au coeur de France Relance, l'accès à la métropole d'équilibre.
Pas forcément Paris. Mais le meilleur accès. Ici, Toulouse et Bordeaux.
Et on sait que, par exemple un territoire comme le Gers, c'est vrai, a pris beaucoup de retard parce qu'on a sous-investi sur ces petits équipements de proximité. La deux fois deux-voies à sécuriser, le réinvestissement dans ces trajets du quotidien ou du développement économique. Ensuite, on a besoin d'aider à porter des projets culturels, éducatifs, économiques sur le territoire.
Et le projet France Relance le permet. La rénovation thermique des bâtiments, les projets culturels que nous portons, ce sont des projets qui se déclinent sur le territoire. L'agro-écologie, l'agriculture des circuits courts, ça se fait sur les territoires.
Et donc je pense que nous sommes à ce point d'inflexion où nos territoires ruraux correspondent à l'aspiration de nos concitoyens qui ne veulent plus vivre en centre-ville, correspondent à ce que nous pouvons faire et à la construction d'un nouveau modèle. Et puis les villes de taille moyenne, je pense à Auch, où nous étions tout à l'heure, aussi sont aidées par, justement, les programmes type Action coeur de ville, qui permettent là aussi d'accompagner la rénovation de nos centres urbains, le redéploiement de nos commerces, et c'est ce que nous allons faire pour les communes de plus petite taille, comme Condom, c'est-à-dire permettre de relocaliser du commerce en centre-ville, de redévelopper du logement. Voilà.
C'est toute une stratégie d'ensemble, mais c'est une partie aussi de l'art de vivre à la française que portent nos territoires ruraux. -M. le Président, il y a Bridgestone, il y a la crise sanitaire que vous venez d'évoquer.
Est-ce que vous êtes de ceux qui craignent une tempête sanitaire, économique, peut-être sociale, et peut-être politique ? -E. Macron : Ecoutez.
J'ai tôt dit, dès le printemps, que le moment sanitaire était un moment que nous aurions, ensuite, les conséquences économiques et sociales. Rappelez-vous ce que je vous disais aux mois de juin et juillet. Je vous disais : "La rentrée sera dure." Parfois, certains me disaient : "Il est beaucoup trop pessimiste." Non, simplement lucide.
Nous connaissons les chiffres. Nous voyons à peu près comment les choses sont en train d'évoluer. La rentrée est dure parce que vous avez des secteurs qui étaient déjà fragiles, que le Covid a mis à l'arrêt, parce que vous avez certains secteurs dont l'économie mondiale, en quelque sorte, est bousculée par le Covid, quand vous dépendez de l'aéronautique, du secteur automobile de quelques autres, la difficulté de la dynamique mondiale a des conséquences sur nos entreprises.
Et donc, là, nous devons, nous, être en accompagnement, ce qu'on fait, nous sommes l'un des pays qui a le plus accompagné ses entreprises. Les fameux 460 milliards d'euros, c'est ce que nous avons fait : chômage partiel, prêts garantis et fonds de solidarité, pour que les grandes entreprises comme les indépendants soient accompagnés et ne tombent pas. Maintenant, dans cette phase où certains secteurs repartent, d'autres qui sont en difficulté sont devant des situations de faillite ou de restructuration.
Et donc là, ce que nous devons faire, d'abord, c'est ne céder à aucune fatalité. Au cas par cas, il faut regarder. Et partout où nous pouvons nous battre, nous nous battons.
Et le gouvernement, aux côtés des élus locaux, des salariés, se bat pour qu'il n'y ait aucun abus, aucune fatalité, aucune entreprise ou investisseur qui n'utilise le contexte pour essayer de mettre la clé sous la porte. -Bridgestone ? -E.
Macron : Exactement. Et donc là, c'est le combat que mène le gouvernement avec les élus locaux en la matière. Il y a d'autres situations où la situation est plus dure à reprendre.
Et il faut accompagner là les salariés pour permettre leur requalification rapide et de repartir sur des secteurs qui démarrent. Mais cette situation va durer plusieurs mois. C'est pour ça que nous avons mis en place un projet ambitieux d'accompagnement, de qualification et requalification des personnes, de soutien des secteurs économiques et de relance pour aussi bâtir les secteurs d'avenir sur lesquels nous avons commencé et nous devons beaucoup plus créer d'emplois.
Donc la difficulté est là, nous le savons, et il ne s'agit ni d'être catastrophiste, ni d'être angélique, mais de se battre. Nous sommes tous ensemble plongés dans la même situation. Et donc nous allons tous ensemble nous battre avec beaucoup de lucidité, mais avec aussi beaucoup de détermination. -Ceux qui parlent de "tempête" sont pessimistes ? -E.
Macron : Non, mais je qualifie pas les mots. Je sais très bien là où vous voulez m'emmener. J'ai toujours été lucide, je continue de l'être.
Mais de là où je suis, de là où nous sommes, nous n'avons qu'une chose à faire : nous battre. Nous battre, nous battre pour tous nos concitoyens qui sont aujourd'hui dans l'angoisse de perdre leur travail ou parfois dans le désarroi quand ils l'ont perdu, pour leur famille, pour leurs enfants. Nous battre pour eux et avec eux.
Et nous y arriverons, parce que nous avons toujours réussi à relever ces défis. Donc voilà, je suis déterminé. -Merci beaucoup. -E.
Macron : Merci beaucoup. Merci à vous. Merci, Mme la ministre.
Merci, Mme la présidente.
Emmanuel Macron