Réforme des retraites : face au "blocage" de l'opposition, "le 49-3 va devenir inévitable", estime un député LREM
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse partielle
Faut-il avoir peur ce matin ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Quand vous dites que vous citez l'exemple de l'Italie, ça peut vouloir dire qu'on pourrait avoir des villes en quarantaine s'il le fallait en France ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Mais à votre sens, est-ce qu'on est prêts ?
- 1:30RelanceÉludée
Les députés travaillent ce week-end sur le projet de loi de réforme des retraites. Est-ce que, ce matin, vous pensez que la seule solution, maintenant, pour adopter ce texte, c'est d'en passer par l'article 49.3 ?
- 2:46RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous pensez que le gouvernement n'aura pas d'autre choix que d'en passer par le 49.3 ?
- 3:28RelanceRéponse partielle
clairement, justement, Jean-Baptiste Moreau, est-ce que le 49.3 n'est pas toujours le signe d'un échec ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« Il faut que tout soit fait pour limiter au maximum la propagation de cette épidémie. »
- 2:03Invité politiqueFait
« On voit bien, les débats traînent en longueur, les oppositions... »
- 6:46Invité politiqueChiffre
« Il y en a autour d'un milliard... Il faut un milliard d'euros uniquement pour les agriculteurs. »
- 6:49Invité politiqueChiffre
« Et leur conjoint, c'est un milliard d'euros à peu près pour revaloriser à hauteur de 1 000 euros. »
- 10:22Invité politiqueFait
« La France est très ferme et qu'elle a préféré ne pas signer d'accord vendredi soir. »
- 10:28Invité politiqueChiffre
« Elle veut obtenir 375 milliards d'euros sur 7 ans, ce qui est ce qu'on a dépensé lors de la période 2014-2020. »
- 16:00Invité politiqueFait
« La loi, elle a créé des outils. »
- 16:18Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, vous avez Lactalis qui a conclu un accord avec une organisation de producteurs à 385 euros les 1000 litres alors que le coût de production est à 395. »
- 17:10Invité politiqueChiffre
« Il y en a déjà plus de 4 millions qui ont été prononcés sur l'année dernière alors qu'avant on était beaucoup moins. »
- 17:17Invité politiqueChiffre
« Leclerc aujourd'hui est assigné en justice pour je crois 17 millions ou quelque chose comme ça. »
- 21:13Invité politiqueFait
« Le président de la République l'a annoncé effectivement la nomination prochaine d'un délégué interministériel sur ces thématiques-là. »
- 21:55Invité politiqueFait
« Un agriculteur il enregistre l'ensemble de ses pratiques tout ce qu'il fait dès qu'il traite dès qu'il utilise son pulvérisateur et qu'il traite ses champs il enregistre de façon informatique quel produit il a utilisé en quelle quantité sur quelle surface. »
- 23:19Invité politiqueChiffre
« Il y a 40 substances qui ont été supprimées l'année dernière par exemple. »
Temps de parole
- Jean-Baptiste Moreau55 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 210 %
- Invité9 %
- ?3 %
- Invité 22 %
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Bonjour à toutes et à tous, c'est le 8.30 France Info, comme chaque jour, à la radio et sur le canal 27 de la TNT. Avec moi, Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Bonjour. Bonjour Marc, bonjour à tous. Et notre invité, Jean-Baptiste Moreau, député éleveur aussi, La République En Marche de la Creuse. Bonjour. Bonjour. 11 villes isolées, barricadées en Italie du Nord, 50 000 personnes coupées du monde de morts dues au coronavirus. Faut-il avoir peur ce matin ?
Peur, non, il ne
faut
pas virer dans l'irrationnel le plus complet, mais il faut être sur ses gardes. Il faut que tout soit fait pour limiter au maximum la propagation de cette épidémie. Et c'est ce que l'Italie fait, c'est ce qu'il va sans doute falloir faire en France. On voit bien que l'épidémie se propage un peu partout dans le monde, donc il faut prendre les précautions.
Il
ne
faut
pas avoir de peur irrationnelle, mais maintenant, il y
a
un certain nombre de mesures à prendre, oui.
C'est-à-dire, quand vous dites que vous citez l'exemple de l'Italie, ça peut vouloir dire qu'on pourrait avoir des villes en quarantaine s'il le fallait en France
?
Si on voit que l'épidémie se propage, oui, il faudra certainement prendre des mesures. Après,
ce
n
'est
pas de mon ressort,
c
'est le ressort du ministre de la Santé. Olivier Véran l'a dit ce matin. Je pense qu'il faudra prendre des mesures fortes pour limiter au maximum la propagation de
l
'épidémie, oui,
bien sûr. Mais à votre sens, est-ce qu'on est prêts
?
Oui,
oui,
oui, j'ai aucun doute que les sécurités sanitaires de la France sont tout à fait prêtes à prendre des mesures appropriées par rapport à cette épidémie.
Toute
autre question, Jean-Baptiste Moreau. Les députés travaillent ce week-end sur le projet de loi de réforme des retraites. Un débat qui s'enlise, effectivement, avec plus de 40 000 amendements. Est-ce que, ce matin, vous pensez que la seule solution, maintenant, pour adopter ce texte,
c
'est d'en passer par l'an 49.3
?
Moi, je n'espère pas, et les députés de la majorité ne l'espèrent pas, parce qu'on a vu, justement, hier, il y
a
eu deux amendements d'adopté, parce que ce texte, il a besoin d'être amendé par les députés, d'avoir un travail sérieux qui est fait dessus. Mais quand on a 41 000 amendements avec plus de 20 000, où on ne remplace juste jamais par pas, c'est sûr que, là, on est dans une situation de blocage total. On voit bien, les débats traînent en longueur, les
oppositions... Donc, on en sort
comment, cette situation de blocage total, par le 49.3, encore
une
fois
? J'en sais rien, ce n
'est
pas de l'initiative parlementaire, le 49.3. Nous, on aimerait mieux que non, mais honnêtement, quand on voit la vitesse où vont l'examen des amendements, on est encore sur l'article 1 à l'heure actuelle, alors que ça fait déjà une semaine qu'on travaille dessus. Nous, on essaye de travailler pour la prochaine génération. Ce qui est dommage, c'est que nos oppositions, elles travaillent uniquement pour la prochaine élection, font du populisme et de la démarche.
Vous êtes effectivement membre de la majorité parlementaire. Vous êtes proche aussi de l'exécutif et d'Emmanuel Macron. Donc, je vous repose la question. Est-ce que vous pensez que le gouvernement n'aura pas d'autre choix que d'en passer par le 49.3 ? J'ai juste envie de vous ajouter quand.
Moi, je suis démesurément optimiste, donc j'espère que non. Mais effectivement, il y a un risque, si on veut vraiment que... Parce que ça ne sert à rien de faire traîner ces discussions-là. Elles n'aboutissent à rien. Donc, ça ne sert à rien de faire traîner ça pendant deux mois. Je veux dire, ça n'apportera rien au débat, puisque les oppositions sont dans une attitude totalement fermée et posent des sous-amendements tous les jours pour réaugmenter encore le volume des discussions. Donc, il faut le dire, les oppositions cherchent le 49.3. Comme ça, elles pourront hurler au déni de démocratie. Mais
clairement, justement, Jean-Baptiste Moreau, est-ce que le 49.3 n'est pas toujours le signe d'un échec ? Écoutez ce qu'en dit le
communiste Pierre Daréville, député des Bouches-du-Rhône. Le 49.3, c'est une marque d'infamie qu'on appose au bas d'un texte. C'est-à
-dire,
c'est vraiment le signe d'un passage en force. Or, nous constatons que depuis le début de cette affaire, c'est quand même effectivement l'intention du gouvernement que de passer en force, de n'écouter personne, de ne discuter ni avec les organisations syndicales, ni avec le Parlement, ni avec le peuple en le consultant par référendum. En fait, on a en face de nous une majorité caliméraux. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'ils interviennent dans le débat, c'est pour nous expliquer que la méchante opposition a décidé de les obliger à utiliser le 49.3.
Infamie, effectivement, selon Pierre Daréville. Pourquoi ne pas donner plus de temps ? Après tout, il y a des marcheurs, y compris des membres du groupe de La République En Marche, qui disent « mais le gouvernement doit nous donner plus de temps ».
Non, mais c'est d'une gigantesque hypocrisie, l'interview de Pierre Daréville. Ils sont dans le jeu de scène le plus total. Je veux dire, si on veut discuter d'un texte, on peut poser des amendements. Des textes, on a discuté depuis le début du quinquennat, à 3 000, 4 000, 5 000, admettons, même 10 000 amendements. Là, on peut discuter et on peut arriver au bout. Là, ils posent des sous-amendements tous les jours. Tous les jours, ils en posent des nouveaux, puisqu'on ne peut plus poser d'amendements à les dépasser, mais on peut poser des sous-amendements à des amendements.
Donc, eux,
le veulent le 49.3,
clairement.
Et vous, ce matin, vous nous dites qu'effectivement, le gouvernement aura du mal à y échapper. C'est un véritable gâchis. Après tout, c'est un projet de loi qui concerne, enfin, une réforme qui concerne tous les Français. Et les Français, ils n'y comprennent rien entre ce débat qui est un peu complètement même encalaminé à l'Assemblée, la conférence de financement d'un autre côté, les négociations avec les syndicats d'un autre côté encore. On a du mal à avoir une vision complète.
Mais
non,
il y a la démocratie représentative qui fait son travail à l'Assemblée nationale, qui étudie des amendements. Le problème, c'est qu'elle est complètement dévoyée par les oppositions. Il y
a
la démocratie sociale qui est en train de travailler, effectivement, sur le financement, parce que c'est son rôle, et ça sera son rôle à l'avenir dans le nouveau système des retraites, de travailler sur le financement de ce système des retraites. Donc, on est dans la séparation des pouvoirs et à la fois dans l'expression la plus parfaite de la démocratie. Juste, nos oppositions jouent un jeu de politique politicienne pour pouvoir... Mais ils ne cherchent pas, je le dis une nouvelle fois, ils ne visent que la prochaine élection et se moquent complètement des Français, se moquent complètement de l'avenir du système de retraite français.
Un Conseil des ministres extraordinaire pour faire passer le 49.3 cette semaine, la semaine suivante ?
Je n'en sais rien, mais... Je ne sais pas, je ne
sais
pas, ce n
'est
pas moi qui décide de l'agenda gouvernemental. Mais effectivement, vu comme ça s'enlise, de plus en plus, ça va devenir inévitable le 49.3.
Vous dites que le projet de loi sur les retraites va profiter largement aux agriculteurs, mais le seuil de 1 000 euros ne concerne pas les retraités actuels. D'ailleurs, Emmanuel Macron l'a écarté au salon d'agriculture. Faut-il, est-ce que vous appelez à une revalorisation des pensions actuelles ?
Oui, il le faut absolument. Enfin,
je
veux dire, des femmes d'agriculteurs qui sont à 300 euros, des agriculteurs qui, en moyenne, sont souvent autour de 700 euros, il va falloir une revalorisation. Le problème, c'est de trouver le financement. Parce que, contrairement à ce que les oppositions peuvent dire, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Il
y
en a autour d'un milliard... Il faut un milliard d'euros uniquement pour les agriculteurs. Et leur conjoint, c'est un milliard d'euros à peu près pour revaloriser à hauteur de 1 000 euros. Mais il va falloir trouver les moyens de le faire. Parce qu'on ne peut pas tolérer dans notre pays qu'il y
ait
des gens qui ont travaillé toute leur vie, qui ont travaillé dur toute leur vie, sont entre 300 et 700 euros de retraite. Ce n
'est
pas possible.
On va parler de la visite du président de la République hier au salon de l'agriculture. Un marathon qui a duré plus de 12 heures. Mais d'abord à 9h40, c'est le Filinfo. Léo Techer.
3-0 contre Toulouse. 11 villes d'Italie sous cloche mise en quarantaine après la découverte de 79 malades du coronavirus dans le nord du pays. Deux morts hier. Le gouvernement interdit toute entrée ou sortie de ces zones considérées comme des nouveaux foyers de la maladie.
Les
personnels hospitaliers interpellent le nouveau ministre de la Santé dans une tribune publiée sur franceinfo.fr. 12 collectifs appellent Olivier Véran à saisir l'opportunité de sa récente nomination. Ils réclament l'ouverture de nouvelles négociations sur leurs conditions de travail dans l'hôpital public. Et puis après 6 jours de débats à l'Assemblée nationale et seulement 2 amendements adoptés hier sur la réforme des retraites, il en reste encore plus de 34 000. Les débats vont donc continuer aujourd'hui, ce qui est plutôt rare pour un dimanche.
France
Info.
Et
tout est plus clair.
Jean-Baptiste Moreau. Emmanuel Macron a inauguré hier le 57e Salon de l'agriculture. Dès son arrivée, il a été longuement interpellé par les agriculteurs. Écoutez.
Entendez la colère du monde agricole, M. le Président. Entendez-le. Il nous faut des réponses absolument aujourd'hui. Autrement, je suis désolé, il va y avoir une cassure entre vous et nous. Moi,
je
me suis battu aussi contre beaucoup de gens qui nous disaient que l'agriculture, c
'est
une politique d'hier. On va moderniser. Elle dit,
si
on veut moderniser, l'agriculture, c'est au cœur de la modernisation. Si on ne touche pas à l'agriculture, quand on parle de transition climatique, oubliez. C'est clair. On aura peut-être des smartphones, mais on ne pourra pas s'alimenter. On faudra aller acheter la nourriture à l'autre bout du monde. Par contre, si on veut la moderniser, il faut qu
'il
y
ait
les mêmes contrôles. Nous, on est en avance de phase. Il ne
faut
pas que ça vous désavantage. Je partage totalement.
Jean-Baptiste Moreau, est-ce que vous redoutez une nouvelle mobilisation des agriculteurs ?
Je ne sais pas s'il y aura mobilisation ou pas mobilisation. Ce qu'il faut, c'est répondre aux inquiétudes et surtout trouver des solutions par rapport à des productions qui sont en crise. Elles ne sont pas toutes en crise, contrairement à ce qu'on entend parfois. Il y
a
un certain nombre de productions, la viande bovine notamment, mais qui est en crise structurelle depuis quasiment 20 ans. Il y a un certain nombre d'inquiétudes et notamment au niveau de la politique agricole commune. Les phases de négociation de politique agricole commune, c'est des psychodrames permanents parce qu'il y a des discussions au niveau européen. On trouve des accords, on n'est pas d'accord. Ça prend toujours beaucoup de temps. Mais la position de la France là-dessus, elle est claire. Et la position du président de la République, il a négocié pendant deux jours au Conseil de l'Europe la semaine dernière pour ne pas toucher au budget de la politique agricole commune parce qu'il y
a
un certain nombre de pays, notamment d'Europe du Nord, qui voudraient renier un peu sur le budget de la politique agricole commune qui, je le rappelle, est la seule politique véritablement commune de l'Union européenne. Et là-dessus, c'est quand même le revenu des agriculteurs qui se joue parce que bien souvent, aujourd'hui, les agriculteurs,
c
'est la grosse partie du revenu, voire la totalité, c'est les primes compensatrices de la politique agricole commune.
Justement,
en
fait, ça coince pour certains pays autour de la négociation sur la politique agricole commune. Comment vous pouvez garantir que la PAC, elle ne baissera pas, les aides agricoles ne baisseront pas ?
Parce
que la France est très ferme et qu'elle a préféré ne pas signer d'accord vendredi soir. Plutôt que de signer un accord au rabais, elle veut obtenir 375 milliards d'euros sur 7 ans,
ce
qui est ce qu'on a dépensé lors de la période 2014-2020. Et donc, elle ne cèdera pas et elle ne lâchera pas sur les objectifs de la politique agricole commune. Parce que, si on veut aller vers la transition agroécologique, si on veut aller vers la lutte contre le changement climatique, l'agriculture est la solution. Mais pour ça, elle a besoin de moyens et elle ne le fera pas sans les moyens de la politique agricole
commune. Jean
-Baptiste Moreau, est-ce qu'il ne faut pas quand même changer les mécanismes de la PAC ? D'abord parce que, vous le dites, il y a certains agriculteurs et ils sont très nombreux qui vivent essentiellement des subventions de la PAC. Est-ce que ce n
'est
pas une remise en cause du métier d'agriculteur effectivement d'avoir un revenu essentiellement subventionné ?
Mais évidemment, je ne connais pas un agriculteur qui ne préférerait pas vivre de la vente de ses produits plutôt que des primes de la politique agricole commune. Mais ce qu'il faut comprendre quand même,
c
'est que le mécanisme de la politique agricole commune a été conçu comme ça. Au départ, ça s
'appelle
même des aides compensatrices.
Oui,
on
ne
va
pas refaire toute l'histoire de la PAC.
mais on ne fait pas
toute l'histoire, mais c
'est
des aides compensatrices. Donc,
c
'est pour donner de l'alimentation la moins chère possible qu'on a compensé par des aides le fait que l'agriculteur ne vend pas au prix juste. Donc, nous, dans EGALIM, on a essayé de remettre le curseur pour que l'agriculteur vende enfin au niveau de son coût de production pour que
justement il dépende moins des aides de la PAC.
Sur la PAC, encore
une fois, est-ce qu'il ne faut pas aussi
revoir le fléchage des subventions, moins pour effectivement les grandes exploitations et plus de subventions pour les petites
? Alors
ça, ça a déjà été rééquilibré en 2015 sous l'impulsion notamment de la France et de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture à l'époque, qui a déjà revalorisé les 50 premiers hectares pour justement rééquilibrer en faveur des... Donc, le 80-20, il n'est plus tout à fait comme ça aujourd'hui. Il a été longtemps comme ça jusqu'en 2015-2016. Aujourd'hui, c'est un peu redressé à ce niveau-là. Oui, il faut aller plus loin. Oui, il faut aller plus loin. Oui,
il
faut des
aides pour accompagner la transition. Plus loin dans l'environnement aussi. D
'ailleurs, il y aura une composante... Les aides du premier pilier, c'est des aides économiques directes à l'agriculture et il y aura maintenant une composante écologique là-dessus sur
les... En vous écoutant, on voit que c'est quand même
un sujet très technique et
pourtant, il
va y avoir une consultation publique. C'est la Commission européenne qui le veut. Une consultation publique pendant trois mois en France. Qui va être consulté ? Les agriculteurs ?
Les Français ? Tout le monde.
C'est la Commission de débat public qui est pilotée par Chantal Joanneau qui s'est lancée cet après-midi au salon de l'agriculture qui va consulter parce que la Commission européenne dans la nouvelle PAC a demandé des plans stratégiques nationaux. Alors, c'est un grand mot mais c'est à chaque État de déterminer quelle politique il veut pour son pays et là, tout le monde va être consulté. Le citoyen, le consommateur,
l'agriculteur, tout le monde. Ça va
durer jusqu'à la fin de
l'année. Il y en a
maintenant régulièrement. Mediapart, le site Mediapart créé par Edoui Plenal a révélé notamment le salaire des dirigeants de la FNSEA qui est, on va dire, le premier syndicat agricole et un syndicat agricole omnipotent, omniprésent dans la filière agricole. Écoutez la réaction de José Beauvais, cette figure française de l'agriculture.
C
'était hier sur France Info.
La
FNSEA, depuis plus de 40 ans maintenant, a mis les paysans en coupe réglée et donc, la gestion d'un certain nombre de fonds sont des choses qui sont assez connues. C'est après différentes formes. Il y a très peu de diversité respectée dans le monde agricole. Eh bien, tout ça n'est pas très encourageant et ça participe aussi au fait que les paysans ne comprennent pas ce qui est en train de se jouer.
Vous
comprenez d'abord, factuellement, effectivement, que les salariés de la FNSEA soient aussi bien payés alors qu'il
y
a 20% des agriculteurs qui sont en dessous du seuil de pauvreté ?
Après, je ne connais pas les compétences des salariés qui sont évoqués mais je ne
veux
pas céder à ce populisme-là parce qu'on dit tout le temps après on dit les députés sont trop payés les riches comptent les pauvres les chefs d'entreprise touchent trop d'argent.
La
FNSEA,
c
'est essentiellement avec les cotisations
des agriculteurs. des
cotisations et de l'argent public. Oui, bien sûr. Maintenant, je suppose qu
'ils
sont rémunérés en fonction des compétences. S'ils embauchent des ingénieurs,
s
'ils embauchent des spécialistes de la finance et du financement pour justement pouvoir débattre et pouvoir former les agriculteurs, je ne trouve pas ça déconnant qu'ils touchent un salaire au regard de leurs compétences et de leurs expériences. Et
ce n'est
pas déconnant pour prendre votre
terme que la
FNSEA soit aussi présente dans toute la filière agricole. Effectivement, José Beauvais dit que
c
'est pour ça que les agriculteurs ne comprennent pas ce qui leur arrive aujourd
'hui. Oui, mais
bon, José Beauvais, il était à la Confédération Paysanne, donc c'est la rivalité traditionnelle en tant que la Confédération Paysanne et la FDSEA, donc il y
a
un petit peu de règlement de compte. Voilà, je ne
veux
pas rentrer dans ces débats-là, tous les syndicats doivent avoir leur place. Il y a aujourd'hui des élections, des agriculteurs qui votent pour les élections à la Chambre d'agriculture notamment. La FNSEA est le premier syndicat dans les fêtes et arrive premier. Il y a de la diversité qui s'exprime depuis quelques années avec la Confédération Paysanne, avec la Coordination Rurale. Il y a d'autres syndicats, le MoDef, il y a d'autres syndicats qui se sont créés. Maintenant, est-ce qu'il faut revoir la représentativité ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est que massivement les agriculteurs votent encore aujourd'hui pour la FNSEA à plus de 70%.
Vous
parlez de la Confédération Paysanne. La Confédération Paysanne estime que le conteniait pas avec la loi alimentation, c'est la loi EGalim dont vous parliez il y a quelques
instants,
que la vente à perte continue sur le lait, que la vente à perte continue sur la viande. Alors le président a dit oui, on va continuer à mettre la pression sur la grande distribution, mais finalement, cette loi, elle est complètement inopérante.
Non, c'est faux. C'est faux. La loi, elle a créé des outils. Moi, je ne connais pas de boîte à outils qui marche toute seule sans qu'on se serve de ces outils. Il y
a
un certain nombre d'outils qui n
'ont
pas été utilisés encore. En lait,
c
'est faux d'ailleurs. En lait, elles ont été utilisées.
La conférence
paysanne se trompe
?
Elle se trompe. Non, elle ne se trompe pas sur des productions. La viande bovine, ça ne marche pas. Sur le lait, ça marche. Aujourd'hui, vous avez Lactalis qui a conclu un accord avec une organisation de producteurs à 385 euros les 1000 litres alors que le coût de production est à 395. Donc, on n'est pas loin alors qu'on partait de 350. Donc, je veux dire, il y a le médiateur des relations commerciales qui est intervenu
dans les négociations.
mettre la pression
sur la grande distribution, ça veut dire quoi ? C'est Leclerc qui est visé ? Leclerc et les autres. Enfin, je veux dire, on ne
va
pas stigmatiser un parce qu'ils font tous la guerre des prix les uns aux autres et ils essayent tous de tirer sur les prix. Il faut une meilleure répartition des marges. Il faut une inversion du rapport de force. Mais
comment
on met la pression ? Comment ?
C'est tout simple. On ne
va
pas dissoudre Leclerc demain ou on ne
va
pas dissoudre Bigard ou Lactalis demain. C'est des gros groupes qui se sont créés au fur et à mesure des années. Peut-être n'aurait-il pas fallu les
laisser
en
arriver là.
Il faut que les organisations de producteurs deviennent plus puissantes qu'elles le sont aujourd'hui. Il y a une évolution au niveau des associations d'organisations de producteurs et
des droits à la concurrence.
Des amendes aussi
?
Oui, il y en a déjà plus de 4 millions qui
ont
été
prononcés
sur l'année dernière alors qu'avant on était beaucoup moins. Leclerc aujourd'hui est assigné en justice pour je crois 17 millions ou quelque chose comme ça. Donc il y a des procédures en cours. Agnès Pannier-Runacher chaque fois qu'elle est alertée elle déclenche des enquêtes de la DGCCRF. Donc il y a des choses qu'il va falloir cogner assez fort, oui effectivement. Mais après il faut aussi que les producteurs s'organisent et arrivent à constituer des structures qui leur permettent de peser significativement dans des négociations face à des monstres de l'agroalimentaire et des monstres de la distribution.
Jean-Baptiste Moreau on va continuer de parler des inquiétudes des agriculteurs juste après le fil info à 8h50. C'est Léo Techer.
Le
gouvernement va-t-il passer en force sur la réforme des retraites ? Pour Jean-Baptiste Moreau invité du 830 France Info en ce moment c'est l'opposition qui cherche l'utilisation du 49.3 UTLREM de la Creuse dénonce les 40 000 amendements déposés la plupart par la France Insoumise. La France, attentive à la situation du coronavirus en Italie 79 malades, 2 morts et 11 villes confinées dans le nord du pays. Une épidémie est également possible chez nous dit le nouveau ministre de la Santé. Olivier Véran explique que les laboratoires s'équipent en ce moment pour réaliser plus de diagnostics.
Bientôt un groupe de gilets jaunes reçu à l'Elysée une première et une promesse d'Emmanuel Macron interpellé par l'une d'entre eux. Hier au salon de l'agriculture, le président restait plus de 12 heures sur place. Les primaires démocrates aux Etats-Unis et après le New Hampshire, Bernie Sanders remporte le caucus du Nevada. Joe Biden termine deuxième, Pete Buttigieg troisième. L'équipe de France de rugby, première du tournoi des 6 nations. Ce matin, victoire contre le Pays de Galles hier à Cardiff, les Bleus l'emportent 27 à 23. Et puis en football, l'Olympique de Marseille battue à domicile par le FC Nantes, 3 buts à
1.
L'OM qui reste toutefois deuxième de Ligue 1. Ce soir, le PSG accueille Bordeaux à 21h.
France Info
et
tout est plus clair.
Jean-Baptiste Moreau, il y a un mot qui est sur toutes les lèvres au Salon de l'agriculture en ce moment, c'est le terme agribashing, le fait que les agriculteurs se sentent décriés. L'association L214 qui lutte pour le bien-être des animaux, est-ce qu'elle a changé la perception des éleveurs
?
L'association L214 elle lutte surtout contre l'interdiction de tout élevage. Le bien-être animal n
'est
qu'un prétexte. Ce qu'elle veut c'est qu'on arrête tout élevage quels qu'ils soient d'animaux, que ce soit des vaches, des brebis, le bien-être
animal n'est qu'un prétexte.
L214
est
consort
? Oui, et toutes ces ONG-là animalistes veulent l'interdiction de tout élevage. Après, qu'il faille progresser sur le bien-être animal, bien sûr, les agriculteurs sont les premiers préoccupés par le bien-être animal mais on n'a pas attendu L214 pour fermer des abattoirs parce qu'il y avait des cas de maltraitance ou pour qu'il y ait des sanctions envers
des abattoirs. Est-ce que vous reconnaissez l
'importance de ce genre de messages envoyés par ces associations ?
Mais
oui, bien sûr, ça marque les agriculteurs. Aujourd'hui, ils passent jour et nuit avec leurs animaux et contrairement à ce que certains veulent bien dire, ce n
'est
pas uniquement parce qu'ils voient le billet de banque qui est au bout de la carrière de l'animal mais c'est bien parce qu'ils sont préoccupés par la santé de leur animal et quand ils se lèvent d'ailleurs, ils ne gagnent pas grand-chose.
C
'est bien ça le fond du problème d'ailleurs. Mais bien parce qu'ils sont au plus près préoccupés du bien-être animal. Il faut qu'il y ait des avancées là-dessus. Il y a déjà des avancées qui sont faites. Le ministre de l'Agriculture en a annoncé un certain nombre récemment sur le broège des poussins. Il y a des choses qui avancent dans le bon sens et il y a encore eu une caméra d'L214 posée illégalement d'ailleurs dans un abattoir. Il faut voir s'il y a eu réellement parce que les
images...
Sur les veaux effectivement il faut les
analyser. Les images sont assez brutales. Oui, elles
sont assez brutales mais de toute façon une mise à mort c'est jamais très très doux. Je veux dire, moi j'ai été président d'un abattoir. Il faut le faire le plus dignement possible et surtout que l'animal ne ressente rien et ne souffre pas.
C
'est pour ça qu'il y a systématiquement un étourdissement.
Là, ce n'est pas le cas. Et là apparemment il y a
sans doute la méthode d'étourdissement
qui est un peu
déréglée.
Jean-Ratis Moreau, vous pouvez nous confirmer ce matin qu'un monsieur mal-être agricole, agribashing sera bientôt nommé par le gouvernement ?
Le président de la République l'a annoncé effectivement la nomination prochaine d'un délégué interministériel sur ces thématiques-là.
Oui,
tout à fait.
Est
-ce que les agriculteurs font assez d'efforts ?
Là,
on parle d'agribashing donc de critiques systématiques qui viseraient le monde agricole mais est-ce que les agriculteurs font de leur côté assez d'efforts ? Par exemple, il y a l'arrêté sur les zones de non-épandage de pesticides
qui
est entré en vigueur le 1er janvier entre 3 et 10 mètres entre l'exploitation et les maisons notamment des particuliers ce n
'est
pas beaucoup les associations environnementales disent que
ce
n
'est
pas assez et pourtant les agriculteurs râlent.
Non mais les agriculteurs font déjà beaucoup enfin je veux dire ce que les gens ne savent peut-être pas c'est qu'un agriculteur il enregistre l'ensemble de ses pratiques tout ce qu'il fait dès qu'il traite dès qu'il utilise son pulvérisateur et qu'il traite ses champs il enregistre de façon informatique quel produit il a utilisé en quelle quantité sur quelle surface donc il y
a
des contrôles qui sont faits tous les ans par des fonctionnaires de l'état qui viennent contrôler la réalité des choses donc il y aura cet arrêté il y a une possibilité de dérogation s'il y a des contrats départementaux où on associe les riverains la population et les agriculteurs qui discutent tous ensemble sur qu'est-ce qu'il faut est
-ce
qu'il faut 5 mètres 10 mètres 3 mètres 0 mètres pour certains produits voilà il faut recréer la connexion entre l'agriculteur et l'agriculture et le reste du monde je dirais parce que même dans un département très rural comme le mien Guéret c'est 13 000 habitants la préfecture avant jusqu'à il y a 20 ans vous avez tous un oncle une tante un cousin qui était dans l'agriculture aujourd'hui c'est plus vrai aujourd'hui même dans des régions de terres rurales il y
a
une méconnaissance et la méconnaissance fait naître la défiance au bout d'un moment si on ne recrée pas cette connexion entre le monde agricole et le reste du monde donc il faut que les agriculteurs fassent la démarche d'aller vers les gens et à l'inverse il faut que les gens viennent voir les agriculteurs parce qu'il y a une méconnaissance et on raconte tout et n'importe quoi sur l'agriculture l'agriculture il n'utilise pas les produits phytosanitaires par plaisir juste c
'est
pour soigner ses plantes comme nous on prend des antibiotiques quand on est malade donc voilà et tous les produits ne sont pas dangereux les produits les plus dangereux sont retirés il
y
a 40 substances qui ont été supprimées l'année dernière par exemple donc voilà il faut lutter contre les idées toutes faites et il n
'y a
rien
on l'a bien compris
lutter contre les idées toutes faites Jean-Baptiste Moreau dernière question sur les municipales à Paris est-ce que vous avez un espoir d'un accord avant le premier tour entre Agnès Buzyn et le dissident le marcheur dissident Cédric Villani
ça va être sans doute assez compliqué parce qu'effectivement Cédric Villani a posé un certain nombre de conditions dont certaines semblent difficilement acceptables notamment une fusion aussi avec Europe Ecologie Les Verts donc je ne
suis
pas sûr que Cédric Villani veuille vraiment d'un rapprochement avec Agnès Buzyn maintenant Agnès fait sa campagne comme elle l'entend
Chaperonné par tous
les membres de la majorité y compris l'Elysée comme le signe disait Rachel
ici vendredi
c'est caricatural c'est totalement Agnès Buzyn fait sa campagne pour Paris il
y
a un certain nombre de ministres qui interviendront sûrement au cours de sa campagne pour la soutenir et moi si elle me le demande je la soutiendrai je pense qu'elle va venir au salon d'agriculture d'ailleurs mais voilà elle
n'a pas besoin de chaperon pour
gagner je suis certain qu
'elle va gagner On verra s
'il
y
a quelqu'un pour l'emmener au salon d'agriculture Paris est loin d'être gagné c'est pareil pour Lyon Marseille il faudra un miracle pour l'emporter au soir du 15 mars vous espérez quand même de bonnes surprises ?
On espère avoir 10 000 élus locaux alors maires ou conseillers municipaux on verra bien ce que ça donne aujourd'hui on est un parti jeune on n'est pas implanté on n'a quasiment pas d'élus locaux donc 10 000 ce sera déjà une grosse progression moi je me présente sur une commune de 400 mais habitants mais uniquement comme simple conseiller municipal parce que de toute façon ce n
'est
pas cumulable avec un poste de député que ce soit une position de maire ou d'adjoint donc il y aura des élus moi j'en suis sûr en Creuse dans tous les villages dans toutes les communes pratiquement ou dans beaucoup de communes j'ai 256 communes sur ma circonscription il y a des marcheurs
10
000
élus
mais vous ne mouillez
pas plus que ça il y a des marcheurs qui vont être
municipaux, adjoints ou maires merci
à vous
merci à vous Jean-Baptiste Moreau député marcheur de la Creuse le 8.30 France Info revient demain et l'info politique n'oubliez pas c'est aussi un podcast original
sur France Info Paris, la bataille le feuilleton des municipales un nouvel épisode tous les vendredis un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France
Jean-Baptiste Moreau